Canicule : les hôpitaux sont-ils prêts ? - C à Vous l’intégrale - 01/07/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: "C à vous" en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce mardi.
Bonsoir à tous les 5. Emilie? - E.Tran Nguyen: On suffoque.
On a atteint le pic de chaleur, et ce n'est pas fini. On s'apprête à vivre cette nuit suffocante de chaleur, voire angoissante. - A.-E.Lemoine: La majorité des alertes canicule ne seront levées que demain à 6h pour une grande majorité des départements.
Mohamed? - M.Bouhafsi: Depuis 30 ans, c'était l'une des pépites françaises, l'un des fleurons de l'industrie scientifique et médicale, Carmat, qui est en redressement judiciaire depuis aujourd'hui et qui pourrait tomber aux mains d'entreprises étrangères. - A.-E.Lemoine: Notre invité est Y.Neuder.
Bonsoir. Merci de votre présence. Patrick? - P.Cohen: B.Sansal, l'écrivain franco-algérien, poursuit son parcours judiciaire absurde.
On vient de confirmer sa peine de 5 ans de prison pour délit d'opinion. Cela fait 7 mois qu'il est emprisonné. Les relations sont complètement paralysées entre Paris et Alger.
On va évoquer la personnalité de B.Sansal. - A.-E.Lemoine: On en parle notamment avec l'écrivain E.Fottorino.
Ce sera dans un instant. Lorrain? - L.Sénéchal: Je vous parle de la nouvelle brouille entre E.Musk et le président américain D.Trump.
Cela pourrait aller encore plus loin que la dernière fois. - A.-E.Lemoine: Il sera question d'international, alors qu'on a appris que V.Poutine et E.Macron s'étaient entretenus au téléphone.
Pierre? - P.Lescure: B.Rheims a non seulement photographié beaucoup d'artistes du monde entier, mais dans les années 80, elle a été une des premières photographes femmes à apporter son regard au corps des femmes, là où les hommes avaient l'habitude de les érotiser à outrance.
Un magnifique portrait d'elle est proposé sur France 5. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h...
On vous parle d'un documentaire diffusé ce soir sur France 2, qui donne la parole aux enfants, dont on parle beaucoup sans jamais leur tendre le micro, sans leur demander ce qu'ils en pensent. 3 de ces enfants qui ont été suivis pendant un an au quotidien par la documentariste A.Perreau seront sur notre plateau à partir de 20h.
On reçoit Aloe Blacc, dont les tubes sont mondialement connus, qui sera en concert dimanche à Enghien. Il y aura J.Commandeur et K.Leklou, 2 acteurs à l'affiche du nouveau Q.Dupieux, "L'Accident de piano".
Voilà pour le programme. On commence avec Lorrain par un retour sur une journée extrêmement éprouvante. - L.Sénéchal: 7 départements en vigilance rouge, le stade le plus élevé. 40 degré dépassés à Nîmes ou encore à Istres.
Lutter contre la chaleur est mission impossible. - Je fais une petite pause. Malgré qu'il fasse aussi chaud assis que debout... - Je suis sortie.
Elle est vraiment très chaude. - L.Sénéchal: Après la journée la plus chaude jamais enregistrée hier, ce mois de juillet sur les chapeaux de roue...
La chaleur fait délirer la météo, avec des orages violents dans le Puy-de-Dôme, mais également dans les Alpes, où les pluies ont généré des coulées de boue. On est non loin de la frontière française, en Italie. Un septuagénaire a été emporté par les eaux.
En Savoie, un phénomène qui porte un nom scientifique. Ce n'est pas une coulée de boue mais de la lave torrentielle. - C'est la panique.
C'est la catastrophe. On se demande ce qu'on va récupérer. - Je n'ai plus rien, plus aucun souvenir, ni de mon père ni de ma mère. - M.Bouhafsi: La boue a coupé le réseau ferroviaire, si bien que la ligne Paris-Milan est à l'arrêt pour des jours.
Les transports souffrent aussi. Pour limiter la casse en Ile-de-France, les Crit'Air 3 et plus sont interdits à la circulation. Un décret oblige les employés à mieux protéger les employés de la chaleur.
Pour les travailleurs qui sont aussi parents, casquette et système D pour garder les enfants. Des centaines d'écoles fermées. - J'ai pris mon après-midi pour garder mes filles.
Je vais en profiter pour garder les enfants d'autres parents. - M.Bouhafsi: Boire un coup est une épreuve.
Les terrasses se vident au profit des salles climatisées. - Les gens demandent la clim. Sur un horaire de service, la terrasse fonctionne très peu. - M.Bouhafsi: Certains accessoires font leur apparition.
On supporte la chaleur armé d'un ventilateur portable. - Avec la canicule, c'est important d'avoir ce petit objet. Sinon, on meurt.
Il fait trop chaud. C'est un investissement à faire. - M.Bouhafsi: On cherche aussi la fraîcheur dans les piscines, souvent rendues gratuites dans les municipalités, de l'Alsace à Marseille. - C'est la canicule, c'est gratuit. - Ah bon?
Bonne nouvelle. - On vient. Ca fait du bien. - M.Bouhafsi: Les salles obscures font aussi le plein.
De bon augure pour les cartons du moment: "F1" ou "Dragons". - Très agréable. Il fait très chaud. - C'est la cerise sur le gâteau.
C'est climatisé. On ne va pas bouder notre plaisir. - Il n'y a plus de place! - La salle était déjà pas mal remplie quand j'ai pris ma place.
Il y a des gens qui en profitent. - Il y a de la clim et ça fait du bien. En plus, on n'a pas école tellement il fait trop chaud! - M.Bouhafsi: Si on cherche la fraîcheur, ce n'est pas par confort.
