Xavier Bertrand, invité du Grand Jury, dimanche 25 janvier 2015 - Partie 1 - RTL - RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 46 %Attaque 34 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:01OuverteÉludée
Est-ce que vous êtes globalement d'accord avec ce qu'a dit le Premier ministre cette semaine ? Y a-t-il en France une situation d'apartheid ?
- 2:42FerméeRéponse directe
Les mots de guerre, vous reconnaissez, Emmanuel Valls, le mérite de l'avoir prononcé ?
- 3:08RelanceÉludée
Est-ce que sur le diagnostic, vous êtes d'accord avec lui ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Dans les quartiers, pour remédier à la ségrégation, il parle de changer le peuplement du logement social. Qu'en pensez-vous ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Est-ce que la mixité sociale est une réponse à une certaine radicalisation ?
- 7:05RelanceRéponse partielle
Pourquoi, lorsque vous étiez ministre, avons-nous dû sacrifier la sécurité des Français en diminuant de 12 000 postes les effectifs de gendarmes et de policiers ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11Invité politiqueFait
« nous sommes en guerre. Nous ne sommes pas en guerre depuis le 7 janvier. Nous sommes en guerre depuis bien plus longtemps. »
- 3:50Invité politiqueFait
« C'est de la communication politique et personne ne s'y trompe. »
- 4:01Invité politiqueFait
« il y a des ghettos dans notre pays. »
- 6:42Invité politiqueFait
« Rappelez-vous Trappes, c'était à l'été 2013. Un contrôle d'identité. Une femme qui portait la burqa. Et aussitôt, des émeutes. »
- 7:36InvitéChiffre
« que le nombre de gendarmes, soyons concrets, et le nombre de policiers ont été, les deux, réduits de 12 000 personnes ? »
- 9:57Invité politiqueFait
« Économies ailleurs. Mais quand on fait la guerre, on trouve l'argent. »
- 10:08Invité politiqueFait
« une idée qu'avait eue David Douillet sur la question de la mise en réserve des crédits pour les utiliser, pour ne pas baisser notre niveau de sécurité. »
- 14:02Invité politiqueFait
« il va falloir mettre un terme, déjà faire reculer pour ensuite un jour faire disparaître les trafics de drogue. »
- 19:38Invité politiquePromesse
« Je veux un service national obligatoire. »
- 24:48Invité politiqueChiffre
« Cette proposition représente un coût budgétaire d'environ 1,5 milliard d'euros par an. »
- 27:46Invité politiqueChiffre
« Vous avez à peu près 20 000 enfants qui ne vont pas à l'école. »
- 29:48Invité politiqueFait
« Ça ne suffit pas. »
- 29:50Invité politiquePromesse
« il faudrait condamner des parents pour l'absence de leurs enfants à l'école. »
- 29:55Invité politiqueFait
« Pourquoi ils ne les envoient ? Il n'y a aucune raison à ne pas envoyer ces enfants à l'école de la République. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand65 %
- Invité12 %
- ?10 %
- Présentateur7 %
- Invité 25 %
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Le Grand Jury, RTL, le Figaro, LCI. Invité ce soir, Xavier Bertrand, député maire UMP de Saint-Quentin. Le débat est dirigé par Jérôme Chapuis. Bonsoir et bienvenue dans le grand studio de RTL pour ce Grand Jury dont vous êtes l'invité, Xavier Bertrand. Bonsoir. Bonsoir. A mes côtés pour vous interroger, Alexis Brézé du Figaro, Éric Revelle d'LCI. On va parler
avec vous bien sûr
des élections législatives en Grèce. Victoire annoncée du parti Syriza. On va y revenir dès que les résultats seront définitifs. Je voudrais qu'on évoque d'abord
ce
qui s'est passé en France il y a 15 jours, la suite des attentats. Plus on s'éloigne d'un événement, plus on est porté à s'interroger sur ces causes profondes. Et c'est un peu ce que fait la classe politique depuis quelques jours. École, logement, ville, police, sur le diagnostic, comme sur les solutions. L'Union nationale n'empêche pas les débats. Xavier Bertrand, est-ce que vous êtes globalement d'accord avec ce qu'a dit le Premier ministre cette semaine ? Y a-t-il en France une situation d'apartheid,
c
'est-à-dire de ségrégation de fait
? La
première des choses, c'est que nous sommes en guerre.
Nous
ne sommes pas en guerre depuis le 7 janvier.
Nous
sommes en guerre depuis bien plus longtemps. Contre les terroristes djihadistes.
Qui
ont décidé,
pas
seulement de nous faire peur,
pas
seulement de nous faire mal, mais de remettre en cause ce que nous sommes. Et leur objectif final,
c
'est de créer les conditions d'une guerre civile sur notre territoire. Quand il y a une situation de guerre,
on
se serre les coudes. Quand il y a une situation de guerre, on regarde ce qui est essentiel.
La
nation, le cadre républicain. Et j'aime mon parti,
mais
j'aime encore plus mon pays.
Et
cela nous amène à un niveau de responsabilité,
peut
-être sans pareil pour notre génération politique, mais il faut savoir ce qui se passe en ce moment. Vous évoquez le risque de guerre civile. C'est l'objectif des terroristes.
