Commission européenne : “Michel Barnier est l’homme de la situation” estime Daniel Cohn-Bendit
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteÉludée
Est-ce qu'il a eu raison de le faire, malgré les risques qu'ils ont pris en allant là-bas ?
- 0:50OuverteÉludée
Il y a quelqu'un qui a une idée, qui a une opinion sur cet événement, c'est Marine Le Pen.
- 0:57RelanceRéponse partielle
Le président de la République n'avait pas à les accueillir un peu comme des héros.
- 1:10OuverteÉludée
Qu'est-ce que vous pensez de cette polémique ?
- 1:55OuverteRéponse directe
La campagne est dominée par des questions avant tout nationales. Est-ce que c'est le cas également chez nos voisins allemands ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Qui soutenez-vous en Allemagne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Il a senti l'obligation et le devoir de le faire, c'est bien. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Vous n'avez qu'un parti vraiment eurosceptique, qui est donc l'extrême droite, l'alternative pour l'Allemagne, sinon vous avez, disons, des sensibilités différentes pro-européennes. »
- 2:31Invité politiqueFait
« C'est une campagne qui, disons, est marquée par une question centrale, c'est pourquoi l'inertie de la chancelière sur l'Europe ? »
- 3:58Invité politiqueFait
« Les verts français, c'est une secte. »
- 4:08Invité politiqueChiffre
« On a fait, si ma mémoire ne flanche pas trop, plus de 16% en 2009. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Les 10 derniers secrétaires nationaux des verts ne sont plus membres des verts. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Je trouve que la manière dont il mène sa liste, en tapant tous les jours à droite et à gauche sur tout le monde, etc., ce n'est pas ce que moi j'espère d'une liste écologiste qui s'ouvre. »
- 6:29Invité politiqueFait
« Il ne l'était pas. »
- 6:43Invité politiqueFait
« Il y a une évolution intellectuelle d'Emmanuel Macron. »
- 9:54Invité politiquePromesse
« Il faut le faire ? Oui, absolument. »
- 10:14Invité politiqueFait
« La majorité qualifiée, c'est vrai ? C'est une question d'environnement. C'est une majorité qui suffit. »
- 10:22Invité politiqueFait
« Absolument. Il n'y a pas que la France. Il n'y a pas que la France. Il y a plusieurs pays qui le proposent aujourd'hui. »
- 12:53Invité politiqueFait
« Si vous avez des sondages qui vous donnent la touche-touche et à égalité, le Rassemblement national, et tout le monde dira, c'est une lutte entre les deux. »
- 16:53Invité politiqueFait
« Il faut trouver des majorités de projets. Il n'y a pas de majorité toute faite. »
- 20:35Invité politiqueFait
« Je trouve que Michel Barnier est l'homme de la situation pour relancer là où c'est nécessaire le projet européen. »
- 21:55Invité politiqueFait
« Ça fait plus d'un an que je dis que Bannon est à la manœuvre pour sa délection européenne. »
- 22:50Invité politiqueFait
« Marine Le Pen, objectivement, comme on disait, les staliniens disaient, on est objectivement des agents du Capitaine, elle est objectivement un agent de Trump, une agent de Trump et de Poutine. »
- 24:09Invité politiqueFait
« Tous les morts des goulags, les millions, les millions d'assassinés en URSS, ils se retournent dans leur tombe. »
Temps de parole
- Daniel Cohn-Bendit74 %
- Invité9 %
- Présentateur8 %
- Invité 28 %
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Bonjour Daniel Cohn-Bendit. Bonjour messieurs. Avant de parler de la campagne des européennes et de votre soutien à la liste menée par Nathalie Loiseau, un mot de la libération des deux otages français. Vendredi soir, Emmanuel Macron est allé les accueillir à leur descente d'avion, à leur arrivée en France. Est-ce qu'il a eu raison de le faire, malgré les risques qu'ils ont pris en allant là-bas ?
