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Podcast / conversationManon Aubry· 18 juillet 2023 27 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeSécuritéEnvironnement & énergieSolidarités & famille

AQC 99 : L'ARC REACTIONNAIRE DE MACRON A LE PEN CONTRE LA JUSTICE ET LA NATURE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « L'ONU tire la sonnette d'alarme. Le commissaire à la Justice, même lui, le commissaire européen à la Justice, appelle à une révision de la stratégie de maintien de l'ordre. »
  • 3:03Invité politiqueFait
    « Jacqueline Eustache Brigneau qui demande “Ils sont français comment ?” »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « Jean-Philippe Tanguy qui a parlé de “nationalité faciale”. »
  • 5:11Invité politiqueFait
    « On a eu droit à à peu près tout, d'abord la réponse sécuritaire. Je vous en ai longuement parlé la BAC, les CRS, le RAID, la BRI Bref, il est à deux doigts de nous envoyer l’armée. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « On voit que la stratégie de la macronie, c'est de jouer le parti de l'ordre. Ils ont même il y a même une députée qui a parlé de Nahel en disant qu'il ne faut plus parler du petit Nahel mais d'un délinquant. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « Amnesty International, le défenseur des droits. A peu près toutes les organisations, les organes indépendants de défense des droits de l'homme qui pointent la responsabilité de la France dans sa stratégie de maintien de l'ordre et dans un racisme qui est systémique. »
  • 7:24Invité politiqueFait
    « Sur le fond, à la fois pour traiter la question du racisme dans la police, demander des récépissés et aussi traiter la stratégie de maintien de l'ordre avec l'abolition ou la fin de la loi de 2017, une espèce de permis de tuer qui est donné aux policiers. »
  • 8:54Invité politiqueFait
    « Sauf que cette manif a eu lieu. Qu’elle s'est bien passé et là, je pense qu'il y a un préfet de police et Darmanin qu'on due se dire “putain merde Ils ont même réussi à faire leur manif interdite et qu'elle se passe bien.” »
  • 15:01Invité politiqueFait
    « La loi sur la restauration de la nature, qui est un texte sur la biodiversité qui vise à restaurer les écosystèmes qui sont dégradés. Le point de départ, c'est plus de 80 % des écosystèmes, 70 % des sols qui sont dégradés. »
  • 15:45Invité politiqueChiffre
    « Vous l'avez peut être même remarqué vous même, il y a moins d'insectes, moins de oiseaux par exemple. 800 millions d'oiseaux ont disparu en l'espace de 40 ans. »
  • 16:28Invité politiqueFait
    « ce qui s'est passé sur ce texte, c'est une alliance de la droite et l'extrême droite du Parlement européen qui ont joint leurs forces pour s'opposer le plus possible et le plus fort possible à ce texte et essayer de le faire tomber. »
  • 17:12Invité politiqueFait
    « le vote a été très serré, très très serré puisqu'il y a eu 44 voix pour, 44 voix contre. Et donc, quand il y a égalité au Parlement européen, c'est le contre qui l'emporte et le texte est tombé. »
  • 17:56Invité politiqueChiffre
    « Nous avons réussi à l'emporter 336 voix pour, 300 voix contre. »
  • 18:48Invité politiqueFait
    « C'est parce qu'il y a une mobilisation des blocs de gauche ici que nous avons réussi à l'emporter parce qu'il y a une mobilisation citoyenne que nous avons réussi à l'emporter. »

Temps de parole

  • Manon Aubry100 %

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Manon Aubry

Bonjour à toutes et a tous, c'est bienvenue dans ce dernier AQC avant l'été. Rassurez vous, je vais venir... je vais revenir... d'ailleurs... vous voyez ! Non c'est pas grave, c'est un AQC fatigué. Je tiens à vous prévenir. La semaine a été dure, intense. Pas beaucoup dormi, pas beaucoup mangé. Mais on s'est battu ici au Parlement européen, ici, pour dénoncer l'attitude, la stratégie de maintien de l'ordre, le racisme dans la police en France. L'ONU tire la sonnette d'alarme. Le commissaire à la Justice, même lui, le commissaire européen à la Justice, appelle à une révision de la stratégie de maintien de l'ordre. Bref, ici, j'ai joué mon rôle pour lancer l'alerte, évidemment.

