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Conférence de presseLCI (sur YouTube)· 19 octobre 2026 112 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprises

24H Pujadas du lundi 19 octobre 2026

Au micro : David Pujadas Source d'origine 1 locuteur

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 9 %Attaque 56 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 15:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette description recoupe ce que vous avez vu sur le terrain ?

  • 16:33RelanceRéponse directe

    Est-ce que ça recoupe ce que vous avez vu aussi ?

  • 17:47OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous frappe le plus dans ces scènes ?

  • 19:04OuverteRéponse directe

    Quelles sont les causes profondes selon vous ?

  • 21:00OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce que révèlent les profils des interpellés ?

  • 24:48OuverteRéponse directe

    Quel est le constat qui vous a le plus marqué ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:25non_speechFait
    « On a affaire à des bandes politisées qui visent spécifiquement la police. »
  • 13:08non_speechFait
    « Ils ont brûlé le hall, le hall est calciné. »
  • 14:31non_speechChiffre
    « La préfecture des Bouches-du-Rhône évoquant 30000 casseurs et pilleurs dans les rues de Marseille samedi. »
  • 17:09Abdoulaye KantéFait
    « Là, ce sont des personnes qui voulaient atteindre à des policiers. On a des personnes qui sont rentrées dans une mairie qui voulaient atteindre aussi tout ce qui représentait les symboles de la République. »
  • 20:23Abdoulaye KantéFait
    « Est-ce que vous pensez, avec des images telles que celles-ci, que l'on peut se dire que la France telle qu'elle est devenue aujourd'hui est un pays dans lequel on peut construire, dans lequel on peut rêver ? »
  • 55:26Fait
    « la société est devenue de plus en plus violente »
  • 56:04Fait
    « La France insoumise, c'est la lie de notre classe politique aujourd'hui »
  • 56:39Fait
    « La France insoumise, ce sont des gens qui sont anti-républicains parce que anti-police »
  • 57:58Fait
    « Il vaut mieux ne pas arriver à cela, mais la violence est légitime, mais il vaut mieux ne pas l'utiliser »
  • 1:01:31Fait
    « la police britannique est une police dont beaucoup redoutent le contact »
  • 1:07:07Fait
    « l'augmentation des violences découle de la rupture des digues de l'ancien régime psychique »
  • 1:12:09Chiffre
    « 3000 individus violents dont 1000 casseurs déterminés sur une commune de 130000 habitants »
  • 1:31:54Fait
    « il y a eu un fiasco sécuritaire »
  • 1:32:31Fait
    « les événements dramatiques de ce weekend sont dus à des actions concertées de l'ultra-gauche »
  • 1:33:15Fait
    « il y a au moins des failles dans le renseignement »
  • 1:45:53non_speechFait
    « la France comme épicentre de l'Europe par la négative »
  • 1:47:10non_speechFait
    « le monde continue de nous regarder comme pour consulter le baromètre de l'Europe »
  • 1:47:45non_speechFait
    « L'immigration des personnes venues d'un autre monde, des personnes au cœur rempli de haine, a ravagé ce pays autrefois si grand. »
  • 1:48:20non_speechFait
    « la République française est attaquée »
  • 1:48:59non_speechFait
    « la France n'est pas finie d'après lui. La France, elle est toujours belle, enviable même »
  • 1:49:39non_speechFait
    « elle voit dans le 17 octobre la mort du centre et enterre le macronisme »
  • 1:50:13non_speechFait
    « une crise de légitimité de l'État et la rupture du contrat social »
  • 1:50:53non_speechFait
    « un narratif audiovisuel où l'on voit 10 fois plus de basanés et de noirs dans les manifestations qu'il n'y a de Français de souche sur tout le territoire »
  • 1:50:53non_speechFait
    « le refus d'une France multicolore et solidaire »
  • 1:51:32non_speechFait
    « Emmanuel Macron double langage. En janvier, il nous en voulait de pas laisser les Iraniens manifester et maintenant il veut punir les siens »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Non speech

[musique]

0:05
Locuteur

Au sommaire ce soir, le vertige, l'effroi et les questions. Qui a fait ? Qui a vandalisé, pillé, [musique] saccagé de Limoges à Bordeaux en passant par ? Casseurs professionnels, militants d'ultra-gauche, de Varsovie à Washington, les failles de l'intégration sont pointées du [musique] doigt. Est-ce ? Que disent les premières gardes à ? Les questions et les réponses et au-delà. [musique] Y a-t-il désormais des discours publics qui légitiment Qui peuvent être tenus pour ? La France insoumise [musique] rejette les accusations. Qui a dit ? Les paroles précèdent-elles les ? À 19h15, notre invité, le politologue Jérôme Fourquet qui [musique] publie Homo Occidentalis, que sommes-nous ?

La violence devient un sujet de civilisation, dit-il. Il nous dira pourquoi et comment.

0:55
Non speech

[musique]

0:55
Locuteur

Et puis à 19h30, comme chaque soir, les partis pris, ce soir Ruth Elkrief pour la politique française, soit l'anglais pour l'économie, Abnousse Shalmani pour l'international. Place au débat. Vous allez vous faire [musique] votre opinion. C'est parti pour 24h. L'image du jour, chose vue au milieu du chaos. Pour ces touristes, la visite guidée de Paris en péniche continue comme si de rien n'était. Ça brûle au Pont des Arts, le guide poursuit son commentaire sur les charmes architecturaux. Ça brûle au Pont des Invalides, euh pareil, pas de quoi interrompre la promenade.

Alors de deux choses l'une, soit chacun s'est habitué à ce que les querelles gauloises dégénèrent et à ce point-là, euh soit il est temps de garder un silence pudique quand on voit la capitale, la ville soleil euh en partie en cendre dans les deux cas on sourit mais c'est un sourire jaune et les larmes sont rentrés il faut bien le dire je sais pas quel a été votre sentiment en [musique] découvrant Rafik on parlait il y a un instant vous me disiez que vous étiez à Paris samedi que vous vous êtes promener entre guillemets dans les quartiers concernés.

[musique] Alors hier plus précisément après les dégâts et et et voir tous ces murs tagués toutes ces poubelles saccagées toutes ces poussières par terre j'étais euh avec mon épouse on allait faire les courses et elle avait envie de pleurer. Et vous auriez-vous ? Euh je n'ai jamais vu Paris comme ça même pas pendant les pires moments des gilets jaunes. Euh il s'est assurément passé quelque chose.

2:40
Non speech

[musique]

2:40
Locuteur

Et vous Abdoulaye Kanté je sais pas si vous étiez euh vous étiez parisien sans doute à ce ? Si vous voulez j'étais sur le terrain ce jour-là euh c'est le samedi et le dimanche. Euh sur le ? Sur le terrain aussi euh dans la sidération un coup de sidération donc voir des scènes de chaos euh ça pas échappé que aussi en tant que policier aussi voir ça voir mes collègues aussi qui étaient euh sur le front c'était quelque chose qui était dur aussi à voir parce que il y a une espèce de de déchaînement de violence qui était telle que vous avez des femmes et des hommes qui faisaient face à cela mais ces images quand même très difficiles à voir et je pense qu'il faut faudra évidemment l'expliquer.

Hmm. Autre avant l'analyse hein mais tout simplement un regard personnel. Bah une forme de de peur sourde euh bah de descendre dans la rue tout simplement et de chercher de savoir où où sont les troubles et aussi euh cette particularité que vous avez évoqué de Paris c'est-à-dire qu'il y a eu des moments il y avait une brocante euh à Strasbourg Saint-Denis et à côté il y avait euh un feu et les gens euh euh se côtoyaient euh voilà et puis sincèrement euh avoir bah avoir ses ses enfants ses petits enfants pour savoir si tout le monde était où et à quel endroit et puis parfois bah il passait 1h avant et 1h après c'était un désordre total.

C'était ça aussi cette journée de samedi et même hier soir. Donc et puis je je partage la pensée d'Abdoulaye Kanté, c'est-à-dire je pensais aux policiers qui se prenaient vraiment des je pensais aux familles des policiers. Je me disais [musique] ce soir ils savent pas dans quel état ils vont rentrer chez eux et pourquoi. ? On posera aussi cette question. François, vous m'avez dit juste avant l'antenne

4:16
Non speech

[musique]

4:17
Locuteur

que vous étiez affecté. Bien sûr. Alors j'étais pas à Paris donc pour le coup j'ai vu les événements sur sur les réseaux sur sur internet où on a une espèce de best of de toutes les images. Alors c'est à la fois moins réel que le réel et en même temps l'accumulation est saisissante. Je dirais moi ce qui m'a frappé c'est mais un peu comme justement cette fameuse journée des gilets jaunes il y a il y a il y a 6 1er décembre l'Arc de Triomphe Ouais. C'est 2 décembre 2018 On a l'impression d'être tout près de la bascule.

C'est-à-dire du moment où euh l'État de droit c'est une formule qui n'est pas correspond pas ils ont tout bascule tout tout tout la civilisation, l'organisation, l'ordre est à la veille de de disparaître. C'est c'est ça qui m'a frappé. Bon, c'est vrai que à parler avec les uns et les autres, il y a ce soir un sentiment d'écœurement souvent d'effroi parfois et en tout cas de vertige de vertige. Regardez les quelques-unes de ces quotidiens alors non pas parisiens mais là c'est le soir de Belgique le cri de la rue confisqué par les violences mais par exemple pour le Midi Libre sombre fin crépusculaire le titre du Midi Libre pour la Provence le chaos tout simplement.

Faut dire qu'à Marseille là aussi il y a peut-être eu un sentiment qu'on était proche de la bascule. Scène de chaos titre nos collègues nos confrères de la Voix du Nord après les cortèges le chaos l'indépendant, on aurait pu multiplier les titres les titres ainsi.

1re question ce soir qui qui a fait cela ce vandalisme cette mise à sac de Limoges à Paris donc de Marseille à Bordeaux pour y répondre pour répondre à cette question et pour en débattre vous les avez entendu déjà François l'anglais est à notre bonsoir François Routel Krief également autour de la table dès maintenant, on a le plaisir d'accueillir un policier un policier qui a toujours eu une grande liberté de parole Abdoulaye Kanté, merci d'être avec nous.

Vous avez publié ce livre pour lesquels on vous avez invité policier enfant de la République chez Fayard et vous êtes aujourd'hui conseiller de Paris puisque il y a quelques mois, vous avez pris un engagement politique auprès de Renaissance et vous êtes désormais l'un des porte-paroles de Gabriel ça ne vous définit pas mais il faut le signaler et c'est le côté élémentaire de transparence et puis on a le plaisir d'accueillir un chef d'entreprise qui est engagé dans la vie civique est un observateur attentif de cette vie publique Rafik Smati bonsoir Rafik et on vous a entendu avec émotion d'écrire votre promenade dans Paris hier alors qui je vous propose juste avant parce que si le choc de ces violences avait un visage ce serait peut-être celui de cette femme qu'on va découvrir c'est une manifestante selon toute vraisemblance mais elle tente de s'interposer quand elle voit les casseurs menacer une supérette en l'occurrence, elle tente simplement de les empêcher de le faire tout naturellement écoutez-la et puis ensuite ce sera les indispensables.