C'est pour se mettre à l'abri. La canicule tue, avec des 1res victimes soupçonnées et un afflux de patients à l'hôpital. - Depuis début juin, on a plus 10 % d'activité, avec 300-330 passages par jour, ce qui est exceptionnel pour la période.
Les patients peuvent présenter une atteinte jusqu'au coma. - A.-E.Lemoine: Une vague de chaleur, c'est plusieurs milliers de morts.
C'est l'avertissement qu'a lancé votre collègue la ministre de la Transition écologique, A.Pannier-Runacher. Vous craignez un bilan de cet ordre? - Y.Neuder: C'est toute la mobilisation et l'anticipation pour éviter...
On sait qu'il y aura des décès liés à la canicule. Il y a des pathologies dont les gens sont porteurs, comme l'insuffisance respiratoire, cardiaque, rénale...
C'est des équilibres très précaires. Il faut être vigilant sur ces patients. Il faut pouvoir s'hydrater, ne pas faire de bêtises. - A.-E.Lemoine: Pas d'effort. - Y.Neuder: Oui.
Tout effort est proscrit. C'est interdit pour ce type de patients, et d'une façon générale. Je suis surpris de voir aussi qu'il y a beaucoup de 15-40 ans qui ont consulté.
Cette tranche d'âge consulte aussi beaucoup. Ils ont eu des problèmes de santé car ils ne se rendent pas forcément toujours compte...
Les personnes âgées et les enfants sont plus vulnérables. On a identifié le risque, mais la chaleur frappe tout le monde. On ne fait pas d'effort physique.
Quand je vois des performances sportives se faire pendant des heures caniculaires...
Il ne faut pas en faire pendant cette période. - A.-E.Lemoine: Pourquoi ces gens plus jeunes consultent? - Y.Neuder: Ils ont des symptômes de malaise, d'évanouissement, de maux de tête, car ils ne se sont pas suffisamment protégés.
Il faut mettre des casquettes. Ce n'est pas toujours apprécié par tout le monde, même pour les enfants. C'est parfois difficile de faire mettre des casquettes aux enfants.
Les jeunes également. Il faut limiter, voire arrêter la consommation d'alcool pendant des températures comme celles-ci. - A.-E.Lemoine: L'arrêter totalement? - Y.Neuder: Je le conseille.
C'est très difficile à doser. L'impact n'est pas le même. On n'a généralement pas faim.
L'idée n'est pas d'interdire l'alcool, mais il faut vraiment modérer sa consommation. Il faut boire de l'eau, même quand on n'a pas soif, au moins un verre d'eau par heure. Ca vaut pour tout le monde.
Pour les personnes qui ont du mal à boire de l'eau, on peut mettre du sirop, du sucre pour rendre ça plus agréable. - A.-E.Lemoine: On vous a signalé une augmentation des admissions dans les hôpitaux, dans les services d'urgences? - Y.Neuder: J'ai des chiffres qui montrent qu'il y a une augmentation soutenue.
Vous avez vu l'exemple de Nice. C'est aussi un début de vacances, dans des zones touristiques. Il faut faire la part des choses.
C'est l'essence de ce plan canicule rouge. Ca permet d'avoir davantage d'informations. Nous avons des retours 2 fois par jour des ARS.
Ca nous permet d'envoyer des informations aux établissements et aux professionnels de santé, qui reçoivent des messages en direct. - A.-E.Lemoine: Quel genre de messages? - Y.Neuder: Quels types de comportements avoir, ce qu'on a remarqué, les conduites, les bonnes pratiques, qui sont toujours nécessaires à rappeler...
Chaque établissement est propre à définir son capacitaire, d'enclencher son plan blanc. Ca permet d'avoir une augmentation plus importante, notamment en lien avec l'Arcom sur les médias TV, radio, les réseaux sociaux. - A.-E.Lemoine: Demain, ça se calme.
Beaucoup de départements repassent en orange. - Y.Neuder: La canicule peut prendre plusieurs formes.
Elle peut être rapide, précoce et parfois tardive. L'an passé, elle a été tardive. Parfois, elle peut être en plateau.
Là, c'est un phénomène en plateau. Dans mon département de l'Isère, je ne suis pas en zone rouge, mais cela fait 13 jours que nous sommes en zone orange, dans des températures beaucoup plus élevées. On n'a plus le répit nocturne.
La nuit, on refroidit ses appartements, ses maisons. La température reste strictement identique, là. Il y a des conseils qui peuvent paraître stupides, mais je crois qu'il faut revenir aux fondamentaux.
Les grandes serviettes mouillées, la nuit, se les étendre sur le corps, les mettre sur ses enfants, ça permet de récupérer la nuit et de retrouver le sommeil. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez fait vous-même?
C'est le conseil d'un père de famille? - Y.Neuder: D'un père de famille cardiologue qui sait l'impact de la fraîcheur.
Cela permet de vasodilater les vaisseaux. Cela réduit le débit cardiaque et cela évite les accidents. - A.-E.Lemoine: Cela suffit de donner de l'eau potable et des équipements de travail adaptés à ceux qui travaillent dehors pendant une canicule?
Pour l'instant, c'est ce que prévoit le décret. - Y.Neuder: Bien sûr.
C'est une affaire collective, une affaire de tous. Quand on est dans une activité professionnelle, comme les couvreurs, les charpentiers, les métiers du bâtiment, de l'agriculture, il faut renouveler...
Les employeurs, que ce soit les collectivités, qui ont changé les horaires de leurs professionnels qui travaillent dans les parcs, sur les voiries...
C'est un aménagement. C'est une responsabilité collective. C'est le rôle de l'Etat de donner des consignes, d'envoyer des alertes.
Après, c'est une organisation, comme aller chercher les plus vulnérables jusqu'au dernier kilomètre. J'étais avec l'Association des maires ruraux de France. Avec leurs centres communaux d'action sociale, leur registre au niveau des secrétariats de mairie, ils peuvent identifier...