Je n'en sais rien. Franchement, je n'en sais rien. C'est le genre de questions, je n'ai pas de réponses. Il a senti l'obligation et le devoir de le faire, c'est bien. s'il avait envoyé son ministre des Affaires étrangères, ça aurait été aussi possible. Je veux dire, moi, c'est le genre vraiment de débat qui me dépasse, parce que je n'ai aucune idée là-dessus. S'il le fait, il le fait. S'il ne le fait pas, il ne le fait pas.
Il y a quelqu'un qui a une idée, qui a une opinion sur cet événement, c'est Marine Le Pen. Elle l'a commenté en ces termes, c'était hier.
Le président de la République n'avait pas à les accueillir un petit peu comme des héros. Je pense que l'intégralité des hommages, en réalité, aurait dû être réservée à ces deux militaires d'élite.
Qu'est-ce que vous pensez de cette polémique ?
Écoutez, c'est le genre de polémique qui, moi, ne m'intéresse pas. Évidemment que les héros, ce sont les soldats. Maintenant, il y a une deuxième polémique. Est-ce que les touristes étaient dans zone orange, jaune, mi-jaune, mi-rouge, mi-rouge ? Enfin, on peut continuer à l'infini. Je crois qu'il y a d'énormes problèmes. C'est dramatique quand il y a des otages. Et tout le monde le sait. C'est que, où on arrive à les libérer rapidement, où c'est extrêmement difficile, et du chantage, etc. Et que grâce aux informations, visiblement, des Américains, c'est eux qui ont donné les informations pour qu'on puisse les libérer. Donc voilà, et puis arrêtons ce genre de...
Enfin, moi, ça ne m'intéresse pas.
La campagne est dominée, et je dis ça après qu'on vous ait posé une question sur un enjeu national, en France, par des questions avant tout nationales. Est-ce que c'est le cas également chez nos amis et voisins allemands ? Est-ce que vous trouvez que la campagne a meilleure allure de l'autre côté de la frontière ?
Disons que la campagne en Allemagne est absolument différente, dans le sens que, en fait, vous n'avez qu'un parti vraiment eurosceptique, qui est donc l'extrême droite, l'alternative pour l'Allemagne, sinon vous avez, disons, des sensibilités différentes pro-européennes. C'est une campagne qui, disons, est marquée par une question centrale, c'est pourquoi l'inertie de la chancelière sur l'Europe ? Et donc là, les sociodémocrates et les verts, il faut savoir qu'en Allemagne, le deuxième parti en ce moment dans les sondages, ce sont les verts. Pas en France, hein ? Pas en France, oui, justement, il faut savoir qu'il y a une grande différence.
Bon, questionne le positionnement, critique par exemple Mme Merkel sur le fait qu'elle n'ait pas signé l'initiative française pour augmenter la vitesse sur, disons, sur la transition climatique et écologique, voilà le débat. Qui soutenez-vous en Allemagne ? Les verts.
Les verts ? Et pourquoi en France, ce n'est pas le cas ? Parce que je suis schizo. Vous avez deviné la suite de ma question. Comment ? Vous avez deviné la suite de ma question.
Oui, non, pour la simple raison que, voilà, moi j'estime qu'en prenant, en se positionnant dans sa campagne présidentielle sur l'Europe, Emmanuel Macron a pris des initiatives au niveau européen qui sont très importantes. Et je crois qu'en France, il faut renforcer ces initiatives par le résultat aux européennes. Voilà le pari que je fais. Qu'est-ce qui ne vous plaît pas chez les verts français aujourd'hui ? D'abord, les verts français, c'est une secte. Ils étaient 10 000 il y a 5 ans.
Ils sont 3 000. C'est une secte que vous avez, pardon, Daniel Kohn-Mennit, mais contribué à créer en France. Oui, j'ai créé. Vous êtes le gourou, hein.
J'ai été le gourou. On a fait, si ma mémoire ne flanche pas trop, plus de 16% en 2009. Mais une secte, c'est extrêmement violent comme attaque. Pourquoi c'est une secte ? Parce qu'il se comporte comme cela. Écoutez, les 10 derniers secrétaires nationaux des verts ne sont plus membres des verts. Ils sont quittés pour des raisons différentes. Gauche, droite, en haut, en bas, etc. Les 10 derniers. Quand on n'est plus que 3 000 au lieu d'être 10 000. Quand on, je veux dire, c'est-à-dire que je ne crois pas que les verts, en l'état, malgré la qualité de Yannick Jadot...
