Face à Face : Boris Vallaud - 26/08
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Bonjour Boris Vallaud, vous êtes le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale et député des Landes, c'est vous. C'est votre groupe, le groupe que vous présidez qui a entre ses mains le destin de François Bayrou qui a donc sollicité hier un vote de confiance, c'est mort.
Mais c'est François Bayrou qui a son destin entre ses mains. Il a choisi la fuite, l'esquive, la dérobade, il n'est pas dans l'action, il est dans la démission. Et je dois dire que je suis malheureusement accablé par la situation dans laquelle nous en désolons, mais la responsabilité, l'entière responsabilité...
Vous n'êtes pas juste là à observer, vous n'êtes pas juste là à regarder, c'est vous qui avez l'écrit.
Je ne l'observe pas, d'ailleurs je rappelle que c'est nous qui, il y a quelques mois, avons essayé d'épargner aux Français un certain nombre de souffrances, de chercher des compromis d'un budget qui était déjà extrêmement mauvais. Aujourd'hui, François Bayrou, je le dis, ne choisit pas le dialogue, il choisit la liquidation. La responsabilité est la sienne, elle n'est que la sienne. Il est le soutien inconditionnel d'Emmanuel Macron depuis huit ans. La situation dans laquelle nous sommes, c'est son bilan, c'est le bilan d'Emmanuel Macron, c'est le bilan de la Macronie depuis huit ans.
Et plutôt que de changer de politique, en réalité, il administre des remèdes qui sont d'une grande injustice pour les Françaises.
On va revenir sur le fond de ce budget, sur la situation française, mais vous l'avez dit dès hier, vous avez fait un choix. Vous dites non, vous ne voterez pas cette confiance, vous allez donc le faire tomber.
Vous savez, nous avons fini par connaître M. Bayrou depuis huit mois. Il n'a d'abord pas tenu les engagements qu'il avait pris à notre endroit, c'est-à-dire à l'endroit des Françaises et des Français. Nous avons vu, par exemple, la façon dont il a s'abordé les discussions du conclave autour de la réforme des retraites, notamment en excluant un certain nombre de dimensions de la réforme que nous souhaitons abroger. Il a, dans les différentes lois dont nous avons débattu à l'Assemblée nationale, toujours refusé le dialogue, la recherche du compromis. De quoi cet été a été fait ? D'un grand silence de la part du Premier ministre.
Il dit que certains ministres vous ont appelé, ont parlé avec le Parti Socialiste.
Oui, je peux vous dire qu'il y a, pour ce qui me concerne, il y a une dizaine de jours M. Lombard qui m'a dit « Ce serait bien que l'on se parle après vos journées parlementaires, c'est-à-dire après le 11 septembre ». Je comprends que les ministres eux-mêmes ont été informés.
Le ministre de l'Économie vous a appelé simplement pour dire « On prend date ».
Oui, et il m'a ajouté « Il faut d'abord que je convainque le bloc central ». M. Bayrou ne m'a pas appelé. En réalité, il ne préparait pas la rentrée et le budget, il préparait sa sortie. Voilà la réalité. Sa responsabilité est éminente.
Donc pour vous, ça n'était qu'une forme presque de pierre d'attente. Jamais, quand vous lui avez parlé cet été, Éric Lombard n'a commencé à parler du fond. Jamais, il n'a mis les mains dans ce cambouis avec vous.
M. Lombard nous a reçus comme l'ensemble des groupes parlementaires avant l'été. C'était avant le 15 juillet, il n'avait pas grand-chose en réalité à nous dire. Et c'était à côté à la voyure.
Pardon, mais ça aurait changé les choses. Est-ce que vous pensez que si Éric Lombard, au lieu de juste vous appeler en vous disant « On se parle en septembre », vous avez dit « Moi, je fais un détour cet été, je viens vous voir dans les Landes, on se met autour de la table, on écrit ensemble un budget, on travaille sur ce qui est possible ou pas », ça aurait changé les choses ?
Vous savez que depuis le mois de février, nous n'avons pas reçu un appel ni du Premier ministre, ni de M. Lombard pour nous dire où nous en sommes de l'exécution budgétaire. Nous avons appris par la presse, comme vous, comme les Français, les gels, puis les annulations de crédits qui n'étaient pas dans les discussions que nous avions eues avec le gouvernement. Et donc de ce point de vue-là, on peut dire que la confiance, qui était déjà ténue, est désormais quasi inexistante.
Je vous repose la question, pardon, mais c'est important. C'est mort, c'est-à-dire que votre décision est prise.
