Anasse Kazib : Pourquoi il ne rejoindra ni Mélenchon ni Arthaud
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La tâche, elle n'est pas aisée quand on est un militant révolutionnaire et puis quand on est aussi un arabe, il faut dire la vérité. Moi, j'ai toujours été quelqu'un qui a été marqué par la barbarie du système capitaliste en réalité. C'est-à-dire que je suis le sous-produit de cette histoire coloniale qu'ont vécu nos parents. Que ce soit l'oppression patriarcale ou l'oppression raciale, elle participe également à alimenter ce qui est central, c'est l'exploitation capitaliste. Et comment on vit comme ça ? Tu vois, quand on gagne 1 500 euros, on pense qu'il faudrait que le SMIC soit au moins à 2 000 euros net aujourd'hui.
Ceux qui ont pu faire reculer par moment Emmanuel Macron, c'est les mouvements de lutte de classe. Je te donne juste un exemple, les gilets jaunes. S'il y a Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour...
Bonjour à toutes et à tous, j'espère que vous êtes bien installés dans votre fauteuil. Le nôtre reçoit aujourd'hui Anas Kazim, il est candidat à la présidentielle avec Révolution Permanente. Il est cheminot et militant syndical à Sud-Rail. Bonjour Anas.
Bonjour Amira.
Tu vas bien ?
Ça va et toi ?
Alors on n'a pas l'habitude de recevoir des candidats à la présidentielle comme toi. On est habitué aux grandes écoles, aux costumes-cravates. Là on le voit bien, je ne sais pas si c'est cadré, mais en tout cas t'es en short, en basket.
Je n'ai pas mis de crème Nivea sur les genoux.
T'es en petit short, est-ce que si t'es élu, tu vas porter la cravate par exemple ?
Si je suis élu, non, non, non, c'est pas... Même les costumes, enfin je veux dire même sur les plateaux télé, même dans les débats, si débat présidentiel il y a, parce que ça c'est... Maintenant on voit qu'ils ne veulent plus trop débattre, les bourgeois, notamment avec l'extrême gauche. Non, moi je vais rester fidèle à moi-même. C'est nos vies en vrai. Dans le quotidien, il y a plus de gens qui me ressemblent que de gens qui se baladent en costume-cravate. À part si on se balade à la défense et qu'on est 4 sup. Mais voilà quoi.
Alors en 2022, t'avais déjà été candidat. En tout cas, tu avais voulu être candidat. On se souvient que t'avais récolté 160 parrainages, je crois. Est-ce qu'aujourd'hui, tu peux nous donner un chiffre ? Ou c'est du off, c'est encore secret ?
Aujourd'hui, on ne donne pas de chiffres. Mais après, pour préciser, on est sur les routes depuis la fin avril. Donc depuis la fin des élections municipales. On a commencé, pour avoir une idée en tête, pour avoir 160 parrainages. La dernière fois, on avait quasiment commencé presque à la fin de l'été, début septembre. Donc là, on a presque 3-4 mois d'avance par rapport à l'époque. On a, je dirais, quasiment 4 fois plus de camarades qui sont sur les routes. Plus plein de sympathisants aussi qui nous ont contactés depuis le lancement de la campagne. Qui ne sont pas des militants révolution permanente. Mais qui considèrent que cette candidature comporte, elle mérite d'exister et d'être là.
Donc voilà, on va se donner les moyens de les avoir, malgré tout le process antidémocratique profond que sont les 500 parrainages. Je pense que les gens, parfois je rencontre des gens qui trouvent assez dingue, en fait, l'état de siège de guerre qu'il faut pour aller récupérer 500 parrainages. C'est des milliers de maires à rencontrer, etc.
Parce que ce que tu veux, en fait, finalement, ce n'est pas un parrainage politique, mais c'est un parrainage démocratique. Tu veux pouvoir te présenter à la présidentielle ?
Oui, s'il y a des maires qui nous soutiennent politiquement, c'est très bien. Mais ce n'est pas ce qu'on demande. Et je pense, je ne vais pas parler au nom des autres candidats. Mais la réalité, c'est que les 500 parrainages, c'est un soutien démocratique. On leur a confié cette tâche-là de permettre à des candidats de pouvoir se présenter. Et donc, il faut savoir qu'il y a quasiment 40 000 personnes qui peuvent parrainer. Et que dans la précédente élection, il y a plus de 70 % qui parrainent personne. D'accord ? Donc, pour se rendre compte à quel point il y a une telle épée de Damoclès aussi au-dessus des maires, notamment les petits maires que nous, on va voir.
Bon, je n'aime pas trop le terme « petits maires », mais c'est ce qui s'entend. Petites communes, quoi. Voilà, ces petites communes de moins de 500 habitants, des ouvriers, des retraités, des agriculteurs, etc., qui ont plus de sensibilité au fait d'utiliser leur parrainage pour que d'autres voies existent, une voie ouvrière, etc. Mais ils ont aussi des pressions, parce qu'il y a l'interco, parce qu'il y a le département, il y a le conseil régional. Et donc, c'est là où on retrouve des républicains, des partis socialistes, etc. Et donc, les gens, ils disent « Ah ouais, moi, j'attends une subvention de la région.
Si Xavier Bertrand, il voit que j'ai parrainé Anaskazib ou je ne sais quel autre candidat et pas un républicain, moi, je vais me faire taper sur les doigts. » Donc ça, ils vous le disent ? Ils ont peur ? Ah oui, très clairement. Il y a même des maires, moi, je me souviens, en 2021-2022, des maires qui ont pris des pressions concrètes de conseils régionaux, etc., sans nous dire les noms, etc., mais qui ont dit « Écoutez, je suis désolé, je vais devoir retirer mon parrainage.
» Et ça devrait, en tout cas, moi, j'en parle librement, mais ça reste anormal et les gens devraient voir comment la politique qui existe, celle qu'on connaît, elle est totalement cadenassée, noyautée par une caste de politiciens bourgeois, que si tu n'as pas un parti avec des milliers et des milliers d'adhérents, si tu n'es pas tous les jours sur BFM TV, si tu n'as pas des millions d'euros en trésorerie, etc., que tu as été sénateur avant, député, ou ce que tu veux. En fait, on a mis en place une chaîne de choses qui font que, déjà, les 500, il faut aller les récolter. En plus de ça, quand tu arrives à t'approcher, on met des pressions au maire pour qu'ils retirent leur parrainage, etc.
Donc la tâche, elle n'est pas aisée. Quand on est un militant révolutionnaire, et puis quand on est aussi un arabe, il faut dire la vérité. Je veux dire, quand tu es dans des territoires de cette France dite périurbaine, où le Rassemblement national fait parfois des scores de 70-80%, tu as des maires qui te disent, voilà, moi je suis à l'opposé du Rassemblement national, mais vous comprenez que dans ma commune, ils n'ont peut-être même jamais vu un arabe ou un noir de leur vie.
Vous allez les voir, ces maires-là ?
Oui, on va les voir, oui. Et certains, même, heureusement, beaucoup nous parraînent, parce qu'ils voient aussi qu'il y a une nécessité de porter une voix qui leur ressemble. Et puis on connaît leur vie, je veux dire. Moi, parfois, il y a des maires qui sont des cheminots. Donc quand tu es un cheminot et tu es en phase 2, il ne va pas t'expliquer ce que c'est que d'être à découvert, ou ce qu'est la case des services publics, etc. Donc, je veux dire, il y a des difficultés, mais il y a aussi une véritable différence qu'eux voient entre les politiciens bourgeois qui leur envoient déjà des courriers. Ils ne se déplacent pas.
Et quand ils te voient te déplacer, ils voient des équipes militantes, mais ils sont ultra impactés. Ils disent, waouh, vous êtes venu dans le Gers me voir dans ma petite commune. Vous êtes le premier candidat qui vient me voir, etc. Donc ça, ça a de la valeur. Ils se disent, nous, on attache de l'importance à ça.
C'est ta plus-value à toi ?
Comment ?
C'est ta plus-value à toi d'être en contact direct ?
