BIENTÔT UN RÉFÉRENDUM SUR LE BUDGET ? PORCHER DÉMASQUE LE PIÈGE BAYROU
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il enlève un des critères important de remboursement de la dette et de réduction des déficits qui est la hausse des impôts sur les plus riches. »
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« les infimes plus riches payent moins d'impôts en proportion que les classes moyennes. »
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« on a des universités qui tiennent aux deux tiers par des vacataires, parfois des vacataires en plus qui sont étrangers hein parce que et cela n'intéresse personne »
Temps de parole
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Je t'écoute sur Instagram. Tu as réussi ? Explique-moi comment je réussis. C'est faux, c'est des conneries ça. On a eu une parenthèse où des gens en bas de l'échelle sociale, des ouvriers et cetera, ont pu avoir accès à la propriété, on peut partir en vacances, on peut se nourrir convenablement, on peut avoir du chauffage. Ce modèle est attaqué. Bonjour tout le monde, je suis ravi de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'instant Porscher. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme, c'est de les connaître et de les comprendre.
Le média a tout changé ou presque on a débarqué avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens dont trois directs contre matinal journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir. Vous le savez le média ne vit que par votre soutien. C'est le prix d'une information libre et indépendante. Pour soutenir votre média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 € par mois. Et n'hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter quotidienne gratuite sur lemediatv.fr/nesletter. Bonjour Thomas. Salut Lisa. avec toi aujourd'hui au programme un référendum sur le budget.
Les Français se privent plus qu'avant et puis Macron veut attirer les chercheurs du monde entier alors que l'université se délabre. C'est parti. François Bairou veut demander leur avis aux Français sur la dépense publique. Le chef du gouvernement a décidé de donner son exclu au JDD la semaine dernière. On y apprend que le Premier ministre envisage de soumettre à référendum un plan de réforme de l'État et de ses dépenses. Alors accusé de contourner le parlement, François Bairou a envoyé le ministre des relations avec le Parlement s'expliquer face aux députés, je le cite, "Une telle consultation ne sera évidemment pas un projet de loi de finance soumis au français.
Ça c'est le rôle du Parlement, mais elle pourrait être portée à connaissance, précis et transparent de la situation et une programmation pour les 4 ans qui viennent des mesures pour accroître la richesse du pays et pour maîtriser ses dépenses. La proposition à divisé au sein de l'hémicycle, des députés dénoncent des propositions plus farfelues les unes que les autres. D'autres saluent qu'on demande la vie du peuple. On le sait bien maintenant, le but des gouvernements successifs et libéraux est de faire des économies en agitant le chiffon de la dette déficit. Thomas, tout d'abord, qu'est-ce que tu penses de demander la vie aux français là comme ça ?
Moi, je trouve ça bien de demander la vie au français. Après, il faut que le que le cadre du débat soit honnête. Le problème, c'est qu'on a vu ces derniers temps dans dans les les grandes conventions citoyennes ou le grand débat organisé par par Emmanuel Macron, c'est que le le cadre du débat n'était pas le vrai cadre du débat. C'est-à-dire, c'était un cadre qui était très orienté. Alors, si on vous dit qu'est-ce que vous préférez pour euh baisser les déficits, couper dans les dépenses sociales ou couper dans les dépenses d'assurance maladie ?
Là, c'est un débat, vous voyez, qui est mal cadré parce qu'on part du principe qu'il faut forcément faire des coupes dans la dépense publique pour réduire les déficit. surtout que dans l'interview du JDD, monsieur Beou commence très mal parce qu'il dit déjà, il enlève un des critères important de remboursement de la dette et de réduction des déficits qui est la hausse des impôts sur les plus riches. Et là, il dit il y aura pas de hausse d'impôts. Il dit tout de suite il y aura pas de hausse d'impôts. Donc, il enlève déjà un des éléments de l'équation.
Donc dans ces conditions-là, on peut s'attendre à un référendum qui soit malmené de sorte à avoir le résultat escompté comme il l'a fait avec le conclave sur les retraites où il a dit au début bon voilà le cadrage budgétaire puis après il a dit voilà l'âge et puis ainsi de suite. À la fin il y a pas vraiment de de de débat. Donc quand on fait un référendum, il faut poser bien les questions de manière démocratique le plus démocratiquement possible. Est-ce qu'il y a un risque sur la dette ? Est-ce que les taux sont très élevés par rapport à ce qu'ils ont été dans le passé ?
