Bayrou et Macron contre les partis - Les questions SMS #cdanslair 23.02.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteÉludée
Ségolène Royal soutient-elle Benoît Hamon et Emmanuel Macron ?
- 0:41OuverteRéponse partielle
Si on voyait côte à côte Ségolène Royal, François Bayrou, ça peut fonctionner ?
- 0:50OuverteRéponse partielle
François Bayrou, Premier ministre, pourrait-il faire de l'ombre à Emmanuel Macron président ?
- 1:15RelanceRéponse partielle
C'est un scénario crédible ou pas ça ?
- 1:28OuverteRéponse partielle
À quoi ressemble le programme social et économique du tandem Macron-Bayrou ?
- 1:39RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce sera le programme du tandem ou est-ce que ce sera le programme d'Emmanuel Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26IntervenantFait
« elle estime que Macron c'est pas mal mais c'est pas totalement socialiste »
- 1:53IntervenantFait
« la marque de fabrique de Macron, c'est d'être libéral »
- 2:02IntervenantFait
« la marque de fabrique de Bayrou, c'est la défense du modèle français »
- 2:47InvitéChiffre
« Il a justement parlé beaucoup de la rémunération des plus faibles, de la façon d'augmenter de façon sûre de 100 euros net le SMIC »
- 3:22IntervenantFait
« sur l'impôt sur la fortune, je pense qu'ils sont pour des aménagements tous les deux »
- 4:34InvitéFait
« Macron est réinséré dans le jeu, et même très bien »
- 7:18IntervenantFait
« si Macron le peine au second tour, ce n'est pas un seul parti qui explose. C'est le Parti Socialiste et les Républicains »
- 7:47IntervenantFait
« il y aura un avant et un après de 2017 »
- 8:20IntervenantChiffre
« Marine Le Pen fait la course en tête, seule en tête, avec 6 à 7 points d'avance sur le second »
Temps de parole
- Intervenant26 %
- Présentateur22 %
- Intervenant 221 %
- Intervenant 319 %
- Invité12 %
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Ségolène Royal, soutient-elle Benoît Hamon et Emmanuel Macron ? Alors c'est intéressant cette question parce qu'à un moment donné on avait l'impression que c'était la voie royale, qu'elle était vraiment partie pour soutenir Emmanuel Macron et puis là elle est plus discrète. Est-ce que l'un d'entre vous peut répondre ?
Elle se fait désirer, elle veut pouvoir compter dans la campagne, elle estime que Macron c'est pas mal mais c'est pas totalement socialiste, que par exemple sur l'ISF elle n'est pas d'accord du tout. Donc elle ménage le chou, la chèvre le chou et elle espère que sa voie comptera au moment où elle décidera de choisir. Mais pour le moment elle a clairement décidé de se faire désirer et attendre.
Mais par exemple si on voyait côte à côte Ségolène Royal, François Bayrou, ça peut fonctionner ?
Ça va être baroque.
Ça va être baroque. Allez, François Bayrou, Premier ministre, pourrait-il faire de l'ombre à Emmanuel Macron président ? On y revient cette question.
Roland Quairol. Moi, que Bayrou fasse de l'ombre à Macron ? Oui. Non, je crois pas. Je crois qu'encore une fois qu'on vit dans un système présidentiel, il y en a un qui est candidat président. Si l'autre n'est pas content, il n'a qu'à s'exprimer. Et puis ça, il le fera. Et l'autre l'exprimera aussi. Mais il n'y a pas de risque qu'il soit sur le même pied.
C'est un scénario crédible ou pas ça ?
Je crois pas. Non ? Je crois pas. Je crois pas que ce soit le...
Non mais le scénario d'un François Bayrou, Premier ministre, d'un Emmanuel Macron élu...
Pas forcément. Je ne suis pas sûr que ce soit le réel. Je crois que François Bayrou est cherché. Il y a peut-être d'autres postes dans lesquels il s'imagine. Je sais pas, l'Europe, la présidence de l'Assemblée, j'en sais rien. Mais Matignon, d'abord, il doit y avoir une vraie proximité. C'est pas... L'alliance va pas dire forcément une coalition électorale. On va aller chercher un Premier ministre qui vous amène une majorité parlementaire.
À quoi ressemble le programme social et économique du tandem Macron-Bayrou ? Est-ce que ce sera le programme du tandem ou est-ce que ce sera le programme d'ailleurs d'Emmanuel Macron ?
