RN: "Je ne crois pas à la dédiabolisation, je crois à la dissimulation", estime Éric Dupond-Moretti
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:22OuverteRéponse directe
Le terroriste de Trappes avait-il un lien avec le RN ?
- 2:42OuverteRéponse partielle
Faites-vous un lien entre ces actes et le RN ou ses idées ?
- 6:50OuverteRéponse directe
Que vous inspire l'affiche de Marine Le Pen ?
- 8:39OuverteRéponse directe
Le RN est-il en train de gagner cette séquence politique ?
- 11:24OuverteRéponse directe
Votre livre est un réquisitoire contre le RN : la dédiabolisation existe-t-elle ?
- 14:36OuverteRéponse directe
Les 115 candidats RN condamnés pour propos haineux ont-ils été maintenus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:10Invité politiqueFait
« Qui sème les mots de la haine, récolte la haine. »
- 5:15Invité politiqueFait
« Parle des racailles qui ne sont pas de Bretagne ou de la Creuse. »
- 5:22Invité politiqueFait
« La théorie du grand remplacement, c'est qu'il faut que nous ayons peur pour nos carcasses parce que les Arabes, les musulmans, les Noirs, ceux qui viennent d'Afrique, vont nous remplacer. »
- 5:51Invité politiqueFait
« Un dénommé Mathias Renaud, commission des lois, il dit : il faut recycler les paquebots en fin de vie pour y mettre les étrangers. »
- 10:01Invité politiqueFait
« L'État de droit, Mme Le Pen ne l'a jamais respecté. Parce que pour Mme Le Pen, l'État de droit, c'est l'État de son bon droit. »
- 13:33Invité politiqueFait
« Je ne crois pas à la dédiabolisation, mais je crois à la dissimulation. »
- 15:25Invité politiqueFait
« Je pense en particulier à celle qui a une casquette de la Waffen-SS. »
- 18:46Invité politiqueFait
« C'est Châtillon, néo-nazi avéré qui célèbre l'anniversaire d'Adolf Hitler. »
- 18:51Invité politiqueFait
« C'est Jalc, surnommé Zick Lombé. »
- 18:54Invité politiqueFait
« C'est Paradol, l'actuel directeur de cabinet de M. Bardella, surnommé Paradolphe, qui appartenait à l'association Égalité, Réconciliation. »
- 20:13Invité politiqueFait
« Marine Le Pen n'a jamais été amie de Châtillon. »
- 34:28Invité politiqueFait
« là on a un ministre qui a été traité d'assassin »
- 35:55Invité politiqueFait
« Laurent Nunez a assumé un certain nombre de failles qui a présenté sa démission refusée par Emmanuel Macron »
- 38:37Invité politiqueFait
« le 17 octobre c'est une folie telle que nous n'en avons jamais connue »
Temps de parole
- Invité politique46 %
- Invité23 %
- Présentateur20 %
- ?8 %
- Invité 23 %
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Ensuite, face à Duhamel, deuxième partie, Alain Duhamel qui va débattre ce soir avec Eric Dupond-Moretti. Bonsoir. Bonsoir à
vous.
Soyez bienvenu. Ancien garde des Sceaux, vous publiez décidément « Non, l'ERN, ce que nous ne pouvons pas taire », livre écrit avec Rosine Bassulot, ancienne ministre comme vous, qui est un réquisitoire contre le Rassemblement National. On va en parler avec vous dans quelques instants. On parlera aussi, bien sûr, du climat social, des nouveaux appels à manifester demain contre la vie chère, des craintes du gouvernement de nouveaux débordements. Mais d'abord, avec vous, Hugo Capelli, ce qui s'est passé ce soir à Trappes, une semaine après l'attente à racisme qui a coûté la vie à un homme et qui a fait sept blessés également, un rassemblement contre le racisme, était programmé.
Il a eu lieu tout à l'heure. On l'a suivi, évidemment, en direct sur BFM. Racontez-nous cette cérémonie.
Oui, c'est un rassemblement populaire avec une prise de parole, celle du maire Ali Rabé, qui a d'abord eu un message pour les victimes. Et ensuite, ça a été un discours très, très politique, où il a voulu faire passer un certain nombre de messages à Ali Rabé. D'abord, en parlant de l'assassin, qui, je le cite, n'a pas ciblé ses victimes au hasard. Et quand il dit cela, il s'en prend au Rassemblement National, qui, selon lui, a infusé dans les esprits, et notamment de cette personne qui, donc, est passée à l'acte. Il s'en est pris au mot de Jordan Bardella, de Marine Le Pen, le Rassemblement National, qui a été hué à l'occasion de ce rassemblement.
Et il a fait aussi passer un message aux Français en leur disant de ne pas voter RN à l'occasion de la prochaine présidentielle. Je
précise que lors de ce rassemblement étaient présents plusieurs candidats de gauche à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, pour ne citer qu'eux, et qu'au même moment ou presque avait lieu un autre rassemblement dans la commune voisine de La Verrière, où étaient présents Édouard Philippe et Valérie Pécresse. Notamment, depuis une semaine, Hugo, cet attentat terrible de Trappes électrise la vie politique française.
Oui,
on peut parler d'une forme de désunion politique. C'est vrai qu'il y a une dizaine d'années, après les attentats, on avait plutôt vu une forme de concorde nationale, d'union entre les partis. Là, on est loin de tout ça. On est à six mois de la présidentielle.