Des maires me disaient qu'ils avaient passé le matin à téléphoner à des personnes vulnérables qui se sont fait connaître. J'invite les personnes vulnérables à se faire inscrire, les plus de 65 ans, porteurs de pathologies...
Est-ce que dans notre village, on a des gens seuls? C'est cette solidarité qu'il faut enclencher. - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est l'affaire de tous, mais aussi de l'Etat, notamment de prendre en charge la rénovation thermique des écoles.
Près de 2000 écoles fermées partiellement ou totalement. Ce n'était pas possible de les fermer définitivement? C'est bientôt les vacances, le 5 juillet. - Y.Neuder: L'école, c'est la responsabilité des communes.
On a un pays organisé...
Les écoles primaires, c'est les communes. Les collèges, les départements. Les lycées, c'est les régions.
Ce n'est pas en pleine canicule qu'il faut le faire. On doit s'interroger sur la qualité énergétique de son bâtiment, que ce soit l'hiver, pour faire des économies d'énergie, et l'été, pour protéger. - A.-E.Lemoine: E.Borne pouvait décider de fermer toutes les écoles dès aujourd'hui. - Y.Neuder: Bien entendu, mais est-ce qu'on est sûrs que ces enfants sont dans des meilleures conditions thermiques chez eux?
Il y a beaucoup d'enfants qui sont dans de très mauvaises conditions thermiques, dans des immeubles où il n'y a pas de transversale, on ne peut pas faire des courants d'air...
Peut-être qu'à l'école, il peut y avoir une pièce mieux réfrigérée. Si l'école est plus dangereuse que de rester chez eux pour les enfants...
Ce n'est pas aussi simple que ça. Parfois, l'école protège. - E.Tran Nguyen: L'autre question dans toutes les têtes, c'est s'il faut un grand plan climatisation.
C'est ce que demande M.Le Pen, qui promet de le faire si elle accède au pouvoir. Seulement 7 % des écoles sont climatisées, 1 foyer sur 4.
Il y a aussi la question de savoir si c'est écolo ou pas, la climatisation. Question posée à J.-M.Jancovici, lui-même ingénieur spécialisé dans l'énergie et grande voix du climat. - J.-M.Jancovici: La clim, ce n'est pas l'horreur.
En ce moment, on a un problème de surplus d'électricité tous les jours à midi car on a des panneaux solaires allemands et français qui produisent trop d'électricité par rapport à ce qu'on utilise. Si on rajoute des clims qu'on fait tourner quand il fait très chaud... - Ce n'est pas grave? - J.-M.Jancovici: Ce qui est plus ennuyeux, c'est que ça rejette de la chaleur à l'extérieur.
Si vous avez beaucoup de clims partout, ça crée un surplus de chaleur dans la rue. - E.Tran Nguyen: Conclusion: on fait quoi?
On investit massivement dans des climatiseurs car ça sauve des vies? C'est ce que M.Le Pen a redit à l'Assemblée il y a quelques heures.
Au risque d'aggraver la situation quand on nous dit que ça réchauffe l'extérieur? - Y.Neuder: La vérité est probablement au milieu.
On doit s'adapter au changement climatique. Cela passe par des bâtiments adaptés, avec une meilleure isolation. Cela fait partie du développement.
On peut installer des endroits de rafraîchissement au sein de chaque école avec des blocs de climatisation. C'est une solution hybride. Cela pourrait permettre de passer ces phases caniculaires.
Il faut organiser et envisager, dans tous les projets de rénovation thermique ou de nouvelles constructions, cette situation-là. J'ai été maire pendant une vingtaine d'années. On ne construit plus les bâtiments comme avant.
On fait attention à avoir des auvents pour protéger du soleil. On fait attention à l'orientation. On végétalise les cours.
C'est un ensemble d'organisations. Dans une crèche, on prend plus de risque à laisser des enfants à haute température que de mettre un bloc clim. Je l'avais fait quand j'étais président de l'intercommunalité.
C'est des solutions pratico-pratiques au niveau local. Il faut envisager les choses différemment. Cela nous interroge sur le réchauffement climatique. - A.-E.Lemoine: Merci, Y.Neuder, ministre chargé de la Santé et de l'Accès aux soins.
Vous êtes cardiologue. Les effets de la canicule sur les corps, notamment le fait que ça peut provoquer des infarctus, vous l'avez constaté dans l'exercice de vos fonctions. - Y.Neuder: Oui.
Un phénomène en amène d'autres. Il y a aussi des pics de pollution, une augmentation de l'ozone...
Ca provoque des décompensations respiratoires chez les patients qui ont des difficultés respiratoires. Cela provoque des décompensations cardiaques, avec des patients qui s'hydratent trop ou pas assez. Pour les patients insuffisants rénaux, c'est difficile.
Vous buvez moins, vous vous déshydratez beaucoup plus. Votre fonction rénale en pâtit. Si on se met à beaucoup moins uriner, il faut faire attention.
Si les urines deviennent très jaunes...
Même quand on n'a pas soif, il faut boire un verre par heure et savoir diminuer ses médicaments, parfois, notamment les diurétiques, qui font faire pipi. On a déjà suffisamment de déshydratations spontanées du fait de la chaleur. - A.-E.Lemoine: Les patients doivent eux-mêmes décider de réduire... - Y.Neuder: Je ne suis pas en train de dire ça non plus.
C'est en lien avec leurs professionnels de santé. Mais c'est des sujets à rappeler. Dans ces périodes particulières, les traitements doivent être adaptés.
Je pense notamment aux diurétiques, qui sont un grand classique et qui pourraient favoriser la déshydratation. - A.-E.Lemoine: Ne pas hésiter à appeler son médecin.
Restez avec nous. La Story de M.Bouhafsi. - L'Etat, il faut qu'ils essaient de faire quelque chose, quelqu'un qui aide cette entreprise pour la sauver...