Je vais revenir sur toute la séquence et une forme de racisme décomplexé qui s'est développé en France et les leçons à en tirer politiques, pour nous, pour la gauche. Et puisque je suis ici dans le Parlement européen et dans l'hémicycle, pour une fois, j'ai réussi à vous emmener discrètement et avant de partir en vacances cet été. On va finir sur quoi ? Une bonne nouvelle et une victoire. Je vais vous faire le récit de notre victoire sur la loi sur la restauration de la nature, un texte essentiel sur la biodiversité. Ça a été une bataille au long cours qui a été compliquée, qu'on pensait qu'on allait perdre jusqu'au dernier moment. Et parfois ça se termine bien et en vrai, ça fait du bien.

Allez, c'est parti, générique ! Alors je ne sais pas vous. Mais depuis la mort de Nahel, c'est un peu le festival des propos racistes, on assite littéralement à un retournement total du débat public qui devrait en théorie normalement se focaliser sur les réponses politiques à apporter sur le traitement judiciaire de ce meurtre, et cetera Mais sous l'impulsion d'une nouvelle alliance dont je vais beaucoup vous parler dans cet AQC des républicains, de la droite, du Rassemblement national et des macronistes, c'est la porte ouverte à à peu près tout.

Et surtout, ne parlons pas de racisme dans la police de consigne d'engagement, de stratégie, de maintien de l'ordre, bref, alimentons surtout cette surenchère autoritaire et raciste. Parce que c'est littéralement ce qui se passe maintenant depuis deux semaines. Et si on fait un peu l'historique Je vous ai parlé du communiqué de presse du syndicat Alliance qui littéralement jette de l'huile sur le feu et qui n'est rien d'autre qu’une rhétorique factieuse et absolument raciste en parlant de “nuisibles”. Mais depuis, ça s'est encore accéléré. Je vous le fais dans l'ordre. On a Bruno Retailleau. Ce n'est pas n'importe qui quand même. Député républicain qui parle de, tenez vous bien.

“Régression vers les origines ethniques”. Certes, ce sont des Français, mais ce sont des Français par leur identité et malheureusement pour la deuxième et la troisième génération, il y a comme une sorte de régression vers les origines, vers les origines ethniques. Alors ceux qui nous regardent si vous avez une régression vers vos origines ethniques. Et puis qui est rejoint par sa collègue sénatrice qui est Jacqueline Eustache Brigneau qui demande “Ils sont français comment ?” La plupart des gens qui ont été arrêtés sont français D'accord. mais ça ne veut plus rien dire. ils sont comment Français ?

Alors je le dis très clairement, ces propos sont racistes et d'ailleurs ils sont passibles de poursuites en justice. Mais forcément, dans la surenchère, il y a le rassemblement national qui est arrivé. Attendez nous, on peut être encore plus raciste. Jean-Philippe Tanguy qui a parlé de “nationalité faciale”, Alors on va vous regarder, on va dire en fonction de la tête du client. Alors évidemment, si vous êtes un peu noir et un peu arabe, bah on n'est pas sûr de “nationalité faciale” que vous soyez Français. Bref, je vous fais pas la liste parce que c'est absolument immonde et insupportable. Tout le monde a enclenché dans ce style.

