Olivier Paccaud : « Sarah Knafo a tout gagné médiatiquement. »
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Olivier Paco, bonjour, vous êtes sénateur à l'air de l'Oise. On va évidemment longuement en revenir avec vous sur cette campagne des municipales, déjà riches en enseignement politique à 48h du second tour. D'abord, les unes de la presse régionale ce matin sont évidemment beaucoup sur ces municipales. On a sélectionné trois titres, trois villes. On va les regarder ensemble. D'abord, Toulouse, à la une de la dépêche du midi. Suspense total au Capitole. Le maire sortant de centre-droit Jean-Luc Moudin fait face à l'insoumis François Picmal qui a fusionné sa liste avec les socialistes. Un sondage IFOP annonce un second tour très serré, 51% pour Jean-Luc Moudin, 49% pour François Picmal.
La deuxième une, c'est Grenoble, la une du Dauphiné. Grenoble où le candidat LR, l'ancien maire Alain Carignan, est arrivé en tête au premier tour. Il affronte une alliance écologiste insoumise menée par Laurence Ruffin. Carignan, Ruffin, ils ont montré les crocs. C'est le titre ce matin du Dauphiné. Et puis la dernière une, c'est Bordeaux, la une de Sud-Ouest. C'est Urmik-Cazenav, le sprint final. Bordeaux, c'est le meilleur espoir de victoire des macronistes dans une grande ville, avec l'ancien ministre Thomas Cazenav. Et puis c'est aussi le symbole de l'écologie municipale, selon la capacité de Pierre Urmik à conserver ou non sa ville. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ?
– Toulouse, la dépêche. Parce que Toulouse, c'est le rugby. Parce que Toulouse, c'est une ville merveilleuse, la ville rose. Et parce que je pense que c'est l'endroit où l'alliance honteuse entre le PS et LFI est la plus scandaleuse. Parce qu'on a souvent parlé, pour essayer de justifier ces alliances, du risque de la dérive fasciste. Jean-Luc Moudinque. Jean-Luc Moudinque en fasciste. Bon, on a l'illustration avec M. Picmal et M. Briançon, qui est tout sauf brillant, du fait qu'entre LFI et le PS, c'est avant tout une histoire de gain électoral.
Et que dans cette affaire, en plus, comme l'a très bien dit Jean-Luc Mélenchon, qui est celui qui parle le mieux du Parti socialiste, les socialistes, c'est des gros combinards qu'on peut acheter pour pas cher. Ce ne sont pas les miens, hein, lors d'un meeting à Bandit. Et donc là, ils ont fait une alliance, et mathématiquement, ils étaient très loin devant. Et là, dans le sondage, M. Moudinque, finalement, il n'a pas perdu, voire il est en tête dans ce sondage. Ce serait formidable. Ce serait une leçon face à la magouille, à la combinazione LFI, Parti socialiste.
Et j'espère que le médiocre Machiavel qui est Olivier Faure sera non seulement dévoré par le Savonarole Mélenchon, mais que la droite, le centre, ceux qui ont la croix de Lorraine au cœur, l'emporteront.
Comment vous... Alors, il y a ces alliances LFI, mais il y a quand même eu une montée, en tout cas au premier tour du Rassemblement National, de la France Insoumise. Ça vous a surpris ?
C'est très relatif. Alors oui, LFI gagne, par exemple, Saint-Denis, et ça, c'est tout à fait symbolique. Mais dans beaucoup de communes, ils ne sont pas présents. Dans beaucoup de communes, ils font des scores médiocres. Je prends un seul exemple, Fachtuménil. On n'en parle pas du tout, mais c'était leur vitrine, ou ça, dans ma région des Hauts-de-France. Eh bien, ils régressent. Ils ne sont pas en tête. C'était leur ville. Le RN, à l'inverse, dans les villes où ils étaient aux commandes, ils font de très bons résultats. Ailleurs, ils progressent un petit peu, mais il y a énormément de communes où ils n'ont pas été en mesure de présenter des listes.