J'estime que c'est une entreprise qui mérite de vivre et de continuer à fabriquer des coeurs. Plus longtemps l'entreprise va vivre, plus longtemps ma vie va continuer! - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un fleuron au bord de la faillite.
On a appris l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à l'encontre de Carmat, le fabricant français du 1er coeur artificiel viable dans les années 90. Le professeur Alain Carpentier se lance l'ambition de mettre au point une prothèse de coeur. Le projet verra le jour en 2008.
En 2014, première transplantation de ce coeur artificiel. En moins de 10 ans, plus de 120 patients traités. Parmi eux, Patrick. - J'étais en fin de vie.
Il me restait 3 mois à vivre. C'était encourageant. Je n'ai pas été inquiété du tout.
J'ai été à l'opération avec le sourire aux lèvres. Je me suis réveillé...
Peut-être pas avec le sourire aux lèvres, mais en étant vivant et hyper content, sans être essoufflé...
En vivant comme il faut. - M.Bouhafsi: L'an dernier, Carmat a transplanté 42 personnes.
Son coeur est vu comme une révolution scientifique et médicale. Si c'est une des seules alternatives fiables à une greffe cardiaque aujourd'hui, c'est un système transitoire en attente de recevoir un vrai coeur. Mais vivre avec ce coeur artificiel n'est pas de tout repos pour les malades et leurs accompagnants. - La valise, avec le nom et le numéro de téléphone...
La référente cardiologie Carmat à Montpellier au cas où je ne serais pas auprès de mon mari...
J'ai mis tous les numéros d'urgence sur la valise. Comme ça, pas besoin de chercher. Dedans, il y a le double de la machine.
Le moniteur, le cordon pour brancher, les batteries chargées, des câbles pour le chargeur, au cas où on ne serait pas à la maison pour charger à nouveau les batteries...
Et cette valise nous suit à chaque déplacement. - M.Bouhafsi: Carmat a toujours divisé le corps médical.
Certains dénoncent le prix onéreux de ce coeur artificiel: près de 150 000 euros. Trop coûteux aussi pour la Sécurité sociale. Trop dangereux aussi de faire confiance à une solution mécanique, selon ses détracteurs.
Pour d'autres, médecins, c'est une aubaine. Il n'y a que 500 greffes de coeur en France pour 10 000 personnes sur liste d'attente. - Je suis doublement en colère.
La vie d'un certain nombre de patients en dépend. D'autre part, on est face à une innovation technologique majeure et franco-française. Ca nous fait un peu mal au coeur de voir cette avancée technologique être perdue.
Il faut considérer que ça fonctionne car il y a énormément de process de sécurité. Parfois, on pense privé, rentabilité...
On ne peut pas faire l'impasse sur la sécurité. - M.Bouhafsi: Carmat, c'est près de 45 ans de travail et d'espoir.
L'action Carmat avait déjà dépassé les 100 euros depuis son entrée en Bourse. Hier, elle ne valait que 30 centimes. C'est une énorme déception pour les salariés. - On est très frustrés et déçus.
On a un produit vraiment super, qui permet de sauver des vies, qui est très intéressant à fabriquer. C'est une technologie qu'on est sûrement les seuls à faire dans le monde. On a eu beaucoup d'implantations ces derniers mois.
Les retours des hôpitaux sont très bons. On a même recommencé à préparer des importations aux Etats-Unis. Tous les voyants étaient au vert.
Le fait qu'on soit arrêtés brutalement comme ça, c'est dur à vivre et à accepter pour l'ensemble des équipes. - M.Bouhafsi: L'an dernier, Carmat a déclaré 7 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Malgré une campagne à destination des entreprises et des particuliers, elle n'a pas réussi. - Il semblerait que ce soit une histoire sans fin, et toujours la même fin. Je reviens de la Silicon Valley.
Je voulais créer un champion français. Il semblerait qu'on pourrait finir comme tous les autres, au moins d'un acteur américain qui a une méconnaissance du dossier des starters midcaps en santé. Il faut une impulsion importante qui n'est jamais arrivée ou avec du saupoudrage.
Il faut une volonté politique hyper forte. Je ne veux pas être négatif. Mais je pense que c'est tard. - M.Bouhafsi: Le cas de Carmat n'est pas isolé.
Il ressemble à celui de nombreuses autres entreprises françaises. Pourtant, sa mise en redressement judiciaire est particulière. N'est-ce pas le rôle de l'Etat français de soutenir ces entreprises pour éviter qu'elles ne tombent aux mains des entreprises étrangères? - Y.Neuder: Le cas que vous illustrez me touche particulièrement.
Je connais l'aventure de Carmat. Je connais ce début des travaux avec le professeur Carpentier. On s'adresse à des patients insuffisants cardiaques qui sont en phase terminale qui ne peuvent pas être candidats à une transplantation cardiaque.
Il existe d'autres systèmes d'assistance circulatoire qui sont importants. C'est un coeur total. Il y a aussi d'autres systèmes qui utilisent le coeur natif.
C'est simplement une turbine qu'on rajoute. Il y a d'autres systèmes alternatifs. - A.-E.Lemoine: Mais là, c'est une innovation française qui risque... - Y.Neuder: Quand on voit la géopolitique actuelle, au niveau français et européen, nous avons des enjeux de souveraineté importants.
C'est un dispositif médical innovant. Je n'ai pas eu de demande de rendez-vous de Carmat. Je les contacterai de moi-même.
Je verrai avec mon collègue ministre de l'Industrie si nous pouvons agir sur ces sujets-là. Mais l'innovation fait partie des solutions qui permettront la maîtrise de nos comptes sociaux. Des patients qui bénéficient d'innovations...
Là, c'est un coeur totalement artificiel. La symbolique est forte. Il y a beaucoup de dispositifs innovants qui vont permettre d'améliorer la qualité de vie des patients.
