Aurore Bergé dans TV5 Monde
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous dites "Là, on découvre le vrai visage de Donald Trump." Comment réagir en tant qu'Européen ?
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L'ambassade des États-Unis en France appelle à supprimer les engagements en matière d'égalité femme-homme. Votre réaction ?
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Vous parlez de l'IVG dans votre livre. Pourquoi inscrire l'IVG dans la Constitution ?
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Donald Trump soutient Marine Le Pen et critique sa condamnation. Comment analysez-vous ces propos ?
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Faut-il une candidature unique pour le camp macroniste à la présidentielle ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Vous qualifiez LFI de parti avec des relents antisémites. Pourquoi cette position ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Aurore BergéFait
« Là, on découvre le vrai visage de Donald Trump. »
- 4:00Aurore BergéFait
« Il y a la loi française. Et la loi française, elle s'applique pour tous, partout et tout le temps. »
- 4:00Aurore BergéFait
« Dans notre loi, il y a des principes essentiels qui sont pas négociables d'égalité entre les femmes et les hommes. »
- 6:00Aurore BergéFait
« Il y a toujours eu des contestations qui existent sur l'IVG. »
- 8:00Aurore BergéChiffre
« Elle a été condamnée en première instance pour 4,4 millions d'euros de détournement. »
- 10:00Aurore BergéFait
« Je ne pourrais jamais mettre un bulletin de vote LFI dans une urne. »
- 12:00Aurore BergéFait
« Je l'ai écrit dans ce livre mais je ne veux pas y revenir forcément de manière orale parce que c'était des choses extrêmement dures à vivre. »
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[Musique] Bonjour Hurore Berger. Bonjour. Vous êtes ministre chargé de l'égalité femme, homme et puis de la lutte contre les discriminations.
On veut publier nos combats pour la République. Un appel à dressé face au défi de notre temps. Populisme, antisémitisme, laïcité, démocratie, violence faite aux femmes et aux enfants.
C'est publié chez Robert Lafond. On va en parler dans un instant. D'abord, il y a cette actualité, j'ai presque dire économique, cette tourmente mondiale de Donald Trump déclenchée aujourd'hui avec peut-être des conséquences économiques pour la France, les chutes des bourses occidentales.
Vous dites "Là, on découvre le vrai visage de Donald Trump." On découvre, on le redécouvre puisqu'on avait quand même déjà eu des questions sur les tarifs qui avaient été posés dans son premier mandat. Mais je crois que ça nous oblige surtout à agir et à réagir en européen.
C'est-à-dire tout ce que le président de la République essaie de faire depuis 2017 où parfois on s'est senti bien seul à dire un moment fort du marché intérieur qui est le nôre de 500 de 450 millions d'Européens et de consommateurs. C'est à nous d'imposer des règles et des règles du jeu commune. Mais en fait il a raison.
Il y a que comme ça qu'on arrivera de toute façon à être suffisamment puissant dans le rapport de force. Oui. Alors, on a vu aussi par le biais de l'ambassade des États-Unis en France un appel aux entreprises qui commercent avec les États-Unis pour leur dire qu'on devrait supprimer les engagements en matière d'égalité femme, homme ou ce genre de chos.
Évidemment, j'imagine que ça vous révolte. Ben ce qui me révolte, c'est la tentative d'ingérence parce qu'elle est inacceptable, quel que soit le pays qui tenterait cette ingérence. C'est moi ce que j'ai rappelé aux entreprises qui exercent en France, qu'elles soient française ou non, c'est qu'il y a la loi.
Il y a la loi française. Et la loi française, elle s'applique pour tous, partout et tout le temps. Et dans notre loi, il y a des principes essentiels qui sont pas négociables d'égalité entre les femmes et les hommes.
évidemment d'égalité professionnelle et salariale et en cas nous n'allons les gommer d'un trait de plume. Notamment aussi sur les droits sociaux qui sont associés que ce soit les congés, congés maternité et congé paternité puisqu'on a aussi besoin que cette parentalité elle progresse pour les deux parents. Lutte contre toutes les formes de discrimination.
Évidemment, on n pas nous de discrimination positive en France par contre on a des politiques de lutte contre toutes les formes de discrimination et on est intraitable sur cette questionl. Oui, on voit que Donald Trump a cessé de financer un certain nombre d'organismes qui justement contribuaient à ces méthodes d'inclusion, à cette politique d'égalité et cetera. Il y a il y a aujourd'hui en France un risque alors pas pas en France parce que nous encore une fois on a des lois qui protègent et on progresse d'ailleurs sur les lois dans notre pays sur la question de l'égalité de la lutte contre les violences la lutte contre les discriminations.