Et
donc, chaque fait est commenté, repris. Et donc, forcément, ça a donné lieu à des débats chauds, parfois très chauds, comme à l'Assemblée nationale mardi. Et ça n'a pas plu à Sébastien Lecornu. On va l'écouter, justement. Le Rassemblement National
! Non, on
l'écoutera un peu plus tard. Merci beaucoup, Hugo Capelli. On n
'a
pas retrouvé le son. Ce
n
'est pas qu'on veuille censurer le Premier ministre. Je reviens à quelques faits, simplement, avant de parler de ce qui s'est passé à Trappes. Le terroriste Kevin Tessier a reconnu, finalement, le mobile raciste de son acte, ce qu
'il
n'avait pas fait dans un premier temps. Il n'était pas membre du Rassemblement National et il avait confectionné, on les a retrouvés chez lui, des autocollants. Vive la France ! RN, fier d'être français. C'est ce qu'il avait fait écrire sur ses autocollants. Alain Demel, est-ce que vous faites, vous, un lien entre ces actes abjects de la semaine dernière et le parti ou les idées de Marine Le Pen
?
En tout cas, je ne vais pas dire que les membres du Rassemblement National sont comptables de ce qui est un assassinat, en tout cas un crime. Maintenant que les idées infusent, que des prises de parole aient une efficacité souvent redoutable, que les polémiques qui ont été et qui restent et qui vont rester très nombreuses jouent énormément sur la psychologie de gens qui sont soit déséquilibrés, soit fragiles, malheureusement, c'est à peu près inévitable. Et il se trouve qu'on est dans une période où le sujet du racisme et de l'antisémitisme est particulièrement au centre de l'actualité où d'une certaine manière, d'ailleurs, presque chaque fait significatif est regardé
à
travers ce prisme-là. Évidemment, ça donne à ce qui s'est passé là, à Trappes, un retentissement qui est un retentissement qui va très au-delà d'un acte qui en lui-même méritait déjà beaucoup de réactions.
Éric
Dupond-Moretti.
Qui
sème les mots de la haine,
récolte
la haine.
Pas
plus compliqué que ça.
Donc,
on peut le dire par prétérition, c'est-à-dire le dire sans le dire tout en le disant,
mais
on peut également être plus clair.
Et
moi, je veux être plus clair.
Parce
que vous parliez tout à l'heure d'un attentat perpétré il y a huit ans, de concorde nationale, mais
depuis,
nous vivons dans une ambiance
de
racisme et d'expression du racisme totalement débridée.
Donc
ça, comme le dit Alain Duhamel, ça infuse
dans
beaucoup d'esprits et en particulier dans l'esprit des plus fragiles.
Oui,
bien sûr. Alors moi, je ne vais pas dire il y
a
une complicité, etc. Je ne
veux
pas jeter de
l
'huile sur le feu. L'anathème, ça n'est pas une belle façon de fonctionner en politique.
Mais
enfin, tout de même, mais enfin, tout de même, quand M. O'Doul, il y a quelques jours de cela, parle des
racailles... Député du
Rassemblement national, pardon.
Oui,
bien sûr, bien sûr. Parle des racailles qui ne sont pas de Bretagne ou de la Creuse. Qui vise-t-il
? La
théorie du grand remplacement, c'est qu'il faut que nous ayons peur pour nos carcasses parce que les Arabes, les musulmans, les Noirs, ceux qui viennent d'Afrique, vont nous remplacer. Qu'est-ce que ça fait germer dans l'esprit d'un type comme celui qui a perpétré ces odieux crimes il y a de cela quelques jours
?
Et ça n'arrête jamais. J'ai pardon et je termine. Un député que je ne connaissais pas, mais j'aurais mieux fait de ne pas le connaître parce qu'il ne m'a pas enchanté. Un dénommé Mathias Renaud. Commission des lois, il dit
il
faut recycler les paquebots en fin de vie pour y mettre les étrangers. En crâne, naturellement. Un centre de rétention administrative. Mais là, on est chez les dingos. Comment vous envisagez de jeter dans un paquebot en fin de vie des étrangers
?
Mais regardons vers le ciel quand même. Ça, c'est le discours du Rennes. C
'est
ce que faisaient les Anglais avec les soldats français sous Napoléon. Et c'était une fin abominable parce qu'ils crevaient
dans
le fin fond de navires immobilisés. C'est-à-dire que c'était totalement une déshumanisation.
Justement, le mot humanité, dans les temps qui courent et par les temps qui courent, c'est devenu une injure. C'est devenu un gros mot. On ose dire des choses pareilles. Enfin, tout de même.
Je
voudrais, Alain Dommel, Éric Dupond-Moretti, vous montrer une image. C'est la nouvelle affiche de la candidate Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Affiche de campagne dévoilée par l'ERN. Cette semaine, Marine Le Pen, regard levé, portrait de trois quarts, avec le slogan, vous le voyez, avec Marine, « Défendons la République ». Qu'est-ce que ça vous inspire, Alain Dommel ? Marine Le Pen qui dit « La défense de la République, c'est moi
». Oui.
D'abord, la République appartient à tous les Français par principe et n'appartient pas au Rassemblement National plus qu'aux autres. De ce point de vue, chacun a droit à revendiquer une part de l'identité et de la souveraineté française. C'est le principe de la démocratie, évidemment.
Je
trouve que Marine Le Pen fait à la fois de la récupération, mais ça, c'est sa méthode.
Elle
fait de la récupération permanente, et elle recycle toujours les mêmes idées. pour que ce soit à elle, que ce soit son influence, que ce soit son électorat.
–
Bon, et ensuite, c'est une machine à diviser une communauté nationale. –
Bien sûr.
–
Et ça, ce n'est pas un petit problème. On est dans une période fragile, on est dans une crise économique, il y a beaucoup de gens qui sont pour un tas de raisons déstabilisés ou malheureux, et on le voit très bien. Dès qu
'on
fait des études, on s'aperçoit qu'il y a 40% des gens qui ont un vrai gros problème. et sortir des choses comme ça
dans
ces circonstances-là,
je
veux dire, c'est d'abord une absence de sensibilité élémentaire,
et
ensuite,
une
voracité de récupération.