Cela permet de moins consommer de soins. Il faut Parfois savoir investir pour moins avoir de soins à financer. - P.Lescure: Un autre sujet...
La santé, c'est aussi les arrêts-maladies. Depuis aujourd'hui, l'Assurance maladie rend obligatoire un nouveau formulaire papier difficilement falsifiable pour lutter contre les fraudes. - On a détecté en 2024 près de 40 millions d'euros de fraudes liées à des faux arrêts de travail papier.
La meilleure prévention de la fraude de l'arrêt de travail, c'est l'arrêt de travail en ligne. Le médecin peut vous faire un arrêt de travail, le déclarer en ligne sur le portail Ameli. Cela permet d'être sûr que c'est le médecin.
S'il y a du papier, à compter du 1er juillet, c'est ce Cerfa sécurisé...
Il y a des sanctions à la clé: des peines d'amende ou de prison. On dit à tout le monde de faire attention et de ne pas aller chercher des arrêts de travail sur Internet. Ce sera à compter du 1er juillet. - P.Lescure: Ces papiers non falsifiables, c'est une vraie sécurité pour l'Assurance maladie? - Y.Neuder: C'est aussi un autre problème plus global, celui de la fraude au système de santé, notamment les indemnités journalières du fait de l'arrêt-maladie.
On voit des systèmes réorganisés de vente en ligne de faux certificats de travail. Avoir un certificat d'arrêt de travail infalsifiable, c'est une avancée. Tout ce qui est détourné par la fraude du système de santé, c'est une injustice sociale énorme et 1 euro de moins pour la santé des Français.
Après, il y a le sujet des indemnités journalières qui a extrêmement augmenté. Plus 6,7 % par rapport à l'an passé. Cela pose des questions plus importantes.
Les confrères, la prescription...
Ce n'est pas non plus juste de mettre toute la difficulté sur la prescription. C'est aussi les conditions de travail qui doivent être...
La santé au travail est un vrai sujet. Il y a toujours aussi un certain nombre d'abus. On a tous entendu autour de nous des personnes qui disaient: "Lundi, je me mettrai en arrêt de travail." Il faut faire attention.
Il y a une prise en charge individuelle. Le système social, il faut en prendre soin si on veut bénéficier d'une protection sociale. Il y a les conditions de santé au travail et les prescripteurs.
C'est un bon élément de lutte contre la fraude. J'espère qu'on va pouvoir l'étendre à d'autres secteurs, notamment les fausses ordonnances, de façon digitale. - A.-E.Lemoine: Merci.
L'Edito de P.Cohen. Parlez-nous de B.Sansal. - P.Cohen: Ecrivain injustement emprisonné depuis 7 mois au coeur d'une crise diplomatique sans précédent.
Il était à 2 doigts de retrouver la liberté. C'est un très grand écrivain. Je vous ai apporté un volume.
J'aurais pu en prendre d'autres. C'est "2084: La fin du monde". Une phrase en exergue de ce livre...
Ce livre a été récompensé du Grand Prix du roman de l'Académie française et du Prix du meilleur livre de l'année 2015 par le magazine "Lire". Son premier roman, il y a 25 ans, est une chronique de l'Algérie. - B.Sansal: Une langue aseptisée aurait fait inapproprié.
Il fallait un langage cafouillé, riche, violent, insidieux, pour pouvoir décrire l'Algérie d'aujourd'hui. L'Algérie est comme ça. Nous avons vécu 30 ans sur des supercheries, sur des mensonges, sur un regard biaisé de l'histoire, un regard effarouché de l'avenir.
Il faut regarder les choses courageusement. Avec ce livre, je peux être un acteur agissant. - P.Cohen: B.Sansal, devenu romancier et acteur agissant à 50 ans, après une carrière de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie.
Il connaît le pouvoir algérien de l'intérieur et il le défie de plus en plus ouvertement. En 2012, sur France Inter, il explique pourquoi il a toujours fait le choix de rester à Alger pour se battre. - Vous avez choisi de vivre en Algérie.
Vous continuez à y vivre. Il vous arrive d'avoir la tentation de l'exil face à cette forme d'intolérance? - B.Sansal: Tous les jours.
L'intolérance est insupportable. C'est une humiliation. Ca vous met dans un état de colère et de rage...
C'est insupportable. En même temps, c'est là-bas qu'il faut se battre, pas en France. Il faut être là-bas.
D'ici, on peut se faire entendre, mais la charge symbolique est beaucoup plus faible. Silencieux à Alger est peut-être plus puissant que causeur à Paris. - P.Cohen: Mais dans la même interview, il disait se sentir protégé par sa notoriété.
Non pas contre les fous, il pensait aux islamistes, mais contre les institutions, l'Etat. Les faits lui ont donné tort. Autre parole éclairante sur la relation France-Algérie en septembre 2022... - B.Sansal: Ca ne passera pas tant que nos pays, notamment l'Algérie, ne sont pas des Etats de droit démocratiques.
Il faut que les Algériens, les Maghrébins, puissent s'exprimer librement, pour que la relation à l'autre d'une manière générale, avec les Français, les Allemands, les Africains, devienne une relation normale. On ne peut pas discuter. Comment voulez-vous qu'on s'entende?
On n'a pas le droit de parler. On est tenus de tenir le discours de la doxa, officiel... - P.Cohen: Il est emprisonné pour délit d'opinion et la première victime de la relation dégradée entre les 2 pays. - A.-E.Lemoine: Vous nous disiez qu'il avait failli être libéré début avril. - P.Cohen: Le plan avait été vissé lors de 3 rendez-vous secrets avec des émissaires d'E.Macron et d'A.Tebboune.
Puis, lors d'une conversation téléphonique entre les 2 chefs d'Etat le 31 mars...
J.-N.Barrot était allé à Alger lors d'une visite.