Est-ce qu'on a vraiment pas de marge de manœuvre ou est-ce qu'on a juste de l'argent quand il faut attirer les chercheurs, on va en parler, ou quand il faut euh des développer la défense, faut un faut un un vraiment un un cadre du débat le plus honnête possible. Et là, bien sûr, c'est bien que le que le peuple s'exprime puis après quand il s'exprime, faut l'écouter aussi. Faut pas faire comme euh au nom à la constitution, voilà, les retraites ou le nom à la constitution où ils ont vraiment très très majoritairement exprimé un nom et que à fin, on leur a repassé la constitution d'une autre façon. Donc c'est ça aussi euh il y a tout un tas de conditions pour que le référendum se passe bien.
Et là elles sont pas pour le moment en tous les cas dans dans cette interview euh elles ne sont pas claires. Hm. Le problème, tu l'as dit he c'est que l'économie c'est très compliqué et on a matraqué l'idée que les finances de l'État se gèrent comme le portefeuille d'un ménage et donc il faut faire des économies sur les dépenses sans parler du matraquage sur les pauvres et les malades qui nous coûtent trop cher. Est-ce que c'est une encore une tentative de faire semblant qu'il y a du dialogue ? Ben c'est ça en fait. Là, il sent bien que la question de la dette remonte dans les dans les sondages comme quelque chose d'important à traiter.
Alors, il remonte mais on a eu, il faut le voir hein, on a des séquences. Alors, ça fait 10 ans que ça dure. Ça fait 10 ans qu'on nous dit que la dette est un problème. Je dirais même 20 ans en réalité, mais il y a une nette accélération ces dernières années avec cette histoire de dette, de déficit qu'on ne peut rien faire, qu'on et comme vous avez des chaînes d'infos aujourd'hui, ce qui était pas le cas il y a 20 ans, ben vous avez des débats constants où vous dit que il faut faire faut faire la réforme des retraites, il faut faire des économies à droite et à gauche.
Sur certains points, les Français ne sont pas dupes sur les retraites, ils ont eu quand même mais vraiment un espèce de consensus économique médiatique. Donc je parle des économistes de de de télé sur le fait qu'il fallait réformer, que ça n'était pas tenable et malgré tout les Français restent attachés à leur système de retraite par répartition. Sur la dette, il y a beaucoup de gens qui disent qu'il faut faire des économies mais après, je pense que les gens ne perçoivent pas les économies. Quand ils disent des économies, il pensent des économies du gouvernement, c'est-à-dire du rythme de vie de l'Assemblée, du Sénat et du président de la République. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?
Allons, allons chercher. Mais c'est pas là que seofferont les grosses économies. on pourra faire des économies de quelques dizaines de millions et et c'est et c'est bien, moi je pense qu'il faut être exemplaire. C'est pas normal d'avoir des chaises qui valent des des dizaines de milliers d'euros au Sénat. C'est pas normal d'avoir des frais de de bouche et cetera qui doivent être pour moi limités très clairement. Il faut à un moment que les gens de l'Assemblée et que les gens du Sénat et même que que dans les ministères on vive un peu plus dans la sobriété surtout après ce qu'on ce qu'on ce qu'on demande aux Français. Mais le gros de la dépense publique, il est pas là.
il est dans les services publics, dans les retraites, dans la dans la l'assurance chômage et l'assurance maladie. Et donc ces choses-là impactent très impacte très clairement la la majorité des Français quand on quand on y touche. Et là-dessus, quand on regarde, les Français demandent par exemple aussi des services publics de meilleure qualité. Donc on pourra pas avoir les deux. Donc si on pose bien le débat des économies là où elles se feront et l'impact que ça aura, je pense qu'il y a plus beaucoup de Français qui diront "Non merci. Si on économise par exemple 10 milliards sur l'assurance maladie, bah c'est moins de médicaments qu'on rembourse. C'est moins de choses qu'on va rembourser.