Mais oui, il y a une angoisse qui existe déjà de de se dire que ce qui se passe aux États-Unis pourrait à un moment infuser dans l'esprit de certains responsables politiques en France et puis surtout une inquiétude pour beaucoup d'autres pays dans le monde qui étaient dépendants aussi des programmes d'aide américains. Quand j'ai rencontré il y a quelques semaines, j'étais aux Nations-Unies justement pour porter la voix du gouvernement français sur la question des droits des femmes dans cette donc dans ce scénit tous les ans sur cette question. Quand j'ai rencontré par exemple nos interlocuteurs ukrainiens, il faut quand même avoir en tête que les femmes en Ukraine et pour un certain nombre aussi des hommes ont subi des violence sexuell, ont subit des viols parce que le viol est une arme de guerre qui est malheureusement utilisée et qui a été utilisée par l'agresseur russe.
Et bien ces programmes de reconstruction des victimes de violence sexuelles qui étaient en grande partie financée par les États-Unis se sont arrêtés du jour au lendemain. Donc c'est partout dans le monde des grands programmes que ce soit sur la malnutrition, que ce soit sur la santé, la santé des enfants, la lutte contre les violences sexuelles, l'éducation des enfants qui sont mis en péril parce que les États-Unis représentaient une part importante du soutien financier à ces programmes et la menace sur le droit à l'avortement. Alors l'avortement est protégé en France mais ça ça peut s'étendre l'imitation l'IVG.
Mais moi ce que j'ai toujours dit c'est qu'il y a pas un microclimat qui par principe nous protège parce qu'on est la France. Par contre parce qu'on est la France, on a un message particulier envoyé au monde parce que justement on a une certaine idée de nous-même et des valeurs qui sont des valeurs universelles qu'on a envie de porter. Quand j'ai écrit la première proposition de loi pour faire entrer l'IVG dans la Constitution, la première remarque qu'on m'a faite, c'est de me dire c'est inutile.
C'est inutile. Regardez en France l'IVG n'est pas contesté. C'est pas vrai.
Il y a toujours eu des contestations qui existent sur l'IVG. Il y a la tentation de certains non pas de la supprimer mais de limiter son accès, de limiter le nombre de semaines, de dérembourser et puis encore une fois on légifère pour l'avenir. Et en ayant inscrit l'IVG dans la Constitution, on a envoyé un message très clair en France en disant pour nous ça n'est pas négociable parce que c'est la première de nos libertés, c'est la maîtrise de nos corps.
Euh et donc on a mis la plus haute garantie possible. Mais c'est aussi en un message qu'on a envoyé au monde pour toutes les femmes qui à travers le monde n'ont pas accès au droits sexuels et reproductifs et donc à la maîtrise d'elles-même et de leur corps. Donc oui, c'est aussi pour ça qu'on agit en étant très lucide sur le fait que les droits restent fragiles, qu'il reste des combats qu'on doit en permanence porter et remettre sur sur le métier et que en France oui, ça n'était pas négociable.
Oui, on a entendu le président américain prendre appui, soutenir Marine Le Pen, dire libérer Marine Le Pen, se plaindre finalement de sa condamnation pour détournement de fond dans l'affaire des assistants parlementaires. Et on a vu Marine Le Pen manifester, rassembler ses partisans hier à Paris euh et et appeler finalement à une forme de dire les les la République des juges, la tyrannie des juges, c'est un discours que que vous prenez comment ? Moi, je pense que c'est des discours qu'il faut pas prendre à la légère parce que derrière ça donne dans le dans la société le sentiment que nous ne serions plus dans un état de droit parce que la justice a été rendue.
Et ça c'est l'inversion totale des valeurs. Nous sommes justement dans un état de droit vivant et bien vivant avec justement deux démonstrations la même semaine. Le fait que un magistrat non pas en opportunité politique mais en droit.
Le fait de toute façon que madame Le Pen peut se pourvoir en appel et que la cour d'appel de Paris a dit que ce serait vu le contexte politique jugé dans des délis qui sont très rapides par rapport au délis habituel et la même semaine madame Le Pen qui peut organiser justement un grand meeting et un rassemblement. C'est la démonstration d'un état de droit et d'un état de droit bien vivant. Par contre, on devrait tous être interpellés par le fait qu'aujourd'hui on a des magistrats, des procureurs qui sont sous protection policière. qui sont sous protection policière tout simplement parce qu'ils font leur travail en notre nom à tous puisqu'ils rendent la justice au nom du peuple français.
