Nicolas Dupont-Aignan invité de RCJ
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteÉludée
Vous avez décidé de ne pas accueillir de réfugiés ailleurs, la ville dont vous êtes maire. Pourquoi avoir adopté cette position ?
- 2:40RelanceRéponse partielle
Il s'agit de 24 000 personnes, on en reçoit...
- 4:10RelanceRéponse directe
Mais vous voulez quoi en Europe ? Je ne comprends pas votre raison.
- 7:14OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez les maires qui disent « Nous on veut bien recevoir des réfugiés à condition qu'ils soient chrétiens » ?
- 12:31OuverteRéponse directe
Monsieur Dupont-Aignan, tout à l'heure, on parlait de la Syrie. Qu'est-ce que vous pensez de la position du gouvernement sur les frappes aériennes ?
- 18:16FerméeRéponse directe
Alors donc la solution, ce serait des centres de rétention à Cayenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:20Invité politiqueChiffre
« On accueille plus d'un million de migrants cette année en Europe, plus d'un million. »
- 5:25Invité politiqueChiffre
« Nous avons 700 000 en France, personnes qui n'ont pas de logement. »
- 6:43Invité politiqueFait
« J'ai vu à l'Eros et à Kos, des jeunes hommes arrivés avec smartphone, des milliers d'euros en poche, barraqués. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Une Turquie qui joue totalement double jeu et qui achète tout le pétrole de Daech alors qu'on leur donne des milliards. »
- 9:54Invité politiquePromesse
« J'ai déposé une proposition de loi pour rétablir les contrôles aux frontières nationales, ce qui ne veut pas dire un mur, mais un filtre. »
- 21:47Invité politiqueChiffre
« 75% des Français ne veulent pas voir revenir Sarkozy. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan78 %
- Présentateur10 %
- ?9 %
- Présentateur 24 %
≈ 65,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Nadejpul, Jacques Hermann qui reçoit aujourd'hui Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, maire d'hier,
président
du mouvement Debout la France. Madame, monsieur, bonjour. Bonjour. Bonjour monsieur Dupont-Aignan. Bonjour
madame.
Alors vous avez décidé de ne pas accueillir de réfugiés ailleurs, la ville dont vous êtes maire. Vous avez même évoqué un concours d'hypocrisie à ce propos. Pourquoi avoir adopté cette position ?
Parce
que je suis abasourdi, scandalisé
par
l'offensive médiatico-politique
totalement
irresponsable
qui
s'est engagée depuis une semaine, qui submerge les français
et
qui vise à faire passer l'un des peuples les plus généreux
du
monde
en
termes d'immigration depuis 20 ans pour un peuple horrible qui n'aurait pas de cœur et qui voudrait fermer son pays aux gentils réfugiés malheureux. Il y a des réfugiés, il y a des situations atroces, je le sais. Simplement, j'étais l'un des hommes politiques à aller
à
la frontière turque et grecque, sur les îles grecques, il y
a
15 jours, pour voir ce qui se passait.
A l'Esbos notamment ?
Pas à l'Esbos, j'étais à Kos et à l'Eros. Et ce que j'ai vu, je pense, m'a fait changer d'avis sur beaucoup de choses. Il y a des familles
de
réfugiés qui fendent le cœur,
c
'est évident.
Mais
il y a surtout des jeunes hommes qui étaient en Turquie,
qui
avaient fui la Syrie, c'est vrai, mais qui étaient en Turquie, et qui ont décidé,
et
on peut les comprendre, de tenter leur chance économique en Europe.