C'est notre plus-value. Vous pensez qu'Anne Hidalgo, je crois, fait quasiment 2000 parrainages, Anne Hidalgo, en 2022, pour 1,5%. Est-ce que c'est normal, ça ? Est-ce qu'une personne qui n'a, au final, même pas récolté 2% des suffrages, elle a eu encore plus de parrains que n'importe quel autre candidat, que même Emmanuel Macron ou d'autres ? C'est ça, la réalité aussi des choses. Et que nous, on est profondément contre le système des parrainages. On le dénonce. On le dénoncera, même si on fait le taf pour les récupérer. On considère que c'est primordial que la population, elle soit au courant de ce système profondément antidémocratique.
Alors, Anas, on se souvient de toi, c'était en 2018 avec les manifestations des cheminots. Comment on passe de militants syndicals, de cheminots, à vouloir devenir candidat à la présidentielle ? Alors, tu le dis bien, et on le sait, t'es dégoûté de la classe politique. Et que c'est justement peut-être ça qui t'emmène en politique ?
Je veux dire, je suis déjà toujours cheminot. Je travaille toujours. Et en fait, pour moi, le passage de simple, comment dire, militant syndical sur le terrain à militant politique révolutionnaire, c'est aussi une compréhension des limites et du cadre syndical tel qu'il est, de la crise du syndicalisme qui existe, de cet aspect corporatiste, de l'aspect que moi, je qualifie d'économiciste, entre guillemets, c'est-à-dire, voilà, en gros, on va se battre contre la question des retraites, contre la question des salaires, etc., mais pas avec l'idée générale de renversement du système capitaliste, de prise du pouvoir par les travailleuses et travailleurs.
Aujourd'hui, clairement, il n'y a pas de volonté de la part des organisations syndicales de porter un projet politique ou, en tout cas, de mener des luttes qui participent au renversement du système. Quand vous avez, par exemple, Sophie Binet, récemment, au moment du mouvement Bloquantou, au mois de septembre, etc., où il y a cette cacophonie où le cornu démissionne, Bayrou démissionne avant lui, le cornu, après avoir pris son poste, se dit, finalement, moi, je ne veux plus, etc., et qu'on a des organisations syndicales qui disent « Non, on n'est pas là pour faire tomber un gouvernement ». Donc, moi, je m'oppose à ça.
C'est-à-dire, moi, je suis cheminot, je suis syndicaliste, je suis militant révolutionnaire, moi, je suis pour faire tomber les gouvernements bourgeois et bien plus que simplement les faire tomber. Donc, pour moi, le fait de voir que c'est à travers une politique révolutionnaire, d'unité de la classe ouvrière, avec un combat idéologique et politique aussi qu'on peut mener ces choses-là à bien et que le syndicalisme, bon, je peux défendre des collègues, c'est ce que je fais au quotidien, obtenir des petites choses à la marge. Mais je veux dire, face au licenciement, face à la guerre, face au retour à la militarisation, tu vois, depuis le syndicat, comment je m'oppose à ça ?
Tu vois, comment je peux m'opposer à Donald Trump ? Comment je peux m'opposer à la guerre en Iran ? Comment je peux m'opposer à des attaques, la loi séparatisme, aux dissolutions de collectifs palestiniens, etc. Depuis le syndicat, malheureusement, il n'y a pas cette volonté-là.
Donc, tu es déçu de la politique aussi des syndicats. D'ailleurs, il y avait une manifestation, c'était le 10 juin et vous étiez quatre syndicats, vous avez été unis. Ça fait combien de temps que vous n'étiez pas unis pour une mobilisation ?
Ça ne fait pas très longtemps, mine de rien, parce que de plus en plus, il y a une forme d'unité syndicale, parce que aussi, les miettes qui pouvaient être données à la table des négociations avant, elles pouvaient être plus importantes. Aujourd'hui, je pense que même les syndicats dits les plus réformistes, comme la CFDT, l'UNSIDE, etc., qui, je veux dire, moi, j'ai connu une époque en 2016, mais les premières mobilisations importantes en France il y a une décennie, la CFDT, elle faisait partie du camp du Parti Socialiste qui mettait en place la loi El Khomri, la loi Travail, comme on l'avait appelée.
Aujourd'hui, même des organisations comme la CFDT, elles voient qu'elles ont une fin de non-recevoir, même à des miettes, vraiment des petites choses, et donc ils sont obligés de venir dans le terrain de la lutte, mais avec, pour moi, un objectif aussi qui est celui d'essayer de peser sur les négociations. Moi, je ne construis pas des grèves et je n'appelle pas les camarades à lutter pour peser sur les négociations, mais au contraire, pour essayer d'arracher beaucoup plus que simplement se défendre ou avoir des choses à la marche.
D'ailleurs, tu es contre les grèves perlées. Tu n'as pas trop ça. Tu penses que ça ne fonctionne pas vraiment ?
Je pense que ce n'est pas la grève reconductible en tout temps, toute heure. Moi, je suis conscient qu'il y a nécessité d'avoir des journées d'appel pour pouvoir commencer à battre le fer. Néanmoins, je pense que dans un rapport de force conscient, long, face à une classe qui est organisée, qui a sa justice, sa police, ses médias, qui a ses patrons, qui maintenant, ils utilisent même le télétravail, etc. Ils utilisent un certain nombre d'artifices pour contenir le maximum les journées de grève. Les gens voient bien qu'il y a plus de facilité à se réhabituer ou en tout cas à s'adapter à des journées de grève isolée.
Quand ça commence à taper dans le dur, quand tu commences à rentrer dans des mouvements reconductibles, plus larges, interprofessionnels, qui embarquent la jeunesse et autres, là, on est dans un rapport de force qui est totalement différent. Donc, je ne suis pas opposé aux grèves de 24 heures, aux grèves isolées par principe, mais je considère qu'à un moment donné, lorsqu'elles deviennent l'alpha et l'oméga de la stratégie, et je ne suis pas le seul, je veux dire, moi, je me rappelle au moment des grèves de 2023 pendant la réforme des retraites, on a eu 14 journées de grèves isolées de janvier à juin.
Je me rappelle, les gens qui n'étaient même pas des syndicalistes, ils disaient, à un moment donné, il faut y aller pour de vrai. Le gouvernement, il est en train de passer en force. Pourquoi on est encore en train de faire des journées séparées de trois semaines, etc., où les patrons savent se réadapter, ils ont des stocks. Oui, le stock, tu l'utilises quand l'usine est fermée, quand elle est fermée 24 heures et tu as des pneus pour deux semaines, tu peux tenir, mais quand ça commence à être beaucoup plus long, ça devient difficile.
Tu dis que c'était en 2022, en 2023, là, en 2026, la grève du 10 juin, vous avez fait exprès de ne pas la faire vendredi, veille de week-end ou veille de vacances. Est-ce que ce n'est pas un peu une régression, finalement ?
Je pense, moi, personnellement, ce n'est pas moi que je pense que la grève, elle doit appartenir aux grévistes et c'est à la base de décider. Le problème, c'est que souvent, les stratégies, elles sont imposées par en haut. Moi, je n'ai pas beaucoup de critiques à faire vis-à-vis de la grève du 10 juin parce que, mine de rien, elle a été meilleure que les attentes réelles, je pense, qui étaient derrière cette journée.
La CGT a dit qu'un cheminot sur deux est en grève. Franchement,
c'était énorme. Moi, je crois, dans mon secteur, moi, je suis à l'aiguillage des trains. on était dans mon établissement presque 70% des agents en production. Ça faisait très longtemps. Je veux dire, c'est des niveaux de grosses journées de mobilisation nationale. Mon interrogation, elle est maintenant.
Oui, la suite. D'ailleurs, vous avez décidé quoi ? Pour l'heure,
il n'y a rien. Et c'est pour ça que je suis aussi connu, certes comme syndicaliste, mais je suis aussi connu comme un de ceux qui sont les plus critiques vis-à-vis des stratégies de la défaite et des stratégies de la bureaucratie syndicale, etc. Ok,
donc tu passes maintenant en politique. Tu vas être candidat à la présidentielle. Quand tu as annoncé ta candidature la semaine dernière, c'était ça ?