Est-ce que l'on peut ? Parce que c'est lié quand même à ce que le Premier ministre a annoncé le 15 juillet et qu'il a continuement défendu dans l'été et encore dans son intervention hier.
Et si vous jouez le suspense avec moi, est-ce que ça veut dire qu'il y a encore une forme ?
Est-ce qu'il y a encore une forme ? Vous avez entendu le premier secrétaire du Parti Socialiste. J'ai réuni les députés hier soir. Nous voterons contre la confiance de ce gouvernement. Parce que la question qu'il vous pose, c'est celle précisément de la confiance et d'un éventuel chèque en blanc que vous donneriez... Vous voterez contre ou vous vous abstiendrez ? Je vous ai répondu qu'au moment où nous parlons, nous voterons contre la confiance au Premier ministre. Mais je crois qu'il est important quand même de rappeler pourquoi nous en sommes là. Moi, je peux faire crédit au Premier ministre, en effet, d'un constat d'une situation budgétaire et financière accablante.
Vous êtes d'accord sur le constat ? Quand vous dites que la France est en danger, vous êtes d'accord ?
Oui, et j'ajoute, M. Bayrou, c'est votre bilan. C'est le bilan d'Emmanuel Macron. Vous avez consenti 65 milliards de baisse d'impôts depuis 2017. Ce sont les milliards qui manquent à nos services publics. Ce sont les milliards qui manquent aux investissements productifs aujourd'hui. Regardez la situation dans laquelle on est. Ils en sont comptables, nous n'en sommes pas responsables.
Vous ne considérez pas que ça fait plus longtemps que ça, que ça ne va pas ? Vous avez été secrétaire général à l'Elysée, sous François Hollande, aux côtés d'Emmanuel Macron, qui lui-même était dans un bureau juste à côté du vôtre à l'Elysée. Vous n'estimez pas qu'il y a une forme de responsabilité commune ?
Mais je vais vous répondre, que la responsabilité soit ancienne, sans doute. Et moi, je fais le constat qu'en mai 2017, les déficits avaient été réduits. Que la protection sociale, c'est-à-dire le périmètre large, était excédentaire. Que le trou de la sécu, le fameux trou de la sécu, était en passe d'être comblé. Aujourd'hui, nous en sommes à 3 445 milliards de dettes, près de 113 ou 114% de déficit. Ça, c'est le résultat de 8 ans de macronisme, d'une politique qui n'a pas produit ses effets. Aujourd'hui, la croissance est à tonne. Nous avons des plans sociaux dans beaucoup d'entreprises. L'industrie est menacée. L'agriculture est à la peine. Les Français épargnent et consomment moins.
Mais précisément, Boris Vallaud, lorsque vous entendez ce matin le ministre de l'économie, celui-là même qui avait commencé à tenter de vous appeler cet été, Eric Lombard, qui dit qu'au fond, la France est proche peut-être d'une tutelle du FMI. Il le dit ce matin. Lorsque vous entendez effectivement François Bayrou hier, qui parle de cette dette abyssale, est-ce que vous ne vous dites pas qu'il faut quand même qu'on trouve une solution ?
Ah, mais les solutions et les propositions, nous allons en formuler dans les jours qui viennent avec Patrick Cannaire, avec Olivier Faure, avec les responsables du Parti Socialiste.
Vous allez énoncer un compte.
Nous allons faire des propositions pour montrer qu'il y a un autre chemin. Mais nous critiquons d'abord celui qui nous est proposé. Et qui n'est en aucune manière la remise en cause d'une politique qui est en échec. Et qui montre tous les symptômes de son échec. Un chômage qui augmente. Un déficit public abyssal. Un déficit du commerce extérieur comme jamais. Et qui montre la faiblesse de notre politique industrielle. Des Français qui épargnent, qui ne consomment pas. Moi je voudrais, parce que tout ça n'est pas de l'incantation. Vous donnez la mesure de l'injustice de ce que le gouvernement prépare avec son année blanche.
Mesurez bien ce que cela signifie l'année blanche, avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu. C'est 381 ménages supplémentaires qui vont devenir imposables. Et qui vont pour eux payer entre 50 et 100 euros d'impôt. C'est 19 millions de ménages qui étaient déjà imposables. Qui vont voir leurs impôts augmenter. C'est 17 millions de retraités qui vont voir leur pension de retraite gelée. C'est-à-dire, pour quelqu'un qui a une pension de 8...
Qu'est-ce que vous avez vu ce qui s'est passé en Grèce, en Espagne, au Portugal ? Tout cela a été gelé et aujourd'hui ça va mieux.