Et donc, le bilan, il est mi-figue, mi-raisin. Il sera très positif pour le RN s'il gagne Marseille. – Oui, mais je pense que l'état-major du RN est peut-être un petit peu déçu aujourd'hui. Ils n'ont pas les coups d'éclat qu'ils auraient souhaités. – Quoi ? – Regardez Paris, 1,7% pour Mariani.
– C'est peut-être pas là où il s'est mis le plus de Paris.
– Ok, mais attendez. Paris, ils ont été humiliés par Mme Knaffo, qui a démontré dans le même couloir électoral que le RN n'était pas invincible. Donc, je pense que, bon, c'est peut-être pas une élection faite pour eux, les élections municipales. C'est une élection qui nécessite un enracinement. Ils ne l'ont pas, en fait.
– Mais est-ce qu'il n'y a quand même pas des villes, notamment dans le Sud-Est, où ils grignotent l'électorat des Républicains ? – Cagnes-sur-Mer. – C'est ce que j'allais vous dire. Cagnes-sur-Mer, Louis Neck, qui est ancien sénateur, maire depuis 1995, balayé au premier tour par le Rassemblement National. Est-ce que ce n'est pas un peu symbolique d'un électorat RN qui vous grignote petit à petit ?
– Mais c'est évident que l'électorat de droite traditionnelle peut être tenté par le RN quand la droite traditionnelle n'assume pas ses valeurs. Moi, je peux vous donner, et je veux vous donner un exemple dans mon département de l'Oise. C'est une ville qui s'appelle Pont-Sainte-Maxence. 15 000 habitants, c'est une ville qui sociologiquement est une ville ouvrière, modeste, qui a été à gauche il y a peu de temps. Depuis 2014, il y a un maire qui s'appelle Arnaud Dumontier qui est gaulliste et qui est un homme qui assume totalement ses valeurs. Ses valeurs, c'est notamment la responsabilité, la sécurité et aussi l'humanisme. Il a été élu à 77%.
Le RN qui caracole lors des législatives et des présidentielles n'a fait que 20%. La gauche n'a pas été en mesure de présenter une liste. Quand la droite est de droite et s'assume et est efficace, elle gagne.
On va parler d'une ville qui est un peu le symbole de l'effondrement de la droite, de la montée du Rassemblement national. C'est Marseille. Le candidat RN, Franck Alizio, est au coude à coude avec le maire sortant de gauche, Benoît Payan. Et Martine Vassal, la candidate de la droite, est arrivée troisième, mais loin derrière. Hier, elle a attaqué. Franck Alizio, on l'écoute.
Quand vous regardez les différents programmes, on s'aperçoit bien que d'un côté, il ne se passera rien, et de l'autre côté, c'est un leurre. Et on voit bien que cette campagne, elle a été nationalisée. Et vous l'avez vu tout à l'heure. On l'a entendu. M. Alizio, c'est le marchepied de Mme Le Pen pour l'élection présidentielle. Qu'est-ce que vous en dites ?
Alors, je dis que c'est vrai, parce que dans mon département, j'ai vu tous les... Alors, il y avait très peu de listes RN, mais j'ai vu tous leurs documents, et à chaque fois, on a la tête du candidat entourée par le duo Le Pen-Bardella, et puis au dos, on a un argumentaire avec un seul mot, sécurité. Il n'y a strictement rien sur les problématiques locales. Donc, ils ont effectivement dupliqué dans plusieurs milliers de communes exactement le même document, avec aucun argument de fond sur le local. Donc, là-dessus, elle a raison, Mme Vassal. Après, sur le cas marseillais, on n'a pas de leçons à donner au niveau des résultats électoraux. Mme Vassal fait 12%. M. Alizio fait 35%.
Donc, effectivement, visiblement, notre candidate n'a pas su convaincre.