Il faut le dire très clairement. Et quand vous exposez ça au français, la plupart vont dire non. Ils vont vous dire non. J'en suis persuadé. Euh on parle beaucoup de dépenses mais jamais de recettes. Euh est-ce que là aussi le peuple français aurait pas mal de choses à dire ? Il y a un article qui est encore paru la la euh qui confirmait ce que ce que ce que ce que ce que tout le monde voit dans les dans les travaux économiques notamment de de de Thomas Piquetti, euh c'est que le patrimoine est de plus en plus concentré entre les mains d'un d'un d'un nombre d'individus extrêmement faibles, de plus en plus petits.
Donc ils sont ils sont grosso modo de moins en moins nombreux, ils ont de plus en plus de patrimoine et on est dans une dans une société qui ressemble de plus en plus à une société d'héritier. Et ça, est-ce que c'est acceptable ? Pour moi, le même quand on est un un libéral, la concurrence, les forces du marché, le fait de partir sur la même ligne de départ devrait être normalement quelque chose qui qui leur tient à cœur. Or là, on a une société d'héritier avec une petite partie des gens qui qui ont une grosse partie du patrimoine français. Donc, la question vraiment de de taxer l'héritage au-delà d'un certain niveau, on parle pas de ceux qui lgu d'ailleurs ils sont pas taxés aujourd'hui.
On parle vraiment de ce qui l des fortunes que l'on compte en dizaines de millions d'euros. Elle doit se poser la question de d'avoir une fortune qui soit à 25 milliards au lieu de 10 milliards. Qu'est-ce que ça change ? Honnêtement, non mais c'est ça la réalité. Que des gens puissent accumuler des 25 et qui veulent encore des 28 des 30 milliards de fortunes à quoi bon. Donc il y a un moment aussi il faut se poser la question de qu'il n'y a pas de sens au bout d'un moment d'avoir des fortunes tellement élevées et donc il faut les redistribuer parce qu'il y a des gens en bas qui avec 200 300 € en plus ça change le leur quotidien.
Donc la question de la taxation et de la redistribution des traits aux revenus, c'est une question qui ne va pas s'arrêter parce que on a une concentration de plus en plus forte dans dans les mains d'une petite partie des individus qui se transmet de père en fils, des grandes industries, sans parler même du capital culturel et social, hein, parce que vous voyez aujourd'hui vous vous êtes le fils d'un ancien président, vous écrivez un livre, vous êtes invité partout, vous êtes le fils d'un acteur, vous êtes invité partout.
Enfin, vous voyez donc il y a un capital social en plus qui qui n'est même pas financier, qui se transmet et qui crée une société d'héritier et et cette société d'héritier, elle pose elle pose quand même question quoi. Est-ce qu'on est dans l'ancien régime des rois ou est-ce qu'on est dans une démocratie ? Euh donc la question de la taxation des traits revenus, elle va se poser, elle va se reposer constamment. Donc on peut pas l'écarter l'équation. Elle doit être dans l'équation. Et puis on rappelle, je le dirai à chaque épisode s'il le faut, mais que les infimes plus riches payent moins d'impôts en proportion que les classes moyennes.
Ça s'il y avait une transparence fiscale euh enfin il le paye moins et c'est légal, c'est organisé de manière légale. Ça qui qui est dingue. Mais je pense que la réalité et tout le monde le sait aujourd'hui, c'est que un un milliardaire va peut-être même moins payer d'impôts qu'un qu'un millionnaire. Je et et ça c'est pas normal. C'est c'est ça va contre la progressivité de l'impôt et ça entraîne le non consentement de l'impôt d'une grosse partie des classes populaires. Euh ça veut dire aussi qu'une loi pluréannuelle donc qui encadre le budget sur plusieurs années se prépare. Ouais mais c'est déjà le cas.
H voilà Berou a pas paré sur des économies pour pour rester au premier ministre mais il y avait quand même déjà des économies et et le budget était pire que le budget d'avant. Le budget le dernier que nous avons voté était pire que le budget d'avant. Ça n'a pas empêché certains partis de gauche, le Parti socialiste, de de donner leur validation à ce budget. Mais on savait très bien que les prochains allaient être pire. Et là, le prochain, il est déjà sur des économies beaucoup plus élevées dans une période où la croissance est faible, la situation internationale est instable et où tout le monde dit qu'il y aura un impact sur l'activité.
et qui dit impact sur l'activité dit euh licenciement favorisé, chômage, moins d'embauche pour les jeunes qui arrivrive sur le marché de l'emploi. Et donc nous allons créer de toute pièces finalement une crise pour rembourser un déficit qui ne dérange finalement personne si ce n'est nos partenaires européens avec qui nous pouvons négocier et discuter. Voilà, donc c'est ça le but, c'est plutôt d'aller discuter, de demander à un étalement de la réduction des déficits, mais après les marchés sont pas du tout inquiets. Notre dette reste toujours euh très demandé par les investisseurs.