Madame, je peux continuer. Parce que je ne veux pas exonérer ce gouvernement de la responsabilité qui est la sienne. Quand vous supprimez 3000 postes dans la fonction publique. Vous fermez l'équivalent de toutes les maisons départementales des personnes handicapées. Ou l'équivalent d'un tribunal de proximité. Quand vous remettez en cause l'assurance chômage, vous faites payer pour la troisième fois les demandeurs d'emploi. Lorsque vous supprimez 5,3 milliards, comme c'est prévu, de recettes ou de dotations pour les collectivités locales. Ça veut dire des investissements publics en moins. Ça veut dire en réalité que vous allez approfondir la crise. Vous n'allez pas résoudre les déficits.
Je voudrais que vous écoutiez précisément le représentant des petites et moyennes entreprises, des commerçants, des artisans. Michel Piquant, il était mon invité ce matin sur RMC et il dit que ça va être bien pire si le chaos s'installe, si l'instabilité qui est au fond l'ennemi des entreprises, de l'emploi, des salariés s'installe.
Oui, je suis très inquiet. La situation des entreprises est préoccupante. Derrière, il y a des salariés. Ça concerne tout le monde. Il y a une situation économique qui est difficile. Il y a peu de croissance. L'emploi se dégrade et face à tout cela, on a une classe politique qui, à peine le dernier mot du Premier ministre prononcé, au fond, on se fout un peu de ce qu'il peut raconter.
Qu'est-ce que vous lui répondez ? Que ce n'est pas un procès qu'on peut faire aux socialistes. Moi, depuis 2022, avec mes collègues à l'Assemblée nationale, nous posons la question de savoir quelle opposition nous devons être. Nous voulons exercer l'opposition comme on exerce le pouvoir. en responsabilité. Et la responsabilité, c'est de dire stop quand on approfondit une crise à force d'obstination déraisonnable à conduire une politique qui nous a mis dans le gouffre. Quand je dis que nous proposerons, que nous formulerons des propositions, nous formulerons aussi des propositions pour soutenir les entreprises.
Nous pensons que nous avons besoin de soutenir la consommation des ménages, que nous avons besoin de soutenir l'investissement, notamment dans la transition écologique.
Mais à quoi bon, Boris Vallaud ? À quoi bon dans la mesure où le gouvernement, on l'a bien compris, puisqu'on fait les calculs en vous entendant ce matin, vous dites que votre est contre, ça s'ajoute au ALFI, ça s'ajoute au RN. Le compte n'y est pas. François Bayrou, ce matin, est mort. À moins, à moins, que vous ne puissiez changer d'avis. Est-ce que vous pourriez changer d'avis ?
Vous n'avez pas la naïveté de penser qu'il ait soigné autre chose que sa sortie ? Il a plus soigné sa sortie que le pays. Pardon.
Il savait déjà que ça ne passerait pas ?
Écoutez, je crois que quand on présente un budget qui mécontente les Français, qui mécontente les organisations syndicales, qui mécontente celles et ceux avec lesquels il pourrait éventuellement dialoguer, qui est d'une telle violence, d'une telle injustice, qui abîme nos services publics avec à nouveau des formes de déremboursement, des consultations chez les généralistes qui vont augmenter, notamment pour ceux qui n'ont pas de complémenter.
Boris Vallaud, pourriez-vous changer d'avis ?
Mais il faut changer de politique. Et ce que je constate aujourd'hui, c'est que pour changer de politique, il faut manifestement changer de Premier ministre, puisqu'il n'entend pas changer de politique. Il faut donc changer de Premier ministre. Il en est comptable. Il en est le co-auteur depuis maintenant 8 ans.
Est-ce qu'il faut, Boris Vallaud, changer d'Assemblée ? Est-ce que vous appelez à la dissolution ?
Moi, je n'appelle à rien, parce que je n'en ai pas le pouvoir. La nomination du Premier ministre, comme la dissolution, dépend du Président de la République. Ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il existe un autre chemin, qui est un chemin qui n'ignore pas la profondeur des déficits et la gravité de la situation, qui se préoccupe de ce que les Françaises et les Français qui travaillent puissent vivre de leur travail, qui soutient donc leur pouvoir d'achat, qui se pose la question de nos services publics, qui doivent fonctionner, je pense en particulier, à l'hôpital et à l'école.
Est-ce que Mme Castel est toujours votre candidature ?