Oui, on a vu en même temps pratiquement tout de suite après un meeting de renaissance Gabriel Atal qui est intervenu, vous êtes intervenu le matin dans ce meeting qui était justement un appel à à sauver la démocratie et on a entendu des mots très forts de Gabriel Atal qui s'adressait directement à Marine Le Pen en disant en gros la politique de fermeté que qui est la vôtre, celle que vous voulez pour les délinquents, appliquez-la à vous et qui vole doit rembourser qui et cetera et cetera donnant en donnant. Vous vous pensez que c'est ça la réponse ? Je crois qu'en tout cas, il faut toujours avoir la même attitude queles que soient les personnes mises en cause.
Moi, je me suis jamais réjoui d'une décision de justice qui concernerait tel ou tel responsable politique. Pas plus que j'ai à regretter telle ou telle décision de justice. Et le problème, c'est qu'on est souvent confronté à des hommes ou à des femmes qui en fonction de la personne mise en cause réagissent différemment disant bah dans ce cas précis on est favorable à la décision de justice parce qu'elle nous ferait plaisir puis dans ce cas-là on la déplore.
Moi, je veux être dans un état de droit dans lequel encore une fois on juge en droit et on juge pas en opportunité politique. Mad Pen reste présumé innocente tant que l'appel n'a pas été prononcé. Pour autant, il faut jamais oublier le point de départ.
Le point de départ, c'est qu'elle a été condamnée en première instance pour 4,4 millions d'euros de détournement. Fait le calcul fait 250 années de SMIC par exemple. Ça ça parle peut-être plus aux gens qui nous écoutent. 250 années de SMI qui ont été détournés vraisemblablement pour employer des gens qui travaillaient pour le parti, pour employer des gens qui travaillaient même pour la famille Le Pen, son propre majord d'homme était salarié apparemment du Parlement européen.
Donc non, on ne joue pas avec l'argent public et on ne joue pas avec nos principes. Mais mais alors au-delà votre livre Nos Combats pour la République Aurore Berger publié chez Robert Lafond, c'est vrai que le meeting hier de Renaissance, c'était le la démocratie est en péril. Vous vous diriez, comme certains le demandent aujourd'hui, qu'il faute une union euh euh entre les centristes euh ceux qui sont dans le camp macroniste, on va dire, pour présenter un candidat, une candidature unique à élection présidentielle pour espérer être au premier tour et ensuite qualifier au deè ?
Moi ce que je dis c'est deux choses. Déjà, il nous reste 2 ans avant la prochaine élection présidentielle. Moi, je veux que ce soit deux années utiles pour les Français.
Je veux pas donner le sentiment au nom sur un plateau de télévision que les deux années qui viennent ne servent à rien. Nous, on est au gouvernement. Moi, je suis ministre et je me bat tous les jours sur la question des droits des femmes, sur la question de la lutte contre les violences faites aux femmes, faites aux enfants, sur les questions d'égalité, de lutte contre l'antisémitisme parce que ce sont des problèmes aujourd'hui et maintenant et j'ai pas envie d'attendre 2 ans pour les régler ou en tout cas pour progresser sur ces sujets.
Donc je dis à tout le monde, n'enjambez pas ces deux années qui viennent, travaillez et travaillons tous ensemble dès maintenant. Et ensuite, je dis que sur la question de l'élection présidentielle, il faudra Oui, je crois qu'on ait une candidature unique sous la forme de primaire. Comment on va faire la ça c'est à voir sur les modalités de désignation, mais il faut déjà accepter que les uns et les autres acceptent qu'une candidature unique puisse exister parce qu'aujourd'hui tout le monde n'est pas sur la même ligne.
Or si demain nous avons 1 2 3 candidats ou une de tr candidates alors ça posera une question majeure sur notre capacité même à être au second tour de l'élection présidentielle. Moi, je ne veux pas d'un second tour où les Français n'auraient plus le choix qu'entre le RN et la France insoumise parce que ce sera un choix dramatique pour notre pays en terme de principe, de valeur, de conséquences économiques et financières, de conséquences concrètes dans la vie quotidienne des Français. Donc si on veut empêcher ça, un, il faut pas enjamber les 2 ans, il faut travailler, il faut avoir des résultats tout de suite et maintenant de oui, on gouverne ensemble aujourd'hui déjà donc je pense qu'il faudra qu'on travaille à une candidature unique.
