"Aujourd'hui j'envisage un avenir autrement", Christian Estrosi s'exprime sur son avenir politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:42OuverteRéponse directe
Est-ce que sept mois après vous avez digéré cette défaite ?
- 1:43OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous comprenez aujourd'hui avec un peu de recul pourquoi les Niçois n'ont pas souhaité vous réélire ?
- 3:30RelanceÉludée
Qu'est-ce que vous feriez différemment aujourd'hui avec le recul ?
- 4:32OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez de cet audit sur les finances de la ville ?
- 6:26OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a rendu le plus fier pendant ces 18 ans de mandat ?
- 7:31ComplaisanteRéponse directe
On va parler de l'hôpital Saint-Roch.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05Invité politiqueFait
« Nous étions la cinquième ville de France mais regardez comme une petite ville de province là où nous sommes aujourd'hui regardés comme une grande capitale internationale. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Il fallait faire de fausses promesses. Et je n'ai jamais été capable de ça, parce que je suis un homme de vérité, pas de mensonge. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Tout ce qui a été dit, on fait une zone franche monégasque dans la plaide du Var, on va raser gratis ici, on va remettre en cause les grands projets d'Estrosi, pour au fond les reprendre après à son propre compte. »
- 6:46Invité politiqueChiffre
« Je la laisse avec 53 000 étudiants, une trentaine de grandes écoles qui sont là. »
- 8:14Invité politiqueFait
« Vous vous rendez compte que les dernières unités de Pasteur, je les aurais livrées il y a maintenant 10 mois de cela. »
- 8:20Invité politiqueFait
« La cardiologie, la pneumologie, le plus grand caisson hyperbar d'Europe. »
- 10:33Invité politiqueFait
« J'ai amené Nice à être classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en investissant sur notre patrimoine que ce soit nos églises, nos immeubles, nos places comme Garibaldi, le quartier Bonaparte, le Bas de Gambetta, leur requalification de tant d'espaces historiques sur 550 hectares de la ville à l'UNESCO. »
- 11:50Invité politiqueFait
« Ce qui est mon cas, Picard, Ciotti, voilà. »
- 17:25Invité politiqueFait
« J'aurais sauvé des dizaines de milliers d'emplois dans notre pays et dans nos usines pour que nous retrouvions cette part de souveraineté parce que la puissance d'un pays, elle se fait d'abord par l'innovation, par la production. »
- 24:46Invité politiqueChiffre
« Nous avons 5800 chambres d'hôtels qui remplissent à 50%. »
Temps de parole
- Christian Estrosi75 %
- Présentateur17 %
- ?7 %
≈ 17,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Merci d'être là en ce mardi. Aujourd'hui, nous sommes le 13 octobre, sept mois après sa défaite aux élections municipales de mars 2026 face à Éric Ciotti. Christian Estrosi, l'ancien maire de Nice, vice-président de la région Sud, membre d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe, candidat à la présidentielle. Christian Estrosi est notre invité exceptionnel sur ICI Azure avec nous en studio jusqu'à 8h et répondons à vos questions, Mélodie Vialet. Bonjour Christian Estrosi et merci d'avoir accepté notre invitation. Alors vous êtes resté 18 ans à la tête de la mairie, c'est presque deux décennies, trois mandats.
Moi j'étais présente le soir de votre défaite et vous étiez extrêmement émue, triste, en colère. Est-ce que sept mois après vous avez digéré cette défaite ?
Je ne
crois pas vous avoir montré de la colère.
En tout cas beaucoup d'émotion, moi j'ai vu
même
des larmes.
Oui, de l'émotion parce que lorsque pendant 18 ans
vous
avez eu l'honneur que les Niçois vous accordent leur confiance pour transformer notre ville.
Et
il faut voir d'où nous venons. Nous étions la cinquième ville de France mais regardez comme une petite ville de province là où nous sommes aujourd'hui regardés comme une grande capitale internationale.