Yannick Jadot, c'est lui, c'est vous qui l'avez fait élire il y a 10 ans au Parlement européen.
Non seulement, non, je ne l'ai pas fait élire. Il était sur votre liste. Il était tête de liste à l'ouest. Jannick Jadot est un très bon copain. Mais je trouve que la manière dont il mène sa liste, en tapant tous les jours à droite et à gauche sur tout le monde, etc., ce n'est pas ce que moi j'espère d'une liste écologiste qui s'ouvre. Et la liste, elle n'est pas ouverte. Nous, on avait surpris, en en ouvrant, on avait surpris parce qu'on était sympa, parce qu'on donnait envie de l'Europe. Aujourd'hui, il n'est pas sympa Yannick Jadot. Dans la manière où il est, il y a deux Yannick Jadot. Il y a Jadick Jadot, Europe Écologie, ouvert et dans son travail réel au Parlement européen.
Et il y a Yannick Jadot, Greenpeace, il faut taper, taper, taper, taper.
Et là, c'est le Greenpeace qui a pris le pas sur l'Europe Écologie.
C'est le plus, oui, c'est-à-dire qu'il n'explique pas. Franchement, quand il dit, quand il apprend que Pascal Canfin, je comprends que c'est dur pour lui, et Pascal Durand vont sur la liste, disons, de Nathalie Loiseau, bon, ça le touche, ce que je comprends. Mais de dire, ils vont à la soupe et ils ont quitté l'écologie, il n'est pas le pape de l'écologie. Il ne peut pas excommunier quelqu'un. Ce n'est pas parce qu'il est tête de liste Europe Écologie, il est vert, qu'il est le seul écologiste au monde et qu'il a le droit maintenant d'excommunier à droite et à gauche. Elle n'appartient pas aux verts, l'écologie, aujourd'hui ? Non, mais s'il n'appartient qu'aux verts, on a perdu.
S'il n'y a que les verts qui défendent la transition écologie, on rentre à la maison, on a perdu. Et Emmanuel Macron, il est écologiste aujourd'hui, à vos yeux ? Il ne l'était pas. Il est devenu, mais Renaud Delis n'est pas né écologiste. Je ne sais pas s'il l'est aujourd'hui. Il est devenu grâce à quoi, écolo Emmanuel Macron ?
Grâce au gilet jaune ? Non, il est avant. Grâce à qui ? Grâce à vous ? Non, pas grâce. Quand s'est fait la conversion ?
Il y a une évolution intellectuelle d'Emmanuel Macron. Déjà pendant la campagne, on a commencé à en discuter de la campagne présidentielle. Il hésitait et après il a compris qu'il y avait quelque chose qui lui manquait politiquement. C'est pour ça qu'il a appelé Nicolas Hulot. Qui est parti ? Oui, mais qui a eu d'énormes influences sur lui. Il y a eu une énorme influence. Vous savez, Nicolas Hulot, c'est spécial aussi. C'est spécial. Donc, il n'est pas parti simplement parce qu'il dit que Macron n'est pas... Il avait des problèmes avec Édouard Philippe. L'évolution d'Édouard Philippe n'est pas au même rythme peut-être que l'évolution d'Emmanuel Macron en ce qui concerne l'écologie.
Donc, intellectuellement, maintenant, il a compris et je crois qu'avec les gilets jaunes, il a repris une question qui est très difficile à résoudre. C'est comment on perçoit de la société de la transition écologique ? Parce qu'il n'y a pas de dire « il n'y a qu'à, il n'y a qu'à faire une taxe CO2, il n'y a qu'à faire ceci, il n'y a qu'à faire cela, etc. » Tout le monde sait qu'aujourd'hui, c'est le problème en Allemagne, quand vous voyez sur la transition sortir du charbon, il faut gagner une majorité de la société. Et ça, c'est extrêmement difficile.