Il y a presque deux semaines maintenant. Il y a même presque deux semaines.
Franchement, tu peux t'en féliciter. Beaucoup de médias ont parlé de toi. Merci. Il y a même Closer, d'ailleurs, qui a fait un article parce qu'il s'interrogeait un peu sur ta vie privée. Donc, j'ai lu Closer pour savoir. Donc, t'es mariée à une femme qui travaille à la SNCF et t'as trois enfants. C'est ça ?
J'ai trois enfants mais Closer s'est trompé. Je pense qu'ils ont pris juste un truc de fiche. Je ne sais pas d'où ils l'ont trouvé. Alors, pourquoi ils s'est trompé ? Tu en as plus ? Parce qu'ils ont mis deux et j'en ai trois depuis. donc, ils n'ont pas mis à jour leur article. Mais oui, effectivement, je suis...
T'es papa ?
Je suis papa. J'ai 39 ans. J'ai trois garçons. Le plus petit de 4 ans et le plus grand qui va avoir 14 ans bientôt. Et voilà. Comment ? Époux de cheminote et je suis même... Enfin, je suis fils de cheminot. Ma sœur est cheminote aussi.
C'est aussi ça qui t'a poussé en politique ? C'est par rapport à ce qu'a vécu ton père ou pas ?
Mon père, il a fait partie d'un procès dont je parle souvent. C'est le procès des Chibani de la SNCF. Chibani, en arabe, ça veut dire cheveux gris. C'est les fameux travailleurs marocains qui ont été embauchés soit au Maroc, soit ici depuis la France et qui, au final, n'avaient pas les mêmes droits que les Français, ni même la même retraite, ni même les mêmes conditions salariales et qui, au final, ont réussi après presque 15 ans de combats judiciaires à faire condamner la SNCF pour discrimination raciale, etc., et qui a obtenu gain de cause. Moi, j'ai souvenir, mon père était aiguilleur de train aussi à ses débuts. Est-ce que c'est la reproduction sociale aussi d'une certaine manière ?
Et puis, moi, j'ai toujours été quelqu'un qui a été marqué par la barbarie du système capitaliste en réalité. C'est-à-dire, je suis le sous-produit de cette histoire coloniale qu'ont vécu nos parents. Moi, mon père, il nous raconte comment ils ont été recrutés, etc., comment on leur a tâté les biceps, on leur a regardé les dents, etc., comme des animaux sur lesquels on a mis de mémoire, je crois, il me disait que c'était un rond sur la poitrine quand c'était validé, une croix quand la personne a été malade ou trop fragile, etc. et donc, je veux dire, c'est la continuité aujourd'hui de ce système capitaliste qui nous exploite, qui continue de nous opprimer.
Donc, moi, j'ai toujours été quelqu'un, moi, j'ai toujours entendu mon père dire moi, je suis un ouvrier. Mais mes parents, au départ, enfin, je veux dire, comme tous les parents d'enfants des quartiers racisés comme moi, on nous a tous dit moi, j'espère que tu seras médecin. mon père, il me disait que tu sois un avocat, un juge ou je ne sais quoi. Mais enfin, ils avaient l'impression qu'eux, ils s'étaient sacrifiés, ils avaient fait beaucoup de sacrifices, ils avaient vécu beaucoup de difficultés pour éviter que nous, on soit dans les mêmes difficultés financières, matérielles qu'eux.
Et puis, moi, je ne regrette à aucun moment d'être un travailleur comme mon père et être un membre de la classe ouvrière, etc. Justement,
tu parles souvent d'une nouvelle classe ouvrière. Est-ce que certains, comme les enseignants, les ingénieurs, n'ont peut-être pas conscience d'être ouvrier ? En fait, finalement, si je te comprends bien, tu es ouvrier, prolétaire, à partir du moment où ton salaire te sert à vivre.
Exactement. Merci de la définition très simple et claire, c'est ça. C'est celles et ceux qui n'ont pas d'autres moyens que leur force de travail, qu'elle soit physique ou intellectuelle pour pouvoir...
Donc tous les salariés sont ouvriers ?
Tous les salariés, sauf qu'on fait une exception, c'est notamment ceux qui sont dans les chaînes de commandement, qui ont un rôle coercitif, qui participent aux sanctions, aux licenciements, etc. des travailleurs. Mais oui, tu poses quelque chose qui est assez central, c'est que la classe ouvrière, elle n'a jamais été aussi importante, mais les gens ne se reconnaissent pas en fait dans cette classe-là, notamment peut-être pour plusieurs raisons, mais pour en identifier quelques-unes principalement, le premier, c'est qu'il y a une vision de l'ouvrier, du travail manuel peut-être ?
Non, mais de l'ouvrier surtout du début du siècle, c'est-à-dire l'ouvrier, c'est un homme blanc en bleu de travail et qui est à l'usine parce que notamment la classe ouvrière et l'ouvrier, même les définitions, notamment ici en France, elles s'appuyaient beaucoup sur le travail dans la métallurgie, dans l'industrie, etc. Il y en a moins aujourd'hui ? Il y en a moins, mais le travail, en fait, il a totalement évolué d'une part, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a énormément de travail dans les télécoms, dans la logistique, dans l'informatique, etc.
La classe ouvrière aussi, elle est beaucoup plus hétérogène qu'avant, c'est-à-dire que les femmes sont par exemple une nouvelle composante, quand on parle de nouvelle classe ouvrière, c'est aussi de voir comment dans cette classe ouvrière, elle est ultra féminisée et que notamment les femmes, elles occupent en grande majorité les emplois les plus précaires, il faut savoir que 80% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes et que ces femmes-là, elles n'ont pas juste des soucis de salaire, elles n'ont pas juste des soucis de repos ou de congé, elles ont aussi un autre souci qui est celui de l'oppression patriarcale et qu'en fait, on ne peut pas penser la lutte de classe, on ne peut pas penser les grèves et le combat face au système en omettant les particularités qui traversent cette classe.
Je parlais des femmes mais on peut prendre aussi les travailleurs racisés, immigrés, etc., qui sont souvent, pareil, cantonnés aux travaux les plus pénibles dans le bâtiment, la logistique, les coursiers, etc., la restauration et autres et qui sont aussi avec une oppression raciale supplémentaire et que ce soit l'oppression patriarcale ou l'oppression raciale, elles participent également à alimenter ce qui est central, c'est l'exploitation capitaliste. Donc à travers le racisme, etc., à travers le fait de mettre cette épée d'amoclès xénophobe et raciste sur des travailleurs, on va considérer qu'ils sont beaucoup plus exploitables.
On peut se permettre beaucoup plus de choses vis-à-vis de ne pas leur payer leurs heures supplémentaires, savoir qu'ils doivent fermer leur gueule parce que sinon le CERFA pour ton titre de séjour, ton renouvellement, je ne te le donnerai pas, etc., etc. Donc on ne peut pas en fait aujourd'hui mener un combat, une lutte sans penser à toutes ces questions-là qui traversent cette nouvelle classe ouvrière à travers sa composition et tous ses secteurs parce que ce n'est plus la classe ouvrière de l'époque des grands bastions industriels, des grands secteurs stratégiques, etc., des usines où il y avait 15 000 travailleurs, etc.
Aujourd'hui, l'écrasante majorité de cette classe, déjà, elle est loin du syndicalisme notamment, elle est loin des combats de grève, elle ne sait même pas si elle peut se mettre en grève, il y a des gens qui disent moi je ne sais même pas à quoi ça sert de mettre en grève, donc on parle de nouvelle classe ouvrière, c'est un élément objectif mais c'est aussi pour, dans cette présidentielle, lutter pour remettre en place cette conscience-là, pour dire aux gens que oui, si tu es aide-soignante, tu es membre de la classe ouvrière, si tu es un VTC qui est tenu et attaché par une application qui peut se fermer du jour au lendemain parce que tu as une étoile au lieu de cinq et que tu te retrouves, tu fais comment quand tu es VTC et que l'application elle te bannit ton compte quand tu es un livreur délivré ou qu'est-ce que tu fais ?