Et
j'estime que notre pays a déjà fait tellement d'efforts, et fait tellement d'efforts, et ma ville, dans ma circonscription, il y a 47 nationalités, on a du cœur, j'ai créé le premier,
un
foyer, notamment pour les femmes, etc. Donc je n
'ai
pas de leçon de générosité à recevoir. J'estime
que
c'est totalement irresponsable,
ce
concours, à qui va le mieux accueillir, le plus accueillir. En tout cas, c'est normal que les églises, les associations le fassent, mais ce n
'est
pas aux hommes politiques d'en briller, parce qu'on est en train
de
créer un appel d'air absolument prodigieux,
qui
va poser des problèmes économiques en Europe et sociaux considérables. Donc je dis que
dans
ces affaires graves, il faut plutôt des hommes d'État que des animateurs de télévision, au sens, vous voyez ce que je veux dire, où chacun passe devant les télévisions pour avoir l'air généreux. Je pense que notre rôle d'homme politique, c'est de dire, danger, qu'il y
ait
des familles de réfugiés exceptionnelles, droits d'asile, bien contrôlés, qui puissent, dans des cas particuliers, être accueillis ? Oui. En revanche, qu'on ouvre grand les portes,
qu
'on se livre à
cette concurrence... On ouvre
pas grand les portes, il s'agit de 24 000 personnes, on en reçoit... Il y a 200 000 immigrés économiques chaque année. Là, il s'agit de 24 000 réfugiés politiques qui fuient Daesh, c'est-à-dire les horreurs de l'État islamique.
C
'est aussi une réalité.
Non,
non, non, sur deux points.
Le
premier point,
c
'est qu'il n
'y a
pas de frontière dans l'Union Européenne, avec l'espace Schengen, vous le savez. Donc quand on nous dit 24 000, d'ailleurs Juncker vient de dire qu'il en faudrait encore 160 000 de plus, on a mis le doigt dans un engrenage. Les 800 000 qui arrivent en Allemagne,
demain
matin, ils peuvent venir s'ils en ont envie en France. Donc ça veut dire que ce système des quotas est totalement médiatique. On accueille plus d'un million de migrants cette année en Europe, plus d'un million. Au rythme annuel sur les côtes grecques, c'est 100 000 par mois. A Lampedusa, c'est 100 000 par mois, donc on va être sur 2 millions. Et même le journal Libération, qui n
'est
pas suspect de m'être favorable, hier ou avant-hier titrait, les annonces de Hollande et de Merkel incitent beaucoup de Syriens, beaucoup d'habitants de Turquie et d'autres, à venir en Europe. Donc au lieu de dire la vérité et de dire,
il
y
a
un drame, et on va en parler après j'imagine, l'affaire de Syrie, parce qu'il faut quand même traiter les causes. Au lieu de dire à ces malheureux, attention, l'Europe ne pourra pas vous accueillir tous, on va détruire les barques des passeurs, on va être fermes, on pourra accueillir quelques martyrs s'il y en a vraiment. Et il y en a
de
Syrie, mais pourquoi viendrait-il en Europe ? J'avais un de vos confrères qui...
Mais vous
voulez-vous qu'ils aillent ? Je ne comprends pas votre
raison. Justement,
j'avais un de vos confrères qui me dit, avant-hier, il me dit, mais nous avons accueilli au moment de la guerre d'Espagne des Espagnols. Mais ça n'a rien à voir, les Espagnols sont nos voisins. Là, si dès qu
'il
y
a
un conflit dans le monde,
je
prends l'exemple de l'Erythrée,
on
nous dit qu
'il
faut accueillir les Erythréens.
Mais
il y a beaucoup de pays entre l'Erythrée et l'Europe. L'Arabie Saoudite, le Qatar ont fermé toutes leurs frontières. Est-ce
qu'on peut rentrer à l'Erythrée et elle, plus en lui, devenir en Europe qu'en
Arabie Saoudite ? Sans doute. Mais si on part de ce principe, qu
'est
-ce qu'on fait ?
On
accueille des dizaines de millions de personnes en Europe
? Mais
vous voulez quoi en Europe ? Moi, je suis homme politique français. Je suis chargé,
je me
crois chargé, en tout cas je suis élu pour ça, de défendre les intérêts de mon pays en bonne coopération avec le reste du monde. Il n
'y a
pas un pays au monde, il n
'y a
pas un continent au monde
qui
se livre à cette surenchère malsaine qui va créer un chaos migratoire social et économique.
Je
suis élu de banlieue, je connais ma banlieue, vous pouvez me le reconnaître par cœur,
et
je suis réélu quand même assez fréquemment, je pense.
Nous
sommes à bout de souffle.
