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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 9 octobre 2025 89 min

L'intégrale du jeudi 9 octobre

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce jeudi 9 octobre. Nous reviendrons bien sûr très largement sur la crise politique. Ma mission est terminée, elle n'est pas complètement réussie, mais j'ai tout essayé. Ce sont les mots de Sébastien Lecornu hier soir aux 20h, le Premier ministre démissionnaire qui estime que le président de la République peut nommer un nouveau Premier ministre dans les 48 heures. Que va faire ? Que peut faire ? Emmanuel Macron en parle tout au long de cette émission.

Dans une heure, l'analyse de nos éditorialistes, mais d'abord les réactions politiques. Celle du sénateur Renaissance, Xavier Iacovelli, dans quelques minutes. Le Bloc central peut-il accepter un Premier ministre de gauche et sur le fond ? Peut-il abandonner la réforme des retraites au thème du macronisme ? On lui posera la question. Dans une demi-heure, on recevra le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin. Est-il encore possible de voter un budget dans les temps impartis ? Quelles seraient les conséquences pour les Français si ce n'est pas le cas ? La droite est prête à accepter un budget de compromis avec la gauche. On verra ce qu'il en pense.

Et puis à la une de nos régions, nous verrons les conséquences de la crise politique pour les collectivités locales. On sera en duplex depuis Toulouse avec Sébastien Martin, le président des intercommunalités de France qui tiennent en ce moment leur congrès. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. On commence par les repères de l'actualité. Bonjour André Vettaz. Bonjour. À la une de ce jeudi 9 octobre, Sébastien Lecornu qui a donc livré hier soir les conclusions de sa mission. Oui, il était l'invité du 20h de France 2 hier.

1:50
Invité

Et d'après lui, les risques d'une dissolution s'éloignent. Et nous devrions avoir un Premier ministre d'ici 48 heures.

1:57
Présentateur

Les détails avec Gaël Fonseca. J'ai appris ça au contact de nos militaires. J'ai tout essayé. Mission terminée pour Sébastien Lecornu. Ses consultations avec les différents partis politiques à la demande du président de la République se sont achevées. Je sens qu'un chemin est possible encore. Il est difficile. Et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient. Un des points de friction entre les forces politiques au Parlement, la réforme des retraites. Sébastien Lecornu était particulièrement attendu sur la question. Pour le moment, pas de suspension ni d'abrogation, mais le totem macroniste est remis sur la table.

Je l'ai dit au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites. Le retour au travail parlementaire, c'est le maître mot, selon Sébastien Lecornu, pour la stabilité du pays. Tout d'abord avec un débat sur la fiscalité des plus riches, mais aussi et surtout un débat pour le budget. Le Premier ministre démissionnaire l'espère. La France sera munie de son budget d'ici 2026. Le fruit de ces trois semaines à la tête du gouvernement sera présenté ce lundi par le prochain locataire de Matignon. C'est ça qui nous manque, c'est le dernier maître, mais vous entendez bien que je suis plutôt optimiste.

C'est la capacité tout simplement à bâtir des compromis dans l'hémicycle. Et pour lui, un départ anticipé d'Emmanuel Macron n'est pas souhaitable. Je peux vous témoigner que ce n'est pas le moment de changer de président de la République, parce que par définition, la parole de la France à l'étranger.

3:21
Invité

Un président de la République qui nommerait un Premier ministre avant demain soir.

3:25
Présentateur

L'information de la nuit, c'est un premier accord historique sur le plan de paix entre Israël et le Hamas. En effet, Oriane, après deux ans de guerre, Israël et le Hamas se sont entendus cette nuit sur un cessez-le-feu à Gaza,

3:36
Invité

dans le cadre du plan de paix de Donald Trump. Cette première phase prévoit aussi la libération de 20 otages israéliens vivants

3:43
Présentateur

contre près de 2000 prisonniers palestiniens et l'entrée de l'aide humanitaire dans l'enclave.

3:48
Invité

Sur son réseau True Social, le président américain s'est félicité de cette première étape vers, je cite, une paix solide, durable et éternelle. Ce sont les mots du président américain.

4:00
Présentateur

Robert Badinter entre au Panthéon. À l'ancien garde des Sceaux, la patrie reconnaissante. Robert Badinter fait son entrée parmi les grands hommes ce 9 octobre, jour anniversaire à Oriane de l'abolition de la peine de mort. Lui qui en avait été l'artisan, sa robe d'avocat ainsi que trois livres qui lui étaient chers seront placés dans le cercueil. Robert Badinter décédé en 2024 à l'âge de 95 ans, donné jusqu'à il y a encore peu ce conseil aux jeunes. Aimez la vie, la vie vaut la peine d'être vécue. Et puis le jeune franco-allemand détenu en Iran a été libéré hier. Après près de quatre mois de détention en Iran, Lénard Monterlos, ce jeune franco-allemand de 19 ans, vient d'être libéré.

Il avait été arrêté au troisième jour du conflit entre Israël et l'Iran après une traversée du pays en vélo. Il devrait être de retour en France aujourd'hui, au grand soulagement de ses parents, Oriane. – Merci Audrey, bonjour Xavier Iacovelli. – Bonjour. – Merci d'être notre invité sénateur des Hauts-de-Seine, vice-président du Sénat et vous présidez le Parti démocrate et progressiste. Pour expliquer, vous représentez un peu l'aile gauche du camp présidentiel. On va évidemment revenir longuement sur l'intervention hier de Sébastien Lecornu. On va le voir, c'est à la une de nos journaux régionaux, à la une du Dauphiné libéré.

Un premier ministre et pas de dissolution, Sébastien Lecornu, qui a entre autres affirmé qu'une majorité absolue à l'Assemblée refuse la dissolution. L'autre une, c'est Emmanuel Macron en une du Télégramme. Macron seul face aux Français, avec un président de la République de plus en plus isolé. Et puis la dernière une, on en parlait dans le journal, une icône de la justice au Panthéon, Robert Badinter, qui sera donc panthéonisé ce soir, jour anniversaire de l'abolition de la peine de mort. Alors, quelle une choisissez-vous ?

Écoutez, aujourd'hui, je ne peux pas ne pas choisir la panthéonisation de Robert Badinter, ce grand garde des Sceaux, ce sénateur, sénateur des Hauts-de-Seine, de mon département, et qui, j'avais eu la chance quand j'étais tout jeune candidat à l'élection municipale de Suren. C'était mon premier président du comité de soutien, donc j'avais eu la chance de le rencontrer, de le côtoyer. Et voilà, c'est un grand homme, un grand homme qui a fait rentrer la justice dans la lumière, la République dans la lumière, et puis qui a œuvré toute sa vie pour que la justice, ça ne soit pas la vengeance, que la vie, effectivement, mérite d'être vécue.

Et donc, voilà, je pense que c'est un grand moment aujourd'hui, un grand moment pour, justement, la République. Et dans des moments un peu troubles qu'on vit actuellement, je pense que c'est bien de rappeler notre histoire et de rappeler que des grands hommes ont fait aussi de la politique et que la politique, il n'y a pas que le chaos qu'on peut connaître aujourd'hui. Et on en revient, justement, à cette crise politique. Ma mission est terminée, a dit hier soir Sébastien Lecornu. Vous regrettez qu'elle ait été aussi brève ? Oui, je regrette parce que, pour le coup, Sébastien Lecornu, je pense que c'est un homme d'État. Il l'a démontré dans ses ministères respectifs, et notamment aux armées.

Et je pense que c'est du gâchis, aujourd'hui, de ne pas l'avoir en tant que Premier ministre. Il avait cette capacité à parler à tout le monde, et il a cette capacité à parler à tout le monde, parce que si nous arrivons, et je le souhaite, à un accord ce soir ou d'ici demain, c'est en grande partie grâce à lui, grâce à sa capacité, à trouver des compromis. Alors, un compromis, c'est que forcément, personne n'est gagnant. C'est la France qui est gagnante, mais forcément, les camps et les partis ont été obligés de faire un pas vers l'autre. Et donc, je pense qu'on avait besoin, effectivement, d'un homme comme lui, Amatignon. Il peut encore être nommé, demain, par Emmanuel Macron ?

Alors, si ça ne tenait qu'à moi, je dirais oui. J'espère qu'il sera de nouveau nommé. Je ne sais pas si les conditions sont remplies pour qu'il puisse de nouveau être rappelé Amatignon. Et je ne sais pas si, dans le cadre des discussions qu'il a eues avec les chefs de parti, c'est une option possible. Ça, encore une fois, seul le président de la République décide qui il nomme Amatignon. Mais en tout cas, effectivement, je pense que ça peut être une des solutions. En tout cas, je souhaite qu'il puisse, dans les années à venir, dans les mois à venir, et pourquoi pas dans les jours à venir, continuer à œuvrer pour le gouvernement et pour la France.

– Alors, si ce n'est pas lui, Emmanuel Macron s'est engagé à nommer un Premier ministre d'ici demain soir. Est-ce qu'il a d'autres choix, désormais, que de nommer un Premier ministre de gauche ? – Moi, j'ai envie de dire, au moins, on aura tout essayé. Au moins, on aura tout essayé.

8:31
Xavier Iacovelli

– Donc, nommons un Premier ministre de gauche.

8:32
Présentateur

– Nommons un Premier ministre de gauche. Ça tiendra ce que ça tiendra. Moi, je souhaite, effectivement, que pour la France, on puisse avoir un budget. C'est quand même la priorité. C'est ce que je disais hier sur votre plateau. Moi, que ce soit de droite ou de gauche, ce n'est pas mon problème. Ce que je veux, c'est que les Français aient un budget. Parce que l'impact d'avoir un non-budget, et je pense que vous en parlerez tout à l'heure avec mon collègue des Hauts-de-Seine, le député Juvain… – On peut en parler avec vous aussi. – Voilà, mais on peut en parler. Mais l'impact de ne pas avoir de budget, il sera catastrophique.

Rien que, j'en parlais hier aussi, mais avant même une dégradation potentielle de notre budget et de nos finances, nous aurons plus 8 milliards d'intérêts de la dette à partir de 2026. 5 milliards de plus automatiquement au niveau des dépenses de santé par l'augmentation naturelle des dépenses de santé. – Mais est-ce qu'en refusant de nommer avant un Premier ministre de gauche, Emmanuel Macron, il n'a pas aussi conduit à cette crise-là ? – Honnêtement, les conditions n'étaient pas non plus remplies auparavant. Je pense qu'il y a une accumulation de crise, peut-être certainement des fautes de part et d'autre. En fait, collectivement, je pense qu'on a été irresponsables.

Ça fait plus d'un an qu'on est incapable, collectivement, de se mettre autour d'une table et de se dire, maintenant, l'intérêt supérieur du pays, c'est d'avoir un budget, c'est de faire en sorte qu'on se mette d'accord sur 5, 6 points jusqu'à la présidentielle, pour faire en sorte que notre pays tourne, que nos entreprises continuent à investir, que nos collectivités continuent à protéger les Français et que les Français puissent mieux vivre de leur travail. Honnêtement, si on n'est pas capable de se mettre d'accord sur ces quelques points-là, effectivement, je pense qu'on n'est pas à la hauteur des enjeux et de la France.

– Sur les retraites, Sébastien Lecornu a dit hier soir, il va falloir trouver un chemin pour que le débat ait lieu, il y a des blessures démocratiques. Vous partagez ce qu'il dit ? – Oui, il y a des blessures démocratiques. Moi, vous aviez, j'étais chef de file pour mon groupe au Sénat pour cette loi. Ça a été dur pour moi de porter cette loi parce que demander aux Français de travailler plus, de faire des efforts supplémentaires, c'est jamais agréable, mais en même temps, c'était nécessaire parce qu'il n'y avait pas d'autre solution que cette réforme. Et on voit bien que presque trois ans après, deux ans et demi après, on se rend compte qu'elle n'est même plus assez efficiente.

Et donc, on devra de toute façon refaire une réforme des retraites. – Sébastien Lecornu, il a un peu pointé le goût amer qui a aussi laissé la méthode, ce sentiment qu'il n'y a pas eu de vote, ce sentiment de passage en force. – Mais il y a eu un passage en force qui n'est pas un passage en force parce que je rappelle quand même que le 49-3, quand on n'est pas majoritaire dans l'Assemblée nationale, c'est tout sauf un passage en force. – Il y a eu ce sentiment dans l'opinion. – Il y a eu ce sentiment qui a été alimenté notamment par LFI et le Rassemblement national. Clairement, ils ont œuvré là-dessus.