Ben, tu introduis ce que j'allais dire mais on a appris que une personne sur 8 et en situation de privation matérielle et sociale en France en 2024. C'est la dernière étude de l'INC donc qui vient de sortir. 12,7 % plus précisément. C'est plus qu'entre 2013 et 2020. Les privations de protéines et de chauffage sont bien plus fréquentes qu'il y a 10 ans. Thomas, on assiste à plusieurs records, les records de dividend et cetera. On voit que les records ne sont pas les mêmes suivant les catégories de la population française. Écoutez, on a eu et vraiment il faut faut que les gens aient vraiment ça en tête.
On a eu une parenthèse dans dans l'histoire de de ces trois quatre derniers c fois même pour pour prendre l'histoire de l'humanité depuis le début. On a une petite parenthèse où des gens en bas de l'échelle sociale, des ouvriers et cetera ont pu avoir accès à la propriété, ont pu partir en vacances, on peut se nourrir convenablement, on peut avoir du chauffage. Cette période là, c'est les 30 glorieuses. Voilà, depuis les années 80. Euh alors cette période-là a permis de réduire très fortement les inégalités et de créer ce qu'on a appelé une classe moyenne.
C'était ça et c'était ça en fait le le deal de nos sociétés euh euh occidental contre l'URSS, c'était d'arriver à être riche tout en créant une classe moyenne, c'est-à-dire à à redistribuer les fruits de la création de la richesse et et et à offrir aussi des services publics et et on va dire des amortisseurs sociaux.
Depuis les années 80, ce modèle est attaqué et et nous revenons, alors nous revenons pas mais nous y allons quand même dans cette direction à un monde qui va être de plus en plus inégalitaire et il faut lutter contre ça parce que sinon on va revenir à ce monde qui était le monde du début du 20e siècle, de la fin du 19e siècle avec très peu de riches et une grosse masse de gens pauvres.
Et aujourd'hui, les sociétés riches Royaume-Uni, États-Unis, France, européenne, même si elles restent euh des sociétés parfois plus égalitaires que des des des des pays émergents vont dans cette direction et l'Europe qui reste quand même la société où il y a le moins d'inégalité dans le monde continue va dans cette direction plutôt que de se dire nous allons préserver ce modèle qui est une chance qui est géniale, c'està-dire que nous avons réussi à à créer finalement un modèle où nous avons une classe moyenne dans beaucoup de pays européens et ben nous sommes en train ça dure depuis de une trentaine d'années, mais là ça s'accélère très nettement depuis 2008.
La crise a été une opportunité pour aller dans ce sens-là. Nous avons les inégalités qui augmentent partout et aujourd'hui ben l'étude de Line c'est le dit. C'est-à-dire qu'un ouvrier euh ce qu'on peut la catégorie ouvrier employé a du mal à s'en sortir et et je veux dire même certains cadres parfois qui débutent euh ont pas la vie. C'est pas les gagnants de la mondialisation. Les cadres comme on nous les a présenté galèrent, ont des petits appartements et ça peut être plus compliqué. Ils sont pas dans des situations de privation parce qu'ils ont mais ils sont déclassés complètement. Déclassés depuis 15 ans complètement. Donc ça touche tout le monde. Ça touche tout le monde.
Ça touche tout le monde. Donc c'est c'est là c'est un combat mais c'est un vraiment un combat sur l'organisation des des modes de production, le partage de la richesse, la différence entre les salaires des des crochet de l'entreprise et le salaire moyen dans une entreprise, la le partage de la valeur de la valeur créée dans l'entreprise et de l'autre la taxation des traits hauts revenus pour assurer une base de de services publics aux plus pauvres. Et et ça c'est un combat vraiment politique. C'est pas un combat de donne-moi la formule secrète pour réussir, je t'écoute sur Instagram, tu as réussi, explique-moi comment je réussis. C'est faux, c'est des conneries ça.