Nous
avons
en
Essonne des camps de Rome le long des routes. Nous avons 700 000 en France, personnes qui n'ont pas de logement. Ce n
'est
pas qu'ils sont mal logés, qui n'ont pas de logement.
Nous
avons des dizaines de milliers de personnes qui dorment dans la rue et dans leur voiture, qu'ils soient français ou étrangers, en situation régulière ou irrégulière. Nous sommes un pays à bout de souffle, et tous ces beaux esprits nous disent qu
'il
faut en amener encore plus. C
'est
irresponsable. Et mon devoir d'homme politique, c'est de voir peut-être un petit peu loin que le bout de la lorniette, et d'aller un peu au-delà de l'émotion, parce que je ne pense pas qu'on puisse gouverner un pays uniquement en fonction de l'émotion. Vous savez,
il
y
a
eu cette image atroce de ce bébé sur la plage turque.
On
a voulu culpabiliser l'Europe avec cette image. Si on avait montré une personne décapitée, si les journaux avaient décidé de montrer une personne décapitée d'âge,
il
y aurait eu une autre émotion, d'une autre nature.
Donc
moi je me méfie beaucoup, beaucoup, du gouvernement de l'émotion.
C
'est normal encore une fois que les églises, les associations fassent leur boulot humanitaire. Mais ce n
'est
pas normal que les responsables politiques alimentent un cercle infernal, une mécanique infernale qui va obligatoirement créer des déceptions considérables. J'ajoute dernier point,
que
personne ne parle, parce que ça ce n
'est
pas politiquement correct, des djihadistes qui sont dans la masse. Moi j'ai vu à l'Eros et à Kos,
des
jeunes hommes arrivés avec smartphone, des milliers d'euros en poche, barraqués. Je ne
peux
pas vous dire qu'ils étaient djihadistes. Mais en tout cas, tous les gens que
j
'ai rencontrés là-bas, policiers grecs et autres, m'ont dit qu'il était évident
que
parmi l'ensemble de ces personnes, il y avait des gens infiltrés. Quelle naïveté ! Quelle naïveté ! Alors, est-ce qu'il ne serait pas temps en Europe
d
'être humain ? Bien sûr, il ne
s
'agit pas d'être inhumain. Mais l'humanité ne doit pas entraîner la naïveté. Voilà, c'est tout ce que je dis.
Est
-ce que vous comprenez les maires qui disent « Nous on veut bien recevoir des réfugiés à condition qu'ils soient chrétiens ?
»
Oui et
non.
Je peux comprendre, parce que
les
chrétiens d'Orient sont massacrés dans une certaine indifférence. Il
faut
quand même le reconnaître. Et c'est d'ailleurs insupportable. Je vous renvoie à un très bon éditorial de Renaud Girard dans Le Figaro il y a une semaine qui met un parallèle assez flagrant entre la montée du nazisme et l'impuissance des démocraties et la montée de Daech et le silence coupable de nos dirigeants.
C
'est un parallèle, c'était il y
a
une semaine et c'est un article très fort.
Le silence
coupable, je vous trouve bien
sévère.
Pourquoi le silence coupable
?
Moi je vais vous dire le silence coupable. Une Turquie qui joue totalement double jeu et qui achète tout le pétrole de Daech alors
qu'on leur donne des milliards. Vous parlez de nos responsables, je ne parle
pas de la Turquie.
Oui mais
des
pays du Golfe
qui
ont retourné un peu leur veste heureusement mais qui ne sont quand même pas très clairs.
des
gouvernements qui ont préféré combattre Assad au départ que Daech et qui ont livré des armes aux opposants modérés d'Assad
qui se
retrouvent chez Daech. Donc en tout cas, je n'ai pas le sentiment qu'il y
ait
un réveil suffisant. Parce que je pense que si on n'élimine pas le cancer de Daech au Moyen-Orient, il va se répandre en métastase, notamment au Maghreb, avec la Libye. Donc l'affaire est gravissime. Ça fait des mois qu'on alerte à la commission de la commission des affaires étrangères, des mois qu'on alerte le gouvernement. Et Laurent Fabius sur ce dossier, alors que sur le Mali j'avais soutenu le gouvernement, donc je ne
suis
pas suspect d'anti-hollandisme primaire, je ne comprends pas le retard à l'allumage, et surtout l'erreur stratégique de François Hollande et de Laurent Fabius sur ce dossier.