Mais ce n'est pas un peu symbolique, quand même, ce qu'on disait tout à l'heure, de cet effondrement de la droite au profit du RN ? Ou c'est un problème de candidate ? Oui. C'est un problème de candidat ? Oui. Plus que de symboles électoraux qui grignotent ? Oui. On va venir, justement, sur les Républicains et aussi sur un peu les ambiguïtés des alliances d'entre-deux-tours. D'abord, un mot, puisque dimanche, Bruno Taillot, il s'est félicité des municipales pour son parti. Est-ce qu'il n'a pas un peu trop vu le verre à moitié plein en oubliant le verre à moitié vide ?
Vous savez que je suis quelqu'un qui n'a pas de langue de bois. Donc, si on regarde les résultats globaux, c'est-à-dire toutes les villes de plus de 9000 habitants, en France, il y en a 1107. Sur ces 1107 villes de plus de 9000 habitants, la droite en a déjà gagné 40%, 417. C'est énorme. 417, le PS n'en a gagné que 82, le RN, 12. Bon.
La droite en avait déjà plus de 50%.
Oui. Mais dans les 600 restants, la droite est en mesure d'en remporter au moins 200, 250, de façon quasi certaine. Donc, la droite ne va pas régresser. Elle va progresser au niveau global. Maintenant, si on prend les grandes villes, c'est-à-dire celles dont on parle le plus, le bilan, on verra bien lundi matin. Le Carillon sera peut-être heureux si nous gagnons Paris, si nous gagnons Lyon, si nous gagnons Toulouse, ou si nous conservons Toulouse. Il sera malheureux, le GLAS sera malheureux s'il n'y a aucune victoire. Nous verrons bien l'année. Avec Lyon et Toulouse,
qui sont des candidats soutenus par l'LR, mais qui n'appartiennent pas au LR. Tout à fait. Donc, ça sera moins à mettre à votre crédit. Il y a un risque de perdre Nîmes, c'est votre principale ville, la plus grosse ville actuellement détenue par l'LR ?
Il y avait un risque fort au premier tour, l'alliance au second tour, puisqu'il y avait une division de la droite. Bon. Désormais, il y a eu réunion, et effectivement, les choses s'annoncent plus favorables, mais ce sont les Nîmois qui décideront.
Allez, une campagne municipale qui met à mal quand même votre parti. Rémi, c'est votre éclairage. Une crise d'entre-deux-tours chez les Républicains qui part à la base de la ville de Nice.
Oui, Éric Ciotti, soutenu par le Rassemblement national, affronte Christian Estrosi, qui a reçu l'investiture du parti Horizon, avec qui les Républicains ont signé un accord pour apporter leur soutien lors du deuxième tour des municipales. Mais retournement de situation, Bruno Rotaillot n'a pas appelé à voter pour le maire sortant. Le président des Républicains s'est justifié en indiquant. On avait un accord avec Horizon, notamment, qui comprenait Nice, mais cette campagne a été délétère. Malgré cette déclaration, l'absence de soutien n'a pas manqué de mettre le feu aux poudres. Olivier Paco, est-ce que vous avez compris cette sortie de Bruno Rotaillot ? Oui et non.
Je pense qu'à partir du moment où on a fait un accord, on doit le respecter. Et Christian Estrosi a sur sa liste plusieurs personnalités LR importantes, comme Dominique Estrosi-Sasson, qui est une sénatrice de très grande qualité. Et donc, les LR doivent soutenir Christian Estrosi. Peut-être pas avec un grand enthousiasme, parce que Christian Estrosi a malheureusement un petit peu louvoyé ces dernières années et récemment, il appelle la gauche à voter pour lui. Bon, moi, je trouve pas ça particulièrement glorieux. Et puis, dire que la campagne...
Qu'il appelle la gauche à voter pour lui ? Qu'il soit parti chez les macronistes ? Non,
qu'il appelle la gauche à voter pour lui. Ça, je trouve pas ça particulièrement glorieux.
Dans un front républicain, pour vous, il faut pas faire appel au front républicain ?
