Quarantaine obligatoire pour les voyageurs, réunion des gauches...Le "8h30 franceinfo" d'Eric Coquerel
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8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. Notre invité est le député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Bonjour Éric Coquerel. Bonjour messieurs. Merci d'être avec nous ce matin. Matignon a indiqué hier soir qu'une quarantaine sera obligatoire pour les passagers qui arrivent du Brésil, d'Argentine, du Chili, d'Afrique du Sud. Vous dites qu'on est dans les temps quand on agit là ou pas ?
Je crois qu'on agit un peu en retard, mais le fait d'innover sur cette procédure. Je vous rappelle que tout au début de la crise du Covid...
Innover c'est la contrainte.
Oui mais d'accord, mais... Non mais je veux dire, je précise. Ok, mais bon. Vous savez que par exemple le Portugal aujourd'hui a des mesures de quarantaine vis-à-vis de la France. On ne sait pas peut-être, mais ce n'est pas des choses nouvelles. Tout le monde le fait sauf nous. Bon, les Chinois l'ont fait tout au départ, rappelez-vous sur la crise du Covid, on a dit « Ah, quel autoritarisme ! » etc. Bon, nous on laissait passer les gens qui arrivaient de Chine tout au début avec les conséquences qu'on connaît. Oui, donc c'est nécessaire. Bon, alors évidemment, ce n'est pas la solution alpha-oméga.
Parce que si on pense qu'on va arrêter le virus de cette façon, je crois que là, on se met le doigt dans l'œil. Je vous rappelle que le virus dit variante brésilienne, il est déjà en France aujourd'hui. Donc la question, qu'on essaie de le freiner par ce genre de procédé, oui. Mais la question, c'est comment on anticipe justement le fait que peut-être qu'il se développe, comme s'est développé le variant anglais. Et ça, ça voudrait dire que le gouvernement fait ce qu'il n'a pas fait jusqu'à maintenant.
Et comme se développent en ce moment des variants indiens, l'Inde où l'épidémie est hors de contrôle, d'autres variants brésiliens.
C'est bien pour ça que je crois qu'il serait temps d'imaginer pour l'avenir, parce qu'on ne va pas se débarrasser du virus et ces variants d'un coup comme ça en quelques semaines. Je n'y crois pas. Donc il serait temps d'imaginer pour l'avenir, en plus de la stratégie vaccinale, qui est à revoir. C'est-à-dire que je crois qu'il faudrait notamment songer à vacciner aussi en priorité, pas seulement, mais aussi en priorité les gens qui ont le plus de risque d'être contaminés. Par exemple, les enseignants. Je vous donne un exemple. C'est quand même aberrant qu'on ait fermé les écoles et qu'on n'ait pas profité du mois de fermeture des écoles pour vacciner tous les enseignants.
Parce que qu'est-ce qui va se passer si vraiment ça réouvre ?
Mais maintenant, ils ont des doses réservées, des créneaux réservés.
Oui, enfin, un peu. Enfin, ce que j'ai entendu, excusez-moi, je le vois de manière concrète. Quand vous êtes enseignant jusqu'à maintenant et que vous vouliez prendre un rendez-vous dans un centre de vaccination, vous n'étiez pas prioritaire. Et d'ailleurs, M. Macron avait annoncé au départ que ça l'était pour avril. Il l'a reporté à juin. Donc, ce n'est pas si simple que ça. Et maintenant, on nous dit que c'est les enseignants de plus de 55 ans, ce qui est assez drôle, puisque les plus de 55 ans, de toute façon, de manière globale, ont le droit d'être vaccinés. Donc, ce n'est pas encore la priorité. Il n'y a pas que les enseignants.
Je parle des enseignants parce qu'on voit bien la question. Donc, changement de stratégie vaccinale. Et à côté de ça, qu'enfin, on mette en place des alternatives au confinement. Parce qu'on ne va pas pouvoir continuer comme ça.
Mais alors, justement, compte tenu de ce que vous dites, est-ce que vous pensez que le pays va pouvoir rouvrir progressivement, à partir du 15 mai, les terrasses de restaurants, les musées ? Est-ce que c'est bientôt le retour des gens heureux ?