Sinon aller faire la manche ou quoi que ce soit pour essayer de te nourrir et ces personnes-là en fait, on leur a toujours fait croire qu'ils n'étaient pas membres d'une classe et aussi moi je m'oppose à cette classe politique dans son ensemble, gauche comprise,
qui n'a aucun intérêt
en fait et qui mène une lutte à mort je dirais une lutte à mort contre la conscience de classe en fait vous êtes citoyen vous êtes le peuple vous êtes des salariés vous êtes attaché à un contrat de subordination avec l'employeur mais l'exploitation capitaliste le rapport patron le renversement du capitalisme etc tout ça c'est derrière nous etc aujourd'hui c'est autre chose et donc on participe à tout ça essayer de défacer au plus possible cette conscience de classe
alors pour comprendre c'est quoi la nouvelle classe ouvrière on va diffuser ton clip de campagne je vous laisse le regarder on se retrouve dans quelques minutes
il paraît que la classe ouvrière a disparu elle a existé pendant des décennies mais plus maintenant
les usines ont fermé
le travail a évolué les salariés ne sont plus exploités au contraire ils sont privilégiés et trop payés d'ailleurs il n'y a plus d'ouvriers ils ont été remplacés par des employés par la classe moyenne les cheminots prennent en outage des français qui travaillent ou par des robots ou par des auto-entrepreneurs ou par des chômeurs il paraît pourtant chaque jour des millions de personnes vont au boulot passent leur journée sous les ordres d'un chef ou sous le contrôle d'une application conduisent des bus et des trains soignent des patients s'occupent de nos enfants bossent sur une chaîne de montage un chantier ou dans un entrepôt vendent leur force de travail pour pouvoir nourrir leur famille ou payer leurs études rien ne tourne sans eux rien ne tourne sans nous pourtant on n'arrive plus à vivre de notre travail on a l'impression d'être condamnés à l'inflation et au chômage à un monde de crise et de guerre à subir le sexisme le racisme les problèmes de papier et d'être privés de parole par les patrons et les politiciens mais on lutte aussi et on est capable de se faire entendre avec un gilet rouge un gilet jaune ou un gilet noir dans des grèves ou des manifestations des marches pour la Palestine ou contre la guerre en France et dans le monde entier en 2017 nous avons été la première opposition à Macron parce que ceux qui sont en première ligne c'est nous ceux qui ont intérêt à tout changer c'est nous ceux qui ont la force de le faire c'est nous parce que la classe ouvrière elle est partout sauf dans l'élection présidentielle
révolution permanente c'est une scission du NPA quels sont vos points d'accroche
avec le NPA parce qu'après
il y en a plein on va faire le NPA RLFI il y en a plein mais d'abord le NPA
ça fait longtemps qu'on ne nous parle plus de la scission avec le NPA parce que ça date quand même de 2021 maintenant
c'est pour ça que vous vous êtes créé justement
on s'est créé là dessus sur un désaccord déjà stratégique et politique et notamment autour de la candidature en 2022 nous on avait essayé de porter lorsqu'on était au sein du NPA ma candidature notamment parce qu'à l'époque Philippe Poutot et Olivier Besancenot disaient que c'était deux candidatures chacun etc qu'il n'y avait pas de projet de porter une troisième candidature de Philippe Poutot au final il y a eu un désaccord profond là dessus moi je pense que l'histoire nous a donné raison parce qu'on dénonçait notamment les positions et la proximité de plus en plus importantes du NPA canal historique c'est à dire moi quand je parle du NPA c'est ceux qui sont issus de la LCR Olivier Besancenot Philippe Poutot etc et qu'on voit la suite nous a donné raison que ça soit leur intégration dans le nouveau front populaire etc ou encore même aujourd'hui moi je vois les dernières et les récentes déclarations ils ont tendance en fait aujourd'hui à se diluer totalement derrière un projet réformiste etc des institutions et autres et donc voilà pourquoi on est
ça c'est pour le NPA le NPA R d'ailleurs la candidature de Selma Habib qui est conductrice de bus on l'a su à l'heure où nous enregistrons en tout cas elle a dit ce matin qu'elle était candidate t'en as pensé quoi
bah écoute moi de prime abord j'ai aucun problème avec les candidatures révolutionnaires enfin je vais pas dire il en faut un milliard non plus de candidatures révolutionnaires la question elle est de savoir qu'est-ce que eux comptent exactement défendre dans cette élection présidentielle parce que
tu vas les contacter ou pas
bah je sais pas c'est pas l'objectif
elle est seule à la présidentielle enfin s'ils ont les parrainages ou est-ce que tu vas essayer de les contacter peut-être faire une candidature unique révolution permanente NPA
moi je pense qu'ils prévoyaient de faire une candidature unique derrière Nathalie Arthaud enfin eux-mêmes ils ont fait la déclaration publiquement ils ont fait même un texte public d'appel à rejoindre sans aucune condition c'est comme ça qu'ils le formulaient la candidature de Nathalie Arthaud que ça leur allait bien j'ai vu que les camarades de lutte ouvrière leur ont répondu que s'ils voulaient faire la campagne de Nathalie Arthaud avec leur propre matériel ils pouvaient etc donc moi je m'interroge sur la plus-value de cette candidature réellement s'ils sont d'accord avec lutte ouvrière et qu'ils considéraient que la candidature de Nathalie Arthaud ils pouvaient la défendre sans aucune condition pourquoi porter cette candidature c'est-à-dire si tu considères que cette candidate elle correspond à ce que tu veux défendre en 2027 soutiens cette candidate va chercher les parrainages pour elle et que ça me donne plus le sentiment d'une volonté d'appareils etc et d'exister et même j'ai vu dans la déclaration c'est assez cocasse de leur part parce que pour suivre un petit peu les déboires et la cacophonie qui a pu exister d'une certaine manière dans le NPA entre ce qui est maintenant le NPA-A l'anticapitaliste c'est-à-dire canal historique et le NPA-R de Selma Gaël Quirante etc ils se font la guerre sur le nom c'est-à-dire sur qui est l'héritier du nom et donc ils ont eu même un accord en jugement ils sont allés devant les tribunaux pour séparer le nom et avoir deux nouveaux noms et puis dans la candidature ils se déclarent héritiers de la candidature de Philippe Poutou et d'Olivier Besancenot c'est-à-dire que toute l'année on explique à Olivier Besancenot et Philippe Poutou arrêter de dire que NPA vous n'êtes pas le NPA vous êtes le NPA-A et nous on est le NPA-R mais quand le NPA-R fait sa déclaration il sait se rappeler aux bonnes grâces de Philippe Poutou et d'Olivier Besancenot et même vis-à-vis des maires ça va être de s'installer comme les héritiers de la candidature de Philippe Poutou de dire que Poutou n'est pas là en 2027 parce que c'est ça l'objectif aussi c'est notamment pour les parrainages c'est jouer sur les maires des petites villes qu'on va contacter que ce soit Lutte Ouvrière nous ou le NPA-R c'est pas des maires qui connaissent les scissions dans le NPA etc donc si tu viens tu leur dis Philippe Poutou il est pas candidat c'est moi qui suis candidat et moi je trouve que ça devrait en tout cas chez eux mettre beaucoup plus de clarté soit vous êtes vous avez rien à voir avec le NPA-A de Olivier Besancenot et Philippe Poutou soit vous en êtes les héritiers et il faut l'assumer moi je pense que si c'est une autre organisation politique qu'ils trouvent un nom à eux et qu'ils portent moi je dis pas ça j'ai été dans le NPA presque 5 ans avant le départ et la création de révolution permanente à aucun moment j'ai utilisé la candidature de Philippe Poutou d'Olivier Besancenot ou dire à un maire ou publiquement Philippe Poutou Olivier Besancenot Philippe Poutou Anna c'est la même chose c'est la continuité je suis la lignée officielle moi je trouve que voilà c'est en tout cas je dirais pas ça mais en tout cas moi ça m'interroge énormément donc bon après je vais pas lui je veux dire c'est pas c'est pas une adversaire Selma c'est une camarade de lutte c'est une travailleuse voilà qui est dans une organisation révolutionnaire avec laquelle on fait beaucoup de choses sur le terrain de la lutte on partage des mobilisations des manifestations communes et donc donc voilà c'est plus à eux de discuter en inter moi je vais pas dire est-ce que tu mérites de te présenter ou pas j'aimerais pas qu'on me le fasse donc je vais pas me permettre de le dire aux autres quoi