Mais il y a eu aussi un problème, y compris à l'intérieur du socle commun, qui n'existait pas encore, mais avec les LR qui, au Sénat, avaient œuvré pour travailler sur cette réforme et qui avaient voté cette réforme, et à l'Assemblée nationale qui ne l'avaient pas fait. Et donc, du coup, qui avaient provoqué ce 49-3 de la part du gouvernement Borne. Et donc, oui, effectivement, il y a un échec collectif, un sentiment d'être passé en force, alors même qu'il y a eu un vote à l'Assemblée nationale. Et donc, on a besoin peut-être de retrouver de la sérénité.

Moi, je vous le dis, et je le dis depuis deux jours, je pense que suspendre est une erreur, est une erreur économique, parce que c'est 13 milliards à horizon 2035 si on suspend cette réforme. Que nous allions dans une nouvelle réforme des retraites, moi, je n'ai pas de problème. Je n'ai pas de problème à débattre. C'est notre boulot en tant que parlementaire de débattre. Donc, débattons, avançons sur une nouvelle réforme qui soit plus protectrice, qui ensuite puisse aussi être finançable. Parce qu'aujourd'hui, je rappelle que nous dépensons 400 milliards pour les retraites et nous recevons en cotisation 260 milliards seulement. Donc, il y a bien un problème.

Je veux dire, n'importe quel foyer français ne pourrait pas assumer cela. Elisabeth Borne, elle a fait une erreur en mettant elle-même sur la table la suspension de sa réforme. Moi, je pense que ce n'était pas à elle de le faire. De toute façon, il y avait un négociateur qui avait été nommé, c'était Sébastien Lecornu. C'était à lui de faire des propositions aux différents chefs de parti. Ce n'est pas aux ministres démissionnaires de faire des propositions en public. Un compromis avec la gauche, il peut se trouver sans suspension de cette réforme des retraites ? Je ne sais pas. Aujourd'hui, je ne sais pas quel est l'état des discussions avec Sébastien Lecornu.

Vous dites qu'il faut que tout le monde fasse des compromis qui ne font pas plaisir à ce que vous. Il va falloir faire des compromis. Je pense que personne n'a intérêt à la dissolution. Non pas parce qu'on a peur d'aller au vote, mais je pense qu'économiquement, socialement, politiquement, ça serait intenable d'avoir une nouvelle dissolution dans les jours à venir. Et donc, oui, on a intérêt tous, en tout cas tous ceux qui aspirent à l'intérêt supérieur du pays, on a intérêt effectivement à trouver un accord, un compromis. Et donc, forcément, c'est des moments où on n'est pas d'accord complètement avec ce que nous devons accepter.

Avec un risque de fracturer le bloc central, Horizon, ou ce qu'il en reste, ou du moins Horizon, les Républicains, ne veulent pas de cette suspension de la réforme des retraites ? Non, mais moi, je vous le dis, je ne le souhaite pas. Mais est-ce qu'on est… Je ne souhaite pas cette suspension, mais est-ce qu'on va aller jusqu'à la censure d'un gouvernement qui va créer de nouveau l'instabilité et le chaos dans notre pays ? Je ne suis pas sûr qu'on est prêt à assumer ça. Autre déclaration hier soir de Sébastien Lecornu, il estime qu'on s'éloigne de la dissolution, André.

13:39
Invité

Oui, et pourtant, pas du tout, d'après Marine Le Pen, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, qui estime que le Premier ministre est trop optimiste sur l'éloignement d'une dissolution.

13:48
Présentateur

Elle entend siffler la fin de la récréation et le début de la campagne. Ce sont ces mots, on l'écoute.

13:55
Locuteur 1

Je censure tout. Là, maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré. On fait courir les Français derrière des babales, tout ça pour gagner du temps. C'est inadmissible.

14:08
Présentateur

Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration ? En off, je disais que ça me fait penser à Mélenchon qui disait au-dessus de 3 000 euros, je prends tout. Elles censurent tout. Honnêtement, je pense que ce n'est pas à la hauteur ou non plus censuré a priori. Ça montre bien, encore une fois, qu'à la fois Jean-Luc Mélenchon et à la fois Marine Le Pen sont dans une volonté de chaos parce qu'ils n'ont qu'une seule obsession, c'est l'élection présidentielle. Il n'y a que cinq qui comptent. Ce n'est même pas l'intérêt des Français.

Ils ne se rendent même pas compte aujourd'hui qu'une dissolution provoquerait une loi d'urgence, une loi spéciale sur le budget et qui aurait des conséquences économiques pour le quotidien des Français, pas seulement pour le pays. – Mais vous pensez qu'elle est évitable à court terme, cette dissolution ? – Moi, je le souhaite. Encore une fois, c'est de la responsabilité des partis. – Mais vous le souhaitez ou vous pensez que ça va ? Hier, Sébastien Lecornu dit qu'il y a une majorité absolue contre la dissolution. – Aujourd'hui, je pense qu'il y a une majorité contre la dissolution. Après, est-ce qu'ils sont capables de tous se mettre d'accord pour éviter la dissolution ?

Parce qu'encore une fois, ce n'est pas le Parlement qui décide de sa propre dissolution. C'est le Président de la République qui montre qu'il part constater un chaos et en tout cas une inaction du Parlement va dissoudre l'Assemblée nationale. Ça, c'est… Donc, est-ce que le Parlement, est-ce que l'Assemblée nationale est capable de se mettre d'accord sur des textes, sur un budget et sur l'avenir des Français pour les 18 mois à venir ? Ça, il faudra le demander aux députés, notamment celui qui me… – Oui, mais justement, est-ce que vous, vous seriez prêt encore à travailler avec les publicains ? Ou après ce qu'a fait Bruno Retailleau dimanche, vous dites nous…

– Mais moi, j'ai regretté les prises de position de Bruno Retailleau qui a, à mon sens, créé aussi le départ de Sébastien Lecornu. J'ai regretté des positions vis-à-vis, notamment des législatives partielles dans le Tarn-et-Garonne ou quelques sorties de Sophie Prima. J'ai regretté les positions de l'AR. – J'ai regretté les positions de l'AR. – Retailleau qui, dans le Tarn-et-Garonne, dimanche, appelle à faire barrage à la gauche. – Voilà, à faire barrage. – Contre un candidat, – À la candidate socialiste, je précise, à la candidate socialiste face au RN.

Bon, honnêtement, je trouve que ce n'était pas à la hauteur, mais ça ne m'empêche pas de dire qu'il va falloir de toute façon travailler avec les LR. Moi, je n'ai pas de problème à travailler avec la droite comme je n'ai pas de problème à travailler avec la gauche, en tout cas celle de gouvernement, c'est-à-dire les socialistes. Donc moi, je pense qu'on a intérêt aujourd'hui, dans la situation que nous sommes, de travailler tous ensemble et de trouver un intérêt commun. C'est celui des Français. – Il y a une autre question qui se pose dans le débat. Est-ce que la solution passe par un départ d'Emmanuel Macron ?

– C'est ce qu'appelle de ses voeux la France insoumise, qu'il a rappelé hier par la voix de Mathilde Panot, la présidente du groupe à l'Assemblée nationale. On l'écoute. – La situation peut se débloquer par un fait et un seul fait, le départ d'Emmanuel Macron. Ceux qui proposent encore une cohabitation sont ceux qui proposent de sauver Macron et qui font perdre du temps au pays. Nous n'avons plus le temps et donc nous voulons une élection présidentielle anticipée qui permette au peuple français de trancher entre les grandes options politiques du pays. – Est-ce qu'aujourd'hui, le problème, c'est Emmanuel Macron ?

– Est-ce que vous avez entendu une seule fois Mathilde Panot parler des Français ? De parler de l'intérêt des Français ? De parler du quotidien des Français ? Non, leur obsession, c'est l'élection présidentielle de faire chuter le président de la République qui a été démocratiquement élu. On peut ne pas apprécier la politique d'Emmanuel Macron. On est dans une démocratie, on a une liberté d'expression, je n'ai pas de problème avec ça.

Mais demander, créer un précédent qui ferait que le président de la République, dès qu'on n'est pas content de lui, on le démet de ses fonctions, dans ces cas-là, on peut le faire aussi avec les maires, on peut le faire avec les députés, avec les sénateurs, et en fait, on est dans un chaos institutionnel. Donc, honnêtement, faisons-en… – Là, ça vient aussi de votre camp, les critiques vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Gabriel Attal, le patron de Renaissance, qui dit qu'il ne comprend plus ses décisions. Edouard Philippe, qui demande une présidentielle anticipée après le budget. Il est isolé aujourd'hui, le chef de l'État ?

– Mais je pense qu'on est effectivement dans une situation très compliquée politiquement, où chacun essaye de chercher un peu ses marques. Je pense qu'il faut apaiser… – Chacun cherche ses marques, ou chacun vise déjà 2021 ? – Oui, mais justement, je pense que… Et d'ailleurs, Sébastien Lecornu a complètement raison. Je pense qu'il faut maintenant arrêter avec les ambitions présidentielles. Le débat présidentiel, il est légitime, les ambitions sont légitimes. Maintenant, on doit se mettre d'accord pour un budget, pour la France et pour les Français. C'est ça la priorité.

Et donc, quand il fait la proposition hier soir d'avoir un gouvernement en dehors des ambitions présidentielles et composé avec des gens qui n'ont pas d'ambition présidentielle, alors peut-être qu'elles viendront après, parce que quand on est ministre, peut-être qu'on a envie après d'être président de la République. Mais je pense que la priorité, encore une fois, c'est de travailler pour l'intérêt des Français et pas pour son propre intérêt. – Édouard Philippe, vous regrettez qu'il ait dit ça ? – Moi, j'aime beaucoup Édouard Philippe. J'aime beaucoup Édouard Philippe. Je suis rentré dans la majorité présidentielle quand il était Premier ministre.

Donc, je n'ai pas de problème politique avec lui. Je ne suis pas sûr que c'était le bon moment, le bon timing pour demander la démission du président. En tout cas, demander une présidentielle anticipée. Il n'a pas demandé la démission, il a demandé une présidentielle anticipée. – Qu'il organise son départ. – Qu'il organise son départ. Voilà, honnêtement, je ne suis pas sûr que ce soit le bon timing pour ça. – Allez, on parle d'un sujet de préoccupation, c'est la question du budget. On y revient compte tenu de la certitude politique. On ratons un budget dans les temps ? C'est votre éclairage, Audrey.

Audrey, on parle de la crise politique, mais évidemment, ça ne doit pas nous faire oublier que le compte à rebours, il tourne pour doter la France d'un budget d'ici la fin de l'année. – Tout à fait, Oriane, et ça doit être fait avant la fin de l'année. Hier, invité au journal de 20h de France 2, le premier ministre démissionnaire était en tout cas optimiste, on l'écoute.

– J'ai dit à chacune des forces politiques que je voyais deux urgences, trois, un budget pour l'État, un budget pour la sécurité sociale, et tout le monde dit qu'on ne pouvait pas prendre le risque d'avoir, enfin toutes celles qui sont venues me voir, pour être précis, donc Or et les filles et Rassemblement national, pardonnez-moi, tout le monde dit qu'il ne fallait pas prendre le risque de ne pas avoir de budget au 31 décembre. – Donc voilà, il y a un consensus, mais dans les faits, on est déjà en retard, Oriane, car le projet de loi doit normalement être déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale le 1er mardi du mois d'octobre.

Si vous reprenez vos calendriers, c'était il y a deux jours. – C'est passé. – Exactement. Dans la pratique, on peut quand même pousser un peu à aller jusqu'au 13 octobre, mais pas plus, parce qu'après, il faut que les parlementaires aient 70 jours minimum pour pouvoir débattre du texte. Alors, il existe un projet de budget, on ne parle pas d'une feuille blanche, il a été rédigé par Sébastien Lecornu, et il est prêt à être déposé si besoin sur le bureau de l'Assemblée nationale. – J'ai veillé, il ne sera pas parfait par définition, j'avais été nommé il n'y a pas très longtemps, c'est le seul moment d'indulgence que je demande aussi.

Donc, ce n'est pas un budget qui sera parfait, c'est un budget dans lequel même il y a beaucoup à débattre, parce que c'est un budget qui avait été plutôt imaginé aussi pour que le débat ait lieu, une copie à 4,7% du déficit, avec des mesures d'économie qui sont courageuses, d'autres qui peuvent avoir un impact social à débattre, et moi-même d'ailleurs j'avais mis cette question sur la table, mais ça veut dire aussi qu'il faut que les débats démarrent.

– Le problème c'est qu'il ne nous aura pas échappé que Sébastien Lecornu et son gouvernement sont démissionnaires pour pouvoir déposer ce fameux budget, il faut donc nommer un Premier ministre et un gouvernement avant lundi soir dernier carat, pour que ce soit sur le bureau de l'Assemblée nationale, on n'est pas loin de la mission impossible. – Et que se fait-il si on n'arrive pas ? – Eh bien il faudra en passer par une loi spéciale, vous l'avez évoquée, c'est ce qui a été fait l'an dernier, souvenez-vous, quand Michel Barnier a été renversé et cette loi spéciale, elle aura forcément des conséquences financières pour les Français.