–
Au-delà de vos désaccords avec Dupond-Mauré, qui sont essentiels avec Marine Le Pen, est-ce que vous dites que c'est elle en ce moment la gagnante de cette séquence politique ? –
Des
manifestations qui dégénèrent, je reviens à l'actualité sociale et politique, mais qui nous occupent depuis plusieurs semaines maintenant,
et
on parlera de ses idées dans un instant et de ce que vous dénoncez dans ce livre écrit avec Roselyne Bachelot, mais est-ce qu'elle est en train de se frotter les mains de la situation ? Est-ce qu'elle peut encore ne pas gagner ?
– Mais
ça dépend des événements. Quand c
'est
le bordel dans la rue, évidemment, elle arrive, elle dit « nous sommes l'ordre
».
Je voudrais faire remarquer qu'elle jette toujours un regard concupiscent vers l'Italie et vers Mme Méloni, parce qu'il nous explique que s'ils étaient au pouvoir, les manifs, elles sont arrêtées tout de suite, il n
'y a
pas de débordement,
il
n
'y a
pas de pillage, on ne casse pas. Enfin, regardez ce qui se passe en Italie. – Giorgia Méloni a envoyé l'armée à Milan.
–
Oui, pas qu'à Milan, à Milan, à Brèche, à Bologne, à Rome aussi.
–
Et
fait intervenir l'armée, ce n
'est
pas banal.
– Regardez ce qui se passe en Italie, regardez ce que nous ferions si nous étions au pouvoir, pardon de m'exprimer ainsi familièrement devant M. Duhamel, c'est du pipeau.
Bon,
le slogan là,
«
Défendons la République », enfin, ils ne
se
sont quand même pas foulés, admettons, mais c'est un slogan. Mais pour défendre la République, d'abord, il faut défendre l'État de droit.
Et
l'État de droit, Mme Le Pen ne l'a jamais respecté. Parce que pour Mme Le Pen, l'État de droit, c'est l'État de son bon droit. Enfin, de ce qu'elle estime être son bon droit. Alors, quand elle est condamnée, elle vilipende les juges,
qui
sont bons à rien, qui commettent des dénis républicains, enfin, tout ce que l'on a entendu.
Elle
fait même, à l'origine, un rassemblement où elle réunit assez peu de monde. Et puis les Français, dans un sondage, disent, mais si elle a été condamnée, c'est qu
'elle
n
'a
pas bien fait les choses. En appel, elle est un peu apaisée.
Conseil
constitutionnel, article 89, article 11, nous en reparlerons si nous avons un peu de temps. C'est pour changer la Constitution. Ouais. Que dit-elle ? Elle dit, le général de Gaulle, lui, a utilisé l'article 11. Sauf qu'à l'époque, le principal opposant au général de Gaulle, sur cette question particulière, c'était papa, c'était Jean-Marie Le Pen. Bon. Et donc, elle dit, il faut que Ferrand démissionne. Il faut que tout le monde démissionne. Elle,
elle
est condamnée pour détournement de fonds publics.
Et
elle ne dit pas, mais je vais démissionner maintenant, alors que M. Bardella avait dit, si on a un casier judiciaire...
Il
l'avait dit sur
ce plateau.
Oui, exactement.
Sur
ce plateau avec
Macron. Exactement. Bon. Donc, tout ça, vous voyez, défendre la République. Moi aussi, je défends la République. Et moi aussi, vous voyez, et je ne vais pas dans les meetings du RN, mais en France, je suis chez moi. Les autres, ils gueulent tous, on est chez nous. Eh bien, on est tous
chez nous ici. Tous. Alors, ça nous emmène, Éric Dupond-Muritier, à ce livre. Je disais tout à l'heure, réquisitoire contre le Rassemblement national. La théorie,
le
fil rouge de ce livre, Alain Demel, c'est de dire finalement, d'après Éric Dupond-Moretti et Roselyne Bachot, le RN n'a pas changé. La dédiabolisation, ça n'existerait pas. Le Rassemblement national de Marine Le Pen serait le même que celui de son père. Est-ce que
vous
dites la même chose ou vous estimez que Marine Le Pen a fait une partie du travail
? Non.
J'ai lu le livre cet après-midi. Oui. Sur la thèse générale, je suis d'accord. Marine Le Pen, c'est la poursuite de Jean-Marie Le Pen
à
peine par d'autres moyens.
Bon. C
'est évident
qu
'au-delà des filiations naturelles et des filiations politiques,
que
ce que représente Marine Le Pen aujourd'hui, c'est une forme d'extrême droite organisée, alors
maquillée, parce
qu'elle recherche la respectabilité, d'ailleurs de son point de vue, elle avait raison d'essayer de la rechercher,
mais
sur des idées, sur des bases, avec des choix, avec des propositions, et ce qui, à mon avis, est beaucoup plus intéressant et plus significatif, avec des réactions quotidiennes à chaque acte politique
qui
ne mentent pas. Elle a sa cohérence,
elle
ne l'assume pas, mais elle l'incarne.
On
peut très bien incarner fortement en essayant
d
'assumer le moins possible, et c'est sa technique qui demande du talent, mais qui est fondée sur une
équivoque volontaire. Elle vous dirait, Éric Dupond-Moretti, qu'elle condamne l'antisémitisme, qu'elle a suspendu son père de son propre parti, du parti qu'elle a fondé, et que lui, c'est lui, et elle, c'est elle.