Il faut pas en avoir besoin, tout simplement. Et puis, même si je ne partage quasiment rien de M. Ciotti, ce n'est pas un fasciste. C'est pas Benito, comme disait une de vos collègues. Ensuite, cette campagne, elle a été vraiment délétère à Nice. Ça, c'est vrai. Et l'histoire de la tête de port, c'est quand même assez lamentable. Alors, on ne sait pas quel est le fond de l'histoire, mais c'est vrai que malheureusement pour les Niçois, cette campagne ne sera pas un bel exercice démocratique.
Alors, un rapprochement qui ne s'est pas faute, transformé carrément en alliance dans certaines communes entre Les Républicains et le RN.
Oui, c'est le cas à Bricont-Trobert, une commune de 18 000 habitants dans le département de la Seine-et-Marne où, durant l'entre-deux-tours, les listes Rassemblement National et Les Républicains ont fusionné. Pareil, du côté de la Réunion, précisément, dans la ville de Saint-Paul, peuplée par plus de 100 000 habitants où le candidat Les Républicains a été chercher le soutien du candidat Rassemblement National éliminé au premier tour. À Saint-André, c'est un candidat d'hiver droite qui a décidé de fusionner avec une liste soutenue par le RN. L'objectif de cette stratégie est affiché, faire barrage à des candidats de gauche.
Alors, il y a aussi à Reims, l'exemple de Reims dont on a beaucoup parlé. Là, les motivations sont un peu différentes ?
Oui, à Reims, Anne-Sophie Frigou, candidate à Rassemblement National et Stéphane Lang, dissidents Les Républicains, font désormais liste commune et cette fois-ci, non pas pour battre la gauche mais contre le maire sortant horizon, Arnaud Robinet, a noté que le Parti des Républicains a immédiatement exclu Stéphane Lang. Jordan Bardella s'est par ailleurs désolé de ce type de sanctions hier lors d'un meeting à Chalons en Champagne. Moi, honnêtement, je me désole de voir le patron des Républicains, M.
Rotaillot, qui menace de sanction les élus des Républicains qui, comme à Reims, ont fait le choix d'alliance avec le RN alors qu'il n'a pas été gêné par le fait de s'asseoir dans un conflit des ministres entre des socialistes et des macronistes pendant des mois et de gouverner la France avec ceux qui l'ont mené aujourd'hui au bord de l'abîme. Olivier Paco, ces rapprochements qu'on voit entre le RN et les Républicains, on doit considérer ça comme un épiphénomène ou comme un partage de valeurs communes ? Vous devez bien chercher, vous en avez trouvé quatre. Bravo ! Et ils sont incontestables.
Mais moi, j'aurais aimé que vous fassiez la liste des unions, des fusions, des alliances assumées entre le Parti socialiste et LFI. LR est très clair, nous ne voulons pas d'alliance avec le RN pour plein de raisons. D'abord, je vous ai parlé de la Croix de Lorraine, c'est la différence fondamentale, philosophique. Mais l'autre différence, et je le dis toujours sur votre plateau, c'est que le RN est un parti économiquement, socialement, de gauche et que ça ne fait pas partie de notre volonté politique. Donc, ce qui s'est passé à Reims, ce qui se passe à Brie contre Robert, me désole. Ce qui s'est passé au premier tour
à Bourg-en-Bresse aussi. Pardon ? Ce qui s'est passé au premier tour à Bourg-en-Bresse.
Non, ça fait 5. Ça fait 5 sur toute la France. Mais moi, j'aurais aimé que vous fassiez le tour de France de la honte entre Brest, Toulouse, on en a parlé, Nantes, avec la numéro 2 du PS quand même qui fait alliance avec LFI, Tulle, Tulle, M. Hollande, Avignon, Besançon, Clermont-Ferrand, on en parlera, Lyon, Strasbourg, Strasbourg, où Madame Trottmann est mise au banc du Parti Socialiste parce qu'elle a eu l'outrecuidance de se rapprocher d'un horizon. Donc, on n'a pas de leçon à recevoir. Il y avait une alliance à l'essieu écologiste
contraire.