David Doba, pour le rappel de l'actualité à 8h41, et on poursuit cet entretien avec vous, Daniel Cohn-Mendit, dans quelques instants.
Les corps des deux soldats français tués dans la nuit de jeudi à vendredi, de retour dans l'Hexagone hier, avant l'hommage national qui leur sera rendu demain. Une cérémonie militaire se tient cet après-midi aux Invalides en présence des familles. Leur procès doit durer six semaines. Patrick Balkany est jugé à partir d'aujourd'hui à Paris. Sa femme Isabelle doit comparaître si son état de santé le permet. La justice s'intéresse notamment à de luxueuses villas au Maroc et dans les Caraïbes. Selon les juges, Patrick Balkany était à la tête d'un réseau de sociétés offshore mis en place dans les années 80.
Sur France Info, ce matin, Jean-Christophe Picard, le président de l'association Anticor, estime que la justice signe la fin de la récréation et qu'il faut maintenant qu'ils assument leurs actes. Le projet de réforme de la fonction publique arrive pour deux semaines à l'Assemblée nationale. Un millier d'amendements ont été déposés. Et puis, de plus en plus de personnes LGBT se disent victimes d'agressions physiques. C'est ce qui ressort d'une enquête, en enquête de l'IFOP. En exclusivité ce matin, France Info et Le Monde vous dévoilent que 55% des personnes interrogées affirment avoir été agressées verbalement ou physiquement au cours de leur vie.
France Info. L'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit est l'invité de France Info jusqu'à 9h avec Renaud Delia à mes côtés.
Vous évoquez à l'instant la conversion à la transition écologique d'Emmanuel Macron. Il y a une étude de la Commission européenne qui propose aujourd'hui de taxer le kérosène des avions. Selon cette étude, c'est une taxation en l'occurrence de 33 centimes d'euros par litre permettrait de diminuer à terme de 10% les émissions de CO2 du secteur aérien. Est-ce qu'il faut taxer effectivement le kérosène ? Vous savez que Nathalie Loiseau penche notamment pour l'instauration d'une taxe sur les vols intérieurs à l'Union européenne.
Elle dit ça parce que c'est les seules taxes possibles. Il y a deux niveaux. Mais moi, il faut taxer. Il faut le faire ? Oui, absolument.
Mais on peut le faire sans l'accord de nos partenaires européens ?
Non.
Donc on ne va pas le faire ?
Non, ce n'est pas vrai. Parce qu'aujourd'hui, c'est dans le programme de plusieurs parties, même en Allemagne. C'est une vraie discussion. Même l'Allemagne est en train de discuter une taxe de CO2. Mais il faut l'unanimité de nos partenaires européens pour faire passer une telle taxe ? Non. La majorité qualifiée, c'est vrai ? C'est une question d'environnement. C'est une majorité qui suffit. Et la France peut gagner une majorité à l'Europe au sein de l'Union européenne pour taxer le kérosène ? Absolument. Il n'y a pas que la France. Il n'y a pas que la France. Il y a plusieurs pays qui le proposent aujourd'hui. Les Hollandais le proposent, etc.
Donc je crois que c'est quelque chose qui est possible et qui va se faire. Qui va se faire parce que, justement, il y a l'Europe pour tenir ses engagements de l'accord de Paris, doit limiter l'effet de serre. Et donc, c'est une des mesures qui permettra, une des multiples mesures nécessaires. Donc je crois qu'il n'y a aucun problème. Le problème, il est, c'est comment taxer et obliger les avions américains, chinois, enfin, ceux qui viennent d'or d'Europe pour atterrir, est-ce que, comment ? Et là, il faut un accord, disons, planétaire. Donc c'est ça qui est plus difficile. Donc on peut taxer les vols aériens en Europe et comment on fait pour aller...
C'est ça toute la discussion du savoir-faire.
Donc il faut des taxes pour faire davantage de transition écologique. Absolument. Donc est-ce que ça ne risque pas de rendre l'écologie un peu plus impopulaire encore ?
Mais le problème, il est que...
