Nicolas Dupont-Aignan invité de Patrick Poivre d'Arvor sur Radio Classique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 2:17OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, pourquoi vous n'êtes pas passé par la case primaire ?
- 4:53OuverteRéponse directe
Et à droite, qu'est-ce que vous préfériez affronter chez les Républicains ? Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé ?
- 8:16OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, qu'est-ce qui vous différencie du Front National ?
- 9:23OuverteRéponse directe
Alors, il y a une présence assez surprenante, dimanche prochain, à votre grand meeting, donc votre meeting de boule à la France, c'est celle de Jérôme Kerviel. Qu'est-ce que vous avez comme valeur en commun, tous les deux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueChiffre
« les sondages vous créditent de plus de 5%, 5, 6, 7, 8, 10, certains d'entre eux. »
- 1:04PrésentateurFait
« le monde politique d'aujourd'hui, que ce soit les républicains, anciens UMP, ou les socialistes, ne veulent pas changer le cadre de l'action. »
- 3:06PrésentateurFait
« ils veulent réduire l'immigration, mais ils ne veulent pas contrôler les frontières. »
- 5:26PrésentateurFait
« Emmanuel Macron sera le candidat, ce que j'appelle, du système de la pensée unique. C'est lui qui a fait baisser les pensions de retraite, quand même, pour la première fois. »
- 5:33PrésentateurFait
« c'est le seul gouvernement qui a désindexé les pensions de retraite. »
- 7:21PrésentateurPromesse
« Je veux relocaliser un million d'emplois. »
- 11:00PrésentateurChiffre
« on a réduit 50 000 postes de militaires depuis 7 ans, Sarkozy, 40 000, Hollande, 10 000. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Nicolas Dupont-Aignan16 %
- ?5 %
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Radio Classique, l'invité du soir de Patrick Poivre d'Arvore.
19h15 précis sur Radio Classique, bonsoir Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir Patrick Poivre d'Arvore. Alors, pas facile d'exister quand on n'appartient ni à un des deux gros partis, ni d'ailleurs au Fonds National, puisqu'aujourd'hui c'est quand même une sorte de pôle tripartite. Et pourtant, quand même, les sondages vous créditent de plus de 5%, 5, 6, 7, 8, 10, certains d'entre eux. Comment vous pouvez vous faire entendre ? Est-ce que vous comprenez que lorsqu'il
y a
une primaire de la droite et qu'on invite tous les candidats de droite, une primaire de la gauche ensuite, donc tous ceux de gauche, comment on peut réussir à tenir ce chemin de crête
? Par
sa cohérence
et
sa sincérité.
Je
n
'ai
jamais changé de discours depuis des années.
J
'ai quitté l'UMP au moment du succès en 2007 parce que j'avais perçu
qu
'il n'y aurait pas de vrai changement, parce que le monde politique d'aujourd'hui, que ce soit les républicains, anciens UMP, ou les socialistes, ne veulent pas changer le cadre de l'action. Et donc, pédale dans le vide, ils sont sur un vélo d'appartement,
ils
n'impriment plus.
Et
de l'autre côté, vous avez le FN qui recueille une protestation, souvent légitime, mais qui ne peut pas concrétiser en projet d'avenir. Et comme gaulliste, comme gaulliste social, tout mon projet, je n'ai pas changé depuis des années. Je laboure la France avec mon mouvement politique, Debout la France, avec des gens qui ne sont pas obligatoirement connus du grand public, mais qui ont des résultats sur le terrain, des élus locaux, des responsables associatifs, des gens libres, vrais. Eh bien, nous préparons un beau projet pour le pays. C'est-à-dire ce que j'appelle un patriotisme serein, un projet concret.
Et
je suis convaincu,
à
condition d'avoir un peu la parole dans les médias,
et
je vous remercie de m'inviter, je suis convaincu que les Français ne supportent plus les incompétents qui font leur cinéma, républicains, socialistes, et qui veulent éternellement revenir, et ne veulent pas pour autant passer dans l'aventure du Front National. Ils votent au premier tour pour le Front National, mais au second tour, le Front National ne gagne jamais. Donc, il faut faire sortir la France de ce dilemme insupportable.