Tout à fait. On n'a pas de leçon à recevoir. Nous sommes clairs, nous, justement. On reproche à Bruno Retailleau d'exclure ou de mettre au banc du Parti M. Hollande. Nous, on est clairs. Ce n'est pas le cas du tout du Parti Socialiste qui, au contraire, s'allie avec cette France indigne, ignoble, irrespectueuse. Qu'est-ce que vous dites
à Jordan Bardella qui dit les gens qui s'allient avec le RN et socialistes pendant des mois au Conseil des ministres ?
Quels socialistes au gouvernement ? Parmi les macronistes, il y a des gens qui, jadis, étaient socialistes. C'est vrai, mais je ne sais pas quels sont les socialistes qui étaient au sein du gouvernement. Et je rappelle que le parti de M. Bardella, lors du vote du budget à l'Assemblée nationale, a voté quasiment toutes les hausses d'impôts souhaitées par le Parti Socialiste. Il n'a pas de leçon à nous donner.
Il y a eu aussi des refus d'alliance mais qui entretiennent certaines ambiguïtés parce qu'elles ont donné lieu à des consignes de vote.
Oui, en premier lieu, c'est arrivé à Paris avec le retrait de Sarah Knafo, la candidate du parti d'Éric Zemmour qui s'était qualifiée au second tour de ses municipales et qui s'est retirée affichant son soutien à Rachida Dati pour battre la gauche. Une décision saluée par la candidate des Républicains qui a jugé une décision responsable et en cohérence ajoutant qu'il est assez rare que des responsables politiques prennent des décisions aussi importantes. Ce jeu des soutiens que l'extrême droite apporte à des listes de droite n'est pas propre à la capitale puisque la situation est aussi survenue entre autres à Nantes, à Carpentras et à Montluçon.
Olivier Paco, comment vous percevez ce soutien que vous recevez de l'extrême droite ? Ce n'est pas un soutien, il ne se présente pas. Alors, dans le cas de... Non, mais quand à Paris,
vous avez Jordan Bardella qui dit à titre personnel je voterai Rachida Dati, Marine Le Pen qui dit il faut faire barrage à la gauche en votant du coup pour l'autre bulletin, c'est quand même... Nous n'avons rien demandé.
Nous n'avons rien demandé.
Et vous n'avez pas non plus dit on ne veut pas de ces voix-là.
Ah bon, parce que vous connaissez des gens qui refusent des voix qui viennent ? Bon, ce n'est pas vrai. Ça n'existe pas. Dans le cas de Sarah Knafo, c'est un cas assez intéressant parce que je pense qu'elle, elle a tout gagné médiatiquement. Parce que si elle s'était maintenue et qu'elle avait provoqué l'élection de M. Grégoire, on l'aurait rendue responsable. Là, elle va dire c'est grâce à moi alors que ce n'est pas forcément grâce à elle mais bon, son maintien éventuel compliquait les choses. Elle a tout gagné médiatiquement. Elle est plutôt fine politiquement. Bravo à elle. Mais je pense que... Je suis même sûr que Rachida Dati ne lui a rien demandé.
On en avait parlé sur le plateau lundi matin. D'un côté, tendre la main à M. Bournazel tout en tendant la main à Mme Knafo, c'était impossible. Mais très honnêtement, à ce moment-là, je ne pariais pas grand-chose sur l'éventuel retrait de Mme Knafo. Il m'a agréablement surpris.
Agréablement surpris ?
Oui.
Pourquoi ?
Parce que je ne m'y attendais pas. Comme elle,
elle a dit c'est une question de responsabilité. Vous dites qu'elle a été responsable ?
Oui. Oui, bien sûr. Si elle préfère réellement au fond d'elle.
Est-ce que vous ne dites pas qu'elle joue quand même le coup d'après ? Elle joue 2027. Elle va attendre une forme de réciprocité. Elle met quelque part en place cette union des droites.
Peut-être dans son esprit. Mais effectivement, je vous ai dit, elle est gagnante médiatiquement. Oui. Après, vous savez, en politique, jouer le coup d'après, c'est très compliqué. Parce que l'avenir en politique, il peut se chiffrer en jours ou en heures. faire des paris sur 2027 présidentielles, législatives ou même sur les prochaines municipales, ça me paraît très risqué et aventureux.