On commence par les impôts, chaque année les tranches d'impôt elles évoluent pour suivre l'inflation sans budget, l'inflation n'est plus prise en compte, ça veut dire, voilà, normalement ça suit l'inflation, ça veut dire que si l'inflation n'est plus prise en compte, une personne qui aura obtenu une petite augmentation en fin d'année par exemple, peut carrément changer de tranche d'impôt et donc payer beaucoup plus d'impôts si on ne revoit pas ces bougées-là.

Il y a aussi des conséquences sur les retraites et les minimas sociaux comme le RSA, là c'est positif, ils seront forcément revalorisés eux sur l'inflation, 1% environ pour une retraite, on parle en général de quelques dizaines d'euros bruts par mois, mais il faut aussi élargir un peu le prisme, une absence de budget c'est de l'incertitude pour les marchés, ça n'encourage pas non plus les entreprises à investir ou à embaucher. Alors vous, est-ce que vous y croyez, est-ce qu'il y ait un projet de budget déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale lundi ? Lundi c'est dans quelques jours.

Oui et en même temps vous avez entendu que Sébastien Lecornu a annoncé que le Président de la République allait nommer un Premier ministre dans les 48 heures, donc ça veut dire 48 heures vendredi soir, donc il suffit d'avoir un Premier ministre et non pas un gouvernement complet pour déposer le projet de loi. Et donc oui je pense qu'on peut encore y arriver, mais encore faut-il que nous ayons un accord de principe.

22:45
Invité

Parce que si c'est un Premier ministre de gauche, est-ce qu'il va vouloir déposer ce budget-là ?

22:48
Présentateur

Alors de toute façon il faudra que le Premier ministre qui soit nommé soit responsable. On a 70 jours dans la Constitution pour examiner ce budget. Si on a 70 jours, c'est encore une fois le Parlement qui décide, c'est le Parlement qui amende. Donc rien n'empêche à la fois d'ailleurs le gouvernement d'amender son propre budget en séance et les parlementaires d'amender également ce budget. Donc on va avoir ce débat parlementaire. Encore une fois c'est notre première responsabilité en tant que parlementaire de faire ce budget, de débattre. Donc on aura 70 jours pour pouvoir étudier ce budget à la fois de la Sécurité sociale et le budget de l'État. Donc je pense qu'on est encore dans les temps.

On est très court dans les temps, mais on est encore dans les temps. Mais oui il faut maintenant aller vite. Donc c'est ça l'alternative à la loi spéciale. On dépose cette copie un peu brute et ensuite on se met au travail. Oui, encore une fois, la copie du gouvernement n'est pas la copie finale. Heureusement, parce que sinon on ne servira à rien en tant que parlementaire. Donc on aura ces 70 jours de débat et d'amendements et de propositions à la fois de la Chambre haute et de la Chambre basse. Est-ce que ce budget doit contenir une taxation des plus riches ? Est-ce que ça, ça fait partie des points sur lesquels Emmanuel Macron…

Mais ça a déjà été dit, enfin Sébastien Lecornu d'ailleurs avait ouvert la porte à cette taxation pour les plus hauts revenus dans une question de justice fiscale. C'est-à-dire que je pense qu'il avait dit d'ailleurs, on peut augmenter les impôts pour certains, diminuer les impôts pour d'autres. Et c'est ça la justice fiscale. Donc ça c'est acté ? En tout cas, je pense, moi en tout cas je le souhaite, je pense qu'on peut avoir plus de justice fiscale en faisant en sorte que les plus hauts revenus ne payent pas moins proportionnellement que les classes moyennes.

Est-ce que le prochain Premier ministre, Sébastien Lecornu, devra s'engager à ne pas utiliser le 49-3 pendant les débats budgétaires selon vous ? En tout cas, ça a été évoqué par Sébastien Lecornu. Je crois que la gauche a une volonté aussi de ne pas utiliser le 49-3. Qui dit 49-3 dit, on ne peut pas faire n'importe quoi. Puisqu'il y a quand même une obligation qui est la nôtre en tant que parlementaire de ne pas aggraver le déficit de l'État et donc aggraver les charges. Et donc on devra faire attention aussi à ce qu'on fait. Mais je pense que la constitution de la Ve République est faite pour justement avoir des garde-fous et ne pas faire n'importe quoi.

Alors Sébastien Lecornu, qui on l'a entendu, a fixé deux priorités. Avoir des budgets et également travailler sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. Et justement, on va aller à Nouméa. Là, on retrouve Nicolas Vignol. Bonjour Nicolas. Merci beaucoup d'être avec nous, journaliste à la Voix du Caillou. En quoi le dossier néo-calédonien est-il central dans les pourparlers actuels ?

25:23
Locuteur 6

C'est sans doute la question que se posent vos téléspectateurs. Pourquoi la Nouvelle-Calédonie a-t-elle été érigée en priorité au même titre que le budget de la France par Sébastien Lecornu ? Pour trois raisons. La première, c'est que même si on ne sait pas où c'est, même si on ne s'y intéresse pas, la Nouvelle-Calédonie est un enjeu stratégique pour la France et pour l'Europe. La seconde raison, c'est qu'il y a un peu plus d'un an, la Nouvelle-Calédonie a été le théâtre d'une inséduction violente qui visait à arracher l'indépendance par la force et non par les urnes. Le risque de reprise est pour l'instant écarté, il n'est pas éteint pour autant.

Et puis la troisième raison, c'est parce qu'il y a un accord, on l'appelle l'accord de Bougival, qui a été signé par tous les partis politiques calédoniens et je dis bien tous les partis politiques calédoniens parce que le FLNKS, sous la pression des militants, dont Sébastien Lecornu a récemment parlé dans une de ses déclarations, sous la pression de ses militants, a retiré sa signature. Et maintenant, il faut mettre en œuvre cet accord de Bougival, une mise en œuvre qui est contrariée, qui est bloquée, qui est paralysée par la situation politique nationale. Et le temps joue contre Bougival.

Alors c'est le Sénat, et votre invité le sait bien, qui a impulsé un mouvement en proposant un projet de loi organique pour reporter les élections provinciales à mai 2026. Et Gérard Larcher, que vous receviez récemment sur votre plateau, indiquait que le Sénat examinerait ce projet de loi sans retard, une fois qu'il y aurait évidemment un Premier ministre et un gouvernement installé. Et puis il faudra ensuite adopter une loi organique spéciale, puis réunir le Congrès à Versailles pour modifier la Constitution. Alors, ma question à votre invité, M. le Sénateur, est la suivante.

Pensez-vous que nous arriverons, c'est-à-dire à être d'une part dans les délais et d'autre part de trouver les majorités nécessaires pour que l'accord de Bougival se mette en œuvre jusqu'à sa ratification par les Calédoniens par référendum en février 2026 ?

27:35
Présentateur

– Alors, effectivement, on avait cette proposition de loi qui était proposée normalement pendant la session extraordinaire du mois de septembre. La chute du gouvernement Bérou a fait que la session extraordinaire n'a pas pu se tenir et l'absence de Premier ministre, en tout cas de stabilité gouvernementale, fait que nous n'avons pas pu encore commencer l'examen de ce texte.

Un texte qui est effectivement, vous l'avez rappelé, très important, c'est la création d'un État de Nouvelle-Calédonie avec une nationalité calédonienne et donc c'est aussi un changement de notre Constitution parce qu'on va inscrire dans la Constitution la création de cet État rattaché à la France et donc c'est un changement de Constitution qu'il va falloir acter, vous l'avez dit, en congrès à Versailles, entre les deux chambres. Donc oui, on est un peu en retard par rapport au planning qui était prévu, ce n'est pas complètement catastrophique, c'est-à-dire qu'on a encore le temps de le faire pour permettre effectivement cette consultation des Calédoniens à partir de février 2026.

Je suis optimiste parce qu'il y a une volonté du Président Larcher de tenir les délais mais il ne faut pas tarder parce qu'il y a entre l'examen du budget de la Sécurité sociale, le budget de l'État, la Nouvelle-Calédonie et je rappelle quand même aussi une loi importante, le projet de loi sur la fin de vie qui était prévu à partir de cette semaine normalement au Sénat. Tout ça, on risque d'avoir un embouteillage législatif au Sénat. – Juste après, la fin de vie, ça a été basculé dans la deuxième quinzaine d'octobre, du 20 au 27-28, est-ce que vous pensez que ce calendrier sera toujours tenu ?

– Honnêtement, on n'a pas eu encore la conférence des présidents pour déterminer le planning parce qu'on a aussi un problème. – Mais pour vous, ça doit être une priorité, ça doit rester dans ce calendrier-là ? – Moi, je pense que ça doit être une priorité, la Nouvelle-Calédonie en priorité, ensuite la loi sur la fin de vie et bien sûr en parallèle le budget. – Et la loi sur le statut de l'élu ? – Oui, mais ça, le statut de l'élu, c'est important qu'on le fasse avant les élections municipales de mars 2026. Donc oui, il faut que ça arrive également à côté. Mais tout ça, le statut de l'élu, ça peut aller très vite dans l'hémicycle.

C'est-à-dire qu'en deux jours, honnêtement, on peut voter cette proposition de loi parce qu'il y a quand même un consensus sur ce statut de l'élu. – Merci Nicolas Vignol, merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis la Nouvelle-Calédonie. On regarde la une de votre journal La Voix du Caillou, le dossier calédonien restant au-delà pile. C'est donc à la une de votre journal. Merci beaucoup Nicolas Vignol d'avoir été notre invité. Merci Xavier Iacovelli pour cette demi-heure. Audrey, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale ?

30:08
Invité

– Oui, et nos quotidiens régionaux qui reviennent évidemment sur la prise de parole hier de Sébastien Lecornu, nous aussi sur la panthéonisation de Robert Balinter.

30:15
Présentateur

– Oui, on voit ça dans 20 minutes. D'abord, on accueille notre prochain invité, Philippe Juvin, nous rejoint. – Et notre invité ce matin, c'est Philippe Juvin, bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, sénateur LR des Hauts-de-Seine, rapporteur général… – Député, député, pardon. – Oh là là, député LR des Hauts-de-Seine, mais je… – Je n'ai pas autant d'ambition. – Voilà, on enchaîne les sénateurs… – Oh bah, député LR des Hauts-de-Seine, député LR des Hauts-de-Seine, je recommence. Rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France.

Bonjour Stéphane. – Bonjour Auriane, Philippe Juvin, bonjour. – Philippe Juvin, vous avez entendu évidemment hier soir Sébastien Lecornu dire notamment que la situation permet désormais au Président de la République de nommer un Premier ministre dans les 48 heures. Est-ce que la sortie de crise passe désormais par la nomination d'un Premier ministre de gauche ? – Elle passe par la nomination d'un Premier ministre, j'espère pas de gauche d'ailleurs, parce que là on se replongera dans une nouvelle crise, donc non, je souhaite que ce ne soit pas un Premier ministre de gauche, mais elle passe surtout par le dépôt sur la table de l'Assemblée nationale et du Sénat d'un budget.

Les choses deviennent urgentes, je l'ai fait savoir aux différents ministres qui sont actuellement en poste, enfin des missionnaires, mais peut-être que seront-ils pour certains reconduits. C'est absolument urgent qu'on ait rapidement un texte, parce que toutes les heures comptent désormais si nous voulons avoir un budget avant le 31 décembre. – On va revenir juste sur la question budgétaire, mais vous vous dites… – Pardon, c'est la question fondamentale. – Mais on va y revenir longuement, vous dites Premier ministre de gauche, pour vous ça conduit à la crise ? – Oui, oui, bien sûr. – Il y aurait censure en fait ? – Non mais en fait, écoutez, il y a un bloc commun, un bloc central.

– Il existe encore ce bloc central ? – Oui, il existe encore, il y a eu des discussions entre M. Lecornu et le président du parti Bruno Retailleau, ainsi que les présidents de groupe. Nous, nous sommes prêts à travailler, à condition qu'un certain nombre de conditions soient remplies, en particulier en matière de projection budgétaire. Donc, écoutez, nous avons toujours été contre l'idée de cette idée folle où il n'y aurait pas de gouvernement, le chaos, etc. Nous pensons qu'il vaut mieux un gouvernement et nous sommes prêts à y participer. Simplement, maintenant, il faut discuter du fond.

32:35
Locuteur 8

– Alors, juste avant de discuter du fond, ce qui est un petit peu difficile à comprendre, c'est sur quoi est-ce que Sébastien Lecornu a réellement avancé en 48 heures ? Qu'est-ce qu'il y a de neuf en réalité ?