Franchement, je n'en sais rien, parce que je ne crois en rien de ce que dit le gouvernement, pour une bonne raison. C'est que tout ce qui a été dit par le passé, en général, était démenti une à deux semaines après. D'accord ? Donc, voilà, je ne fais pas confiance à ce gouvernement, malheureusement. Et que ce soit sur la question des masques, des vaccins, des tests, etc., les faits nous donnent raison. Par contre, nous donnons des solutions, nous donnons des propositions. Contrairement à ce que dit M. Véran, les oppositions, il n'y a pas que nous, mais France Insoumise le fait notamment, donnent des propositions.
Et à chaque fois qu'on donne des propositions, on nous balaie ça d'art vers demain, en nous disant, ah, mais vous voulez en fait, en réalité, que l'épidémie continue à se développer, etc. Ça serait bien de développer. Je vous en donne une, par exemple. Allez-y, oui. La question proposée par Jean-Luc Mélenchon, l'organisation d'une société en roulement. Ça, c'est un lien très concret. Là, on a fermé les écoles. On nous dit, on va les réouvrir. Mais si on n'organise rien, à la fois pour vacciner les enseignants et pour faire en sorte que, début mai, on réouvre avec des demi-classes, eh bien, ça n'aura servi à rien. Je peux vous annoncer que le virus repartira.
Donc, c'est ça, une société en roulement.
Donc, pour l'instant, vous n'y croyez. On va écouter tout de suite Gabriel Attal. Il était l'invité de France Info jeudi. Et il a effectivement, vous allez nous dire si vous le croyez ou pas, annoncé la réouverture des écoles fin avril, début mai. À ce stade, il n'y a pas de nouveau calendrier prévu pour ces mesures qui avaient été annoncées pour quatre semaines. Il y a d'autres échéances qui ont été annoncées, notamment pour la réouverture des établissements scolaires. Le 26 avril, pour ce qui est des écoles primaires, maternelles, des crèches. Et puis, le 3 mai, la semaine suivante, pour les collèges et les lycées. Et ces échéances sont évidemment maintenues.
26 avril, 3 mai, pour vous, c'est un peu... Je le souhaite. Ce que je souhaite, c'est que ça ne soit pas une réouverture
pour fermer trois semaines après. Je vous rappelle qu'il y a deux mois, Emmanuel Macron nous a dit vous n'en avez plus que trois à quatre semaines. D'accord ? On voit bien qu'au contraire, on a encore plus accéléré le confinement. Donc, moi, je vous dis, je crains fort que, vu que nous n'avons pris aucune précaution, aucune alternative au confinement, eh bien, on aille comme ça, à nouveau, de confinement en confinement. J'espère me tromper. Moi, je n'ai pas envie d'assister au pire. J'espère aussi, peut-être, que le printemps et l'été venus, le virus va se calmer. Mais je suis certain qu'on ne se débarrassera pas. Donc, il faut la licence publique du vaccin.
La France est contre au niveau international. Il faut, je l'ai dit, une société en roulement. Il faudrait enfin vous parler de quarantaine. Enfin, c'est quand même aberrant qu'on ait mis en place aucun procédé pour isoler les gens qui sont contaminés. Pas par obligation, mais au moins qu'on leur propose. Moi, par exemple, mon département de la Seine-Saint-Denis, imaginez, c'est l'endroit en moyenne en France, en tout cas en Ile-de-France, où les appartements sont les plus exigus. Vous êtes malade, et en plus, c'est un département où les gens vont travailler. Pour beaucoup, ils ne peuvent pas faire de télétravail pour des raisons sociales.
Vous êtes malade, vous arrivez dans votre logement, vous contaminez votre famille. Si ces gens-là, on leur proposait, comme on l'avait été dit, par exemple, pendant une semaine, d'aller dans un hôtel un peu médicalisé pour se protéger, je suis sûr qu'ils le feraient. Rien n'a été fait.
Rien n'a été fait là-dessus. Juste un petit mot sur, effectivement, ces quarantaines décidées par le gouvernement. C'était donc un communiqué hier soir de Matignon à 22h. Elles vont être mises en place dans les prochains jours, nous dit Matignon. Il faut vraiment que ce soit une véritable contrainte. Il faut des contraventions si, effectivement, les passagers ne s'y plient pas. Qui dit quarantaine dit qu'il faut contrôler le fait que ça ait lieu.