Oui. Hier à la manifestation lesfill et les écologistes, le parti socialiste n'était pas présent. au fond ce front républicain d'ailleurs et dans le livre vous en parlez vous contestez cette idée qui pu y avoir ce front républicain c'estàd que tout sauf le le RN est voté y compris pour des candidats et les filles vous n'étiez pas d'accord avec ça vous dites au fond il faut on peut s'allier avec les socialistes on peut s'allier avec un nombre de gens contre le RN et c'est ni RN ni LFI toujour moi moi je crois à la clarté politique et je pense que à partir du moment où vous avez une élection législative il n'y a pas que les deux candidats arrivés en tête deélection législative qui peuvent se qualifier au second tour.
On peut avoir un certain nombre de cas où il y a trois candidats, parfois même quatre candidats et je crois qu'on a essayé de tordre un peu ces résultats là en imposant à des candidats ici les nôtres ici à gauche de se désister de ne pas être candidat au second tour. Moi, je crois que les Français ils sont suffisamment grands pour faire leur choix par eux-mêmes, pour eux-mêmes dans chacune des circonscriptions pour les élections législatives. Ça c'est la première des choses sur la question du Front Républicain où ça n'est pas la même chose sur une élection présidentielle. une élection présidentielle a que deux candidats au second tour.
Donc à la fin, on élimine celui qu'on ne veut vraiment pas pour arriver au pouvoir. Donc oui, là il y a un front républicain, je dire qui se met en œuvre un peu plus automatiquement sur l'initiative. Je ne crois pas à ça.
Je pense qu'il faut encore une fois faire confiance aux Français et respecter les Français. Moi, je crois à la République du respect. Ça c'est le premier point.
Deuxième point, je n'ai pas été d'accord avec une décision. Je je l'assume. Vous le dites dans le livre qui était précipité qui premier ministre celle de Gabital parce que je crois que on ne combat pas le RN en votant pour la France insoumise parce que encore une fois on voit bien que la situation aujourd'hui qui est celle de la gauche, le fait que Jean-Luc Mélenchon finalement soit le seul représentant aujourd'hui puissant à gauche est un problème démocratique et républicain majeur parce qu'on le voit sur des sujets qui me sont essentiels. antisémitisme c'est notamment vous dites que LFI est un parti avec des des relisémites ou mais je dis qu'en tout cas on a une explosion des faits d'antisémitisme depuis le 7 octobre 2023 depuis les attentats islamistes perpétrés par le Hamas en Israël que les Français juifs aujourd'hui vivent avec un sentiment de peur trop souvent dans notre pays ici à l'école ici à l'université sur sur le lieu de travail sur les réseaux sociaux dans les transports publics que l'État est intraitable avec tout l'effet d'antisémitisme évidemment et sanctionne de manière systématique et protège évidemment de manière systématique.
Mais quand on a des responsables politiques qui attisent cette haine, alors oui, c'est un problème majeur qui fait que pour cette seule raison et cette simple raison, je ne pourrais jamais mettre un bulletin de vote LFI dans une urne. Oui. Et donc donc vous dites au fond que le Parti socialiste a raison aujourd'hui de prendre ses distances.
Vous espérez quelque chose de ça ? Ça a été long, ça a été quand même très long, mais tant mieux s'ils le font et s'ils le font de manière définitive parce que on a vu le Parti socialiste souvent varié sur ses positions vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. un jour vouloir faire alliance un jour la la dénouer.
J'espère que de manière définitive le Parti socialiste, quel que soit demain le le responsable premier secrétaire du Parti socialiste, dira qu'une alliance avec Jean-Luc Mélenchon au nom de leur principe et au nom de nos valeurs communes républicaines et démocratiques, n'est pas n'est plus en aucun cas envisageable. Parce que l'antisémitisme, voyez le ce combat là, ça peut pas être une variable d'ajustement. C'est aussi à ça qu'on mesure l'état de nos démocraties, la manière avec laquelle on lutte contre l'antisémitisme et avec laquelle on se sent chacun intimement concerné par cette violence et cette haine là.
Et donc oui, ça ne peut pas être une variable d'ajustement. Et en effet, j'en parle, j'en parle dans le livre parce que je pense que c'est un des combats pour la République qu'on doit mener. C'est très important.