32:44
Présentateur

– Écoutez, il y a eu des discussions, en particulier sur la construction du budget, ce sont des constructions qui ont eu lieu en off, qui nous laissent espérer que le budget qui va être construit sera un budget qui va être plus construit sur des économies nouvelles que des recettes supplémentaires, c'est-à-dire des taxes et des impôts. C'est un point qui est fondamental pour nous et nous attendons maintenant que tout ça soit mis sur la table. – Mais des économies sur quoi ? – Eh bien, c'est la question, les économies probablement sur la gabegie. Vous savez qu'on dépense beaucoup en France et on dépense assez mal également.

33:23
Xavier Iacovelli

– Mais dans quel domaine ? Des économies sur le budget d'État ?

33:25
Présentateur

– Dans tout, dans tout. Non mais en fait, c'est tout le sujet. Les Français ont une sorte de fantasme, c'est de la grosse fuite qu'on identifierait, on arriverait avec, et puis on colmaterait la grosse fuite. En fait, il n'y a pas de grosse fuite, il y a des multiples suites partout. Ce qui nous a été dit off, évidemment, c'est qu'ils sont prêts à s'attaquer à une revue générale des dépenses publiques, c'est la seule solution d'ailleurs, et regarder ligne à ligne là où on peut faire des économies. Il n'y aura pas d'économie massive dans un endroit où on dira on va faire moins 10 milliards, ça n'existe pas. C'est une revue générale des dépenses qu'il faut faire.

33:59
Locuteur 5

– Et ça n'a pas déjà été fait, ça ?

34:01
Présentateur

– En tout cas, pas suffisamment, parce qu'il ne nous a pas échappé que notre déficit ne fait qu'augmenter. Il y a un exemple qu'il faut regarder dans l'histoire qui est très intéressant, c'est celui du Canada chrétien dans les années 70-80. Le Premier ministre chrétien est en face d'un déficit qui est assez similaire à celui que nous portons et que nous subissons aujourd'hui. Et en trois ans, il arrive à rétablir les comptes publics justement par une revue générale des dépenses publiques. – Mais juste, ça veut dire que vous, vous savez déjà à peu près quel budget va être déposé lundi s'il est déposé lundi ? – Non, on nous a donné des impressions.

Mais c'est tout mon sujet en tant que rapporteur général du budget. J'aimerais avoir le texte de la copie pour, comme j'ai dit à un des ministres, ouvrir le capot, c'est l'expression que j'ai utilisée, et comprendre précisément le mécanisme des choses. Comme il n'y a pas de budget, actuellement, qu'est-ce qu'on fait pour gagner du temps à l'Assemblée nationale ? Depuis deux, trois jours, en fait, je vois chacun des WIP, des responsables des listes politiques, Bloc commun, mais aussi le Parti socialiste que j'ai vu hier, en essayant de construire quelque chose le plus consensuel possible. Nous essayons de gagner du temps sur du temps qui est perdu par l'absence de gouvernement.

Le budget, vous l'avez dit d'ailleurs tout à l'heure, j'ai entendu dans l'émission, que le budget aurait dû être déposé cette semaine. Il ne l'a pas été. Ce sont des jours perdus. Et comme le temps est compté que nous voulons avoir un budget avant la fin de l'année, nous essayons de rattraper ce temps en temps caché à l'Assemblée. L'Assemblée est faite de gens très différents, qui pensent différemment, mais qui sont de bonne volonté, qui essayent de travailler sans budget. Donc nous voulons avoir le texte. Donnez-nous le texte ! Donnez-nous le texte !

35:39
Locuteur 8

– Alors, une dernière question, avant d'aller dans le détail du budget. Vous avez participé à la réunion des Républicains hier à 21h.

35:45
Présentateur

– Hier soir.

35:47
Locuteur 8

– Qu'est-ce qui en sort ? Qu'est-ce qui a été décidé précisément ?

35:52
Présentateur

Il y aura une participation des Républicains au gouvernement ? – Il en sort que nous sommes d'accord sur le principe de participer au gouvernement. – Quel que soit le Premier ministre ? – Sans Premier ministre de gauche. – D'accord. – Que nous avons… – Donc de retour dans un gouvernement macroniste ? – Dans un gouvernement de bloc commun, de centre commun. On verra, la personnalité est importante, vous avez raison. Donc on va voir le Premier ministre que choisit le Président de la République.

36:17
Locuteur 8

– Donc rien n'a changé en fait, on est toujours…

36:18
Présentateur

– Non, ce n'est pas vrai. Non, ce n'est pas vrai. Nous avons désormais une feuille de route que nous n'avions pas il y a encore trois semaines. – Celle de dimanche dernier. – Celle de dimanche dernier. Nous avons probablement acté le fait que nous allons refuser d'avoir un certain nombre de personnalités marquantes. Il y a eu tout un débat sur Bruno Le Maire qui a été, à tort ou à raison, en tout cas, mis à pointer du doigt. Donc ça a été une difficulté.

36:51
Locuteur 8

– Une équipe qui n'ait aucune connexion avec les ambitions présidentielles pour 2027,

36:54
Présentateur

c'est les mots de Sébastien Lecornu. Ça veut dire sans Retailleau ? – Ça, c'est la position de M. Lecornu. Maintenant, il va y avoir une discussion entre le parti et le futur Premier ministre. Ce qui a été décidé, c'est de donner un mandat de négociation à Bruno Retailleau ainsi qu'au président de groupe pour discuter de notre participation au gouvernement. Je ne peux pas en dire plus parce que… – Mais du coup, maintenant, c'est une négociation à deux têtes, pardon. C'est-à-dire, il y a Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. – Et le président du Sénat et le président des sénateurs. Je ne vais pas vous dire au début d'une négociation quelles sont nos lignes de négociation.

Sinon, ça ne s'appelle plus une négociation. Mais nous sommes prêts à assumer nos responsabilités. Nous avons considéré qu'il fallait mieux participer à un gouvernement plutôt que ne pas participer à un gouvernement, c'est-à-dire faire le lit de la gauche. Parce que vous ne faites pas d'illusion, si nous ne sommes pas nous au gouvernement, il y aura une alternative de gauche. Et nous pensons que… – Pardon, je ne l'ai plus bien, mais du coup… – Mais du coup, pourquoi vous êtes parti dimanche soir et vous avez fait chuter le gouvernement Lecornu, si c'est pour aboutir à cette conclusion mercredi soir ?

– Parce que, et vous l'avez bien compris, nous n'avions pas les certitudes que la ligne politique générale que nous souhaitions suivre soit réalisée. Vous avez bien vu tout le drame qu'il y a eu autour des personnalités. Nous avons voulu une clarification. Cette clarification, je pense, aura lieu. – Donc là, vous l'avez obtenu, il y aura moins de macronisme, moins de renaissance dans le gouvernement ? – Eh bien, nous verrons, c'est aussi au futur Premier ministre. – Et ça veut dire avoir plus de Républicains ?

– Nous verrons, avec le Premier ministre, en tout cas, nous souhaitons un engagement sur une ligne politique qui est plus proche des Républicains que celle que nous apprêtions à voir apparaître. – Donc, il y a des engagements d'un gouvernement plus à droite ? – Nous verrons, en fonction des négociations. Il y aura des négociations entre le futur Premier ministre. La question de la personnalité du Premier ministre va être évidemment importante. Elle est à la main du Président de la République, c'est son droit, mais nous souhaitons que ce soit un Premier ministre qui soit peut… – LR ? – J'aimerais bien que le Premier ministre soit LR et que le gouvernement soit LR.

Il se trouve que nous n'avons pas la majorité, donc je ne me fais pas d'illusion. Mais probablement, enfin, j'espère que ça pourrait être un Premier ministre qui soit plus ouvert à une discussion générale avec les Républicains.

39:10
Locuteur 8

– Ce qui veut dire, ça peut être aussi une personnalité neutre, la thèse d'un gouvernement technique, de gens qui…

39:16
Présentateur

– Mario Draghi français.

39:18
Locuteur 8

– De gens qui soient assez peu…

39:20
Présentateur

Enfin, qui soient moins… – Oui, pourquoi pas ? Ça peut être une synthèse possible. – Encore une fois, il faut retrouver un peu de la clarté dans le sujet, dans le débat, et c'est au Président de la République de donner le Premier ministre. – Sous 48 heures. – Donc ce n'est pas nous qui allons dire, c'est lui ou lui. Mais nous sommes prêts, désormais, à discuter avec le futur Premier ministre que le Président de la République choisira, à condition qu'il ne soit pas de gauche. – Alors, on revient au budget, parce qu'effectivement, c'est un sujet central.

Donc vous dites que vous discutez, vous à l'Assemblée, avec les représentants du Bloc central, donc les trois partis du camp présidentiel, les LRSA évidemment, et le Parti socialiste. C'est tout à gauche ? – Non, non, pas du tout. Je compte bien rencontrer tous les représentants de tous les groupes politiques, y compris du Rassemblement national, qui fait partie de la discussion politique. L'idée est assez simple, complexe, mais simple.

Enfin, complexe dans son application, simple dans son principe, qui consiste à rencontrer les uns et les autres, puisque je n'ai pas de texte du gouvernement, leur demander quelles sont leurs demandes en matière de budget, et voir les amendements de compromis que l'on peut créer les uns et les autres. J'ai été député européen pendant dix ans. C'est la technique qu'on emploie dans les parlements où il n'y a pas de majorité. On essaye de se mettre d'accord.

L'important est que les gens qui nous écoutent, que ce soit les Français ou les opérateurs économiques, comprennent que nous ne voulons pas que le pays soit laissé à volo, sans budget, ou le gouvernement nous en donne un tout de suite, et il le faudrait le plus tôt possible. On est déjà en retard, le plus tôt possible. Mais en attendant, nous travaillons, nous, à la construction d'une maquette. – Hier soir, Sébastien Lecornu, il a dit qu'il y avait une majorité relative, prête à s'accorder sur un budget commun. Est-ce que de vos discussions, vous faites le même constat ?

– Oui, la majorité relative, on la trouve dans ce qu'il a probablement voulu dire, mais il faut lui demander, c'est, j'imagine, le bloc commun des LR au camp d'Emmanuel Macron. – Pas au-delà. – Pardon ? – Pas au-delà. – Encore une fois, je crois que… – Avec les socialistes, il n'y a pas un chemin possible sur un budget commun ? – Je crois que lors d'une réunion interne à Matinion, les députés du groupe Liot, qui est un groupe intermédiaire à l'Assemblée, ont été invités, j'ai cru comprendre. Ce qui est nouveau par rapport à la situation hantée avec M. Bérou, donc si l'Éliott entre, ça fait partie d'un élargissement de la majorité relative, oui. – Ça c'est important.

– Il n'y a pas de majorité absolue, si c'est votre question. – Non mais surtout avec le Parti socialiste, est-ce qu'il y a un budget de compromis possible avec le Parti socialiste ? – Alors sur un budget, je ne crois pas un budget, en tout cas peut-on trouver des voies avec quelques députés socialistes qui ont des propositions intelligentes ? J'en suis persuadé. – Il y a dans tous les groupes politiques, les socialistes compris, mais aussi ailleurs, des gens qui sont prêts probablement à discuter. La France est un pays, nous n'avons pas la culture de la discussion parlementaire, je crois, suffisamment développée, telle que d'autres l'ont.

Et donc l'idée c'est justement de les rencontrer en leur demandant quelles sont leurs demandes et de travailler techniquement. Il faut entrer dans le détail parce que sinon on est dans de l'incantation. – Mais est-ce que vous pensez qu'il y a… – Donc oui, j'ai vu les socialistes par exemple hier, et pardon, je vous interromps, j'ai vu un des représentants du Parti socialiste à la Commission des finances, membre éminent, et je lui ai demandé quelles étaient ces lignes, il m'a fait des propositions dont certaines pourraient prospérer, mais encore faut-il les travailler maintenant techniquement.

– Est-ce que vous êtes optimiste sur l'adoption d'un budget par le Parlement d'ici à la fin de l'année ? – D'abord il y a un problème de planning, au-delà du fond, on a un tout petit sujet, c'est qu'il est probable que si on dépassait le 15 octobre, c'est-à-dire dans quelques jours, on n'aura pas de budget.

42:55
Locuteur 8

– La date butoir c'est lundi, lundi prochain ?

42:56
Présentateur

– Oui, lundi ça ne serait pas formidable, parce qu'on aurait déjà peu de temps, mais il ne faut pas dépasser lundi ou mardi, sinon je pense que c'est techniquement impossible. – Mais en fait, très simplement, quand vous échangez avec vos collègues socialistes et qu'ils vous donnent un certain nombre de suggestions ou de points, est-ce que là, au moment où on se parle, est-ce que vous pensez qu'il est imaginable d'arriver à un budget de compromis avant la fin de l'année qui ne passe pas par un 49-3, ce qui paraît particulièrement difficile, et surtout qui ne fasse pas l'objet d'une censure ?