C'est ce que Ségon Roy a appelé l'écologie punitive.
Non, mais c'est que, écoutez, vous payez des impôts, vous avez des taxes. Vous avez des taxes. Alors l'État est punitif parce que pourquoi payer des infos ? C'est dégueulasse de payer des infos. Et puis sur le tabac, il y a des taxes. Sur l'alcool, c'est dégueulasse de payer... Enfin, je veux dire, on est... Les taxes, c'est une manière de réguler. Alors maintenant, il y a des effets sociaux de certaines taxes qu'il faut arriver.
C'est pour ça que quand Emmanuel Macron propose à l'Élysée une nouvelle méthode de dire on va proposer à une assemblée de citoyens une plusieurs mesures pour justement réduire les gaz à effet de fer, donc réduire la pollution, eh bien, ces citoyens vont après choisir et définir un cadre. C'est ce qu'ont fait les Irlandais, avec succès, aussi bien pour leur transition écologiste que pour, d'ailleurs, leur référendum sur l'invertement. C'est ce que les Danois ont fait. Donc voilà, la vraie question, c'est comment travailler dans la société, trouver un consensus avec la société. C'est ça qui a manqué, si vous voulez, avant la crise des Gilets jaunes.
Daniel Cohn-Mendy, depuis le début de la campagne, Emmanuel Macron a choisi son adversaire. C'est Marine Le Pen, il s'adresse à lui, y compris à l'étranger, comme on l'a vu la semaine dernière, en marge d'un sommet européen. Est-ce qu'il a raison de dramatiser à ce point l'enjeu de l'élection, elle ou moi, les progressistes ou l'extrême droite, les nationalistes au pouvoir en Europe ?
Écoutez, de toute façon, c'est comme ça. Arrêtez. Si vous avez des sondages qui vous donnent la touche-touche et à égalité, le Rassemblement national, et tout le monde dira, c'est une lutte entre les deux. Et d'ailleurs, avant qu'ils le disent, à chaque fois qu'on me posait des questions, on me posait des questions sur En Marche ou le Rassemblement national. Que les autres listes ne soient pas d'accord, c'est compréhensif, je ferais exactement la même chose à leur place, mais il y aura plusieurs lectures du résultat des élections européennes. C'est quel est le parti qui est devant ? Il y a une autre chose que vous pouvez me dire. Ça n'a aucune importance.
Ça ne changera rien, le Rassemblement national en tête. Non, ça n'a aucune importance réelle pour le Parlement européen. Que Marine Le Pen ait un siège de plus ou de moins que la liste d'En Marche ne change rien.
Donc à quoi ça sert de dramatiser l'enjeu à ce point ?
Parce qu'à ça, symboliquement, une importance que vous allez tous relouver les commentateurs. Ne faites pas les hypocrites et les naïfs. Et que les électeurs d'Emmanuel Macron vous usurent un peu plus que les autres. Arrêtez de me foutre de ma gueule. Enfin, il est évident que vous avez fait. Reprenez tout ce que vous avez dit et écrit. C'est du storytelling. Non, non. C'est ça ? Simplement, on raconte une histoire dans la campagne. Mais reprenez tout ce que vous, vous, vous avez écrit et dit, il y a 5 ans, quand Marine Le Pen était en tête, 24,9%, près de 25%, aux dernières élections européennes, loin devant les républicains, loin devant les socialistes, etc.
Vous en avez fait une histoire nationale. Mais lisez vos textes, lisez vos commentaires. Donc ne me racontez pas l'histoire.
Mais Macron n'est pas un commentateur de la vie politique, il est le chef de l'État.
Mais le chef de l'État sait que de toute façon, il sera mesuré dans les commentaires en France à ce niveau. Il y a deuxième chose qu'on doit dire, c'est que pour le Parlement européen, de toute façon, les 20, 21, 22 ou 23 ou 24 députés en marche qui feront de l'aile libérale, une aile libérale écologique au Parlement européen, aura un rôle très important au Parlement européen pour la transition écologiste, par exemple, avec les autres élus écologistes. Mais il n'y a pas de risque, à vos yeux, d'une majorité nationaliste au Parlement européen ? Mais non, mais de loin que non. Donc il n'y a pas de risque d'extrême droite en Europe ? Ici, ça gangrène le climat.