Oui,
et
ça suffit. Pour formuler autrement, peut-être, ce que vient d'exprimer très clairement M. Duhamel, je ne crois pas à la dédiabolisation, mais je crois à la dissimulation. Alors, deux petits mots,
parce
que le passé, c'est important et qu'on est tous le fruit, nous sommes tous le fruit de notre histoire. Lui, vous le savez, c'est tout ce qu'il a raconté sur les Juifs, ça lui vaut une vingtaine de condamnations, je les rappelle dans le livre. Je crois, dit-il, en l'inégalité des races. Très bien. Puis,
il
arrive en fin de parcours politique, Jean-Marie Le Pen. Et là, elle se rend compte qu'il faut offrir un autre visage.
Mais
quand elle fonde le Rassemblement National, elle évoque le passé glorieux du Front National. Glorieux comment ? Il a été fondé par des Waffen-SS. Elle a fait croire récemment sur un plateau de télévision que Georges Bidot était un des fondateurs du Front National, ce qui est un mensonge éhonté, éhonté. Bon. Et alors, maintenant, nous, nous nous projetons vers ce qui se fait aujourd'hui.
C
'est l'histoire des brebis galeuses.
Vous
reprenez la liste des 115,
115, 116 candidats
présentés par le RN aux dernières élections législatives et qui ont tenu des propos ou été condamnés pour cela et dont la plupart ont été maintenus.
C
'est-à-dire que
même après la révélation
par la presse, ils ont choisi de les maintenir. Ce à quoi le RN répond, il répond quoi ? Brebis galeuses. On ne peut pas. On
a dû grossir très vite. On
a dû grossir trop vite.
C'est ce que dit Jean-Ban
Bardella.
C
'est
ce
que dit Jean-Philippe Tanguy. Et il y a des brebis galeuses. parmi les centaines de candidats. Alors,
on va s'arrêter deux minutes là-dessus parce que ça mérite quelques précisions. Après la dissolution,
on
voit fleurir un certain nombre de candidats RN, je vais dire surréalistes, pardon, et les mots me manquent. Je pense en particulier à celle
qui
a une casquette de la Waffen-SS. Là, quand même, on est émus
et
on se fait à moins. Et ils disent, mais en réalité, tout ça, c'est la faute d'Emmanuel Macron parce qu
'on
est est allé trop vite dans la dissolution et nous n'avons pas eu le temps de faire le ménage. Très bien.
Mais
pour les municipales, M. Fauvel, ce n
'est
pas Emmanuel Macron qui a décidé de la date. C'est un mandat de six ans. Donc, on a six ans pour se préparer. Et nous avons retrouvé 120 personnages plus odieux les uns que les autres.
ils
sont anti-musulmans, antisémites, homophobes, racistes. Ils ont des propos. Alors, j'en cite quelques-uns. Je ne
vais
pas citer les 120 parce que sinon, à une heure du matin, on est encore ensemble. Mais il y a des choses absolument dingues et on constate quoi ? Que ces brebis galeuses ont été maintenues. Donc, non, ils n'ont jamais fait le ménage. Alain Demel.
Mais moi, ce qui me fascine, que je déplore, mais qui m'impressionne, c'est que, sachant tout ce qu'on sait, d'autant plus que c'est public, les exemples que vous donnez, on sait très bien qu'il
y a
une circonscription qui est le candidat du
Rassemblement national. Ah oui, on a donné les prénoms, les noms et
les
villes. Bon, donc, tout ça est connu. Ça s'est identifié, c'est mesuré, c'est quantifié et que néanmoins, le pourcentage de Français qui les suivent, ça croit. Comment vous expliquez ça
?
J'explique ça par le fait que,
si
je veux être rassurant, qu'il y a un très fort mécontentement dans des conditions économiques, sociales, politiques, etc., et que, donc, dans ces cas-là, il y a des comportements outranciers qu'on n'aurait pas normalement. Ça, c'est pour Sciences Po. Et pour la réalité des choses, c'est pas ça.
c
'est que ce que pense Marine Le Pen, c'est ce que pensent sincèrement un grand nombre de Français et que,
je
dirais,
elle
n'a même pas à les convertir. Elle a à les représenter.
Mais,
comme en plus, elle a du talent, ça c'est un des faits, comme son père en avait d'ailleurs. Comme elle a du talent, elle arrive à élargir les rangs et que plus on apprend de choses sur ce qu'elle pense et plus il y a de gens pour la suivre.
Moi,
je ne peux pas me résoudre
à
vous suivre. Je crains que vous ayez raison. Mais,
je
ne peux pas l'imaginer.
Je
ne
peux
pas croire que le fait d'être antisémite, raciste,
ce
soit un vecteur électoral aux yeux de nos compatriotes. Ce
n
'est pas l'idée, l'image. Vous
avez raison au premier degré. Vous
avez raison au premier degré.
Pardon, mais une fois qu'on a regardé les brebis galeuses,
on
est allé voir les bergers.
Et
là, nous nous sommes rendus compte, Roselyne Bachelot et moi-même, que nos compatriotes ne savaient pas. Pourquoi ? Parce qu'ils ont planqué derrière un rideau très épais
et
qui ne laissent pas passer la lumière
tous
leurs amis.
C
'est qui leurs amis ? C'est Châtillon, néo-nazi avéré qui célèbre l'anniversaire d'Adolf Hitler. C'est Jalc, surnommé Zick Lombé. C'est Paradol, l'actuel directeur de cabinet de M. Bardella, surnommé
Paradolphe,
qui appartenait à l'association Égalité, Réconciliation. J'espère que ça va être dissous bientôt. C'est l'association de M. Seurat. Ils les ont planqués. Attendez, je poursuis. Et ces gens-là sont au sein de différentes entreprises qui changent régulièrement de noms. Nous les avons cités dans le livre. Et Mediapart a révélé qu'en 25, je crois, c'est-à-dire il y a quelques mois, il y avait encore des contrats qui étaient signés entre Bardella et Châtillon. Châtillon, le 20 avril, c'est la date anniversaire d'Adolf Hitler. Ils célèbrent cette cérémonie. Vous vous rendez compte de ça ? Et si vous faites un micro-trottoir, vous dites aux gens vous connaissez Châtillon ? Non, je ne
sais
pas qui c'est, Jacques, vous connaissez ? Non. Et
moi,
je ne m'adresse pas aux fachos. Les fachos, ils voteront comme ils ont envie de voter. Ce n
'est
pas ce bouquin qui les fera changer d'avis.
