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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 8 décembre 2025 24 min

Olivier Paccaud : « Notre pays a besoin de clarté : en Ve République c’est le retour aux urnes »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:11
Olivier Paccaud

Bonjour Olivier Paco. Bonjour Alexandre. Je le rappelle, vous êtes sénateur Les Républicains de l'Oise. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, nous avons sélectionné trois titres de presse régionale que nous allons regarder ensemble. D'abord, la une du populaire du centre, qui est consacrée à la tension qui monte entre les parents et les professeurs, contestation de notes, agression verbale, pression, les relations entre parents et enseignants se tendent.

Deuxième une sélectionnée ce matin, la une du journal L'Alsace sur la souveraineté alimentaire, un enjeu majeur pour la France avec les assises de la souveraineté alimentaire qui sont lancées par le gouvernement aujourd'hui et pour la première fois depuis une quarantaine d'années, la balance commerciale alimentaire française qui pourrait être négative. Et puis enfin, la une du journal La Marseillaise sur ce service militaire volontaire qui avait été annoncé par Emmanuel Macron avec un débat mercredi à l'Assemblée nationale, un service militaire. Mais pour quoi faire, se demande le journal La Marseillaise. Quelle une vous choisissez, Olivier Paco ? J'ai bien du mal.

1:12
Invité

Ce sont trois sujets très intéressants, des sujets sociétaux très importants. Je vais choisir le premier parce que vous connaissez mon tropisme scolaire, le vieux professeur. Parents, profs, l'attention montre. Oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, de plus en plus d'enseignants ont des rapports qui peuvent être malheureusement conflictuels avec les parents, des parents qui parfois sont trop intrusifs ou à l'inverse, parfois sont trop négligents avec le soutien aux apprentissages qu'ils devraient apporter à leurs enfants. La réussite scolaire passe évidemment par un enseignement de qualité délivré par les enseignants. Mais sans le soutien des parents, ce n'est pas possible.

Le soutien, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les parents sont derrière les professeurs, entre guillemets. C'est-à-dire que lorsque le professeur donne du travail éventuellement puni, les enseignants doivent être soutenus, ne doivent pas être contestés par les parents. Et même si les parents n'ont pas la possibilité d'aider leurs enfants, parce qu'intellectuellement, parfois, c'est un peu difficile, il faut qu'ils montrent leur intérêt pour le travail scolaire, qu'ils montrent que l'école, c'est essentiel pour s'épanouir, pour s'élever et pour réussir sa vie. Et malheureusement, on a de trop nombreux parents qui vont critiquer les enseignants. Il y a parfois des agressions.

Ça n'existait pas auparavant. Et c'est un énorme problème.

2:35
Olivier Paccaud

Alors, on va parler de questions politiques, notamment de questions budgétaires. Olivier Paco, avec ce vote très incertain, demain à l'Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale. Et le gouvernement a prévenu, s'il n'y a pas de budget voté pour la Sécurité sociale, eh bien, le déficit de la Sécurité sociale pourrait se creuser jusqu'à 30 milliards d'euros. Et dans ce contexte, on entend notamment chez les Républicains Bruno Rotaillot qui appelle à ne pas voter ce budget à l'Assemblée. Est-ce que c'est très responsable de rejeter ce budget quand on connaît les conséquences ? Notamment pour un parti dit de gouvernement comme les Républicains.

3:08
Invité

Je vous dirais deux choses. La première des choses, c'est que la copie qui est sortie du Sénat, c'était un déficit à 17 milliards d'euros. Là, à l'Assemblée, on est à plus de 20 milliards d'euros. M. Lecornu agite toutes les peurs, toutes les mouletas possibles en parlant de 30 milliards d'euros. Il dit que s'il n'y a pas de vote du budget, c'est le chaos, mais c'est déjà le chaos. C'est déjà le chaos. Nous sommes dans un pays où il y a 3 500 milliards de dettes. Le chômage repart à la hausse. Les faillites d'entreprises se multiplient. L'école est en souffrance. Le logement est en berne. Des narcotrafiquants se taillent des fiefs.

L'accès aux services publics de santé est de plus en plus compliqué. Le pouvoir d'achat est à six...

3:49
Olivier Paccaud

Justement, il faut rajouter de l'instabilité à cette situation en ne votant pas le budget.