C
'est l'objectif des djihadistes
qui
veulent remettre en cause notre mode de vie, nos libertés fondamentales, ce que nous sommes.
Et
ils le font par le terrorisme à l'extérieur de nos frontières. Mais il y a aussi des ennemis de l'intérieur qui, sur le territoire, veulent encore une fois nous casser et nous détruire. Alors ce sera eux ou nous. Alors c'est eux qu'il faut détruire.
Par
des moyens qui relèvent de la sécurité,
de
la lutte contre le terrorisme,
mais
aussi par d'autres moyens. Alors
on va évoquer
peut-être pour commencer, parce qu'on va évoquer la sécurité,
Xavier Bertrand. Je
plaide pour ma part,
pas seulement sur le côté sécuritaire qui est important, mais sur une véritable offensive républicaine.
Alors
précisément,
sur
toutes ces questions, Alexis Brézé.
Oui, ces mots de guerre, vous reconnaissez, Emmanuel Valls, le mérite de l'avoir prononcé, ce mot de guerre ?
Évidemment. Chacun s'accorde à reconnaître la situation dont il s'agit.
Et
ce n
'est
pas parce qu'on a utilisé des armes de guerre.
Ils
veulent nous détruire. Ce sera leur liberté ou la nôtre. Alors
c'est la nôtre qu'il faut préserver.
Alors offensive républicaine, dites-vous. Emmanuel Valls, lui aussi, a évoqué un certain nombre de mesures. Il a parlé d'apartheid. Là encore, je repose ma question. Est-ce que sur le diagnostic, vous êtes d'accord
avec lui
? La
première des choses,
c
'est que je dis au Premier ministre, comme à tous les responsables politiques, halte à la surenchère verbale.
Nous
n'avons pas besoin
de
phrases ou de mots-chocs.
Nous
avons besoin de politiques-chocs.
Je
pense qu'il faut bien comprendre aujourd'hui. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des actes forts. Alors
précisément, quand il parle d'apartheid, derrière, il prône une mesure. Il parle de politique de peuplement.
C
'est peut-être ça que vous appelez une politique-chocs. Dans les quartiers, pour remédier à la ségrégation, il parle de changer le peuplement du
logement social, par exemple. C'est de la communication politique et personne ne s'y trompe. Emmanuel Valls a envie, besoin de parler à sa gauche. Ça n'est pas possible aujourd'hui ? Mais attendez, l'apartheid de la France n'est pas l'Afrique du Sud.
Mais
il y a des ghettos dans notre pays. Le peuplement dont il parle, aussitôt s'est décodé par la mixité sociale.
Aujourd
'hui, il faut bien comprendre. Que nous avons besoin, déjà,
de
renforcer notre sécurité, de mieux lutter contre les terroristes, de maintenir aussi notre défense au niveau où elle se situait, pas au niveau où elle va, elle a, s'évoluer. On va
parler de tout
ça,
mais sur ces questions qui ont été posées par le gouvernement.
Attendez, on
a la
question
des
terroristes maintenant. Et il faut lutter contre eux. Mais nous devons aussi, je suis d'accord, lutter contre d'éventuels terroristes dans 10 ans. Parce que nous ne travaillons pas seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants. Dans les propos qu'a tenu Manuel Valls, il y en a un qui m'a choqué.
C
'est celui où il a dit, si je ne me trompe pas, que nos enfants allaient devoir s'habituer à vivre avec le terrorisme. Mais si nous prenons nos responsabilités maintenant,
si
nous ne faisons pas ce qui a été fait depuis 30 années, c'est-à-dire qu'on a baissé les yeux, on a détourné le regard, si nous ouvrons vraiment les yeux, et si nous prenons nos responsabilités, je pense que nous éviterons ces situations dramatiques. Demain, je ne veux pas que mes enfants vivent en ayant
peur. Sur la mixité sociale. Que notre
génération
connaisse
cette situation parce que nous n'avons pas fait ce qu'il fallait. C'est une chose. Mais nos enfants n'ont pas à grandir en ayant peur.
Sur la mixité sociale, est-ce que vous êtes de ceux qui
disent,
comme
le gouvernement, c'est une réponse à une certaine radicalisation ? Ou bien est-ce que vous dites, par exemple, comme Malek Bouti, ancien fondateur de SOS Racisme et socialiste lui aussi, on ne fera pas disparaître les foyers radicaux en les disséminant ?
Il a raison.
Malek Bouti a raison.
Ce
qui est vrai aujourd'hui, c'est que vous avez une promesse républicaine qui doit enfin être tenue.
Loger,
protéger, j'y reviens, l'accès à l'emploi, éduquer. Voilà pourquoi je plaide pour une offensive républicaine. La question n'est pas seulement le logement.
Mais
d'un autre côté, nous devons aussi reconnaître la faillite de la politique de la ville. La rénovation urbaine a eu du sens. Heureusement que Jean-Louis Borloo a eu non seulement cette intuition, cette ambition, mais aussi de porter ça jusqu'au bout. Parce que ça a permis de rénover le cadre urbain. Mais pour le reste, et Malek Bouti le dit, j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui, dans certains endroits, on a acheté
la
paix.
Mais
ce que je demande aujourd'hui,
c
'est qu
'il
n'y
a
pas forcément besoin de mettre en place un concours lépine des idées.