B.Sansal avait été libéré par l'Algérie pour raisons médicales, transféré en Allemagne. Il avait le covid.
Il était convenu ainsi, pour sauver les apparences, qu'un pays tiers prenne en charge l'écrivain avant une grâce de l'Algérie, une grâce présidentielle. Au dernier moment, tout a été fichu par terre. - A.-E.Lemoine: Pourquoi? - P.Cohen: Le placement en détention par un juge français d'un agent du consulat français de Créteil, accusé de l'enlèvement et de la séquestration d'un opposant.
Alger décide le lendemain, le 13 avril, alors qu'on attendait la libération de B.Sansal, par représailles, de l'expulsion d'une douzaine d'agents de l'ambassade de France. En retour, Paris décidait l'expulsion d'un même nombre d'agents algériens.
Escalade, fin de la détente, nouvelle rupture. On en est toujours là. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, E.Fottorino.
Vous êtes écrivain et fondateur du "1 hebdo". On va revenir sur la situation de B.Sansal.
On y était presque. Ce plan de la fin mars-début avril dit tant de la fragilité de la situation de B.Sansal, victime de la situation diplomatique entre la France et l'Algérie. - E.Fottorino: Ca montre aussi la fragilité, l'hypersensibilité de ce dossier.
D'une certaine manière, B.Sansal est un prisonnier, mais surtout un otage de cette relation entre les 2 pays. Ca le dépasse.
On a vu dans ces images le courage de la parole, de dire ce qu'il a à dire, d'écrire ce qu'il a écrit. C'est un écrivain. Pendant 25 ans, il a pu le faire.
Je me souviens l'avoir interviewé, dans son village en Kabylie. A un moment donné, je l'ai arrêté. Il critiquait le FLN, l'armée, les islamistes...
Je l'ai arrêté. Je lui ai demandé s'il pouvait. Il m'a dit que oui. "Tant qu'ils me laissent parler et écrire, ça veut dire qu'à leurs yeux, ils sont une démocratie aux yeux du monde." Le 16 novembre, pour moi, l'Algérie a fini d'être une démocratie. - A.-E.Lemoine: Le procès en appel a confirmé 5 ans de prison prononcés en 1re instance.
La peine reste inadmissible, mais elle aurait pu être plus importante. Le parquet avait requis 10 ans de réclusion. - E.Fottorino: Bien sûr, on peut se dire ça.
Le verre à moitié plein, le verre à moitié vide...
Il n'a rien à faire en prison. C'est un écrivain. Les écrivains, depuis Ovide et ses poèmes érotiques, exilé sur les bords de la mer Noire...
C'est une très vieille histoire. - P.Cohen: V.Hugo... - E.Fottorino: On peut parler de tellement d'auteurs.
On peut parler d'Asli Erdogan...
Il faut défendre B.Sansal. En le défendant, on se défend nous, tous ceux qui, encore, après, et pendant, sont menacés pour la liberté d'expression. - A.-E.Lemoine: B.Sansal a rappelé au cours de son procès en appel que la liberté d'expression est garantie par la Constitution algérienne.
Il reste combatif. - E.Fottorino: C'est un homme très fragile et très fort.
Fragile physiquement...
On sait qu'il est malade. En même temps, c'est un esprit d'une telle volonté que rien ne peut l'atteindre et l'entamer. Je suis sûr qu'il va positiver cette épreuve de solitude.
Il est soutenu. Il connaît ces gens-là. Il sait qu'il y a la justice, mais que la justice est un théâtre d'ombres.
Derrière, des ficelles sont tirées. Ce n'est pas le champ judiciaire, mais le champ politique qui va compter. Que va-t-il se passer entre les 2 présidents? - A.-E.Lemoine: Vous pensez que ça ne peut se régler qu'avec un appel téléphonique direct entre le président Tebboune et E.Macron? - E.Fottorino: C'est les politiques qui l'ont mis là.
Faire confiance aux politiques est très dangereux. C'est eux qui auront la solution à l'arrivée. Je ne crois pas un instant que ce soit parce qu'il a fait des déclarations sur le Sahara occidental...
Bien sûr, ça les a énervés. Cela dure depuis très longtemps. Derrière tout cela, Il y a une histoire qui continue, qui n'est pas réglée.
C'est très nietzschéen, l'éternel retour. Tant qu'une histoire n'a pas été réglée, elle reviendra. La guerre d'Algérie n'est pas finie?
Que fait-on? A un moment donné, il y a une sorte de montée de fièvre. On revient sur l'histoire des frontières.
Ca rappelle ce que la relation entre la France et l'Algérie a été: un grand silence plutôt qu'un grand bruit. Le grand bruit, c'était les morts. Le grand silence de l'explication...
J'ai toujours en tête cette phrase de Mauriac: "Nous, les médias, on ne nous accusera jamais d'avoir parlé. On nous accusera du crime de silence." Ce qu'il faut absolument combattre aujourd'hui, et B.Sansal en est la première incarnation, c'est le silence. - A.-E.Lemoine: Emilie? - E.Tran Nguyen: Il y a aussi le journaliste C.Gleizes, collaborateur de "So Foot", qui a été condamné pour apologie du terrorisme.
Sa situation est restée secrète pendant plus d'un an. B.Retailleau affirme l'avoir appris par la presse. - Vous étiez au courant que ce journaliste français était sous contrôle judiciaire? - B.Retailleau: Je l'ai appris il y a quelques jours. - Le Quai d'Orsay ne vous avait pas informé qu'il y avait un journaliste français... - B.Retailleau: Je l'ai appris par les médias. - E.Tran Nguyen: C'est surprenant, non? - E.Fottorino: Je l'ai appris comme tout le monde. - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes pas ministre de l'Intérieur. - E.Fottorino: Je ne comprends pas que dans un gouvernement...