C'est vrai que ce livre est très personnel. à votre fille cette petite fille qui est née, vous aviez caché votre grossesse pour mener parce que dirigiez le groupe majoritaire à l'Assemblée nationale dire une femme enceinte qui dirige une campagne électorale d'un groupe majoritaire ça vous paraissait pas possible de montrer que vous étiez enceinte ? Est-ce que c'était pas possible ?
Je sais pas mais je sais que ça change le regard, ça change la perception. Combien de vos collègues sans doute journalistes ont-elles attendu le dernier moment pour dire qu'elles étaient enceintes ? pas parce que la direction les aurait nacé mais parce que elles ont peur en fait des répercussions que ça peut avoir, de l'image que ça peut renvoyer, de la perception d'une promotion qui ne viendrait pas en disant "Mais non, je peux pas promouvoir une femme enceinte et ainsi de suite." Donc moi ce que je veux c'est que les femmes se sentent en permanence libre.
Libre d'avoir des enfants ou de ne pas en avoir, libre de pouvoir progresser dans leur carrière professionnelle. Et il y a trop de jugements encore aujourd'hui qui pèse sur les femmes. La parentalité, elle pèse aujourd'hui beaucoup plus sur les femmes, les mères que sur les hommes, les pères.
Et ça c'est un sujet pour notre société parce qu'il y a tout ce que nous on peut mettre en place au niveau de la loi évidemment sur la question de l'égalité professionnelle, de l'égalité salariale et on a eu de cesse de progresser et les écarts n'ont eu de cesse de se réduire mais sur les écarts qui persistent quand même beaucoup lié à la culture aussi qui est la nôtre ou qui n'est pas encore la nôtre. Et je pense que oui, on a des marges de progression à faire encore. Et alors donc vous vous adressez à votre fille dans ce livre et vous lui dites au fond pourquoi je me bats ?
Et puis c'est vrai que c'est un combat d'ailleurs c'est le titre du livre, le combat est vraiment c'est presque un combat physique. Vous racontez des jutes à l'Assemblée nationale extrêmement difficile. Vous raconter et vous dites "Je l'ai écrit dans ce livre mais je ne veux pas y revenir forcément de manière orale parce que c'était des choses extrêmement dures à vivre.
Bien sû que vous avez vécu à un certain moment vous accusé d'instrumentaliser les souffrances des femmes. Oui, parce que c'est aussi un combat physique la politique. Euh c'est un rapport de force qui existe et parfois certains cherchent à créer ça, créer ce rapport de force physique, cette intimidation.
L'Assemblée nationale, les gens ne le réalisent pas tant qu'ils n'y sont pas venus physiquement. D'ailleurs, quand ils viennent, ils disent "Mais c'est beaucoup plus petit que ce que j'avais imaginé. C'était myci que tout le monde se voit, tout le monde se sent." Euh et donc oui, il y a des moments euh où vous vous sentez vraiment attaqué et donc il faut être en capacité euh de de dire, il faut être en capacité de reposter, il faut être en capacité d'attaquer et euh il y a il y a rien de pire pour une femme en politique que de montrer soi-disant de la vulnérabilité.
Euh et moi ça m'est arrivé de montrer de la vulnérabilité à un moment, mais c'est pas de la fragilité à un moment d'être sincère, c'est pas de la fragilité d'avoir dans son parcours personnel et intime vécu des choses qui sont douloureuses mais qui nous ont aussi transformé et qui nous ont permis peut-être d'avoir encore plus d'engagement sur des combats. Moi, c'est mon cas. Mais comme des milliers et des milliers de femmes malheureusement ont eu à subir des violences, ça a été mon cas.
Euh et c'est vrai que j'ai à un moment je l'ai verbalisé à l'Assemblée nationale dans un moment auquel je m'attendais pas du tout. Je je n'étais pas venu pour parler de moi et de mon cas. Mais donc c'est pour ça que j'y reviens dans le livre pour expliquer pourquoi à ce moment-là je me suis sentie contrainte de le dire.
Plus simple en effet de l'écrire que de le dire publiquement à l'oral. Mais parce que je veux en faire une force pour dire voilà comme des milliers de femmes, je l'ai vécu mais comme des milliers de femmes, je suis debout. comme des milliers de femmes, je continue à avancer et je me bats surtout pour que les femmes n'aient plus à le vivre, n'ai plus à subir les violences qu'elles subissent et les accompagner dans un parcours qui est un parcours long de prise de conscience que les violences existent parce que ça n'est pas si simple que de prendre conscience qu'on est en train de vivre des choses anormales.
