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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 8 janvier 2019 7 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Macron, le boxeur et la crise politique - Les questions SMS #cdanslair 07.01.2019

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse partielle

    Les manifestations ne deviennent-elles pas la sortie du samedi soir ?

  • 0:08OuverteRéponse partielle

    Vous disiez qu'ils étaient fatigués, mais ils sont peut-être contents de se retrouver ?

  • 1:15OuverteRéponse partielle

    Où est Benoît Hamon ? Et d'une façon générale, les politiques, on les entend assez peu ?

  • 2:24OuverteRéponse partielle

    Mais ça montre bien que le Parti Socialiste a perdu ce contact avec le peuple ?

  • 4:03OuverteRéponse partielle

    Une crise sociale a-t-elle déjà duré aussi longtemps en France que celle des gilets jaunes ?

  • 5:00OuverteRéponse partielle

    Du fait de toutes les vidéos, chacun filme, ça rend le phénomène très visible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11InvitéFait
    « Alors, ce mouvement a créé une solidarité, une convivialité. »
  • 0:15InvitéFait
    « La veille du samedi soir, ils se sont retrouvés à dîner après leurs vacances, et ils ont bu un coup, et ils ont passé une très bonne soirée. »
  • 3:13IntervenantFait
    « Les socialistes, immédiatement, ont repéré le retour de l'impôt sur la fortune. »
  • 3:19IntervenantFait
    « Jean-Luc Mélenchon, le référendum d'initiative populaire. »
  • 3:23IntervenantFait
    « La droite, la baisse des taxes. »
  • 4:12IntervenantFait
    « On a eu des cortèges à répétition au moment de la loi El Khomri. Ça a duré plusieurs mois. »
  • 4:14IntervenantFait
    « En 2010, au moment de la réforme des retraites sous le gouvernement Fillon, on a eu aussi, et avec beaucoup plus de monde à l'époque, on l'oublie. »
  • 5:37IntervenantChiffre
    « Oui, oui, alors ça se renforce plutôt. »
  • 6:00IntervenantFait
    « Mais là, on voit ce qu'on disait tout à l'heure, c'est la référence à De Gaulle. »

Temps de parole

  • Intervenant27 %
  • Intervenant 223 %
  • Présentateur19 %
  • Intervenant 317 %
  • Invité15 %

≈ 5,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Ah, les manifestations ne deviennent-elles pas la sortie du samedi soir, Emmanuel Anizon ? Vous disiez qu'ils étaient fatigués, mais ils sont peut-être contents de se retrouver ?

0:11
Invité

Alors, ce mouvement a créé une solidarité, une convivialité. La veille du samedi soir, ils se sont retrouvés à dîner après leurs vacances, et ils ont bu un coup, et ils ont passé une très bonne soirée. Alors qu'ils ne se connaissaient pas forcément avant ? Ils ne se connaissaient pas du tout avant, la plupart ne se connaissaient pas.

Donc de fait, ça a créé, ça a complètement développé les réseaux amicaux, ça a créé vraiment une sociabilité, et ça c'est un côté très positif, mais ils n'ont pas besoin de venir à Paris manifester pour la retrouver, puisqu'ils se sont retrouvés la veille, le soir, chez l'un d'eux, et c'était beaucoup plus confortable, je pense, que de se retrouver dans les rues de Paris à 5 degrés. Donc oui, évidemment qu'il y a un effet groupe, évidemment qu'il y a un effet fait dans une manifestation, en l'occurrence en plus celle de samedi jusqu'à 16h, elle était plutôt sympathique, et ils ont chanté, ils ont dansé.

Je pense que comme tout le monde, ils seraient contents de pouvoir s'occuper de leurs enfants qu'ils ont laissés les uns les autres à leurs grands-parents, leurs copains. Voilà, je pense qu'il y a quand même une usure aussi de ces amis.

1:10
Présentateur

C'est pour des raisons de sécurité qui n'emmènent pas leurs enfants.

1:13
Invité

Bien sûr.

1:15
Présentateur

Où est Benoît Hamon ? Et d'une façon générale, les politiques, on les entend assez peu, et ils sont en tous les cas tenus à l'écart de ce mouvement.

1:25
Intervenant

Parce que justement, c'est un mouvement qui les rejette en permanence. Donc la question pour les politiques, c'est soit d'essayer de s'accrocher au mouvement, c'est ce que fait Jean-Luc Mélenchon, soit d'essayer de l'accompagner d'un peu plus loin, c'est ce que fait Marine Le Pen en espérant à la fin recueillir les dividendes au moment des élections européennes. Et puis les autres, les autres regardent et voient que de toute façon, dans leur électorat potentiel, il y a des divisions.

C'est ce qui arrive à Laurent Wauquiez, qui au début commence par soutenir les gilets jaunes en se disant que quelque part, peut-être une partie de la France populaire qui pourrait voter pour lui ou pour les Républicains dans un avenir proche, fait partie de ces gilets jaunes. Et puis dans un deuxième temps, il se dit, oui, mais je suis les Républicains, est-ce que ce n'est pas le parti de l'ordre ? Il est cartelé. Et donc c'est un peu comme ça pour toutes les formations politiques.

C'est-à-dire qu'on a un moment où il y a des fleuves qui se séparent, des maires qui se séparent, et c'est vrai qu'eux sont en décalage parce que souvent ils sont dans l'ancienne lecture politique telle qu'elle n'apparaît plus, en tout cas aujourd'hui, au moment où je vous parle.

2:24
Présentateur

Mais ça montre bien que le Parti Socialiste a perdu ce contact avec le peuple qu'il était censé vouloir incarner et défendre.