Bien sûr, il y a des raisons d'Etat, des secrets...
On doit se parler. Le silence dont je parlais tout à l'heure, justement...
Est-ce que c'était la bonne manière? On comprend qu'une famille, un entourage dise: "On nous dit qu'il ne faut pas parler, donc on ne parle pas." Mais les autorités doivent peser le pour et le contre du silence. - P.Cohen: C'est Reporters sans frontières qui a dévoilé sa condamnation. - A.-E.Lemoine: Maintenant qu'il y a une condamnation officielle en appel de B.Sansal, on peut imaginer une grâce, à condition que B.Sansal ne se pourvoie pas en cassation.
Quel est son état d'esprit? - E.Fottorino: On peut imaginer.
Un écrivain imagine, mais sa liberté doit être tangible. On parle depuis longtemps de la grâce. Vivre sur ce type d'espoir aussi ténu...
Qu'est-ce que c'est, la politique, la diplomatie, le rapport de force? Jusqu'à présent, toutes les voies qui ont été explorées ont échoué. La voie diplomatique, on ne fait pas de bruit, mais on essaie de trouver...
La diplomatie, c'est de parler à son adversaire, voire à son ennemi, qui était son ami avant. La diplomatie n'a pas marché. Hausser le ton, la politique Retailleau, ça a énervé plus qu'autre chose.
Qu'est-ce que vous faites quand vous ne pouvez ni parler doucement ni parler fort? - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est le monde de la culture et des médias qui doit se mobiliser. - E.Fottorino: B.Sansal, c'est nous, tous ceux qui considèrent que parler, c'est le début de la liberté. - A.-E.Lemoine: C'est ce qu'a fait Y.Khadra. - E.Fottorino: C'est d'autant plus courageux qu'ils ne sont pas d'accord.
Je les ai souvent vus ensemble, dans un bus. J'étais derrière eux et j'écoutais. Je voyais bien que c'était des gens qui n'étaient pas d'accord et qui avaient une fraternité. - A.-E.Lemoine: Monsieur le ministre de la Santé? - Y.Neuder: C'est des sujets extrêmement complexes, dont la solution sera probablement par la voie diplomatique.
Le sujet, surtout pour moi, médecin, c'est l'humanité. On a quelqu'un qui est malade. On attend un jugement à 5 ans. 5 ans, quand on est porteur d'une maladie et d'un cancer, c'est beaucoup.
Je souhaite que la solution diplomatique soit celle qui permette à B.Sansal de retrouver sa liberté. - A.-E.Lemoine: Merci, E.Fottorino.
La couverture du "1 hebdo" qui sera demain en kiosque est consacrée à la guerre mondiale. - E.Fottorino: Il y a une phrase: "La résistance est une espérance." - A.-E.Lemoine: C'est le 5/5 de L.Sénéchal.
Aux Etats-Unis, la brouille reprend entre E.Musk et D.Trump. - L.Sénéchal: Sur fond de réforme fiscale.
D.Trump a obtenu une courte majorité au Sénat sur son nouveau texte. E.Musk a écrit qu'il vivait dans un pays au parti unique, le "parti des cochons qui se goinfrent".
Il a assuré qu'il allait lancer son propre parti après un sondage bidon sur son réseau X. Trump, furieux...
C'est de la téléréalité. Trump a menacé d'expulser E.Musk dans son pays d'origine, l'Afrique du Sud.
Il a menacé de couper les aides publiques à ses entreprises en lançant contre lui le fameux Doge que Musk dirigeait jusqu'en mai dernier. ... - P.Cohen: C'est la mare aux crocodiles. - L.Sénéchal: Musk l'a mis au défi de couper les aides publiques, notamment à SpaceX.
L'action Tesla s'est immédiatement effondrée. - A.-E.Lemoine: E.Fottorino? - E.Fottorino: La meilleure façon pour un milliardaire de devenir millionnaire, c'est de faire de la politique.
Musk, c'est ça. Il a perdu 50 milliards. Il va devenir millionnaire, peut-être en Afrique du Sud. - A.-E.Lemoine: E.Macron et V.Poutine se sont parlé à nouveau. - L.Sénéchal: C'est une première depuis le début de la guerre en Ukraine.
E.Macron a demandé un cessez-le-feu dans les meilleurs délais. Il annonce qu'il va continuer à échanger avec le président russe.
Le Kremlin lui a rappelé que le conflit ukrainien était une conséquence directe de la politique des Etats occidentaux, qui ont, je cite toujours le Kremlin, "voulu créer une tête de pont antirusse en Ukraine". Voilà ce qu'a dit V.Poutine.
Près de 500 drones ont frappé l'Ukraine ce week-end. Un F-16 Ukraine a été abattu. C'est la 3e fois depuis le début de la guerre.
Il y a un déséquilibre criant dans les moyens, selon cet officier ukrainien interrogé il y a quelques jours sur le front. ... - L.Sénéchal: Un ratio de 1/10.
Les Russes peuvent tirer de n'importe où. A Soumy, 50 000 soldats russes sont massés. Pour lutter à armes égales, V.Zelensky a pris une décision très controversée: sortir son pays de la Convention d'Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel.
La cruauté des Russes est dénoncée par Kiev, qui a publié un enregistrement d'une conversation captée par le renseignement ukrainien. On y entend un commandant russe annoncer qu'un de ses soldats en a assassiné un autre avant de le manger pendant 2 semaines. Un cas de cannibalisme qui s'ajoute aux cas de torture.
Les soldats russes eux-mêmes s'en vantent à la télévision russe. ... - L.Sénéchal: La cruauté des soldats russes. - A.-E.Lemoine: C'est un moment particulièrement critique. - E.Fottorino: On voulait faire une légende qui s'écrit aujourd'hui.
Zelensky, on l'a vu humilié, mais aussi se battre pour son peuple. B.-H.Lévy a fait un film récemment qui s'appelle "Notre guerre".