Bon,
bref. Donc je reviens, on en était à votre première question, c'était sur,
je
dis que
je comprends qu'il y
a entre guillemets le sentiment que les chrétiens sont décapités. Il y a une obligation, et que les chrétiens en Turquie ou en Arabie Saoudite, ce n
'est
peut-être pas leur environnement favorable, mais pour autant je pense qu'un maire ne peut pas dire, je sélectionne les migrants en fonction de la religion, nous sommes un pays laïque, nous sommes un pays très fragile, très fragile, et face à la fragilité et le communautarisme rampant qui est en train de détruire la France, je dis qu'il ne
faut
pas rentrer dans un cercle infernal. Donc,
en
gros, pour résumer ma pensée, oui, au droit d'asile bien contrôlé, mais comme il n'est pas contrôlé, comme les frontières sont totalement ouvertes. Et j'ai lancé d'ailleurs
une
pétition pour un référendum d'initiative populaire, vous savez que la constitution le permet, article 11, maintenant il faut 4 millions de signatures et 185 parlementaires, donc j'ai déposé une proposition de loi pour rétablir les contrôles aux frontières nationales, ce qui ne veut pas dire un mur, mais un filtre.
Et
s'il n
'y
a pas de filtre,
il y a un mur. Donc, vous
parlez des frontières nationales. Nationale. Parce que, par exemple, je pense à Nicolas Sarkozy qui lui demande un nouveau Schengen, qu'on refonde Schengen, avec un contrôle plus ferme, plus assuré aux frontières de l'Europe. Vous, vous parlez bien des frontières nationales.
Oui, parce
que l'option de Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy fait la moitié du chemin.
C
'est-à-dire qu'il dit, et je m'en réjouis, parce que je le demande depuis des années, il faut suspendre Schengen provisoirement.
Il
a raison. Je l'ai proposé avant.
Et
d'ailleurs, c'est lui qui a ouvert. Donc, je suis ravi qu'il change d'avis. Et le deuxième point, il dit, mais il faut mettre des frontières européennes. Mais ça fait 20 ans qu'on dit ça. Et moi, je peux vous dire, pour avoir été en Grèce, en Italie et partout, j'ai bien vu, il n
'y
aura pas de frontières européennes.
Je
vais vous dire pourquoi. Parce que le pays qui est à la frontière européenne, il sait très bien que le migrant ne
va
pas rester chez lui.
Les
autorités grecques, elles savent que les migrants ne vont pas s'arrêter en Grèce. Donc, ils ne sont pas incités à contrôler leur frontière européenne. C'est pour
ça
que la frontière européenne ne peut pas marcher. Je demande aux Français de signer ma pétition pour le retour des frontières nationales.
Je
vous renvoie au magnifique livre de Régis Debray sur la frontière. La frontière n'est pas un mur. C'est quand il n
'y
a pas de frontières
qu'il
y a la jungle, les haines et à la fin le mur. La frontière, c'est un filtre. Tous les pays du monde ont des frontières. On ouvre ou voit sa porte en fonction de la circonstance. Israël, le Maroc, l'Algérie, le Japon, la Russie, tous les pays du monde. Nous, on a voulu créer un mythe
d
'une Europe sans frontières. On voit le résultat. C'est le chaos.
Donc,
si on n'est pas capable de rétablir des frontières nationales qui sont des filtres qui permettent de contrôler le problème de sécurité aussi, eh bien, vous verrez que des murs se lèveront ici ou là. J'étais à Calais il
y
a une semaine. C'est abominable ce qu
'on
voit à Calais. Je vous invite les journalistes à aller voir le gigantesque bidonville de Calais. C'est monstrueux de se dire qu'en République, on en arrive là.
Mais
c'est parce que nous avons eu des hommes politiques faibles et qui continuent à se répandre en bon sentiment. Ils ne jouent pas leur rôle d'hommes politiques.
Et
qu'ils aillent dans des associations humanitaires. C'est le boulot des associations humanitaires. Nous, nous sommes des hommes politiques et normalement, on devrait être des hommes d'État.