Il
y a déjà des lois, il faut les appliquer.
Et
pour ça, je revendique une tolérance zéro.
Mais
d'un autre côté,
on
ne l'a pas fait. Pourquoi ? Disons les choses clairement.
Si
vous appliquez une tolérance zéro aujourd'hui, si vous dites que plus personne ne portera la burqa sur le territoire national, comme le prévoit la loi, mais ce qui n'est pas respecté,
qu
'est-ce qui va se passer ? Vous allez avoir des réactions, des tensions et des affrontements. Rappelez-vous Trappes, c'était à l'été 2013. Un contrôle d'identité.
Une
femme qui portait la burqa. Et aussitôt, des émeutes. Et bien sur ce sujet, il y a de nombreuses forces de police qui reçoivent des consignes. Et tous les responsables sont d'une certaine façon coupables. Parce qu'on a préféré avoir un semblant de paix, alors qu'en définitive, on a laissé les
communautaristes progresser. Et
la République
reculait.
Tolérance zéro.
Vous avez une question assez
précise et assez concrète. On a entendu depuis le début de cette émission votre posture, qui va sans doute
rassurer
le parti auquel vous appartenez, et votre camp sur les mots que vous avez employés, le mot de guerre et autres. Mais quand vous dites que cette guerre n'a pas commencé le 7 janvier, elle a commencé bien plus tôt, comment expliquez-vous qu'en 2007 à 2012, au moment où Nicolas Sarkozy est président de la République, et vous êtes membre de plusieurs gouvernements, que le nombre de gendarmes, soyons concrets, et le nombre de policiers ont été, les deux, réduits de 12 000 personnes ?
Lorsque vous dites que la guerre n'a pas commencé, et qu'il faut des moyens de sécurité supplémentaires, mais pourquoi, lorsque vous étiez ministre, lorsque Nicolas Sarkozy était président de la République, avons-nous dû sacrifier la sécurité des Français en diminuant de 12 000 postes, les postes de gendarmes et de policiers ? Quand
je vous dis depuis 30 ans, ça englobe aussi entre 2007 et 2012.
Et
pourquoi ? Parce qu'à l'époque, on pensait que... Donc ce fut une erreur de réduire à ce
point-là les effectifs de la police et de la gendarmerie. On pensait que l'on pouvait
diminuer les effectifs. Pourquoi
?
Pour être capable de ne pas continuer à vivre au-dessus de nos moyens, que l'État vive au-dessus de ses moyens. On pensait qu'il fallait réduire les déficits. Et vous-même, bien souvent, M. Revelle, vous insistez, Politique, pourquoi vous ne réduisez pas davantage ? Je vous le dis, l'orthodoxie budgétaire... Enfin, ne me faites pas porter
la réduction
des
déficits. Ne vous inquiétez pas, j'assume mes responsabilités. L
'orthodoxie budgétaire, avoir une bonne note de la part des agences de notation, si ça ne nous permet pas d'assumer les fonctions essentielles de l'État, eh bien je suis désolé, je ne suis pas un laxiste, je sais réformer, mais je ne veux pas mourir guéri, tout simplement
parce qu'on aurait réussi à rien.
Parce que réduire les déficits, c'est sans doute plus facile dans la gendarmerie, dans la police. Ces gens manifestent peu, et on peut voir au chapitre que de le réduire dans des fonctions publiques où les gens sont plus rapidement dans la rue. Est-ce que ça a été une faute politique que de réduire à ce point-là les effectifs
de la gendarmerie, de la police ? Je vous ai dit que
depuis 30 ans, il y a une responsabilité
collective. Moi je vous parle de 2007
à 2008. Je vous ai parlé depuis 30 ans, je n'ai pas peur de vous dire qu'y compris à cette période-là. Pourquoi ? Parce que la question de la réduction des déficits était prioritaire. Vous-même en permanence vous réclamez, et j'entends pourquoi. Mais il y a des sujets sur lesquels, tout ce qui concerne la sécurité, tout ce qui concerne la justice, la défense, on n'a plus le droit de baisser la garde. Et si ce qui s'est passé, le drame qui s'est produit le 7 janvier, doit nous montrer une chose, c'est que tout ce qui touche à l'essentiel de ce qu'est l'État, on n'y touche pas, on n'abaisse pas notre degré de garde, notre niveau de garde et de protection.
Petite précision avant de donner la parole à Alexis Brézès sur ce que vous venez de nous dire. Les mesures qui ont été annoncées depuis quelques jours coûtent de l'argent, on parle d'un milliard et demi d'euros au minimum. Est-ce que vous pensez qu'on peut le faire en accroissant légèrement les déficits, ou est-ce qu'il faut faire des économies ailleurs ?
Économies ailleurs. Mais quand on fait la guerre, on trouve l'argent.