Vous nous avez fait la liste des villes où il y a eu des accords entre l'EPS et la France Insoumise. On va aller dans l'une d'entre elles à Clermont-Ferrand. Bonjour, Gilles Laloz. Vous avez oublié Limoges. Vous avez oublié Limoges. Bon, on va aller pas loin. À Clermont-Ferrand. Bonjour, Gilles Laloz. Merci beaucoup d'être avec nous, directeur éditorial départemental du Puy-de-Dôme pour le journal La Montagne. Gilles, Clermont-Ferrand, c'est un bastion historique de la gauche, mais un séisme politique n'est pas écarté dimanche.
Non, tout à fait. Comme vous le dites, ce séisme politique pourrait arriver. C'est la grande question du deuxième tour ici à Clermont-Ferrand. Pour rappel, rapidement, en 82 ans, depuis 1944, il n'y a eu que 4 maires, tous de gauche, Gabriel Montpierre, Roger Quillot, Serge Godard. Voilà. Et aujourd'hui, on est avec Olivier Bianchi à un tournant, peut-être, puisque Olivier Bianchi n'a pas passé la barre des 30%. On le voit sur votre graphique au premier tour. Et c'est déjà un premier séisme. Julien Bonny, LR, avait réussi dès le premier tour à faire une alliance de l'Union des droites.
Et là, ça nous replonge en 1995, quand Valéry Giscard d'Estaing était lui aussi parti à la conquête de la mairie de Clermont. Et lui aussi avait réussi l'Union de la droite à Clermont. Et il avait échoué pour seulement 860 voix. Et la gauche était restée au pouvoir jusque-là. Ce qui s'est passé dans cet entre-deux-tours, on aurait pu se diriger vers une quadrangulaire avec le RN, LFI, l'EPS et l'Union de la droite de Julien Bonny.
Mais dès lundi, Olivier Bianchi et Marianne Maximi, la députée LFI, ont décidé de réaliser une fusion technique dans ce qu'ils entendent par technique et dans ce qu'a expliqué Marianne Maximi, c'est que nous aurons 13 insoumis sur la liste d'Olivier Bianchi au deuxième tour. Mais ces 13 insoumis ne siègeront pas dans l'exécutif, ne seront pas dans la majorité municipale par la suite. Ils formeront, eux, un groupe d'opposition dit constructif. et voilà comment cette association LFI-PS est passée sur Clermont-Ferrand.
De l'autre côté, on a Antoine Darbois, le candidat RN, qui a réussi un score de plus de 11% sur Clermont-Ferrand, qui, lui, a tendu la main, comme il le dit à Julien Bonny, pour avoir une union de toutes les droites sur Clermont-Ferrand et pour faire tomber ce bastion de gauche. Julien Bonny l'avait annoncé avant le premier tour. Il n'a pas souhaité partir dans cette direction. Fort de son avance, avec ses 34% au premier tour, il a décidé de rester dans sa ligne, de surfer un petit peu sur le dynamisme qui lui a permis d'être en tête au premier tour.
Et donc, il se retrouve avec, certes, en face de lui, une liste PS et LFI, mais aussi un Antoine Darbois qui n'hésite pas à dire que la chute d'Olivier Bianchi ne se fera pas à cause de la décision de Julien Bonny. Alors aujourd'hui, des deux côtés, côté de la droite, on cherche le dynamisme de cette campagne, on cherche aussi à appeler...
Gilles Juste, parce que je voudrais que M. Paco ait du temps pour répondre à votre question. Parce que vous avez une question pour lui.
Tout à fait. Alors, les deux listes cherchent à motiver les ascensionnistes pour, d'un côté, sauver la gauche à Clermont-Ferrand, de l'autre côté, s'appuyer sur la droite. Mais est-ce que, M. Paco, vous comprenez la réaction du RN qui dit on se serait associés, on aurait fait basculer la ville à droite, on n'est pas associés, on va laisser la ville à gauche ? Je me moque de ce que dit le RN. Je veux que ma famille politique gagne sans le RN. Et ce que je note, parce que pour préparer l'émission, effectivement, j'ai lu des interviews de M. Bianchi et M. Bianchi dit je me bats pour des valeurs.