3:53
Invité

Alors, le mot instabilité, on l'entend beaucoup. Mais qu'est-ce que c'est que la stabilité que tout le monde appelle de ses voeux ? C'est de la sérénité. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a ? On a la paralysie. Depuis 2024 et la dissolution, on a une assemblée qui ne fonctionne plus. Un gouvernement qui gère la situation courante au fil de l'eau et qui n'a qu'un seul but, c'est tenir. Non pas agir. Durer. Est-ce que c'est ce dont a besoin le pays ? Non. La preuve, il y a quelques jours, il me semble qu'il y a eu un sondage qui montrait que la nouvelle préoccupation première des Français, c'était la problématique politique.

Aujourd'hui, on est dans un chaos politique, dans un triangle des Bermudes. Et honnêtement, on nous demande de choisir entre un mauvais budget et un très mauvais budget. Voilà. Alors, oui, il faut un budget pour le pays. Une loi spéciale donnerait un budget, mais pas un bon budget. Très honnêtement, je pense que notre pays, et je sais que mes propos ne plairont pas, mais il a besoin de clarté. Et la clarté, la clarification en politique sous la Ve République, c'est le retour aux urnes. De Gaulle l'avait fait. Il faut une dissolution ? Pardon ? Il faut une dissolution ? Moi, je suis favorable à une dissolution. Oui.

5:06
Olivier Paccaud

Même si ça… À l'approche des municipales, en nom de la présidentielle, ce serait…

5:10
Invité

Non, mais c'est évident que plus on se rapproche des municipales, plus ça complique la donne. Il fallait la faire beaucoup plus tôt. Mais on a un gouvernement qui voulait à tout prix durer pour durer, pour rester sous les ordres de la République, parce que depuis, ils ne nous ont rien proposé. En fait, je vous ai dit depuis 2024, mais depuis 2022, qu'est-ce qu'il y a eu ? Qu'est-ce qu'il y a eu dans ce pays ? Il y a eu une réforme. La réforme des retraites. La réforme des retraites qui, aujourd'hui, est en suspens. Donc, il n'y a rien eu. C'est la première fois sous la Ve République qu'on a un quinquennat sans rien.

5:37
Olivier Paccaud

Donc, vous appelez à une dissolution pour régler cette crise politique.

5:40
Invité

Je ne sais pas si c'est la meilleure des solutions,

5:42
Olivier Paccaud

mais en tout cas, ce qui se passe aujourd'hui, c'est dramatique. Alors, on continue à parler du budget, mais cette fois-ci, du budget de l'État qui est débattu en ce moment au Sénat. On en parle avec Clémentine Louise. Clémentine, le Sénat a voté ce week-end la suppression de 4 000 postes d'enseignants dans ce projet de loi de finances 2026. Et on en parle avec vous, car c'est toujours une mesure qui fait débattre.

6:02
Présentateur

Oui, 4 018 postes très exactement, 2 373 dans le premier degré, 1 645 dans le secondaire. Ces 4 000 environ suppressions de postes permettraient d'économiser entre 75 et 100 millions d'euros dans le budget 2026. Et pour justifier ces professeurs en moins, le gouvernement et la droite sénatoriale s'appuient sur l'évolution démographique. Les Françaises et les Françaises font moins d'enfants. Résultat, à l'horizon 2029, environ 5,7 millions d'écoliers devraient faire leur rentrée contre 6,1 millions aujourd'hui dans le secondaire. En revanche, la baisse est un petit peu moins marquée. Le nombre pourrait même repartir à la hausse d'ici l'année prochaine.

C'est dû notamment aux politiques éducatives de lutte contre le décrochage. Malgré cela, l'éducation nationale devrait perdre 1 million d'élèves environ entre 2019 et 2029. Et pour suivre pleinement cette baisse, le nombre de postes de professeurs à supprimer serait en fait de 9 000. Mais le gouvernement souhaite réduire progressivement. Écoutez le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffrey, c'était samedi au Sénat.

7:08
Invité

Nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de la démographie. Nous devons permettre en réalité, à mon sens, un atterrissage en douceur par rapport à cette démographie et autant que possible, tempérer ses effets négatifs pour freiner autant que possible, bien sûr, les fermetures de classes. Nous devons paradoxalement prendre un petit peu de temps, un petit peu de temps, pour réfléchir à l'évolution de cette offre, territoire par territoire.

7:29
Présentateur

Et à gauche, justifier ces suppressions de postes par l'évolution démographique, ça ne passe pas. Les élus socialistes estiment que lorsque les naissances étaient à la hausse, les postes n'augmentaient pas pour autant. Et puis, les élus de gauche et du sens estiment que cette baisse démographique, c'était aussi peut-être l'occasion de réduire le nombre d'élèves par classe. Écoutez la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monnier.