Et
je vous ai dit que nous sommes dans une situation de guerre, alors dans ces cas-là, on trouve. Premier ministre l'a dit, d'ailleurs une idée qu'avait eue David Douillet sur la question de la mise en réserve des crédits pour les utiliser, pour ne pas baisser notre niveau de sécurité. J'aurais d'ailleurs aimé, je l'avais demandé au président de la République,
qu
'on n'enlève aucun effectif militaire cette année. Parce que là encore,
à
partir du moment où nous avons un front extérieur,
et
je soutiens le gouvernement quand il décide justement de nous protéger en agissant à
l
'extérieur. Mais nous avons aussi un front intérieur avec des ennemis de l'intérieur. Je suis pour ma part pour que l'on n'ait pas une armée qui soit une armée diminuée, affaiblie.
Donc vous dites qu'il faut
maintenir globalement le niveau des effectifs et non pas réduire le niveau de réduction.
Et là aussi,
si vous voulez me faire dire que depuis des années, parce qu'il fallait faire des économies, on a aussi réduit, vous auriez raison. Vous auriez raison. Mais aujourd'hui, il est enfin temps d'ouvrir les yeux. Et cette situation, ce contexte de guerre dont je parlais, ce n
'est
pas une dramatisation. C'est tout simplement la réalité. Mais une chose est certaine,
nous
avons eu des faiblesses, des faiblesses coupables. On a pensé que ce n'était pas grave, que ce n'était pas dangereux. Si, ça l'est. Et à partir du moment où nous savons les choses, nous n'avons plus le droit de manquer à nos responsabilités.
Deux questions très précises
dans le cadre de ce débat sur la mixité sociale et les propositions que semble envisager le gouvernement. La première, faut-il, oui ou non, durcir la loi SRU qui prévoit une certaine proportion de logements sociaux ? Deuxième question, puisqu'on sent que c
'est
ça aussi le projet, faut-il durcir la carte scolaire qui affecte les élèves à tel ou tel établissement en fonction de leur quartier ?
Mais tout ceci existe que les maires fassent leur boulot.
Et
la plupart du temps, ils le font leur boulot. La seule chose, c'est qu'il y a des endroits, il faut le reconnaître, il y
a
une loi qui est différente de la loi de la République. C'est qu'encore une fois, pour avoir la paix, on laisse tout le monde se regrouper, vivre ensemble. Mais si chacun, enfin vivre ensemble plutôt, vivre des communautés complètes entre eux. Or les communautés n'existent pas, il
n'y a
que la communauté nationale. Là encore, si chacun fait son boulot, si chacun assume ses responsabilités, fait preuve de fermeté,
vous n'avez
pas tous ces problèmes. Dans
certains
endroits, si les maires prennent leur responsabilité, si les bailleurs sociaux assument leur responsabilité, vous n'avez pas tous ces problèmes. Même chose pour la question de la carte scolaire. Encore une fois, parce que le problème c
'est
la carte scolaire, non, c'est l'école.
C
'est aujourd'hui ce que doit apporter l'école aux jeunes. Parlons justement du contenu de l'école. Alors attendez, on parlera peut-être un petit
peu plus tard, mais
moi j'aimerais de nouveau vous entendre sur ce qui a été fait entre 2007 et 2012. Le Premier ministre, tout de suite après les attentats,
a
estimé qu'il y avait eu des failles dans notre système, notamment de renseignements. En 2008, la DST a fusionné avec les renseignements généraux.
Vous
en souvenez sans doute, décision de Nicolas Sarkozy qui a donné naissance à la DCRI qui est devenue la
DGSI.
Question très simple. Les renseignements généraux, ce sont souvent des gens qui font des petits travails de fourmis, qui font des petites fiches. La disparition ou quasiment des renseignements généraux avalés par une grande direction de la sécurité intérieure.
Est
-ce que cette décision pour vous, finalement, pose une question aujourd'hui et n'a pas provoqué des failles dans le renseignement que le Premier ministre pointe aujourd'hui ?
Aller vers la constitution d'une entité unifiée, la DGSI, était une bonne décision.
Et
ceux qui étaient aux renseignements généraux avant sont toujours là.
Mais
ils travaillent pour la DGSI.
La
seule chose qu'ils ont abandonnée, c'est la surveillance, l'information sur les partis politiques. Il suffit de dire la presse pour en savoir aujourd'hui autant. Et de les recentrer sur ces missions
essentielles. Ça a beaucoup plus
désorganisé le renseignement en France que vous nous dites, Xavier. Alors je ne
sais
pas si vous avez une conviction
en la
matière. Non, je n'ai pas de conviction. Je vous dis juste
que comme je le vois, comme je le vis, cela a permis, et je ne tiens pas cela, uniquement des connaissances que je peux avoir en tant que parlementaire. C'est aussi les échanges que je peux avoir avec les personnels concernés. Ce qu'ils me disent en revanche,
c
'est qu'ils sont capables de donner les informations. Maintenant, c'est la force de la réaction. Prenez un exemple, dans les cités.
Si
vous voulez, et c'est plus important encore que la seule question de la carte scolaire,
si
vous voulez faire en sorte
que
l'on retrouve l'ordre, l'ordre républicain,
il
va falloir mettre un terme, déjà faire reculer pour ensuite un jour faire disparaître les trafics de drogue.
