[Extrait Séance] Maxime Michelet s'exprime sur la stratégie de Défense nationale
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« En 3 ans, les reports de charge ont doublé et avec presque 100 milliards d'euros de reste à payer, l'État court toujours le risque de manquer à ses engagements. »
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« Que pèse la voix de la France quand elle porte la voix d'un pays chassé d'Afrique ou doublé par ses propres alliés dans le Pacifique ? »
- 2:46Invité politiqueFait
« Le macronisme aura également commis la faute majeure d'empêcher tout débat sincères sur les questions de défense en accusant toute voie divergente d'un alignement supposé avec la Russie. »
- 8:02Invité politiqueFait
« Il nous avait été promis de défendre notre souveraineté industrielle. Elle a été sacrifiée. Il nous avait été promis de défendre notre souveraineté énergétique. Elle a été sacrifiée. Il nous avait été promis de défendre notre souveraineté alimentaire. Elle s'apprête à être sacrifiée. »
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Le gouvernement nous invite cet après-midi à débattre de la stratégie de défense nationale en somme à débattre osons le terme de la guerre. L'importance de ce débat commande de refuser les postures et les polémiques. L'engagement de nos forces armées ne peut appeler qu'à l'unanimité des représentants de la nation. L'Union des droits pour la République se tenant toujours auprès de ceux qui font le choix du service de la nation approuvera donc la déclaration du gouvernement. Mais ne croyez pas que ce vote vienne approuver l'entièreté de l'action menée par les gouvernements d'Emmanuel Macron dans le domaine de la défense.
Le budget que vous nous proposez est en hausse anticipant l'actualisation l'actualisation de la LPM que vous souhaitez soumettre à nos délibérations et la trajectoire que vous nous présentez tente donc de corriger le tragique sous-investissement des dernières décennies erreurs historiques dont nous faisons encore aujourd'hui les frais. Mais il faudrait-il encore que votre trajectoire soit sincère et vos objectifs remplis quand notre industrie et notamment nos PME voit les retards de paiement s'accumuler. En 3 ans, les reports de charge ont doublé et avec presque 100 milliards d'euros de reste à payer, l'État court toujours le risque de manquer à ses engagements.
Au groupe UDR, notre opposition n'a jamais varié. La maîtrise de nos comptes publics et d'une condition synéquanon de la maîtrise de notre souveraineté. Il faut dès lors regretter que des décennies d'incuries budgétaires nous placent désormais dans une position où nous ne sommes pas en mesure d'engager des moyens plus importants pour nous réarmer. Cette impuissance de fait nous expose à de grands périls. Quand la France s'en lisse dans d'interminable négociation budgétaires entre visions inconciliables, le chancelier Mertz annonce quant à lui mobiliser toute la puissance financière de l'Allemagne pour bâtir, je cite la première armée conventionnelle d'Europe hier.
Première armée d'Europe, la France court le risque demain d'être reléguée en seconde division. Et si, comme d'cun au sein de votre majorité l'expert, l'Union européenne se dotait d'une armée, alors l'armée française serait réduite au rôle de contingent, sans doute sous commandement américain ou sous commandement allemand, mais au service de quel intérêt suprême ? Cette perspective est intolérable mais elle est la conséquence des options fédéralistes du macronisme. L'Europe de la défense se construit malgré nous, malgré nos dénonciations, malgré nos refus.
Car pèsent les refus et les dénonciations de la France alors que nous nous sommes méthodiquement désarmés matériellement, politiquement, diplomatiquement, idéologiquement. Que pèse la voix de la France quand elle porte la voix d'un pays chassé d'Afrique ou doublé par ses propres alliés dans le Pacifique ? Que pèse la voie de la France quand parcelle du président de la République, elle propose le partage inacceptable de notre force de dissuasion nucléaire et donc d'abdiquer sa propre puissance. Le macronisme aura également commis la faute majeure d'empêcher tout débat sincères sur les questions de défense en accusant toute voie divergente d'un alignement supposé avec la Russie.
Après le point Godwin, vous avez inventé le point Poutine. Le débat sur la défense nationale mérite et pourtant mieux. Les menace qui pèse sur la sécurité de notre pays, nous les connaissons. Nous connaissons les ambitions impériales de la Chine, les déstabilisations intéressées de l'Azerbaïdjan, les appétits obscurantistes de l'Iran et la haine djihadiste, première des menaces qui pèsent contre notre pays. Nous connaissons aussi évidemment la menace russe qui pèse aux frontières de notre continent. Oui, la guerre est aux portes de l'Europe et oui, nous sommes résolument au côté de l'Ukraine et de son peuple.
Mais vous parlez bien mal de cette guerre à nos concitoyens et la multiplication des propos va enant guerre ne sont pas à la hauteur de la situation. Ne croyez pas que les Français qui s'émeuvent de ces propos bélicistes soient des capitulars ? Ce sont des citoyens inquiets, inquiets pour l'avenir de leurs enfants et qui ne comprennent pas les discours que vous leur tenez sur les guerres de demain. Malgré h décennies de paix, nous ne pensons pas que la nation française et son peuple ait perdu le sens de la guerre. Je viens d'ailleurs, pour ma part d'un territoire qui connaît bien la guerre.
Ce territoire, la Marne que je partage avec vous, madame la ministre a bien connu le prix des guerres d'hier et elle connaît aujourd'hui le prix des guerres de demain qui se prépare dans nos camps de champagne à Maï, à Mourmelon ou à Suip et permettez-moi d'en saluer ici, les officiers, les sous-officiers et les soldats. Non, les Français n'ont pas perdu le sens de la guerre, mais ils ne comprennent pas vos discours car jamais jamais il n'existera de guerre menée pour et par l'Union européenne. Un peuple ne se résout jamais à la guerre qu'au nom de sa nation. Et l'Europe, terre de civilisation, de culture et de solidarité, ne sera jamais, quoi que vous puissiez en dire, une nation.