7:57
Invité

Nous avons l'un des pires taux d'encadrement de l'Union européenne. Alors que la moyenne est à 13,7 enfants par professeur, nous sommes à 18,2. L'évolution démographique devrait être perçue comme une opportunité pour améliorer les conditions de scolarisation pour toutes et tous à moyen constant. Pourtant, ce budget nous propose encore une vision comptable et des suppressions de postes.

8:25
Présentateur

Et dans le projet de loi de finances 2026, le budget de l'éducation nationale affiche néanmoins une hausse de 200 millions d'euros pour l'année prochaine. Cela est dû en partie à la création de plus de 5 000 emplois à plein temps. Alors attention, ces postes seront essentiellement occupés par des stagiaires, alors que les 4 000 postes supprimés concernent en fait des postes de titulaires. En somme, un peu plus de stagiaires, un peu moins de titulaires. Et c'est aussi pour ça que plusieurs syndicats dénoncent un budget de l'éducation nationale en trompe-l'œil. Olivier Pacot, vous êtes le rapporteur spécial des crédits de l'enseignement. Je reviens sur ce que disait Marie-Pierre Monnier.

Pourquoi ne pas profiter de cette baisse démographique pour essayer de réduire le nombre d'élèves par classe ?

9:08
Invité

Écoutez, alors malheureusement pour Mme Monnier, c'est ce qui se passe depuis 2011, où nous étions à 25 élèves par classe dans le premier degré, nous sommes arrivés aujourd'hui à 21 élèves par classe. Et l'année prochaine, même s'il y a un non-renouvellement de 4 000 postes, on continuera à baisser le nombre d'élèves par classe. C'est vrai que le taux d'encadrement en France est plus élevé, par exemple, qu'en Italie. Pourquoi ? Parce que la chute démographique d'un pays comme l'Italie a commencé 10 ans avant nous. Nous allons aller vers une baisse du taux d'encadrement. Maintenant, quelle doit être l'attitude du gouvernement ?

Je pense qu'avec une suppression, alors c'est un mot qui passe mal, moi je dis non-renouvellement, ce n'est pas de la rhétorique, d'une 4 000 professeurs, on s'adapte à la démographie, et surtout, moi ce qui me semble le plus important, parce que dans la situation, dans le contexte, il y a trois choses. Il y a la problématique budgétaire. Certains trouvent que le mot comptable est honteux, mais bon, c'est un budget, donc il faut tenir compte des chiffres. 3 500 milliards de dettes, un nombre d'élèves qui chutent dans le premier degré en l'espace de 10 ans, c'est plus d'un million d'élèves en moins.

Et puis la troisième chose dont personne n'a parlé, c'est la crise d'attractivité du métier d'enseignant. Pourquoi ? D'abord parce que c'est un métier de tout en plus difficile, mais c'est un métier qui est mal payé. Or, comment aller réussir à trouver des marges budgétaires pour augmenter les professeurs, sans dégrader le budget ? Il n'y a qu'un seul moyen, c'est par la réduction du nombre de professeurs. En gros, sans vouloir reprendre l'expression malheureuse d'un ancien ministre de l'Éducation nationale, il ne s'agit pas de dégraisser le mammouth, il s'agit de muscler l'éléphant de la sagesse et du savoir.

Et donc concrètement, il faut un tout petit peu moins de professeurs, mais mieux payer pour beaucoup moins d'élèves. Il faut prendre conscience du drame qu'est la chute de la natalité. En 2010, on faisait 833 000 enfants. Nous allons passer en 2026 sous les 650 000. Vous vous rendez compte de cette chute ? Et il faudrait garder exactement le même nombre de professeurs ? C'est irresponsable.

11:29
Présentateur

Vous aviez même proposé de supprimer jusqu'à 8 000 postes de professeurs, mais vous êtes revenu sur cette proposition. Pourquoi ?

11:36
Invité

Alors, pour reprendre un vocabulaire SNCF, les conditions de départ du train n'étaient pas réunies. Si j'avais proposé effectivement cette mesure qui avait été adoptée par la Commission des finances, je me suis rendu compte que dans l'hémicycle, elle n'aurait peut-être pas été adoptée et qu'il vaut mieux avoir moins 4 000 pendant 5 ans pour arriver progressivement, plus progressivement, pour lisser cette baisse. Ce n'est jamais agréable pour un rapporteur du budget qui plus est professeur de prôner des mesures de baisse. Je préférerais prôner des mesures de hausse. Mais dans la situation budgétaire et démographique que l'on connaît, il ne faut pas être démagogue.