2:30
Intervenant

Oui, alors à Génération, ce qui est intéressant, c'est que Benoît Hamon avait eu plusieurs présentements lors de sa campagne. Il avait porté quelques idées, en tout cas, qui sont ensuite revenues. L'attaque sur les obos et puis l'idée du 49-3 citoyen. Parce qu'il avait sans doute senti cette aspiration à plus de démocratie. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, dans l'ensemble du champ politique, pour revenir spécifiquement à Benoît Hamon, il a été satellisé. Je ne trouve pas d'autres mots. C'est compliqué pour les hommes politiques parce qu'on a affaire à un mouvement qui, dans la coloration politique, n'est absolument pas réductible au programme d'aucun parti.

Chaque parti va trouver dans le discours de telle frange des gilets jaunes un thème qui lui convient bien. Les socialistes, immédiatement, ont repéré le retour de l'impôt sur la fortune. Jean-Luc Mélenchon, le référendum d'initiative populaire. La droite, la baisse des taxes. La droite, la baisse des taxes, etc. Mais en réalité, lorsque vous lisez les textes que produisent les gilets jaunes, je pense par exemple à ce manifeste du 15 décembre qui avait été lu à l'Opéra, il est absolument irréductible aux catégories mentales de la vie politique française. Ça ressemble un peu aux textes des petits partis américains. Ça ressemble beaucoup aux textes des cinq étoiles italiens.

Ce sont des textes qui, d'un paragraphe à l'autre, passent d'une vision très sociale étatiste à une vision ultra-libérale, mettant en cause même l'excès d'État, trop de fonctionnaires, etc. Donc c'est très très compliqué pour un parti politique d'attraper ça avec son filet à papillon, même si tout le monde essaie de courir derrière.

4:03
Présentateur

Une crise sociale a-t-elle déjà duré aussi longtemps en France que celle des gilets jaunes ?

4:07
Intervenant

On a eu des cortèges à répétition au moment de la loi El Khomri. Ça a duré plusieurs mois. En 2010, au moment de la réforme des retraites sous le gouvernement Fillon, on a eu aussi, et avec beaucoup plus de monde à l'époque, on l'oublie. Mais ce qui interpelle, c'est à la fois les images de violences spectaculaires dont on a parlé tout à l'heure, mais aussi le caractère inédit. Ce n'est pas des organisations syndicales, ce sont des gens qui ne se connaissaient pas, qui prennent le train ensemble. Ce sont des visages qu'on ne connaît pas. Ce sont des publics qui débarquent comme ça dans l'espace public.

Ce sont des modes d'organisation ou des modes d'action, cette fameuse France des ronds-points. Et c'est tout ça qui donne le caractère totalement inédit. Parce qu'encore une fois, en termes de durée et de nombre de participants, sans rentrer dans la polémique des chiffres, on a déjà eu des mouvements sociaux qui étaient bien plus importants. Mais tout ça a été canalisé, organisé.

4:57
Présentateur

Mais là, du fait de toutes les vidéos, parce que maintenant chacun filme, il y a autant de caméras, et ça c'est ce qui rend le phénomène très visible.

5:04
Intervenant

Oui, les réseaux sociaux, les chaînes d'info en continu ont sans doute amplifié le phénomène. Mais ce qui donne aussi le caractère inédit, c'est qu'il n'y a pas de revendication précise. C'est-à-dire qu'en 2010, c'est s'opposer à la réforme des retraites. En 2016, c'est s'opposer à la loi El Khomri. Et donc on voit l'éventuelle sortie de crise. Là, c'est un cahier de doléances qui est énorme. Et donc c'est ça qui interpelle beaucoup les Français. Voilà, c'est une réunification un peu féodératrice, c'est le départ de Macron.

5:31
Présentateur

Alors, à l'inverse, que fait-on des Français qui sont d'accord avec le Président de la République ?

5:35
Intervenant

Il en reste dans les sondages ? Oui, oui, alors ça se renforce plutôt.

5:39
Présentateur

Ah, ça se renforce ?

5:40
Intervenant

Oui, oui, parce que le soutien au mouvement baisse. Donc il y a un soutien un peu plus important. On ne les entend pas. Il y a une manifestation qui est organisée le 27 janvier, de soutien à la...

5:52
Présentateur

Alors Bernard Tapie a dit, c'est ridicule, on va comparer le nombre de gens de Gilets jaunes avec le nombre de gens qui soutiennent Emmanuel Macron ?

5:58
Intervenant

On peut laisser ça à Bernard Tapie. Mais là, on voit ce qu'on disait tout à l'heure, c'est la référence à De Gaulle. C'est la manif sur les Champs-Elysées pour dire stop à la Chianlis à la fin des événements de mai. On peut gager qu'il y aura sans doute moins de monde quand même que...

6:13
Présentateur

C'est la République En Marche qui l'organise, c'est la marche républicaine des libertés.

6:15
Intervenant

C'est des associations qui gravitent autour. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'Emmanuel Macron est aussi soutenu par une partie de la droite, ce qui n'était pas le cas avant, à l'occasion de ce mouvement. Et les ministres ont l'intention d'y aller, ce qui colore tout de suite la manifestation du 27.

6:27
Présentateur

Et bien voilà, c'est la fin de cette émission. Merci beaucoup d'y avoir participé. Elle sera rediffusée ce soir à 22h25. On se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air. Je rappelle que C'est dans l'air est disponible gratuitement, surtout en podcast, ce qui fait qu'on peut écouter gratuitement C'est dans l'air avec son smartphone. Merci de votre fidélité. Bonne soirée sur France 5. À suivre, c'est à vous. Et on se retrouve demain. Bonne soirée.