Euh parce que les violences c'est pas que les coûts, ça ne commence pas par les coûts. Euh et garantir que la loi progresse. La semaine dernière, la loi a progressé notamment au Sénat.
On a fait évoluer la loi sur la question des violences faites aux femmes, ce qu'on appelle le contrôle coercitif. Contrôle c'estàdire le le la notion du consentement. Alors non, c'est deux choses différentes.
Le contrôle coercitif, c'est vraiment sur le champ des violences faites aux femmes dans le couple parce que encore une fois, on a encore cette image que la violence c'est d'abord les coûts. Non, les femmes sont pas stupides. Si au premier jour d'une relation on subissait les coups, on partirait en courant.
Il y a d'autres choses qui se mettent en place. plus lente, plus insidieuse, plus efficace sans doute d'ailleurs de contrôle de contrôle de vos relations, de contrôle de vos sorti, de vos fréquentations, de vos horaires, de votre compte bancaire, de vos dépenses, euh de votre métier, de vos relations et tous ces contrôles progressivement, ces interdictions progressives qui se mettent en place et beaucoup de femmes l'ont vécu et savent le décrire derrière, c'est ça qui provoque de l'isolement. Et dans cet isolement, c'est là que les violences peuvent naître. les violences sexuelles, les violences psychologiques, les violences physiques.
Et donc, il faut apprendre à détecter, à repérer les signaux pour nous-mêmes, pour les autres, pour nos familles, pour nos sœurs, pour nos mères, pour nos entourages, pour nos collègues, pour nos amis pour être une société non pas de la suspicion, mais une société vigilante, une société bienveillante, une société qui est prête à entendre que malheureusement ce type de violence existe et qu'il faut qu'on se mobilise. Et alors la question justement du consentement c'est dire au fond ça n'est pas parce qu'une femme ne réagit pas semble ne pas réagir qu'on ne peut pas parler de viol. C'est un peu ça que vous voudriez qu'on qu'on comprenne.
On a avancé là aussi à l'Assemblée nationale cette semaine, la semaine dernière, pardon, euh puisqu'on a adopté euh l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi sur cette question-là parce que euh la question des violences sexuelles, c'est un fléau. C'est un fléau pour nos enfants parce que malheureusement, ils sont les premières victimes de ces violences sexuelles. 160000 enfants chaque année qui subiraient des des violences sexuelles qui souvent se passent dans le hiclos familial quand on parle de l'inceste ou qui se passe avec des personnes qui ont autorité.
Autorité parce qu'ici on le voit dans l'affaire dite de Betaram, autorité aussi dans des cas emblématiques sportifs, mais il y a pas que des cas emblématiques, il y a encore des cas qui se passent là tout de suite maintenant. Et donc il faut que nos enfants sachent dès le plus jeune âge qu'ils aient les repères et qu'ils sachent que personne n'a le droit de les toucher, personne n'a le droit de leur faire du mal. Personne n'a le droit de violer leur intimité, leur intégrité physique.
Pour ça que je me bas sur l'éducation à la vie affective dès le plus jeune âge, dès l'école maternelle pour que nos enfants aient des repères très clairs et pour se battre évidemment sur le champ de la loi sur la question du consentement parce que c'est pas parce qu'une femme ne dit pas non qu'elle dit oui qu'elle est d'accord et puis qu'elle est d'accord pour toute la vie ou qu'elle est d'accord pour tous les actes et ça c'est ce qu'on doit changer dans la loi. a fait un premier pas, une première étape très importante à l'Assemblée nationale sur ce sujet. Oui.
Oui. Et et au-delà les les mineurs victimes euh de de viol, d'agression sexuelle ou autres qui effectivement se retrouvent devant des prescriptions, il ne peuvent plus attaquer au-delà d'un certain temps. Et ça, vous êtes contre.
Vous dites ça devrait être imprescriptible. Oui, parce que je pense que c'est une violence supplémentaire qu'on inflige à à ces enfants devenus adultes parce qu'on sait aujourd'hui euh scientifiquement, on sait pourquoi ces enfants devenus adultes ont mis tellement de temps à dire, à libérer, à le dire à se laavouer à eux-mêmes, à le reconnaître, à le dire à leur famille, à le dire à leurs proches, à leur faire l'étape supplémentaire que d'aller devant la justice, que d'être prêt à porter plainte. C'est une épreuve supplémentaire.
