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Discours / meetingCercle de Giverny· 17 septembre 2026 8 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesRetraitesNumérique

World Giverny Forum 2026 - Ouverture par Roland Lescure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Invité politiqueFait
    « Les incendies de cet été, d'une ampleur inédite, en particulier en Gironde, dans les Landes et dans le Var en sont les symptômes les plus visibles. »
  • 0:51Invité politiqueChiffre
    « Plus de 250000 personnes ont été évacuées, près de 19000 entreprises ont été touchées, plus de 400 bâtiments ont été détruits. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « Les épisodes de canicules évidemment, un en mai, un en juin, un en juillet, un août, un en septembre, c'était jamais arrivé. »
  • 1:34Invité politiqueFait
    « Une publication récente de l'INC nous alertait de nouveau sur le vieillissement de notre population. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « L'intelligence artificielle, la robotisation, le quantique mettent à l'épreuve notre souveraineté. »
  • 4:23Invité politiquePromesse
    « La 6e sur l'encadrement de la consommation d'énergie dans l'implantation des data centers. »
  • 5:44Invité politiqueChiffre
    « Près de 40 % des véhicules vendus en France au mois d'août sont des véhicules électriques. »
  • 5:44Invité politiqueChiffre
    « Sur l'ensemble de l'année, on a dépassé 30 %, c'était moins de 20 % il y a un an. »
  • 7:11Invité politiqueFait
    « Évidemment, vous le savez, ces prochains jours, ces prochaines semaines, c'est le budget qui va accaparer une bonne partie de notre attention. »

Temps de parole

  • Roland Lescure100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:03
Non speech

[musique]

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Roland Lescure

Monsieur le président du cercle de Givverni, cher Romain Mouton, mesdames messieurs, vous vous réunissez aujourd'hui sous le haut patronage de Sébastien Lecnu, le premier ministre qui, je le sais, interviendra devant vous cet après-midi. J'aurais évidemment aimé être parmi vous ce matin, ce n'est pas possible, mais je tenais pour autant à vous adresser ce message pour la 8e édition du forum de GIVERN. Cette année, vous réunissez des entreprises engagées autour de la soutenabilité, de la souveraineté, de la sécurité. Trois thèmes essentiels. Ces thèmes, ils sont au cœur des préoccupations de nos concitoyens.

Ils sont aussi au cœur de mes préoccupations et ils seront en partie déterminés par nos choix collectifs des prochaines années. J'en suis convaincu, la France doit être forte pour affronter des révolutions qui s'accélèrent. La révolution climatique d'abord qui met en péril la soutenabilité de notre économie. Les incendies de cet été, d'une ampleur inédite, en particulier en Gironde, dans les Landes et dans le Var en sont les symptômes les plus visibles. Plus de 250000 personnes ont été évacuées, près de 19000 entreprises ont été touchées, plus de 400 bâtiments ont été détruits.

Les épisodes de canicules évidemment, un en mai, un en juin, un en juillet, un août, un en septembre, c'était jamais arrivé. Ces événements climatiques ont un impact écologique, économique et social d'ors et déjà très concret. Cette année, c'est 0,1 % de croissance en moins en raison de la baisse de la production agricole. Mais évidemment, ces événements n'impactent pas seulement le secteur agricole. Et je dois le dire, les entreprises ont fait preuve d'une résilience et d'une solidarité remarquable cet été. Ces prochains mois, nous devons accélérer l'adaptation de notre économie à cette réalité, tout en continuant à investir pour limiter le réchauffement climatique.

La deuxème révolution, elle est déjà en cours, elle est démographique. Elle menace la sécurité collective que représente notre modèle social. Une publication récente de l'INC nous alertait de nouveau sur le vieillissement de notre population. C'est aujourd'hui très concret et d'ici 2070, c'est presque demain. Nous aurons perdu plus de 3 millions d'habitants. Nous aurons plus de 4 millions d'actifs en moins et 6 millions de seiors en plus. Aujourd'hui, vous le savez, le financement de notre système de protection sociale, les pensions de retraite, l'assurance chômage, l'assurance maladie repose exclusivement ou quasi exclusivement sur le travail.

Nous allons donc devoir repenser notre modèle social pour garantir sa survie. Cela, je n'en doute pas, fera l'objet d'un débat à l'occasion des échéances électorales à venir. Enfin, la révolution technologique, elle aussi elle s'accélère et elle n'attend pas. L'intelligence artificielle, la robotisation, le quantique mettent à l'épreuve notre souveraineté. Nous devons en faire des opportunités. Nous devons mettre cette technologie au service de l'amélioration de notre productivité, de notre qualité de vie, tout en produisant les éléments clés de ces nouvelles chaînes de valeur. C'est une véritable révolution industrielle. La France et l'Europe doivent en être au cœur.

