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Florian Philippot, invité de PPDA

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Radio Classique, l'invité du soir de Patrick Poivre d'Arvore. Cet invité est Florian Philippot, bonsoir. Bonsoir.

Vice-président du Front National. Alors nous venons de vivre ce matin deux heures de conférence de presse de François Hollande. Habituellement les commentateurs sont toujours assez sévères avec le président.

Là cette fois-ci ils ont trouvé que c'était plutôt réussi. Vous allez me dire le contraire j'imagine. En tout cas le président a clamé sa volonté de prolonger l'esprit de janvier.

Et l'esprit de janvier c'est pas vous ça. Vous restez sur le quai non ? Je sais plus ce que ça veut dire l'esprit du 11 janvier.

C'est l'esprit du marché, la république. On va finir par perdre la tête. Au bout d'un moment il faut revenir sur terre.

C'est pas l'esprit du 11 janvier qui ressemble furieusement à de la récupération de bas étage. C'est tout simplement cela. C'est de la récupération des attentats.

Des gens vous diront que Marine Le Pen elle se trouve à Beaucair. Elle aussi à sa manière. Les trois quarts des marcheurs étaient en province.

On était même dans la majorité finalement. Et moi j'étais à Metz. Mais c'est vrai qu'il faut arrêter cette récupération.

Et puis surtout c'est pas l'esprit du 11 janvier qui va donner du travail aux français. Qui va assurer leur sécurité. Qui va assurer la lutte contre l'islamisme radical.

Qui va leur permettre d'être libres et souverains par rapport à l'eurodictature qui s'affirme. Très clairement on a vu avec les décisions de la banque centrale européenne par rapport à la Grèce. Bref je crois qu'il faut redescendre sur terre.

Et il faut que François Hollande cesse de surfer sur cet esprit du 11 janvier. Je crois qu'il est de plus en plus déconnecté des français. Qui vous agace un peu.

Non qui ne m'agace pas. Mais je trouve que ce n'est pas très décent. Il est qui vous trouvez mis à toutes les sauces.

Mais en même temps c'est quand même la preuve. Je crois qu'on nous en parlera encore en 2017. Les français reprennent un peu confiance en eux-mêmes.

Ils ont retrouvé une sorte de fierté qu'ils avaient. Ils se fustigent en permanence. Il semble qu'ils se redressent un peu.

Donc vous n'avez pas senti ça vous auprès de vos députés ? Moi je suis persuadé que les français sont fiers de leur pays. Fiers d'eux-mêmes.

Et qu'ils ne l'attendent qu'une politique qui remette la fierté nationale au centre. Mais je n'ai jamais eu de doute dans les français. J'ai les plus sérieux doutes en revanche concernant leurs élites.

Et concernant notamment leurs élites politiques. Ça oui j'ai de gros doutes. Et je ne pense pas qu'on soit dans une période magique.

Que par un esprit ou une pensée magique. Après le 11 janvier tout soit réglé en France. Non absolument pas.

Que ce soit sur la question d'ailleurs de l'islamisme radical. Pas une mesure n'a été prise pour l'instant. Enfin si je suis injuste.

Ils ont annoncé le lancement d'un site internet. Stop djihadisme.gouv.fr Et une journée de la laïcité à l'école.

Ce qui probablement va régler le problème. Mais rien sur, je suis évidemment ironique. Mais rien sur l'immigration, sur le communautarisme.

Sur la maîtrise des frontières. Sur les moyens donnés à nos forces de l'ordre. A notre armée.

Rien sur la politique étrangère qui doit être réorientée. Parce qu'aujourd'hui on est les meilleurs amis du monde avec le Qatar et l'Arabie Saoudite. Qui financent pourtant l'islamisme radical.

Bref, aucune mesure de fond. Et ce matin aucune mesure non plus sur les questions économiques. Sur le chômage ou le pouvoir d'achat.

Alors justement. C'est assez inquiétant je crois pour les français. C'est une conférence de presse pour rien.

Que ce soit clair. Il y a quand même des moments où il y a des gens qui ont la main ou la main verte. Et puis il y a des moments où ils n'ont pas la main du tout.

Là il semble prendre un peu la main. Ne serait-ce que diplomatiquement. Il y a ce séjour qu'il fait à Kiev puis à Moscou demain.

Le Moyen-Orient. L'Afrique. Il en a parlé.

Moins sûr de lui en effet sur l'économie et sur l'emploi. Qu'est-ce qui va se passer et qu'est-ce qu'il faut qu'il se passe pour que le chômage redémarre ? Selon vous.

Le chômage il a redémarré depuis longtemps. Que l'emploi reprenne. Que l'emploi reprenne.

Il faudrait revoir complètement la politique économique et donc aussi la politique européenne. Parce que c'est complètement imbriqué. Évidemment on ne redressera l'emploi en France que si on réindustrialise notre pays.