Donc je suis réaliste, je ne suis pas démagogue, même si ces mesures peuvent éventuellement faire débat, je le sais.

12:24
Olivier Paccaud

– Allez, on va partir à la rencontre d'un élu local dans les territoires, aujourd'hui direction La Creuse, puisque nous allons à la rencontre de la maire de Guéret, Marie-Françoise Fournier, bonjour. – Bonjour. – Alors Marie-Françoise Fournier, vous souhaitiez aujourd'hui alerter sur le nouveau tracé SNCF de la ligne Ouigo de TGV qui doit relier Lyon à Bordeaux, mais qui doit passer par la région parisienne et contourner le massif central. Et cette nouvelle ligne, elle met très en colère les habitants de votre territoire.

12:58
Invité

– Oui, tout à fait. Quand nous avons découvert le tracé, on a au début même pensé qu'il s'agissait d'une fake news, tellement il est aberrant de créer une ligne Lyon-Bordeaux qui passe par Paris. Nous avions depuis toujours une ligne directe Lyon-Bordeaux qui a été très mal entretenue, mais qui permettait quand même que des trains circulent puisque la coopérative RailCop, qui n'y a même pas deux ans, avait déjà prévu de pouvoir réalimenter cette ligne et il y a eu une opposition massive de la SNCF à ce que ça se fasse.

Donc on se trouve maintenant avec des territoires qui sont complètement enclavés, qui n'ont plus aucune mobilité qui est proposée puisqu'en dehors de cette ligne transversale, et je veux quand même souligner que la Creuse fait partie de la Nouvelle-Aquitaine et qu'on n'a aucun moyen de joindre notre capitale régionale, tous les trains intérieurs, toutes les petites lignes intérieures qui vont de préfecture à préfecture ou de préfecture à sous-préfecture dans le Massif central sont supprimées les unes après les autres. On nous dit que l'entretien coûte trop cher, que les lignes ne sont plus en état. Ça fait des années qu'il n'y a plus d'entretien de ces lignes.

Donc bien entendu, on est sur un mouvement de recul qui fait que nos territoires sont de plus en plus enclavés alors qu'ils ont un potentiel fantastique de développement et qu'on est en train de créer une véritable inégalité entre les territoires ruraux et entre les habitants de ce pays qui, je le rappelle, payent tous les mêmes impôts et n'ont plus accès aux mêmes services publics.

14:28
Olivier Paccaud

Marie-Françoise Fournier, vous avez une question pour le sénateur ?

14:32
Invité

Alors, j'ai une question, évidemment. On nous met devant le fait accompli. J'ai déjà une très grosse colère par rapport au mépris. Donc, pour l'objet, les élus, et vous êtes là, monsieur le sénateur, pour représenter les élus de terrain, tout ce qui se passe au niveau du ferroviaire sur le territoire se fait sans les élus, sans les consulter, bien entendu, mais surtout sans les prévenir. C'est toujours dans la presse, au dernier moment, qu'on apprend ce que deviennent nos territoires et comment on est traité sur le plan de la mobilité. Donc, je pense déjà que les élus ont des choses à dire et à proposer. On n'est pas forcément des élus contestataires qui veulent tout révolutionner.

Par exemple, on nous explique qu'il y a des nouvelles formes de mobilité qui peuvent voir le jour, des petites navettes électriques qui pourraient alimenter nos territoires, dont actes. On nous dit en même temps, mais la SNCF n'ira absolument jamais sur ces formules innovantes. C'est aux élus de s'en saisir, c'est aux élus, donc, de mettre ça en place et de financer. Comment fait-on ?

Quand on sait, par exemple, que la région Nouvelle-Aquitaine a perdu 140 millions d'euros cette année et va en perdre 140 l'année prochaine, quand on sait ce que nous propose, ce que propose aux collectivités territoriales la loi de finances, comment va-t-on se saisir de ces solutions innovantes si l'État abandonne nos territoires ? – Alors, Olivier Paco. – Il y a beaucoup de choses à dire. Effectivement, les problématiques d'environnement, de respect de l'environnement, parce que le train est un moyen écologique, de mobilité sont prégnantes et il est évident qu'on ne peut pas agir sans les élus de terrain.