Il
y a des cases d'armes. Certains des professionnels que vous citez savent où elles se situent, pour certaines d'entre elles. Aujourd'hui, il n'est pas possible d'agir,
parce
qu'il n'y a pas les forces nécessaires pour le faire. Voilà pourquoi je demande,
et
je sais que ces conditions d'emploi ne sont pas simples, mais je demande que l'armée, qui est aujourd'hui sortie des casernes, puisse faire des opérations de sécurisation en soutien des forces de l'ordre traditionnel. Faute de quoi, vous n'éradiquerez pas le trafic d'armes dans certaines banlieues, et vous n'éradiquerez pas non plus le trafic de drogue. Si vous voulez l'ordre républicain,
c
'est maintenant, je l'ai dit. Pardon,
mais vous avez dit, pour commencer cette émission, le risque de guerre
civile. Le moment où on commence à envoyer des soldats dans les banlieues, est-ce que ce n
'est
pas précisément acté, quasiment, la guerre civile ? Qui a parlé
d
'aller faire la guerre dans les banlieues
? Mais
tout simplement, je vous l
'ai
dit, je vais être très
précis là-dessus. Quand on envoie les soldats dans les banlieues, symboliquement, c
'est le début de la guerre
civile. Non, c'est pour l
'éviter, monsieur. C'est pour l'éviter.
Mais est
-ce
qu'en termes de
maintien de l'ordre, ce n'est pas
très compliqué ? Parce que le maintien de l'ordre, c'est des techniques, la guerre, c'est une autre technique, et les militaires eux-mêmes disent, nous, nous retrouver face à des mouvements d'émeux, toutes choses comme ça, on ne sait pas très bien faire, on ne
sait
faire qu'une chose, c'est tirer. Vous
êtes d'accord ? Il y en a
même un, j'ai vu ça dans un journal, qui a dit, la bataille d'Alger, on a déjà donné.
Et dans les gares, alors, ils y vont pour tirer ? Non, ils y vont pour sécuriser. Aujourd'hui, vous avez 10 000 militaires qui sont là pour sécuriser un certain nombre de lieux, c'est de la sécurisation en appui.
Voilà pourquoi
je veux être très précis là-dessus, parce que ce débat, je le pense, ne mérite pas de caricature, il est important. Vous avez aujourd'hui 10 000 militaires qui viennent en appui des forces d'ordre. Ce que je demande, c'est que si vous voulez aller jusqu'au bout,
si
vous voulez aller jusqu'au bout pour démanteler des trafics de drogue, ça sera aux policiers de le faire. Mais en soutien, dans ces quartiers, s'il n'y a pas des forces massives, vous risquez d'avoir des troubles. Je veux éviter ces troubles, et je ne veux pas de guerre civile, M. Chapuis.
Et
je pense qu'il faut aussi savoir clairement ce que l'on veut. Nous avons un front à l'intérieur, nous avons un front à l'extérieur. Pour cela, nous avons les forces de l'ordre. Les forces de l'ordre doivent être aujourd'hui plus nombreuses.
Mais
on doit aussi revoir la façon dont ils vont agir sur le territoire.
Vous
avez eu une certaine façon, une forme de rapprochement entre la gendarmerie et la police. Je demande aussi à ce que les règles d'usage des armes
pour
nos policiers soient changées en France. C'est donc alignées sur celles de la gendarmerie ? La gendarmerie, vous le savez, vous faites des sommations avant de faire usage des armes. Aujourd'hui, la police, c'est de la légitime défense.
Et
vous avez aujourd'hui plusieurs questions qui sont posées. Des policiers que je rencontrais en fin de semaine encore, dans ma ville à Saint-Quentin, me disaient,
quand
on sort notre arme, on ne se pose pas mille questions.
Mais
on se demande toujours
comment
les choses peuvent se passer après. S'il y a un risque, on l'a vu, les policiers n'ont pas hésité une seconde
à
se mettre en avant pour protéger, pour intervenir.
Donc modification des règles d'engagement. Les
mêmes règles que pour la gendarmerie. Et surtout,
un
équipement qui soit différent. Vous avez besoin aujourd'hui, que ce soit des fusils à pompe ou autre, il n'y
en
a pas assez en dotation dans notre pays. Mais
ça, le Premier ministre
a fait des annonces cette semaine, plus de 400 millions d
'euros sur trois ans. Je vais être très
précis, moi, sur cette question, sur la question de l'armement. Parce que quand vous avez les policiers qui sortent d'un véhicule avec un fusil à pompe, vous avez une tension qui est aussitôt retombée. Si vous avez les terroristes, là, vous êtes capable aussi de faire usage des armes pour protéger ceux qui vous entourent. Parce que c'est là la mission des policiers. De la même façon, les habilitations pour les armes ne sont pas les mêmes pour les policiers que pour les gendarmes. Ça ne coûte pas un euro. C'est juste aujourd'hui de dire, on aura les mêmes règles, on aura davantage d'efficacité possible. Xavier Bertrand,
vous avez sans
doute suivi l'intervention de Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP, qui a mis en avant la possibilité de développer les heures supplémentaires
pour
les policiers. Est-ce que vous soutenez cette
idée ? C'est une des possibilités, c'est une des réponses. Et pour être très précis également,
c
'est l'idée que sur le temps de repos des fonctionnaires de police, certains pourraient utiliser ce temps de repos et que ce temps de repos serait payé. Voilà
exactement ce qu'il en est. Peut-être que
les policiers avec lesquels vous avez discuté à Saint-Quentin ne vous l'ont pas dit, mais visiblement, la limitation de la récupération des heures supplémentaires a été mise en place en 2007 par M. Péchenard,
qui
était directeur général de la police nationale et qui est très proche de Nicolas Sarkozy, président de l'UMP. Donc en fait, on ne comprend pas très bien, pardonnez-moi, vous allez nous éclairer. Nicolas Sarkozy veut développer les heures supplémentaires, mais visiblement, en 2007, il les a considérablement réduits pour ne
pas
dire,
faites
disparaître.