Mais c'était une surprise cette défaite. Et
donc, voilà, j'ai su ce soir-là
dire
très bien, c'est un choix. J'étais triste surtout de voir l'extrême droite, l'URN et ses alliés s'emparer de la ville. Nous sommes la seule grande ville de France qui est dirigée aujourd'hui par l'extrême droite. Mais j'ai dit que je ne me mêlerai plus
de
la vie politique municipale.
On
en parlera après, justement, de la politique locale.
Mais est-ce
que vous comprenez aujourd'hui avec un peu de recul pourquoi les Niçois n'ont pas souhaité vous réélire
?
Non, et oui à la fois. Tout simplement parce que nous nous sommes retrouvés, je vais vous dire, dans une campagne électorale
où
il n'y a pas eu d'arbitrage.
Une
campagne électorale qui n'a pas eu lieu. Où il n'y a pas eu de débat. Contrairement à des débats très artificiels, sur des soi-disant affaires, sur des soi-disant... Mais où la place...
Il y en
a eu quand même
des débats. Non,
non, il
n'y a pas eu de débat sur l'avenir de la santé, sur l'avenir de l'éducation, sur l'avenir de la transition écologique pour notre ville, sur l'organisation de la sécurité et la place que l'intelligence artificielle pour garantir à chaque
histoire. C'était une campagne délétère
alors pour
vous ? Donc,
simplement, vous savez, c'est un grand patron de club de foot international dont je ne citerai pas le nom et qui est proche de moi et qui habite à Nice. Il m'a dit que
je
ne pouvais pas croire le 23 mars au matin après tout ce qui s'est passé pendant 18 ans de transformation de la ville que ce soit le résultat. Puis après, j'ai
réfléchi.
Donc, si je comprends
bien... Je voudrais terminer là
-dessus parce que, vous savez, regardez France-Paraguay lors de la Coupe du Monde. on a failli perdre face au Paraguay. Il y avait de
l
'anti-jeu en face. Donc, j'en reste là. J'ai dit que je ne commenterais plus tout cela.
Donc,
finalement, c'est de la faute
d'Éric Lucie. Je
suis venu ce matin. Mais
quand ton père, M. Estrosi,
on
fait son bien à coups. La dernière
fois, vous m'avez invité, et c'était la règle du jeu, pour parler des 18 ans. Regardez, on a déjà passé peut-être 10% du temps à passer juste d'un instant, c'est-à-dire le
sort du 22 mars. Mais est-ce qu'avec le
recul, vous feriez les choses différemment aujourd'hui,
M.
Estrosi ? Si je voulais absolument, avec des règles du jeu différentes, gagner la ville, ce n'était pas compliqué. Il fallait faire de fausses promesses. Et je n'ai jamais été capable de ça, parce que je suis un homme de vérité, pas de mensonge. Nous voyons bien, aujourd'hui, et c'est le seul commentaire que je ferai, que tout ce qui a été dit, on fait une zone franche, monégasque dans la plaide du Var, on va raser gratis ici, on va remettre en cause les grands projets d'Estrosi, pour au fond les reprendre après à son propre compte. On voyait bien que tout ça a été une
série... Il y a quand
même des choses qui ont changé, par exemple la taxe foncière qui a baissé, et puis on parle aussi beaucoup du niveau de la dette de la ville. D'ailleurs, la nouvelle municipalité a commandé un audit sur les finances de la ville et de la Mépropole. Il sera bientôt rendu public, ça sera le 9 novembre, c'est ce qu
'on
nous a dit hier en conseil municipal. Qu'est-ce que vous, vous attendez de cet audit ? Est-ce que vous êtes sûr que tout sera OK de votre côté
? Ce qui est sûr, c'est
qu'il
y
a beaucoup plus de dettes à Nice aujourd'hui que
lorsque je l'ai laissé. Alors, ce
n
'est
pas ce que dit
la
nouvelle municipalité.
Ça,
on
verra ce que
confirme l'audit ou
pas.
