Marine Le Pen reprend la main du RN
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Verbaliser le port du voile dans l'espace public.
- 0:15ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour Madame Le Pen.
- 0:16OuverteRéponse partielle
C'est la mesure qui agite la classe politique en cette rentrée.
- 1:41OuverteRéponse directe
Celle des retraites.
- 2:56OuverteRéponse directe
Est-ce que vous déplorez son départ aujourd'hui ?
- 3:49RelanceRéponse partielle
Pourquoi relancer ce sujet maintenant alors qu'on avait eu l'impression que Jordan Bardella ne l'abordait plus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiquePromesse
« soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes. Y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public. »
- 1:44PrésentateurChiffre
« Tous ceux qui ont commencé à avoir un emploi effectif au sens de l'INSEE avant 20 ans, cotiseront 40 ans et partiront à 60 ans. »
- 1:53PrésentateurChiffre
« Puis progressivement, jusqu'à 24 ans et demi, on arrivera à 42 ans de cotisation et un âge légal de 62 ans. »
- 2:23PrésentateurFait
« Il a toujours été acté que si Marine Le Pen était candidate à l'élection présidentielle, non seulement je serais candidat au poste de premier ministre, mais que je serais son premier soutien. »
- 2:58Invité politiqueFait
« Ben non, parce que je l'ai souhaité. »
- 3:18PrésentateurChiffre
« Créditée d'environ 34% au premier tour, elle est aujourd'hui donnée gagnante au second dans toutes les hypothèses. »
- 3:23PrésentateurFait
« Et ce, malgré sa condamnation pour détournement de fonds publics en suspens depuis son pouvoir en cassation. »
- 5:41PrésentateurFait
« Il a quand même dit, en commentant cette annonce de Marine Le Pen, que ça serait un premier référendum sur l'immigration, et un deuxième référendum plus tard dans le quinquennat. »
- 8:51InvitéFait
« que le Rassemblement national sait bien que ça ne pourrait pas se faire par référendum. »
- 10:04InvitéPromesse
« je ne bouge pas sur les retraites, je reste à 62 ans, comme je l'ai promis à mes électeurs. »
- 10:23InvitéFait
« n'allez pas écouter ceux qui essaieront de me copier. »
Temps de parole
- Présentateur37 %
- Invité21 %
- Invité 219 %
- Invité 38 %
- Invité 46 %
≈ 8,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le
RN veut interdire le port du voile dans l'espace public.
Verbaliser le port du voile dans l'espace public.
La chef des députés du Rassemblement national remet sur la table une proposition déjà défendue dans ses trois premières candidatures à l'Elysée.
Bonjour Madame Le Pen. C'est la mesure qui agite la classe politique en cette rentrée. Et elle est signée Marine Le Pen.
Je
soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes. Y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public.
Un marqueur mariniste par excellence. Interdire le voile. Un retour aux fondamentaux du parti. Charge au lieutenant d'en faire le service après-vente.
Vous
avez des gens qui ne mettent pas leur ceinture de sécurité. Quand ils ne mettent pas leur ceinture de sécurité, ils ont une amende. Parce qu'il y
a
des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende.
Nous luttons contre l'islamisme, pas contre l'islam. La religion de l'islam, chacun peut la pratiquer comme il veut.
Une mesure sur laquelle chacun est sommé de se positionner. Ce n
'est
pas une proposition, c'est un slogan.
Moi
je veux dire la vérité aux Français. Et Madame Le Pen, le Rassemblement National, brandit des slogans dont il sait très bien qu'ils sont inapplicables.
J'observe que le Rassemblement National, toujours, toujours, toujours, s'en prend aux personnes de confession musulmane et particulièrement aux femmes. Et bien moi j'ai envie de leur répondre avec une immense fermeté. Foutez-leur la paix. Foutez-leur la paix. Laissez-les décider comme elles veulent.