Et au moment où ils sont prêts, on leur dit c'est trop tard. Et ça, cette phrase là, elle est insupportable. Ça ça reste dans la loi.
Moi, je me déposé un texte allonger le délai de question. Mais ex mais moi je me bat parce que j'ai un texte où il y a la question de l'imprescriptibilité en matière civile parce que je veux plus jamais qu'encore une fois un enfant qui a vécu des violences sexuelles, qui a vécu l'incèse, qui a vécu un viol entende devenu adulte au moment où il est en capacité de parler. pas qu'il a envie ou pas de parler, c'est au moment où il est en capacité de parler sans répondre par la justice de notre pays.
C'est trop tard. Ça doit jamais être trop tard. Et c'est aussi un message qu'on doit envoyer aux agresseurs, à ces criminels qui abusent nos enfants, c'est de leur dire en fait, on ne vous laissera jamais tranquille.
Et jusqu'au dernier jour de la dernière heure, ceux et celles que vous avez abusé, violenté, violé pourront venir vous poursuivre et vous ne serez jamais tranquille si vous commettez cet acte là. Parce que je pense aussi que ça a une incidence sur le fait que ces ces actes puissent être commis parce que ils se sentent dans dans une dans un état d'impunité en fait parce qu'ils ont une telle puissance sur ces enfants qu'il dominent qu'ils se disent aussi finalement ils dominent un peu la justice parce que il y a un moment où ce sera trop tard. Ben non, ça doit jamais être tard.
Donc moi, je continue à me battre euh et à porter en effet ce combat là pour nos enfants, pour tous nos enfants. Oui. Même pour les agresseurs, les violeurs, vous dites on ne devrait pas les autoriser à porter plainte contre les victimes pour diffamation ou ce genre de choses au fond parce que vous dites les femmes sont victimes de ça et et ça restreint souvent un excès procédural qu'on qu'on remarque, c'est-à-dire ce qu'on appelle des procédures d' billon, c'est-à-dire immédiatement une femme va porter plainte parce que elle a subi des violences, des violences conjugales, des violences sexuelles et immédiatement la première réponse va être d'attaquer en diffamation pour dissuader la femme d'aller au bout de son processus, au bout de la plainte et cetera.
Euh et je crois que ça c'est quelque chose qui est une violence encore une fois supplémentaire euh qu'on inflige à ces femmes euh qui ne portent pas plainte encore une fois pour faire plaisir, qui ne pas plainte pour y obtenir un gain parce qu'il y a aucune femme, trouvez-moi, une seule femme, une seule femme dans notre pays ou ailleurs qui parce qu'elle a porté plainte pour viol quoi que ce soit à part pour elle-même de se sauver, d'espérer se réparer. Aucune femme n'y a jamais gagné professionnellement. Aucune femme n'a vu sa carrière décoller parce que elle aurait porté plainte.
Au contraire, c'est plutôt des femmes d'ailleurs qui parfois l'ont payé, l'ont payé dans leur carrière, dans leur vie professionnelle. Donc oui, je crois que là encore la loi doit doit progresser. Là maintenant, je travaille avec l'ensemble des groupes parlementaires à l'Assemblée nationale et au Sénat de manière à avancer collégialement, collectivement parce que je crois que sur ce sujet, on doit réussir collectivement à progresser encore.
Oui. Alors, vous parlez de beaucoup de choses dans ce livre. À un moment, vous parlez de l'affaire Bertrand Kanta.
Oui. Il y a en ce moment une série sur Netflix qui a beaucoup de succès, Anne Sophiean qui l'a réalisé. Au final, Bertrand Kanta a fait 5 ans de prison et oui, vous vous dites la loi à l'époque a fait ça, aujourd'hui il faudrait ça devrait plus être la loi à l'époque et d'ailleurs elle avait d'abord écrit un livre et puis ensuite elle a fait ce formidable documentaire sur Netflix que j'invite tout le monde à lire ou à voir qui nous réinterroge sur la manière avec laquelle on avait compris ce qui se passait au moment de l'affaire qui s'appelait d'ailleurs l'affaire Bertrand Quentin et non l'affaire Marie Trintignan.
Marie Trintignan, elle est pas morte d'amour. Marie Trentignan, elle a été tuée. Elle a été tuée parce que cet homme lui a porté des coups euh et lui a porté tellement de coups qu'elle s'est retrouvée inanimée et qu'en plus il ne lui a pas porté assistance et qu'elle s'est elle est morte dans la nuit en fait vraisemblablement parce que non seulement il l'a frappé à 19 reprises mais au-delà de l'avoir frappé à 19 reprises, il n'a pas appelé les secours à aucun moment.