Est-ce qu'il y a une candidature de gauche ? Écoutez, nous n'en sommes pas là. Moi, je veux d'abord expliquer aux Françaises et aux Français les raisons de notre désaccord dans ce que propose le Premier ministre et le Président de la République. Je veux justifier le choix qui est le nôtre de voter contre la confiance. Et je veux dire, et c'est ce que nous dirons dans les jours qui viennent avec mes collègues socialistes, nous dirons qu'un autre chemin est possible, un chemin de justice, un chemin d'assainissement dans la durée.
Mais on ne peut pas, on ne peut pas exonérer ceux qui ont bénéficié des largesses du gouvernement, qui ont été à certains égards les passagers clandestins depuis des années de la solidarité nationale. C'est qui ça ? C'est les très grandes entreprises et c'est les très hauts patrimoines qui se sont enrichies, même dans la crise, quand les Français s'appourissaient. Cet effort de solidarité, cet effort de justice, je vous assure, avec un peu plus de justice, on vit tous mieux. Et c'est ce à quoi nous aspirons, c'est ce à quoi nous proposons, c'est tout l'inverse de ce que propose M. Maïrou, de façon forcenée. Et les socialistes,
vous voterez donc contre la confiance, vous n'allez pas jusqu'à appeler à la dissolution, vous n'allez pas non plus jusqu'à appeler à la démission. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, demande à Emmanuel Macron de partir si la confiance n'est pas votée.
Nous ne l'avons pas demandé, nous ne la demandons pas. Quant à la dissolution, si elle doit advenir, nous nous y préparons. Vous savez que le parti socialiste, prépare un plan dissolution pour que nous soyons prêts à cette échéance qui peut-être venir. Le président de la République a dit il y a 10 jours à l'année.
Si c'est en octobre, vous refaites le nouveau Front populaire ou on n'est plus du tout
dans le même schéma ? De façon assez différente, avec une obsession. C'est fini, le nouveau Front populaire, on ne vous refera plus le coup. Avec une obsession, faire obstacle à l'extrême droite qui est une des manifestations de cette colère. Je rappelle qu'Emmanuel Macron a été élu deux fois contre l'extrême droite. Il en est devenu par sa politique et par son indifférence à la vie des Français.
Vous allierez-vous à nouveau à la France insoumise ?
Écoutez, nous souhaitons que le parti socialiste soit prêt. Il a un certain nombre de partenaires avec lesquels il travaille déjà et pour le reste, notamment celui-ci sur la France insoumise. C'est la question du Front républicain de premier tour qui s'opposera éventuellement à un certain nombre de circonstances. Est-ce que la France insoumise est toujours votre partenaire ? Écoutez, vous avez bien compris que les circonstances avaient changé, qu'eux-mêmes, si j'en crois, ceux qui, les manifestations d'hostilité à notre endroit dans leurs universités populaires, n'ont pas le sentiment de nous tenir eux-mêmes tellement comme nous. Oui, vous avez entendu
ces slogans « Tout le monde déteste le PS » qui ont été harangués par les jeunes insoumis.
Je comprends bien votre question, mais je ne veux pas sauter les étapes. Je pense que le moment pour les Françaises et les Français de compréhension, bien sûr, et c'est la raison pour laquelle on formule aussi un certain nombre de propositions qui sont des propositions, je le dis, qui préservent les classes populaires et les classes moyennes qui n'ont que leur travail pour vivre. Ces propositions,
est-ce que vous les ferez avec, justement, François Bayrou ou est-ce que vous ne parlerez même plus avec lui ? Je voudrais vous citer Yael Brun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui dit ce matin « Nous pouvons reprendre des mesures du Parti Socialiste et d'autres partis à partir du moment où nous sommes d'accord sur l'objectif à atteindre la baisse des 44 milliards d'euros. »
Oui, mais nous ne sommes pas d'accord sur le rythme avec lequel le gouvernement entend faire ses économies. Non, mais je vous explique pourquoi. Parce que ce n'est pas une lubie. Nous, on pense que l'histoire de la dette et des déficits, c'est une chose sérieuse et nous l'avons dans notre histoire montrée. Mais nous disons que le rythme auquel le gouvernement prétend le faire, que la façon dont il fait, en réalité, va abîmer les Français, va abîmer les services publics, va abîmer les entreprises, va approfondir la crise, va augmenter le chômage et ne permettra pas de régler les fiches.
François Hollande hier matin chez nos confrères de France Inter qui était assez solidaire au fond du chiffre de 44 milliards et qui appelait à une forme de responsabilité. Alors certes, c'était avant la demande du vote de confiance, mais il disait par exemple qu'il n'était pas du tout sûr qu'il faille aller vers la censure.