Vous écoutez l'invité du jeudi. Aujourd'hui, Nadège Pulja-Kerman reçoit Nicolas Dupont-Aignan à une page de publicité. Nous nous retrouvons dans un instant.
L
'invité politique du jeudi, Nadège Pulja-Kerman.
Nadège Pulja-Kerman qui reçoit aujourd'hui Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, maire d'hier, président du mouvement Debout la France. Monsieur Dupont-Aignan, tout à
l
'heure, on parlait de la Syrie. J'aurais bien aimé savoir quelle est votre position. Certains pensent qu'il faut faire des frappes aériennes, c'est notre gouvernement. D'autres pensent qu'il faut également envoyer des troupes au sol, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire. Et d'autres pensent qu'il faut se contenter d'experts, Nicolas Sarkozy. D'autres ne vont absolument pas envoyer le français au sol. Alors, qu'est-ce que vous pensez, vous, monsieur Dupont-Aignan
? Le
préalable
fondamental,
c'est qu'on ne peut pas combattre deux cibles à la fois.
Quand
on a voulu abattre Hitler, on s'est allié à Staline. Est-ce qu'on aimait Staline
?
Non.
Si
on veut combattre Dach, malheureusement, il faut au moins s'appuyer provisoirement sur Assad.
Ça
ne
fait
pas plaisir. On a vu les dégâts de l'intervention contre Kadhafi. Bernard-Henri Lévy qui, sur l'émotion, vous voyez, la politique de l'émotion est très dangereuse. Benghazi, tout le monde était ému. En réalité, on a la charia, le trafic d'armes, l'immigration massive. Donc, on ne peut pas aimer Saddam Hussein, Kadhafi et Assad. C'est des états structurés et quand on les combat et qu
'on
les détruit, il
n'y
a plus rien. Donc, moi, je vous dis, ce n
'est
pas agréable à dire.
Mais
là aussi, c'est le rôle.
Est
-ce qu'on fait de la communication ou on gouverne
?
Il faut,
et
les Américains commencent à le comprendre, s'appuyer sur Assad pour éliminer Dach. Pour ça, il faut accepter d'intervenir en Syrie et donc se coordonner obligatoirement avec Assad. Intervenir sur le sol également ?
Sur
le sol, mais on y passera. Le drame, c'est qu
'on ne peut pas le faire seul. Avec des soldats
français ou avec des soldats de
la
région
? L
'idéal, c'est une coalition.
Si la France y va
seul,
elle
ne peut pas le faire. On a fait le Mali, on est en Centrafrique, on n
'a
pas les moyens de le faire. Il faut quand même être lucide. Donc, ceux qui disent demain matin, on envoie des soldats français, racontent des salades. En revanche, il faut que la France change de politique et dise, il faut une coalition internationale. On va mettre au pied du mur les alliés de la région. Qu'est-ce qu'ils veulent vraiment
? Ce
qu
'ils
soutiennent en douce, c'est ce qu'ils veulent vraiment combattre. Et puis, malheureusement, il y a l'incertitude américaine. Ce qui est tragique dans cette affaire,
c
'est que les Américains sont intervenus quand il ne fallait pas intervenir
contre
Saddam Hussein. Et que maintenant, traumatisés par l'affaire Saddam Hussein et l'Irak, ils ne veulent plus intervenir là au moment où c'est dangereux. Parce qu'il est évident qu'il faut associer la Russie, d'où
ma
politique telle que je la propose ou d'autres sur la Russie. Il faut associer les Américains et il faut associer l'ensemble des états de la région. Donc c'est très compliqué. Je ne
vais
pas vous dire que c'est simple. Celui qui vous dit aujourd'hui que
c
'est simple, il se trompe. Mais en revanche, il ne
faut
pas se tromper déjà de ligne politique.
La
ligne politique, c'est si on n'élimine pas ces fous furieux, ce fascisme vert qui est en train de gangréner
tout
le Moyen-Orient, nous allons le payer tellement cher.
C'est
-à-dire que la Tunisie est fragile, l'Algérie est fragile, le Maroc est fragile. Est-ce qu'on se rend compte de ce qui est devant nous
?