43:26
Locuteur 8

C'est-à-dire, à quelles conditions tout ou partie des députés socialistes, ou peut-être d'autres formations de gauche, pourraient ne pas censurer le gouvernement futur sur son budget ?

43:37
Présentateur

– Non mais moi je ne peux pas m'avancer pour les députés capables de voter à censure, essentiellement le Rassemblement National et le Parti Socialiste, pour faire simple, je ne peux pas m'avancer pour eux. Je vous dis simplement que, quand je vous... – Je vais reformuler ma question. – Je vous dis simplement qu'ils mettent sur la table des propositions que je suis en train d'analyser, et je vais voir si on peut avancer de façon constructive. – Mais lesquelles par exemple ? – Est-ce qu'ils exigent des choses qui sont... – On est en train de les étudier, donc je ne vais pas vous les donner, sinon elles vont être considérées correctes.

– Non mais je vais reformuler ma question très simplement, mais est-ce qu'ils exigent par exemple l'instauration d'une taxe Zuckman, la suspension, voire l'abrogation de la réforme des retraites, est-ce qu'ils mettent sur la table des choses qui vous paraissent totalement incompatibles ou inconciliables, sur lesquelles il ne peut pas y avoir de compromis possible ? – Oui, il y a des propositions sur lesquelles il va être difficile d'avoir des compromis, clairement, vous en avez cité. Il y en a d'autres où probablement il y a des chemins.

En fait, une négociation budgétaire et la rédaction de ce qu'on appelle des amendements de compromis, que ce soit entre nous et les socialistes, mais aussi les amendements de compromis, ça a plusieurs, il faudrait plusieurs groupes qui se mettent d'accord, c'est une chirurgie très précise qui fait que je ne peux pas vous dire au début si on va y arriver. C'est-à-dire que je vais essayer de prendre des uns et des autres des éléments différents et essayer de construire quelque chose qui ne sera pas idéal, qui ne sera idéal pour aucun des groupes, mais qui sera acceptable. Donc je ne sais pas si on va y arriver, mais je vais vous dire que nous y attelons.

– Donc vous, vous êtes sur une méthode où le Parlement doit avoir la main. Est-ce que vous demandez au prochain Premier ministre de renoncer au 49-3 ? – Ah non, il y a deux choses. Je crois qu'effectivement, le Parlement, de toute façon, a la main, puisque c'est quand même chez nous que ça va se passer. Et quand je dis Parlement, c'est l'Assemblée, mais j'ai rencontré Husson, mon collègue du Sénat, rapporteur général du Sénat, il faut qu'on travaille aussi ensemble. Donc le Parlement a un rôle très important cette année, c'est pour ça que j'ai commencé ce travail de discussion les uns avec les autres, chose qu'on n'a pas faite jusqu'ici, où chacun arrivait avec ses amendements.

J'espère qu'on va arriver avec des amendements communs. Deuxièmement, faut-il… La question du 49-3, elle est différente. Je pense que c'est une erreur de la part du Premier ministre d'avoir d'emblée dit, pas de 40-3, parce que du coup, le 40-3 qui est prévu par la Constitution, qui n'a rien de scandaleux, est un outil qui permet aussi de peser dans la discussion. – Donc vous demandez au prochain Premier ministre de ne pas renoncer au 49-3 ? – Je ne demande pas au Premier ministre de renoncer au 49-3, je pense que même, c'est une erreur, et il se retire une arme, et le futur Premier ministre, j'espère, ne fera pas la même erreur.

– Sur le fond, parce qu'il va devoir aussi y avoir des compromis du côté des Républicains, est-ce que vous êtes prêt à accepter une taxation des plus riches ? – Je ne sais pas ce que ça veut dire, une taxation des plus riches. Ce sont les plus riches, ils sont déjà taxés en France, vous voyez. – Taxation plus importante des plus riches. – Oui, d'accord. – Il va nous falloir, enfin, on va avoir un trou de 150-160 milliards cette année, si vous trouvez 2 milliards de plus chez les plus riches, vous voyez, ce n'est pas ça qui va nous donner le problème. – Non mais il y a ce besoin de justice fiscale, vous l'entendez, évidemment, on veut aussi.

– Non mais on veut la justice fiscale, ça va de soi. – Donc est-ce qu'il va falloir accepter une autre forme de taxation des plus riches ? – Ce que je crois dans les principes, c'est les choses suivantes, je pense qu'il vaut mieux plutôt taxer les revenus que le patrimoine, parce que quand vous taxez le patrimoine, vous vous appauvrissez le groupe, voilà. Et deuxièmement, il faut tout faire pour préserver l'appareil productif, puisque plus vous taxez l'appareil productif une année, moins il va produire les années suivantes, et donc du coup, on s'appauvrit.

Et troisième principe général, enfin, on a quand même un problème de dépense, et je pense que les marges de manœuvre, elles sont plutôt sur les dépenses que sur les recettes. – Une fois que je vous ai dit ces trois principes, vous allez me dire, bon, so what ? Mais c'est une philosophie générale que je vais essayer d'appliquer. Maintenant, je sais bien qu'il y aura probablement des taxes et des impôts en plus. Malheureusement, je souhaiterais arriver à un objectif où on ait quand même plus de baisse de dépense significative que d'augmentation de recettes et de taxes.

Voilà, une fois que je vous ai dit ça, c'est la copie que je jette sur le bureau en disant, voilà vers quoi j'aimerais qu'on aille. Non, je ne suis pas majoritaire. – Hier soir, Sébastien Lecornu a reparlé de l'objectif de 4,7% du déficit. Est-ce que, pour vous, cet objectif peut être tenu ? – Alors, soyons très précis. Bérou avait dit 4,6, puis M. Lecornu a dit 4,7 dans un premier temps, et dans un second temps, il a même dit moins de 5. Et donc, moins de 5, ça peut être 4,99. – Il a dit entre 4,7 et 5. – Oui, pour que les gens qui nous écoutent comprennent quel est l'enjeu. Et quand vous en retirez 0,1, donc 4,6 à 4,7 par exemple, c'est 3 milliards de différence.

Donc, il faut qu'on trouve… – Vous, vous souhaiteriez qu'il soit à combien cet objectif ? – C'est l'engagement de la France vis-à-vis de l'Union européenne, c'est un sujet quand même. On a dit qu'on serait à 4,6 cette année pour être à 2,8 en 2029. Si vous décalez, vous dites qu'on ne fait plus 4,6 mais 4,7, eh bien en 2029, par définition, vous ne serez pas à 2,8, vous serez au-dessus, à 2,9, et où l'effort, ou alors pour y être à 2,8, il faudra un effort plus important l'année prochaine. – Donc vous, vous souhaiteriez qu'on revienne au chiffre initial de François Bayrou, 4,6 ? – Ce n'est pas moi qui le souhaite, c'est l'engagement de la France vis-à-vis de ses partenaires européens.

– Non mais à un moment, je n'ai rien fait que c'est un objectif. Vous vous dites, pour tenir l'engagement, il faut rester à 4,6. – Absolument, idéalement. L'effort qu'on ne fera pas cette année, eh bien il faudra le faire plus durement l'année prochaine et ensuite l'année suivante. Vous savez, nous ne sommes pas dans un monde fermé où les Français se regardent entre eux. Aujourd'hui, pourquoi nous payons les retraites et les fonctionnaires ? Parce qu'il y a des gens qui acceptent de nous prêter.

Et la dégradation de la note de A-A, A-A, A-A, A-A plus, seulement, fait que désormais, il y a des banques et il y a des prêteurs qui ne nous prêtent plus parce que dans leur contrat, il est indiqué qu'on ne doit pas prêter à quelqu'un qui a A-A tout seul. Donc tout ça nous coûte très cher. – Alors tout ça nous coûte très cher, on comprend tout ce que vous dites,

49:36
Locuteur 8

mais du point de vue du principe de réalité, du pragmatisme le plus pur et le plus dur, si aujourd'hui on vous disait, on peut trouver un chemin de non-censure

49:48
Présentateur

qui permette d'aboutir à un budget à la condition de suspendre la réforme des retraites, c'est oui ou c'est non, sachant que la suspension de la réforme des retraites

49:57
Locuteur 8

est estimée à 500 millions d'euros l'année prochaine, 3 milliards d'euros en 2027, mais qu'une absence de budget l'année dernière nous a coûté au total 15 milliards d'euros.

50:09
Présentateur

Donc est-ce qu'il ne vaut pas mieux se dire, ok, acceptons la suspension de la réforme des retraites pour ne pas avoir cette facture-là ? Vous dites en fait, les retraites, ça serait bien de les tenir, mais si c'est la condition de la non-censure et du non-cao, finalement on paiera plus cher à avoir le cao. C'est un argument comptable qui est à entendre. Et c'est vrai, l'absence de gouvernement coûte probablement une dizaine de milliards. Donc c'est très cher. L'absence de budget et de gouvernement coûte une dizaine de milliards. J'entends cet argument, moi je n'y suis pas favorable. Je pense qu'il faut que nous gardions la réforme des retraites pour plusieurs raisons.

D'abord, ça c'est un signal. Si nous sommes le seul pays qui revenons sur une réforme des retraites qui est nécessaire et qui est même insuffisante en fait, qui est insuffisante. Ce qu'on a fait, les Français considèrent que c'est douloureux, mais je suis obligé de vous dire que c'est indispensable à faire. Ce n'est pas la réforme que nous aurions faite. Je pense que la vraie réforme des retraites, elle est ailleurs. C'est de dire aux gens, il n'y a plus d'âge légal. Vous partez quand vous voulez. Vous voulez partir à 60 ans, vous partez à 60 ans. Vous voulez partir à 65, vous partez à 65. Et vous voulez partir à 70, vous partez à 70. Sauf que vous en assumez les conséquences.

Mais juste, Philippe Juvin, pour terminer. Mais est-ce que, pardon, est-ce que c'est la condition sine qua non ? Je trouve que ça serait une erreur de lâcher ça. Maintenant, le futur Premier ministre va en discuter avec les uns et les autres. Vous me demandez mon avis, je pense que c'est une erreur. On a compris votre avis. Hier, il y avait une réunion, on le disait, de parlementaires LR. Hier soir, est-ce qu'il a été acté qu'en cas de suspension de réforme des retraites, il y aurait censure ? Non, ça n'a pas été acté.

Mais globalement, il y a eu un fort mouvement de parlementaires qui ont dit que l'abandon de la réforme des retraites poserait un problème parce que c'est aussi un de nos marqueurs politiques. Un problème qui ne dirait pas jusqu'à la censure ? Ou qui pourrait aller jusqu'à la censure ? On verra, on verra, on verra. Vous me demandez quelle est notre avis sur la ferme de la retraite, je pense que ce serait une erreur de l'abandonner. Une grave erreur pour le pays. Merci Philippe Juvin. Merci d'avoir été notre invité. La Une de Ouest France. Sébastien Lecornu, ma mission est terminée. C'est à la Une de votre journal. Merci Stéphane. On va voir ce qu'il fait La Une dans nos régions.

Et c'est l'heure de notre reportage en région. Direction l'ISER. Alors que se tient aujourd'hui le Congrès des intercommunalités de France, vous vous demandez peut-être à quoi servent-elles ? On va voir une illustration concrète de leur mission du côté de la communauté de communes Cœur de Chartreuse. C'est donc dans l'ISER. Elle a mis en place un système de bébé bus qui fait le tour des communes pour offrir un mode de garde itinérant pour les familles. Clément Guillaumeau.

52:50
Locuteur 8

C'est un bus, pas tout à fait comme les autres, qui débarquent ce matin-là dans la ville d'Entre-deux-Guiers. Dans la communauté de communes Cœur de Chartreuse, le bébé bus s'installe chaque jour dans une salle différente.

53:01
Présentateur

Alors ça, c'est les tapis de jeu, ça.

53:04
Locuteur 8

Une halte garderie itinérante qui a tout d'une grande.

53:08
Locuteur 1

L'avantage de ce concept, c'est qu'on est dans des salles polyvalentes, on a plus de place que dans une mame ou chez une assistante maternelle. Et on range toujours de la même façon. Donc les enfants, ils retrouvent leur repère en fait d'un jour à l'autre, même si on a changé de salle.

53:29
Locuteur 8

Chaque année, le bébé bus accueille plus de 40 enfants âgés de 3 mois à 4 ans. Un principe de garde qui vient en complément des solutions traditionnelles et qui ravit les parents.