Madame, la nouvelle municipalité, c'est la seule chose que je dirais, s'il vous plaît, passons à autre chose, parce que je ne suis pas là, puisque je ne suis plus en campagne, et je ne suis pas candidat à un futur mandat municipal. Je suis venu simplement parce que depuis six mois,
vous me
demandez de venir pour parler de mes 18 ans, et vous voulez me parler de l'actualité d'aujourd'hui. On jugera au mois de juin dernier à la municipalité.
Mais ça fait
partie de votre bilan aussi, M. Estrosi.
La
municipalité, mais justement, ça m'intéresse, a dit, nous faisons faire un audit par un grand institut d'audit international, que nous rendrons public le mois de juillet. On est bientôt au mois de novembre. Cet audit n'a toujours pas été rendu public. Ça
m'intéresserait beaucoup. Est-ce qu'il a été
étendu à l'état du patrimoine, des bâtiments, des infrastructures et de la voie et aussi de la métropole ?
Ça m'intéresse. Non mais, pourquoi il n
'a
pas été rendu public ? Moi, je veux le document sur l'audit des finances, puisque c'est bien de cela dont il s'agit, qui devait être rendu au mois de juillet. Pourquoi il n'a pas été rendu public ?
Visiblement, on nous dit que
c
'est parce qu'il a été étendu à plus de
jours.
Non, mais ça, c'est un prétexte. Il y a un document qui parle de l'audit des finances qui doit être enfermé à double tour quelque part et qu'on n
'a
pas sorti au mois de juillet. Et c'est cet audit-là qui m'intéresse pour qu'on arrête de dire n'importe quoi. On a fini avec 27 millions d'euros d'excédent au 31 décembre dernier et avec cette année de capacité de remboursement de la dette de la ville de Nice,
c
'est-à-dire la mieux
classée des grandes villes de France.
Vous l'attendez plutôt avec impatience, cette audit.
Je l'attends avec impatience et avec confiance.
Pour
parler des choses positives, qu'est-ce qui vous a rendu le plus fier pendant ces 18 ans de mandat ?
D'abord, c'est d'avoir partagé avec mes concitoyens dans cette ville qui m'a vu naître la transformation de ma ville. Encore une fois, celle-ci était une petite ville de province. Il y avait 21 000 étudiants. Je la laisse avec 53 000 étudiants, une trentaine de grandes écoles qui sont là. Nous avons apporté du pouvoir d'achat dans tous les domaines. Repris en régie, les cantines scolaires, les transports, l'eau, l'assainissement pour pouvoir offrir des services publics de meilleure qualité, le Seigneur Plus, les mutuelles pour permettre aux gens les plus modestes d'être les mieux remboursés et livrés surtout.
Un grand stade qui aujourd'hui nous permet d'organiser de grands événements, une ligne 2 du tramway qui va du port à l'aéroport et
de grandes infrastructures. de ce
bilan.
Oui, mais
c'est quand même important de rappeler que l'hôpital, par exemple, la santé publique est quelque chose.
Vous savez ce que c'était 2008
?
C
'était Saint-Roch. C'était Saint-Roch.
On va en parler dans
un instant, monsieur le maire. On doit
absolument passer au flash national.
Alors sinon, on en
parle dans un instant,
passons au flash. Je
vous le promets. Et sur ICI Azur, ce matin, notre invité exceptionnel, Christian Estrosi. Vous êtes avec nous depuis 7h20. On continue donc. On était en train de parler de votre bilan et les choses qui vous ont rendu fiers. Vous parliez notamment de l'hôpital Saint-Roch qui va devenir le plus grand commissariat d'Europe, qui va réunir police municipale, police nationale et plein d'autres services. Ça, c'est quelque chose qui vous a rendu extrêmement fier.