Aucun média n'a trouvé quelque chose à redire sur ce déferlement de haine raciste. Moi, je veux penser à tout ceux qui se disent mais attendez, là, c'est mon identité française qu'on remet en question parce que je n'ai pas le bon prénom. Vous avez vu BFM qui fait la liste des prénoms des émeutiers ? Et pas encore parce qu'on s'appelle je ne sais pas quel prénom, on a plus le droit à notre Nationalité française. C'est ça qui est sous entendu par ça ? Je vous ai beaucoup parlé de la fenêtre d'Overton de ce qui est entendable ou pas et du fait qu'elle se décale. Mais on est en plein dedans.

Il est devenu normal en France d'être ouvertement raciste, de le dire sur des plateaux télé, de ne pas se faire reprendre par des journalistes, de ne même plus créer la polémique. Bref, vous voyez Zemmour quand il parlait de guerre civile “ethnique” il a véritablement ouvert la voie et les autres se sont un peu engagés là dedans, avec un certain enthousiasme, mais avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de conséquences pour le débat public, mais aussi pour tous les gens dans ces quartiers, pour tous les gens qui sont victimes de racisme. Et moi, je dois dire que je suis assez inquiète par la teneur du débat public. Du coup, on a eu droit à à peu près tout, d'abord la réponse sécuritaire.

Je vous en ai longuement parlé la BAC, les CRS, le RAID, la BRI Bref, il est à deux doigts de nous envoyer l’armée. qui à nouveau, exerce sa mission de façon merveilleuse. Et puis, côté judiciaire, là, ça a été notamment sous la pression de Dupont Moretti, des audiences expéditives en comparution immédiate et des sanctions, comme ils ont dit pour l'exemple. Genre dix mois de prison ferme pour le vol de deux pantalons. J'aimerais bien qu'ils soient aussi sévères sur la lutte contre l'évasion fiscale. Je pense qu'il y en aurait un peu plus derrière les barreaux.

Et c'est vrai qu'entre voler des dizaines de milliards d'euros et voler deux pantalons, j'ai du mal à mesurer ce qui est le plus grave et ce qui mérite le plus de mois de prison. Bref, on voit que la stratégie de la macronie, c'est de jouer le parti de l'ordre. Ils ont même il y a même une députée qui a parlé de Nahel en disant qu'il ne faut plus parler du petit Nahel mais d'un délinquant. Enfin pardon, c'est juste quelqu'un qui s’est fait tuer par la police en fait, mais si on résume, on a l'ONU qui parle de problème de racisme et de violence dans la police.

Le commissaire européen Reynders du parti d'Emmanuel Macron, qui dit qu'il faut avoir une réflexion sur la stratégie de maintien de l'ordre en France. Amnesty International, le défenseur des droits. A peu près toutes les organisations, les organes indépendants de défense des droits de l'homme qui pointent la responsabilité de la France dans sa stratégie de maintien de l'ordre et dans un racisme qui est systémique.

Mais évidemment, la seule réponse du gouvernement, c'est “mettez moi ces gamins en taule” et à ça vient se rajouter Thierry Breton, qui est le commissaire français européen du parti macroniste, qui a repris l'idée lumineuse de Macron et de Roussel, il faut le dire, de couper les réseaux sociaux pendant les émeutes, en précisant que c'était pour demander de supprimer tous les appels à la révolte. La prochaine fois, on va aussi demander quoi de supprimer tous les appels à des manifs ? Ce serait un peu plus simple. En fait, ce genre de truc, ça existe, mais c'est en Chine, en Russie, en Corée du Nord. Je ne pensais pas que c'était les modèles de la France. C'est quoi la prochaine étape ?

On va interdire la CGT, on va interdire de manifester. Ah attendez, en fait ils ont déjà commencé ça. Vous avez sans doute suivi l'affaire avec plus de 100 organisations. On avait appelé à une marche pacifique initiée par le comité Adama Traoré, mais qui était élargie, évidemment dans le contexte que l'on connaît, à la dénonciation des violences policières et l'appel à des réponses politiques. Sur le fond, à la fois pour traiter la question du racisme dans la police, demander des récépissés et aussi traiter la stratégie de maintien de l'ordre avec l'abolition ou la fin de la loi de 2017, une espèce de permis de tuer qui est donné aux policiers, un contre un indépendant de l’iGPN.