Mais aux autres.
Mais
les Français qui
ne savent pas, je me dis qu'ils peuvent avoir un mouvement de recul en sachant que les amis de M. Regardez, je vous donne un exemple. Tanguy, le sémillant député de la Somme, il vient sur un plateau, il dit, je pense que c'est un plateau BFM, et il dit, il affirme, Marine Le Pen n'a jamais été amie de Châtillon. Mme Le Pen elle-même reconnaît qu'elle était amie de Châtillon. Ils se sont connus il
y
a très longtemps. Et le canard enchaîné rapporte qu'un soir ils ont fait la bringue, les voisins étaient tellement incommodés que la police est arrivée. Vous savez ce qu'elle aurait dit à la police ? Elle aurait dit mais alors c'est plus facile d'emmerder les bons français que de faire chier les bouignoules. C'est relaté dans le canard enchaîné. Et elle a signé le canard enchaîné, elle a perdu, elle a même été condamnée à des dommages d'intérêt que je l'espère elle a versés aux canards.
Alain Dommel, je reviens à la liste des 115 candidats, 115, 116, pardon, j
'ai
oublié le chiffre précis, inquiétés pour des propos antisémites, homophobes. Je vais vous faire peut-être bondir tous les deux mais est-ce que les français ne s'en fichent pas aujourd
'hui ? Je
poursuis juste ma question, est-ce que le dégagisme aujourd'hui en France n
'est
pas si fort
? L
'envie d'essayer autre chose que même en connaissance-là, en dépit de tout cela, ils sont 30, 32, 33, 34, 35% aujourd'hui à dire je voterai Marine
Lebrun. Mais
ça c'est exactement ce que je pense, c'est-à-dire que il y a la cohorte des engagés qui tiennent des propos inacceptables
mais
il y a un climat,
il
y a une clientèle,
il
y a des adhésions et
il
y a une partie importante des français non pas qui approuvent forcément les formules outrancières et encore moins les dérapages mais qui ont un fond de compréhension et
plus
que ça de communautés de sentiments avec ce qui est exprimé.
Et
je précise peut-être aussi ma question Alain Dommel, est-ce qu'il y a dans le score aujourd'hui l'envie de RN et l'envie de Marine Le Pen chez une partie de la population une responsabilité d'Emmanuel Macron ? C'est-à-dire à partir du moment où on a essayé un peu à droite un peu à gauche
et
que dix ans après la situation du pays est celle qu'elle est aujourd'hui on va soit d'un côté à l'extrême droite soit d'un côté
avec la gauche. Alors
il faut commencer par reconnaître une chose c'est qu'au moins Emmanuel Macron l'a battu. C'est lui qui l'a battu au présidentiel c'est pas quelqu'un d'autre. Donc c'est difficile de lui faire un reproche a priori
de
responsabilité personnelle. Bon il l'a battu deux fois
c
'est la mode le Macron se bashing c'est la mode il est responsable de tout Emmanuel Macron
mais
regardez ce qui se passe en Allemagne
l
'AFD c'est Macron ça ? Pas du tout et d'ailleurs l'AFD revendique une partie de l'Alsace et de la Lorraine
oui absolument
je sais pas comment madame Knafot va se positionner sur cette question sans doute avec un joli sourire de
circonstance ils prennent les idées de Bismarck
non mais attendez l'Alsace l'AFD elle est toujours avec l'AFD mais
je voudrais sur
la progression du RN Emmanuel Macron sans doute pas tout fait et puis c'est vrai j'ai parlé de la stratégie d'Emmanuel Macron mais écoutez ce qui est sûr c'est que le RN n'a pas été au pouvoir et que mon dieu c'est bien confortable parce qu'il y a cas il
faut
qu'on faudrait nous on va tout régler il n
'y a
plus de délinquance il n
'y a
plus d'immigration il n
'y
a plus d'émeute il n
'y a
plus d'immigration mais deux mots quand même il y a ça donc on va les essayer parce qu'on n
'a
pas on nous a toujours pas essayé bon moi il y a plein de choses que j'ai pas faites dans ma vie j'ai pas envie d'essayer
j'ai
pas envie de me jeter du cinquième étage d'un balcon j'ai jamais essayé j'ai pas envie de le faire mais dans ce phénomène de progression du RN
il
y
a
la presse Bolloré pardon tous les jours tous les jours tous les jours
vous
avez des propos racistes
je
vais vous en citer allez un seul j'en ai pris un pour venir ce soir
les
musulmans ils s'en foutent de la république
ils
ne savent même pas ce que c'est d'acier qui a son rond de serviette en permanent chez Pro Kelly
madame Christine Kelly et vous savez qu'en en parlant ce soir vous aurez probablement le droit à une reprise chez eux ou une sorte de ping-pong
mais il y a vous savez je
vais vous dire une fois j'ai dit il
y a
longtemps il y a certes de la délinquance je le savais j'étais avocat pénaliste pendant 36 ans et un sentiment de l'insécurité et un sentiment d'insécurité notamment généré par les chaînes d'information continue et les chaînes d'opinion continue
on
a tronqué ma phrase et
vous
voyez qu
'on
vous invite pour en parler attendez on a tronqué ma phrase et pendant plus de 4 ans on a dit le ministre il est déconnecté pour lui il n
'y a