Allez ! ! ! Bah, c'est une des nombreuses scènes un peu déchirantes euh auxquelles on a assisté montage Tobias Klaeser. Alors, qui ? Voici les indispensables avec Pierre Barbin. Bonsoir Pierre. Bonsoir David, bonsoir à tous. Alors, certains mettent en avant d'abord le rôle de l'ultra-gauche, c'est-à-dire un rôle politique, c'est vrai ou c'est ? Et bien de toute évidence, c'est vrai, il y a d'abord ces images de policiers [raclement de gorge] attaqués à Marseille alors que la manifestation n'a même pas commencé. On voit ces assaillants s'en prendre à eux, visages cachés, habillés en noir, jusqu'à caillasser les fourgons pour les faire partir. Regardez.

L'extrait que nous avons choisi fait une trentaine de secondes mais l'attaque dure de longues minutes. La police est acculée. Regardez maintenant ce que cela donne depuis l'intérieur d'un des camions de police. Clairement, on a affaire à des bandes politisées qui visent spécifiquement la police. Autre scène, toujours à Marseille avec un autre objectif politique, la mairie cette fois. Ces bandes sont bien équipées avec masques et gants de protection. Ils parviennent à entrer. Regardez. Enfin, dernière image des symboles du pouvoir pris d'assaut, la mairie de Limoges plus que centenaire incendiée, détruite avec la chute du beffroi qui la surplombe. Qui est ? Écoutez le maire de la ville.

Ça, c'est le crime de l'ultra-gauche. Tout ça, c'était commandité. Tout ça, c'était préparé. L'incendie de la mairie de Limoges, il a été préparé. Il a pas été fait de manière inopinée samedi après-midi. Ils sont passés par les soupirails. Ça veut dire qu'il y a eu des repérages. Là, il y a un problème dans les services de renseignement pour identifier où se situent ces gens. L'ultra-gauche française, elle existe, elle se planque les trois quarts du temps, mais quand elle sort, ça donne ça. Il y a pas un feu qui embrase un monument de cette taille s'il y a pas des gros moyens pyro des gros moyens pyromanes qui sont mis en place. Il y a eu des accélérateurs de feu.

Des accélérateurs de feu qui auraient été posés à l'intérieur, donc avec le soupçon de de préméditation. Raphaël Mayocho qui est un de nos journalistes police-justice qui suit les enquêtes nous signale que d'après un rapport, en tout cas d'après une synthèse des trois services de renseignement, il y aurait 5000 personnes en France identifiées suite à ces journées opposées à l'État, à la police, à la justice, au capitalisme. Donc celles dont vous nous parlez Pierre, 5000 personnes, voilà à peu près le l'ordre de grandeur. Pierre, est-ce qu'on peut établir aussi clairement qu'on a eu affaire à des ?

Donc là, on parle de personnes qui n'étaient ni politisées, ni lycéens, ni étudiants, les casseurs professionnels, entre guillemets. De toute évidence, oui, mais la réponse est plus nuancée avec des bandes de pilleurs étrangers à la politique, on les a vus en action et là encore, des hommes préparés, équipés, organisés donc. Exemple avec cette boutique de luxe à Paris, l'un d'eux semble détenir dans la main un pied de biche. Ça s'accompagne aussi avec un côté défouloir sans aucun objectif politique. Certains commerces ont été détruits sans vraiment savoir pourquoi. Écoutez cette pharmacienne à Paris aujourd'hui. On a arraché les lustres, on a pété mon robot.

Euh, vous pouvez voir sur ben je ouais j'ai une chaîne Instagram qui s'appelle Madame Pharma où je montrais dessus à quoi ressemblait un robot en pharmacie. Ils ont fracassé mon robot, ils ont arraché mon ballon d'eau chaude, ils ont brûlé mes frigos, ils ont tout étalé. Enfin je je je peux là j'ai il y a pas encore eu les policiers qui sont passés donc je peux même pas vous faire rentrer mais ils ont brûlé le hall, le hall est calciné. Parfois cela s'exerce contre la population elle-même, exemple à Douai dans le Nord, les casseurs attaquent les habitants avec des marteaux, regardez.

[rires] [cri] Mais là il s'agit d'habitants qui ont vu de leurs fenêtres que les voitures étaient dégradées, qu'il y avait peut-être des tentatives d'incendie, qui sont descendus pour tenter de protéger leurs voitures. Les casseurs se sont retournés contre eux jusqu'à aller les menacer avec ces ces marteaux. Dernière question Pierre, est-ce que parfois parfois le mouvement social, ceux qui ont manifesté ont été mêlés à ces mouvements de ? Et bien la question est quand même posée lorsqu'on voit certaines scènes où les aînés accompagnent les plus jeunes pour piller certains magasins.

La question se pose aussi avec ce chiffre avancé par la préfecture des Bouches-du-Rhône évoquant 30000 casseurs et pilleurs dans les rues de Marseille samedi, un chiffre néanmoins jugé farfelu et ridicule par le maire Benoît Payan. Cela signifie en tout cas que certains ne sont pas des professionnels entre guillemets avec ce que l'on appelle donc un pillage d'opportunité, [raclement de gorge] les voleurs prennent tout et n'importe quoi, des vêtements, des sacs de luxe, des affaires de sport et même des boîtes de chocolat, regardez. Voilà les gars, ça a été tout dévalisé ma gueule, wallah. Wesh ma gueule, wallah c'est en train de tout dévaliser, wallah. Nom de Dieu ma gueule.

Wallah ma gueule. Excuse-moi, c'est magnifique en fait. Qu'est-ce que tu portes ? Alors aujourd'hui j'ai sac Saint Laurent et sac Céline. Cet opportunisme ce commerçant pillé le constate aussi en visionnant les images de vidéos de surveillance de son magasin. Regardez. Voilà, ce qui est incroyable. je vous dis, on a des vraies surprises. Oui, c'est vrai qu'on a pas l'impression là d'avoir affaire à des hommes en noir préparés, équipés, mais vraiment à cette délinquance d'opportunité. Merci Pierre, je me tourne d'abord vers vous Abdoulaye Kanté.

Est-ce que cette description, oui, il y a des mouvements ultra politisés de l'ultra gauche, oui, il y a des casseurs professionnels entre guillemets, et puis parfois il y a cette délinquance d'opportunité qui peut toucher ou non des manifestants. Est-ce que ça recoupe ce que vous vous avez ? Ou vu aussi, surtout parce que quand j'étais sur le terrain, j'ai vu que malheureusement on avait cette délinquance d'opportunité qui a profité pour justement aller piller, casser des commerces. Je suis même rentré sur le terrain, j'ai vu, j'ai échangé avec les commerçants, vraiment des même des magasins de téléphonie. Donc ils en ont profité pour dérober même des accessoires.

Donc c'était vraiment quelque chose qui était quand même incroyable à voir et surtout que je vais vraiment faire le distinguo parce que encore une fois, oui effectivement on peut, on va pas se mentir, et effectivement il y a eu des failles sur l'évaluation de cet événement. On en parlera d'ailleurs, on nous en parlera. et derrière, je pense aussi que je veux aussi voir cette image saisissante quand on voit que on a un de nos collègues qui est dans ce camion de CRS qui se fait littéralement bombarder par des pavés. Là, on est sur une tentative de meurtre. Disons les choses. Là, ce sont des personnes qui voulaient atteindre à des policiers.

On a des personnes qui sont rentrées dans une mairie qui voulaient atteindre aussi tout ce qui représentait les symboles de la République. Ça a des conséquences monsieur Pujadas. Et aujourd'hui, moi je me pose vraiment la question, vous savez je suis un enfant de la République et quand je vois cette République là comme ça qui euh est en attristée, qui est euh malheureusement euh excusez-moi je vais peut-être parler crûment violée par des comportements je me dis qu'il est nécessaire d'un moment donné de se réveiller, se dire qu'on peut plus accepter cela. C'est quoi le ? Le réveil c'est la prise de conscience.

Le réveil c'est de dire à un moment donné c'est l'éducation qui a failli depuis des années, c'est cette prise de conscience ou cette société qui est fracturée où certains maintenant remettent en cause le tout ce qui représente l'État. Notre rapport à l'autorité aujourd'hui est est défaillant depuis des années. Et aujourd'hui tant qu'on ne mettra pas en place des choses, des mécanismes qui font que les personnes qui quand on voit des gamins qui peuvent avoir l'âge de ma fille qui se retrouvent dans un magasin en train de voler des sacs et cetera, c'est qu'il y a quelque chose qui a failli.

Donc je pense que on va commenter beaucoup de choses monsieur Pujadas, on va dire des choses, on va donner notre analyse mais à un moment donné notre conscience notre propre conscience tant qu'on se réveille pas pour voir que ce qu'on a vu et vous l'avez dit monsieur Smaïti que vous êtes en train de vous balader, vous faisiez les courses avec votre femme et votre femme avait envie de pleurer. C'est ça qu'on veut de notre ? Moi j'accepte pas. Trafic, justement dans les séquences qu'on a vu, dans les constats qu'on a dressés, qu'est-ce qui vous frappe le ? Ce qui me frappe c'est que des des digues sont tombées.

Euh on était jadis on parlait des Black Blocks comme si c'était une population à part et qu'il s'agissait de la contenir et que tout serait réglé. On se rend bien compte là aujourd'hui que ça va bien au-delà du phénomène des Black Blocks et que tout le monde potentiellement dans une République qui s'effondre sur elle-même parce que c'est à ça que nous sommes en train d'assister. Une République qui s'effondre sur elle-même. Exactement et et je l'assume totalement et je l'assume d'autant plus que ce que nous voyons là et il faut pas nous nous tromper dans notre analyse.

Euh ce on peut parler des des des symptômes et ce qui s'est passé ce weekend ce sont les symptômes mais la maladie qu'il y a derrière est beaucoup plus grave. Et euh quelles que soient les décisions qui seront prises dans les prochaines heures, couvre-feu ou que sais-je encore, ça ne réglera pas le problème de fond. Le problème de fond, lequel est-il, David ? C'est que depuis des décennies, nous avons euh renoncé à nous affirmer en tant qu'État fort, en tant que puissance, en tant que République.

Et nous avons euh par choix, vous savez, c'est la fameuse formule de de Stendhal qui disait "Ils prennent euh euh leur Bon, j'ai j'ai oublié la formule, peu importe, mais On va essayer de la retrouver, nous. Ils leur leur générosité pour de l'humanisme." Euh et en fait, on est aujourd'hui confronté à ce scénario où on a tout permis. On a tout toléré, on a tout relativisé, on a euh trouvé des justifications bidons, permettez-moi l'expression, pour pour justifier ce qui ne devait pas être justifié. On a accepté tout ça et aujourd'hui, on n'a plus les moyens institutionnels de dire stop et de dire non. Et les Français le voient.

Et quand vous voyez des une femme en train de défendre sa boutique, quand vous voyez des des gens tétanisés par l'idée que des délinquants comme ça peuvent rentrer chez eux, peuvent rentrer dans leur boutique. Mais vous rendez compte, est-ce que c'est ça la ? Moi, quand mes parents sont venus en France en 1977, euh ils sont venus dans un pays de liberté, dans un pays de prospérité, dans un pays où on pouvait se construire un idéal. Est-ce que vous pensez, avec des images telles que celles-ci, que l'on peut se dire que la France telle qu'elle est devenue aujourd'hui est un pays dans lequel on peut construire, dans lequel on peut rêver, dans lequel on peut se ?