Je suis moi-même conseiller départemental et, effectivement, ce sont les mieux placés pour savoir ce qui est souhaitable. Il y a parfois, effectivement, une forme de mépris ou de non-volonté de dialoguer et c'est parfaitement regrettable. Ensuite, la vraie problématique qui est évoquée par ce sujet, c'est l'absence d'aménagement du territoire. C'est une donnée qui a quasiment disparu et qui mieux que l'État peut porter l'aménagement du territoire ? Il y a une décentralisation qui fait que chaque strat est bien placée pour gérer collège, école, etc. Mais l'aménagement du territoire, c'est du ressort de l'État en partenariat avec les collectivités territoriales concernées.

Et moi, je ne veux pas paraître comme un ancien combattant qui regrette les temps du gaullisme triomphant, mais c'est vrai que la DATAR, cette fameuse délégation à l'aménagement du territoire, Dieu sait qu'elle fut utile et qu'aujourd'hui, on a l'impression d'avoir des territoires qui vivent côte à côte, sans coordination. Et l'exemple, effectivement, de cette ligne ferroviaire entre Lyon et Bordeaux qui repasserait par Paris, c'est un retour au XIXe siècle qui est stupéfiant d'imbécillité. Donc, j'espère sincèrement qu'un des prochains chantiers du gouvernement, c'est de mettre en place un véritable aménagement du territoire pour une égalité des chances.

La République, c'est l'égalité des droits et des chances partout et pour tous.

17:37
Olivier Paccaud

– Vous avez le sentiment que, maintenant, c'est la rentabilité qui prime dans la stratégie ferroviaire, notamment avec l'ouverture à la concurrence de la SNCF et ses besoins de rentabilité.

17:46
Invité

– Alors, l'ouverture à la concurrence n'est pas forcément une mauvaise chose puisque ça peut parfois faire baisser des prix et c'est intéressant pour les usagers. Néanmoins, il faut qu'il y ait un minimum de coordination.

17:57
Olivier Paccaud

– Oui, mais sur les lignes principales qui sont desservies, pas dans les petites lignes.

18:01
Invité

– Oui, c'est vrai que sur les petites lignes, les collectivités en charge comme notamment les conseils régionaux ont un rôle clé, mais l'État ne doit pas totalement abandonner cette donne. Et il le fait actuellement, c'est vrai.

18:15
Olivier Paccaud

– Merci beaucoup, Marie-Françoise Fournier, pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes maire de Guéret dans le département de la Creuse. De Guéret, nous allons à Beauvais, dans votre département, Olivier Paco, dans l'Oise, puisqu'on va retrouver nos partenaires de la presse régionale. Aujourd'hui, nous sommes avec le journal l'Observateur de Beauvais et Raphaël Thiolier, le chef d'agence à Beauvais de l'Observateur de Beauvais. Bonjour Raphaël. – Bonjour. – Alors, vous aviez une question ce matin qui concerne précisément Olivier Paco et sa stratégie politique dans le département.

18:49
Invité

– Oui, bonjour monsieur le sénateur. En 2017 et en 2023, vous avez été élu avec le parti, votre parti, notre parti, c'est l'Oise. Et à l'époque, vous nous aviez déclaré « Malice n'est pas soutenu par un parti politique ». On va dire les choses clairement, nous sommes totalement libres et indépendants des partis. Alors, ma question est, aujourd'hui, vous êtes secrétaire départementale de la section LR. N'avez-vous pas peur de perdre votre liberté d'action et de parole basée sur cette indépendance des partis en représentant directement le parti des Républicains dans l'Oise ? – Merci Raphaël.

Alors, effectivement, je suis un vieux gaulliste, parfois un peu rebelle, et mes prises de parole ce matin montre que j'ai toujours mon indépendance de ton. C'est vrai qu'il fut un temps, entre 2017 et 2023, où je ne me suis pas senti forcément à l'aise dans ma famille politique, mais avec Bruno Retailleau et la clarification des positions idéologiques des Républicains, j'y suis revenu avec grand plaisir. Voilà, donc aujourd'hui, j'assume totalement le fait d'être le patron des Républicains dans l'Oise, même si je pense qu'avoir un minimum de liberté de réflexion et donc de ne pas être toujours aligné derrière toutes les positions de sa famille politique est plutôt un signe de pertinence.