Pour moi, ça ne me choque pas. Je vous dis encore une fois, le Portugal ne rigole pas là-dessus avec les Français. Donc il n'y a pas de raison. Il faut vraiment mettre en place tout ce qu'on peut en respectant la liberté. Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, les libertés, de toute façon, ne sont pas respectées en France. Je vous rappelle qu'on a toujours un couvre-feu. Ce qui, le moins qu'on puisse dire, est quand même une mesure qui contraint les libertés de manière importante. Je termine juste une chose sur les solutions. Il faut mettre le paquet sur les hôpitaux. On n'a rien fait depuis un an. Et donc les hôpitaux se retrouvent dans la même situation qu'il y a un an.
A devoir fermer, reprogrammer au fur et à mesure des opérations, y compris dans des services de pédiatrie. Donc là aussi, il faut faire en sorte de donner des conditions de salaire. Pour que, par exemple, parmi les 180 000 personnes qui sont parties aux hôpitaux depuis quelques années, du fait de la dureté du travail et du salaire insuffisant, les gens puissent revenir, qu'on ouvre des lits, qu'on réouvre l'Hôtel-Dieu, qu'on réouvre le Val-de-Grâce pour préparer la prochaine. Parce que malheureusement, je crains qu'on n'en ait pas fini avec le virus.
Éric Coquerel, invité du 8.30 France Info. On reprend cette discussion juste après le fil info à 9h moins 20. Diane Ferschit.
En réanimation, le nombre de patients Covid repasse sous la barre des 5 900 concernant les variants. On ne fait pas assez pour ce qui est de leur identification du séquençage, estime sur France Info. Le professeur Philippe Froguel, généticien au CHU de Lille et le gouvernement, annonce de nouvelles mesures aux frontières face aux variants brésiliens. Les voyageurs en provenance du Brésil, d'Argentine, du Chili, d'Afrique du Sud, mais aussi de Guyane devront se soumettre à une quarantaine obligatoire de 10 jours à leur arrivée en France.
Les assises de Paris théâtre cette nuit d'une bagarre générale, d'abord dans le box des accusés, puis dans la salle d'audience, une dizaine de minutes de trouble. Au moment de l'énoncé du verdict, 5 jeunes condamnés en appel à des peines de 6 à 18 ans de prison, 8 autres acquittés pour l'agression de policiers à Viry-Châtillon dans l'Essonne. Il y a 5 ans, 4 policiers avaient été brûlés par des cocktails Molotov jetés sur leur véhicule, dont 2 grièvements. Fin des débats à l'Assemblée nationale sur le projet de loi climat. Le vote aura lieu le 4 mai. Les députés donnent leur feu vert à la création d'un délit d'écocide.
Les derniers adieux du Royaume-Uni au prince Philippe, marqué par la solitude de la reine Elisabeth, est vêtue de noir jusqu'à son masque des obsèques sobres en comité restreint. Pour cause de crise sanitaire, le cercueil du prince Philippe demeurera dans le caveau de la chapelle Saint-Georges de Windsor jusqu'à la disparition de la reine. France Info
Le député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, est l'invité du 8.30 France Info. Vous représentiez, Eric Coquerel, La France Insoumise, au rendez-vous des leaders de la gauche hier. Alors est-ce que ça valait le coup pour reprendre les mots d'Yannick Jadot ?
Oui, oui, il y a des choses utiles sur lesquelles on s'est entendus. Masquez votre enthousiasme, franchement. Non, mais ce que je ne veux dire par là, c'est que ce sur quoi on s'est entendus, ce n'est pas le grand soir, ce n'est pas la révolution. Je veux dire, c'est des choses que nous demandons depuis longtemps. Tant mieux. Je ne veux pas bouder le fait qu'on obtienne des choses que nous demandons depuis longtemps.