C'est ça le problème fondamental, c'est un problème de civilisation, David. Ce n'est pas un problème de sécurité. Nous avons renoncé, nous avons abandonné, nous avons lâchement euh abandonné la France. Alors, euh je vous donne la parole, Ruth et François. l'épuisement de leur âme pour de la générosité et de l'humanisme. C'était ça la formule de Stendhal. La mémoire vous revient La mémoire vous revient, Raphaël. Juste avant de vous entendre, euh il y a aussi, pour établir le profil, pour répondre à cette question, qui, il y a aussi euh les premiers examens, des profils de ceux qui ont été interpellés.

Guillaume Fard nous rejoint, c'est l'un de nos journalistes police-justice qui a eu accès justement à certaines de ces informations. Merci de nous rejoindre Guillaume. Qu'est-ce qu'elles révèlent sur ces ? Bah, il y a il y a euh d'abord une part importante de de majeurs, euh certains qui ont des antécédents judiciaires. sont majeurs. La plupart sont majeurs effectivement. important parce que lors des manifestations lycéennes, la plupart des interpellations, c'était des mineurs, donc des lycéens. Oui, effectivement, mais c'est c'est une c'est une distinction.

Maintenant, il faut être aussi extrêmement prudent sur le fait que euh la part des personnes interpellées, même si dans le cas de Paris, c'était 800 et que on approchait un record, c'était pas un record, on avait déjà euh bah pas fait plus au moment des manifestations de gilets jaunes au-delà de 1000 hein, mais 800 c'est déjà parmi le record, mais cette part de personnes interpellées, c'est un petit échantillon par rapport à la masse des personnes qui sont venues piller. Et sur les interpellés, il y a ceux qui sont effectivement poursuivis, il y a ceux qui comparaissent et donc en fait l'échantillon des comparutions, c'est quelques dizaines pour le moment.

Donc, attention de de ne pas en tirer non plus, voilà, un peu de distance. un sondage représentatif. Non, clairement pas et et l'échantillonnage, ça ça ça marche moins bien en matière de délinquance qu'en matière de de d'élection. Donc donc il faut faire attention d'abord à cet cet effet cet effet-là. Euh ce que l'on observe en tout cas, c'est que euh parmi les pilleurs les pilleurs, il y a une provenance à minima géographique et ça on s'en rend compte par rapport euh aux communes où sont postées les annonces de revente des articles dérobés.

C'est-à-dire que dans les communes qui s'entourent qui ceinturent les centres urbains où ont été commis les pillages, on va retrouver dès le lendemain euh des ventes d'articles euh en quantité très importante, des articles qui sont pas habituellement vendus par les habitants de ces communes sur les sites de vente en ligne. En clair, Les les sacs de marque dont on parlait tout à l'heure par exemple. euh en clair, il y a des euh des des euh des pulls d'une très grande marque qui appartient à un très grand groupe de luxe français.

Quand vous en possédez cinq subitement et que sur votre compte sur le site de vente en ligne, vous n'avez jamais rien vendu de tel, euh ça ça dit quand même quelque chose. Et que dans ces communes-là, enfin qui sont en clair les communes en périphérie de Paris de Marseille ou de de Lyon, vous trouviez une un tel volume d'articles à la revente. Donc c'est de la vente de proximité, donc ça veut dire qu'en fait vous résidez là puisque vous allez vendre de gré à gré aux personnes qui qui habitent à proximité de chez vous, ça donne quand même une indication de provenance géographique. Donc ce qu'on appelle quoi ce qu'on appelle vulgairement et de façon un peu flou les quartiers.

Oui les les cités sensibles, les quartiers difficiles, les banlieues euh de bah la périphérie parisienne. Oui, c'est là où on on a des flux de personnes qui viennent et qui repartent avec ces articles. Donc on a des indications de provenance en clair hein, ça il faut être il faut être assez assez précis et ces scènes de pillage elles tendent à devenir maintenant récurrentes. C'est-à-dire ce qui était autrefois ponctuel, on n'a pas découvert le pillage samedi soir. Le pillage le soir du 1er décembre 2018, il y a des scènes de pillage.

Euh mais ça devient maintenant une une habitude, c'est-à-dire que ça a été vu lors des finales victorieuses du Paris Saint-Germain, donc là on n'est pas du tout dans le revendicatif, on est dans le sportif et dans le festif. On l'a vu lors des émeutes de l'été 2023, ce qui distingue d'ailleurs celle 2023 de celle de 2005, c'est qu'en 2005 les violences étaient localisées au quartier où résidaient ceux qui commettaient les violences.

En 2023, on observe que ceux qui commettent des violences dans les quartiers où ils résident vont aussi dans les centres-villes piller et le pillage maintenant est une pratique systématisée avec des effets d'entraînement depuis les réseaux sociaux et notamment TikTok. Systématisée donc de plus en plus fréquente. Route François et vous, quel est l'image peut-être ou le constat qui vous a le plus ? Oui François. Écoutez [raclement de gorge] j'ai entendu la description des trois cercles concentriques de Pierre. Je pense qu'il y a un élément qui les unit [raclement de gorge] et vous vous le disiez un peu en filigrane c'est l'incroyable sentiment d'impunité. C'est ça le sujet. Hmm.

Ces gens-là, quelles que soient leurs motivations, que ça soit d'opportunité ou bien quelque chose de plus fondamental, de contestation, ont [grognement] la certitude qu'il ne leur arrivera rien. Bah, il ne leur arrive rarement quelque chose, c'est bien le problème. Et et oui, mais je pense que c'est un problème monumental et que ça explique la récurrence que vous évoquiez à propos de différents événements. Et vous savez, il arrive parfois que des événements cristallisent comme ça des choses qui l'ont précédé. Et après, on s'attache à reconstituer les chaînes de causalité.

Il me semble que c'est le cas, c'est-à-dire que il y a là, dans ces quelques heures de folie, euh la la la conséquence de l'incroyable négligence de l'exécutif actuel. Oui, ça fait 30 ans, mais attendez, euh ça fait 10 ans qu'on a un président, hein, qui se fiche comme de l'an 40 de ces questions. Qu'est-ce qui vous fait dire ? Son intervention d'hier. Oui, il est encore dans le dialogue, et cetera. C'est pas ça du tout qu'on attend. Mais pas du tout. Il y a une demande d'autorité monumentale. Il est là pour y répondre. Il a signé pour y répondre. C'est le président de la République. En France, c'est c'est la clé de voûte institutionnelle et politique. Il n'entend pas ce message.

Et il ne l'a pas encore entendu après ces scènes incroyables. On pourrait ajouter, hein, parce que il y a ça aussi dans cet événement, la négligence sur les comptes publics qui empêche que on adresse la revendication euh des lycéens. Il y a aussi l'incroyable dissolution et ses conséquences politiques qui paralysent complètement l'exécutif. Tout est là. C'est au confluent de euh plusieurs années de négligence sur des sujets fondamentaux. Et c'est aussi pour ça que c'est choquant. Et pour vous, ? C'est une fin d'époque. C'est crépusculaire.

C'est euh euh un sentiment, quand on regarde les images, évidemment, de de Radia de de de de de vengeance de range de rage et et et de d'absence d'auto-limitation. C'est-à-dire qu'il y a pas de limite et qu'il y a personne pour se limiter et pas de de réaction d'auto-limite. L'effet de foule, l'effet de groupe et et et par ailleurs évidemment, on est en fait je pense que nous observateurs, on est un peu stupéfait de voir qu'à 6 mois d'une élection présidentielle se passe des choses aussi terribles. ? Parce que on est un peu formaté de façon classique.

On se dit il y a un vote dans 6 mois donc tout c'est un exutoire le vote, c'est un moyen d'expression démocratique donc c'est là que les choses vont se régler, vont s'exprimer. Et ce qu'on ce à quoi on assiste depuis le début des lycéens et je veux pas confondre les différents mouvements et les différentes situations absolument mais c'est le sentiment que le vote comme si le vote n'était pas important, comme si en fait il fallait exprimer cette cette violence même avant euh pendant enfin que ?

Mais c'est la violence de l'ultra-gauche contre les symboles de l'État et la violence des casseurs parce que là on parle des deux groupes principaux même si après il y a eu cette délinquance d'opportunité est-ce que l'élection est-ce que le vote les concerne ? Non exactement, c'est-à-dire qu'en fait on n'est pas dans le même fonctionnement. On n'a pas les mêmes repères et c'est pour ça que je dis pardon on est un peu classique, on pensait que l'élection le vote ça restait un un repère fondamental dans nos démocraties. Ce qu'on voit c'est que pas du tout.

Il y a pas d'attente il y a une attente pour un grand nombre de citoyens qui vont l'exprimer mais il y a une partie de la population pour lesquels ça ne signifie rien, c'est-à-dire évidemment une gigantesque défiance du politique, un rejet total c'est de de du politique et et c'est un immense échec en effet. Tout à l'heure euh Guillaume Abdoulaye Kanté disait euh on peut plus se contenter de dire il y il y petit cercle de black bloc qui vient semer le désordre. Là, ça prend une toute autre ampleur. Est-ce que c'est votre ? C'est-à-dire, est-ce qu'on surestime peut-être le poids ? Je rappelle, il y a ce chiffre de 5000 militants d'ultra-gauche, par exemple.

Ou bien, est-ce qu'on en prend, au contraire, la ? Moi, je trouve que on ne tire pas de leçon de ce qui s'est passé depuis 8 ans. C'est-à-dire, je vais vous donner un exemple très précis. Euh, en mars 2019, après l'incendie du Fouquet's, c'est Édouard Philippe qui est Premier ministre, euh, convoque la presse, fait de grandes déclarations, annonce sa loi anti-casseurs qui finira en partie censurée par le Conseil constitutionnel et dit "Mais il faut prendre des mesures techniques pour combattre euh la venue de personnes qui commettent des violences en réunion." Parmi ces mesures, il annonce euh notamment les produits marquants.

Alors, il dit "Euh, on va devoir marquer les vêtements euh des personnes qui commettent des violences, comme ça on pourra mieux ensuite les retrouver et puis même quand vous vous baladez avec une veste maculée de peinture dans la rue, ça facilite les interpellations parce que la patrouille qui vous voit peut vous attraper." Mars 2019. Il était Premier ministre. Euh, pourquoi ça n'est pas mis en ? Ces systèmes existent. Euh, les produits marquants existent. Les armes qui permettent de tirer des billes de peinture marquante sur des pilleurs existent, sont déployés dans plusieurs pays d'Europe.

Et le même Édouard Philippe, hier, hier, revient, donc cite quatre propositions techniques et revient avec celle-ci. Je dis "Mais quels enseignements a-t-on ?" C'est-à-dire, le fait que des gens viennent piller, ça fait au moins 8 ans qu'on l'observe. 8 ans. C'est long, 8 ans. Donc, en 8 ans, on peut s'adapter, on fait un schéma national du maintien de l'ordre. "Ça fait 8 ans", mais tout à l'heure, on les passera peut-être euh si on a le temps, euh on visionnait des images avec Louise Rondel Le Ninan, euh d'un reportage de 1990 sur les pilleurs, sur les pilleurs.