Ce qui m'a rendu fier d'abord, c'est que l'hôpital Saint-Roch me permette dans son transfert à Pasteur 18 ans pour construire Pasteur. Vous vous rendez compte que les dernières unités de Pasteur, je les aurais livrées il y a maintenant 10 mois de cela. La cardiologie, la pneumologie, le plus grand caisson hyperbar d'Europe. Nous avons aujourd'hui un hôpital du 21e siècle et j'avais un projet pour un deuxième grand hôpital pour pouvoir remplacer l'archer,
le centre de
gériatrie de Simier. Parce que quand on sait qu'il faut 20 ans pour faire un hôpital, la situation sanitaire de la ville dans 20 ans avec l'évolution climatique, c'est aujourd'hui qu'il faut le faire. Malheureusement, mon successeur a décidé d'y faire une prison. C'est son choix, c'est son choix. Mais dans 20 ans, il y aura des enjeux sanitaires qui, si les décisions que j'avais prises sont interrompues et ne sont pas reprises, ce sera un drame pour la santé des Niçois. Puis derrière, il y a cette articulation que j'ai voulu entre l'Est et l'Ouest pour unifier la ville par cette ligne de tramway qui part de l'aéroport et qui va jusqu'au port.
Je pourrais parler de la coulée verte et de son prolongement au moment où j'ai voulu, avec la végétalisation des cours d'école, avec les corridors verts dans les artères de la ville, faire en sorte que la transition face à 70 jours de canicule d'affilée cet été, après 4 années successives où on a eu à peu près le même niveau, des intempéries ravageurs qui nous menacent pendant l'automne. Aujourd'hui, la transition, c'est aussi ce qui doit protéger les
Niçois. Mais cette coulée verte, on
comprend votre fierté de cette coulée verte, mais elle ne vous a pas fait que du bien, notamment la destruction du théâtre. Ça a été un vrai sujet pour de nombreux Niçois.
Ce que
je peux vous dire, c'est qu'elle a fait du bien la santé des Niçois. Et quand j'y vois les milliers de Niçois, c'est aussi un outil social qui n'ont même pas une terrasse de 20 mètres carrés. C'est près de 80% de la
population. On n'a plus un
vrai théâtre
national à
Nice.
Madame, il y a un vrai théâtre national à Nice. Il n
'y a
jamais eu autant d'adhérents au théâtre national. La
visitation... C'est dans
différents lieux.
Il y a plein de Niçois qui s'en plaignent aujourd'hui. Les
Franciscains, il y a un théâtre national qui est qualifié par le ministère de la Culture. Et il y a un grand théâtre avec une salle de 9000 places avec le théâtre d'Antibes dont toutes les procédures avaient été lancées sous la voûte du Palais des Expositions dont le projet a été interrompu. Donc de ce côté-là, on a été bordé. Mais en matière de culture, j'ai amené Nice à être classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en investissant sur notre patrimoine que ce soit nos églises, nos immeubles, nos places comme Garibaldi, le quartier Bonaparte, le Bas de Gambetta, leur requalification de tant d'espaces historiques sur 550 hectares de la ville à l'UNESCO. On est classé à l'UNESCO
aujourd
'hui. En tout cas, on comprend votre biche
et toutes
vos fiertés.
Il y aurait tant d'autres
choses à dire.
Bien sûr,
on ne
va
pas pouvoir résumer 18
ans en quelques minutes. Et
que chacun sache que je n'ai pas d'aigreur, je n'ai pas d'amertume et qu'aujourd'hui, d'avoir fait cela avec la confiance des Niçois pendant trois mandats. Merci à eux de m'avoir accordé cette confiance et je suis fier de leur laisser cette ville.
Et Christian Estrosi, vous restez avec nous.
On
va parler désormais de votre avenir dans quelques minutes. Oui, les affaires, 13 procédures, vous visent de près ou de loin. Vous êtes visé personnellement dans cette affaire. Alors, il n
'y a
pas de mise en examen. Est-ce que c'est à cause de ces affaires que vous avez perdu la mairie de Nice ?
Vous savez, nous sommes rentrés dans un sport national qui est ce qui s'appelle le signalement article 40 et souvent lancé par des lanceurs d'alerte anonyme, quelquefois par vos opposants politiques.
Oui, Jean-Christophe Picard, par exemple.