Après un été discret, Marine Le Pen semble bien décidée à donner le tempo. Pour sa première sortie aux universités d'été du MEDEF, elle était attendue sur une question. Celle des retraites. Réponse claire.
Tous
ceux qui ont commencé à avoir un emploi effectif au sens de l'INSEE avant 20 ans, cotiseront 40 ans et partiront à 60 ans. Puis progressivement, jusqu'à 24 ans et demi, on arrivera à 42 ans de cotisation et un âge légal de 62 ans. Levé l'ambiguïté, là où le flou a régné ces derniers mois. Il faut dire que Jordan Bardella ne portait pas dans son cœur le retour à 62 ans. Défendu par sa mentor. L'âge de départ ne veut rien dire. Parce que pour que le système soit beaucoup plus lisible et soit beaucoup plus juste, il faut regarder le nombre d'années cotisées. C'est ça qui fait foi.
Il
a toujours été acté que si Marine Le Pen était candidate à l'élection présidentielle, non seulement je serais candidat au poste de premier ministre, mais que je serais son premier soutien. Donc c'est clair aujourd'hui dans mon esprit. Marine Le Pen reprend la main et lorsqu'on la questionne sur les raisons du départ de François Durvie, conseiller économique de Jordan Bardella, elle assume. Est-ce que vous déplorez son départ aujourd'hui ? Ben non, parce que je l'ai souhaité. C'est vous
qui avez
mis la mort. Donc je ne le déplore pas. Patronne de son parti et dans les sondages, Marine Le Pen survole la course. Créditée d'environ 34% au premier tour, elle est aujourd'hui donnée gagnante au second dans toutes les hypothèses. Et ce, malgré sa condamnation pour détournement de fonds publics en suspens depuis son pouvoir en cassation. Le spectre du procès des assistantes d'eurodéputés RN pourrait bien continuer à la suivre tout au long de la campagne.
Alors
nous allons revenir dans un instant sur le départ assez mystérieux du conseiller économique et les relations entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, notamment sur la question du fonds. Mais quand même un mot sur le retour du voile, du débat sur le voile porté par le Rassemblement national, interdiction du voile dans l'espace public. Pourquoi relancer ce sujet maintenant alors qu'on avait eu l'impression que Jordan Bardella, notamment, n'abordait plus ce sujet ?
Ça peut paraître une erreur, mais je pense que c'est une ruse. Ça peut paraître une erreur parce que ça rediabolise le Rassemblement national. Ça donne l'impression aussi qu'ils n'ont pas vraiment mesuré le problème parce que sur le principe, on peut changer la constitution,
on
peut décréter que le voile c'est une oppression. Mais sur l'applicabilité, comment distinguer une femme qui le fait de son propre chef ou sous la contrainte, comment distinguer une femme qui se couvre les cheveux pour une raison de... Parce qu'elle a les cheveux mouillés ou parce qu'elle est malade d'une femme qui est dans un prosélytisme islamiste. L'applicabilité, les policiers eux-mêmes le disent, ça ne sera pas simple. Donc pourquoi réveiller cela ? Donc on pourrait croire que c
'est
une erreur. Moi je pense que c'est quand même une ruse ou une manœuvre parce que ça a immédiatement repolarisé LFI-RN. C'est RN ou LFI. C'est LFI, le parti de la France Nouvelle, soupçonné de complaisance avec l'islam politique. Et c'est le RN que LFI va accuser de racisme ou de discrimination antimusulmane. Or ils ont besoin tous les deux d'écraser le reste des candidats comme si la campagne leur appartenait à tous les deux. Or on sortait de cette phase économique et sociale où sur la dette, les retraites, on a entendu, les images du Medef le montraient. On a entendu Attal, on a entendu Philippe,
on
a entendu tout le monde. Là, sur ce sujet-là, les autres, on
ne
les entend pas.