Mais et à chaque fois, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on vous dit "Il faut passer du statique au dynamique, il faut davantage de mobilité, il faut des gens qui interpellent plus." C'étaient tous les débats qu'on a eu il y a pile 8 ans après le 1er décembre 2018. Et donc là, qu'est-ce qu'on observe ? Que il y a encore trop de statique, pas assez de dynamique, que ceux qui doivent interpeller sont pas en nombre suffisant et que des méthodes comme celle des produits marquants ne sont toujours pas déployées alors qu'elles sont réclamées par tous.

Alors, on reviendra sur la doctrine d'emploi comme on dit, les stratégies de maintien de l'ordre avec route notamment dans son parti pris, mais pour rester dans ce qui frappe les esprits en premier, c'est-à-dire l'ampleur, le nombre des pilleurs, le fait que ça devienne presque automatique. Abdoulaye Kanté, François dit sentiment d'impunité. Est-ce que du côté de la police, on ressent aussi ce ? C'est-à-dire, est-ce que ceux-là qui sont interpellés dont nous parle Guillaume, on a à peu près la certitude qu'il y aura une ? Le seul problème, c'est que vous savez, la plus grande des injustices, c'est la lenteur de la justice.

Et je pense que même en tant que citoyen, je pense que chaque citoyen s'attend à ce qu'il y ait une exemplarité, s'attend que il y ait une réponse justement par rapport à à ces faits qui se sont passés. Et je voulais revenir aussi sur les moyens aussi qui ont été cités, notamment notamment les leçons parce que encore une fois, c'est ce qui est important dans le terme opérationnel, les retex, le retour d'expérience. On a eu décembre 2018 qui a été quelque chose de vraiment de vraiment dramatique dans notre pays.

Et pour autant, il y a eu des mesures qui ont été mises en place et après pour des questions de de positionnement politique et autres, ça s'est pas fait ou d'autres ont été faits vraiment des mesurettes. Et aujourd'hui, je pense qu'il faut aller plus loin. À un moment donné que quand on voit encore que ça recommence et que on voit qu'il y a des groupes, une hybridation ce que je vous expliquais tout à l'heure, une hybridation de ces mouvements. On sait que il y avait l'ultra gauche qui était identifiée.

Pour autant, vous avez des individus qui se préparaient, entraînés même au pillage parce que on voit qu'il y a eu aussi notamment la victoire du PSG et on voit aussi qu'il y a eu d'autres événements qui ont fait que malheureusement, il y a des pilleurs professionnels et l'essentiel, les réseaux sociaux, c'est qu'encore une fois, c'est que le dénominateur commun, c'est qui permet de diffuser ces informations, qui permet aussi de montrer que vous pouvez entre vous avez des tutos, des tutos au pillage, monsieur Pujadas. C'est-à-dire, on apprend les bonnes règles d'un pillage. On apprend justement et Équipe-toi comme ceci, équipe-toi comme cela.

et là c'est évidemment c'est que certains évidemment je je vais prendre peut-être la casquette de du du candidat que je représente en disant que oui, pourquoi ne pas à un moment donné sur un temps, on va dire vraiment précis, localisé, suspendre les réseaux sociaux, peut-être cibler notamment et je sais que les plateformes peuvent le faire. Vous savez, sur par exemple TikTok, vous avez des mots-clés que vous pouvez qui se sont automatiquement censurés. Pourquoi on censure pas dès qu'il y a le mot pillage ou bien rendez-vous tel ?

Vous savez, on peut aller loin aujourd'hui profitant de cet outil numérique et devenu technologique pour pouvoir aller plus loin et c'est qu'il y a peut-être aussi des problèmes de constitutionnalité, donc problème de liberté, donc il faut qu'on aille plus loin parce qu'on peut plus accepter cela. Rafik, au-delà de la réponse, je voudrais d'abord revenir sur le fait lui-même et vous faire écouter le témoignage euh d'une femme qui a tenté de défendre son magasin de chaussures, je crois. Euh euh alors seule euh pas très grande euh face à plusieurs de ces casseurs qui voulaient entrer dans son magasin. Donc elle a été euh retrouvée ce matin euh et euh je crois que c'est ?

Voilà, c'est Thomas Misraki qui l'a retrouvée et écoutez bien ce à quoi elle en arrive comme conclusion sur ce qu'il faudrait faire pour elle, pour sa sécurité et qui est le témoin du sentiment d'impuissance publique que l'on ressent. En clair, euh on n'est pas très loin de l'autodéfense. Écoutez. Quand on vous dit que arrêtez d'appeler à vous harceler, vous encombrer la ligne et que vous vous faites agresser. Ça c'est la police qui vous a dit ? Oui. Arrêtez d'encombrer, arrêtez d'encombrer les lignes, arrêtez arrêtez madame, euh ne ne téléphonez plus. Et vous êtes en train de prendre vos armes avec des bâtons euh euh pour repousser [grognement] Là maintenant, il faut se défendre.

À un moment donné, là, c'est soit le couvre-feu, soit euh, on fait appel à la à une milice, hein. À un moment donné, il faut faut appeler euh un chat à chat, hein. On nous dit "Assurance, assurance." Et les petits jeunes, j'arrêtais pas de d'avoir un discours qui n'est absolument pas le mien en disant "Mais on n'est pas du CAC 40." Nous, on a une vraie c'est un vrai outil de travail. Montage, Tobias Klezer. C'est vrai que un magasin à piller, il faut bien se rendre compte que c'est davantage que trois lignes de comptabilité qui s'effacent, c'est souvent une vie, la partie d'une vie, des efforts, un sentiment d'appartenance qui disparaît, tout est balayé.

On va voir quelques images de ces pillages également. C'est vrai que c'est toujours assez vertigineux. Vous avez entendu Rafik, vous avez entendu la la la la la la conclusion que tire cette commerçante. Les conclusions que tire cette commerçante est aujourd'hui tirée par énormément de de Français. L'idée qui consiste à dire qu'il va falloir apprendre à se à se taux défendre pour pouvoir résister dans les temps qui viennent. Et vous rendez ? Mais c'est la faillite, c'est la faillite de l'État. La raison d'être d'un État, David Pujadas, historiquement, philosophiquement, euh, la le la raison même d'un d'un d'un contrat social, c'est de garantir l'ordre et la sécurité.

Les humains se sont réunis entre eux et ont formé des républiques, des pays, des États, des nations, d'abord dans une logique de sécurité. Aujourd'hui, dans notre pays, dans les démocraties, mais plus particulièrement dans notre pays, nous avons fait passer la logique de protection avant la logique de puissance et avant la logique d'ordre. Euh, une le simple fait de jeter un coup d'œil à nos dépenses publiques en dit long.

Le régalien, c'est-à-dire ce qui est la raison d'être de l'État, la police, la justice et les armées, parce qu'on parle même pas des risques qui sont extérieurs, qui pourraient demain nous menacer, c'est 6,5 % de notre dépense publique, quand les dépenses dites sociales sont de 57 % de notre dépense publique. Nous avons fait des choix. Nous avons été dans la négation du risque, nous avons voulu protéger euh socialement et nous avons euh désarmé notre pays, désarmé militairement, désarmé nos policiers, désarmé notre justice. Et puis nous nous sommes par voie de fait désarmés euh philosophiquement en ayant désarmé notre école. Et ça c'est ce que nous payons aujourd'hui.

Et sans une révolution copernicienne majeure et l'élection présidentielle doit servir à ça. Elle doit pas servir à savoir comment on va taxer les riches ou savoir comment on va euh réduire de 2 ans l'âge de départ à la retraite. La révolution pré la la révolution, vous voyez le euh le lapsus que je fais. La l'élection présidentielle qui [rires] vient doit être l'occasion de mettre tout tout sous tous ces sujets sur la table. Si la France ne renoue pas avec l'ordre en interne et avec la puissance en externe, nous serons laminés dans les décennies qui viennent.

Alors, il y a un sujet qui est pointé du doigt par beaucoup de pays étrangers qui nous regardent, que nous on aborde très délicatement parce que c'est toujours ultra sensible, ce sont les ratés de l'intégration. Et même, disons-le directement, la politique d'immigration. Euh Peter Magyar, donc euh le nouveau Premier ministre de la Hongrie. Donc c'est pas Orban, Magyar. Lui, il a été élu pour restaurer l'État de droit, la démocratie. Il est désormais clair pour tous pourquoi la Russie la Hongrie prône la politique migratoire la plus stricte. Ça, ça suivait ses observations sur la France. Donald Tusk, c'est pareil.

Euh Tusk, c'est pas le PiS, c'est pas le parti euh d'extrême droite euh polonais. Euh Donald Tusk, c'est notre allié d'ailleurs dans toutes nos affaires de l'Ukraine. La Pologne ne répétera pas les erreurs des autres pays européens à il réagissait à ce qui se passe en France. Nous défendons fermement nos frontières contre l'immigration clandestine. Et et puis il y a évidemment J.D. Vance, mais là les Américains, c'est traditionnel. Dès qu'il y a un problème en France, euh on a presque l'impression de dire un feu de forêt ou quoi qu'il arrive, ils pointent l'immigration.

Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d'autres pays au nom de la diversité et euh de la compassion. Et je vous propose d'écouter aussi le l'un des vainqueurs de la Coupe du monde 98, l'un des membres de l'équipe de France, Emmanuel Petit. Écoutons-le. J'ai un message pour toutes les personnes qui croient encore profondément comme moi que la France est un superbe pays qui ouvre ses portes à bras ouverts toutes les personnes qui souhaitent vivre venir ici en France et ben continuez parce que moi je suis comme vous. J'adore mon pays, j'adore tous les étrangers qui adorent mon pays, qui veulent s'intégrer.

Mais tous les autres, à commencer par les Français, qui ne souhaitent pas justement que la France continue à être ce qu'elle est retournez d'où vous venez. On n'a pas besoin de vous. Et tous ceux qui sont nés avec un passeport français, ! On veut plus de ! Bon, c'est radical. Montage Lucile Gamar, réaction Abdoulaye Kanté.

Vous savez, moi je suis quelqu'un qui est issu de des quartiers populaires et je crois que en fait ce qui se passe c'est que quand je vois des commentaires de certains dirigeants étrangers qui ne connaissent pas du tout la sociologie française, de la complexité française, il faut comprendre que vous avez dans les quartiers populaires des peut-être des enfants qui forcément on ne leur a pas appris réellement ce que c'était les valeurs de la République. Et je pense qu'aussi que derrière il y a aussi le fait que certains ont voulu aussi être dans cette politique de victimisation, eux ils vous aiment pas.

L'important c'est que quand on voit qu'il y a ce choc civilisationnel, ce choc où on doit se dire que quand on est en France, mais attendez, vous êtes partie prenante, c'est-à-dire que vous êtes un enfant de ce pays. Et on va vous donner les outils pour justement adhérer à ce pacte républicain. Et malheureusement, je pense qu'on a failli là-dessus. Et quand on failli là-dessus, c'est que vous avez toujours ces individus, ces personnes qui sont totalement opposées à tout ce qui peut représenter le symbole de notre République. Opposées ou ou ou simplement ? Je j'irais même plus loin, c'est même pas de l'indifférence, c'est juste de la défiance.