Ce qui est mon cas, Picard, Ciotti, voilà. Quand même, je me pose une question. Pendant 30 ans de vie politique, de vie publique, trois ministères, 20 ans de parlement, 18 ans à la tête de notre ville, la création de notre métropole, c'est d'un coup,
dans
les mois qui précèdent la dernière élection municipale qu'on fait des signalements qui donnent lieu à des ouvertures d
'enquêtes préliminaires. C'est
un complot lancé par Eric Ciotti
? Moi, je ne sais pas. Je sais qu'il
y a
une énorme machine qui génère pour lui des articles à répétition depuis plus longtemps que moi sur un certain nombre d'affaires entre guillemets qui
le concerneraient. Après, cette
affaire, c'est
quand même pas les
maires qui sont visés
par
autant d'affaires.
Vous remarquerez que
c'est par un homme d'extrême droite. Voilà. Pourquoi, au bout de 18 ans,
d
'un coup, j'aurais été honnête pendant 30 ans de vie publique ? Et je le dis à ce micro,
je n'ai
jamais de tous mes mandats, de toutes mes responsabilités publiques, mis à profit ma situation pour pouvoir me servir de l'argent public des Niçois. J'ai tout sacrifié, ma famille, ma vie, pour ma ville, pour la vie publique de ce pays. C'est bien pour ça qu'aujourd'hui, j'envisage un avenir autrement, parce que je vois à quel point il est plus facile de salir pour essayer de s'emparer d'un mandat et de détruire l'image et de faire du mal à son environnement et à son entourage.
La justice me donnera raison, je suis innocent sur tout, mais en même temps, il y a des affaires instruites sur les affaires de ceux qui ont généré l'ouverture d'enquêtes préliminaires qui ne sont que des enquêtes préliminaires comme le procureur le répète sans seules.
Vous
savez, ouvrir une enquête préliminaire, c'est juste regarder si c'est justifié de faire un signalement ou pas. Et jusqu'à présent, vous pourrez en attester, ces enquêtes préliminaires n'ont donné suite à rien.
C'est la justice de toute manière qui dira si vous êtes...
Ah,
rien
! C'est-à-dire que je suis devant vous quelqu
'un... Mais il y a des
procédures encore en cours.
Des instructions en cours. Des instructions.
Et donc, c'est la justice qui tranchera. On va donc maintenant...
Pour
moi et pour les autres, elle tranchera. Pour vous et pour les autres. Elle tranchera pour les autres aussi.
Christian Estrosion a parlé de votre avenir désormais. Et
je ne sais pas si elle ne sera pas plus féroce pour les autres que pour moi.
Vous voulez dire ? Vous parlez d'Éric Ciotti ?
Quand j'ai dit ça, j
'ai tout dit et je n'ai rien dit.
Voilà.
Vous commencez à en parler, à aller
au
bout de ce
que vous
pensez.
Madame, c'est vous qui régulièrement énoncez tout ce qui peut toucher tout le monde. Donc, vous savez parfaitement de quoi je parle.
Christian Estrosi, vous n'êtes plus vice-président d'Horizon, le parti d'Édouard Philippe.
Je suis président du Conseil national.
Voilà.
C'est un titre consultatif, me dit-on. J'ai appelé le parti hier. Ça veut dire que... C'est quoi votre rôle aujourd'hui au sein du parti ? Vous allez vous investir dans la campagne présidentielle d'Édouard Philippe ?
Naturellement, je vais m'investir de toutes mes forces aux côtés d'Édouard Philippe. Pour moi, le pire pour mon pays serait de voir l'extrême droite ou l'extrême gauche qui puissent s'en emparer.
Je
suis comme Édouard Philippe, un gaulliste social, libéral, un homme de droite
qui
sait rassembler aussi les forces du centre et dans ma
ville... Si Édouard
Philippe est élu, vous aurez une place nationale. Est-ce que des choses ont été
promis aujourd'hui ? Non, je ne le
revendique pas. Je vais vous dire pourquoi. Parce que, comme je vous l'ai dit, je trouve qu'aujourd'hui, judiciarisation de la vie politique, c'est trop cher à payer. Pas tellement pour soi.
