Face à Poutine, les ambivalences du RN
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Dans son viseur, M.Le Pen, favorite des sondages, qui tente de faire oublier la proximité qu'elle a longtemps défendue avec D.Trump et V.Poutine. - C'est désormais officiel: M.Le Pen est candidate. ... - Les bains de foule, les poignées de mains, les joies de la campagne électorale, mais il y a aussi les sujets qui fâchent.
Un sujet, notamment, sur lequel la cheffe de file du RN doit en permanence se justifier: sa position sur la guerre en Ukraine. - M.Le Pen: Depuis le début de la guerre en Ukraine, nous avons été sans aucune ambiguïté.
Nous avons condamné. Nous sommes des souverainistes. Toute atteinte à la souveraineté d'un Etat par un autre Etat, toute attente de l'intégrité de ses frontières, fait l'objet d'une condamnation. - Qu'en est-il vraiment?
Depuis le 24 février 2022, jour de l'invasion de l'Ukraine par l'armée de Poutine, le RN condamne effectivement l'agression russe. - M.Le Pen: V.Poutine a tort.
Il a franchi la ligne rouge. C'est inadmissible, inacceptable et sans aucune ambiguïté. - J.Bardella: Dans ce dossier, il y a un agresseur et un agressé. - Difficile pour le RN de faire oublier certaines images, comme cette poignée de main dans l'entre-deux-tours de 2017.
V.Poutine accorde à la candidate 1 heure 30 d'échanges. Elle ne tarit pas d'éloges. - M.Le Pen: Il représente une nouvelle vision.
Il a fait émerger un nouveau monde dans ces dernières années. C'est le monde de V.Poutine. - Difficile aussi d'oublier les emprunts contractés par le parti auprès de banques russes.
Certaines déclarations diffusées à l'époque sur des chaînes étrangères passent mal aujourd'hui. - M.Le Pen: Honnêtement, si vous êtes en train d'essayer de faire dire que la Russie représente pour les pays d'Europe un danger militaire, je crois que vous commettez une erreur d'analyse. - M.Le Pen admire, défend et reprend même La propagande du Kremlin, comme sur l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.
Des positions à l'encontre du droit international. Qu'importe. En commission parlementaire sur les ingérences étrangères, elle assume. - M.Le Pen: La Crimée a été russe pendant 2 siècles.
Elle a été ukrainienne 60 ans, donnée par un dictateur. Défenseure absolue du référendum, j'ai considéré que librement, les habitants de Crimée s'étaient exprimés par le vote pour être rattachés à la Russie. - Des prises de position et des choix politiques concrets.
Au Parlement européen, le parti vote régulièrement contre les mesures de soutien à Kiev. - G.Attal: A chaque fois que vous pouvez éviter de soutenir l'Ukraine, vous le faites. - J.Bardella: C'est faux.
Je l'ai fait à des dizaines de reprises. Vous êtes de mauvaise foi. - G.Attal: Il y a 2 mois, au Parlement européen, sur l'utilisation des revenus des avoirs russes qui ont été gelés, vous ne l'avez pas voté. - Au nom de la souveraineté nationale, le RN vote l'augmentation des budgets de la défense, mais lorsqu'E.Macron désigne la Russie de Poutine comme une menace, le RN relativise. - M.Le Pen: Pour l'instant, la Russie n'a pas annoncé qu'elle attaquait la France. - Les chars russes ne sont pas sur les Champs-Elysées, je vous le concède. - M.Le Pen: Mais si on écoute E.Macron, on pourrait croire que ça va arriver.
Ce que je trouve étonnant, c'est que j'ai entendu E.Macron au 20h et j'avais l'impression qu'il allait déclarer la guerre. C'était un discours guerrier. - M.Le Pen, face à ses ambiguïtés et face à l'opinion publique.
Selon un sondage de février 2026, 80 % des Français estiment que V.Poutine est inquiétant. - C.Roux: Lorsqu'E.Macron dit qu'on flatte partout le nationalisme, en France et ailleurs, et qu'on se trompe sur notre histoire... "Le patriotisme, oui.
Le nationalisme, jamais." Il entre en campagne? - S.Quéméner: Il continue sa campagne contre M.Le Pen.