C'est c'est un combat vraiment politique. Euh comment on fait pour que aujourd'hui avec un métier normal, enseignant, employé, on puisse avoir la vie une vie normale, subvenir à ses besoins pour pouvoir partir en vacances. C'est ça le vrai le vrai le vrai combat. C'est le résultat direct de la politique libérale et de la moralisation menée depuis 30 40 ans. Tout à fait. Avec une nette d'accélération.
ces ces derniers ces derniers temps parce que là on tape on tape en fait dans tout ce qui enfin on on a permis de rendre les on l'a dit plusieurs fois dans cette émission les travailleurs sont moins moins plus insécurisés qu'avant euh ils peuvent être plus facilement licenciés euh on a on a des salaires, on l'a vu avec l'inflation qui ont eu mis du temps, énormément de temps et qui sont en phase de rattrapage encore aujourd'hui par rapport à la à la hausse des prix et on a tout un tas de biens cont de de dépenses contraintes qui ont augmenté.
Les prix d'électricité ont augmenté, on a des téléphones portables, le le prix des carburants a augmenté, ainsi de suite, le prix de la voiture a augmenté et donc le pouvoir d'achat diminue et les situations pour les les 10 % les plus riches sont de plus en plus complexes. Choose Europe for Science. Lundi dernier 5 mai à la Sorbonne, Emmanuel Macron et Ursula Van Derleyen ont appelé les chercheurs menacés par l'administration Trump à se réfugier en Europe. Le président de la République française a même promis 100 millions d'euros pour attirer les chercheurs alors que l'université, ses professeurs et ses étudiants crient et multiplient les alertes pour des moyens depuis des années en France.
Emmanuel Macron parle enfin d'investissement pour aller chercher des chercheurs étrangers. Le chef de l'État s'est félicité de l'augmentation des crédits alloués à l'enseignement supérieur et a mis en avant l'augmentation du budget depuis 2020 passant de 25,49 milliards d'euros à 26,7 milliards d'euros en 2025. La présidente de la Commission européenne a de son côté appelé à atteindre l'objectif de 3 % du PIB pour l'investissement dans la recherche d'ici 2030. Thomas, est-ce que être une terre d'accueil pour les pays comme les États-Unis où la recherche est censurée, est-ce que de base c'est une bonne initiative ?
Alors oui, c'est en fait en réalité, vous savez, il y a déjà des chercheurs américains qui viennent en France qui font des des ce qu'on appelle des visiting dans le monde de la recherche qui viennent passer 6 mois en France. La plupart des chercheurs en France ont des co-auteurs américains ou des co-auteurs étrangers parce que les publications académiques sont majoritairement des publications anglophones. le marché de la revue et de la revue américaine et anglo-saxonne a pris vraiment être quasiment en monopole sur les meilleures revues au niveau mondial. Donc tout le monde a des partenariats avec l'étranger.
Tout le monde, je veux dire naturellement un chercheur est ouvert sur le monde et peut faire venir parfois ses co-auteurs et cetera. Moi par exemple, j'ai des co-auteurs grecs du Nigéria, du Maroc, de la Tunisie. On a on a tous des coauteurs dans dans le monde entier, des Suisses et cetera. Donc euh on est plutôt, on va dire de manière générale, si les moyens sont là, on serait plutôt OK pour accueillir des des chercheurs américains. On serait même très content euh qu'ils viennent. Le problème, c'est quoi ? C'est toujours la même chose.
C'est-à-dire que on va vous faire on va vous expliquer sur un autre sujet par exemple, on va vous expliquer qu'il faut faire des réformes sur les vieux, les retraites, des réformes sur l'assurance maladie, des réformes sur les chômeurs et puis du jour au lendemain, on va dire "Ah bah il faut investir 80 milliards dans la défense." Et là les gens vous disent "Maintenant, c'est pas possible. Vous êtes à grappiller 500 millions, 1 milliard par-ci par là sur des médicaments et cetera mais quand il s'agit de d'aller dans la défense, on sort des des des milliards." Et c'est pareil pendant le Covid.