53:38
Présentateur

Pour ma fille, elle va sur 2 ans. Ça fait un petit peu moins d'un an qu'elle y va. Et après, tous mes autres enfants y ont été avant. Mes 3 autres, ils sont allés. Toute l'offre qui est proposée, les activités, etc. En journée, c'est parfait. Les horaires qui sont proposés également.

53:54
Locuteur 8

Une solution de garde alternative proposée par l'intercommunalité Cœur de Chartreuse, un groupement de 17 communes fédérées autour d'un projet de territoire et d'objectifs communs. Si l'intercommunalité est responsable, entre autres, de la gestion des déchets ou du développement économique, elle est aussi en charge de la petite enfance.

54:12
Locuteur 5

On a la joie d'assumer cette compétence dans toute sa diversité. On accompagne les assistantes maternelles, on a des EAGE, des établissements d'accueil du jeune enfant associatif. En fait, on a un éventail de possibilités de mode de garde pour les familles qui est optimal.

54:28
Locuteur 8

Pour les villages concernés, proposer une telle solution aux parents serait impossible sans l'intercommunalité.

54:33
Locuteur 1

Nous n'avons pas de halte garderie dans chaque village. Ce n'est matériellement impossible. C'est vraiment la mise à disposition sur le territoire des capacités qu'une commune ne peut pas avoir et qu'une intercommunalité peut proposer.

54:49
Locuteur 8

En France, sur les 1254 intercommunalités existantes, plus de 900 proposent des solutions de garde d'enfants.

54:56
Présentateur

Voilà pour l'une des missions des intercommunalités. Les intercommunalités qui sont donc réunies en congrès du côté de Toulouse. On va s'y rendre. Bonjour Sébastien Martin. Merci beaucoup d'être avec nous, président d'Intercommunalités de France, président du Grand Chalon, député LR de Saône-et-Loire. Sébastien Martin, on vient de voir un exemple concret des missions des intercommunalités qui sont donc au cœur du quotidien des Français. Faire France ensemble, c'est le slogan de votre congrès. Aujourd'hui, c'est la mission des élus locaux dans cette France fracturée. Tout à fait. Je pense que les élus locaux, en ce moment, sont une forme de repère.

Et particulièrement dans les intercommunalités d'ailleurs, où en réalité, des maires de gauche, des maires de droite, des maires du centre, des maires d'un peu partout, sont capables de s'entendre pour mettre en place des services publics, pour assurer le développement économique, et puis pour permettre aux familles de faire garder leurs enfants, comme on vient de le voir dans votre reportage. Donc, l'intercommunalité, c'est du concret et c'est du compromis qui permet d'avancer. Et je crois qu'en ce moment, c'est une leçon qu'on a besoin de méditer. Justement, votre congrès, il se tient dans un contexte politique évidemment compliqué. Comment vous qualifiez-vous la situation aujourd'hui ?

D'un grand bazar dont on espère qu'il sortira quelque chose. Moi, ce que j'entends depuis hier, on est 2000 participants à ce congrès. C'est le plus important congrès d'élus après le congrès des maires. Eh bien, c'est que les gens en ont marre. Les gens sont épuisés, d'une certaine manière, par la situation que l'on vit, notamment depuis dimanche soir. Et les élus locaux qui sont capables, eux, de s'entendre, ne comprennent pas qu'on ne soit pas capable de s'entendre.

Quand on est capable de s'entendre pour l'intérêt supérieur quand il est local, eh bien quand il s'agit d'un intérêt supérieur qui est celui de la nation, on doit être capable de s'entendre et de trouver, comme l'a dit, j'écoutais Philippe Juvin juste avant vous, de trouver les voies de passage pour qu'il y ait un gouvernement dans ce pays

57:01
Locuteur 4

et que, quelque part aussi, les élus locaux puissent travailler sereinement.

57:05
Présentateur

– Justement, quelles incertitudes, quelles conséquences dans le quotidien des élus locaux à cette situation politique ? – S'il n'y a pas de budget, par exemple, ça pose un problème pour les collectivités, ça pose un problème pour savoir quels sont leurs moyens financiers, ça pose un problème pour savoir quelles sont les politiques qu'elles peuvent conduire. Et donc, à partir de là, forcément, ça aura un impact sur l'économie locale, ça aura un impact sur la vie dans les territoires et, quelque part, on sera à côté de la plaque. Et je crois que les Français ne veulent pas qu'on soit à côté de la plaque, mais qu'on soit à la hauteur de l'événement.

– Et ça aura des conséquences à travers les collectivités sur le quotidien des Français, sur les services publics ? – Oui, je pense qu'on va avoir un débat budgétaire qui va être intense, parce que ne pas avoir de budget, bien évidemment, pose un problème,

58:01
Locuteur 4

mais aussi avoir un budget qui, aujourd'hui, tel qu'on a pu l'apercevoir dans ce qu'avait proposé François Bayrou, avec un effort qui est plus que doublé,

58:12
Présentateur

une ponction sur les collectivités territoriales qui est plus que doublée, particulièrement pour les intercommunalités, va poser un sujet dans les territoires, en matière, tout simplement, de capacité à continuer à investir, par exemple. – Donc vous vous dites, parce qu'à un moment, Sébastien Lecornu parlait d'une meilleure maîtrise des dépenses des collectivités, vous vous dites que les collectivités, elles ont suffisamment participé à l'effort, là, on ne participe plus ?

58:38
Locuteur 4

– On dit que nous sommes des gens responsables.

58:41
Présentateur

La situation du pays est ce qu'elle est, et il y a un déficit public, il y a une dette publique qui est là, qui est présente, et les collectivités font partie de la nation. Donc quand il y a un problème sur les comptes de la nation, nous ne pouvons pas faire comme si cela ne nous concernait pas du tout. Ce que nous demandons, c'est que cette participation soit raisonnable et mesurée. L'an dernier, on était partis aussi d'une copie à plus de 5 milliards d'euros demandée aux collectivités, et on a fini autour de 2 milliards d'euros.

On a pu travailler avec les parlementaires pour revoir les principes de la contribution des collectivités, notamment en prenant mieux en considération des critères de richesse. Donc je crois qu'il y a un travail qui doit s'engager. On voit bien que la notion de la voie du compromis aujourd'hui est la seule qui permettra de trouver des solutions. Donc nous, on est prêts à se mettre autour de la table, mais sur les principes que je viens d'éditer, c'est-à-dire une contribution juste et une contribution qui soit mesurée. Les collectivités locales ne peuvent pas être là simplement pour boucher les trous de l'État. Merci beaucoup Sébastien Martin.

Merci d'avoir été avec nous depuis Toulouse, où se tient en ce moment le congrès des intercommunalités que vous présidez. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. On continue à parler de la crise politique, Audrey, puisque c'est évidemment la prise de parole de Sébastien Lecornu, hier soir aux 20h de France 2, qui fait la une de nos journaux régionaux.

1:00:03
Invité

Tout à fait Auriane, et voici ce que retiennent vos quotidiens des propos du Premier ministre démissionnaire hier. Il a donc promis qu'Emmanuel Macron nommerait un nouveau Premier ministre sous 48 heures, retient le Berry républicain. De fait, il y a un passage pour éviter la dissolution, précise le courrier Picard. Il y a en tout cas une majorité absolue de députés qui ne veulent pas de cette dissolution, a précisé hier Sébastien Lecornu, qui a aussi été interrogé sur la fameuse réforme des retraites.

1:00:32
Présentateur

Tant décrié, un totem, on le sait, pour le camp présidentiel, pour la droite, un chiffon rouge aussi pour la gauche et pour le Rassemblement national. Et bien pour Sébastien Lecornu, cité dans le progrès, il faut relancer le débat sans forcément suspendre la réforme. Le Premier ministre démissionnaire a donc annoncé hier que sa mission était désormais terminée. De fait, pour le Télégramme, vous allez le voir, Emmanuel Macron est désormais seul face aux Français, un président de plus en plus isolé qui a donc la responsabilité maintenant de nommer un Premier ministre. Et l'actualité aujourd'hui, c'est aussi la panthéonisation de Robert Badinter.

À l'ancien garde des Sceaux décédé l'an dernier, la patrie reconnaissante, il rejoint les grands hommes. Aujourd'hui, 9 octobre, c'est une date symbolique puisque c'est la date anniversaire de l'abolition de la peine de mort dont il a été à l'origine dans l'inscription de la loi française. Pour le Républicain Lorrain, regardez, c'est une icône de la justice au Panthéon. Alors, sa dépouille ne sera pas déplacée. Sa femme, Elisabeth Badinter, a demandé à ce qu'elle demeure dans le carré juif du cimetière de Bagneux. Mais des éléments symboliques seront placés dans le cercueil.

1:01:38
Invité

Il y aura sa robe d'avocat, trois livres que je vais vous détailler aussi parce que j'ai trouvé ça assez intéressant. Idis, que Robert Badinter avait écrit en hommage à sa grand-mère, chose vue de Victor Hugo, et une biographie de Nicolas de Condorcet. Et puis, pour la petite histoire, Vosge Matin nous rappelle que c'est un dossier

1:01:57
Présentateur

Vosgien, justement, qui est à l'origine de la lutte de Robert Badinter. Une affaire qui remonte aux années 70. C'est ce qu'on va voir. Quand il défendait un certain Roger Bontemps, l'homme avait participé à une prise d'otage avec son con détenu dans la prison dans laquelle il purgeait sa peine. Prise d'otage qui va se terminer par la mort d'un surveillant et d'une infirmière. Roger Bontemps clamera qu'il n'a pas porté les coups mortels, que c'est son co-détenu. Il ira quand même à l'échafaud. Robert Badinter dira. Le facteur déclencheur, ça a été d'escorter Bontemps à la guillotine. Et puis, pardon, c'est à vous. On passe complètement à un autre sujet.

La sénatrice, Pascale Gruny, s'attaque à la malbouffe. Oui, ça fait la une de laine nouvelle. Regardez, la sénatrice s'attaque à la malbouffe. Pascale Gruny a déposé un projet de loi visant à limiter l'ouverture des fast-foods dans les communes. Tout part d'une affaire à faire entarde noix. C'est dans l'Aisne, justement. Le maire a tenté de prendre un arrêté municipal pour interdire à l'ouverture d'un nouveau fast-food parce qu'il y en a vraiment trop dans la rue. Mais son initiative a échoué au nom de la liberté de commerce. Alors, la sénatrice, Pascale Gruny, entend contourner cela avec sa loi en invoquant la santé publique contre la malbouffe. Et puis, je termine par la belle histoire.

Décidément, je voulais y venir, mais c'est parce qu'elle est vraiment impressionnante. Un tour du monde avec le cancer. Charlie Dalin révèle dans un livre, et ça fait la une de Presse Océan, qu'il a remporté le Vendée Globe en 2024 à 39 ans alors qu'il luttait déjà contre une tumeur cancéreuse gastro-intestinale de la taille d'un pamplemousse. C'est sûr que ça compliquait un peu la tâche, dit-il, d'avoir cet intrus à bord. Aujourd'hui, je vois cela comme une double victoire sur la course et sur tout ce qui m'est arrivé. Le skipper lutte toujours contre la maladie, mais chapeau bas pour cet exploit qui dépasse l'entendement. Et vous avez raison, Audrey. souligné aujourd'hui. Merci beaucoup.

Merci Audrey. Allez, on revient à la crise politique. Sébastien Lecornu qui a donc annoncé avoir achevé sa mission hier. Et le juge fait la dissolution, s'éloigne et qu'un chemin est possible. Avant d'en parler, avec nos éditorialistes, on va voir les temps forts de son intervention hier soir. Ils sont résumés par Gaël Fonseca. J'ai appris ça au contact de nos militaires. J'ai tout essayé. Mission terminée pour Sébastien Lecornu. Ses consultations avec les différents partis politiques à la demande du président de la République se sont achevées. Je sens qu'un chemin est possible encore. Il est difficile.

Et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient. Un des points de friction entre les forces politiques au Parlement, la réforme des retraites. Sébastien Lecornu était particulièrement attendu sur la question. Pour le moment, pas de suspension ni d'abrogation, mais le totem macroniste est remis sur la table. Je le dis au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites. Le retour au travail parlementaire, c'est le maître mot, selon Sébastien Lecornu, pour la stabilité du pays. Tout d'abord avec un débat sur la fiscalité des plus riches, mais aussi et surtout un débat pour le budget.

Le Premier ministre démissionnaire l'espère. La France sera munie de son budget d'ici 2026. Le fruit de ces trois semaines à la tête du gouvernement sera présenté ce lundi par le prochain locataire de Matignon. C'est ça qui nous manque, c'est le dernier maître, mais vous entendez bien que je suis plutôt optimiste. C'est la capacité tout simplement à bâtir des compromis dans l'hémicycle. Et pour lui, un départ anticipé d'Emmanuel Macron n'est pas souhaitable. Je peux vous témoigner que ce n'est pas le moment de changer de président de la République parce que par définition, la parole de la France à l'étranger.