Nicolas Dupont-Aignan, pourquoi vous n'êtes pas passé par la case primaire ? Parce qu'après tout, il y
a
quand même des gens honorables. Ils ont été présidents de la République ou premiers ministres. Pourquoi pas vous ? Parce que
la primaire est une escroquerie et une manipulation, sur deux points fondamentaux.
Vous
remarquerez d'abord
que
les membres choisis pour la primaire ont tous gouverné ensemble, été membres d'un même gouvernement. Et que ceux
qui
demandaient une autre politique, avec un autre cadre, européen notamment, Guénaud et même Mariton, ont été exclus de la primaire. Donc, en fait, la primaire, c'est un moyen pour des gens usés, carbonisés, qui n'ont pas changé la vie de se relégitimer.
La
primaire, vous savez, c'est un paquet cadeau différent, l'emballage est différent, mais le fond est le même projet qu'il y a 15 ans. Si vous regardez, par exemple, je prends un exemple très concret, et soyons précis, ils veulent réduire l'immigration, mais ils ne
veulent
pas contrôler les frontières.
Ils
veulent développer les PME, mais ils ne veulent pas lutter contre le travail détaché, déloyal. Ils ne comprennent pas le changement de l'économie, l'ubérisation, le monde complètement changeant de la robotisation qui arrive. Ils nous proposent les mêmes baisses fiscales, pour tout le monde, la démagogie, comme il y a 15 ans.
Ce
sont des hommes qui ont échoué, qui s'accrochent au pouvoir désespérément, qui nous ressortent, leur viennent haine recuite et cuite, on le voit bien ces temps-ci. Et je suis convaincu que cette primaire va avoir un effet répulsif. Et d'ailleurs, je vais vous faire une remarque.
On
est la seule démocratie au monde.
Même s'il y a 2,
3, 4 millions de
gens qui vont aller voter
à cette primaire ?
Le premier tour de l'élection présidentielle, il y a combien d'électeurs
?
Il y en a... 44 millions. Enfin, 44 millions d'électeurs à éviter. Allez,
il
y en a 40 millions ou 35 qui viennent. 35. Est-ce que c'est à une minorité respectable, de sympathisants d'un parti, de décider de l'offre politique et de l'imposer aux Français ? C'est peut-être
mieux
que le fait de choisir par des appareils, ce qui était le cas.
Mais que les Républicains.
La primaire, c'est la primaire des Républicains d'un parti
qui
n'a pas compris le changement du monde et qui ne répond pas aux attentes des Français qui a échoué pendant 10 ans et qui veut nous recycler les mêmes. Eh bien, je dis que moi, la vraie primaire, elle va commencer. J'affronterai au premier tour, j'affronterai au premier tour de l'élection présidentielle, celui que les Républicains auront désigné. Et vous verrez que dans ce tête-à-tête, entre tout cas moi et lui, eh bien, je surprendrai parce que j'aurai un projet radicalement différent, tout en n'ayant pas les excès du Front National parce que je suis convaincu qu'on peut protester avec le Front National mais qu
'on
ne
peut
pas gouverner avec lui. Au
fond, vous faites un choix assez comparable à celui d'Emmanuel Macron. Exactement.
Il
n'a pas l'air de vouloir passer par la classe primaire à gauche.
Tout
compris. Vous le regardez d'un œil indulgent, sympathique ? Vous pensez que vous pourriez gouverner avec lui, par exemple
? Non. Je le regarde. Sa démarche est courageuse. Le fond de son projet est, pour moi, catastrophique. Pour
l'instant, on ne le connaît pas
beaucoup.
Mais si, son projet, on le connaît. Vous savez, Emmanuel Macron sera le candidat, ce que j'appelle, du système de la pensée unique. C'est lui qui a fait baisser les pensions de retraite, quand même, pour la première fois.