le Covid, on se dit bon c'est très bien ce que Macron a fait mais là il a sorti des milliards pour soutenir les entreprises et cetera pour pas très bien mais avant il y avait pas 1 € pour l'hôpital pas 1 € pour et et pour pour les universités et là on en est là c'est-à-dire qu'on a on a une baisse des budgets de l'université constante SarkoZi Hollande encore plus Macron encore plus on a des universités qui tiennent aux deux tiers par des vacataires, parfois des vacataires en plus qui sont étrangers hein parce que et cela n'intéresse personne et du jour au lendemain pour faire de la politique pour faire bien on se dit on va accueillir dire des des des professeurs américains qui je suis même pas sûr qu'ils vont venir d'ailleurs en passant quand ils vont découvrir l'état des fac ça va les surprendre mais on fait ça comme ça et et c'est c'est là qu'il y a une forme de de de mépris pour les gens qui font tourner les universités depuis des années et qui demandent juste un statut.
Il demande pas des des salaires que vont demander peut-être les profs américains, ils demandent juste un statut pour travailler convenablement. Et donc ce que ça ce que ça signifie pour moi, c'est une forme de méconnaissance du fonctionnement de l'université de la part d'Emmanuel Macron. Peut-être qu'il a jamais été à l'université, peut-être qu'il il sait pas trop comment ça fonctionne. Alors, il vient à la Sorbonne, c'est super. Mais il faut qu'il vienne voir un TD à Tolbiac ou ailleurs pour qu'il se rent compte comment fonctionne l'université, les besoins les besoins qu'on ces universités depuis des années avant de faire des plans comme ça dans dans tous les sens.
Bah ça fait penser, je renvoie quand même à ton livre Les vacataires qui vient de sortir et qui explique justement toute cette souffrance à l'université, ces professeurs qui sont payés tous les 6 mois et moins que rien. Euh ce qui choque dans tout ça, c'est comme avec Tose France pour les investisseurs étrangers, c'est qu'on peint un mur quand même très très abîmé. Exactement. En fait, on c'est là qu'on voit la la posture politicienne, c'est-à-dire que là, effectivement, Trump euh attaque très fortement la recherche académique. Ilattaque très fortement. Donc de l'autre côté, c'est toujours très bien d'avoir l'air très progressiste, un petit peu comme il l'a fait sur la question du climat.
faut voir comment ça va se passer et de sortir des des millions tout de suite pour accueillir ces chercheurs. Mais ce qui ce qui est compliqué encore une fois, je pense pour le le corps administratif et le corps enseignant qui fait tourner l'université, c'est qu' ils entendent depuis des années qu'il n'y a plus 1 € pas de budget, qu'on peut rien faire et que là d'un seul coup on va sortir de l'argent pour pour faire venir des pour pour faire venir des des des professeurs américains. Et encore une fois, les les chercheurs sont très contents que des professeurs américains arrivent.
Euh ils savent faire des collaborations, ils sont ils sont je pense que la plupart des chercheurs sont très heureux de ça. C'est juste la question budgétaire où on découvre de l'argent toujours pour les autres euh toujours dans des moments de crise et jamais euh pour les moments du quotidien. Voilà. Parce que les les milliers d'étudiants qui arrivent chaque année à l'université, il y a des gens qui s'en sont occupés. Il y a des gens qui ont donné les cours qui ont été en face d'eux. Il y a des gens qui qui ont fait en sorte qu'ils puissent avoir des diplômes. Et cela quand il demandaient quelque chose, ah bah non, ça nous concerne pas.
Par contre, pour inviter une star de de l'université de Darvard, bah là oui oui, on a l'argent, vous inquiétez pas. C'est ce deux poids de mesure, je pense qu'il doit être difficile pour les personnels. Euh oui, parce que quand on parle des chercheurs étrangers, on peut rappeler aussi qu'ils veulent enfin qu'ils ont fait payer les frais d'inscription euh des milliers d'euros aux chercheurs enfin aux étudiants étrangers surtout ceux venant de hors Europe. Donc ça c'était une mesure qui avait énormément choqué aussi à l'université. Ce qui me choque, c'est que il y a des gens parfois qui vont dire Porchet il veut pas des enseignants étrangers, il veut il veut que son boulot soit protégé.