qu'un sentiment d'insécurité ah ah ah ah fake news et ça a été diffusé 4 ans j'ai eu droit à ça donc ils vont reprendre tout ce qu'ils voudront mais s'ils reprennent alors voilà puisque vous m'annoncez cela c'est plutôt une bonne nouvelle qu'ils viennent dire je
ne vous l'annonce
pas je ne
fais pas la programmation de la
chaîne d'en face
mais qu'ils viennent dire demain que les propos que j'attribue à monsieur Dacier n'ont pas été tenus vous en voulez d'autres il y a une campagne de pub pour Intermarché là
qui
veut valoriser le terroir j'aime le terroir qui reprend un peu les codes des années 60 oui et alors ça donne ah ben voilà le terroir c'est bien de le glorifier c'est la France blanche blanche et heureuse mais vous savez monsieur Fauvel je vais vous dire quelque chose vous savez à qui je pense moi
quand
on stigmatise les arabes les musulmans les noirs vous savez à qui je pense
il
n
'y a
pas de statistique ethnique dans ce pays c'est interdit on dit il
y
a grosso modo 20% d'étrangers dans les prisons
on arrive à
le savoir par les prénoms d'accord
mais
moi je pense
aux
policiers
aux
gendarmes
aux
pompiers
aux
agents pénitentiaires
aux
militaires
qui
sont des gens issus de l'émigration qui sont maghrébins noirs
arabes musulmans voilà
à qui je pense
et
je vais vous dire autre chose à titre personnel
moi
je m'engage dans ce combat parce que
j
'ai la double nationalité je suis franco-italien
et
ce que l'on dit aujourd'hui ce que ces gens là disent aujourd'hui des arabes etc la submersion
on
le disait autrefois des italiens les
italiens dans certains
journaux dans les années 30 ils étaient sales ils étaient menteurs ils étaient tricheurs
ils
étaient voleurs ils bouffaient le pain des
français ça
a été beaucoup plus loin à la fin du 19ème siècle merci on les a massacrés dans le midi uniquement parce qu'ils étaient italiens on leur disait vous venez voler notre travail voilà merci
de rappeler ça et
il
y
a eu des dizaines de morts Alain Dommel Eric Dupond-Moretti on vient de parler longuement du rassemblement national et c'est le thème de votre livre monsieur Dupond-Moretti mais il est aussi question plus brièvement de la France insoumise oui dans les premières pages de votre livre vous dites nous consacrons ce bref extrait à tenter d'expliquer et d'énoncer l'extrémisme de droite mais nous n'ignorons pas je vous cite le danger mortel que représente aussi l'extrême gauche mélanchoniste pour notre pays mouvement antisémite antisioniste
et
violent danger mortel que représente l'extrême gauche mélanchoniste
Alain
Dommel est-ce que vous partagez une partie du constat qui est très dur d'Eric Dupond-Moretti sur le parti de Jean-Luc Mélenchon
bon
je ne l'aurais pas exprimé de cette façon que bah oui c'est un fait que
chez
les insoumis il y a des dimensions extrêmement respectables utopiques ou sociales etc qui sont une réalité
et
il y a aussi des tentations
qui
sont
de
nature autoritaire
et
avec des arguments qui sont des arguments d'autorité qui ne sont pas des arguments de débat naturel et c'est vrai qu'il y a un danger qui existe de ce point de vue qui n
'a
rien à voir avec celui du Rassemblement National c'est pas du tout ça n'est même pas de même nature
le danger pour vous du
RN est plus important
non c'est pas
c'est pas la même chose c'est pas la même chose je veux dire je ne partage évidemment ni l'un ni l'autre ni de près ni de loin
d
'un côté
il
y a
une
utopie
qui
prend des formes qui sont critiquables et peut-être dangereuses
et
peuvent être dangereuses si elles se réalisaient
ça c
'est pour les insoumis
et
de l'autre côté il y a Marine Le Pen et son parti qui font des propositions qui sont
pas
du tout les mêmes
et
qui
elles
aussi ont des dimensions d'autorité
la
seule chose pas la seule chose
une
des dimensions
et
que je crois pas un instant que les insoumis l'emportent alors que je crois tout à fait
que
Marine Le Pen puisse
gagner
entre les deux dangers pour vous les deux dangers que vous considérez comme tel quel est le pire je vous fais pas la question traditionnelle peut-être qu'il faudra choisir entre deux bulles est-ce que
vous mettez
le signe égal et
je sais
que vous répondrez pas c'est pour ça que je vous la pose pas
mais non mais attendez je veux dire deux petits mots là-dessus si vous m'y autorisez le RN on a besoin de le démasquer parce qu
'il
se cache les LF c'est pas du tout alors Mélenchon il se cache pas du tout lui lui c'est pas la stratégie de la cravate
il
dit très clairement les choses avec d'ailleurs un immense talent il y a moi qui ai vécu quatre ans à l'Assemblée nationale et au Sénat il y
a
pour moi deux grands orateurs il y avait Mélenchon avant qu'il ne soit plus à l'Assemblée et Claude Maluret au Sénat sénateur centriste exceptionnel
bon
derrière ça se dégrade un peu
vous
savez entre Porte
qui
Thomas Porte député à l
'Effigie sous titre ce que vous dites j'essaye depuis tout à l'heure vous