C'est-à-dire, par exemple, un accord de respect mutuel, de façon à ce que quand le gouvernement, la droite, l'extrême droite, attaquent un syndicat comme l'UNEF, attaquent des gens comme Audrey Pulvar, nous attaquent nous, en nous traitant d'islamo-gauchif ou europécologique, il n'y a pas d'autres gens à gauche qui leur donnent du grain à moudre, par exemple. Bon, ça, a priori, tout le monde est d'accord. C'est plutôt mieux. La deuxième chose, c'est le fait qu'on soit capable, et nous, on le demande depuis longtemps, on a fait une réunion de 7 avril, ni le Parti Socialiste, ni l'Europe Écologie, ni le PC sont venus. Là, cette fois-ci, tout le monde était autour de la table.
Bon, et donc, pour rappeler à des mobilisations ensemble, sur des mesures du gouvernement. Bon, ça aussi, c'est plutôt bien. Et donc, là-dessus, on a envie de continuer, y compris avec les organisations qui, par contre, sont parties avec nous. Et puis, enfin, organiser des débats publics, c'est plutôt bien. Donc, ça, c'était... Donc, ça, c'est bien. Bon, ça, c'est bien.
Mais vous avez prévu de vous revoir, quand même, Eric Coquette. Oui, mais sur ces bases-là, sur ces bases-là. Et vous dites, c'est pas le grand soir. Non, ce que je veux dire par là, c'est que... Vous allez quand même discuter d'un pacte de gouvernement, d'un pacte législatif. Non, justement. On a l'impression que c'est le retour du programme commun.
Oui, mais non, justement, c'est pas ça qui a été décidé. Et là, le petit problème qui a tout de suite un peu mis de l'ombre sur cette journée d'hier, c'est qu'on a pris ces décisions pour le faire tous ensemble. Voilà, c'est-à-dire débattre en public de nos programmes. Bon, c'est plutôt pas mal, parce que ça permet d'éclairer les citoyens, de voir ce qui nous sépare, ce qui nous rapproche, etc. Et puis voilà que patatras, M. Faure, annonce qu'en réalité, il a conclu, avec Europe Ecologie, dit-il, le PRG, Génération, un pacte de gouvernement. Sauf que tout ça n'a pas été conclu. Et que la plupart des autres forces que le Parti... On va l'entendre.
On va l'entendre, parce qu'il va plus loin, en plus. Olivier Faure.
En plus, oui.
Dans un an, il y aura, pour les écologistes, pour les socialistes, pour les radicaux, pour Place Publique, pour Nouvelle Donne, pour Génération, il y aura un candidat et un projet commun. C'est l'engagement que chacun a pris ce matin dans cette réunion.
Alors, il a rêvé, Olivier Faure ? Oui, vous avez vu, comme moi, toutes les réactions d'Europe Ecologie, de Génération, qui disent que rien n'a été décidé de tout ça. Bon, il fait le forcing. Il fait le forcing, pourquoi ? Pour installer une candidature commune, on va dire, de centre-gauche. Voilà, on recommence avec Europe Ecologie, il paie, on sait que c'est ce qu'il veut depuis longtemps. Et donc, il tente, comme ça, de mettre tout le monde sur le fait accompli. Sauf que dans la réunion d'hier, toutes les autres forces, personne, n'imaginaient un rassemblement sans Jean-Luc Mélenchon et France Insoumise.
Et ils n'imaginaient surtout pas de se retrouver en tête à tête le Parti Socialiste parce qu'ils savent que c'est le retour aux années Hollande. Donc ça, manifestement, les autres partis, les autres mouvements, les autres personnalités, n'en veulent pas. Est-ce qu'on peut essayer de comprendre ? Je vous dis ce qui s'est passé hier, moi. C'est M. Fort qui n'est pas clair.
Justement, si, si, mais pour que ce soit clair pour tout le monde, donc ça veut dire qu'hier, vous avez acté en trois heures, vous étiez 21 leaders de la gauche, en trois heures, un pacte de non-agression entre vous, mais vous n'avez pas acté le fait qu'il y ait un programme commun de gouvernement et ni a fortiori une candidature commune.
Je vais y revenir, mais on a acté aussi le fait de pouvoir appeler à des mobilisations ensemble. Ce n'est pas rien, parce que la solution, ce n'est pas juste, on prépare dans un an les élections et puis on laisse faire les attaques du gouvernement sur la réforme des allocations chômage, sur une fausse loi climat, sur éventuellement la réforme des retraites, sur les attaques sur les libertés. C'est quand la prochaine mobilisation commune ? Eh bien, justement, on va voir, ce qu'on a dit hier va être réel, parce que, par exemple, le 23 avril, le monde de la culture se retrouve dans la rue.