je voudrais voir aussi avec toi ton désaccord avec lutte ouvrière et avec Nathalie Arthaud parce que j'ai quand même l'impression que les désaccords sont plus profonds avec lutte ouvrière qu'avec NPA
peut-être par rapport
à leur position par rapport à la religion
ils sont différents bah déjà quand on pour revenir sur la discussion de la nouvelle classe ouvrière la nouvelle classe ouvrière elle s'oppose à comment dire à la gauche institutionnelle et notamment aussi au projet de de de Nouvelle France d'une certaine manière en tout cas elle elle incarne autre chose quelque chose de différent de ce qu'incarne la Nouvelle France c'est-à-dire d'une forme de réconciliation nationale autour voilà d'un d'un état rêvé un nouvel état français rêvé des institutions un peu un peu plus démocratiques etc etc d'une part mais la nouvelle classe ouvrière elle est aussi différente de ce que porte lutte ouvrière c'est-à-dire d'une forme de de de classe ouvrière du passé etc cette classe ouvrière en bleu de travail qui qui met de côté qui met sous le tapis la question des oppressions patriarcales raciales etc la question de la lutte de la lutte pour le peuple palestinien etc au coeur et que nous on considère que c'est le rôle des révolutionnaires d'incarner et de porter l'ensemble de de de de de de de de de de moi je suis racisé je je vis les mêmes difficultés qu'un travailleur blanc d'un point de vue matériel voilà quelqu'un qui est un travailleur blanc qui gagne le même salaire que moi bah oui on va être à découvert pareil il sait comme moi les difficultés à gérer les enfants les devoirs les galères des transports mais néanmoins je vis aussi une oppression raciale, je vis aussi une oppression islamophobe etc etc et on peut pas dire ah non non nous on va parler ensemble que du travail par contre ton histoire d'oppression raciale moi je veux pas en entendre parler parce que là je suis pas d'accord et je pense que oui c'est un projet totalement différent, c'est une nouvelle classe ouvrière intégrale d'une certaine manière qui intègre l'ensemble des oppressions et autres et ça même c'est aussi une différence importante par exemple avec un qu'on n'a pas évoqué c'est François Ruffin qui discute beaucoup la question des bourgs et des tours etc mais avec la volonté aussi derrière ce truc là des bourgs et des tours c'est de liquider la question des oppressions raciales etc de pas trop emmerder les travailleurs blancs qui seraient plus prêts à céder à un vote du rassemblement national, aller plus les capter sur ce qui leur fait mal et les convaincre sur ce qui leur fait mal et moi je pense qu'au contraire c'est en unifiant la classe ouvrière, c'est en portant l'ensemble de ces combats là et en leur donnant un projet commun de renversement du système capitaliste de retournement en fait de la situation qu'on peut convaincre, qu'on peut lutter même face à la montée de l'extrême droite qui existe bien évidemment aussi dans la classe ouvrière et dans une partie importante quoi.
Alors pour lutter contre l'extrême droite on le sait, lutte ouvrière, NPA, NPR ont peu de chances de gagner l'élection présidentielle on parle beaucoup de LFI aujourd'hui LFI qui est souvent présenté comme le parti un peu radical et même je crois Beauvau a dit que c'est un parti d'extrême gauche aux dernières élections pour toi pas du tout LFI n'est pas assez radical c'est ce que tu leur reproches finalement.
C'est pas ce que je leur reproche moi j'ai des accords stratégiques profonds avec la France Insoumise enfin je veux dire par là on partage pareil des combats communs après cette émission je vais aller devant l'ambassade de Bolivie parce qu'il y a une lutte de classe importante en Bolivie actuellement et on fait un rassemblement qu'on a impulsé notamment et que la France Insoumise va envoyer un représentant pour prendre la parole donc on mène des choses en commun ensemble et on continuera à mener des choses ensemble je veux dire là je fais face à de la répression un procès je pense qu'on en parlera après mais je veux dire Rima Hassan aussi qui est députée européenne va passer en procès une dizaine de jours après moi
donc on fait face
à des choses en commun néanmoins on n'est pas du tout sur la même ligne stratégique et politique ils considèrent d'essayer de donner d'une certaine manière un visage plus humain au capitalisme mondial un visage plus humain aussi d'une certaine manière à l'impérialisme français qu'avec une France forte en fait on va pouvoir faire mieux la paix on va être en meilleure position etc moi je considère que la France n'est pas une puissance de paix au contraire que c'est une puissance impérialiste qu'il faut non pas uniquement dénoncer l'impérialisme étatsunien mais il faut aussi être capable de dénoncer l'impérialisme français donc il y a beaucoup de désaccords stratégiques et politiques avec eux je pense par exemple au patronat tu leur reproches
parce qu'ils veulent aller négocier par exemple l'augmentation du SMIC
je pense que c'est une impasse profonde mais comment tu fais
si tu arrives en politique et que tu ne veux pas négocier la politique ce n'est pas un peu une histoire de compromis finalement
je pense qu'en tout cas la politique ce n'est pas spécialement une histoire de compromis moi je pense que la politique c'est surtout une question de rapport de force et que face au système capitaliste face à ceux qui détiennent le pouvoir de l'argent qui détiennent les médias qui détiennent la justice la police etc en fait il n'y a que le rapport de force qui permettra de les contraindre c'est lorsque Trotsky disait une phrase magnifique il disait c'est lorsque la bourgeoisie a peur de tout perdre qu'elle commence à céder moi je l'ai vu par expérience j'ai vu dans l'exercice de grève dans l'exercice de lutte de classe comment en fait les heures et les jours que je peux passer dans des négociations du dialogue social avec le patronat en fait ne fait rien bouger c'est à dire que le patron il t'écoute pendant 3 heures et dit ok bon bah ok on a un désaccord et basta il plie sa pochette et il ferme son ordi et il se casse par contre quand tu es en grève quand tu tiens le piqué quand il voit qu'il y a des salariés des travailleuses qui sont radicalisés qui n'entendent pas reprendre le travail tant qu'ils n'ont pas gain de cause en fait tu vois que ton rapport de force c'est c'est le fait que le patron en fait il n'y a plus un euro qui est en train de rentrer dans sa poche et que lui il essaie de voir qu'est-ce qui peut céder et donc je pense que dans cette situation dans une situation de retour à la guerre de budget militaire pharaonique comme jamais qui sont 100 fois supérieurs à ce qui a pu exister durant la première et la seconde guerre mondiale aujourd'hui où il y a une tension géopolitique ultra importante qu'il n'y a rien de plus que la radicalité de la lutte de classe pour pouvoir les faire reculer et qu'en fait ce n'est pas les négociations à l'ONU dans les G7 la diplomatie internationale qui va changer les choses je pense qu'on l'a testé avec le génocide en Palestine je veux dire Cour pénale internationale ONU tous les organismes possibles et imaginables qui sanctionnent et on voit bien qu'en fait c'est la diplomatie c'est celui du plus fort contre le plus faible quoi
en 2022 tu proposais un SMIC à 1500 euros c'est ça ?
