André Accary : "On a été pas loin de la rupture cet été" dans la lutte contre les feux de forêts
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Vous êtes le président du département de Saône-et-Loire. Vous avez mené une mission flash sur les feux de cet été pour faire remonter aux chefs de l'État les besoins des pompiers.
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Ils ne le sont pas tous ?
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Mais ça veut dire que ça ne fait pas partie de la formation de base pour tous les pompiers, de savoir lutter contre les feux de forêt ?
- 1:59FerméeRéponse directe
Mais c'est vraiment ça qui lui avait manqué ?
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est-ce qu'on a atteint la limite de nos capacités ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Alors, on va revenir au matériel, mais d'abord, l'humain, est-ce qu'il y a assez de pompiers en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« les flammes ont ravagé plus de 70 000 hectares de forêt cet été. »
- 0:56Invité politiqueChiffre
« Depuis trois ans, on a formé 500 personnes, 500 pompiers aux feux de forêt. »
- 1:07Invité politiqueChiffre
« Nous avons, dans le département, plus de 200 000 hectares de forêt. »
- 2:37Invité politiqueFait
« On n'était pas très loin de la rupture. »
- 2:45Invité politiqueFait
« un moment où on était à la limite de la rupture. »
- 5:14Invité politiqueFait
« cette estimation n'est pas de mon ressort »
Temps de parole
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Il est 6h19. Il va y avoir foule à l'Elysée en fin de matinée. Emmanuel Macron reçoit plus de 300 personnes qui se sont mobilisées cet été contre les feux de forêt. Pompiers, pilotes de Canadair, bénévoles, élus. Vous êtes sur la liste des invités André Akari. Bonjour.
Oui, bonjour.
Vous êtes le président du département de Saône-et-Loire. Vous avez mené une mission flash sur les feux de cet été pour faire remonter aux chefs de l'État les besoins des pompiers. C'est une mine d'informations pour lui s'il veut améliorer la lutte contre les incendies. Je rappelle que les flammes ont ravagé plus de 70 000 hectares de forêt cet été. Alors, énormément en Gironde, mais également dans le Jura, le Finistère ou le Maine-et-Loire. Et ce que vous nous dites dans ce rapport, c'est que déjà, il faudrait qu'il y ait plus de pompiers formés aux feux de forêt. Ils ne le sont pas tous ?
Oui, il y a certains départements, effectivement, où nous n'étions jamais touchés par les feux de forêt. Mais depuis quelques années, on forme les pompiers aux feux de forêt. Je prends l'exemple de la Saône-et-Loire. Depuis trois ans, on a formé 500 personnes, 500 pompiers aux feux de forêt. Puisque, avec le changement climatique, on constate, effectivement, le changement aussi de nos forêts. Nous avons, dans le département, plus de 200 000 hectares de forêt. Et on a réorienté nos investissements et la formation de l'ensemble de nos pompiers.
Mais ça veut dire que ça ne fait pas partie de la formation de base pour tous les pompiers, de savoir lutter contre les feux de forêt ?
Alors, vous avez, dans toutes les régions habituellement touchées par les feux de forêt, évidemment, l'ensemble des pompiers sont formés. Mais vous aviez des secteurs qui n'ont jamais été touchés par les feux de forêt. Et donc, aujourd'hui, avec ce constat, en tout cas de cette année, mais des années précédentes, eh bien, petit à petit, sur l'ensemble du territoire, l'ensemble des départements font former, en effet, les pompiers aux feux de forêt.
Et c'est d'ailleurs quelque chose qui a été pointé par le SDIS du Jura cet été. Le Jura qui a eu un incendie. Et le SDIS a dit qu'il avait manqué de personnel formé aux feux de forêt, alors qu'il n'y avait pas d'autres difficultés particulières. Mais c'est vraiment ça qui lui avait manqué. D'autant plus, vu les difficultés d'accès aux zones à défendre et à l'incendie.
Oui, bien sûr. Alors, le Jura a bénéficié, comme d'autres départements, des renforts d'autres départements qui sont venus immédiatement. Vous avez eu une solidarité au niveau des départements qui était immédiate. Et on a pu envoyer, en effet, du commandement et des pompiers formés aux feux de forêt pour appuyer ceux du Jura. Puisque, vu de l'ampleur de l'incendie, ce n'était pas possible de lutter seul au niveau du département.
André Akari, avec tous les incendies qu'on a connus cet été, est-ce qu'on a atteint la limite de nos capacités ?
On n'était pas très loin de la rupture. Effectivement, on a eu, à un moment dans le mois de juillet, un moment où on était à la limite de la rupture. Et c'est pour ça qu'il y a une vraie prise de conscience. Et en tout cas, il faut en tirer les leçons. Et sur l'ensemble du territoire, en effet, prendre des mesures, à la fois de prévention, mais aussi de formation. Et puis, bien sûr, une orientation sur l'achat du matériel tout à fait adapté aux feux de forêt.
Alors, on va revenir au matériel, mais d'abord, l'humain, est-ce qu'il y a assez de pompiers en France ?
Alors, on a, là aussi, une baisse de nombre de pompiers volontaires sur l'ensemble du territoire. Et sans doute, par plusieurs constats, les pompiers sont souvent utilisés pour des missions qui ne concernent pas vraiment leur mission première, c'est-à-dire les feux de forêt, les accidents, etc. Donc, en effet, il faut qu'on travaille sur vraiment une orientation pour redonner les vraies missions aux pompiers. Et là, nous n'aurons plus de problème de motivation pour avoir des nouveaux pompiers volontaires. Sur l'ensemble du territoire, on a vraiment des initiatives pour recruter des pompiers volontaires avec une réorientation de la communication.