M. Revelle, vous aviez préparé votre question, mais je vous ai répondu déjà.
Non,
on n'a pas répondu. Je viens de vous expliquer, très précisément. Vous n'avez pas
expliqué que malheureusement, en 2007, peut-être qu'il ne fallait pas revenir sur ce problème de récupération des heures supplémentaires dans la police.
Écoutez, la période 2007-2012, je peux vous en parler, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler, mais il me semble que c'est un tout petit peu moins important que ce que nous avons à traiter aujourd'hui. Je vous redis, M. Revelle, le sujet évoqué, c'est d'utiliser sur le temps de repos des fonctionnaires qu'ils souhaiteraient, ce temps de repos pour travailler plus, et donc que ces heures soient non pas récupérées, mais rémunérées. Voilà exactement ce dispositif qui s'appelait, je crois, dispositif opérationnel. Voilà exactement ce dont il s'agit.
Ce n'est pas une bonne
idée ? Si les policiers le souhaitent, je pense que c'est une bonne idée. Alexi Brazé.
Vous nous avez dit que les armées pourraient être appelées à intervenir en soutien dans l'ensemble de quartiers et dans les banlieues. Il y a une autre idée qui concerne plus ou moins les armées qui vous est chère, et j'aimerais que vous nous l'expliquiez bien, parce qu
'on
ne comprend pas toujours. C'est cette affaire de service
civique,
service militaire, service national. Vous dites au fond, pour recréer de la cohésion nationale, il faut recréer un service. Mais c'est quoi ce service ? C
'est
un service militaire ou un service
civil ? Je veux un service national obligatoire.
Il
n'y a plus aujourd'hui dans notre pays de moment et d'endroit où tous les jeunes se retrouvent à un moment donné. Voilà pourquoi je souhaite qu'entre 18 et 25 ans,
tous
les jeunes français, filles et garçons, puissent faire au moins trois mois obligatoires. Il y aurait un premier mois qui sera en quelque sorte un mois d'instruction, comme quand on faisait ses classes. Vous avez à la fois civisme qui est remis en avant, le lien, armée, nation, république.
De
pouvoir aussi expliquer ce que sont les règles
de
la vie en communauté, ça ne
fait
pas de mal,
ce
que certains n
'ont
jamais appris. Tout ceci avec une discipline de nature militaire, avec un encadrement de type militaire. Mais si la question que vous posiez... C'est civile ou c'est militaire ? Le service,
il
est national. Vous n'allez pas remettre en place l'armée de métiers. Ça, c'est clair. Vous n'allez
pas
remettre en place l'armée d'appelés à la place de l'armée de métiers. L'idée de mettre en place une armée de métiers était une bonne idée.
Mais
on n'a pas pensé à l'époque
qu
'il fallait remplacer
ce
moment de la conscription par autre chose. Voilà pourquoi moi je plaide pour que nous ayons une nouvelle période. Je pense en plus
qu
'aujourd'hui, on doit comprendre... On parle beaucoup de droits et devoirs. J'aimerais bien qu'on parle des devoirs en premier parce que les devoirs sont souvent passés au deuxième ou à l'arrière-plan.
Mais vous êtes un peu seul dans votre avis
politique sur cette question-là. Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, François Fillon sont tous contre. Trois anciens premiers ministres. Écoutez, je
comprends que ceux qui ont supprimé le service militaire voient à 20 ans et des difficultés pour imaginer qu'on recrée quelque chose de nouveau.
Mais ils vous diront que
ce que l'école n'a pas réussi à faire en 15 ans,
l'armée ne le fera pas forcément en trois mois. Entendons-nous bien.
Le
service national n'est pas la seule réponse. Mais dans cette chaîne républicaine qu'il nous faut aujourd'hui reforger,
il
y a le maillon de l'école qui est à renforcer. Et j'aimerais qu'on puisse avoir du temps pour venir sur le contenu de ce qui doit être dispensé à l'école. Je pense également qu
'il y a besoin de cet endroit,
de ce moment, qu'elle servit sur une
période d'inscription, une période où on
doit... Parce que si les jeunes ont des devoirs et des droits, il y a aussi la République qui a aussi des devoirs et des droits,
notamment
l'accès à l'emploi. Est
-ce que je peux
vous répondre sur le contenu précis ? Oui, qu
'est-ce qu'on fait les deux autres mois ? Les deux autres mois,
auprès des associations, auprès des services publics, comme par exemple les hôpitaux, auprès des collectivités locales, ou alors auprès des forces de l'ordre, auprès des forces de l'ordre aussi, vous aurez la possibilité de faire ces trois mois obligatoires et trois mois minimum.
Alors, Xavier Bertrand,
juste un détail. Quelque chose de très symbolique. Xavier Bertrand,
sur...