J'aime bien ce titre. C'est notre guerre. On se bat pour l'Ukraine, mais aussi pour nous.
Il y a un tel appétit de reconnaissance et de pouvoir de Poutine...
On ne sait pas qui l'arrêtera. Pour le moment, seule l'Ukraine peut l'arrêter, avec nous. - A.-E.Lemoine: En France, 30 cas recensés d'E.coli dans l'Aisne. - L.Sénéchal: Quasiment tous des enfants.
Une petite fille de 11 ans est morte. Il y a de nombreux cas. 5 boucheries sont soupçonnées.
Le parquet de Paris est saisi de l'enquête et a fait le point ce matin avec un point commun entre ces cas: la consommation de viande. - Au niveau santé publique, ce qui nous servira dans le cadre de l'enquête judiciaire, on a séquencé le génome. On a trouvé l'empreinte digitale de cette bactérie.
Ca nous permettra de déterminer avec certitude que l'ensemble des victimes ont été contaminées avec la même bactérie. Ensuite, on fera la comparaison sur ce même séquençage du génome de la bactérie avec les prélèvements qu'on a effectués dans les boucheries. - L.Sénéchal: Ces boucheries sont toutes halal.
Ce n'est pas la méthode d'abattage en elle-même qui est mise en cause, vous confirmez, monsieur le ministre de la Santé? - Y.Neuder: Non, c'est les règles d'hygiène.
Il faut voir si l'ensemble de la règle d'hygiène a été respectée. - L.Sénéchal: Combien de temps va durer cette enquête?
Demain, on aura le séquençage ADN. - Y.Neuder: C'est une situation complexe.
Je me suis rendu à Saint-Quentin auprès des familles. On a quand même un décès d'enfant. J'ai pu m'entretenir avec les parents de la petite Elise.
C'est quelque chose de dramatique. - L.Sénéchal: Un bébé de 11 mois a été hospitalisé. - Y.Neuder: Ils ont uniquement donné à manger à leur fille.
Il faut avoir des pensées pour toutes ces victimes, particulièrement les parents de la petite Elise, mais surtout d'avoir des réponses à ces questions, et de pouvoir rassurer quant à la consommation de la viande. Cette bactérie, c'est un Escherichia coli. On a identifié son sérotype.
C'est des hauts niveaux d'expertise. Il y a des centres nationaux de référence, notamment l'hôpital Debré, qui établit quel type de bactérie. Ensuite, l'Institut Pasteur s'occupe du séquençage de génome.
La procureure l'a très bien dit. Toute la difficulté, c'est de créer le lien entre la bactérie retrouvée dans les aliments, la bactérie dans les selles des enfants, et les bactéries dans la viande, pour pouvoir s'assurer que c'est bien les mêmes bactéries. Escherichia coli est une bactérie fréquente.
Il y a beaucoup de variantes. Il faut être sûr. Le faisceau d'arguments est très probable.
Nous avons eu des cas avec de la viande sur un rayon d'un supermarché...
C'est peut-être en amont de ces boucheries que se trouve la solution. Toute l'enquête le dira. Nous n'avons plus aucun enfant sous dialyse. - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas de nouvelle contamination...
Ah si, mais plus d'enfant sous dialyse. - Y.Neuder: Ca donne des diarrhées.
Dans une autre phase, du fait de la toxine, ça fait des des atteintes neurologiques et rénales. Il a fallu dialyser bon nombre d'enfants. - A.-E.Lemoine: Avec des séquelles pour ces enfants hospitalisés? - Y.Neuder: Non, mais là encore, heureusement qu'on a un système de santé qui permet de faire face à une dizaine de dialyses chez l'enfant.
C'est important, quand même. - A.-E.Lemoine: On parle de l'entrée en vigueur de l'interdiction de la cigarette dans les parcs et sur les plages, qui irrite les fumeurs. - L.Sénéchal: Interdiction un peu surprise, entrée en vigueur ce week-end.
On ne peut plus fumer dans les parcs, sous les abribus, près des bibliothèques ou sur les plages. Il y a une amende à la clé. - Je ne pense pas que ça gêne, vu le monde qu'il y a sur la plage. - Je trouve ça ridicule.
On emmène le cendrier. On n'a plus le droit de fumer dans les parcs ou sur les plages...
Je trouve ça ridicule. - C'est encore un coup pour mettre des amendes aux gens et récupérer de l'argent, comme pour les problèmes de sécurité routière. - L.Sénéchal: On revient de loin.
Jusqu'en 2003, les mineurs ne pouvaient pas acheter une cigarette. - A.-E.Lemoine: Ils pouvaient acheter. - L.Sénéchal: Oui.
En 1976, des enfants se souviennent de leur 1re cigarette à la télévision. - J'avais 5 ans. - Lors d'une réunion de famille, une tante a essayé de me faire fumer.
Malheureusement, j'ai fumé à l'envers. Ca m'a un peu dégoûté. - Mon père m'a dit qu'il fallait se modérer.
Il m'a permis une cigarette par dimanche. - On voit des petits garçons fumer dans la rue, se promener dans la rue la cigarette au bec. C'est un peu pour la frime. - L.Sénéchal: On revient de loin.
C'était les années 70. Il y avait urgence. 66 000 morts par an liées au tabac. 1 homme sur 5 meurt du tabac par an. - Y.Neuder: Il y a des causes cancérologiques, le cancer du poumon. 40 000 décès par an.
Des attaques cardiaques, des accidents vasculaires...
Beaucoup de facteurs peuvent altérer la santé. Il y a des facteurs évitables: l'alcool, le tabac...
Ca réduirait de près de 50 % les cancers. - A.-E.Lemoine: Il faut limiter les occasions de fumer. - Y.Neuder: Il ne faut pas soumettre les autres à la fumée.
François Bayrou