Il a remporté ses élections contre elle. Il a le sentiment qu'il a quelque chose à dire sur M.Le Pen.
Il continue cette joute à distance. Ils s'étaient choisis comme adversaires tous les deux. Ce qui frappe plus que ça, dans la campagne...
Son entourage dit qu'il va défendre des valeurs...
On ne sait pas. Il n'a pas vraiment intérêt à aller plus loin. Il ne faut pas qu'il franchisse la limite jusqu'à soutenir un candidat.
Ce serait sans doute défavorable pour le candidat. Les candidats ont besoin d'incarner une forme de rupture. C'est ce qu'il a toujours dit.
C'est aussi ce qu'avait dit F.Mitterrand...
C'est le legs d'un président de la République qui a gagné 2 fois contre l'extrême droite au 2e tour. - C.Roux: Est-ce que ce 14-Juillet donne l'impression d'un message envoyé... - N.Mauret: Dans l'année qui vient, il va être de plus en plus mitterrandien.
Il fait référence à la phrase de F.Mitterrand. Il va adopter cette attitude qu'avait Mitterrand, qui était au-dessus de tout, qui était le sachant.
C'est ce qu'il va essayer de faire. La séquence que l'on vient de vivre depuis 2 jours me convainc davantage que c'est ce qu'il va faire. Il va essayer, de temps en temps, pas de prendre la parole dans la campagne électorale, mais de laisser ses petites phrases sibyllines qui ciblent parfaitement le RN.
Il ne faut pas oublier que si jamais M.Le Pen entre à l'Elysée l'an prochain, ça lui sera imputé. En 2017, il avait dit: "Je vais faire en sorte qu'à la sortie de mon quinquennat, plus personne n'ait une raison de voter RN." 9 ans après, le RN est entre 35 et 37 % dans les intentions de vote.
Il faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire en sorte... - C.Roux: Quand on regarde les sondages, les prises de position de M.Le Pen vis-à-vis de V.Poutine, qui est désignée par la France comme une menace...
Ce n'est pas un handicap pour elle, dans cette campagne? - N.Mauret: Pour l'instant, non.
Je suis convaincue que les 35 % du RN et de M.Le Pen dans les sondages, c'est l'expression du ras-le-bol des Français vis-à-vis de l'ensemble du personnel politique. M.Le Pen a réussi à imprimer dans l'opinion qu'elle est égale au changement.
M.Le Pen joue sur l'image, sur la volonté de changement plus que sur des mesures et des principes. - C.Roux: Dans un monde de plus en plus incertain, avec des menaces qui sont clairement dirigées vers la France...
Ca s'est passé il y a quelques jours. J.-N.Barrot dénonce publiquement une campagne de cyberattaques conduite par la Russie dans une dizaine de pays européens.
Il dit ceci. ...
Dans ce contexte, un ambassadeur russe a été rappelé et convoqué...
Dans ce contexte, la main tendue de V.Poutine à M.Le Pen peut peser?
Est-ce qu'elle est déjà si haut dans les sondages que les Français considèrent que c'était avant? - S.Quéméner: Ca a déjà fonctionné en 2022.
C'est le moment où M.Le Pen est arrêtée dans sa campagne présidentielle par cette actualité, par cette guerre d'agression de la Russie. E.Macron entre en campagne au dernier moment.
Il sait qu'il faut qu'il reste sur ces sujets internationaux le plus longtemps possible. Il pense que l'actualité l'exige, évidemment, mais il sait aussi tout le bénéfice électoral qu'il va en tirer. Ce qui est intéressant, c'est de voir qu'E.Macron...
C'est une forme de ruissellement. "Je m'occupe de l'actualité internationale. On va trouver des solutions pour l'énergie et on en arrivera aux Français et à leur pouvoir d'achat." M.Le Pen, c'est l'inverse.
Quand on lui demande comment il faut se positionner par rapport à V.Poutine entre 2022 et maintenant, elle répond qu'elle est contre les sanctions et qu'il n'en faut pas trop pour les Russes parce qu'il ne faut pas que le prix de l'énergie augmente. Elle, c'est l'effet inverse.
Emmanuel Macron