20:14
Olivier Paccaud

– Elle est très claire, la ligne des Républicains aujourd'hui ? Alors, il y a six mois, ils étaient dans le gouvernement, Bruno Retailleau a quitté le gouvernement, mais il y a toujours des ministres LR dans le gouvernement de Le Cornu. Les Français n'y voient pas très clair. – Alors, pour reprendre précisément

20:26
Invité

la problématique gouvernementale, le gouvernement Le Cornu, c'est de l'ultra-macronisme du temps de Michel Barnier, puisque les Républicains sont rentrés au gouvernement sous Michel Barnier. Il me semble que Michel Barnier n'était pas un macroniste, oui ou non. À partir du moment où, effectivement, le gouvernement a dérivé vers les rives du macronisme pur et dur, effectivement, les Républicains n'y avaient plus leur place et Bruno Retailleau y est parti. Alors, il en est parti, pardon. Effectivement, il avait un ministère clé, le ministère de l'Intérieur. Maintenant, ce n'est pas au ministère de l'Intérieur qu'on oriente la politique économique et sociale.

21:04
Olivier Paccaud

Voilà. – Puis Raphaël, vous avez une question pour Olivier Paco sur les élections municipales.

21:08
Invité

– Oui, tout juste par rapport à votre poste de secrétaire départemental, est-ce que vous allez incarner le leadership LR pour les élections municipales et savoir un petit peu si vous êtes fixé des objectifs pour ce prochain scrutin ? – Alors, le scrutin municipal est un scrutin qui est très personnalisé. Lorsqu'une tête de liste sortante a bien fait son travail, ce n'est pas un parti politique de lui dicter, c'est la composition de sa liste. Dans l'Oise, il y a un corps électoral où les Républicains sont très bien représentés. Il y a beaucoup de listes ou de villes qui sont aux mains des Républicains. Nous les aiderons. Si on peut conquérir une ou deux villes, nous en serons ravis.

A priori, le corps électoral devrait peu changer. Il y a peut-être un très beau coup à jouer sur la ville de Creil, par exemple, qui est historiquement à gauche. Mais aujourd'hui, entre les socials et les communistes et les LFI, il y a une guerre ouverte qui sera violente. Et une liste non marquée politiquement, mais soutenue par les LR, a une vraie chance.

22:13
Olivier Paccaud

Merci beaucoup, Raphaël Thiolier, pour vos questions. Je rappelle la une de votre journal, l'Observateur de Beauvais, sur les graves problèmes de chauffage dans un quartier populaire de Beauvais. Il fait 12 degrés chez une centaine d'habitants du quartier Argentine. Merci beaucoup, Raphaël. Merci beaucoup. On continue à parler de politique et de la droite, Olivier Paco, puisque dans son dernier livre, écrit à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy affirme avoir assuré à Marine Le Pen qu'il ne s'assurerait pas à un front républicain contre le Rassemblement National aux prochaines élections. Il a raison, Nicolas Sarkozy, d'enterrer un peu plus cette idée du front républicain ?

22:50
Invité

Alors, certains disent qu'il avance vers l'union des droites, entre guillemets. Pour qu'il y ait une union des droites, il faudrait qu'il y ait une union idéologique. Et aujourd'hui, moi, quand je vois le Rassemblement National, il est plus à gauche qu'à droite. Sur l'économie. Sur l'économie. Voilà, on ne peut pas s'allier avec des gens qu'on combat au niveau idéologique. Le Rassemblement National a voté quasiment toutes les hausses d'impôts proposées par les socialistes et LFI. Le Rassemblement National est pour le retour de la retraite à 62 ans.

Le Rassemblement National a voté contre les mesures de limitation de l'assistanat et même sur certaines mesures régaliennes concernant par exemple la loi contre le narcotrafic sur la maîtrise des messageries cryptées. Ils n'ont pas voté pour. Donc, c'est très difficile d'avoir des positions communes avec ce parti qui, en plus, ne veut pas d'alliance avec les Républicains. Par contre, c'est vrai que les militants ou les électeurs, eux, réclament cette union des droites.

23:50
Olivier Paccaud

Dernière question rapidement. Il nous reste 20 secondes. Est-ce qu'il faut quand même une grande primaire des droites qui irait de Gérald de Darmanin à Saar Knafo pour reconquête ? C'est un peu l'objectif de Laurent Wauquiez.

23:59
Invité

Oui, Laurent Wauquiez, qui, jadis, était contre la primaire. Très honnêtement, il ne faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat de la famille de droite et du centre pour qu'il ait une chance d'être au deuxième tour. Bon. Alors, moi, je suis plutôt favorable à la primaire. Une primaire relativement élargie, pourquoi pas ? Oui, moi, j'y suis favorable.

24:17
Olivier Paccaud

Merci beaucoup, Olivier Paco, d'avoir été notre sénateur du jour.

24:27
Présentateur

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