Il y a une chose, vous avez une extrême droite qui gangrène avec des pays où elles sont au pouvoir, la Hongrie. Vous avez un pays, Salvini. D'ailleurs, Salvini, ça ne me rassure pas parce qu'il est loin devant encore, mais il vient de perdre 6% dans les sondages. C'est-à-dire que ce n'est pas tout simplement possible pour lui parce qu'il y a en Italie. Mais c'est vrai qu'avec la Hongrie, avec l'Italie, avec la Pologne, je ne sais pas qui va y aller, la Pologne, ce n'est pas clair encore. Eh bien, vous aurez une force de vocifération au Parlement européen. Avec un pouvoir de quoi au sein de l'hémicycle ? De nuisance ? Il y a deux possibilités.
Ou vous aurez environ 150, disons, sur 705 députés, disons, vociférants. Un petit quart. Un petit quart, oui. Avec, en plus, la folie des Anglais dedans, des Brexiteurs, qui vont à des élections voter pour nous pour qu'on parte le plus rapidement possible. C'est extraordinaire. Mais disons, ça fait un petit quart.
Ce groupe de 150 euros députés ?
Il n'y a pas un groupe. Ce n'est pas si facile. Ces groupes, pardon, oui. Il y aura deux groupes qui seront ensemble. Vous avez le reste, ces 705 députés. Eh bien, il va devoir, ça dépend de l'intelligence du reste, c'est-à-dire du Parti Populaire Européen, des libéraux-écolos, des écolos, des socialistes, etc. De trouver sur des projets, comme le dit d'ailleurs Michel Barnier hier très bien dans le journal du dimanche, au Parlement européen, il faut trouver des majorités de projets. Il n'y a pas de majorité toute faite. Chaque projet, chaque directive, donc chaque loi, doit trouver sa majorité. Et donc, ça dépendra de l'intelligence.
C'est pour ça que je dis, n'insultez pas l'avenir dans une campagne européenne. Vous êtes concurrents aujourd'hui, c'est normal, mais demain, vous serez obligés de travailler ensemble pour faire avancer l'Europe.
Il faudra peut-être travailler avec la secte de vos anciens amis, écolos, comme vous l'avez qualifié, il y a quelques instants. Oui, mais là, vous allez vous retrouver, enfin pas vous, mais dans le même Parlement, a priori.
Mais c'est ce que je dis, c'est tout mon discours, c'est pour ça que je dis à Yannick Jadot, n'insulte pas l'avenir. Mais, vous savez, les Français, ils ont 7, 8 ou 9 élus d'un groupe d'une cinquantaine de parlementaires qui sera dominé par les Verts allemands. Les Verts allemands, ils sont quand même des Verts qui, dans le nord de l'Allemagne, sont en coalition avec la droite et les libéraux. À l'est de l'Allemagne, avec les communistes et les socialistes. Dans le nord de l'Est, ils sont avec la CDU. Donc, ce sont des Verts.
Si vous voulez, l'équivalent des Verts allemands en France serait que des Verts en Ile-de-France disent, eh bien, on voit, vu le résultat des élections, on fait une coalition avec Pécresse. Et là, les Verts français ne vous disent jamais. Ce qui semble difficile à imaginer en ce moment. En ce moment, mais il faut qu'ils aient dit, sinon ils ne servent à rien.
Vous restez avec nous, 8h51, l'actualité résumée par David Toba.
Les panneaux installés depuis quelques jours dans toutes les communes de France, recouverts d'affiches à partir d'aujourd'hui. Début de la campagne officielle pour les Européennes. Les derniers sondages donnent la liste LREM et celle du Rassemblement National au coude à coude. Interrogé sur France Info, José Bové dénonce une sorte de propagande. Le député européen réagit à un rapport, rapport sénatorial, sur le glyphosate qui doit être rendu jeudi. Le texte affirme que le caractère cancérogène du produit n'est pas prouvé. Patrick et Isabelle Balkany ont-ils dissimulé 13 millions d'euros d'avoir au fisc début de leur procès à Paris ?