Bref, on essayait de faire des propositions politiques et c'est le meilleur moment qu'a trouvé le gouvernement pour interdire une manifestation pacifique. Et on en est à un point où quand dans une démocratie, vous perdez un des moyens fondamentaux d'expression, c'est à dire aller dans la rue, avoir des revendications. Et vous dites aux jeunes surtout ne vous révoltez pas, mais on vous prive de votre droit de manifester. Alors que reste t il dans ce type de démocratie ? Et évidemment, leur objectif était très clair c'était de provoquer des tensions, c'était de faire en sorte qu'ils puissent interpeller massivement les gens, de leur mettre des amendes. Sauf que cette manif a eu lieu.

Qu’elle s'est bien passé et là, je pense qu'il y a un préfet de police et Darmanin qu'on due se dire “putain merde Ils ont même réussi à faire leur manif interdite et qu'elle se passe bien.” Du coup, qu'est ce qu'on fait dans ces cas là On envoie la BRAV-M casque moto et ils arrivent et frappent. Ils frappent parce que c'est leur méthode. Ils frappent parce qu'ils veulent intimider, ils frappent parce que ce sont des brutes. Ils frappent parce qu'ils ne sont pas contrôlés, ils frappent parce que manifestement, même les autres policiers leur ont dit “Faites pas ça.” Du coup, vous avez sans doute vu les images. On va vous les remettre.

Youssouf Traoré, le frère d'Adama, qui est interpellé violemment, qui a eu le nez cassé. On a des journalistes et qui ont été aussi frappés par les forces de l'ordre. Et évidemment, Darmanin, les autres qui s'excusent pas. Pire, ils renvoient l'offensive et ils accusent la France insoumise. Comme si nous étions au pouvoir ces derniers mois, que nous étions responsables de la colère qui s'exprime dans la rue comme si nous étions responsables de l'interdiction de la manifestation. Comme si imaginez nous avons eu l'outrecuidance de faire des propositions politiques parce que nous sommes un mouvement politique.

Et puis, évidemment, c'est là qu'ils inventent “l'arc républicain”, Arc républicain composé des macronistes, des Républicains et de l'extrême droite, qui est dans le déni des violences politiques, dans la surenchère des expressions racistes. Tout le reste, c'est évidemment en dehors de la République. Et voilà Aurore Bergé, patronne des députés macronistes à l'Assemblée nationale, qui reprend Je ne sais pas si on mesure bien, qui reprend à l'extrême droite au rassemblement national, le terme de “France incendiaire” s'agissant de la France insoumise et qui demande à sanctionner les députés qui ont participé à une manifestation. Et puis quoi encore ?

Il faut qu'on demande l'autorisation parentale aux macronistes pour tous nos faits et gestes. C'est ça leur vision de la démocratie ? Sérieusement ? Alors comment on répond et comment on contre attaque ? Vous allez me dire parce que lui, Macron, il a parlé globalement de jeux vidéos, de flyers pour les parents et de couper les allocs. Sa stratégie est claire, c'est de dépolitiser la question. Et dans ce contexte là, nous, notre rôle à gauche, et la NUPES, normalement, ça aurait dû être de se serrer les coudes et de s'unir autour de propositions de politiques pour traiter le fond du problème, parler de social, de stratégie, de maintien de l'ordre des quartiers populaires.

Mais c'est le meilleur moment qu'a choisi notre petit ami, notre cher ami Fabien Roussel, pour dire que globalement, il en a fait des caisses pour dire que Mélenchon a fait une faute qui est rejoint évidemment illico presto par Olivier Faure qui était trop content d'essayer d'unir son parti plutôt que de réfléchir politiquement à ce qu'on proposait et qui fait renaître cette idée des gauches irréconciliables qui, évidemment, alimente un feuilleton médiatique. C'est la fin de la NUPES définitivement divisée. Et puis puis enfin, il y a forcément à ce moment là, il y en à gauche qui pensent “Ah chouette.