non non non pas 1500 euros combien ? je pense qu'on était autour de 1800 euros net 1800 euros c'est possible qu'on était à 1800 euros net
ça c'était en 2022 et en 2026
aujourd'hui on pense qu'il faudrait que le SMIC soit au moins à 2000 euros net aujourd'hui que la réalité c'est que les travailleuses et travailleurs ils sont de plus en plus leur salaire il est proche du SMIC et que quand on voit des loyers à mille et quelques euros le budget des transports des cantines etc enfin il y a un vrai problème où aujourd'hui les travailleuses et travailleurs ne vivent pas de leur travail c'est à dire ils vivent de payer l'essence ils vivent de payer le blocage du détroit d'Hormuz par Donald Trump c'est ça aujourd'hui la conséquence des travailleuses et travailleurs aujourd'hui leur vie donc on considère qu'il faudrait au moins un SMIC qui soit à 2000 euros mais en plus de ça on considère qu'il faudrait l'augmentation généralisée des salaires d'au moins 500 euros aujourd'hui et qu'il n'y a même pas besoin d'être marxiste pour le dire aujourd'hui dans plein de revues je crois c'était 40 millions de consommateurs ou je ne sais plus c'est quoi ou 60 millions de consommateurs pardon qui avaient dit qu'il fallait au moins 400 à 500 euros de plus par mois pour vivre dignement aujourd'hui et que les salaires aujourd'hui ils ne permettent pas de vivre ils permettent au mieux de survivre mais je ne connais pas un collègue qui le 10 le 15 du mois n'est pas à découvert et puis au final le salaire du mois d'après qu'est-ce qu'il fait sinon renflouer un peu le découvert c'est-à-dire tu as fini à moins 700 tu gagnes 2000 euros et bien tu commences le début du mois tu as 1300 euros et puis en fait c'est une chaîne sans fin et ton bailleur il est sans pitié ton banquier il est sans pitié EDF ils sont sans pitié le gaz pareil et tout ça tu dois payer la cantine des enfants et autres je veux dire quand tu vois les situations moi je pense à des mères précaires des femmes isolées qui ont parfois 2-3 enfants qui déposent leurs gamins à 8h30 à l'école qui les laissent à la cantine au goûter je veux dire c'est une journée normale la journée d'un travailleur c'est généralement de 8h30 à 18h et qu'ils se retrouvent à devoir laisser leurs enfants à la cantine et au goûter mais à la fin quand tu as 2-3 enfants moi j'ai des amis elles payent quasiment presque 400 à 500 euros de cantine et de d'activité études etc pour la garde de leurs enfants mais elles gagnent même pas 1500 balles et comment on vit comme ça tu vois quand on gagne 1500 euros que tu as 900 balles de loyer que tu donnes 400 euros pour aller travailler pour que tes enfants ils soient gardés entre temps qu'en plus tu ajoutes l'assurance l'essence etc enfin je veux dire les gens ils travaillent pour faire tourner les poches des actionnaires en réalité mais ils ne travaillent aucunement pour pouvoir vivre et cette question du rôle du patronat cette question de l'exploitation capitaliste elle est centrale aujourd'hui plus que jamais je veux dire et qu'on vient de passer une décennie de lutte de classe en France face à Macron tu as parlé de la grève de 2018 mais je veux dire si on fait une liste même non exhaustive de 10 ans d'affrontement la classe ouvrière cette fameuse nouvelle classe ouvrière c'est elle qui a été la première opposante à Emmanuel Macron c'est notamment ce qu'on dit dans le clip de campagne c'est elle qui était dans le mouvement des gilets jaunes c'est elle qui était dans la réforme des retraites de 2019 par point celle qui a été dans la réforme des retraites à 64 ans celle qui a été dans la casse de la SNCF dans les mouvements de l'éducation nationale dans le mouvement de la santé au moment du Covid qui est éboueur etc et on n'a pas le droit et on n'a pas le droit d'exister dans la présidentielle on n'a pas voix au chapitre tout ça est refermé alors que ceux qui ont fait au moins reculer par moment parfois partiellement ou totalement Emmanuel Macron pendant 10 ans c'est pas le parlement c'est pas les milliers d'amendements c'est pas les commissions parlementaires c'est pas le conseil constitutionnel c'est pas le sénat ceux qui ont pu faire reculer par moment Emmanuel Macron c'est le mouvement les mouvements de lutte de classe je te donne juste un exemple les gilets jaunes les gilets jaunes ils sont sortis autour de la taxe pour le carburant 15 jours après la taxe pour le carburant elle est mise à la poubelle alors on pourra dire aujourd'hui regardez le prix de l'essence etc
c'était quoi 1,40€ le prêt à la pompe 1,40€ 1,50€ à l'époque
aujourd'hui on était à 2€ mais je pense que ça va un petit peu baisser dans la prochaine période mais je veux dire de fait c'est au-delà mais je pense qu'il faut comprendre que le mouvement des gilets jaunes c'est pas un mouvement c'est pas la bourse c'est pas dès qu'il y a 5 centimes 10 centimes de plus c'est aussi tirer les conclusions de ça c'est à dire que certes la classe ouvrière comme je dis elle a été la première opposante au gouvernement et aux politiques de régression sociale d'Emmanuel Macron mais aussi elle a vécu des défaites qui amènent du scepticisme qui amènent du fatalisme et qui directement ou indirectement amènent aussi une montée de l'extrême droite c'est pas moi qui le dis moi je renvoie souvent à certains sociologues qui travaillent sur la question du vote des classes populaires le vote ouvrier dans la France périphérique etc.
pour l'extrême droite qui suivent cette évolution c'est Benoît Cocard et Félicien Faury et ils disent clairement dans leur travail de recherche depuis presque parfois une décennie comment le poids des désillusions le poids des trahisons de la gauche des discours mon ennemi c'est la finance le changement c'est maintenant etc.
on va pas laisser faire les licenciements on va pas faire toutes ces choses là en fait comment il y a une corrélation bien évidemment avec le poids du racisme structurel de politique de racisme d'état il n'y a pas besoin d'attendre Bardella ou Le Pen il y a la loi séparatisme aujourd'hui on veut interdire l'immigration quotidiennement donc alimenter le racisme à la désillusion fait que c'est un cocktail explosif pour que les gens en fait ils se disent bon bah moi je vais commencer à voter à l'extrême droite donc pour moi il faut discuter intégralement du rôle de la classe ouvrière objectivement mais aussi des impasses stratégiques et des limites à corriger et moi je pense que notamment dans cette présidentielle redonner confiance dans les propres forces de la classe ouvrière porter une politique d'unité de la classe ouvrière en fait pour moi est la seule possibilité la seule solution pour pouvoir changer le destin de barbarie de guerre etc.
qui est devant nous
Anas tu parles beaucoup d'unité unité de la classe ouvrière je reviens dessus une candidature RP une candidature NPR une candidature LUTTE Ouvrière une candidature LFI est-ce que ça fait pas un peu beaucoup là ?
Bah pour moi il n'y a pas une histoire de beaucoup moi je pense que les gens
Ah bah si on le sait plus on a plus les voix se diluent après
c'est le principe Non mais la réalité après les gens ils doivent choisir et voter en leur âme et conscience démocratiquement sur ce qui correspond le plus moi je pense que nous on a une vraie valeur ajoutée sur le discours qu'on porte qui n'est porté par aucun autre candidat moi je mets pas sur le même plan les camarades de LUTTE Ouvrière ou du NPR avec un projet réformiste comme celui de la France insoumise je veux dire mais il y a une tradition de candidatures révolutionnaires dans ce pays qui date de plus de 50 ans maintenant que ce soit Alain Crévin Arlette Laguier etc donc les révolutionnaires ils ont toujours été là dans les moments présidentiels et ils doivent être là également en 2027 pour moi il n'y a pas de je veux dire les gens ils choisiront après ils décideront ce qu'ils veulent pour moi c'est pas le fait de limiter les candidatures qui changent quelque chose
et si t'as pas les parrainages est-ce que tu vas te ranger derrière quelqu'un
je pense que si on n'a pas les 500 parrainages on se défautsera pas sur notre rôle en tant que militant politique à voir quelle candidature soutenir enfin je veux dire il n'y a pas de on peut avoir des désaccords derrière c'est pas antagoniste avec le fait d'appeler sinon on n'y est pas
donc appeler à voter NPA ou NPR ou lutte ouvrière et si au deuxième tour on a Mélenchon et PS t'appelleras à voter LFI ou pas ?