Ils comparaissent dans un premier temps pour fraude fiscale, puis pour blanchiment aggravé. Leur fils Alexandre et trois autres prévenus sont également sur le banc des accusés. Des lycéens, main sur la nuque, agenouillés de force par les forces de l'ordre. Les images avaient été filmées en marge d'une manifestation. Elle avait dégénéré, c'était le 6 décembre dernier à Mont-la-Jolie. Début des auditions par la police des polices aujourd'hui. Et puis ces grosses tensions. Hier soir à Marseille, l'OM a été sèchement battue par Lyon 3-0. Des fêtes qui privent du coup les Olympiens de toute forme de coupe d'Europe. Des affrontements se sont produits avec les forces de l'ordre.
Daniel Cohn-Médit, on parlait de Michel Barnier il y a quelques instants. Est-ce que c'est votre candidat pour prendre la tête de la Commission européenne ? Oui. Oui. Quelqu'un qui ne vient pas de votre camp ?
Mais oui, mais je veux quelqu'un. Moi je crois que, d'ailleurs beaucoup nous l'avons connu quand il était commissaire. Il a une capacité de travailler avec tout le monde et c'est son Europe des projets. Il était ministre de l'environnement, il a une compréhension de la nécessité de la transition écologique. Ce n'est pas absolument la mienne, mais s'il fallait que ça soit la mienne, on est mal barré non plus pour avoir des majorités. Donc il faut, il faut, donc voilà, et je trouve que c'est...
Quel est la part de chauvinisme, pardon, dans ce choix ? Est-ce que c'est aussi parce qu'il est français que c'est votre candidat ?
Je suis un Allemand qui propose Barnier. Oui. Il n'y a pas une once de patriotisme pour peser notamment face aux Allemands au sein de la Commission ? Non, alors si je soutenais Weber, vous dites, est-ce que ce n'est pas par patriotisme allemand avec moi, vous ne pouvez pas m'avoir comme ça ? Non, ce n'est pas du tout cela. D'ailleurs, c'est parce que je crois qu'il est l'homme de la situation. D'abord, il a une capacité, regardez comment il a géré l'affaire du Brexit.
On n'a pas la fin, on n'a pas le dernier épisode, on saura la fin.
Non, mais il a tenu les Européens ensemble. C'est ça qui est extraordinaire. Il ne peut pas décider pour les Anglais. Si la classe politique anglaise se suicide, on ne peut pas faire porter le chapeau à Michel Barnier ou aux Européens. Ça, c'est autre chose. Mais aujourd'hui, je trouve que Michel Barnier est l'homme de la situation pour relancer là où c'est nécessaire le projet européen.
Jeudi dernier, Daniel Cohn-Mendit, l'émission Envoyé Spécial sur France 2 a diffusé une enquête sur les liens étroits entre le sulfureux Steve Bannon, l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, et le Rassemblement National. On voit une réunion, on voit des liens entre eux, éventuellement potentiellement des liens financiers d'ailleurs. Marine Le Pen a menace de porter plainte en diffamation pour dénoncer cette accusation.
Plusieurs députés, à la suite de la diffusion de ce reportage, réclament l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur le Rassemblement National pour intelligence avec une puissance étrangère, avec la complicité de hauts fonctionnaires tenus aux droits de réserve. Êtes-vous favorable à l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur le Rassemblement National et ses liens avec Steve Bannon ?
Ça fait plus d'un an que je dis que Bannon est à la manœuvre pour sa délection européenne. D'ailleurs, la preuve, où va Orban ? Où est M. Orban aujourd'hui ? À la Maison Blanche. À la Maison Blanche. Alors, tout le monde sait que M. Trump est un grand copain de l'Union Européenne.
Est-ce que Bannon n'est plus, lui, à la Maison Blanche ?