Mais ces gens-là n'ont jamais été non plus à l'université. À l'université, il y a beaucoup de gens de doctorants qui sont étrangers. Moi, je le dis encore, la plupart de mes co-auteurs, on s'est rencontré à la fac, ils sont d'origine euh ils sont ils sont ils sont étrangers même maintenant peut-être sont français, mais au départ ils étaient tunisiens, euh africains du Congo et cetera et et c'est avec des gens avec qui je travaille encore aujourd'hui. Il y avait déjà une forte beaucoup d'étudiants étrangers et beaucoup de d'enseignants, de doctorants qui étaient étrangers. Mais la France cela euh elle n'en veut pas.
C'est ces étrangers-là qui viennent majoritairement euh d'Afrique qui sont des excellents chercheurs. Excellents chercheurs. Moi, je veux dire, j'ai des co-auteurs de Tunisie qui semblent excellents. Mais ceux-là, elle n'en veut pas. Par contre là, quand c'est les les chercheurs américains, on fait les yeux doux, on est prêt à développer des à sortir des enveloppes. C'est ça aussi qui fait qu'il y a un malaise là-dessus, c'est que l'université est abandonnée. Les chercheurs étrangers quand ils venaient d'autres pays, ils étaient mal considérés. Et là, comme ils viennent des États-Unis, ah bah c'est super, on est prêt à les à les accueillir. Et on a trouvé de l'argent.
On a trouvé de l'argent dont l'université avait besoin pour fonctionner énormément ces dernières années. Tu est-ce que tu trouves que la souffrance de l'université française est méprisé voire invisibilisée ? Ah bah complètement. C'est c'est ça. Mais je veux dire tous les les chercheurs, moi je suis plus à l'université aujourd'hui donc ça ça me concerne pas directement cette décision. Ça me concerne pas directement mais je vois tout tous les les les des professeurs d'université qui sont quand même le le haut du panier.
Euh il y en a beaucoup qui ont qui ont mis mon livre en perspective avec ce qu'a dit Emmanuel Macron en disant voilà l'université elle tourne avec des gens qui sont investis qui sont parfois mal payés et même et ceux qui sont euh sous statut ont beaucoup de tâches administratives. On leur demande de faire de plus en plus parce que les moyens sont de plus en plus faibles. Et là d'un seul coup on trouve une enveloppe euh malgré les demandes de ces gens.
Donc euh de donc euh oui oui même même des statutaires de plus haut niveau à l'université euh trouvent que euh c'est du populisme que Macron fait qui a une forme d'indcence de dire "On va vous accueillir, on a les moyens alors que ça fait des années qu'on dit aux gens il y a plus de moyens, ne demandez rien." Euh je pense que c'est assez compliqué, y compris pour ceux qui sont restés euh à l'université. Euh donc c'est ça en fait, il faut il faut moi je pense toujours connaître la base euh de la base d'une institution de son fonctionnement avant de faire ce type de plan.
Et je pense que ce que ce qu'indique ça, c'est que c'est que en fait Emmanuel Macron ne connaît pas l'université publique française, c'est tout. Il y a jamais été, je sais même pas s'il é dans un lycée public, mais quand on ne connaît pas, et ben on a l'impression voilà que on peut être complètement à côté de la plaque sans s'en rendre compte. C'est-à-dire qu'on va dire un un étudiant de maternel et il faut que tu saches ce que tu veux faire dans la vie plus tard.
Euh on va dire comme a dit madame Born là on va dire oui, on peut vous accueillir, on a les moyens, venez, on a que les universités fonctionnent mais très difficilement et je parle même pas des de certaines universités de province où il y a même pas de chauffage. Donc vous voyez là c'est c'est très compliqué quand même d'avoir ce deux poids de mesure. Donc on a l'impression qu'on vit dans un monde encore une fois et on rejoint le premier sujet où il y a une partie qui est complètement déconnectée de la réalité de ce que peuvent vivre la majorité des Français. Merci Thomas. Merci. Et donc je rappelle évidemment ton livre les vacateurs aux éditions stock.
Et merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant Porsché. J'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique. Le média a tout changé ou presque on a débarqué avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens dont trois directs contre matinal. Journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir. Vous le savez, le média ne vit que par votre soutien. C'est le prix de l'information libre et indépendante. Pour soutenir votre média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 € par mois. Et n'hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter quotidienne gratuite sur lemediatv.fr/newsletter.
spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.
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