avez raison vous avez raison parce que moi je sais donc je pense que tout le monde sait mais Thomas Porte il met le pied sur un ballon à l'Effigie de de monsieur Dussopt c'est monstrueux député socialiste c'était au moment de la loi député
Macron député Macron oui oui oui oui oui
non mais à l'époque il était député
je
crois
non non non non non enfin en
tout cas l
'histoire est vraie il était au côté il appartenait au gouvernement d'Elisabeth Borne comme moi d'ailleurs voilà bon ça les injures les invectives on a vu de tout de tout monsieur Delogu etc etc donc il y
a
Mélenchon
tête
de pont grand orateur mais moi qui raconte tout ce qu'il veut sur un programme économique qu'il aspire de ses voeux
pourquoi
pas
mais
ce que je lui reproche
c
'est les mots qu'il a eus
qui
sont pour moi une expression débridée d'un antisémitisme insupportable Epstein Epstein les jeux de mots sur Glucksmann quand il y
a
Elbron Pivet président de l'Assemblée nationale
il avait dit il
passe son temps à camper à Tel Aviv il a expliqué qu
'il
n
'y
avait pas de référence au
camp
mais bien sûr mais bien sûr vous pouvez imaginer que ce type là ne maîtrise pas les mots et ne maîtrise pas son expression bon il a importé ils ont importé le conflit israélo-palestinien
en
France on a vu comment les facs se sont embrasées et dans les facs il y a beaucoup de faunées de Jean-Luc Mélenchon ça je le lui reproche parce que ce qui s'est passé c'est que les juifs la communauté juive
pas
dans son ensemble mais une grande partie des juifs de notre pays se sentent insultés bousculés malmenés et sont allés se réfugier chez Mme Le Pen mais ce que l'on a oublié c'est que Mme Le Pen dans une précédente campagne électorale précédente présidentielle demandait aux juifs écoutez ça
de
ne plus porter la kippa
c'était au
moment
où le Rassemblement National ou le FN d'ailleurs je crois voulait interdire tous
les signes
religieux y compris la kippa et vous savez ce qu'elle a
dit à l'époque elle a changé
là-dessus c'était à propos du voile
elle a
changé sur tout et sur le terrain économique on pourrait en parler aussi parce que ce que j'ai vu récemment m'a absolument sidéré mais les juifs devraient faire un effort et la communauté juive par le truchement de ces organisations représentatives lui a dit mais madame l'effort on l'a fait en 42 vous voyez et puis ensuite elle a demandé aux français franco-israéliens c'est une obsession la double nationalité chez eux de choisir la nationalité tout en disant mais si vous choisissez Israël vous pourrez quand même rester dans notre pays bon alors vous savez madame Le Pen bouclier contre l'antisémitisme c'est une vaste plaisanterie ma question était sur Jean-Luc Mélenchon mais votre réponse termine sur Marine Le Pen on part de Jean-Luc Mélenchon qui a tellement bousculé certains de nos compatriotes juifs que Marine Le Pen qui n'est pas folle a compris qu'il fallait leur ouvrir les bras mais c'est ça la réalité de ce qui se passe il faut qu
'on
parle aussi pardon du
climat
social et économique
Alain Demelchon parce que c'est important oui mais
je veux dire quand même d'un mot parce que moi ce qui me frappe
alors
c'est moins spectaculaire que ce que vous venez de dire mais
le
débat qu'on a
les
arguments qui sont échangés et les propos qui sont tenus et à l'extrême gauche et à l'extrême droite et aussi par simplement dans la vie parlementaire quand on s'échauffe ce sont les années 30 en France c'est le même débat et les années 30 on a vu sur quoi ça a débouché ça a débouché sur les lois raciales et antisémites de Vichy et ce sont les mêmes arguments et moi quand je regarde beaucoup les débats de l'Assemblée évidemment
il
y a des moments où quand il y
a
des interruptions quand il y
a
des invectives
où
je me dis mais on s'est trompé de siècle
là on a un ministre qui a été traité d'assassin oui oui ça venait de chez les fils mais c'est inouï le niveau de violence verbale mais pardon de le dire ainsi c'est un linguiste qui le dit Bentolila en l'occurrence que j'aime beaucoup après les mots il
y
a les
coups donc
on est responsable de ce que l'on dit et on est responsable d'une certaine façon de ce que ça peut générer et dans les esprits et dans les faits
je voudrais qu
'on
dise quelques mots de ce qui va se passer demain un peu partout en France 150 cortèges et un ministre de l'intérieur Laurent Nunez cortège contre la vie chère et un ministre de l'intérieur Laurent Nunez qui alerte ce soir contre de possibles épisodes de violence comparables à ceux du 17 octobre 17 octobre 3000 commerces pillés ou vandalisés des scènes que tous les français ont encore en tête est-ce qu'il en fait trop Alain Domène est-ce que vous considérez que Laurent Nunez après avoir sous-estimé le 17 octobre se dit mieux vaut chaque vendredi soir dire que ça va être l'apocalypse le lendemain ou est-ce qu'il faut s'inquiéter ?