J'aurais juste fini, c
'est très important. Là
aussi, j'ai visité les épides sur les établissements publics pour l'insertion et la défense.
C
'est un peu comme le service militaire adapté. C'est ce qui a été aujourd'hui préservé, sachant que le service national à l'époque n'a pas été supprimé, mais suspendu. Je ne joue pas sur les mots, mais ça montre bien qu'il est assez facile.
Il
est possible de le faire même rapidement, de remettre en place ce service national. Nous déposerons une proposition de loi avec Jean-Pierre Decolle, David Douillet et d'autres parlementaires, dont certains sont présents ici ce soir, pour que ce soit débattu.
Le
président de la République avait semblé hésiter en fin d'année. Obligatoire, facultatif. Je le dis, cette proposition,
je
pense que c'est une proposition qui a du sens. Il ne
faut
pas se demander si elle vient de la droite ou de la gauche. Je suis prêt à prendre des amendements, mais plus tôt on remettra en place le service national dans notre pays, plus tôt nous renforcerons aussi la République.
Vous
avez détaillé de manière assez précise ce que pourrait être le service national pour vous. Une idée intéressante, centrale, mais j'aimerais que vous nous expliquiez comment ça peut fonctionner. Vous dites trois mois. Minimum. Trois mois minimum, mais ça s'adresse à des gens de 18 à 25 ans.
Il
vous dit, bien. Mais des gens qui sont scolarisés, par exemple, comment peuvent-ils dégager un mois par-ci, un mois par-là et un autre mois ? Ça, on a du mal concrètement à voir comment ça peut fonctionner.
C'est sûr que si on pense que la République est à la carte,
ça peut être compliqué. Non, je vous pose une question. Non, je vais vous expliquer pourquoi. Imaginons, j'ai un enfant de 18 ans, il veut
faire ce service national.
Comment est-ce que je vais dégager
? Quand j'ai fait mon service, quand j'ai fait même une préparation militaire,
oui, en
PMS peut-être, eh bien écoutez, ça m'a pris du temps.
C
'est une année pendant laquelle...
Mais attendez, non, mais
concrètement, pardonnez-moi, Xavier Bertrand, mais comment est-ce qu'un enfant qui est scolarisé, qui a 18 ans, qui passe son bac, va pendant une année scolaire, puisque c'est sur trois mois, dire pendant trois mois, je vais ma donnée au service national ?
Alors, il y a deux choses que je voudrais vous dire. La première,
c
'est que d'un point de vue pratique, oui, j'ai rentré ça en ligne de compte. Il pourrait y avoir une priorité donnée à ceux qui poursuivent des études, notamment de faire cela pendant la période d'été.
Et
pendant la période d'été, vous avez un autre avantage. C'est que vous avez à peu près 180 000 à 200 000 places dans les internats qui sont disponibles, qui sont vacantes. Et donc, il est tout à fait possible de réserver ce créneau des vacances en priorité.
Les
internats des lycées,
des éducations nationales, vous voulez dire ? Les lycées et des collègues. C'est des mois, la probabilité. Bien évidemment.
Oui, enfin, à partir du mois de juin, en général, vous n'avez plus grand, grand monde avec les examens. Là
aussi, excusez-moi d'être pratique et concret, mais je me supposais... Il faut l'être. Les questions, vous évoquez. Comment vous encadrez tout
ce monde ? Pardon, parce que c'est des dizaines de milliers de personnes pour encadrer
des centaines de
milliers de jeunes. Vous recrutez, c'est pour ça que cette proposition représente un coût budgétaire d'environ 1,5 milliard d'euros par an. C'est important, mais il faut savoir ce que l'on veut. Et je pense qu
'on
va voir que c'est un investissement. La deuxième chose, parce que la question de M. Revelle était importante. Si on met exactement sur le même plan le souhait individuel
ou
en définitive la liberté individuelle,
c
'est-à
-dire
que je fais mes études, ça va me pénaliser.
Dans
ces cas-là, il ne peut plus y avoir de destin collectif. Ce n
'est
plus possible. Parce que ça veut dire qu'au-dessus de nous, il n
'y
a rien, il n'y
a
pas de cadre. Et la République, la nation, excusez-moi, ça compte davantage que chaque individu. Il y a le sens aussi de s'engager pour la nation. Alors, ceci ne me rendra peut-être pas populaire, je n'en sais rien, mais je pense qu'il faut tenir ce discours de vérité, notamment vis-à-vis des jeunes. Ça n'est pas une punition.
C
'est une obligation, c'est vrai. Mais on peut aussi mettre dans ce service national des éléments qui permettent aussi aux jeunes de savoir s'ils ont des problèmes avec l'illettrisme
ou
ils en sont pour l'insertion. Les gestes de premier secours, ce qui nous permettrait de sauver des vies dans notre pays. Où est-ce qu
'on
les apprend ? Que l'idée
soit bonne,
Xavier Bertrand, personne peut
-être va en douter. Ce n'est pas seulement l'idée qui m'intéresse, c'est la réalisation.
Voilà, justement. Je n
'ai
toujours pas compris dans le détail, en niveau de l'organisation, comment vous allez pouvoir mettre pendant trois mois autant de jeunes de
18 à 25 ans. 650 000 à 700 000 personnes d'une tranche d'âge. Oui, mais attendez.