Que si on soutient aussi ce tissu de PME, PMI, d'artisans qui crée l'emploi aujourd'hui. Alors comment on fait ? Déjà on cesse tout ce qui désindustrialise la France.

C'est-à-dire l'ouverture totale des frontières. On fait au contraire du protectionnisme intelligent. On cesse avec l'euro qui est une catastrophe absolue.

Et je crois que les Grecs sont en train d'en prendre conscience. Sauf qu'ils ne veulent pas sortir de l'euro. Je crois que là c'est même devenu un frein à la démocratie.

C'est-à-dire qu'on a bien vu le système extrêmement autoritaire qui au nom de l'euro vous oblige à une politique d'austérité. Et donc de désindustrialisation, de perte de croissance, de perte d'emploi et d'augmentation de la dette au passage. Et puis on fait du patriotisme économique.

Moi j'aurais aimé que ce matin François Hollande annonce par exemple une priorité dans les marchés publics pour nos PME françaises. J'aurais aimé qu'il annonce un small business act par exemple. C'est-à-dire une priorité pour les petites entreprises par rapport aux grandes entreprises.

Une loi achetons français qui obligerait l'Etat et les collectivités locales et les grandes entreprises publiques à acheter prioritairement des produits fabriqués en France. Si l'ancien ministre Arnaud Molenbourg avait essayé de faire un peu ça avec les Français. Oui mais sauf que tout ce que je dis là, le protectionnisme, la question monétaire, ce patriotisme économique est interdit par l'Union Européenne.

Or comme François Hollande, comme Nicolas Sarkozy d'ailleurs précédemment, sont des petits rapporteurs de l'Union Européenne. Et des petits porte-parole même de l'Union Européenne. Ils sont soumis à cette politique et ils ne peuvent pas s'en défaire.

Donc ils sont coincés. On ne peut pas vivre tout seul au milieu d'une Union Européenne de 27 ou 28 personnes qui seraient 28 états autour de nous. Sans la France, il n'y a pas d'Union Européenne d'abord.

Et ensuite, on ne serait pas seul. Les autres pays, la grande majorité, les 95% des pays du monde, y compris sur le continent européen, qui ne sont pas dans l'Union Européenne et a fortiori dans la zone euro, ne sont pas seuls du tout. Au contraire, ils sont plus dans le monde que nous.

Là, on n'est pas dans le monde. On n'est pas dans la croissance mondiale. On n'est pas là où il faut être.

On n'est pas là où est le progrès technologique, économique. On n'y est pas. On est coupé.

Voilà. Bon, c'est une des questions qu'il n'a pas abordé. Il n'a pas abordé non plus.

Je suis désolé, vous dites la question internationale, la question des attentats. Enfin, il n'a pas abordé la question de l'islamisme radical. Il n'a pas donné le début d'un commencement de mesure pour lutter contre l'islamisme radical ou même redresser l'école.

Puisqu'il a parlé de l'école, il s'est contenté d'objectifs, de bons mots. Mais rien de concret sur les méthodes d'enseignement. Nous estimons qu'elles devraient être obligatoirement des méthodes classiques et qu'on cesse le pédagogisme.

Il n'a rien dit sur l'autorité à l'école. Il n'a rien dit sur comment on gère une classe quand on a 25 nationalités différentes face à soi, quand on est professeur. Comment on fait ?

Ça, c'est la question du communautarisme et de l'immigration qui n'est pas posée non plus. Florian Philippot, la campagne pour le deuxième tour des législatives dans le Doubs bat son plein. On l'a dit, hier Bernard Cazeneuve était sur place, aujourd'hui c'est Manuel Valls.

Le PS apparemment sort l'artillerie lourde. Oui, et même le président de la République en a parlé. Oui, par deux fois.

Ne trouvez-vous pas cela extraordinaire que le chef de l'État, sous la Ve République, parle d'une législative partielle dans le Doubs ? Il fait référence à ce qu'avait été sa décision lorsqu'il y avait eu l'art présidentiel au second tour entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chérin. Exactement, et même qu'il compare cela à un deuxième tour d'élection présidentielle.

Alors qu'on parle d'avoir un troisième député sur 577 du Front National. Ce qui serait la moindre des choses, puisque nous sommes aujourd'hui le premier parti de France dans les urnes et dans les sondages. Donc on voit bien que ces gens-là sont fous.

Et apparemment vous n'aurez pas de proportionnel. Ils ont vraiment perdu la tête que le président de la République, le premier ministre, le ministre de l'Intérieur, ils n'ont rien d'autre à faire. Ils n'ont rien d'autre à faire.

Aujourd'hui, Manuel Valls, c'est le ministre de l'Intérieur, était dans le Doubs pour soutenir le candidat socialiste. Peut-être qu'ils vous craignent. Mais j'espère qu'ils nous craignent.