Donc Marie, elle est elle est pas morte euh d'amour, elle est morte du fait de cet homme-là euh qui euh qui l'a tué. Euh et je crois que c'est aussi important que la société réalise qu'à un moment euh y compris médiatiquement et vous le savez bien, ben on était pas au rendez-vous sur ces questions-là, pas tant dans la loi, même si la loi a encore progressé, que dans la manière avec laquelle on retranscrivait les faits. C'était un accident malheureux, c'était un crime passionnel, c'était finalement Bertrand Kanta qui était la victime.
C'était le passé de Marie Trintignan qu'on venait mettre en cause sur la place publique parce que sa vie personnelle, parce que elle avait été mariée plusieurs fois. en quoi ça rentrait en compte pour savoir comment elle avait été tuée et comment elle était morte. Enfin et je je crois que oui, heureusement là-dessus, la société a changé.
Oui, un moment vous vous en parlez aussi de dire que comment un député qui a été condamné pour violence conjugale contre une femme pouvait revenir à l'assemblée siéger à côté de vous au fond. Ça a été une vraie violence. Et vous étiez là, c'est quelque chose que vous n'arriviez pas à accepter.
Non, je l'ai pas accepté parce que et d'autres députés d'ailleurs ne l'ont pas accepté. Je pense à Pierre Casneuve notamment qui s'exprimait à ce moment-là sans un cri un peu de rage aussi. Lui, il a eu raison de le faire parce que en fait on obtient une condamnation, la justice condamne cet homme pour des faits de violence conjugale et quelques semaines à peine après, il revient à l'assemblée, il s'exprime à l'assemblée comme si de rien n'était, comme s'il ne s'était rien passé.
Et je sais que ça pose évidemment des questions. Ça pose des questions sur le fait que la peine existée, sur la capacité à se réinsérer dans la société, mais de la même manière que moi je peux plus écouter un album de Noir Désir après ça parce que à la fin quand j'entends Noir Désir, même c'était un groupe que comme des millions de Français j'adorais, ben j'entends la voix d'un homme qui a porté des coups sur une femme et de et donc il y a aussi ce cette ce devoir de dessence qui doit pouvoir exister dans la société et qui me paraît essentiel d'autant plus qu'on est un personnage public, on a accès à la parole publique, bah il faut accepter qu'à un moment au-delà de la sentence, il y a aussi la dessence qui devrait imposer de la discrétion et du recul. Merci Aurore Berger.
Dans ce livre qui s'appelle nos combats pour la République, vous imaginez que votre petite fille un jour va vous demander c'est quoi ton métier maman ? Et ce livre est là pour nous dire au fond voilà ce qu'elle fait maman. Est-ce qu'elle fait de la elle fait de la politique, elle le fait elle l'a fait pour toi ? vous aiez envie de lui dire je suis fier de ce que je fais pour toi bah ça c'est à elle de le dire dans quelques années, elle a 2 ans et demi donc si elle est fière ou pas de ce que sa maman a fait et aura fait mais oui c'est je c'est une question naturelle de nos enfants de dire à mais c'est quoi ce que tu fais dans la journée c'est quoi ton travail maman c'est quoi ton métier et donc j'ai eu envie de de partir de cette question simple d'un enfant pour me dire voilà ce que j'aimerais lui dire ce que j'aimerais qu'elle comprenne de ce que je fais de ce que ça veut dire être député être ministre des combats que je mène. et qui sont des combats que je mène pour elle d'abord pour sa génération, pour les générations qui viennent parce que j'aimerais que ces sujets n'en soient plus en fait le jour où elle aura à mon âge et j'espère même avant.
J'espère qu'on aura plus besoin d'avoir des ministres qui se battent sur la question de l'égalité, de la question de la lutte contre les violences faite aux femmes, faites aux enfants, de la lutte contre l'antisémitisme qu'on arrivera à mettre derrière nous ces combats tout en étant des vigies très fortes sur ces questions mais à se dire que oui, les politiques sont passées et que la culture de notre société a changé. Merci Aurore Berger. Combat pour la République.
Donc votre livre est publié chez Robert Lafond, ministre de l'égalité femme homme et de la lutte contre les discrimination. Merci d'avoir été notre invité. He he.
Aurore Bergé