Oui, non, mais enfin, Bannon est quand même à la stratégie. Il est toujours un grand soutien de Trump. Et Trump a compris qu'à la Maison Blanche, ça ne va pas. Mais il l'a envoyé en Europe pour faire ce qu'il fait, son arrêt de désintégration.
Vous voulez dire que Donald Trump, aujourd'hui, souffle sur les braises, bien plus Washington ?
Bien sûr, mais absolument, en recevant M. Orban. Et deuxièmement, alors, si il y a une commission d'enquête, il faut faire une commission d'enquête sur les liens Bannon-Trump et les liens avec Poutine. Parce que ce qui est quand même incroyable, c'est que vous avez le Front National, ou le Rassemblement, je suis un conservateur, je n'arrive pas à dire Rassemblement. Rassemblement National, vous allez y arriver.
Marine Le Pen, à vos yeux, elle est à la solde de Donald Trump, aujourd'hui ?
Marine Le Pen, aujourd'hui, fait, alors, à la solde, j'en sais rien, moi, je ne prétends pas ce que je ne sais pas, mais Marine Le Pen, objectivement, comme on disait, les staliniens disaient, on est objectivement des agents du Capitaine, elle est objectivement un agent de Trump, une agent de Trump et de Poutine.
Mais dans la manière dont ils parlent, ils font de la politique, de la manière, aujourd'hui, où, quand ils parlent des réfugiés, quand ils parlent de l'émigration, quand ils parlent, justement, de l'Europe, et après, en même temps, c'est eux qui demandent, d'ailleurs, qui ont demandé de l'argent à Poutine, et c'est eux qui, aujourd'hui, veulent une politique beaucoup plus orientée vers la Russie. Donc, c'est, je crois, en tout cas, elle dessert absolument la nécessité de souveraineté de l'Europe, de la France, dans l'Europe. Et ça, je trouve que, politiquement, il faut le dénoncer.
Elle est anti-patriote, à vos yeux, Marine Le Pen, lorsqu'elle prend sa position ? Elle est anti-tout.
Elle est anti-tout. Je ne sais pas, moi, je ne sais pas ce que c'est qu'un patriote. Hein, je sais, donc, je ne vais pas dire qu'elle est anti-patriote, moi. Je dis, elle est anti-tout. Elle ment. Quand une candidate à la présidente de la République peut comparer l'URSS à l'Union Européenne, tous les morts des goulags, les millions, les millions d'assassinés en URSS, ils se retournent dans leur tombe. Enfin, et on laisse passer les pires bêtises, les pires infamies de Marine Le Pen sur le Tchernobyl, identitaire, terre et tout ça. Donc, elle est vraiment un danger pour l'avenir de la France et de l'Europe.
Pour relancer l'Europe, il faut reconstruire le couple franco-allemand. Vous êtes l'incarnation presque du couple franco-allemand à vous seul, Daniel Kohn-Main. Aujourd'hui, il est en piteux état. On voit les sujets de désaccord qui s'additionnent entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. Juste, mais... L'Europe va dans le mur avec un couple pareil.
Oui, mais vous savez, l'histoire avance et je crois qu'on a besoin, aujourd'hui, pour arriver justement à relancer, par exemple sur la transition écologique, mais aussi sur la défense, mais aussi sur ce plein de sujets, on a besoin d'un accord entre la France et l'Allemagne. C'est un peu difficile en ce moment. C'est vrai, mais ce sont les conditions de la politique. Il faut arrêter de dire que la politique s'arrête ce matin à 8h58, à France Info. Nous, on va s'arrêter en tout cas. Nous, on va s'arrêter en tout cas, plus prozéliquement. Oui, c'est un travail difficile, mais vous savez ce crois-je mise ? Sur l'entrée des verres allemands au gouvernement.
Les verres allemands, beaucoup plus raisonnables que les verres français. Mais non, pas seulement. C'est qu'eux, ils sont fascinés par Macron et que s'ils rentrent au gouvernement...
Renaud, si vous relancez notre invité, quand on est déjà en retard, on ne va jamais y arriver. Merci beaucoup, Daniel. J'ai confiance en un couple franco-allemand.
Daniel Cohn-Bendit