On va taper sur la France insoumise comme ça nous, on va tirer notre épingle du jeu.” Que les choses soient très claires à chaque fois qu'on tape sur une des composantes de la NUPES c’est toute la NUPES qui perd. Et si vous pensez que vous allez être épargnés en vous éloignant de la France insoumise, c'est faux parce que nous, notre rôle, ça a été de faire des propositions politiques. C'était quoi vos propositions politiques pendant que vous nous tapiez dessus ? Et donc, un moment, je pense qu'il faut se dire les choses aussi parce que notre division a un impact concret sur le pays. On est dans un contexte où on a un adolescent qui est mort, tué par la police.

On a des jeunes de 18 ans qui sont en prison sans quasiment aucune raison à un moment où on interdit des manifs, à un moment où on a une explosion sociale dans notre pays. Et c'est ce moment là où on doit contre attaquer. Et je pense que c'est la différence par rapport à 2005 et la leçon apprise par la gauche par rapport à 2005, c'est qu’on a cherché à apporter des réponses politiques, alors peut être qu'on n'avait pas toujours les meilleurs mots. Mais ce qui compte, c'est la bonne approche. Comprendre, expliquer, trouver une sortie par le haut, faire des propositions politiques, refuser cette forme d'animalisation des gens, le discours raciste et autoritaire qui prévaut en ce moment.

Et je dois dire que c'est pas toujours facile de se battre en politique. Ce n'est pas moi qui vais vous dire, à l'inverse que ces dernières semaines ont été particulièrement difficiles au vu de la teneur du débat public, mais qu'en même temps, je suis fière qu'on ait réussi, à tenir le rang. Je suis fière qu'on ait réussi à tenir droit dans la tempête et à dire non. En fait, on ne va pas aboyer avec la meute raciste et autoritaire, Non. En fait, notre rôle est de faire des propositions politiques et c'est ce qu'on a fait. Je regrette que ça soit pas le cas de tous à gauche.

Je regrette que le Parti socialiste et le Parti communiste, eux, n'aient pas appelé à la manifestation appelée par plus d'une centaine d'organismes, dont la CGT, dont Amnesty International. Bref, plein d’’orgas. Au passage, si le gouvernement veut s'amuser à dissoudre toutes les orgas Bon courage ! Parce que c'est quoi la prochaine étape ? Et je pense que c'est un message collectif pour la gauche parce que parfois il faut savoir se dire les choses et en même temps pouvoir aller de l'avant.

Parce que l'enjeu, c'est comment on apporte des solutions politiques de long terme et on sort de l'escalade sécuritaire et raciste qui a été offerte par le gouvernement, mais aussi de concert avec la droite et l'extrême. Alors c'est assez inhabituel. Mais je vous ai emmené dans l'hémicycle du Parlement européen. Là il est vide mais il y a eut une sacrée, sacrée, sacrée agitation à cette dernière session plénière. C'est peut être le vote le plus observé de ce mandat au Parlement européen. Un des votes les plus serrés, un des votes les plus importants, a eu lieu sur la loi sur la restauration de la nature. Spoiler : à la fin, c'est nous qu'on a gagné.

Mais je vous raconte l'histoire, L'histoire, c'est un texte. La loi sur la restauration de la nature, qui est un texte sur la biodiversité qui vise à restaurer les écosystèmes qui sont dégradés. Le point de départ, c'est plus de 80 % des écosystèmes, 70 % des sols qui sont dégradés. Concrètement, ce sont les sols, les cours d'eau, les forêts qui sont soit polluées, soit de plus en plus détruit. Bref, ça pose évidemment une question sur la biodiversité pour ne vous donner qu'un exemple. Vous l'avez peut être même remarqué vous même, il y a moins d'insectes, moins de oiseaux par exemple. 800 millions d'oiseaux ont disparu en l'espace de 40 ans.