Alors, moi, je pense que la marque de fabrique de Macron, c'est d'être libéral. Et ça, il l'affirme et il s'en cache pas. Il est social-libéral. Je pense que la marque de fabrique de Bayrou, c'est la défense du modèle français. Donc, il va y avoir, je pense, notamment sur les bas salaires, c'est-à-dire... OK, on fait des réformes libérales, mais il faut protéger le petit. Quand il est parti en campagne, François Bayrou, c'était ça, protéger le petit face aux dérégulations. Donc, je pense qu'il va y avoir un mix là-dessus. Ça sera libéral, mais il faudra faire attention aux petits.
Mais c'est intéressant, cette question. Ça veut dire qu'on va déjà se poser la question de savoir s'il y a une inflexion du programme d'Emmanuel Macron avec l'arrivée de François Bayrou ?
L'inflexion, c'est difficile. Il aurait fallu qu'il y ait eu un programme avant.
On sait à peu près d'où il vient, politiquement, quand même.
On sait d'où il vient, bien sûr. Le programme, on l'aura la semaine prochaine. Normalement, c'est des belles marches.
Par exemple, sur les rémunérations, il s'est exprimé longuement en meeting. Il a justement parlé beaucoup de la rémunération des plus faibles, de la façon d'augmenter de façon sûre de 100 euros net le SMIC. Il y a tout un nombre de choses qui vont dans ce sens, qui permet déjà l'inflexion dont parle François. L'enjeu du programme sera clé pour ce tandem ou cette équipe,
parce que les Français ne vont pas voter juste pour le dépassement du clivage droite-gauche. Ça ne change pas la situation personnelle. Donc, dans la présentation du programme, il y a un vrai enjeu pour Emmanuel Macron de dire, bon, ok, il y a eu un accord, une alliance, un peu comme on veut, mais pour proposer quoi ?
Justement, Bayrou et Macron sont-ils sur la même longueur d'onde en ce qui concerne l'impôt sur la fortune ?
Alors, sur l'impôt sur la fortune, je pense qu'ils sont pour des aménagements tous les deux. Oui, je pense qu'ils sont assez proches l'un et l'autre. Et en fait, c'est très lié à leur position sur l'ouverture. C'est-à-dire, on ne peut pas décourager l'entreprise en France. Donc, il faut quand même améliorer l'impôt sur la fortune. Donc, je pense qu'ils sont assez proches.
Quelles seront les conséquences de cette alliance pour la droite ? Et en particulier, peut-être, pour François Fillon-Bernard Saint-Bernard ?
Alors, d'abord, il faut rappeler, on parle de cette éventuelle dynamique créée autour d'Emmanuel Macron. Il faut quand même rappeler qu'à 60 jours du premier tour, la question politique, encore une fois, au moment où nous parlons, c'est de savoir qui sera deuxième. Et qu'entre François Fillon et Emmanuel Macron...
Il y a encore un sujet.
Il y a évidemment un sujet, et que les deux peuvent tout à fait, aujourd'hui, être au second tour. François Fillon avait connu, en tout cas, c'est ce que nous mesurons, une remontée, notamment parce que le noyau dur de son électorat a tenu. Ça va plus lui poser moins de problèmes, sans doute en termes électoraux, qu'en termes de dynamique et de positionnement de campagne. Pour lui, le risque, c'est que la campagne, tout d'un coup, se polarise entre un match Macron-Le Pen. Et donc, il doit réussir à être au centre de cette campagne, et donc à revenir avec des aspérités, du clivage, pour ne pas qu'on fasse déjà la campagne d'un second tour sans lui.
Il faut bien insister sur le fait que l'élection n'est pas jouée. Elle paraissait être en train de se jouer sans Macron. Macron est réinséré dans le jeu, et même très bien. Mais la campagne est loin d'être jouée. Mais il manque un tout petit peu à Fillon, la présence des poids lourds de la droite. Il faudrait quand même que Sarkozy, Juppé et les autres se mouillent un peu plus dans cette campagne.
Il espérait beaucoup que François Bayrou se présente, ce qui aurait empêché Macron de recréer une dynamique et d'avoir cet allié de poids. En même temps, il n'a pas fait les gestes pour que François Bayrou le soutienne lui. Mais, j'allais dire, François Bayrou n'est pas le seul centriste de poids qu'il y a dans le paysage politique. Et donc, il faut que maintenant, François Fillon...
Vous pensez à qui ?