1:05:30
Invité

Un président de la République qui nommerait un Premier ministre avant demain soir.

1:05:35
Présentateur

Et on va en parler avec nos éditorialistes. Bonjour Michael Dormand. Bonjour. Merci d'être avec nous comme tous les jeudis. Bonjour Emelie Zappeski. Merci d'être la communicante fondatrice de l'agence Émilie Conseil. On a vu hier Sébastien Lecornu affirmer que sa mission était terminée. J'ai tout essayé, mais forcé de constater que ça n'a pas complètement marché, qu'elle n'est pas complètement réussie, a dit le Premier ministre des missionnaires. Est-ce que quand même, de sa mission, il peut sortir autre chose qu'une dissolution désormais, Michael ? En tout cas, c'est son souhait. Manifestement, c'est ce qu'il a voulu exprimer devant les Français hier à la télévision.

Et puis, après ce qu'il avait dit

1:06:15
Locuteur 6

effectivement au président dans le bureau, ça a été, on va dire, le message principal en disant voilà, il a trouvé la formule pour que le mot,

1:06:24
Présentateur

la formule majorité absolue puisse être prononcée, quelque chose que l'on ne prononce plus finalement en parlant de la politique française depuis bien longtemps, mais assorti à cette non-dissolution. En réalité, maintenant, l'enjeu étant de trouver non pas un accord de non-censure, mais un accord de non-dissolution entre les différents groupes. Moi, ce qui m'a frappé quand même, c'est que je me suis dit que c'était quand même la première fois qu'on entendait parler autant Sébastien Lecornu.

Et on a eu quand même une démonstration du style, parce que c'est vrai qu'il ne parle jamais aussi longtemps, il a évoqué des mots que d'autres politiques n'évoquent pas, en disant j'ai parlé, j'ai consulté dans le secret, je suis peut-être resté un peu trop en retrait, mais je suis venu vous parler, et puis j'ai échoué. Il y a quand même une... J'ai un regret. J'ai un regret, voilà, et puis avec des formules parfois aussi assez en n'importe pièce, en tout cas assez familières, vous voyez que je ne cours pas après le job. Bon, il y a eu tout un style comme ça de...

Peut-être qu'on n'entendra plus finalement après, pendant longtemps, je n'en sais rien, mais en tout cas, il y a eu un moment, un moment Lecornu, où il est venu expliquer pourquoi ça n'avait pas marché. Le problème en politique française, c'est que souvent, les discours de défaite sont toujours bien meilleurs que les discours de victoire ou les promesses avant les campagnes. Et c'est intéressant ce que dit Michael-Emilie, vous qui êtes une spécialiste de la communication, est-ce que sur la forme, sur la communication, il a au moins réussi son passage à Matignon, Sébastien Lecorn ? Je dirais sur la forme et sur le fond aussi, par rapport à ce qu'il a utilisé.

C'est vrai que sur la forme, très discret au début, presque mutique, à pas humble aussi, d'ailleurs, il se définit comme soldat moine, moine soldat. Il y a un côté, voilà, je travaille, je fais ça dans le secret et puis j'essaie de marquer des points au fur et à mesure. Sur le fond, il y a aussi cette idée d'ailleurs, il y a un terme assez important qu'il a cité très rapidement, c'est le partage du pouvoir. Ce qu'on n'avait pas beaucoup depuis 2017, en parlant des élus, tous les corps intermédiaires, des parlementaires, évidemment, lui-même ayant eu cette vie-là qu'Emmanuel Macron n'a pas eu d'élu, de président, conseil départemental, de sénateur même, il a été sénateur.

Donc, c'est quelque chose qui a été très différent. Et moi, je trouve qu'aussi, on va voir ce qui se passe maintenant, il a imposé aussi l'idée qu'on pouvait être d'accord pour travailler un petit peu ensemble. Alors, on sait que dans les coulisses, ce n'est pas du tout la même chose, mais il y a quand même cette idée qu'il a présentée hier et qui n'était pas rassurante, mais en tout cas, qui donnait un peu l'idée de responsable politique, un peu responsable, qui puisse se dire, on essaie de s'accorder malgré nos divergences pour essayer d'aller dans le bon sens et surtout dans le sens d'un budget pour la France.

Et je trouve que ça, c'est quand même assez fort de sa part, même si éventuellement sa mission, il n'a pas réussi, il ouvre des pistes et on a parlé d'autre chose quand même, on a parlé de plein de sujets dont on ne parlait pas, la retraite, il a mis quand même cette idée de réforme des retraites qui serait remise en débat, taxer les plus riches, il y a eu quand même un ensemble, je trouve qu'il a percé des tabous qui étaient difficiles à percer jusque là. – Et un discours peut-être qu'on entend moins aussi, Mickaël, il dit, si j'ai un regret, c'est la composition du gouvernement, il faut que ce soit déconnecté de toute ambition présidentielle.

Est-ce que ça aussi, c'est un discours qu'on a moins l'habitude d'entendre, surtout à des postes pareils ? Le fait que lui, il est là pour servir et déconnecté de toute ambition pour 2027 ? – Oui, ce qui rendra la difficulté supplémentaire, d'aller trouver – mais c'est vrai, vous avez raison que là aussi, il a aussi posé des mots d'habitude que ses politiques, ses responsables politiques à ce niveau-là ne formulent pas. C'est vraiment la chose dont on ne parle pas à l'élection présidentielle alors que tout le monde fait qu'il pensait tout le temps, on connaît l'adage. – Il dit, il faut une équipe qui accepte de se retrousser les manches.

1:10:20
Locuteur 6

– Déjà, donc ça renvoie aussi à pas mal de critiques

1:10:24
Présentateur

pour les autres. Et ce qui m'a frappé, c'est ça, c'est exactement ce que dit Émilie, c'est qu'en fait, il y avait dans, dans ses propos veloutés, il y avait aussi une sorte de droit d'inventaire de la méthode Macron. Et une fois de plus, et on l'avait évoqué quand il a été nommé, c'est un proche paradoxal, en réalité, il est très proche personnellement, très certainement, mais en termes de rapport à la pratique du pouvoir, effectivement, de parcours électoral, de lien à l'action politique, il est aux antipodes de Macron.

Et de ce point de vue-là, il a voulu le montrer et le marquer hier de façon, certes, beaucoup plus subtil qu'on ne peut le faire, Gabriel Attal et Édouard Philippe, qui, quand même, ont participé, parce que c'est quand même l'information principale jusqu'à présent, depuis quelques jours, ont participé à l'effondrement de la Macronie, à l'effondrement du système politique. On va vous parler, justement, de cette volonté de compromis. On va écouter à ce propos Aurore Berger, porte-parole démissionnaire du gouvernement. Elle était ce matin sur RTL.

1:11:25
Invité

Je pense qu'on a besoin maintenant de se dire qu'on doit entrer dans le débat parlementaire. En fait, la seule chose dont on a besoin aujourd'hui, qui devrait être quand même quelque chose d'atteignable, c'est juste de commencer le débat. Commencer le débat parlementaire sur le budget. Ce qui ne veut pas dire un point final et une conclusion, mais juste un démarrage.

1:11:47
Présentateur

Est-ce que ça, c'est quelque chose que Sébastien Lecornu aura fait avancer, de dire, on donne la main au Parlement, quitte à renoncer au 49-3 ? Oui, c'était un pas très important et c'était d'ailleurs demandé par les partis socialistes d'abandonner le 49-3, de laisser les parlementaires discuter. Maintenant, c'est un peu faussé aussi parce que c'est gentil de dire, il faut que le débat commence. S'il est faussé, c'est-à-dire que si le budget, la copie de départ est si orientée macroniste ou un peu comme ce qu'avait préparé Bayrou, ça fausse un peu le démarrage des débats.

Si on voulait vraiment être honnête et vraiment essayer de discuter en prenant en compte tous les avis, il faudrait être beaucoup plus ouvert. Et c'est là un petit peu que, même si on trouve que Sébastien Lecornu a fait un travail qui était intéressant. Après, il n'y a pas eu le temps, j'ai eu trois semaines, donc je pose un budget de budget qui n'est pas parfait. Et puis la limite, c'est de savoir si ce socle commun est prêt à lâcher un petit peu plus de mou, comme il l'a fait déjà, comme il l'a fait pour le 49-3, pour le débat des retraites et encore, c'est assez flou finalement ce qu'il propose là.

Et il faut donner un petit peu plus de mou pour que les parlementaires puissent être en confiance sur le démarrage du budget. Et je pense que là, on n'y est pas encore complètement. C'est pour ça que le PS freine encore. C'est pour ça que les uns et les autres font monter les gages qu'ils ont besoin d'avoir avant de discuter. Mais c'est vrai qu'au moins, il aura permis de montrer comment s'y prendre. Et maintenant, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Dernier point, c'est vrai que Sébastien Lecornu, autre style et même autre fond qu'Emmanuel Macron, mais justement, maintenant, la balle est dans le camp d'Emmanuel Macron pour la nomination du Premier ministre.

Est-ce qu'Emmanuel Macron est prêt à aller à l'encontre de la politique qu'il a menée depuis 2017 en nommant un Premier ministre de gauche ? C'est là qu'il y a une grosse question. Alors après, ça ne serait pas réglé pour autant, mais déjà, ce pas-là, d'ici demain soir, ça serait vraiment une transformation, enfin quelque chose, un bouleversement dans ce que propose Emmanuel Macron, s'il nommait, s'il acceptait de nommer un Premier ministre de gauche. Ça met un peu quand même d'humilité dans tout le système parce qu'effectivement, on entend Aurore Berger qui, pour l'instant, attend, on verra si un conseil des ministres a commenté, mais elle est effectivement démissionnaire et sans sujet.

C'est-à-dire que les porte-parole,

1:14:07
Locuteur 6

on ne sait pas quelle parole, mais en tout cas, ce qu'elle dit, c'est qu'effectivement, on peut entrer dans le débat parlementaire. On en est là. Et hier, Sébastien Lecornu l'a parfaitement rappelé. Les priorités, c'est d'abord avoir des ministres autour d'un conseil des ministres et d'une table de conseil des ministres pour pouvoir déposer

1:14:23
Présentateur

le budget, le projet de budget parce que c'est ensuite, c'est comme cela qu'il peut arriver au Parlement. Donc, on en est là. Il faut vraiment revenir sur étape par étape avant de penser effectivement ce qu'elles seront les grandes machines. Et c'est là, oui, c'est effectivement, on verra quelle sera la décision prise par le président de la République, quelle oiseau rare il va trouver. Est-ce que c'est le fameux profil technique ? Mais il a d'autres choix pour éviter une dissolution immédiate que de nommer un premier ministre de gauche maintenant ? Il peut avoir ce fameux entre guillemets profil technique grand technocrate qui vient mais en même temps on aura tellement besoin de politique.

Mais oui, c'est ça. Donc, ça paraît, ça paraît, les technocrates qui savent faire, il y en a plein les bureaux et souvent ils le font très bien, parfois ils le font même trop bien mais en réalité ce qu'il faut c'est la politique. Et d'ailleurs c'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu qu'il voulait des ministres qui connaissent la politique pour justement qu'il y ait un travail parlementaire et ce travail sur le budget. Et c'est tout à fait vrai par rapport à la situation. Et encore une incertitude. Il y aura très certainement effectivement une nomination, quelqu'un, mais ensuite pour combien de temps ? Quelle inviabilité ? Quelle solidité ? Et pour autant la crise est-elle terminée ?

Et surtout cette démo anxiété, on entend beaucoup cette formule qui se met en place maintenant de la part des Français qui va être capable d'être calmée, jugulée pour pouvoir remettre de la sérénité et de la stabilité ? Et un compromis est-il donc possible sur le budget ? C'est désormais la question. On va écouter ce qu'en disait hier Olivier Faure, le premier secrétaire du PS c'était à sa sortie de Matignon.

1:15:58
Xavier Iacovelli

Le projet de budget tel qu'il est présenté aujourd'hui est un projet de budget qui ne peut pas être le nôtre. Et d'ailleurs je veux couper court à ce stade à toutes les élucubrations d'un gouvernement commun avec la Macronie. C'est inimaginable.

1:16:16
Présentateur

Le projet de budget ne peut pas être le nôtre mais est-ce que dans le travail parlementaire un compromis est possible ? On sent bien que le PS fait monter un peu les enchères parce qu'évidemment on commence à parler d'un premier ministre de gauche ils ne peuvent pas accepter sous n'importe quelle condition de participer comme ça et de mener un gouvernement avec un budget qui resterait avec des connotations très macronistes.