L'objectif de cette loi a minima, c'est de demander aux États de restaurer un minimum la biodiversité au niveau européen, donc d'investir pour protéger les sols et les cours d'eau, pour investir dans les forêts. Mais, mais c'était sans compter la mobilisation de cette partie de l'hémicycle. Donc je me suis placée évidemment du côté gauche. Petite anecdote. Ma place, c'est celle qui est tout devant à la première place, devant, au premier rang, en tant que présidente de groupe et évidemment tout à gauche.

Et donc ce qui s'est passé sur ce texte, c'est une alliance de la droite et l'extrême droite du Parlement européen qui ont joint leurs forces pour s'opposer le plus possible et le plus fort possible à ce texte et essayer de le faire tomber. Et pour cela, ils ont à peu près tout fait. Ils ont menti, ils ont nié la science. La droite est même allée jusqu'à remplacer des députés en commission. Le moment où il y a eu le vote. Tiens, tiens, ça vous rappelle peut être quelque chose et une pratique qui s'est passée en France sur les retraites. Bref, ils ont globalement, la droite a déroulé le tapis rouge aux lobbies climatosceptiques et à l'extrême droite climatosceptique.

Résultat des courses quand le texte a été examiné en commission, et bien le vote a été très serré, très très serré puisqu'il y a eu 44 voix pour, 44 voix contre. Et donc, quand il y a égalité au Parlement européen, c'est le contre qui l'emporte et le texte est tombé. Et nous voici arrivés donc en session plénière du Parlement européen, avec une incertitude totale sur l'issue du vote et des jours et des semaines de mobilisation. Ces dernières semaines, nous avons battu le fer jour par jour, heure par heure, nuit par nuit, pour aller chercher chaque député un à un pour mettre la pression. Je sais qu'un certain nombre d'entre vous aussi se sont mobilisés.

Et bien, je peux vous dire que pour une fois, la mobilisation citoyenne a payé. Et au bout du suspense, on va vous mettre les images du résultat du vote et de l'explosion de joie qui s'en est suivi. Nous avons réussi à l'emporter 336 voix pour, 300 voix contre. C'est évidemment une immense victoire, une immense victoire contre l'alliance de la droite et de l'extrême droite qui a fait de ce vote une forme de laboratoire.

Le patron du groupe du PPE de la droite, Manfred Weber, qui lui siège aussi au premier rang, mais évidemment du côté droit de l'hémicycle, à tester une nouvelle forme de stratégie, celle qui est déjà en place et en œuvre en Italie, en Finlande, en Suède, qui est la grande alliance des droites. La même que nous jouent aussi les républicains avec l'extrême droite en ce moment. Et sa stratégie a été défaite. C'est parce qu'il y a une mobilisation des blocs de gauche ici que nous avons réussi à l'emporter parce qu'il y a une mobilisation citoyenne que nous avons réussi à l'emporter.

Et ça préfigure aussi la bataille à venir pour le futur Parlement ou pour la session suivante du Parlement européen ou le mandat suivant, puisque ce qu'ils ont testé sur ce texte, en réalité, ça avait une portée bien au delà de ce texte. Derrière, c'était tous les textes environnementaux du green Deal qui étaient en danger et évidemment une nouvelle coalition de la droite et de l'extrême droite qui pouvait se mettre en place. Alors, évidemment, cette victoire s'est fait au prix d'un affaiblissement du texte qui a un peu baissé en niveau d'ambition dans les calendriers de mise en œuvre, mais qui reste quand même une défaite par K.O..