Quelqu'un qui aujourd'hui est retiré, mais qui s'appelle Jean-Louis Borloo, qui a un poids politique non négligeable, qui a justement d'ailleurs, d'autant plus parce qu'il s'est retiré de la politique depuis 2012, suite à ses ennuis de santé, mais qui ensuite a fait tout un travail sur l'électrification... L'électrification de l'Afrique. Pardon, pardon, de l'Afrique, j'ai du mal, peut lui apporter quelque chose ? Est-ce qu'il le fera ? Est-ce que Fillon lui demandera ? En tout cas, il faut que Fillon bouge maintenant.
Il dit, Borloo, que son téléphone n'arrête pas de sonner et que ça vienne partout.
Bayrou, c'est la tradition, le conservatisme, la continuité. Macron se repositionne-t-il ?
Non, moi je ne pense pas que, quand vous regardez en fait tout le parcours politique de Bayrou, ce n'est pas du conservatisme. Souvenez-vous, il a eu une époque de centre radical, vous savez, où il était centriste radical, où il mettait en cause le système politique, les castes, l'argent. Je pense qu'il peut faire très mal à François Fillon, c'est sur l'affaire. Parce qu'il a attaqué très durement hier, en disant... Oui, c'est pourquoi il était raide. Son camp le protège, ils font comme si c'était normal, je dis que ce n'est pas normal. Et donc ça, je pense que dans la campagne, ça peut faire très mal. Donc il n'est pas conservateur.
Il peut même pointer des choses sur le système qui peuvent faire assez mal.
Ce que suggère peut-être cette question, c'est que c'est un homme du Serrat et qui est un élu depuis très longtemps aussi.
Oui, en même temps, qui n'a jamais transigé avec ses choix. C'est-à-dire que quand il a été... Il s'est retrouvé souvent très seul dans l'opposition. Il a rompu très vite avec François Hollande quand il a vu que ça ne marchait pas. Donc il a ce parcours quand même de quelqu'un d'assez honnête et de conviction.
Et il en a eu des traversées du désert, François Bayrou. Allez, les adversaires de Macron ont-ils peur de la nouvelle force politique qu'il représente ? À votre avis ?
Bien sûr. Si Macron gagne, toutes les cartes sont rebattues. On évoquait tout à l'heure avec Bernard Sanès, si Macron le peine au second tour, ce n'est pas un seul parti qui explose. C'est le Parti Socialiste et les Républicains. Parce que là, ils ne seront plus au second tour. Ça veut dire que dans les élections législatives, il y a vraiment un risque d'une totale nouvelle donne.
Après ce nouveau coup de théâtre, il y aura-t-il en politique un avant et un après 22 février 2017 ? Ça dépend de l'issue, non ?
Le problème, c'est quand on le saura qu'à...
C'est ça. Il faut attendre la présidentielle et au moins le premier tour de la présidentielle.
Et oui, on sait, c'est que cette présidentielle est totalement folle et totalement inédite. Il y aura un avant et un après de 2017. Parce que cette émission-là, il y a un an, on vous parlait du futur combat Hollande-Sarkozy, avec éventuellement Juppé qui serait candidat, et Emmanuel Valls qui pouvait éventuellement remplacer François Hollande. Les quatre ne sont plus là. Qui aurait dit il y a pile un an qu'Emmanuel Macron, François Fillon, et que François Bayrou soutiendrait Emmanuel Macron ? Personne.
Par ailleurs, qui aurait dit qu'aujourd'hui, au moment où nous parlons, Marine Le Pen fait la course en tête, seule en tête, avec 6 à 7 points d'avance sur le second, et avec un potentiel électoral qui, si on projette, on verra combien la participation, peut lui permettre d'atteindre entre 8 et 10 millions de voix au premier tour. Ce qui est quand même aujourd'hui, au moment où nous parlons, un fait politique.
Peut-on introduire une dose de proportionnel aux législatives avant les prochaines élections ? Elle est intéressante cette question. C'est possible ou c'est pas possible ?
Non, c'est pas possible. Alors, par exemple, Benoît Hamon, qui est en train de négocier avec les Verts là-dessus, lui, ce qu'il dit, c'est qu'il ferait de la proportionnelle intégrale avec prime majoritaire, et il ferait en cours de mandat une nouvelle élection législative. C'était le plan de Bayrou présenté à Hollande en disant « Tu fais le référendum avec l'apport proportionnel et tu dissous. » Et c'est là aussi qu'il faut se dire « Ben non, j'ai ma majorité, je ne vais pas me tirer une balle dans le pied. » Ce serait toujours très compliqué pour un gouvernement de dissoudre alors qu'il commence à affronter l'impôt de la risque.
Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h20. Demain, vous retrouvez 17h50, Bruce Toussaint. Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur Constinct.