Ces trois révolutions, climatiques, démographiques, technologiques, elles s'accompagnent aujourd'hui d'une contreévolution. C'est la fin de la mondialisation dite heureuse. J'étais en début de semaine aux États-Unis avec mes homologues des pays du G20 dans un contexte géopolitique, économique, financier extrêmement tendu, marqué évidemment par le conflit au Moyen-Orient qui renchérit considérablement le coût de l'énergie, le ralentissement de l'économie mondiale, la hausse des barrières douanères, de l'inflation, l'augmentation des taux d'intérêts.

Tout ça évidemment rajoute une pression forte sur notre économie et dans cet environnement difficile qui met en lumière nos fragilités, la santé économique, la santé politique aussi de notre pays sont particulièrement scruté. Votre sondage vient le rappeler à point. Face à ces défis, les attentes des citoyens envers les pouvoirs publics sont fortes et l'État doit être au rendez-vous pour projeter la France comme victorieuse dans ces révolutions auxquelles nous devons faire face. Mais j'en suis convaincu, rien ne se fera sans l'engagement des entreprises, sans un alignement fort entre les acteurs privés et les pouvoirs publics. La vision de l'économie que vous portez depuis plusieurs années.

Réconcilier croissance, décarbonation et impact social positif sans renoncer à la compétitivité, j'y crois aussi fermement. Je suis convaincu que la France peut en être la figure de prou en Europe. J'ai pris connaissance de vos 30 propositions. Je ne doute pas qu'elles seront particulièrement utile pour nourrir les débats nombreux qui nous attendent dans les prochains mois. Pour ma part, j'en retiens une particulièrement la 6e sur l'encadrement de la consommation d'énergie dans l'implantation des data centers. Le développement des data centers, il est tout simplement essentiel pour disposer de capacités de calcul sur notre territoire.

Et vous le savez, plus de 40 milliards d'euros d'investissement étrangers ont été annoncés dans ce domaine lors du sommet de Ch France en juin dernier. Et ce développement exceptionnel, il doit beaucoup à notre électricité décarbonée, pilotable et moins cher qu'ailleurs. C'est un avantage compétitif majeur de la France. Mais l'implantation de ces projets doit se faire dans une gestion durable des territoires, notamment s'intégrer avec les villes, avec les salariés, avec les habitants, les écoles. Pour terminer, j'aimerais vous laisser aujourd'hui avec un message.

Il n'y a pas de fatalité en matière de décarbonation, en matière de réindustrialisation, de financement, d'innovation, mais aussi de financement du modèle social. La France a des atouts majeurs. Je vais vous donner deux exemples très concrets qui montrent que l'on peut résister, protéger notre industrie et projeter notre économie vers l'avenir, même dans un contexte difficile. Pour protéger notre industrie, nous généralisons progressivement la préférence européenne dans nos aides et nos marchés publics. C'est déjà le cas pour l'achat d'un véhicule électrique. Les résultats sont là. Près de 40 % des véhicules vendus en France au mois d'août sont des véhicules électriques.

Sur l'ensemble de l'année, on a dépassé 30 %, c'était moins de 20 % il y a un an. Et parmi ces véhicules électriques, parce que nos politiques publiques soutiennent l'achat MED in Europe, seul 6 % sont de marques chinoises, c'est trois fois plus au Royaume-Uni. Notre objectif est aussi de projeter notre économie vers l'avenir en faisant de la décarbonation de notre économie un levier de croissance et de compétitivité. C'est suffisamment méconnu et vous le savez peut-être pas, depuis 2017, nos émissions ont baissé de 23 % sans [grognement] étouffer notre croissance. Au contraire, ces dernières années, un/ers de nos créations nettes d'usine ne sont dans les industries vertes.

Les batteries, les éoliennes, les panneaux solaires, l'hydrogène, tant de secteurs dans lequel nous devons investir. C'est un véritable tournant que la France est en train de prendre. Enfin, nous travaillons avec nos voisins européens afin de conclure un accord avant la fin de l'année sur l'Union de l'Épargne pour que nous puissions financer toutes ces transitions de manière autonome. Encore trop, l'Épargne européenne quitte l'Europe pour aller financer des transitions ailleurs. Évidemment, vous le savez, ces prochains jours, ces prochaines semaines, c'est le budget qui va accaparer une bonne partie de notre attention.

ce budget, notre pays, nos entreprises en ont besoin et j'espère que les forces politiques seront au rendez-vous de la responsabilité. Mais j'allais dire pendant les travaux budgétaires, la vente de l'avenir continue. Ne perdons pas le cap, ne sacrifions pas nos priorités de moyen terme. La France peut, La France doit tirer profit de ses révolutions. Notre économie est déjà largement engagée dans cette transformation. Il faut maintenant nous assurer qu'elle continue dans les années à venir. Je remercie de nouveau le cercle de Givverni pour sa mobilisation sur ces sujets essentiel ainsi que vous toutes et vous tous pour votre participation.

Je vous souhaite une très belle journée et à très bientôt.