Et vous savez parfois ne pas perdre : C'est déjà une victoire puisque je peux vous dire notre petit compte de notre tableau Excel des députés nous donnaient perdant jusqu'à la veille du vote. Et dans tout ça, dans tout ça on a le groupe macroniste alors le groupe macroniste qui est au centre qui se revendique une grande victoire. Sauf que le groupe macroniste un tiers d'entre eux n'ont pas voté ce texte. Bref, c'est l'impact surement direct de la fameuse “pause sur les règles environnementales” qu’avait prôné Emmanuel Macron. Ça a été reçu ici cinq sur cinq au Parlement européen par la droite, l'extrême droite et une partie du groupe macroniste.

Mais à la fin, c'est nous qu'on a gagné et ça préfigure, je l'espère, les batailles à venir dans les semaines et les mois qui viennent. Bref, des bonnes nouvelles pour partir en vacances, ça ne fait pas de mal et on n'allait pas s'en priver quand même. Bon, ça va être les vacances et je crois qu'on n'a pas démérité, même si c'est vrai qu'on part en vacances avec le cœur un peu lourd, que ça a été compliqué, qu'on ne va pas se mentir, la NUPES n'est pas au top de sa forme, même si elle a maintenant tout juste un an.

Nous, ça fait plus de six mois qu'on fait des propositions concrètes pour passer à l'acte 2 à une structuration locale avec des adhésions directes à la NUPES une organisation à l'échelon départemental ou municipal, que l'on propose aussi de créer une agora. Bref, qu'on essaie de de passer à un niveau de structuration supplémentaire. Et on voit bien que sur pas mal de ces aspects là, ça n'avance pas. Que tout le monde se rejette la faute. Et moi je lui ai dit très clairement prenons les points les uns après les autres et c'est un peu comme dans l'Union européenne. Avançons avec ceux qui veulent avancer et je le dis amicalement.

Mais pour notamment Fabien Roussel, on ne peut pas exister politiquement en tapant sur le reste de la gauche parce que ça devient presque son identité politique à Fabien Roussel. Et, soit dit en passant, le sport national qui est devenu un peu cracher sur la NUPES et Jean-Luc Mélenchon. Bon, à la fin, qu'est ce que ça rapporte, si ce n'est de créer du désespoir, de la désespérance chez les gens ? Et donc on peut souhaiter que cet été permette un certain nombre de clarification politique.

Par exemple que le Parti socialiste clarifie sa position sur la loi de 2017, le permis de tuer qui est donné aux flics et qui soit en faveur clair de l'abrogation, qu'on puisse faire une proposition commune de la NUPES à la rentrée et qu'on arrête un peu de faire ce jeu où c'est la faute de l'autre. Avançons concrètement avec ceux qui le veulent. Je sais que pour les européennes, ça va être compliqué, qu'on va commencer à entrer dans le dur à partir du mois de septembre. Moi, je le dis très clairement s'il faut faire une liste tout seul, on saura faire. Je pense même qu'on fera un meilleur résultat que la dernière fois, qu'on aura plus d'élus. Campagne sait faire, des propositions, on en a.

Je pense qu'on est beaucoup plus robustes sur les questions européennes. Donc on saura faire. Mais la question, c'est notre rôle et notre responsabilité à cette heure sur la suite de la NUPES. Parce qu'on ne va pas se mentir que si jamais on fait campagne séparément, alors on sait très bien qu'on va chercher à exacerber les divergences entre les différentes listes et les différentes candidatures, qu'on va créer du désespoir chez les gens et en réalité, Marie Toussaint qui vient d'être désignée comme tête de liste d'Europe Écologie-Les Verts, je la connais très bien depuis longtemps. On a mené plein de batailles ensemble.

On va avoir Léon Desfontaines, chef de file pour le Parti communiste, qui prétend qu'il a d'énormes divergences avec nous et qui, en réalité, les communistes siègent ici dans le groupe, au Parlement européen que je préside. Vous voyez, ça va être un espèce de jeu de dupes qui, à la fin, je crois, nous fait à peu près tous perdre. Moi, je me résous pas à cette défaite. Il n'y a plus de trois quarts des sympathisant de gauche qui sont en faveur d'une liste commune aux européennes. Et surtout, la NUPES a créé un espoir. Et à l'heure où je vous en parlais, le discours raciste est devenu absolument légion commune.