Mais je n
'ai
pas l'impression. Je suis très surpris, pourtant je ne me pense pas à être un expert international. Je regarde, j'écris, je lis, comme un citoyen un peu à plus investi. Et je suis très surpris de cette espèce de court-termisme, de naïveté, de légèreté de nos responsables politiques. Et ça fait vraiment penser à
l
'entre-deux-guerres. Vous savez, l'histoire ne se répète jamais. Mais il y a des leçons de
l
'histoire.
Et
j'ai l'impression qu'on ne tire pas les leçons de l'histoire. Donc moi je pense qu'il faut tout faire pour éliminer Dash, qu'il faut choisir nos alliés, qu'il faut sensibiliser les Américains qui malheureusement rentrent en campagne. Et je crains qu
'on
perde du temps, mais en tout cas, il faut avoir l'esprit clair déjà. Si la France avait l'esprit clair, ça se saurait. Malheureusement, ce n
'est
pas le cas.
Écoutez, M. Dupont-Aignan,
on va revenir à une activité
plus française. C'est le sentiment que j'ai. Mais c'est bien triste.
Vous
savez, juste un point, Nadej Pujac. Vous savez, les Français commencent à comprendre
qu
'on arrive dans des périodes extrêmement difficiles et troublées. Ce qui s'est passé dans le Thalys, la légèreté sur le suivi des djihadistes en France est ahurissante. Quand vous savez que le ministre de l'Intérieur, j'insiste là-dessus, reconnaît qu'il
y a
860
fiches
S de djihadistes revenus de Syrie, dont 130 étrangers qui ne sont toujours pas expulsés de France.
J
'ai proposé qu'on envoie les Français à Cayenne. Alors on a hurlé, que je méprisais la Guyane, ce
n
'est pas ça que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est qu'on les isole. Mais on a mille bombes volantes dans notre pays, des types qui ont été quand même,
qui ont
quitté la France, leur famille, pour aller avec des gens qui décapitent,
qui
massacrent. Ils ont quitté, ils sont Français ou étrangers,
et
tout le monde trouve normal qu
'ils
soient sur notre sol.
Et
on ne fait rien.
Mais
est-ce que vous réalisez ce qui se passe ? Et combien d'attentats il faudra attendre ? Moi je suis outré de cette naïveté, de cette légèreté. Parce qu'en fait, vous savez,
ils
ne veulent pas changer leur système de... Ils n'arrivent pas à comprendre l'époque qui change. Ils sont sur leur vieux système, leur vieux logiciel. Ah on ne
va
pas... Ah ben non, ça ne se fait pas. Ben si, nous sommes en guerre. Donc il
y a
un moment, il faut peut-être se défendre. Ça ne veut pas dire abandonner notre démocratie, ça ne
veut
pas dire faire n'importe quoi, bien sûr. Mais il y
a
un moment, plutôt que de surveiller la France entière avec la loi sur le renseignement, qu'on n
'est
d'ailleurs pas capable de traiter, parce que qui va surveiller toutes les conversations internet de tout le monde, c'est impossible. En revanche, il y a mille types qu'on connaît, qui sont fichés,
ben
non,
on ne
peut rien faire.
Alors donc la solution, ce
serait des centres de rétention à
Cayenne ?
Des centres de
rétention
à Cayenne ou dans un territoire isolé, hors de métropole, pour les couper
de leur
base, pour les Français. Des choix de la nationalité quand ils sont binationaux,
ils
retournent dans leur pays de nationalité, et quand ils sont étrangers, les expulser immédiatement, avec interdition de territoire. Mais pour ça,
il
faut des frontières. Car le drame de la France,
c
'est qu'elle ne maîtrise pas ses frontières. L'Angleterre le fait.
L
'Angleterre n'est pas dans Schengen. Eh bien oui, c'est sa chance.
On
va revenir à une actualité plus française, si vous le voulez bien. Le 26 septembre, vous allez participer à une rencontre à l'Assemblée, avec Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. Elle est annulée. Ah bon, alors on n
'en
parle pas. Elle
est
reportée. Elle est
annulée ou reportée ? Je ne sais pas.