Excusez
-moi, on va peut-être passer à un autre sujet.
Non, je crois que c'est très important.
Parce que
c'est une, je pense, une des solutions, pas la seule, sérieuse, solide. Vous prenez le fonctionnement des épides aujourd'hui dans notre pays. Il y a un certain nombre d'épides, il
y
a à peu près 3 000 jeunes. Ce système-là qui dure plus longtemps, vous pouvez tout à fait le généraliser à l'ensemble d'une tranche d'âge. Cela coûte, j'en ai conscience, mais cela redonne aussi du sens à ce qu'est, allez, un destin collectif. Parce qu'il
y
a les destinées individuelles, mais le destin collectif,
c
'est ce qui fait la force d'une nation et nous avons affaibli ce lien. Alexis Brézé. Vous parliez
de l'école. La ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé un certain nombre de mesures. Formation des enseignants de la laïcité, référents, réserves citoyennes, évaluation des futurs profs sur les valeurs républicaines. Est-ce que tout ça, vous dites, c'est bien, ça va dans le bon sens ?
Oui,
ça va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin, sur l'école.
Et
la question, tout d'abord, prioritaire à l'école, c'est la langue, la langue française.
Ça
fait partie,
d'ailleurs, il y a normalement une priorité
qui
est
mise
sur l'enseignement du français. Oui, normalement une
priorité.
Mais
il faut aller beaucoup plus loin. Orthographe, grammaire, tout ceci doit être remis en premier.
Parce
que ça sera aussi une façon de montrer que la langue française n
'est
pas une langue étrangère. Deuxièmement,
l'histoire,
l'histoire, je vais y revenir, l'histoire,
l
'histoire, le sens de l'histoire, le détail sur l'histoire, et notamment la question de l'histoire des religions. Tout ceci doit retrouver toute sa place dans notre pays. Et je vais plus loin pour ça.
Il
faut que l'école soit obligatoire.
Ne
jouons pas sur les mots.
En
France, aujourd'hui, c'est l'instruction qui est obligatoire. Jusque 16 ans. Et vous avez aujourd'hui, les chiffres seront très difficiles à connaître. Je vais d'ailleurs demander à la ministre que nous communiquent ces chiffres.
Vous
avez à peu près 20 000 enfants
qui
ne vont pas à l'école. Certains pour des raisons médicales ou des raisons de handicap. C'est tout à fait normal et on doit continuer à permettre ces dispenses. Mais pour le reste, je pense qu'il faut que l'école soit vraiment obligatoire, surtout si on décide de remettre un contenu
indispensable
pour les jeunes. Mais il faut aussi davantage de contrôle sur tous les établissements
qui
sont sous contrat
avec
l'État. Ils ont aujourd'hui des garanties. Mais ceux qui ne sont pas sous contrat doivent faire l'objet d'une évaluation et d'une surveillance renforcée.
L'instruction obligatoire, c'est une chose. L'école
obligatoire, c'est à mon avis beaucoup plus important.
Il
reste peu de temps et je voudrais avoir une précision sur ce que vous avez dit tout à
l
'heure. Vous disiez le français n'est pas une langue étrangère. Qu'est
-ce
que vous voulez dire par là ? Parce que ça peut
prêter à polémique. Non,
non,
ça ne
peut
pas prêter à polémique. Je vais être très clair. Si vous ne voulez pas seulement l'intégration mais l'assimilation, il faut que chacun maîtrise la langue française. Voilà. Et vous savez que dans de nombreux endroits, ce n
'est
pas seulement le cas des parents, c'est aussi le cas de certains enfants. Ne pas maîtriser les fondamentaux. C'est un handicap sans pareil dans la vie mais c'est aussi une façon de dire aux enfants comme aux parents vous devez maîtriser la langue française.
Vous ne
renoncez pas à
l
'objectif d'assimilation. Bien évidemment.
Quand
vous venez dans un pays, vous n'importez pas le mode de vie de votre pays. Vous respectez celui du pays. C'est la seule façon
d
'éviter à terme une guerre civile. C'est la seule façon de faire reculer les communautaristes. La seule. Et d'une certaine façon, on a préféré détourner les yeux. Il est temps aujourd'hui de dire les choses. Et il est temps aussi de faire enfin avancer la République. Et vous avez parlé des parents. Il
y a
un autre point sur lequel je veux insister.
Quand
vous avez des enfants qui ne vont pas à l'école, l'absentéisme scolaire
aujourd
'hui
n
'est plus réellement sanctionné.
Nous
avons absolument besoin de mettre en place un délit, je dis bien un délit, un délit pénal pour les parents qui n'envoient pas leurs enfants à l'école. La question de la suspension des
allocations est un
point. Ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas. Aujourd
'hui, il faudrait condamner
des parents
pour l'absence de leurs enfants à l'école. Bien évidemment. Parce que pourquoi ils ne les envoient ? Il n'y a aucune raison à ne pas envoyer ces enfants à l'école de la République.
Xavier Bertrand, merci. On va marquer une pause. On va se retrouver dans quelques instants. On tente de laisser passer les informations.
A
tout de suite.
Xavier Bertrand