Vous ne voulez plus être homme politique
? Mais pour ses proches. Aujourd'hui, c'est bien de changer de vie aussi. D'abord, je veux rester un niçois parmi les niçois. Je vis dans ma ville. Et
deuxièmement... On
a quand même le sentiment, Christian Estrosi, qu'on vous voit de plus en plus à Paris et que vous êtes moins à Nice.
Est-ce que c'est difficile pour vous ? Dites-moi
où vous m'avez croisé dans les rues de Paris.
On vous voit beaucoup sur les réseaux sociaux. Vous êtes à Paris assez régulièrement. Est-ce qu'aujourd'hui,
c
'est difficile pour vous d'être à Nice ?
Non, ce n
'est
pas difficile du tout parce que tout le monde m'embrasse dans la rue, m'ouvre ses bras et...
Alors,
quand on aime autant sa ville,
pourquoi on n'est plus conseiller municipal d'opposition ? Lorsque je vais chercher
et faire mes démarches postales place du commandant Jérôme et que je rentre dans mon petit bureau de poste régulièrement, je vois les gens qui se tournent vers moi, qui sont extrêmement chaleureux et cordiaux.
Donc, vous êtes toujours
un niçois ?
Je suis un niçois parmi les niçois avec ma famille, avec mes enfants, avec mes petits-enfants et j'ai bien l'intention, je suis né à Nice et j'ai bien l'intention jusqu'au bout du bout d
'être un niçois parce que je
suis passionné
par ma vie. On peut
rester par exemple conseiller municipal d'opposition quand on
aime sa ville plus que tout.
Pourquoi on perd du temps alors que je vous ai dit dès l'ouverture de votre interview ce matin que je ne voulais plus me mêler de la petite vie politique niçoise ? Aujourd'hui, j'ai une expérience à mettre au service de l'industrie, à mettre au service de l'économie.
Je suis un libéral, je suis pour une souveraineté nationale que j'ai défendue lorsque j'étais ministre de l'industrie au moment de la crise des subprimes où j'aurais sauvé des dizaines de milliers d'emplois dans notre pays et dans nos usines pour que nous retrouvions cette part de souveraineté parce que la puissance d'un pays, elle se fait d'abord par l'innovation, par la production, par la capacité à créer des emplois extrêmement qualifiés dans ce qui vous permet d'apporter du produit intérieur brut. Donc votre
avenir, c'est peut-être donner des conférences, donner des conseils, les déficits
de votre pays et de redonner du pouvoir d'achat, des emplois qualifiés à la jeunesse de notre pays qui en a besoin. Je ne me suis pas battu pour passer d'une université et de grandes écoles à Nice qui avaient 23 000 étudiants en 2008 et qui en ont 55 000 aujourd'hui pour
leur donner une place et un restaurant à
chacun pour ne pas me battre sous une autre forme. D'abord accompagner, guider un homme politique que j'espère voir demain présider notre nation. Donc
là, vous allez vous
investir activement
dans sa
campagne, la campagne
d'Edouard Philippe. Je m
'investirai et en même temps, je suis en train de me tourner et j'aurai l'occasion de vous en parler peut-être dans quelques mois de cela, de bâtir, de
créer vos
projets dans le domaine économique,
dans le domaine
industriel, dans le domaine de la tech, dans le domaine de l'intelligence artificielle,
dans le domaine de la
robotique, non, sur la scène internationale où je pense que l'expérience de tout ce que j'ai acquis dans ma vie publique pourrait être aussi utile à montrer que après avoir eu une carrière sportive, après avoir eu un parcours politique qui m'a beaucoup apporté.
Vous tirez un prêt sur la politique. Je me suis beaucoup
appris aussi de mes concitoyens qui m'ont beaucoup enseigné de choses.
Christian Estrosi, vous tirez un prêt sur
la politique aujourd'hui ?
Aujourd'hui, je suis dans une phase où j'ai fait mon vide grenier en montant au sommet du Kilimanjaro cet été. On
a suivi vos aventures.