Est-ce qu'on est capables, tous ensemble, plus les autres organisations, type NPA, etc., de, ensemble, appeler ? Est-ce qu'on est capables d'appeler au 1er mai, tous ensemble, pour une grande mobilisation, pour les libertés, et pour les conquêtes sociales ?
Donc, la France Insoumise donne rendez-vous à la gauche le 23 avril, pour la culture, le 1er mai ?
On appelle la gauche à soutenir ces mobilisations. Il y en a une autre qui se prépare, par exemple, le 12 juin, contre les licenciements boursiers. Ça, on verra bien, concrètement, si ce qu'on a dit hier se concrétise. Ça voudra dire qu'on a avancé, qu'on a fait des choses ensemble. Par ailleurs, sur le reste, moi, je vais vous dire une chose. Moi, je crois que l'unité qui embrouille, c'est non. D'accord ? Le rassemblement qui clarifie, c'est oui. Voilà notre ligne de partage. Parce que l'unité qui embrouille, c'est la fuite des électeurs. Ils n'en veulent pas.
Le fait que des gens expliquent se mettre ensemble uniquement, parce qu'il faut se mettre ensemble avec des programmes qui sont très différents, les gens ne sont pas fous, ils comprennent qu'il y a une embrouille. Mais je ne suis pas certain de comprendre pourquoi vous allez vous revoir fin mai, alors ?
Simplement pour savoir un peu comment ça va se passer en là.
Justement, on va se revoir, on va se revoir, et avec d'autres encore, j'y tiens, il y a d'autres organisations, pour voir comment on peut résister par rapport aux attaques du gouvernement, de l'extrême droite, de cette idéologie qui se propage. Et puis, pourquoi pas, organiser des débats. Il y a des associations qui le font, collectifs citoyens. Moi, je pense qu'il faut qu'ils soient là, je pense à 2022 ou jamais. Parce que c'est bien d'éclairer les choses.
Mais ne laissons pas croire aujourd'hui, ne laissons pas croire aujourd'hui que nous aurions résolu les questions qui se posent, et qui font qu'à gauche, par exemple, certains, en réalité, continuent à penser qu'on peut s'accommoder avec le système, le libéralisme. Parce que ça, ce n'est pas ça qui fera gagner personne. Nous, on ne pense que ça, et donc, c'est pour ça qu'on a un problème d'avenir en commun.
Hier, j'ai vu que vous parliez du Parti Socialiste comme de la gauche d'accommodement. Est-ce que vous avez plus de liens avec le PS aujourd'hui ? Ou finalement, si on fait la balance, vous avez plus de désaccords ? Il y a quelques semaines, dans Libération, Jean-Luc Mélenchon indiquait que le PS allait se rallier, préparer son ralliement à Emmanuel Macron. C'est une hypothèse ? Une partie sûrement, oui.
Il y a une partie du PS, peut-être jusqu'à la direction, il faut voir avec eux, que s'ils avaient le choix entre, pas seulement Jean-Luc Mélenchon, vous savez que nous, on dit toujours, c'est un programme. Jean-Luc Mélenchon est notre programme. Du moins, les points qu'on estime absolument essentiels. La VIème République, la rupture avec les traités européens, le partage des richesses, le partage du travail, la planification écologique. Je pense que s'ils avaient le choix entre ça et Emmanuel Macron, je crois qu'ils continueraient à choisir Emmanuel Macron. Et c'est bien pour ça qu'on ne peut pas parler d'unité artificielle.
La dernière unité artificielle qui s'est faite, heureusement, nous, on n'était pas mêlés, et c'est bien ce qui nous a permis de presque atteindre le deuxième tour, on n'était pas loin avec Jean-Luc Mélenchon, plus de 19%, c'est la primaire socialiste, je vous le rappelle. Donc ils font une primaire, avec des gens qui, en fait, sur le fond, sont en désaccord. M. Hamon gagne, et puis la première chose que font M. Valls ou M. Durugi, c'est de partir.