La Fédération, notamment, des pompiers lance une grande campagne de recrutement des pompiers volontaires sur l'ensemble du territoire.
Et sur le plan matériel, donc, la priorité, c'est de renforcer les moyens aériens ?
C'est, bien sûr, on a pu le noter dans le rapport, lorsque vous avez des interventions, puisque la doctrine n'est pas remise en cause, c'est-à-dire l'attaque du feu naissant. Et pour ça, il faut en effet pouvoir prédisposer et prépositionner du matériel aérien. Là aussi, une orientation doit être prise d'une manière assez urgente pour, en effet, réinvestir dans les moyens aériens. Mais pas que, c'est aussi sur des moyens terrestres, où certains départements, en effet, ont réorienté leurs investissements pour adapter les moyens aux nouveaux risques, puisque, je vous le dis, avec ce changement, certains départements n'avaient jamais été touchés.
Donc maintenant, on a conscience, en effet, que les incendies de forêt peuvent être sur l'ensemble du territoire national.
Je reviens aux moyens aériens, parce qu'on a beaucoup entendu les pompiers, quand même, à cet été, dire « il nous faut des Canadaires, il nous en faut plus ». Aujourd'hui, on a combien d'avions ou d'hélicoptères qui aident à la lutte contre les flammes ? Et il en faudrait combien d'autres, selon vous ?
Alors, en fait, cette estimation n'est pas de mon ressort, mais en tout cas, il faut des moyens aériens variés. On parle souvent des Canadaires, mais ce n'est pas que les Canadaires. Il faut aussi, bien sûr, des hélicoptères, enfin, bon, plusieurs, en effet, moyens aériens qui interviennent d'une façon très complémentaire, notamment sur les feux naissants. Et c'est pour ça que, sur certains territoires, il faudrait pouvoir, notamment dans des moments à risque, bien sûr, évidemment, l'été, essentiellement, mais pouvoir prépositionner des moyens aériens. Et pour ça, il faut augmenter d'une manière significative la flotte.
Parce qu'aujourd'hui, ils sont tous au même endroit ? Parce qu'effectivement, les élus de Gironde aimeraient, par exemple, qu'il y ait des avions toute l'année à l'aéroport de Bordeaux. Aujourd'hui, ils sont où, ces avions ou ces hélicoptères ?
Alors, ils sont, bien sûr, sur leur base principale, sur le secteur de Nîmes. Mais, en effet, le prépositionnement pour l'attaque du feu naissant est important à mettre en place. Alors, sur certains territoires, ça se fait déjà, notamment en Corse. Vous avez, en permanence, sur les saisons à risque, des moyens aériens prépositionnés. Mais, on a pu le voir cette année. Quand vous avez des incendies qui attaquent sur la Bretagne ou qui sont, en effet, plus sur des secteurs comme la Bourgogne-Franche-Comté, plus on intervient rapidement, plus on est efficace sur le traitement des incendies pour appuyer, bien sûr, les équipes terrestres.
Donc, évidemment, il faudra augmenter, mais des moyens diversifiés. Sachez que certains départements louent déjà ou achètent, font l'acquisition, notamment d'hélicoptères, pour les prépositionner sur certains secteurs, mais tout en sachant que certains territoires n'ont pas les moyens financiers, évidemment, de pouvoir investir dans de tels moyens.
Et est-ce qu'il y a des efforts à faire dans la détection des incendies, dans la prévention, ou est-ce que là, c'est plutôt positif, ce que vous avez constaté dans votre étude ?
On peut vraiment s'appuyer sur l'expérience des départements du sud-est de la France qui ont vraiment un travail de prévention, de surveillance du territoire, d'aménagement du territoire aussi. Et, en effet, il faut que d'autres départements s'appuient sur cette expérience et mettent en place, en effet, y compris des équipes de réserve pour appuyer, notamment, toute la logistique derrière, mais aussi mettre en place, en effet, ce qu'on appelle la DFCI, des équipes de surveillance du terrain pour qu'on puisse, en effet, intervenir le plus rapidement possible.
Et ça, il en faudrait partout ? Je prends l'exemple de votre département, la Saône-et-Loire, vous dites qu'il n'est pas habituellement quand même une terre où il y a des incendies de forêts. Est-ce que vos forêts, en Saône-et-Loire, sont surveillées ?
Pas assez, sans doute. Mais justement, parce que... Mais, par contre, il y a une vraie prise de conscience et on va organiser autour du préfet, en effet, l'organisation d'équipes, sans doute, pour, en effet, sur certaines périodes très à risque, bien sûr, c'est pas toute l'année, mais faire ce travail-là. Il y a une vraie mobilisation. Mais j'insisterai aussi, il faut informer le grand public. On a pu assister, par exemple, dans le Jura, des touristes qui venaient filmer ou faire des photos de ces incendies. Donc, il y a une vraie culture, aussi, sur certains territoires, eh bien, de peut-être ne plus non plus se promener.
Il y a quelques territoires à protéger et travailler aussi, cette culture du risque. constater des personnes qui font des barbecues alors qu'on est sur des zones vraiment très à risque, ça, je pense qu'il faut vraiment que ça change. Donc là, il y a une vraie prise de conscience,
aussi, sur l'ensemble du territoire. Et on suivra attentivement les annonces d'Emmanuel Macron en fin de matinée. Merci, André Akari, président du département de Saône-et-Loire. 6h28. France Inter