Moi ce que je trouve intéressant encore une fois c'est qu'on a le contre-budget qu'avait présenté le parti socialiste très rapidement a permis d'imposer dans la sphère médiatique politique et même sociale des sujets comme la taxe Zuckman ou en tout cas taxer les ultra-riches qui étaient déjà dans l'air mais qui n'étaient pas pris comme ça au sérieux et ça imposait un petit peu ce sujet-là. Donc le PS est fort de demander des gages supplémentaires parce qu'on sent bien qu'il y a un moment gauche dans ce qui se passe et qu'en plus ces sujets-là montent énormément. Une grande majorité de français sont pour ce type de taxation des ultra-riches.

Ils sont pour aussi la suspension de la réforme des retraites. Donc petit à petit on a vu même des personnalités politiques du socle commun commencer à aborder ces sujets-là sans tabou. Donc voilà ils ont intérêt à faire monter la sauce et ils ne peuvent absolument pas participer à un budget qui serait d'office avant même les discussions trop connoté macroniste. Oui et puis il y a aussi une autre courte d'intérieur à régler c'est que les français sont de droite sur les régaliens et de gauche sur le social et donc il va falloir quand même être capable de réunir tout cela.

Certes ils veulent de l'égalité fiscale mais ils ne veulent pas que les impôts augmentent donc la fiscalité ça va être aussi quelque chose qu'il va falloir gérer de manière extrêmement précise et puis il y aura si la gauche arrive au pouvoir quelle gauche on verra dans quelle configuration ils auront leur groupe de pression il y aura la France insoumise qui sauf énorme surprise ne devrait pas participer à un gouvernement et donc qui va faire énormément de pression qui va faire monter les enchères or vous avez les élections municipales qui arrivent avec toutes les configurations où on voit bien qu'on s'attend à ce qu'il y ait quand même une part des experts électoraux ils disent on peut s'attendre à une montée de la France insoumise dans les municipalités et donc ça fait pression également sur la gauche en particulier sur les villes écologistes donc voilà tout ça est un espèce de rubicube qui est géré en même temps et qui va à un moment donné déterminer et on sent bien qu'Olivier Faure lui aussi il fait monter la pression parce qu'il veut être le plus libre possible et mettre la barre le plus haut possible pour pouvoir peut-être amener Emmanuel Macron à dire que ça reste compliqué ce qui est intéressant c'est quand même ce moment gauche qu'on n'aurait pas imaginé alors il y a eu un peu le moment droite LR avec l'arrivée de Michel Barnier un peu un revival de ce mouvement-là et là c'est à nouveau de l'autre côté donc ces côtés gauche où il y a un moment où on a l'impression que ça serait épanoui est-ce que c'est les prémices de l'après Macron qui a tenté justement d'effacer la gauche et la droite on sent bien qu'il y a une reconstruction qui se fait qui donne un peu du sens au niveau des mesures qui sont proposées d'un côté ou de l'autre on va voir comment ça se positionne mais bon après la réussite elle n'est pas gagnée s'il y avait même un Premier ministre de gauche Il y a un autre sujet dans le débat c'est la question de la réforme des retraites hier soir Sébastien Lecornu dit le Président de la République va devoir trouver un chemin pour que ce débat ait lieu ce matin on posait la question à Philippe Juvin le député LR il y avait une réunion hier soir des parlementaires LR il dit on est contre la suspension mais hier soir on n'en a pas fait une condition de censure est-ce que du coup un chemin est possible sur cette question ?

Déjà techniquement il faudra expliquer ce qu'est une suspension parce que techniquement c'est impossible donc soit elle est maintenue soit elle est abrogée voilà donc ça c'est il faut arrêter ça c'est le propos des politiques et ils font leur métier de politique mais la réalité quand vous questionnez les organismes qui sont chargés de mettre en place ce système pour des millions de personnes la suspension ils ne savent pas faire donc ça ne veut rien dire donc ça veut dire qu'effectivement il y a une décision politique à prendre et pour LR l'enjeu est de rester dans cette posture et cette conviction de responsabilité et de stabilité de ne pas participer et ne pas être un groupe qui provoque la censure et provoque le chaos donc c'est leur dilemme peut-être ce sont ces choses-là et se sont dit dans ces cas-là on peut dire à peu de frais qu'on n'en fera pas une condition de censure parce que la suspension on ne voit pas ce que ça veut dire on a pu suspendre le CPE qui était un dispositif à mettre en place il y a très longtemps avec Villepin et Chirac en 2005 mais là tout ce qui a été mis en place c'est comme si on disait on va suspendre le prévoit à la source techniquement c'est impossible – Moi je ne suis pas complètement d'accord parce que d'ailleurs c'est ce qui est en train de se discuter c'est-à-dire qu'au-delà de se dire la suspension c'est un petit peu ce que Sébastien Lecornu aussi a amené c'est-à-dire qu'est-ce que ça veut dire et qu'est-ce qu'on suspend qu'est-ce qu'on garde parce qu'il y a d'autres mesures sociales quand même que cette réforme de retraite a amené qui pourrait encore être corrigée notamment pour les femmes – Tout le monde va entendre la mesure d'âge c'est la seule chose que les gens vont entendre – Mais bien sûr mais en tout cas il y a d'autres mesures et sur la mesure d'âge je pense enfin moi j'ai entendu d'autres possibilités sur stopper par rapport à la progression que ça doit imposer en fonction de sa date de naissance qui est quand même possible en fait ce que je veux dire c'est qu'on va au-delà du miroir et au lieu de rester sur la suspension on se dit qu'est-ce que ça voudrait dire comment on peut l'organiser et puis surtout comment ce qui est important c'est comment débattre derrière parce que les LR ils sont gentils mais ils n'ont même pas voté cette réforme des retraites donc là ils jouent la stabilité le côté responsable – À l'Assemblée – Oui à l'Assemblée mais ils ne jouent pas la cohérence en tout cas donc c'est pour ça qu'ils sont un petit peu coincés aussi les Républicains sur ce sujet-là maintenant ce qui va être intéressant et ce que disait Sébastien Lecornu et voir si Emmanuel Macron est d'accord c'est comment on remet cette réforme sur le tapis d'une discussion dans quel cadre dans quel registre on a bien vu que le conclave organisé par François Bayrou ça a été une énorme arnaque parce que l'âge en effet on a fait sauter l'âge donc c'était ce qui était le plus important comme vous disiez donc comment on arrive à retravailler ça mais encore une fois je pense que là tout le monde s'est rendu compte qu'il y a une grande majorité de Français qui restent opposés à ça et ça si on ne l'entend pas si les politiques ne l'entendent pas c'est une bombe à retardement il y en a beaucoup de bombes parce qu'il y a aussi le logement il y a beaucoup de choses sur le plan social et comme vous dites cette France qu'on dit toujours à droite je suis désolé elle est très très à gauche pour beaucoup de sujets dès qu'on parle du portefeuille du logement de l'emploi du chemin donc il va falloir s'en occuper et c'est peut-être ce qu'a vu aussi le Cornu et d'où les voix d'une partie du Bloc Central qui appelle à travailler à la fois avec la gauche et la droite c'est le cas notamment de Marc Fénaud du Modem qui était ce matin sur France Info

1:23:15
Locuteur 4

ce qu'on pourrait essayer c'est de regarder si avec la gauche avec la droite républicaine il y a quelque chose c'est là que le mot plateforme a son sens d'une plateforme sur un budget les noms des personnes importent peu mais cette idée de on va épuiser toutes les forces politiques pour au fond derrière servir qui Mélenchon et Le Pen pour montrer qu'on est incapables ce qu'il faut essayer c'est d'être responsable c'est ça qu'il faut vraiment essayer parce que le reste c'est on fait semblant et moi j'ai dit aux responsables socialistes moi je vais pas vous dire allez-y on verra bien comment vous vous plantez ça n'a aucun intérêt

1:23:46
Présentateur

une volonté de travailler ensemble est-ce qu'il a la raison dans ce qu'il dit c'est-à-dire si cette plateforme stratégique c'est le nouveau mot pour dire que le commun échoue ça fait le jeu de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen Oui mais de toute façon leur jeu est fait depuis longtemps l'attitude des politiques de gouvernement a été telle que ces partis ont pu progresser donc de toute façon leur jeu se fait tous les jours mais là aujourd'hui il suffit il s'agit de trouver

1:24:14
Locuteur 6

effectivement une solution qui peut rassembler alors on avait après le camp des raisonnables maintenant on a un peu le camp des bonnes volontés

1:24:21
Présentateur

qui oui peuvent dépasser les clivages c'est au fond sans le dire c'est le fameux gouvernement qui permettrait de s'entendre sur 2-3 sujets sanctuarisés et qui peut rassembler comme hier Sébastien Lecornu le disait c'est intéressant la méthodologie quand il dit ok on est face à des opposants mais sur quoi peut-on s'entendre est-ce qu'on peut s'entendre est-ce qu'on ne peut pas s'entendre donc en fait c'est trouvé c'est un moyen peut-être au force ça marche

1:24:50
Locuteur 6

de manière inattendue d'essayer de faire muter cette fameuse culture politique française qui n'est pas organisée sur le compromis c'est un leurre de penser que nous sommes des allemands c'est pas vrai

1:25:00
Présentateur

on peut apprendre

1:25:01
Locuteur 6

mais il faudra 10 ans pour apprendre pas 3 semaines et pas 4 premiers ministres par semaine donc de ce point de vue là on assiste à des choses absolument incroyables et juste pour effectivement pour terminer c'est vrai qu'on est très dans le commentaire un peu but par but

1:25:15
Présentateur

des méthodes des micro-méthodes des micro-choix mais si on prend un peu de recul quelle situation on vit quand même une espèce d'effondrement général d'un pays qui est la France et qui en 2025 en est à chercher les moyens de faire un budget franchement ça raconte beaucoup beaucoup de choses et ça ça n'échappe pas aux français moi je trouve ça presque charmant en fait cette bonne volonté un peu naïve et positive non mais en plus je le dis sincèrement pour vous c'est naïf oui on pourra faire un album d'Astérix franchement Astérix c'est le budget je le dis avec moquerie mais avec beaucoup de sérieux aussi parce que c'est comme ça aussi avec des personnalités comme Marc Fénaud qui disent bon il faut un petit peu sortir des ambitions 2027 et il faut se mettre d'accord mais ce qui manque dans cette réflexion parce qu'on est sur le budget évidemment puisqu'il faut le déposer lundi on est complètement obnubilé par le budget mais ce budget il pose des questions de fonds beaucoup plus importantes il pose des questions de projets de société de choix de société il pose des questions sur notre système social est-ce qu'on veut le garder comment on veut le garder et c'est là où il faudrait remonter d'un cran parce que ça donnerait des perspectives les équipes actuelles ne sont pas au niveau pour répondre à ces questions mais c'est ça qui est important c'est les perspectives de la France qu'est-ce qu'on veut faire de la France est-ce qu'on veut faire de la France un pays libéral où chacun paye ses médicaments ou quand on va à l'hôpital on est obligé de se saigner pour payer les soins de ses enfants ou quoi ou est-ce qu'on veut quelque chose d'autre et comment on le finance s'il faut le financer ben oui mais c'est ça qui mettrait aussi les gens en tout cas d'accord souvenez-vous des discussions le seul atout des discussions du grand débat national c'est qu'on s'est rendu compte qu'il y avait des gens qui n'étaient pas du tout d'accord sur les partis politiques sur les opinions ils se mettaient d'accord sur leurs besoins premiers et sur leur façon de voir la société Merci pour ce débat on termine par l'histoire du jour on met un peu de légèreté dans cette crise politique est-ce que vous connaissez le concours national de légumes géants ?

Ah non pas du tout ça fait 30 ans 30 ans que ça existe depuis 1995 c'était la 30ème édition il y a quelques jours ça se déroule à La Roche-sur-Yon en Vendée ça accueille des milliers de visiteurs alors il faut dire qu'on est sur du légume de compétition on va regarder le potiron de Samuel il a obtenu la médaille de bronze 603 kilos le potiron il fait pousser ses légumes mastodontes dans son jardin depuis 13 ans alors il vaut mieux avoir un grand jardin si jamais vous êtes dans la manche vous nous regardez vous êtes dans la manche le potiron il est exposé à Granville la première place du concours elle a été remportée par un habitant de la Sarthe 774 kilos de potiron et on est encore loin du record de France il est détenu par Mehdi Dao c'était en 2021 devinez combien de potiron ?

presque 984 kilos de potiron ça ça fait un Halloween XXL dans quelques jours ça c'est vrai on est la transition il peut conduire là vous avez les soupes pour vous la transition est trouvée entre les grosses légumes et ceux qui nous intéressent merci Michael merci beaucoup merci Zilly d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat

L'intégrale du jeudi 9 octobre — Xavier Iacovelli · Pourquijevote