Plusieurs candidats de gauche, c'est quand même l'assurance, non pas de gagner, mais de perdre en 2022.
Je ne crois pas à ça. Je ne crois pas à ça. En tout cas, je ne crois pas que ça soit ça, la question. La question, c'est de savoir comment, sur un programme de rupture, on peut rassembler le plus largement possible. Ça, je suis sûr qu'on le peut. Et d'ailleurs, à mon avis, c'est une des raisons pour lesquelles des organisations hier n'ont pas souhaité se retrouver en tête à tête avec le PS. Ils savent que c'est mortifère. Donc je pense qu'on peut, justement, faire en sorte de rassembler et d'aller au deuxième tour. Pour une bonne raison, c'est qu'il faut aussi que les électeurs qui, aujourd'hui, s'abstiennent aient envie d'aller voter. Ils auront envie d'aller voter sur un programme clair.
Ils n'auront pas envie d'aller voter sur quelque chose qui sera un filet-ciède et de retourner aux allées-hôlambes.
Le pacte de non-agression, ça vaut pour le PS ou pas ? Parce que depuis tout à l'heure, là, vous l'attaquez fortement.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les bonnes manières, ils ne les ont pas tenues. Et il n'y a pas que moi qui le dit. M. Bayou le dit. M. Hammond le dit. Sortir d'une réunion et expliquer que dans cette réunion, c'est dit des choses qui ne se sont pas dites. C'est quand même un peu fort de café. Moi, je n'insulte pas M. Fort. Je dis simplement que ce qu'ils ont annoncé ne s'est pas fait, ne s'est pas dit. On n'est pas sortis de cette réunion avec ça. On est sortis avec ce que je vous ai expliqué. Et maintenant, s'ils veulent faire un forcing pour faire leur candidature de centre-gauche, qu'ils le fassent.
Mais à mon avis, ça ne va pas aller beaucoup plus haut qu'aujourd'hui, on leur donne dans les sondages.
Éric Coquerel, invité du 830 France Info. Le fil info à 9h10, Diane Ferschit.
Le procès en appel de la très violente agression de policiers il y a 5 ans a viré Châtillon dans l'Essonne. 6 à 18 ans de réclusion pour 5 des accusés. 8 autres jeunes acquittés lors de cette agression. 4 fonctionnaires avaient été brûlés, dont 2 grièvement à l'énoncé du verdict. Une bagarre a éclaté dans le box des accusés. Elle s'est étendue à toute la salle, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre. Dans l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia, les 4 hommes entendus vont être présentés à un juge d'instruction à Nancy en vue de leur mise en examen. L'enfant et sa mère sont toujours recherchés. Celle-ci n'avait plus la garde de sa fille.
D'après le procureur de la République, elle avait contacté les hommes mis en cause par Internet. Le gouvernement craint la propagation des variants du coronavirus. Il annonce une quarantaine obligatoire de 10 jours pour les voyageurs qui arrivent du Brésil, de Guyane, d'Argentine, du Chili et d'Afrique du Sud avec des amendes et des contrôles à domicile à la clé. La ministre des Armées exprime sa profonde tristesse après l'annonce de la mort d'Uberfort. Il était l'avant-dernier survivant du commando Kieffer. C'est Français qui avaient participé au débarquement en 1944. Uberfort avait 106 ans.
Le PSG accueille Saint-Etienne cet après-midi pour la suite de la 33e journée de Ligue 1 de football. Les Parisiens ont l'occasion de revenir à un point de Lille au classement, coup d'envoi à 13h. France Info.
Le député France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.
Hier, Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la citoyenneté, a annoncé le lancement d'États généraux de la laïcité dès mardi. Et je la cite, il devrait associer des religieux, des intellectuels, des associations. Et les jeunes seront consultés sur des sujets tels que la liberté d'expression ou l'intégration religieuse. Ça vous semble une bonne idée ?