Quand
il était conseiller de Hollande
et
ministre, il ne faut pas oublier que c'est le seul gouvernement qui a désindexé les pensions de retraite. Il est l'homme de la mondialisation. Heureuse pour une minorité. Moi, je considère que la mondialisation, c'est un fait, mais qu'on doit l'organiser et que la France doit défendre son exception et se réformer, mais en défendant ce qu'elle est. C'est-à-dire une école républicaine du mérite, récompenser le travail, défendre son industrie, protéger ses frontières. Donc, j'ai un modèle d'avenir différent de celui de Macron, mais je serais ravi, par exemple, d'avoir un vrai débat de fond avec Macron.
Parce
que nous avons des désaccords fondamentaux, mais nous pouvons nous respecter. Et la démocratie, c'est ce qui manque aujourd'hui. La démocratie, ça devrait départager des projets différents, des personnalités différentes, sur du fond, pas sur des slogans de la démagogie, du zapim, des affaires, de la corruption.
Et à droite, qu'est-ce que vous préfériez affronter chez les Républicains ? Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé ? On a un homme agité
qui n'a plus aucune crédibilité, Nicolas Sarkozy. Et on a un homme respectable, Alain Juppé, mais qui est complètement dépassé et qui va simplement être une sorte de belle au bois dormant. Ce sera une sorte de mélange de Chirac et de Hollande. Je n
'en veux pas. Aujourd'hui, il a visité un salon avec
des start-up, avec l'économie numérique.
Il a l'air
de s'intéresser à ce sujet-là.
Heureusement, mais la question majeure, ce n
'est
pas ça. La question majeure,
c
'est par exemple, est-ce qu'on veut que nos entreprises s'en sortent ? Moi, je veux par exemple, soyons concrets, je veux cibler toutes les baisses de charges uniquement sur les entreprises qui investissent en France, sur le territoire français. Hollande, Sarkozy, Juppé, Fillon, ils ont saupoudré les baisses de charges.
Est
-ce que c'est normal que la grande distribution, que les banques, que les entreprises qui délocalisent aient des baisses de charges ? Non. Je veux relocaliser un million d'emplois. Je suis convaincu que c'est la clé de tout. Et pour ça, je veux qu
'il y ait
un bonus fiscal pour les entreprises qui investissent en France. Je veux qu'il
y ait
une concurrence loyale et supprimer les travailleurs détachés, qui ne payent pas les charges sociales en France. Des milliers de PME font faillite à cause de ça. Je veux par exemple, que nos plus belles entreprises ne soient pas achetées par des fonds étrangers.
En
ce moment, Safran est en train de vendre une pépite. La biométrie, vous savez, l'intelligence, c'est vital pour notre sécurité nationale.
Tout le monde s'en fiche.
Tout le monde s'en fiche. On va la brader à un fonds de capital américain. Alstom, une des plus belles entreprises de France, qu'on a vendue à General Electric pour la partie énergie, qui a été bradée. L'intérêt national, l'intérêt général. Je crois en la France, je crois en ces talents, mais je veux un chef d'État qui défend la France. Il ne s'agit pas d'haïr les autres, il s'agit de faire ce que font les chefs d'État allemands, américains, japonais.
Nicolas Dupont-Aignan, qu'est-ce qui vous différencie
du
Front National ? Il suffit de lire mon programme
et
vous verrez les différences.
Vous
savez, il y a trois candidats à la présidentielle qui vont vouloir faire un grand ménage. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et moi-même. Simplement, il suffit de lire leur programme et de connaître leur personnalité, leur soutien, pour comprendre que je ne ferai pas le ménage de la même façon que Mme Le Pen ou que M. Mélenchon. Et je dis aux Français,
ça
fait 20 ans qu'on vous
serre
la même sauce, soit vous continuez avec les mêmes, soit vous partez à l'aventure et vous sautez dans le vide sans parachute avec Mme Le Pen. Eh bien, pour la première fois, vous allez avoir l'élection présidentielle. Un patriote qui a un programme très concret, récompenser le travail par exemple, très concret sur l'école publique, sur l'hôpital, qui ne vous emmènera pas dans des dangers.