Alors,
M. Mélenchon est un peu sectaire, et donc il ne veut pas participer.
D'accord, et Chevènement, alors, il était d'accord. Chevènement, il était tout à fait d'accord. Et d'ailleurs, vous aviez
déjà accueilli M. Chevènement à votre université d'été. On a quand même l'impression que les lignes bougent. Est-ce que vous pourriez vous retrouver dans une structure commune ? Alors, je sais que vous n'aimez pas le terme de souverainiste. Alors, je vais essayer d'en trouver un autre. Eurosceptique, peut-être ? Non, gaulliste. Gaulliste, oui. Patriote, indépendantiste.
Indépendantiste, parce que notre pays n'est plus gouverné. Non, mais
le pays
est
gouverné de l'extérieur.
Il
n
'y a
pas un pays qui accepterait ça, mais... Mais
est-ce que vous êtes prêts à vous retrouver dans une structure
? En tout
cas,
je pense...
Des personnalités
comme vous, comme M. Chevènement ?
Mais
ce n
'est
pas une question de structure, les structures...
Ah, mais pour agir, c'est bien d'être dans une
structure. C'est
déjà... Vous
savez, les Français ont compris qu
'il
n
'y
avait rien à attendre des socialistes.
Ils
sont vaccinés. Ils ont compris qu'il y avait quand même un problème aux Républicains qui disent tout et le contraire de tout. Et qui ont déjà gouverné, ça n
'a
pas été brillant.
Ils
sont tentés par le Front National, mais ils voient bien que le Front National, on ne
peut
pas confier la France à une famille
comme
la famille Le Pen et qui n'a pas de projet sérieux. Et s'il y a 25 millions d'abstentions, enfin la moitié,
il
y
a
44 millions d'électeurs. Allez, 22 millions d'abstentions, c'est bien parce que les Français sont écoeurés. Alors, on enferme les Français dans le système à trois, là. Si vous n'êtes pas content de ceux qui existent, allez au Front National. Mais comme le Front National, ce n
'est
pas terrible, restez avec nous. En gros, c'est ça. Moi, tout mon combat politique,
c
'est d'offrir une rupture sans l'aventure. Une rupture sérieuse, crédible. Et dans ce travail que je fais avec Debout la France, et on se développe beaucoup, j'ai un sondage en Ile-de-France, je suis candidat, vous le savez peut-être,
en
Ile-de-France, 8%. Avant,
on
me disait, vous ne représentez rien, c'est une 2%. Ça veut dire que les gens commencent à comprendre
ma
démarche politique. Et dans cette démarche, que des Henri Guénaud, par exemple, à droite, que des Jean-Pierre Chevènement, qui sont des hommes d'État, des gens qui ont la tête sur les épaules, qui ont une vision de la France, qui savent qu'il faut retrouver nos frontières, qu'il faut avoir une stratégie industrielle, qu'il faut penser à l'avenir, qu'il faut être rigoureux dans nos finances publiques, qu'il faut aider nos PME. Des choses simples, qui ne sont proposées en fait par personne. Parce que soit, vous continuez avec ceux qui ont échoué, soit vous partez au Front National.
Moi, mon rêve politique, c'est pour l'instant encore à l'État embryonnaire, mais on progresse beaucoup, c'est de dire aux Français, et ils commencent à le voir, que Debout la France est capable de rassembler des gens
qui
aiment leur pays et qui ont la tête sur les épaules.
Alors, puisque vous le dites, c'est que vous avez des grandes ambitions, enfin peut-être, en tous les cas, vous allez nous expliquer. Vous avez été candidat à
l
'élection présidentielle
en
2012. Est-ce que
vous le serez
? C'était déjà une grande ambition.
Et un certain courage.
Et un certain courage.
Dites où
je venais. Bon,
est-ce que vous pourriez l'être à nouveau en 2017 ? Le temps de 2017 n'est pas encore là. Moi, je suis engagé dans les élections régionales déjà. Aux européennes, on a fait 4% des voix, on en avait fait 2 à la présidentielle. Aujourd'hui, les sondages vont mettre à 8, en Ile-de-France et 5-6 dans les autres régions. Au régional, pour la première fois, les Français vont avoir un autre choix.