Mais si il y a cette défiance qui est là, je vais un peu plus loin, c'est que simplement vous avez peut-être un état qui n'a pas su amener les outils dans ces quartiers ghettoïsés. C'est pas de leur faute. Vous allez dans certains quartiers populaires, je peux vous dire que oui effectivement, il y a les la misère humaine, il y a du chômage et cetera. J'étais à Grenoble il y a pas longtemps, je peux vous dire que tout ce qui est service public, ça n'existe plus. La nature a horreur du vide, qu'est-ce qui se ? Vous avez ben les radicaux religieux qui sont présents, vous avez le narcotrafic.

Donc forcément quand vous voyez dans certaines de vos émissions que des fois toutes les rentrées vous avez des narcotrafiquants qui se permettent de se substituer au service public pour amener des effets scolaires pour des des des des familles monoparentales. Quand vous avez pas de service public dans cet endroit-là, tout ce qui représente les valeurs de la République, forcément ne vous attendez pas à ce que des enfants ou des jeunes respectent notre pays. Oui Guillaume. Ouais, moi je vais rappeler une chose, hein, c'est que euh parmi ce qui s'est passé samedi soir, il y avait des personnes issues de l'immigration qui sont allées piller.

Mais il y avait aussi des personnes issues de l'immigration dans les rangs de la police nationale qui leur ont couru après et qui les ont arrêtés. C'est ça aussi le symbole de la République, c'est que dans les quartiers populaires, des gens issus de l'immigration rentrent dans la police nationale et parfois accomplissent le sacrifice ultime. Je pense à Ahmed Merabet qui l'a payé de sa vie pour affronter des terroristes islamistes sous les fenêtres de de Charlie Hebdo.

Donc en réalité, si on commence à ethniciser le débat et à vouloir faire des camps, à essentialiser et en disant "Vous êtes issus de l'immigration, vous êtes nécessairement du côté des pilleurs et vous n'avez aucun autre chemin en France que celui-là", euh bien en fait on désunit le pays. Et la chance de la France, c'est que quand on est issu de l'immigration, on peut rejoindre les armées, on peut rejoindre la police nationale, on peut rejoindre la gendarmerie nationale.

Et quand on voit la pyramide des âges des forces armées de la police nationale, ben il vaut mieux qu'il y ait des enfants de l'immigration justement qui aillent vers ces vers ces métiers-là, sinon de toute façon il y aurait plus de service public régalien. Donc je pense qu'il faut faire attention à la le pénisation des esprits et à l'ethnicisation des débats. Moi je suis très Moi je suis euh je je je pense à tous euh ces euh Français d'origine immigrée qui travaille tous les jours dans les hôpitaux, dans les [raclement de gorge] dans dans les EHPAD, dans les crèches, tous ceux qui rendent des services à la France au quotidien par leur travail et qui sont dévastés par ces images.

Qui sont malheureux de ces images parce qu'elles elles elles leur elles leur retombent dessus alors qu'ils ne sont pas concernés. Donc c'est pas une question d'ethnie, c'est une question d'éducation, de famille, de milieu social global et de de de chemin de cheminement parce que dans il y a certainement une question de contrôle des flux de d'immigration, on en a souvent parlé ici et c'est normal. Mais en revanche, dans ceux qui sont en France, il y a ceux qui sont perdus et il y a tous les autres qui sont des républicains, qui sont des Français et où où qui sont encore étrangers mais qui participent à la richesse nationale.

Moi, c'est à eux que je veux penser ce soir parce que eux quand ils voient ces images, ils sont dévastés parce que ça les touche directement et ils se sentent euh pointés du doigt à alors que c'est faux et qu'il faut bien faire la différence. Rafik et François. Oui, je voudrais remercier Ruth pour ce qu'elle vient de dire, c'est très important. Euh vous voyez quand vous avez euh euh un un délinquant tel qu'on l'a vu tout à l'heure revendiquer ses trophées qui manifestement est issu de l'immigration, en réalité, il fait du mal à la France évidemment mais il fait du mal euh à tous les jeunes qui sont issus de l'immigration qui demain ne trouveront pas du boulot à cause de racaille comme lui.

Euh de de jeunes qui pour la plupart dans les quartiers et j'en connais beaucoup ne demandent qu'une seule chose, c'est de réussir dans la vie et de construire quelque chose. Et vous avez ces bandes euh organisées qui sont des délinquants et il faut les nommer en tant que tel, en tant que délinquants, pas en tant que jeunes issus de de l'immigration parce que à force de vouloir En fait, il y a deux sujets. Il y a la question de l'immigration légale. Et il est évident qu'une nation doit avoir la maîtrise de ses frontières et contrôler son immigration. Donc il y a pas de sujet. Et une nation doit avoir une maîtrise parfaite et impitoyable de ses frontières.

Mais une fois que tu es dedans, une fois que tu décides d'embrasser la communauté nationale, tu as des droits et des devoirs. Et si tu respectes pas les devoirs, eh ben tu es puni. Quand vous dites crise d'autorité, ça en fait partie pour ? Ah ben ça en fait évidemment partie. Quand tu as des devoirs, eh ben tu dois les respecter. Et si tu ne respectes pas, tu vas en prison, tu te fais interpeller. Que tu sois issu de l'immigration, que tu sois né à la campagne et ou que tu aies une famille française depuis 500 ans, c'est pareil. Si tu ne respectes pas la règle, tu es puni. François. Non, [grognement] je suis tout à fait dans les pas de de Rafik.

Je Je pense que Donald Toussaint confond tout. Il nous parle d'immigration clandestine, c'est pas le sujet. Je veux dire [raclement de gorge] comme vous l'avez rappelé, ce sont des jeunes qui sont français. D'origine étrangère. Une, deux générations, on ne sait pas, mais enfin ils sont français. Mais mais je rejoins tout à fait Rafik. Je pense que le problème c'est d'être d'avoir de tenir les deux bouts de la ficelle. C'est-à-dire de taper quand il faut et taper fort. On punit les criminels. Je voyais encore cet après-midi que le type le jeune jeune homme qui a euh piétiné un policier à Belfort, qui au point qu'il en a perdu connaissance, il est libre. Sous contrôle judiciaire.

Euh c'est pas possible. On en revient au sentiment d'impunité. Mais il faut tenir l'autre bout de la ficelle. Et et vous le disiez aussi, c'est-à-dire que euh on peut pas laisser des des des des zones complètement autonomie, sinon elles s'organisent de de de façon criminelle. C'était En fait, l'assimilation ne se fait pas naturellement. Ça demande des politiques spécifiques qui qui qui doivent être doubles, euh justement intégrer tout ceux qui le demandent, qui en ont la capacité et puis faire ce qu'il faut pour et de l'autre côté veiller à ce que on ne déborde pas du coloriage, c'est certain.

Je vous donne une information Piolle enchaîne, euh il y avait des mesures de couvre-feu prises dans des villes moyennes comme Douai, euh d'autres dans des villes plus grandes comme Lille, couvre-feu partiel, hein. Eh ben c'est le cas aussi à Paris, alors sur un quartier très circonscrit, euh en l'occurrence la place de la République et quelques ruelles adjacentes, c'est aussi le cas à Nice. Voilà. Ce c'est pas des mesures générales. Parce que depuis 16h 17h, parce que depuis 16h 17h, il [raclement de gorge] y a commencé à avoir quelques troubles place de la République cet après-midi. Voilà, donc pour éviter la reproduction de cela.

Question maintenant, y a-t-il aussi des responsabilités politiques dans ce à quoi on a assisté ce ? Autrement dit, des paroles politiques trop euh complaisantes avec la violence. Évidemment, euh les regards se tournent en particulier vers une formation qui semble isolée de ce point de vue-là sur la scène publique. Et c'est pas seulement le gouvernement qui la pointe du doigt. Il s'agit de la France insoumise qui euh se défend. Alors, qu'en ? Est-ce qu'on peut arriver à se faire une idée ? Responsabilité ou pas ? Vrai procès ou euh mauvais ? Voici euh les indispensables avec Pierre-Olivier Danton. Bonsoir Pierre-Olivier. Bonsoir David, bonsoir à tous.

Alors, plus généralement d'abord, il y a bel et bien une France qui semble justifier ou relativiser les violences aujourd'hui. Oui, et regardez justement cette séquence David, c'était hier près de la place de la République à Paris. Un homme s'interpose face à une bande de jeunes. Il leur reproche d'empêcher le travail des pompiers euh venus pour éteindre [raclement de gorge] un incendie, c'était avant-hier. Regardez. Autre exemple, toujours dans la capitale, cette fois-ci des jeunes sortent les les remplies d'un supermarché tout juste dévalisé, un homme les interpelle, écoutez. [rires] Papa, on ne peut pas faire ! Il a fait ? Il a fait ? Le ! C'est un voleur, ! Il a volé ?

Il vole tout, il vole tout, à l'intérieur. Tu l'as pas vu partir ? Si, j'ai vu, il a volé. Tu n'as honte de gâcher ? Les gens, ils bossent, ils bossent, ! Bah vas-y, bah viens, tu vas me payer du pain. Mais je suis d'accord avec toi. Mais moi aussi j'ai envie de bosser. Mais moi aussi j'ai envie de bosser. C'est là-dedans là. C'est en couleur. Mais alors que c'est la route, regarde les prix quand même, ils sont mais Les prix sont hauts et donc Et sur l'échiquier politique justement David, on peut t'entendre des positions qui semblent relativiser certains agissements.

Sur notre antenne, hier, tout en précisant qu'il était pour la non-violence, Jean-Luc Mélenchon estimait que l'acronyme anti-police ACAB avait parfois sa place. Cela signifie entre guillemets que tous [raclement de gorge] les policiers sont des bâtards. Écoutez-le, c'était hier. ACAB, est-ce que vous le reprenez à votre ? Ça dépend des jours et des heures. Tous les slogans ont leur place. Vous savez, je peux vous chanter "Mort aux vaches, mort à la sûreté" et cetera, ça fait 100 ans que ça dure. Vous vous vous savez qu'on est en France ici, vous savez comme moi, vous les connaissez. Ils sont comme ça.

Cette prise de parole intervient seulement 2 semaines après son passage devant les étudiants d'HEC et le candidat insoumis s'en prenait déjà à la police. Pourquoi j'ai dit un jour "La police ? Il y a pas mec plus tranquille que moi. Cette troupe n'est plus tenue, elle n'en fait qu'à sa tête et dans sa tête, il y a des idées pourries, racistes. L'off sur lui ces derniers jours, notamment de la part du gouvernement, Sébastien Lecornu, dans les rues de Paris samedi soir, visait directement Jean-Luc Mélenchon, écoutez-le. C'est désormais le moment aussi de choisir son camp.

Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l'ordre et celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs, soit on est du côté de celles et ceux qui ont un projet violent pour la République et contre la République. Même son de cloche pour le candidat Horizon, Édouard Philippe. Une fois de plus, LFI est visée, regardez. La responsabilité de la France insoumise dans ces violences est considérable. Quant à Bruno Retailleau, il y en a marre de ceux qui propagent de la haine anti-flic. Jean-Luc Mélenchon brumise de la violence en permanence. Merci, Pierre-Olivier.