En relevant quelques défis, en allant observer ce qui se passe avec le réchauffement climatique aux quatre coins de la Terre et qui me préoccupe énormément après avoir organisé le sommet des Nations Unies l'année dernière à Nice, du monde entier, sur les conséquences du relèvement et du réchauffement de la mer, des océans, de la fonte des glaciers. Ce sont autant de sujets où je suis en train de regarder comment apporter mon expérience dans ces domaines que ce soit par le plan scientifique, par le plan industriel, avec des gens qui m'entourent et qui m'ont souvent entouré dans leurs conseils, géographe, météorologue, spécialiste en
astrophysique.
On a bien compris que vous voulez mettre à profit votre expérience et vos connaissances dans de nombreux sujets. La politique à Nice, c'est fini ? Est-ce que la politique régionale,
c
'est fini ? Vous êtes
vice ? Elle n
'est
pas finie, j'ai été réélu hier président délégué de notre région et je salue l'élection de François de Canson que j'ai soutenue.
J
'étais là surtout pour préserver, après Renaud Muselier, l'unité de ce groupe que j'ai formé lorsque j'ai conquis la région
en 2015. vous avez fait
un peu plus de deux semaines d'intérim.
Et j'ai présidé par intérim la région. Et ce que je vais essayer d'apporter, surtout puisque je serai président délégué d'une part aux affaires internationales, mais aussi suivre de près les affaires des Alpes-Maritimes, c'est plus particulièrement l'avenir de nos lycées où nous avons investi pour près de 2 milliards et demi d'euros pour ceci. Je vois l'inquiétude des lycéens, je vois l'inquiétude de leurs parents, je suis moi-même parent et je suis inquiet. Vous savez, lorsque je vois l'articulation de Parcoursup aujourd'hui, je comprends d'un côté qu'il y ait et des parents et des lycéens et des étudiants qui
soient donc il faut les écouter ces lycéens. Leur destin est
décidé par un algorithme, là où vous avez des familles qui n'ont, parce qu'elles sont modestes, même pas les moyens d'avoir un ordinateur à la maison pour accompagner leurs enfants à préparer leur avenir
dans leurs études. Elle
légitime leur colère
selon vous ? Je légitime la colère de ceux qui le font correctement et qui font valoir leurs revendications correctement et je dédonce par contre ceux qui instrumentalisent politiquement sont des casseurs et pour lesquels il faut qu'il y ait des réponses appropriées de la part de la justice avec la plus grande fermeté.
Christian Estrosi, avant la fin de cette interview, on a un autre sujet d'actu, vous venez de nous parler des lycéens, on a un autre sujet d'actu ce matin dans la matinale d'ici Azur. On a entendu Éric Ciotti, le maire de Nice, annoncer que le Mamac allait rouvrir d'ici la fin de l'année. Ce musée, il a été fermé depuis trois ans pour des travaux extrêmement importants. Il dit que rien n'a été fait pour l'instant et qu'il faut rouvrir le musée. Vous, vous en pensez quoi
?
D'abord, j'ai lu quelque part qu'il avait inventé l'idée que je voulais démolir le Mamac. Il faut m'expliquer comment on peut démolir le Mamac après avoir fait sous ses fondations, dans ses fondations, un parking tout neuf qui est le premier pilier de ses fondations et le deuxième, la grande bibliothèque Louis-Nusserat qui est sans doute la plus grande réalisation culturelle de mon dernier mandat. Faire tomber le Mamac là-dessus...
Donc ce n
'était pas votre
projet
?
C
'est
un mensonge
?
Mais c'était une grande ambition que nous avions. Les marchés publics étaient lancés pour pouvoir réaliser, vous savez, le centre Pompidou à Paris, ça aura pris huit ans pour pouvoir le refaire.
Le
maire actuel dit que rien n
'a été fait.