Ils
ont toujours UMP, PS, Front National. Et ils vont à la pêche. Ou alors, ils votent pour les 3. Et bien, je vais vous donner un exemple, Nadège. 78% des Français, dernier sondage, ne veulent pas voir réélire
François
Hollande. C'est quand même impressionnant. 75% des Français ne veulent pas voir revenir Sarkozy. C'est impressionnant. Et il
y
a 70% des Français qui ne veulent pas donner les clés de la Maison France à Mme Le Pen.
Et
c'est les 3 personnalités dont on parle le plus dans les journaux et à la télévision.
J'en connais d'autres dont on parle. Oui.
C
'est leur chance, aussi bien droite qu'à gauche.
En
tous les cas,
par exemple, des régionales... Mais à reconnaître que
ces 3-là, les Français n'en veulent plus. Bon, parler... Ou n'en veulent pas.
On parle des élections régionales. Oui. Alors, arrive le second tour. Alors, où c'est la droite ou la gauche ? Où le Front National en première position, en deuxième position ? Qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que vous appelez à voter pour l'un ou pour l'autre des candidats
?
Vous
êtes trop jeune, Nadège, plus Jacques. Vous me prêtez ? Mais souvenez-vous de l'élection à Paris.
Quand
Jacques Chirac
est
parti à 10% des voix et a emporté Paris. Personne ne misait un copec sur lui. Moi, je suis
candidat à la région Île
-de-France pour gagner. Parce que je vais offrir à la région Île-de-France
une
autre alternative. Et les gens vont se dire, tiens, est-ce qu'on reprend ? Bon, Bartholone, sûrement pas. Pécresse, elle a été ministre.
Elle
a vocation à être ministre d'un nouveau gouvernement de droite. Elle veut la région pour faire un fief. Mais ce n
'est
pas ça qui intéresse.
Moi, je serai le seul maire de terrain. Alors, Dupont-Aignan, nouveau Chirac.
Ça serait une super surprise. Moi, je pense que ça donnerait un peu d'espoir. En tout cas, c'est ce que je vais proposer. Et
puis
après, les Franciliens choisiront. Mais
arrêtez
d'obliger les gens à choisir des partis ou des leaders dont les Français ne veulent plus.
Arrêtez, laissez le choix. On verra
bien. On verra bien. Offrons le choix. En tout cas, mon boulot, c'est d'offrir le choix. Vous, vous êtes dans votre rôle à dire M. Dupont-Aignan, vous êtes peut-être un peu optimiste. Eh bien, moi, je suis dans mon boulot à dire j'offre un nouveau choix. Et si on pouvait bouleverser le régime, le système politique français, pourquoi on n'oserait pas ? Pourquoi ce conservatisme ? C'est dans tous les domaines, le conservatisme français, vous savez, économique, social, un peu d'air. D'ailleurs, ils veulent tous la concurrence, sauf en politique. Vous avez remarqué
? Voilà, c'est la fin de cette
édition. Merci à l'un et à l'autre. Moi, j'ai une question. Elle
est
sur le bout de mes lèvres depuis tout à l'heure. Donc, j'attendais peut-être que Nadège la pose. Vous aviez dit que vous n'étiez pas contre prendre Marine Le Pen comme Premier ministre.
Mais ça, c'est une intoxication. Vous êtes toujours sur votre... Assez de l'intoxication, ça ? Mais attendez. Il
faut que
je
le répète 100 fois. J'ai dit ça au Figaro magazine quand je parlais de Guénaud, Montebourg, Chevènement. Et je leur dis, et si je vous disais Le Pen, ça vous plairait
?
Et ils ont gardé dans l'interview que ça. Et la bande en fait foi. Et après, ça a été sorti, etc. Voilà. Donc, tout
ça, c'est de la littérature.
C'était bien que ce soit précisé. Merci infiniment d'avoir été avec nous. L'invité du politique du jeudi de Nadège Puljakerman était donc Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, maire d'hier, président du mouvement Demain la France.
Merci d'avoir regardé
cette
vidéo
!
Nicolas Dupont-Aignan