Et
c'est ça qui gêne dans ma candidature. C'est qu'on ne peut pas me caricaturer, je ne
suis
pas xénophobe, j'ai autour de moi des élus réélus à 80% des voix dans tous les coins de France. Simplement,
ce ne
sont pas des gens qui sont dans les médias, ce sont des gens qui bossent, qui ont une autre vision du pays. Et c'est ça que je veux faire connaître aux Français.
Alors, il
y
a une présence assez surprenante, dimanche prochain, à votre grand meeting, donc votre meeting de boule à la France, c'est celle de Jérôme Kerviel. Qu
'est
-ce que vous avez comme valeur en commun, tous les deux
? C
'est un résistant. Je
rassemble des résistants. Je suis gaulliste. Et là,
je crois à la rédemption. Vous êtes un corps pour dire aussi quand même qu'il a été de l'autre côté de l'île. Je crois à la rédemption.
C'était un trader. Il a eu une affaire, et on a découvert
qu
'on en a fait un bouc émissaire. Et je n'aime pas l'injustice. Et je crois que dans le pays, j'ai avec moi aussi Stéphanie Gibault, qui a ramené des milliards d'euros à la France, en délançant le scandale UBS, et qui est aujourd'hui à la rue, je crois qu'on ne changera la France que si on nettoie la politique française. Et donc, je pense qu'il
y a
un moment, il faut mettre en avant des résistants, même s'il y a un côté un peu provocateur. C'est fondamental.
On
ne changera pas la France sans les Français. Et j'ai envie de dire aux Français,
pourquoi vous
votez pour des gens qui vous ont fait tant de mal
?
Pourquoi on vous a aliéné au point
qu
'il faut continuer à voter pour des gens qui vous ont fait du mal ? Et je veux, pendant cette présidentielle, et c'est ça où je vais surprendre, je veux les réveiller. Parce que je vais être un peu... On a souvent les hommes politiques qu'on mérite. Et donc,
j
'ai envie de réveiller mes concitoyens. De leur dire, vous ne pouvez plus subir. Parce que là, c'est notre sécurité. On n
'a
pas parlé sécurité. Mais quand on voit qu'il
y
a des djihadistes qui se baladent en France, en liberté, parce qu
'ils
reviennent de Syrie, qui ne sont même pas arrêtés. Quand je vois qu'on a nos militaires, on a réduit 50 000 postes de militaires depuis 7 ans, Sarkozy, 40 000, Hollande, 10 000. Quand je vois qu'on ne prend pas les mesures qui s'imposent. Moi, vous savez, dans ma campagne,
il
n'y
aura
pas 1 000 pages. J'ai vu que M. le maire avait 1 000 pages. Plus de 1 000 pages. Oui, on n'a pas besoin de 1 000 pages.
On
ne fait pas un concours du technocrate. Il y aura une vingtaine de mesures pour remettre la France sur les rails et rendre aux Français la France qu'ils aiment. Parce qu'on a un pays qu'on aime. Et ce pays qu'on aime, notre pays, il faut prendre les mesures qui s'imposent. Nos agriculteurs, par exemple, sont en train de crever parce qu'on a accepté la fin des quotas laitiers au niveau européen. L'Europe, vous parliez de la différence avec Mme Le Pen, je ne
veux
pas mettre l'Europe au milieu de
l
'Atlantique comme l'Angleterre. Mais en revanche, on ne peut plus accepter des règles décidées par des gens corrompus, je l'avais dit il
y
a 10 ans,
on
le voit aujourd'hui, corrompus, soumis à la finance internationale et qui font qu'il n
'y a
plus un emploi dans notre pays. Il y a un moment, stop. On ne joue plus et on reconstruit une belle Europe. C'est, je crois, un discours à la fois de rupture et en même temps de bon sens.
Merci Nicolas Dupont-Aignan. Merci Patrick Pavot d'Arvon.
Nicolas Dupont-Aignan