On
entend Bruno Retailleau qui
dit que
ce n
'est
pas une mesure, c'est un slogan, c'est du populisme.
Est-ce que ça veut dire qu'il est favorable à l'islam politique ? Est-ce qu'il n
'est
pas en train de laisser un territoire idéologique à la droite radicale ? Donc ils ont repolarisé en une semaine le débat de la présidentielle.
Peu importe la crédibilité ?
Peu
importe la crédibilité sur l'application d'une mesure comme celle-ci ?
Ça,
c
'est ce qu'on verra après.
Il
y a aussi une dimension, vous avez raison, de débardélisation de la thématique. Parce que Bardella n'était pas contre cette mesure. Il voulait simplement la limiter au bâtiment public. Vous rentrez dans une mairie, vous rentrez dans une université, et l'espace public, ça ne
lui
semblait pas praticable. Il a quand même dit, en commentant cette annonce de Marine Le Pen, que ça serait un premier référendum sur l'immigration, et un deuxième référendum plus tard dans le quinquennat. Donc s'il est un jour Premier ministre,
je
pense que l'applicabilité, elle commencera par une longue, longue...
Effectivement.
Il était assez prudent, puisque en 2025, il reconnaissait que ça ne se ferait pas du jour au lendemain. Et il disait, ce qu'on est en train de commenter aujourd'hui, que l'application de cette mesure reste compliquée. Jérôme Jaffray, quelle est votre lecture sur... Est-ce que c'est une façon de tourner le dos à cette stratégie de dédiabolisation, comme on l'a longtemps dit, du Rassemblement national, une sorte de retour aux fondamentaux ? Je partage en partie ce que vient de dire Christophe Barbier. Il y
a
une volonté absolue de différenciation. On n'est pas la même chose que la droite modérée, et je remarque que la droite modérée avait quand même ouvert le couvercle. C'est-à-dire que, par exemple, Gabriel Attal voulait interdire le port du voile aux jeunes filles de moins de 15 ans.
Il
avait commencé par dire ça. Que Edouard Philippe a sorti le problème du droit d'asile à Mayotte. Bref, c'est la droite modérée qui est revenue sur les thèmes immigrationnistes déjà. Ça pousse à la surenchère et à la différenciation. Et effectivement, il faut que les choses soient simples et carrées. Ce qui pose problème, malgré tout, effectivement, alors, d'une part, c'est quand même une opposition claire à Bardella, car il faut bien voir que la remontée de deux lieutenants proches de Marine Le Pen, actuellement dans les médias, qui sont M. Chenu et M.
Tanguy, sont des anti-Bardellistes installés depuis longtemps, et qui craignaient effectivement beaucoup la candidature Bardella, et qui maintenant se donnent libre cours, appuyés dans la déclaration de M. Tanguy sur BFM. Il ajoute même qu'il est pour cette mesure, malgré les réserves, même s'il y
a
des réserves de M. Bardella,
a
-t-il ajouté, alors que normalement au RN, on n'évoque jamais les différences entre les... Alors ce qui pose problème quand même, d'une part, c'est le fait que, en vérité, le message derrière le voile, c'est l'attaque contre l'idéologie islamiste. C'est ça, c
'est
le thème de campagne. Il y a eu une proposition de loi du RN, il y a quelques années, sur ce sujet, qui sont prêts à ressortir. Le voile n'est qu'un des éléments. Vous pouvez dissoudre des associations, fermer des mosquées, retirer la nationalité française, condamner à la prison. Il y a tout un ensemble de mesures, et donc on est vraiment sur... Le risque, c'est évidemment de transformer chaque musulmane qui veut porter le voile, pour des raisons religieuses, ou pour s'affirmer, comme une islamiste. Ce qui polarise la société française dans des conditions absolues. Et dernière chose, l'usage du référendum comme outil anti-conseil constitutionnel et anti-Union européenne.