Je pense que il fait bien entendu de la dissuasion quand il dit ça mais je pense aussi que c'est parce qu'il a des informations et des prévisions il essaye de l'empêcher en dramatisant à l'avance sur ce qui ne s'est pas produit mais avec une multiplicité d'indications qui lui disent ça va se produire
Bien sûr le 17 octobre d'abord je trouve que Laurent Nunez a assumé un certain nombre de failles qui a présenté sa démission refusée par Emmanuel Macron il a été courageux parce que
c
'est pas tous les jours que les ministres présentent leur démission
je
peux vous le dire
aujourd
'hui et pourquoi il y a eu ces failles pour différentes raisons d'abord parce que on n'avait jamais connu dans ce pays une alliance objective objective de fait entre des black blocs et des pilleurs et des casseurs
et des
manifestants
parce
que tout ça c'est mélangé
donc
on a sous-estimé les choses
sans
aucun doute maintenant oui il dit un certain nombre de choses et il a raison il faut quand même qu
'un
certain nombre de ceux qui ont envie d'aller casser se disent qu'ils vont se faire gauler et qu
'ils
vont se faire juger et juger sévèrement ça n'est pas inutile bon donc là les dispositifs sont renforcés
et
ensuite il y a quand même moi je le dis toute une discussion notamment syndicale pour dire que au fond la France serait liberticide et on l'entend encore aujourd'hui au sujet
du
cortège de la manifestation parisienne
je redis un mot encore une fois parce qu'il
y a
beaucoup de téléspectateurs qui nous rejoignent en cours de route et tous n'ont pas suivi le feu la CGT avait demandé à pouvoir manifester entre la place de la Bastille et la place de la Nation à l'intérieur de Paris le préfet de police a dit non vous irez manifester du côté des boulevards des Maréchaux en périphérie la justice administrative a donné raison à la CGT ce soir en disant vous pourrez bien manifester regardez la carte c'est là où c'est écrit
en vert autorisé
vous pourrez bien manifester le conseil d'état c'est ce qu'on apprend ce soir information BFM TV va se réunir à partir de
22h 22h
ce soir pour
savoir
si finalement le cortège de la CGT et celui des gilets jaunes pourra bien avoir lieu à l'intérieur de Paris pardon pourquoi c'est si compliqué est-ce que c'est normal que
12h avant
un
cortège aussi
important et potentiellement aussi à risque que les gens ne sachent pas où aller
je vais vous dire pourquoi c'est compliqué monsieur Fauvel
tout
simplement parce que nous sommes dans une démocratie n'en déplaise à certains
mais
la démocratie elle ne
peut
pas se taper
le jeudi plutôt que le vendredi soir
une démocratie qui respecte l'état de droit donc il
y a
une décision qui a été rendue en première instance le ministre de l'intérieur a légitimement interjeté appel et il est dans son droit le plus absolu le conseil d'état va se réunir je pensais qu'il allait se réunir demain matin mais c'est ce soir je pense qu'en Russie il n'y
a
pas de recours devant les juridictions administratives
mais moi je
vais vous dire quelque chose qui peut choquer
le
17 octobre c'est une folie telle que nous n'en avons jamais connue c'est des gens qui travaillent dont l'outil de travail a été mais saccagé des boulangers des restaurateurs des d'autres commerçants enfin on voit des images et puis et
puis et des
pillages bien sûr et puis l'effet l'image exportée dans le monde entier certains s'en régal Donald Trump et d'autres sans doute bon
moi
je vais vous dire quelque chose si j'étais un responsable syndical de haut niveau
et
bien j'accepterai le tracé qui m'est proposé par le préfet parce que il y a au moins une certitude c'est que il n'y a pas le nombre de commerçants
que
nous allons retrouver sur l'autre trajet et on peut être un peu plus responsable et pardon de vous dire encore une chose battre
le pavé mais Alain Demel
s'impatiente
poliment
poliment
toujours poliment
pardon excusez-moi je ne veux pas que vous soyez impatienté plus longtemps je terminerai mon propos après je vous en prie est
-ce que c'est raisonnable Alain tout simplement d'aller manifester à l'intérieur de Paris deux semaines après le 17 octobre Eric Dupond-Moretti dit non moi je
n'ai pas eu le temps de finir je
résume votre
propos je
pense qu'il n
'y
a pas d'hésitation dans la réponse ce qui s'est passé était déplorable et il ne faut pas accepter même l'hypothèse que ça puisse se reproduire demain voilà donc il faut évidemment interdire les trajets internes et repousser ça le périphérique
ce qui n'est
pas la situation alors on se parle mais
je sais bien où les risques de destruction et de pillage sont infiniment moins nombreux
qu
'est-ce que qu'est-ce que dira la CGT si jamais le parcours qu'elle souhaite qu'elle appelle de ses
voeux
et le parcours du thomas ouais ouais et que ça fracasse de partout parce que pardon
nous
savons nous
savons
que des manifestants vont amener à leur côté involontairement pour beaucoup d'entre eux qui viennent manifester pour revendiquer un certain nombre de choses bon nous savons que ça attire évidemment les pilleurs les black blocs les casseurs les types d'ultra droite les types d'ultra gauche etc donc on le sait et alors on ne prend pas un certain nombre de précautions on ne se dit pas on pourrait peut-être manifester dans trois semaines quand les choses seront apaisées accepter un parcours etc le tout c'est quoi c'est d'exprimer la contestation ou d'exprimer la contestation là où on sait que les vitrines vont être brisées enfin bon
sang
Alain
Dommel est-ce que la justice administrative il y
a
des juges qui ont pris cette décision aujourd'hui décidant d'autoriser ce cortège à l'intérieur de Paris dans la balance a mis un peu trop les libertés publiques et un peu trop bas la question des violences éventuelles et des pillages
ça n'est pas la première décision de la justice administrative qui m'étonne et qui me navre
oui
ça veut dire qu'ils ne sont pas conscients les
juges ça
veut
dire
ils ont regardé ce
qui s'est passé comme nous ça veut dire
qu'ils font passer ce qu'ils ont appris dans les livres avant ce qui se produit dans la rue mais et que ce décalage ce sont deux univers et si on reste dans le premier on ne comprend pas ce qu'il y a dans le second et les risques ne viennent pas des premiers mais du second
merci beaucoup Alain Dommel merci beaucoup vous ne me
laissez
pas la parole en
dernier là-dessus parce que je ne suis pas tout
à
fait d'accord comme j'anime ce débat chaque
semaine je sais que d'abord c'est Alain qui termine et que sinon ça ne se termine jamais et qu'Alice Darfeuil qui est en train de nous rejoindre là prendra l'antenne à 22 23
23h30 et c'est elle qui s'impatient à
la
bordeaux
Alice Darfeuil merci Eric Dupond-Moretti décidément non le RN secoue nous ne pouvons pas terre publié chez Plon écrit avec Roselyne Bachelot merci beaucoup à tous les deux bon