Vous vouliez nous montrer une toute dernière séquence. Effectivement, sur les réseaux sociaux aussi, David Desvoix s'élève pour dire un nom. Cette femme a 26 ans, regardez-la. Elle est chauffeur de bus. Sa vidéo a cumulé plus d'un million de vues sur TikTok. Elle a soutenu le mouvement des lycéens. Elle croyait en la mobilisation de ce weekend. Mais pour elle, ceux qui ont cassé ont tout envoyé valser, écoutez. C'est ça la ? Vous êtes juste des gros clochards. Moi, je vais vous dire, vous êtes des gros clochards. Vous êtes juste des gros clochards. Vous vous servez d'un d'un mouvement qui moi me paraît noble.

Parce que c'est un mouvement qui qui qui défend les libertés, qui défend euh euh euh les Français, ceux de ceux du ceux d'en bas. Vous avez tout [ __ ] et encore une fois, vous venez de donner 10 % minimum au RN. Et bravo et bravo et 2027 c'est pour eux. C'est pour eux et bravo à eux parce qu'ils vous êtes tombés dans le piège. Vous êtes tombés dans le piège. Ils vous ont laissé piller et vous l'avez fait. Et vous avez montré aux Français qu'en fait, c'était qui qui ? Qui qui qui était dans les ? Qui était dans les ? Merci. Allez. Voilà, merci euh Pierre-Olivier. Cette jeune femme qui sera notre invitée tout à l'heure, elle sera sur le plateau.

De nombreux témoins pour cette grande confrontation euh exceptionnelle, des policiers, euh des commerçants qui ont été qui viendront nous raconter ce qui s'est précisément euh passé, euh des élus aussi, David Lisnard en fera partie en particulier. Il y aura aussi des intellectuels pour encore une fois prendre la mesure de ce qui s'est passé ce weekend. Restons là sur notre constat sur ces phrases de Jean-Luc Mélenchon qui se défend en même temps de jeter de l'huile sur le feu en ce qui concerne ces violences. Alors c'est vrai qu'il est un peu isolé sur la scène publique, tout le monde pointe du regard, tout le monde le pointe du doigt.

Est-ce qu'il faut l'accabler ou est-ce que c'est périphérique ? En fait, il veut banaliser dans son interview avec Margot Haddad, il veut banaliser ses slogans en disant "Bof, mort aux vaches, voilà, c'est là vous savez, c'est comme ça, on est en France, on est un peu des rebelles quoi." Non. A Caban, on parle de A Caban. Voilà. Non, les mots ont un sens, les mots ont un impact et un dirigeant politique a des responsabilités.

C'est fondamental parce que il a lui et d'autres il a déjà dit "Abattre les citadelles." Balibayoko a dit "La violence est légitime." Alma du four a dit "Tout est possible, la fin justifie les moyens." Bah je je peux vous faire une une suite, on peut on peut avoir une série de citations pas seulement de Jean-Luc Mélenchon mais d'un certain nombre de ses amis qui ont impacté. Je dis pas qu'ils l'ont voulu, je dis ils ont impacté peut-être la des tempéraments, des esprits et ils ont et ça va au-delà.

Quand on est un homme politique et un élu, on doit être exemplaire, on doit être au-dessus et si on veut enseigner et on est contre le gouvernement, pas de problème, c'est la démocratie mais on élève les gens, on élève, on leur on leur instille un esprit républicain de respect. On ne cherche pas à leur apprendre la haine ou la violence. Or des les mots ont un sens. Liberté d'expression quand on parle de la police par exemple, vous qui êtes un policier Abdoulaye Kanté ou responsabilité pas forcément totale mais en partie dans ce qu'on observe. Monsieur Pujadas, les mots ont un sens.

Quand j'entends les diatribes de Jean-Luc Mélenchon, c'est une insulte aux 250000 forces de sécurité intérieure qui protègent ce pays, dont 160000 policiers, femmes et hommes, qui protègent peut-être vos enfants, peut-être vos familles, et que quand ils entendent cela, que la police tue ou tous les policiers sont des bâtards, et que il y a une forme de banalisation dans ces propos, ces banalisations se retrouvent sur les réseaux sociaux. Cette banalisation se retrouve dans la rue. Cette banalisation, vous l'avez montrée dans ces images, quand on voit que chaque pavé, c'est un mot de Jean-Luc Mélenchon sur un policier. C'est un mot sur chaque policier.

C'est une violence qui est qui est accentuée sur un policier qui est censé protéger. Vous dites ça de l'impact, hein. Je le dis très sincèrement, et je le dis avec droit dans les yeux, je vous le dis. Je l'ai dit aussi au Conseil de Paris aussi. À une personne qui justement trouvait que nous, les policiers, nous tuons et nous faisons ce qu'on voulait avec les gens. On vous a entendu, c'était on sentait que vous étiez euh ému là euh presque au cœur de votre Parce que en fait, vous savez, j'ai été comme d'autres mes de mes de mes confrères des premiers intervenants lors des attentats de novembre 2015, dont on va encore célébrer euh célébrer euh le bientôt euh l'événement.

Et quand j'entends ces personnes-là qui euh d'une voix comme ça, en tant qu'élu, qui doivent montrer l'exemple, qui doivent prendre de la hauteur, insulter ces personnes-là. Vous savez, ces personnes-là, ce sont aussi, dès qu'ils posent leur uniforme, ce sont des citoyens comme les autres. Eux aussi, ils sont confrontés aussi à la cherté de la vie. Eux aussi, ils ont des soucis aussi des fois à finir les fins de mois. Et quand j'entends un responsable politique qui se permet de sortir des diatribes comme ça, et encore une fois, on peut tout dire dans le débat dans dans la démocratie. On peut dire que la police n'est pas [raclement de gorge] parfaite. Bien évidemment, il y a des failles.

Est-ce qu'elle est plus violente qu'avant dans sa manière d'intervenir pour ? Monsieur Pujadas, la société est devenue de plus en plus violente. Et effectivement, il faut qu'il y ait des personnes qui puissent s'adapter à cette violence. Nous sommes des êtres humains aussi. N'oublions pas cela. Hmm. Donc effectivement, et en plus, notre administration est l'une des administrations les plus contrôlées de toutes les administrations. Effectivement, oui, dès qu'il y a des failles, bien évidemment, on doit répondre de ce qu'on a fait.

Mais quand j'entends direction celle politique qui par des bassesses, juste simplement pour satisfaire un électorat, se donne à ce genre de verbatim qui est honteux, excusez-moi, je peux pas l'accepter dans notre République. Afik et François. Je ne peux qu'abonder dans le sens de Abdallah. La France insoumise, c'est la lie de notre classe politique aujourd'hui. C'est ce que la politique peut produire de plus exécrable. Ils sont dans une logique de clientélisme. Ils font mine de vouloir s'intéresser précisément aux Français issus de l'immigration, aux Français des quartiers populaires. En réalité, ils les méprisent. Ils se constituent une clientèle électorale pour avancer.

Ils les méprisent, ils les considèrent comme des personnes Ils sont populaires dans ces quartiers, il faut le reconnaître. Ils ne rêvent que d'une seule chose, c'est les assigner à résidence identitaire. Ils ne veulent surtout pas les les voir s'élever, s'émanciper. La France insoumise, ce sont des gens qui sont anti-républicains parce que anti-police précisément. Ce sont des gens qui veulent casser tous les codes. Ils se rêvent en Robespierre. Il est dans une aventure personnelle, Jean-Luc Mélenchon. Il n'est ni pour les quartiers populaires, ni pour les Français les plus populaires qui ont des problèmes pour boucler leurs fins de mois.

C'est une bande de bourgeois qui rêvent de révolution et qui malheureusement par leurs mots sont possiblement en situation de la provoquer. François et puis le mot de la fin sur là-dessus avec Guillaume. Écoutez, les attaques [raclement de gorge] contre la police sont insupportables, me sont insupportables et surtout quand elles viennent de responsables politiques. Je dirais que ce qu'a évoqué Route également, c'est-à-dire non pas les appels à la violence, enfin les déclarations de Mali Bagayoko ou autre. "Il vaut mieux ne pas arriver à cela, mais la violence est légitime, mais il vaut mieux ne pas l'utiliser." Je précise, hein. Oui oui oui, tout à fait.

Oui, mais François, la question c'est est-ce que ça a un ? J'allais y venir. Sur ce qui se passe. Je pense que de là à rendre LFI responsable de ces mouvements, non. Là, franchement, je il y a il y a beaucoup de de de de stratégies politiques. Je ne pense pas que on puisse les charger de cette de ce fardeau là même si leur expression sur ces deux sujets que j'ai que j'évoque personnellement m'ont semblé choquantes. Je vous donne la parole je vous donne la parole Guillaume mais écoutons simplement un autre extrait de Jean-Luc Mélenchon. Margot Haddad lui demande est-ce que vous condamnez les ? Écoutez l'échange. Vous le condamnez très clairement. Mais ça c'est c'est toujours le grand mot.

Condamner allez d'accord je vais condamner. Ça change quoi ? Dites-moi qu'est-ce que ça ? Et est-ce que monsieur le président de la République est-ce que monsieur le le ministre de la police va dire que lui il condamne ceux qui ont tiré à bout portant sur un jeune homme en lui détruisant la figure et l'œil crevé et l'autre œil crevé et la mutilation. C'était hier sur notre antenne à cette même heure Guillaume. Stratégie de l'équivalence c'est-à-dire que vous créez une équivalence des blessés des blessures pour ensuite créer une équivalence de ceux qui peuvent recourir à la violence.

Et donc la violence de de que vous reprochez aux forces de l'ordre vous la réclamez pour vous-même pour finalement pouvoir vous défendre. Et donc la fin justifie les moyens et en fait on a rebouclé la boucle.

En fait il y a une volonté de contester que la police dispose du monopole non pas de la violence mais de la force parce que seule la force physique est légitime la violence est toujours illégale et dans le code pénal même pour les policiers quand elle est commise par personne dépositaire de l'autorité publique c'est une infraction mais donc pour contester ça et pour réclamer le fait d'avoir droit au nom de causes qui sont des causes supérieures à cette logique de fin qui justifie les moyens il faut pouvoir avoir la possibilité de recourir à la violence. Et donc pour pouvoir justifier votre propre recours à la violence vous cherchez l'équivalence.

Équivalence des blessés équivalence des blessures ben très bien donc il y aura équivalence du recours à la violence. Et ce discours là est un discours dangereux parce que c'est un discours de fracture de l'unité nationale. À chaque fois que notre pays a été divisé il a été faible pendant toute l'histoire de France tous les moments de grande faiblesse du pays c'est des moments de désunion et en fait on va chercher la désunion en allant justifier que on puisse d'une certaine façon recourir à la violence parce qu'il y aurait équivalence entre les blessés et les blessures. Et c'est une méthode qui est une méthode extrêmement pernicieuse sur le plan rhétorique.

Guillaume, oublions un instant la France insoumise, je vous pose la même question que je posais tout à l'heure à Abdoulaye Kanté, ça fait des années que vous suivez l'intervention des forces de l'ordre dans ce genre de circonstances, pas seulement d'ailleurs dans ce genre de circonstances. Vous vous vous suivez beaucoup les enquêtes aussi, mais est-ce que vous vous constatez une police de plus en plus ? Pas nécessairement. D'ailleurs à Margot Haddad, Jean-Luc Mélenchon a dit à deux reprises et c'est une erreur factuelle qu'il n'y avait eu aucun mort en mai 1968. Il y en a eu sept. Sept morts. Sept morts, deux policiers cinq manifestants, des morts par balle.