S'il y a Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour bah écoute je vais je vais pas engager trop rapidement révolution permanente mais de fait moi je pense que c'est possible d'appeler en cas d'un deuxième tour pour pour Jean-Luc Mélenchon avec une véritable délimitation politique stratégique etc donc enfin il n'y a pas d'antagonisme je veux dire on va pas mettre Bardella et Jean-Luc Mélenchon sur le
tu les mets pas à doigt bien évidemment
mon principal ennemi c'est c'est Jordan Bardella je veux dire c'est le rassemblement national qui est en train d'être mis dans tous les instituts de sondage dans toutes les variantes possibles et imaginables au deuxième tour donc oui s'il y a Jordan Bardella face à Jean-Luc Mélenchon enfin on prendra nos responsabilités ça il n'y a pas de
je t'ai pas dit deuxième tour Bardella Mélenchon je t'ai dit PS Mélenchon
bah oui le parti socialiste de toute façon pour moi c'est la continuité du macronisme donc mais je dis ça de je veux pas engager révolution permanente de fait même si je suis porte parole mais je veux dire pour moi il n'y a pas de il n'y aurait pas de désaccord de désaccord en tout cas là dessus
et vous êtes d'accord sur quelque chose avec LFI c'est le génocide à Gaza bien évidemment tu passes en procès le 25 juin pour apologie du terrorisme déjà dis-nous qui a porté plainte contre toi et qu'est-ce qui t'a valu cette plainte ?
donc ceux qui portent plainte contre moi et un autre camarade de révolution permanente parce qu'on est deux on ne l'a pas exposé parce que c'est un camarade qui a aussi une situation différente de la mienne plus précaire etc on est attaqué par une organisation une association qui s'est créée de toute pièce à la suite du 7 octobre qui s'appelle la jeunesse française juive qui est une organisation une association notamment qui s'est constituée autour d'avocats comme l'avocat d'Éric Zemmour Olivier Pardo Sarah Saldeman etc et qui a porté plainte contre à peu près une quarantaine de personnalités publiques politiques ou syndicales et donc je fais partie de ces 40 là il y a un autre camarade qui est Jean-Paul Delesco secrétaire de la CGT de l'UD 59 qui lui aussi a été entendu à la suite de cette plainte là et qui a même eu un procès dont il a été relaxé en appel et donc c'est le 25 juin prochain et on fait face à ça quoi une association qui est un soutien du génocide en Palestine qui est même trouve même que Netanyahou etc est trop génial est trop mou qui considère par exemple que le drapeau palestinien c'est l'équivalent du drapeau nazi enfin voilà on est on est face à une
il te reproche quoi qu'est-ce que c'était sur les réseaux sociaux t'avais écrit quelque chose
il me reproche des des tweets de dénonciation du génocide donc donc voilà on va on va faire face à ça et on on appelle à un rassemblement qui va être assez important l'an dernier il y avait quasiment 2000 personnes qui étaient devant le tribunal j'espère qu'on soit autant ou même plus s'il faut et on est en train de préparer un procès qui va être je pense qui va faire date d'une certaine manière dans la période où notamment mes camarades qui sont mes avocates aussi Elsa Marcel Romane Prisca etc qui font partie du qui sont en train de travailler le dossier on prévu un certain nombre de témoins de moralité des historiens des spécialistes des génocides des spécialistes internationaux etc on va essayer de renouer avec la défense politique qu'on a pu connaître notamment à une certaine époque dans les années 60 70 nous on veut retourner l'accusation c'est à dire on est les victimes de personnes on sera les victimes de personnes nous et on va pas baisser la tête et dire pardonnez-nous continuez à faire ce que vous faites en Palestine etc au contraire on va d'une part faire le procès de la criminalisation des soutiens du peuple palestinien parce que je suis pas le seul je suis pas le premier malheureusement je serai pas le dernier qu'il faut mener une politique offensive contre ça c'est aussi pour ça qu'on fait un rassemblement bien évidemment c'est pour espérer la relax on n'est pas des je veux dire on veut être les martyrs de personnes tu risques quoi ?
on risque beaucoup de choses quand même les sanctions et ce qui est tombé sur certains militants qui sont passés je pense par exemple à Olivia Zemmour d'Europalestine je veux dire une femme juive de plus de 75 ans qui depuis 30 ans milite pour peut-être même plus que 30 ans milite pour la cause palestinienne qui a pris 24 mois de sursis pour son soutien au peuple palestinien enfin je veux dire elle est fichée ce qu'on appelle le figet c'est le fichier des actes terroristes c'est à dire t'es fiché dans le même fichier que les auteurs d'actes terroristes etc enfin je veux dire des amendes une interdiction une inéligibilité une interdiction de pouvoir se présenter dans des élections etc enfin c'est hyper hyper grave ce qui est en train de se passer et que c'est très peu dénoncé donc oui
et à qui te soutient
bah je dirais
ta personnalité qu'on pourrait connaître t'as reçu des soutiens des messages
bah en personnalité il y en a énormément je veux dire bah Jean-Luc Mélenchon avait fait une vidéo de soutien l'année dernière pour le le premier passage je sais pas s'il en a refait une actuellement enfin il y a beaucoup de de militants et de personnalités politiques de LFI de l'extrême gauche de l'ouvrière du NPA des syndicalistes il y a des historiens il y a des intellectuels Frédéric Lordon Statis Kouvelakis il y a des personnalités internationales Angela Davis Tiago Avila qui était qui est un des des porte-parole de la Global Sumut de Flottia Chris Smalls qui est aussi un syndicaliste connu un syndicaliste d'Amazon aux Etats-Unis il y a l'historien israélien Ilan Papé il y a Ronnie Broman le médecin médecin israélien et fondateur de Médecins Sans Frontières etc enfin je veux dire il y a tu te sens soutenu
il y a du monde derrière toi ça fait du bien
j'ai la chance d'être soutenu c'est aussi un travail politique d'essayer de faire prendre conscience de ce qui est en train de se passer de politiser aussi l'affaire et de voir comment on peut être d'une certaine manière aussi une digue pour d'autres cas parce que moi je sais que moi je peux avoir du soutien j'ai une équipe politique j'ai des militantes et des militants autour de moi j'ai fait de la télé je suis invité à votre micro et je vous remercie etc mais moi je pense aussi à tous ces jeunes étudiants à ces travailleurs qui se sont fait licencier qui sont passés devant les tribunaux etc et qui en fait n'ont même pas pu avoir même un avocat ou quelqu'un qui peut plaider leur cause et donc l'objectif il est de dénoncer la répression pour toutes ces victimes là mais également parce que la répression elle agit directement directement sur l'affaiblissement du soutien au peuple palestinien ici en France que c'est pas on se met pas on met pas un signe d'égalité entre ce que nous on vit en tant que réprimés dans les tribunaux et le peuple palestinien jamais jamais des fois une fois j'avais discuté avec quelqu'un qui me disait ouais mais à côté de ce que vit le gaz mais oui mais frérot il n'y a aucun problème il n'y a personne qui est en train de dire on est en train de vivre un génocide mais on dit que justement par rapport à ceux qui sont en train de vivre le génocide on a la nécessité de s'affronter à la répression à cadenasser la mobilisation et ce qui permet d'aider le peuple palestinien c'est la mobilisation internationale et que cette répression elle est féroce en France mais je pense aux gens de Palestine Action en Angleterre je pense à ce qui se passe en Allemagne je veux dire où on attend des gens à la sortie de l'aéroport des spécialistes internationaux on les attend à la sortie de l'aéroport à Berlin qui viennent faire une conférence on leur dit remonte dans l'avion tu dégages d'Allemagne c'est ça ce qui est en train de se passer aujourd'hui et c'est sans commune mesure la répression palestinienne elle est sans commune mesure avec les autres répression moi je sais ce qu'est la répression syndicale je sais comment on a réprimé les gilets jaunes je sais comment on réprime dans les quartiers populaires au moment de la révolte de Naël mais il y a un tel niveau structurel systémique de masse et même à l'échelle internationale contre les voix qui s'expriment pour le peuple palestinien qu'il faut absolument absolument faire le maximum pour arrêter cette hémorragie et passer à l'offensive
c'est bientôt la fin de l'émission on va être obligé de passer à la dernière partie la partie plus légère la partie un peu chill du fauteuil même si c'était très agréable depuis le début première question tu écoutes quoi en ce moment ?