Mais la question était celle de savoir si la situation budgétaire et financière du pays était préoccupante. Que François Hollande la considère comme grave et préoccupante, je le partage. Je peux vous dire qu'il fait comme moi le constat que c'est le résultat d'une politique.
Il estimait qu'une forme
de censure ne serait pas bon pour le pays. Mais la politique conduite par le gouvernement n'est pas bonne et les conséquences que les uns et les autres sont obligés de en tirer en responsabilité dans l'intérêt du pays parce qu'il nous faut changer de politique, je crois que François Hollande est aussi parfaitement conscient de la nécessité de changer de cap, de changer de politique.
Il laissait entendre qu'il fallait travailler ensemble. François Bayrou a dit hier tout est discutable, amendable, améliorable.
Vous voyez ?
Non ?
La réalité, c'est qu'il n'a pas tenu un certain nombre des engagements qu'il a pris à notre endroit et à l'endroit des Français. Il n'a jamais été question des annulations de crédits que nous avons découvertes dans la presse. Je reprends, parce que c'était symptomatique, la façon de s'aborder d'une certaine manière le dialogue social. Là aussi, il a été préoccupant. Est-ce qu'il est prêt à revenir sur les 44 milliards ? Je ne le crois pas. Est-ce qu'il est prêt à revenir sur l'année blanche ? Je ne le crois pas. Est-ce qu'il est prêt à revenir sur un certain nombre ? Enfin, honnêtement, il est dans la continuation forcenée, désespérée d'une politique en échec.
Je crois que pour le bien du pays, dans le souci que nous devons avoir des Françaises et des Français qui travaillent, des entreprises, et je pense en effet à ces chefs d'entreprise qui à la fin du mois parfois ne se payent pas pour payer leur salaire. C'est à elles et à eux que nous devons penser et donc mettre à contribution celles et ceux des grandes, des très grandes entreprises qui le peuvent à contribution. Boris Vallaud,
vous êtes le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Je le confirme. Le 8 septembre, on l'entend bien, vos députés participeront à la chute du gouvernement. Il y avait le 10 septembre une grande marche « Bloquons tout » qui était organisée dans le pays. Vous la souteniez ? La soutenez-vous encore et est-ce qu'elle a encore du sens ?
Mais écoutez, ce n'est pas évidemment le rôle des partis politiques que d'organiser le blocage du pays. Que les responsables politiques soient attentifs à la colère des Françaises et des Français. Qu'ils, pour une part, alors qu'ils en partagent le sens, soutiennent des propositions qui relèveraient de la justice fiscale, de la justice sociale, de la juste rémunération, de la juste partage de la valeur. Évidemment, évidemment, comme nous avons été attentifs au mouvement d'éligi les jeunes.
Est-ce que vous serez dans la rue le 10 septembre ?
Mais est-ce que ça a du sens ? Moi, je ne crois pas qu'aujourd'hui, les Français aient l'intention de taire leur colère, de taire leurs attentes, de taire leurs espérances. Je vous repose la question.
Le 10 septembre, c'est donc deux jours après le 8. Je ne sais pas quelles seront les formes. Est-ce que c'est encore une perspective ?
Pour ce qui me concerne, je serai à l'écoute et peut-être à la rencontre de celles et de ceux qui manifesteraient. Mais je ne suis pas organisateur de ce mouvement. Et vous n'êtes pas d'accord ? On le sent bien. Ça a été voué à l'échec que les Français n'aiment pas l'instrument de l'échec. C'est ce mot d'ordre
« bloquons tout » qui vous met mal à l'aise.
Oui, ce n'est pas le mot d'ordre que j'utiliserais, mais celui d'une interpellation du président de la République en disant « il faut changer de politique, changer de cap, c'est un échec et vous n'avez plus de légitimité pour poursuivre dans le même sens » me paraît un message dissible.
Une dernière question parce que vous êtes le chef du groupe socialiste. Normalement, les groupes politiques devaient être reçus à partir d'aujourd'hui par Catherine Vautrin. Ça a encore du sens ? Ça aussi, vous irez ? Vous n'irez pas ?
Vous n'aviez plus d'y aller ? Je n'ai pas reçu pour ce qui me concerne d'invitation. Tout est gelé ? C'est un peu gelé.
Si elle vous demande de venir, vous irez ?
Je vous demanderai pour parler de quoi ? Merci Boris Vallaud
d'être venu répondre à mes questions. Président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et député des Landes. Vous le redites, vous voterez contre la confiance.
Boris Vallaud