Il y a eu un homme qui est mort par balle. Il y a un un homme qui est mort de l'éclat d'une grenade, non pas de désencerclement, on vous lance des galets en caoutchouc, d'une grenade offensive, militaire, faite pour faire la guerre. Sept morts. Alors quand à l'échelle de mouvement social, certes sur deux mois, il y a eu trois morts en mai, trois morts en juin et le septième, il est mort plus tard, il était blessé le 10 mai, il est mort des suites de ses blessures. Sept morts, c'est quand même un mouvement qui est un mouvement violent.

Vous ne pouvez pas dire publiquement à une journaliste de premier plan sur une chaîne de sur une chaîne de premier plan à une heure de grande écoute qu'il y a eu zéro mort. C'est faux, il y en a eu sept et vous pouvez pas le dire à deux reprises. Donc c'était particulièrement violent et ça a été sanglant. Et parce que ça a été violent, parce que ça a été sanglant, parce qu'il y a eu un mort par balle en manifestation, retrouvez-moi une manifestation au cours des 10 dernières années où il y a un mort par balle. Je vous mets au défi de le faire. Et bien on a modifié la doctrine de maintien de l'ordre.

Alors tout n'est pas parfait, il peut y avoir des blessés, des blessures physiques irréversibles, la perte d'une main, la perte d'un œil, c'est inacceptable. Nul ne devrait en démocratie venir manifester un matin et repartir avec un œil en moins ou amputé ou amputé d'une main. Mais en tout cas, il y a un progrès, il y a un progrès dans les méthodes, il y a un progrès dans les techniques et et ça c'est un progrès qui est un progrès positif et qui est à mettre au crédit des forces de sécurité intérieure, en est un exemple dans le monde.

Certains vous disent en Angleterre, c'est formidable, la crise de confiance entre les Britanniques et leur police n'a jamais été aussi forte que ces deux dernières années. Et je citais le rapport de la baronne Louise Casey qui est quand même à la Chambre des Lords, c'est pas une gauchiste cette dame hein, qui a fait tout un rapport pour expliquer à quel point la police britannique est une police dont beaucoup redoutent le contact.

Quant aux Allemands, bah une fois qu'on a expliqué qu'en 2023, ils ont mis en traumatisme crânien tous les partisans de Madame Thunberg qui est allée Greta Thunberg qui est allée sur une mine de charbon et que leur maintien d'ordre permet de taper les gens sur la tête là où en France c'est interdit, je sais pas où est-ce que c'est le plus violent. Donc moi je me garderai bien de faire des comparaisons en disant que l'herbe est plus verte ailleurs. En France, on a quand même la chance d'avoir des forces de l'ordre qui agissent dans un cadre légal avec une doctrine d'emploi qui est claire. Dernier mot Abdallah Conté parce que je vous voyais réagir et puis on avance.

je je vais pas rajouter ce que dit Guillaume Fard, mais juste simplement peut-être une note philosophique me dire qu'effectivement quand on voit notre société qui est fracturée, il est de notre devoir en tant que responsable politique, en tant que média ou toute personne qui aime ce pays de d'être sur ce chantier et de faire en sorte de réparer cette fracture. Merci Guillaume euh de nous avoir donné ces informations. J'ajoute que le couvre-feu, il est légèrement modifié, c'est à 23h qui commence, mais c'est pour tous le couvre-feu à Paris autour de la Place de la République. À Lille par exemple, c'est un couvre-feu pour les mineurs. Merci, le moment est venu d'accueillir notre invité.

On va continuer d'une certaine manière de réfléchir à à à ces événements. Il s'agit du politologue Jérôme Fourquet. Bonsoir Jérôme. Bonsoir. Vous êtes politologue associé à l'IFOP euh en particulier et on vous accueille pour ce livre Homo Occidentalis écrit avec Ruben Rabinovich aux éditions euh du Seuil "Que [raclement de gorge] sommes-nous ?" Alors du coup, c'est un titre qui prend une certaine actualité. Nous Occidentaux, on pourrait peut-être l'appliquer euh à ce qui s'est passé euh ce weekend.

Euh c'est en quelque sorte la sociologie du quotidien et la sociologie à portée de tous, c'est-à-dire qu'à partir d'éléments très concrets et connus de tous, vous tissez des liens et vous définissez des grandes évolutions. Vous invitez avant les événements de ce weekend, mais il se trouve que votre livre trouve une résonance particulière. D'ailleurs, ce thème de la violence est abordé à la fin de votre ouvrage parce que il y a un lien entre ceci et cela, selon vous, entre ce qui est devenu euh l'homme occidental, l'homo occidentalis, et ces violences auxquelles on assiste de façon de plus en plus répétée. On l'a évoqué euh à plusieurs reprises.

Alors, si vous n'avez pas lu ce livre qui est sorti il y a quelques jours, nous l'avons lu euh Lucile de Villers l'a vu l'a lu, voici les indispensables.

1:04:13
Non speech

[musique]

1:04:14
Locuteur

Bonsoir Lucile. Bonsoir David, bonsoir Jérôme Fourquet, bonsoir à tous. Quel est le constat de Jérôme Fourquet et de Ruben ? Et bien, j'ai repéré une image qui résume peut-être l'essentiel de votre propos et qui fait lien avec notre actualité. Cette jeune femme filmée en plein jogging dans les rues de Paris pendant la manifestation, des vélos brûlent et elle poursuit sa course. De quoi est-ce le ? Et bien, nous sommes passés d'une société organisée autour de l'interdit et de l'autorité à une société valorisant l'autonomie et la satisfaction personnelle.

Pendant des décennies, l'Église, la famille, l'école, l'État, l'armée organisaient un ordre symbolique qui codifiait et encadrait la société occidentale, donc les individus, et bien tout cela est terminé. En se délitant, cet ordre social n'a pas été remplacé par un autre, ses fonctions sont progressivement passées à la charge des des individus eux-mêmes. D'où l'émergence de ce que vous appelez l'homo occidentalis, un nouveau type d'individu consacrant la souveraineté de chacun et le droit à s'autodéterminer. La famille patriarcale, !

Elle éclate aujourd'hui parce que la plupart des naissances des enfants naissent de fait hors mariage, aussi parce que la figure du père est déconsidérée en tant que pouvoir incontestable. Enfin, parce que cela s'accompagne de l'avènement de ce que vous appelez le peuple adolescent qui rejette toutes les formes d'autorité traditionnelle. Et c'est là qu'on revient petit à petit peut-être à notre situation d'aujourd'hui. Le peuple adolescent, c'est un individu-roi qui naît, Lucile. Oui, un exemple que vous citez, la crémation. Cela représente 60 % des sépultures ici en France contre 18 % dans les années 2000 et seulement 2 % dans les années 80. La tombe était la dernière demeure, écrivez-vous.

À l'inverse, la crémation, c'est l'effacement du territoire des morts. Chacun a son urne, il y a eu aussi le Walkman puis le smartphone, chacun dans sa bulle, puis le selfie, les livres de développement personnel, toujours plus pour s'individualiser. Et c'est précisément la coexistence des deux types d'individus qu'on décrivait plus haut qui alimentent les tensions et les ruptures intergénérationnelles. Cette juxtaposition de deux modèles anthropologiques qu'on faire à la société des allures de chaos granitique dont l'acmé a peut-être été atteint ce weekend. Oui, car les manifestations, euh, plutôt les violences qui ont accompagné ces manifestations en sont euh une sorte d'illustration.

Effectivement, l'augmentation des violences découle de la rupture des digues de l'ancien régime psychique, l'instance à l'intérieur de chacun qui limitait les passages à l'acte violent, est désormais moins vigilant. C'est précisément ce qui explique la banale la banalisation des refus d'obtempérer lors d'un contrôle de police, la multiplication des agressions verbales envers toutes ces figures, le policier, mais aussi le patron, le juge, le médecin qui jouissait autrefois d'une forme d'immunité de par la légitimité qui leur était reconnue de la base au sommet de la pyramide sociale.

Les pillages aussi, dans une interview à nos confrères du Parisien ce matin, vous dites "La rue devient un gigantesque défouloir pulsionnel où la rage s'exprime. Pour les participants, ces émeutes ont un caractère jouissif et totalement transgressif, illustré par l'expression très courante "On va tout niquer." Ainsi, pour l'homo occidentalis, l'exercice de l' de l'autorité est vécu comme un abus de pouvoir, l'obéissance comme une soumission, la dissymétrie déplacée des fonctions comme une inégalité difficilement supportable. Bref, c'est le royaume du binaire, la prison du "euh ou nous", on est adepte ou on est ennemi. Merci, euh, Lucile. Euh, euh, Jérôme Fourquet.

Euh, donc, [raclement de gorge] quand vous dites euh, le le le lien entre euh, l'individualisme à tout crin, le peuple adolescent et la violence, c'est c'est le régime psychique que vous appelez le régime psychique qui est en cause. Un nouveau régime psychique qui s'est qui s'est constitué. pouvez ? Euh, euh, donc la thèse qu'on défend, c'est qu'on est passé d'un ancien mode de fonctionnement psychique individuel et collectif à un nouveau modèle.

Tout ça commence à peu près euh, au dans toute l'ère occidentale à la fin des années 50, au début des années 60, euh, dans la façon dont on va élever les enfants, euh, dont on va apprendre l'autorité, dont on va euh, donner la primauté au jeu sur le nous, et cetera, et cetera. Pour faire court, on était dans une société traditionnelle qui était très verticale où l'individu était enserré dans un certain nombre d'appartenance.

Alors, nous ne déplorons pas un paradis perdu, hein, beaucoup de ces individus en souffraient parce que les carcans étaient quand même très très serrés, à une société qui aujourd'hui est beaucoup plus horizontale, beaucoup plus liquide, dans laquelle l'individu jouit d'une autonomie et d'un degré de liberté qu'on a jamais connu historiquement. Euh, là où les choses se compliquent un petit peu, c'est que tout ça nourrit notamment euh un nouveau rapport à à l'autorité qui est totalement différent de ce qui pouvait euh s'observer encore historiquement.

Et pour faire le lien, peut-être avec ce à quoi nous assistons maintenant depuis quelques semaines, ce n'est pas la première fois, bien évidemment, que dans notre histoire nous nous connaissons des mouvements lycéens ou des mouvements étudiants. Guillaume Farde, comme d'autres, a a fait la la référence ultime qui était celle de de mai 68. Mais vous voyez que en mai 68 comme dans les mouvements étudiants ou lycéens suivants, jamais des personnels de l'Éducation nationale n'ont ou n'avaient été agressés. Jamais. Quasiment jamais.

Là, le ministère de l'Éducation nous dit que en 3 semaines d'événements, 150 membres, près de 150 membres de l'Éducation nationale, des enseignants, des proviseurs ont été agressés, molestés, on a dégradé leurs véhicules, et cetera. Donc, il y avait une espèce de tabou symbolique qui faisait que on ne touchait pas à à à de telles figures. Alors, hélas, euh, pour les les forces de l'ordre, euh, ça faisait partie, si je puis dire, euh, du du tableau que on se confronte parfois aux forces de l'ordre.