Se battre pour des valeurs quand on s'allie avec LFI, ce parti qui a réactualisé, modernisé une affiche nazie. Vous savez, c'est la fameuse affiche contre Cyril Hanouna. Ce parti antisémite, ce parti violent avec qui on s'allie au nom de valeurs. Eh bien, moi, ce que je dis aux habitants de Clermont-Ferrand, cette Auvergne qui a résisté au nazisme, c'était une terre de résistance. Prenez, pour ceux qui ne sont pas allés voter au premier tour parce qu'elle est là la réserve. Chez les abstentionnistes, cette alliance de la honte, refusez-la et votez pour Julien Bonny qui sera un excellent maire de Clermont-Ferrand.
Mais est-ce que vous n'allez pas juste un peu trop loin en comparant ça à de la résistance au nazisme, Olivier Paco ?
Mais la résistance au nazisme, qui en parle tout le temps ? La gauche, c'est insupportable. Parce qu'il se part de cette belle tunique de l'antifascisme avec à leur côté des gens comme ceux de la jeune garde qui tuent. Donc, non, je ne suis pas dans l'excès. Je suis dans le combat enthousiaste. Et effectivement, il me semble que le PS a franchi un cran avec ses alliances multiples partout avec LFI et qu'une bonne partie de leur électorat leur en voudra. Moi, je n'oublie pas les paroles de M. Mélenchon sur Gluckstein et sur Glucksmann. Voilà, ces paroles antisémites honteuses. Et je pense qu'il y a des gens qui ont sauvé l'honneur à gauche quand même. Comme M.
Glucksmann, justement, ou comme Patrick Caner. J'ai lu une interview de lui il y a quelques jours où effectivement, pas une voix pour LFI, pas d'alliance avec LFI comme nous, à LR, nous ne voulons pas d'alliance avec le RN.
Merci beaucoup, Gilles Laloz. Merci. Sprint final à Clermont, c'est la une du journal La Montagne. Un dernier mot, parce qu'après les municipales, il y a des sénatoriales. Olivier Paco, est-ce que vous êtes inquiet de ce qu'elles peuvent donner pour votre camp ? Et est-ce que vous pensez que les dernières déclarations de Bruno Retailleau peuvent fragiliser un peu plus les LR, notamment dans les Alpes-Maritimes ?
Alors, dans les Alpes-Maritimes où effectivement, nous avons quand même cinq sénateurs, ça peut avoir des conséquences, ça peut aboutir à la naissance, à la création d'un groupe UDR-RN au Sénat, évidemment. Et je ne m'en réjouis pas. Maintenant, il faut faire le compte sur la moitié de la France, puisqu'il y aura un renouvellement pour la moitié du pays. Bon, les LR devraient ne pas s'en tirer si mal que ça au niveau global, mais ça dépend effectivement des Alpes-Maritimes, ça dépend de Paris, ça dépend de Lyon aussi. Si ces deux villes… Paris, ça ne va pas avoir de conséquences immédiates pour les sénateurs. Pas immédiates, pour 2029. Mais dans le cas de Lyon, ça peut…
Des Bouches-du-Rhône ? Oui, oui, oui, tout à fait.
Vous avez des inquiétudes ? Les Rônes, le Gard aussi, qui sont des territoires qui sont grignotés par le Rassemblement national, vous pourriez perdre des sénateurs ?
Le Rhône, c'est quand même un gros pourvoyeur de sénateurs. Le sénateur ? Le sénateur, donc effectivement, ça peut être très pénalisant pour les écologistes, le Rhône, s'ils ne conservent pas leur mairie.
Merci Olivier Paco. Merci à vous. Merci d'être venu à 48 heures de ce second tour.
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Olivier Paccaud