On a l'impression qu'à chaque fois que le sujet identitaire commence à se calmer, le gouvernement remet son balle dans la machine. L'identitaire, c'est les critiques ? L'identitaire, c'est le fait d'essayer d'organiser le débat autour de la place de telle ou telle religion dans la société, de tel ou tel soi-disant séparatisme, etc. Ce qu'ils essayent de faire depuis longtemps. Madame Schiappa, elle ne dit que des grosses bêtises sur la laïcité. J'observe, il n'y a pas longtemps, vous remarquerez, elle a expliqué qu'elle prétendait que les imams devaient, pour qu'ils puissent justement prêcher dans des mosquées, devaient approuver le mariage gay. C'est ce qu'elle a dit.
Donc ça veut dire qu'elle se mêle de ce que dit une religion. Elle n'a même pas réfléchi deux secondes que dans ces cas-là... En termes de tolérance, elle parlait de tolérance. Oui, c'est ça. Ça va être un peu compliqué avec l'Église catholique. D'accord ? Je vous rappelle la position de l'Église catholique sur cette question et avec d'autres confessions. Et d'ailleurs, la question, c'est ça, à un moment donné aussi, la liberté du religieux. Ça peut même être de dire des choses avec lesquelles je suis en totale désaccord.
Donc, en fait, en réalité, ce que fait Madame Schiappa, c'est qu'elle recycle, et c'est le gouvernement ce qui recycle depuis longtemps, la vision de la laïcité qu'ils ont, c'est-à-dire une arme de guerre contre une seule religion. La laïcité, ce n'est pas ça. La laïcité, loi 1905, c'est qu'on ait tous la possibilité de croire ou de ne pas croire, et le fait que l'État ne reconnaisse aucune religion, ne s'en mêle pas. Et donc, si elle veut parler de laïcité, par exemple, qu'elle commence par faire ce que nous lui avons demandé, c'est-à-dire sur l'Alsace-Moselle, de revenir sur le concordat, qui, on le voit bien, devient un problème majeur, puisqu'on se retrouve du coup à financer...
à financer certaines... à être obligé de financer des églises, qui n'est jamais bon, et donc à se mêler de ce que doit faire une église ou pas. Bon, si elle veut parler de laïcité, voilà, qu'on vienne sur ces mesures. Pour le reste, sinon, ça veut dire qu'en réalité, ils veulent sans arrêt agiter le débat sur ce qui revient à toujours diviser le pays, et notamment à pointer nos concitoyens de religion musulmane, parce que c'est ça le fond de la question, comme un bouc émissaire. Nous, on n'en veut pas.
Alors, autre thème qui semble très très haut dans les préoccupations des Français, dans les sondages, c'est le thème de la sécurité. Demain, Emmanuel Macron sera à Montpellier sur ce sujet. Est-ce que c'est un thème qui est important pour vous et que vous traitez suffisamment ?
Les gens ont le droit à la sécurité, oui. Maintenant, ce que je ne souhaite pas, c'est que, comme on le fait avant chaque élection, la partie la plus réactionnaire, et En Marche est très réactionnaire de ce point de vue-là, agite la sécurité en se disant que ça va être un thème, comme le thème identitaire, qui permettra de ne pas parler d'autre chose, etc.
Éric Coquerel, juste une toute petite précision. Effectivement, est-ce que ce thème est agité ? Peut-être, mais par exemple, dans un sondage exclusif France Info, Odoxa Backbone Consulting, la semaine dernière sur l'île de France, c'était le thème majeur de préoccupation des Franciliens, très haut devant l'environnement et l'immigration.
C'est assez discutable, parce que souvent, c'est l'emploi. 35%. Souvent, c'est l'emploi, le chômage, etc. Là, c'est 35%. Peut-être, mais bon, ça dépend des sondages. Mais je ne dis pas que ce n'est pas important. Alors, il y a une première chose. Il y a ce qu'on essaye de servir, c'est-à-dire qu'à chaque fois, de manière récurrente, tout d'un coup, on a des imanes de chênes d'info. Par exemple, hier à Épinay, dans ma circonscription, tout d'un coup, on a l'impression qu'il y a le feu à Épinay. Moi, j'interroge le maire d'Épinay, qui est d'hiver droite, donc ce n'est pas de mon camp, je lui dis, bon, écoute, qu'est-ce qui se passe ?