Il y a des tonnes d'amiantes. C'est Hélène Guénin, grande conservatrice, qui a justement été appelée au centre Pompidou à Marseille qui m'a alerté, qui m
'a
dit M. le maire, nous avons des Niki de Saint
-François, des Armand, des César qui sont en train de se
dégrader et de se détériorer. Il faut vite les mettre à l'abri quelque part et avoir un grand projet ambitieux. Je voulais faire du Mamac, le Mucem de Nice. Et nous avions un projet avec une extension de 600 mètres carrés que nous avions regagné un peu sur le parking, un peu sur la grande bibliothèque, justement pour nourrir cette ambition. On me dit que dans quelques mois, dans un musée amianté, dans un musée qui prend l'humilité, dans un musée où on ne sera pas capable d
'après ce que j'ai vu, Donc on met en danger les niçois si on ouvre le Mamac, selon vous, Christian Estrosi. Mais je
crois que les conservateurs du ministère de la Culture n'accepteront jamais que dans quelques mois, on mette dans ce musée de tous les dangers pour des œuvres qui ont des valeurs inestimables de l'école de Nice, qu'on puisse les remettre
à l'intérieur. vous
alertez ce matin sur ICI Azur. Voilà, on arrive à la fin de cette interview, M. Estrosi. Est-ce que je vous dis au revoir ou est-ce que je vous dis adieu
? Vous
ne me dites pas au revoir en tant que niçois, je serai parmi eux, je les croise, je prends mon café aux courses à Lilial, à Libé, avec ma famille, avec mes amis, avec mes proches, et je suis heureux de pouvoir vivre ma ville et au fond, de savourer cette ville qui a été transformée, requalifiée, en espérant, vous savez, je souhaite le meilleur pour son avenir, je ne souhaite surtout pas son échec. Donc, si mon successeur poursuit sur une trajectoire, mais lorsque je vois qu'on supprime tous les grands événements qui nourrissaient notre économie, vous savez, 2008, je vous donne juste un chiffre, nous avons 5800 chambres d'hôtels qui remplissent à 50%.
En
tout
cas, on sent que vous avez
du mal à nous dire au revoir aussi ce matin.
2000, 2000, 2026,
vous avez beaucoup de choses encore...
13500 chambres qui remplissent toute l'année à 75%. Et tout ça, c'est une grande politique événementielle dans le domaine sportif, dans le domaine culturel, dans le domaine économique, de grands sommets internationaux comme l'UNOC l'année dernière, que nous avons fait venir. J'espère simplement que quelque part, il y aura une prise de conscience. S'il
y
a un sujet sur lequel j'en veux vraiment, mais vraiment, vraiment, à mon successeur, c'est d'avoir, alors que j'avais gagné le pôle glace des Jeux Olympiques de 2030, que Nice allait avoir les anneaux olympiques pour toute l'histoire de son avenir, pour tout jamais, avec 1,5 milliard, millions d'euros de retombées économiques pour nos entreprises comme pour la fréquentation de la ville et qu'il est décidé d'en faire cadeau aux Lyonnais. Et
ça, vous l'avez en travers de la gorge encore ce matin.
a ouvert grand les bras à ce que nous avons refusé à Nice.
Et ça, vous l'avez en travers de la gorge, on l'entend encore
ce
matin. J'en suis triste,
tout simplement.
Je vous dis au revoir alors ? Je ne
vous
dis pas adieu ?
On sent que vous avez encore beaucoup de choses à
dire
?
Et puis, on aura peut-être l'occasion de parler ici de l'avenir de la planète. J'ai écouté Richard Schemla chez vous ce matin avec lequel nous avons fait ces terres marines protégées en face de Nice. Et tout ça, ce sont des sujets peut-être sur lesquels vous aurez à m'interroger au plan social,
au
plan économique, au plan scientifique, mais pas sur la politique municipale niçoise. Je dis à mon successeur, ne perds pas trop de temps à toujours ressasser ce qui te contrarie en ce qui me concerne sur le passé, mais apporte-nous enfin une vision d'avenir dont j'ai pas encore entendu parler depuis
le mois de mars dernier.
Et ce
sera le mot de la fin, Christian Estrosi. Je
vous remercie. Au revoir.
Christian Estrosi