oulala je sais pas
t'es venu en transport t'avais peut-être des écouteurs t'écoutais quoi ?
bon moi j'écoute beaucoup de musique mais ça dénote avec la question des présidentielles etc mais
en fait on short aussi des notes oui oui c'est pas très grave
c'est pas très grave très sincèrement en ce moment pour moi j'écoute pas mal de rap aussi et je dirais ce que j'écoute là il y a un rappeur que je trouve qui est hyper fort c'est la rafleuse que j'écoute donc voilà j'écoute la rafleuse et je trouve que le dernier album de Carice Biakugane est très très fort voilà pour être très honnête et puis là j'écoutais du Chapralet par exemple voilà Triglissé
chemin du lycée pour ceux qui n'ont pas compris t'es plutôt film ou série ?
les deux
les deux ?
les deux
il y en a une que tu recommandes ?
en série ?
ouais
moi je suis un fan de Game of Thrones j'adore Game of Thrones je l'ai vu je sais pas au moins 6-7 fois voilà j'adore Game of Thrones il y a une allez je vais faire ceux qui ne l'ont pas vu c'est sur Netflix c'est une série de 5 épisodes qui est dans leur regard sur l'histoire d'afro-américains qui ont subi la répression d'état la répression policière qui se retrouve broyée par le système judiciaire etc et qui est je veux dire franchement moi j'ai moi j'ai pleuré quasiment tout le long c'est ultra ultra prenant ultra prenant et voilà c'est aux Etats-Unis ils règlent souvent les choses à coup de à coup de cash mais on n'achète pas on n'achète pas la vie on n'achète pas la dignité et on voit ce qu'est la barbarie de ce système là et vraiment moi c'est des choses qui me prennent à coeur je profite dans la même continuité j'invite les gens à regarder un documentaire pareil qui s'appelle le 13ème c'est sur le 13ème amendement et qui montre comment il y a une politique systémique des démocrates aussi de Bill Clinton Obama comment sous Obama le nombre de noirs américains a augmenté en prison comment Black Lives Matter ce n'est pas créé avant Obama mais c'est créé sous la présidence d'Obama et je trouve que ça permet notamment de beaucoup discuter la question du fameux moindre mal ce vote utile on sera mieux dans ceci cela et que souvent après le moindre mal vient la désillusion les trahisons etc et qu'on voit comment ça laisse les gens dans des difficultés importantes
au moment où nous enregistrons la veille il y avait le premier match des Bleus en Coupe du Monde déjà est-ce que tu as regardé le match
très sincèrement j'ai regardé la rediffusion mais j'étais en réunion hier
tu les as trouvés comment
de ce que j'ai vu c'est pas mal voilà c'est pas mal moi après j'ai surtout regardé le Maroc Brésil et j'ai trouvé le Maroc incroyable
ils ont fait 1-1 ils ont très bien tenu
non c'est pas qu'ils ont bien tenu ils ont mangé le Brésil en première mi-temps
et les Algériens hier même des Brésiliens
des camarades brésiliens m'ont dit franchement vous nous avez mis à terre
et Algérie Argentine t'as regardé c'était à 3h du matin j'aurais aimé
que les Algériens gagnent très sincèrement c'est mes frères et mes soeurs en humanité je veux dire j'ai un profond amour et respect pour le peuple algérien j'aurais aimé qu'ils gagnent parce que je sais notamment le football etc et que j'aurais aimé qu'ils puissent gagner malheureusement c'est les champions du monde sortant donc peut-être la marche elle était un peu haute mais j'espère qu'ils vont réussir à passer le premier tour je leur souhaite en tout cas
on verra bon bah c'est la fin de cette émission Anas ça a été un plaisir ah non juste une dernière question si t'as les 500 parrainages si t'es élu ce sera qui ton premier ministre ? quelqu'un de la société civile ou un personnage politique que t'aimes bien ?
si on a les 500 parrainages bah nous déjà on est contre la figure présidentielle on va porter aussi quelque chose d'antagoniste c'est que nous on est contre le régime politique tel qu'il est donc on n'aura pas de il n'y a pas de question de premier ministre non c'est on veut monter porter un gouvernement des travailleuses et travailleurs mais ça va être par le rapport de force je veux dire c'est important que les gens comprennent parce que souvent on a été domestiqué et discipliné par le système bourgeois il y a une phrase magnifique de Marx qui dit la pensée dominante c'est la pensée de la classe qui domine et donc on nous a structuré comme ça en nous disant voilà les règles du jeu il n'y a pas d'autre possibilité de penser la politique et au contraire non on va on se plie entre guillemets par contrainte à ces règles des 500 parrainages mais vraiment on va aller dans la présidentielle pour porter un autre projet de société radicalement opposé à ce qui peut être porté etc et qu'on pense que c'est pas à travers nos petits bras musclés c'est pas RP c'est pas Anna Skazib qui va être notre représentant notre président etc etc qu'on pense au contraire la classe ouvrière elle a les capacités de pouvoir penser la politique gérée voilà au quotidien je termine là dessus mais au quotidien les gens ils vont faire tourner des machines ils vont faire tourner des entreprises et autres c'est pas leur patron qui leur explique quoi que ce soit c'est eux qui font tourner la société il faudrait que maintenant qu'ils puissent la diriger et c'est ce projet là qu'on va porter et pas un projet de personnification et de gens même si malheureusement la présidentielle est fait comme ça et que tu donnes un candidat etc mais voilà
tu as cité Carl Mars on va finir sur lui je vais le citer aussi il disait que la classe ouvrière c'était celle qui détenait ni le capital ni les moyens de production justement à cette classe ouvrière si tu avais un mot à leur adresser avant de terminer l'émission
ben un mot oh là là il y en aurait un une phrase non mais je veux dire par là croyez en vos forces en nos forces voilà moi je pense que plus que jamais on va être on va être confronté à un système qui essaye de nous broyer encore plus de retour à la guerre qu'on a peut-être vécu dans un moment un peu bisounours ici nous depuis les pays occidentaux etc où on a l'impression que la guerre c'était loin c'était au siècle passé et que la réalité c'est qu'ils sont en train de se préparer à l'affrontement c'est pas Macron qui va prendre les mitraillettes c'est pas Trump ils veulent que ça soit nous qui les fabriquions que ça soit nos enfants ou nous même qui les prenions pour aller tuer d'autres travailleurs à côté et donc voilà il va falloir s'unir avoir cette conscience là et je pense que voilà moi je rêve d'un mouvement de révolutionnaire qui apparaissent nos camarades en Bolivie je disais tout à l'heure ce qu'on va faire comme rassemblement mais je trouve que la Bolivie elle est en train de nous montrer par ce processus insurrectionnel là-bas que oui lorsque la classe ouvrière elle a envie elle croit en ses capacités tous les présidents toute la classe politique etc se couchent et moi je pense que voilà moi je pense aux raffineurs aux énergéticiens aux profs quand on cite comme ça on se dit vous imaginez si tout le monde se mettait dans la rue et qu'on commençait à lutter qu'on organisait des piquets de grève des coordinations qui peut faire quoi contre nous et donc c'est mon souhait et ça passera par aussi beaucoup de batailles politiques et idéologiques pour les convaincre de ça
Anas merci
merci à toi
j'espère que tu auras les 500 parrainages j'espère aussi on se reverra peut-être à ce moment là c'est en février c'est ça
c'est en février peut-être avant quand même c'est loin mais bon
en tout cas merci à toi et courage pour la suite
merci beaucoup
vous l'aurez compris c'est la fin du fauteuil j'espère que vous avez pris plaisir à le regarder et on se dit à très bientôt sur le média merci à toi
Anasse Kazib