Quand on meurt au champ d'honneur, on ne meurt jamais que pour son pays et à travers lui pour les valeurs qu'il porte. Sur les monuments aux morts de nos villages, on ne lit pas mort pour l'Europe, mais mort pour la France. Chers collègues, et si les pays frontaliers de la menace russe sont aujourd'hui les pays les plus mobilisés, ils ne le sont pas en tant qu'européens, mais ils le sont en tant que laon, litwanien, estonien, polonais ou moldaves, peuple déterminés par leur histoire, par leur géographie et si nous sommes à leur côté, c'est en tant que français car nous sommes leurs alliés pour défendre nos libertés et surtout pour défendre la civilisation que nous partageons.
Mais faut-il encore affirmer collectivement cette civilisation et ses libertés plutôt que de laisser l'Europe se confondre avec la vacuité d'une technocratie autocratique à laquelle personne dans ce continent ne s'identifie. Personne, chers collègues, ne mourra jamais pour la défense des directives de Bruxelles. Le tropisme bruxellois condamne à l'impuissance. Dans une démocratie, la guerre nécessite le consentement du peuple qui veut savoir pourquoi il se bat et qui veut savoir qu'il se bat pour son pays. De quoi notre continent a-t-il donc besoin aujourd'hui pour se défendre ? Il a besoin de ses peuples, il a besoin de ses nations pour dissuader la Russie.
Nous devons embarquer avec nous, les peuples d'Europe et non organiser la défense de l'Europe malgré eux, sans rien, contre eux, sans eux. Rien ne nous condamne à commettre dans ce domaine, dans le domaine de la défense, les erreurs commises par l'Union européenne dans tous les autres domaines. Il faut donc sans relâche combattre le saut fédéraliste qui nous conduirait à une armée européenne dont la première conséquence serait la relégation mécanique de l'armée française. Dans ce domaine, les ambitions du Vaner Layen, ancienne ministre des armées allemandes, sont claires.
avec le règlement d'abord qui organise le financement par les Européens eux-mêmes de leur dépendance militaire aux États-Unis, par l'instrument safe également par lequel la France s'endettete à hauteur de 16 milliards d'euros près de Bruxelles pour financer son propre réarmement, mais aussi par le choix insensé de vouloir confier au maximum d'États européens les missions capacitaires quand il faudrait s'appuyer sur les Bit d'existantes et tout spécifiquement évidemment sur le potentiel français mais surtout par la préparation d'un marché unique de la défense qui pourrait donner à terme pleine compétence à l'Union européenne pour l'exportation d'armes et soumettrait notre BITD française aux règles du marché intérieur.
Avec ces projets, l'Union européenne prépare la dernière étape de la fédéralisation du continent. Après avoir dépouillé les vieilles nations d'Europe de la plupart de leur souveraineté, l'accaparement illégitime de la souveraineté militaire viendrait parachever notre intégration au léviatellois. Alors, je sais, vous nous direz que la voix de la France s'opposera à toute perspective d'armée européenne, quand bien même cette perspective est la conséquence du fédéralisme forcené intrinsèque au macronisme. Vous nous direz personne n'a ce projet. Notre souveraineté sera préservée. Mais permettez-nous de ne pas accorder crédit à votre promesse.
Car il nous avait été promis de défendre notre souveraineté industrielle. Elle a été sacrifiée. Il nous avait été promis de défendre notre souveraineté énergétique. Elle a été sacrifiée. Il nous avait été promis de défendre notre souveraineté alimentaire. Elle s'apprête à être sacrifiée. Alors, permettez-nous de préférer les actes aux promesses et de placer davantage nos espérances dans l'alternance qui vient plutôt que dans notre dans votre gouvernement.
Si demain l'armée française devait devenir le comptaingent français d'une armée européenne, si demain l'intégration industrielle de la BITD européenne devait nous rendre dépendant de la Commission européenne, alors la souveraineté française aurait vécu. Vous pourrez investir tous les milliards, vous pourrez améliorer toutes les trajectoires. Si ce combat est perdu, l'armée française aura vécu. Or, notre armée est consubstantielle à notre nation. Elle a accompagné toutes les étapes de notre affirmation en tant que nation. Elle a partagé toutes nos gloires, elle a partagé toutes nos épreuves.
La nation française s'est en effet affirmée dans les rangs de l'armée de Charles puis à l'ombre de la bannière de Jeanne d'Arc. Elle s'est affirmée dans toutes nos victoires, de Bouvine à Malplaquet, de Marignan à Roccroix et dans les plis de drapeau de nos régiments se listent encore en lettre d'or les victoires immortelles de l'empereur Napoléon. À la fierté de cette histoire, l'armée française ajoute l'honneur d'être l'armée d'un peuple libre, des soldats de l'an au soldat de la France combattante en pass en passant par ceux de 14 ajoutant aux gloires d'Osterlites et Dienna les gloires de Valmi, de Verdin et toutes celles de la résistance.
Alors, monsieur le Premier ministre, les budgets sont indispensables, mais ils ne seront jamais suffisants s'il nous manque l'esprit de consentement du peuple à la défense du pays et l'engagement d'hommes et de femmes. Pour cela, parlons d'abord de la France, de ses intérêts, ses libertés. Inculquons l'amour de la patrie à toute notre jeunesse et surtout préservons notre souveraineté militaire face aux appétits d'usurpation de l'Union européenne. Chaque recul de notre armée est un recul de notre nation. Et si l'armée française ne devait plus être demain qu'un contingent, la nation française ne serait plus qu'une région.
Maxime Michelet