Est-ce que tu penses qu'il faut que je vienne pour voir comment les choses se passent ? Il me dit, écoute, relativisons les choses. Ce qui se passe depuis hier, c'est certes condamnable, c'était des tirs de mortier, enfin, des feux d'artifice qui sont problématiques, c'est vrai. Mais bon, ce n'est pas ce que disent les médias, donc il a envie de faire un buzz là-dessus. Lui-même me dit ça. Donc, à chaque fois, on essaye de nous servir des images qui, des fois, d'ailleurs, une fois qu'on a regardé les faits quelques jours après, on s'est aperçu que ce n'était pas si terrible que ça. Des fois, ça l'est.
Et dans ce cas-là, il faut agir pour nous donner un sentiment qu'on est au bord de l'explosion, etc. Moi, je veux bien parler de la sécurité, mais il faut le faire de manière concrète sur ce qui est véritablement bon problème. Par exemple, il y a un vrai problème, notamment dans les quartiers populaires, d'un fléau qui s'appelle le trafic de drogue, qui est un problème global qui se pose, qui pourrit la vie des gens qu'ils subissent, qui pourrit aussi la vie des gens des petites mains de la drogue, qui ont et la précarité... Et qui fait des victimes chez les jeunes, notamment au terme de règlements de compte. Et bien sûr, et dans ma circonscription, je peux vous dire...
et qui pourrit la vie des consommateurs. Tout le monde a essayé de s'y attaquer. Voilà. Et bien moi, je propose une proposition de loi avec des députés d'autres groupes qu'on va proposer qui, justement, essayent d'agir concrètement là-dessus, pour diminuer concrètement, et pas seulement avec la répression, parce que ça fait maintenant 30 ans qu'on réprime de plus en plus fortement le trafic de drogue, et on est les champions d'Europe de la consommation du cannabis et du trafic de drogue. Donc on voit bien qu'il faut mettre en place de la prévention. Moi, je pense qu'il faut légaliser le cannabis sous contrôle de l'État. Le thème de votre proposition de loi, légalisation ?
Oui, prévention, légalisation, et puis mettre le paquet dans l'investigation. Parce que là, j'en reviens à la sécurité. Attendez, quel groupe vous allez rallier sur cette proposition de loi ? Des groupes, non, parce que c'est des propositions individuelles, mais je peux vous dire qu'il y a des députés d'En Marche, des députés de Liberté et Territoire, des députés socialistes et des députés communistes.
Et vous allez en débattre dans ce que l'on appelle la niche parlementaire de la France insoumise ?
Non, ce n'est pas une niche parlementaire, c'est une loi transpartisane que je propose par ailleurs, mais qui, évidemment, avec la bienveillance de mon groupe, que je propose. Et pourquoi je dis ça ?
Ce serait un thème pour la présidentielle aussi, une proposition ?
Sur la légalisation du cannabis ? Oui. Après, il y a d'autres aspects dans ma loi qui peuvent se dissuquer. Il y a le retour à une police de proximité nationale, pas municipale, le retour à une police de proximité, et puis de mettre les moyens dans l'investigation. Et là, j'y reviens. Si on veut parler de sécurité, il faut parler de moyens. Est-ce que vous savez qu'en Seine-Saint-Denis, par exemple à Pleine-Commune, on a moitié moins d'OPJ, c'est-à-dire, vous savez, les policiers qui font des investigations, des enquêtes, qu'on devrait l'avoir normalement. On en a beaucoup moins qu'à Paris. Donc, arrêtons avec, j'allais dire, de l'emphase, de la poudre aux yeux, etc.
Il y a eu un rapport parlementaire qui date d'il y a un an, à peu près, là-dessus, sur le manque, effectivement, d'égalité de la Seine-Saint-Denis par rapport à d'autres départements.
Il faut mettre en place des forces de police qui ne viennent pas, comme ça, de l'extérieur des quartiers, qui ont souvent un rapport conflictuel, problématique, avec les jeunes, en raison pour laquelle on demande le récit de contrôle d'identité, en revenant à une police de proximité, des EPJ. Et puis, autre chose, faisons en sorte que les gens dans les quartiers ne voient pas que la police est en représentation de l'État. Ça veut dire qu'il faut renforcer les services publics, l'école, les travailleurs sociaux, etc. Ça aussi, c'est nécessaire.
Merci, Éric Coquerel, invité du 830 France Info, ce matin.
Éric Coquerel