On ne peut pas se permettre en fait de de faire un outil qui est perdant et c'est là où vous, militantes militants, vous avez un rôle, vous pouvez nous aider, vous pouvez marteler la NUPES localement, vous pouvez créer cet élan de la base, la base dont on a besoin. Bref, c'est aussi vous et tout et tout ce qui fait d'abord notre force. Et avant ces vacances, c'est aussi l'occasion de vous remercier, vous qui êtes si fidèles à suivre tous ces AQC. D'ailleurs, on va arriver bientôt au 100ᵉ AQC. Donc je compte sur vous. Faites nous des propositions. qu’est-ce que vous voulez d’un peu d'original qu'on pourrait faire pour le 100ᵉ AQC ? Dites nous si on va le faire participatif.

Dites moi aussi ce que ça veut dire pour vous la NUPES, ce que vous attendez de la NUPES à partir de la rentrée. Et comment nous, on va repartir avec notre bâton de pèlerin à la rentrée, puisqu'il est question de rentrée. Je vous donne évidemment rendez vous à nos universités d'été, nos amFIs C'est classique, ça se déroule dans la Drôme, à Valence. En général, il fait chaud, il fait beau c’est autour d'un lac, on s'amuse bien. Ça se passe du 23 au 27 août, juste un peu avant. Pour les plus jeunes qui nous regardent, il y a les universités jeunes, les amFIs jeunes. Juste avant, à partir du 20 août, vous pouvez vous inscrire en ligne.

Ça sera l'occasion de vous rencontrer, d'échanger et de discuter, de se donner de la force mutuelle. On va organiser plein de super débats, donc je vous donne rendez vous d'ici là. Vous avez compris ? J'ai besoin de repos. Je crois qu'on a tous besoin de repos. L'année a été dure. Cette semaine a été dure. Je ne sais pas ce que j'ai fait le moins entre les repas et les et les heures de sommeil. Cette nuit, j'en suis à peu près à deux repas cette semaine, je crois, et à peu près 2h ou 3 h par nuit de sommeil. Bref, voilà, vous avez compris, je suis fatiguée, mais on va repartir au combat. On va reprendre plein d'énergie pour toutes celles et tous ceux qui peuvent avoir des vacances.

Je vous souhaite des bonnes vacances. Prenez soin de vous recharger vos batteries et quoi que vous fassiez, nous, on va continuer à se battre aussi pour un droit aux vacances parce qu'on sait que tout le monde n'a pas la chance de partir en vacances, particulièrement cette année au vu de l'inflation. Et donc j'espère au moins que chacune et chacun d'entre vous pourrez vous aérer un peu et en tout cas, comptez sur nous pour revenir plus motivés que jamais, avec plus d'énergie que jamais et pour repartir au combat parce que l'année qui nous attend sera une nouvelle année électorale. Les amis, il faudra repartir combatif. Merci encore de me suivre.

N'hésitez pas à partager cet AQC, à nous faire des retours, à liker tout ça. Bref, vous connaissez. Et puis on vous laisse comme d'habitude avec une petite chanson, une chanson qui parle de la nécessité de s'éloigner des RER, d'aller sur la plage de rêves d'enfant. Et bien ça, avec ses rêves, mes rêves d'enfant que je vous laisse une chanson “Quand j’serai grand” de Fabe, Pour ceux qui aiment bien le rap des années 80, vous serez servis vous verrez une petite influence, une petite dédicace à Matthieu si tu nous regarde. mon ancien collaborateur qui connaît bien le rap des années 80. Voilà, on a pensé à toi avant ces vacances. Et puis prenez soin de vous.