Le référendum comme bélier pour bousculer, parce que l'argument qui est, c'est le peuple français qui va décider en dernier sort, est un argument qui s'entend démocratiquement, sauf quand il est pris dans un usage consistant à détruire l'État de droit. C'est ça l'argument qui peut être... Parce que Jérôme Jaffray, il faut peut-être préciser, pour les gens qui nous regardent ce soir, que le Rassemblement national sait bien que ça ne pourrait pas se faire par référendum. Donc dit, il faudrait modifier la constitution, quitte à se heurter à l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme. Donc c'était la question que je posais à Christophe Barbier.
Est-ce qu'à un moment donné, dans cette quête de crédibilité, qui est important pour faire 50 plus une voix pour une présidentielle, est-ce que le fait d'avancer sur une mesure comme celle-ci, où on entend tous les constitutionnalistes dire, attention, comment passer par référendum, est-ce que c'est applicable, etc. Est-ce que ça, ce n
'est
pas un peu dissonant par rapport à la stratégie qui a été celle du RN pendant ces derniers mois ? En fait, il y
a
toujours deux stratégies qui cohabitent au RN, c'est-à-dire celle de la responsabilité, le nouveau RN tel qu
'on
le voit à l'Assemblée depuis déjà de deux législatives, et en même temps l'idée de dire qu'il faut rester sur les fondamentaux. Qu'est-ce qu'elle dit Marine Le Pen ? Elle dit « je reviens », en fait. Je reviens, je suis au commande. C'est moi la patronne. C'est moi la patronne, c'est le titre de votre émission. Et effectivement, il faut savoir que cette idée d'interdire le voile dans l'espace public, elle est présente depuis 2012, donc depuis sa première campagne. Donc l'idée, c'est de dire « je suis là, mes fondamentaux sont toujours présents, je ne bouge pas ». Alors elle a bougé sur certains items économiques, «
mais
je ne bouge pas sur les retraites, je reste à 62 ans, comme je l'ai promis à mes électeurs ». Je suis rassurante, je bétonne mon socle. Elle est aujourd'hui jusqu'à 35,5% selon les hypothèses, et on est encore très loin du premier tour de la présidentielle. Mais c'est une manière de dire « je n'ai pas changé, venez vers moi, en confiance, et n'allez pas écouter ceux qui essaieront de me copier ». Mais Marie-Lou Magal, on se souvient que lorsqu'elle avait fait campagne déjà sur ce sujet-là, en 2022, elle était en déplacement à Pertuis, elle était face à une femme âgée qui était voilée et qui l'avait interpellée.
Et le lendemain, dans la presse, elle avait évoqué la question de l'interduction du port du voile dans l'espace public en disant « c'est une question complète, je ne suis pas « obtuse », avait-elle dit à l'époque, je cite précisément ces mots. Elle s'était rendue compte que c'était compliqué de défendre cette mesure-là dans une campagne de manière très précise. Absolument, elle avait complètement balbutié, elle s'était un peu dédiée sur une mesure qu'elle portait depuis 2012. C'est pour ça que je ne
suis
pas tout à fait d'accord avec l'idée que ce serait une ruse du parti. Je trouve qu'en réalité, ce que ça montre, le fait que cette mesure ressorte aujourd'hui dans le débat public, c'est que le parti n'a pas travaillé depuis 2022. C'est la même mesure, c'est exactement les mêmes arguments juridiques qu'on oppose à ce parti. Et eux, en fait, n'ont fait que mettre cette mesure sous le tapis pendant cinq ans. Ils l'ont retravaillée au moment du séminaire pour l'élection présidentielle en juillet. Au moment, il y a eu une altercation justement entre Bardella et Le Pen, qui n'était pas d'accord. Bardella lui estimait que la mesure n'était pas tenable. Et il préférait renoncer à ça.
Et c'est Le Pen qui a tranché en disant que c'était elle la candidate et qu'on comprenait sa ligne.
Marine Le Pen