Alors moi je dis, puisqu'ils ont nationalisé ce scrutin, vous avez vous, électeur du Doubs, je ne sais pas s'ils nous entendent ici, mais vous avez une chance extraordinaire, vous avez une opportunité incroyable, la France vous regarde. Vous pouvez donner une claque magistrale à François Hollande, à son gouvernement, c'est très facile, il suffit de prendre un bulletin de vote Sophie Montel, Front National Rassemblement Bleu Marine, et de le mettre dans l'urne dimanche. Vous serez les porte-parole de millions de Français.

Vous avez déjà donné une claque à Nicolas Sarkozy en tant que chef de l'UMP, c'était dimanche. J'imagine que ça, ça vous a fait encore plus plaisir, non ? Écoutez, Nicolas Sarkozy, moi, je pense que son candidat effectivement a perdu, en grande partie à cause de Nicolas Sarkozy, c'est vrai.

Nicolas Sarkozy dit que ce n'était pas son candidat, il dit qu'il avait été choisi par le Triumvirat précédent. Là, ça devient de cette pire en pire, c'est-à-dire qu'il n'assume même plus les candidats de son propre parti. On voit bien qu'on est un peu dans le grand n'importe quoi.

Nicolas Sarkozy, c'est un retour raté, qui plombe son parti, ça c'est une évidence. C'est vrai que la conférence à Abu Dhabi le lundi, qu'on a apprise aujourd'hui, est quand même extrêmement choquante. Le seul nini qui reste à Nicolas Sarkozy, qui l'intéresse encore, en fait, c'est ni chèque ni carte bleue.

C'est ça le seul nini qui l'intéresse. Nicolas Sarkozy, je pense qu'il a fait son temps et qu'il est en train de sortir de l'histoire politique, sortir du jeu politique. Je ne sais même pas s'il s'en rend compte, mais il apparaît aujourd'hui comme extrêmement ringard, extrêmement décalé et un poids terrible pour son propre mouvement.

Et Alain Juppé vous inquiète davantage ? Et Alain Juppé, lui, est en train de s'arlem désirer, désirer, on va dire ? Parce qu'il l'a dit qu'il ne fallait pas voter Front National ?

Ou se évagoliser ? Non, parce que j'ai lu son blog, et je dis cela parce que l'article qu'il a écrit, plein de mots creux, de formules creuses, aurait pu être signé par Arlem Désir ou Eva Jolie. Mais vous savez, je pense que l'UMP et le PS aujourd'hui sont acculés par la dynamique des patriotes que nous sommes.

Et donc, acculés par cette dynamique très forte, cette progression très forte, ils sont de plus en plus contraints de se mettre ensemble. Et on a vu avec Alain Juppé notamment l'acte de naissance officiel de l'UMPS. Je suis désolé.

On a vu l'acte de naissance officiel de l'UMPS. Et je crois que ces parties-là sont en train de démontrer que les vrais clivages ne sont plus entre la gauche et la droite, comme nous le disions, mais entre eux et nous, entre ceux qui croient en la France et ceux qui n'y croient plus. Florian Philippot, selon les dernières enquêtes, le FN serait en mesure d'éliminer le PS au premier tour.

Dans plusieurs centaines de cas, donc aux prochaines départementales, paraît-il, dans un cas sur deux. Ça vous paraît crédible comme hypothèse ? Oui, ça me paraît assez crédible, effectivement.

Je pense qu'il y aura beaucoup de duels, probablement alors face à l'UMP, quoique on s'attendait à cela plutôt dans le doux et finalement on était face au PS. Donc on verra bien, peu importe, ce sont les mêmes et ils feront voter les uns pour les autres. Bon, on verra bien d'ailleurs, ce sera intéressant.

Dans combien de cas et combien de cantons nous aurons ces alliances sacrées du système, c'est formidable. Ça fait avancer l'histoire, je crois. Mais je pense que nous aurons beaucoup d'élus, beaucoup de conseillers généraux départementaux.

Aujourd'hui, nous n'en avons qu'un seul à Brignol. Donc ce sera une très belle progression, un très bel ancrage dans nos départements. Et l'enjeu notamment de ces élections, ce sera de sauver la proximité du département, menacé par la réforme territoriale, menacé par ces hyper-régions très très éloignées, très très déconnectées et très coûteuses.

Vous avez souvent dénoncé l'empilage de millefeuilles, de différents niveaux de décision, de ci, de là. C'est vrai. Non, parce qu'on est cohérents, on est pour la commune, le département et l'État.

Eux, ils sont plutôt pour l'intercommunalité à marche forcée, les grosses régions très coûteuses, très féodales, très éloignées des gens. Vous aurez le siège de la région à plusieurs centaines de kilomètres de chez vous. Ça veut dire moins de services publics aussi, au passage.

Et puis l'Europe. Nous, on est plutôt dans le triptyque républicain classique. Merci, Florian Philippot, puisque vous parliez des auditeurs de Radio Classique.

La fréquence à Besançon, c'est 94. Eh bien, voilà, on a été entendus. Merci, il est 19h25 sur Radio Classique.

Dans un instant, 24h du Monde, l'actualité internationale.