Mais le pompier, le maire, le médecin, euh, encore une fois, l'enseignant, euh, tout ça était euh nappé d'une forme d'autorité, de légitimité qui faisait que il ne venait à l'idée à personne, c'était impensable au sens premier du terme, de s'en prendre à eux. Au moment où tous ces faits se déroulent, si vous prenez le transport en commun parisien, dans le métro, il y a une campagne de publicité de de communication de la RATP qui met en scène certains de ses agents qui ont été victimes d'agressions, de crachats et la et la RATP indique les peines qui sont encourues quand on frappe ou quand on crache sur un agent de la RATP. On se dit On a besoin de faire ça ?

le modèle psychique a tellement évolué qu'une institution comme la RATP en est contrainte aujourd'hui à rappeler qu'il faut pas cracher sur ses agents. Et donc on voit bien qu'il y a toute une série de de symboles qui allaient de soi qui ont été déstabilisés. Alors bien évidemment, toute la société ne se donne pas à des violences contre les les membres des forces de sécurité, ne va pas non plus cracher sur un un machiniste de la RATP, mais ces phénomènes sont suffisamment courants Hmm. pour qu'aujourd'hui on soit dans de telles situations.

Pour eux en venir aux aux images que que vous présentez euh à une des une des images emblématiques qui va sans doute rester dans notre mémoire collective, c'est l'incendie de la mairie de Limoges. Hmm. Donc Limoges, c'est 130000 habitants. C'est c'est pas une métropole au sens géographique du terme, c'est une grande ville moyenne française. Et le préfet de Haute-Vienne nous indique que ils ont fait face, les membres des forces de sécurité, à 3000 individus violents dont 1000 casseurs déterminés sur une commune de 130000 habitants. Et donc on voit bien que là on n'est plus dans quelques bandes.

C'est c'est toute une partie de la population qui évolue dans de nouveaux registres, dans de nouveaux répertoires et qui se croit autorisée à pouvoir se livrer à de telles exactions. Là, vous avez une formule, la jouissance de la destruction, mais on on on on serait peut-être amené à dire euh est-ce que ça n'a pas toujours existé, surtout en France, la jouissance de l'émeute, sans remonter jusqu'à Étienne Marcel Bien sûr. euh au 14e siècle. Euh est-ce que ça n'est pas l'histoire de ? Alors oui, mais à ceci près que tout ça avait été canalisé et que progressivement, on s'en prenait aux symboles de l'État, les membres de de forces de sécurité, des bâtiments publics et cetera.

On attaquait des Mais là, vous voyez, ce sont des commerces, ce sont des lieux culturels. Le le décompte n'est pas encore complètement arrêté mais on indique que plus de 3000 commerces Hmm. ou magasins ont été dégradés, pillés ou vandalisés. Donc, on est sur quelque chose qui se pratique, j'allais dire maintenant à l'échelle industrielle. Et donc, c'est ça qui est qui est stupéfiant. Alors, j'ai annoncé tout à l'heure, les violences en marge des manifestations, les pillages, on a toujours l'impression, on nous sommes soumis à l'actualité, que c'est nouveau.

Vous avez tous rappelé que ça fait des années que ça dure, vous l'avez d'ailleurs déploré, mais qu'on avait le sentiment d'une accélération. Regardons ces images de 1990. Journal télévisé, manifestation, je ne sais plus si c'est lycéenne ou étudiante, mais et pillages dans la foulée, extrait du journal télévisé. Ils étaient sans doute un millier hier en tête de la manifestation. Moyenne d'âge, à peine 16 ans. Ils portent des écharpes et des foulards qui masquent leurs visages. Hyper organisés, très mobiles, ils évoluent en bande de 7 ou 8. Chacun a un rôle bien déterminé. Leur objectif, dévaliser le plus grand nombre de magasins possible.

Tout ce qui a été dérobé disparaît instantanément dans des sacs. Enfants d'immigrés, blacks et beurs, ils arrivent des banlieues parisiennes, essentiellement du Val-d'Oise et de Seine-Saint-Denis. Montage Abel Dos Reis. Alors, si on écoute le commentaire, rien n'a changé. Mais pour vous, est-ce que les choses ont changé ? Non. Dans le dans le livre, on parle d'une d'une bascule qui commence à la fin des années 50 au début des années 60. Donc, en 90, on est déjà dans ce processus, sauf que ce processus euh, j'allais dire, se se déploie. là les les les les jeunes gens qui sont qui sont filmés dans les années 90 ont aujourd'hui 35 ans.

C'est peut-être les parents de ceux qui étaient en face des des collègues de de de de monsieur et donc on voit que le nombre d'individus concernés l'intensité des pillages ou des violences, on est passé à une toute autre échelle. Encore une fois le le le maire de Marseille monsieur Payant indique que 7 à 8000 individus euh totalement déterminés ont déferlé sur la Canebière. Là on est sur quelques centaines ou quelques dizaines. Donc là à l'époque vous voyez que le terme utilisé c'était des bandes. Sans doute que le terme était approprié. Et là aujourd'hui il y a des bandes bien évidemment mais qui agrègent via les réseaux sociaux toute une partie de leur génération.

Alors il y a des caractéristiques et la démographique, on va être sur un public qui est très très massivement masculin et quand même souvent des des des jeunes hommes hein de soit sortant de l'adolescence le cas à l'époque sont plus vieux là. voilà mais alors peut-être aujourd'hui un peu plus vieux que que ceci enfin il y il y aurait un peu de tout. Et donc on est bien là dans l'expression d'une toute-puissance, dans la volonté de vivre aussi la grande décharge d'adrénaline, c'est-à-dire qu'on prend le contrôle d'un quartier, on va défier les forces de l'ordre sans que ceci ne puisse véritablement faire faire grand-chose.

On voit aussi la fascination des flammes hein avec des et puis ce qui est totalement nouveau aujourd'hui c'est qu'à l'époque il se [grognement] mettait en scène uniquement de devant vos caméras mais maintenant il se met en scène eux-mêmes devant leur smartphone parce que tout ça est filmé et tout ça fait partie de l'excitation générale et donc on va ramener ensuite chez soi ou à ses proches et bien le butin et les images qu'on va qu'on va partager. Mais il y a de On parle d'une violence gratuite, elle est pas gratuite. C'est-à-dire que elle répond à des pulsions et à cette à ce cette volonté de pouvoir affirmer sa toute-puissance et vivre un moment totalement hors norme.

Je rappelle pour ceux qui nous rejoignent à l'instant que ces images là, donc c'est il y a 36 ans, c'est-à-dire une génération et demi, 1990, vous soulignez les changements. On va revenir à aujourd'hui et je vais vous laisser poser vos questions, mais simplement d'un mot, est-ce qu'il faut se résoudre à ce que l'émancipation par rapport et vous l'avez souligné vous-même, c'était pas un âge d'or, le paternalisme à outrance, le le côté oppressif que pouvait avoir les familles, est-ce qu'il faut se résoudre à ce que l'émancipation de ces cadres souvent trop contraignants débouche sur une société d'individualisation forcenée et de violence qui en ?

Alors, attention hein, et fort heureusement toute la population, y compris toute la population jeune, n'était ni dans les cortèges et encore moins euh dans ces scènes de de pillage. Néanmoins, c'est des volumes qui sont très considérables. Donc, on va pas jouer les anciens et les modernes. Ce qu'on constate juste, c'est que sans minimum de [raclement de gorge] cadre et de règles communes, la société va devenir invivable. Parce qu'il y a une tradition, une habitude de l'émeute qui se qui se développe à chaque mobilisation collective. Donc, ça peut être une mobilisation sociale, comme on a vécu samedi, ça peut être fin mai dernier, une victoire du PSG, on a les mêmes scènes.

On donne rendez-vous à vos téléspectateurs, hélas, dans 15 jours pour Halloween qui est marquée d'une pierre blanche dans tous les commissariats de France et de Navarre parce que on sait que on aura des exactions, 14 juillet, 31 décembre. Je veux dire, il y a une grammaire de l'émeute. On sait aujourd'hui enflammer un véhicule, rassembler les vélos avec leurs leurs batteries. Tout le monde sait, enfin tout le monde, tous les jeunes qui participent à ces émeutes savent tirer au mortier d'artifice, euh se coordonnent via les réseaux sociaux. On a des tutos pour se protéger euh euh des des gaz lacrymogènes.

Abdoulaye Kanté parlait tout à l'heure des la vitesse à laquelle tuto euh émeute mode d'emploi, effectivement. la vitesse à laquelle on va euh fracturer ou soulever un rideau de fer euh à deux ou trois euh de manière très coordonnée euh dont on casse la vitrine derrière, d'autres individus rentrent dans la boutique et en quelques minutes, tout ça va être tout ça va être pillé. Et donc, bien évidemment que ces images hier euh ce weekend sont totalement euh sidérantes par leur ampleur et le nombre de villes qui ont été concernées, mais rappelons-nous que lors des émeutes de l'été 2023, il y a 1 milliard d'euros de dégâts, 550 communes qui ont été concernées.

Alors, un contexte très différent, l'énorme émotion suscitée par la mort du du jeune Nahel Merzouk, mais encore une fois, on on voit comment à chaque mobilisation euh qui crée une fenêtre d'opportunité, toute une partie de la la population va s'engouffrer désormais et ce partout en France dans ce type de de pratiques et de comportements. Bon, question, vos réflexions, François. Deux questions. Quand on on regarde l'histoire, on voit qu'il y a quand même des cycles euh avec des il y a des périodes autoritaires, des périodes libérales. Euh d'ailleurs, curieusement, elles se succèdent comme si elles se contredisaient, elles ont des durées relativement homogènes.

Est-ce que vous excluez que dans les années qui viennent, justement, l'autorité, un cycle autoritaire ? Et deuxièmement, je n'ai pas encore lu votre livre, mais j'imagine que euh vu le titre, votre champ d'étude, c'est l'Occident. Comment situez-vous la ? Est-ce qu'elle est il y a des particularismes dans cette tendance qui concerne l'individuation ou l'individualisation euh forcenée euh de de ? Alors, peut-être pour répondre d'abord à la à la deuxième question, euh ce qui nous a frappé en en en se livrant à ce tra- avec ce à ce travail avec Ruben Rabinovitch, c'est comment, de manière assez synchrone, euh les phénomènes s'étaient déployés dans tous les pays occidentaux.

Euh à peu près aux mêmes dates, quand on voit les modifications de législation sur le droit au au divorce, sur l'IVG, et cetera et cetera, on voit que tout ça s'est s'est mis en place à peu près à quelques années près euh dans les les mêmes temporalités. Avec néanmoins, si on devait résumer à grands traits, des pays euh de culture ou de tradition protestante qui sont plutôt en avance de phase et des pays catholiques qui sont plutôt en retard de phase. Alors, la France est plutôt de tradition catholique. Euh l'Espagne et l'Italie sont euh un peu moins euh en avance encore que que nous, mais on est dans ce dans ce niveau-là.

Pour vous donner un ordre de grandeur, euh aujourd'hui, les les si on prend l'indicateur des crémations dans les rites funéraires, c'est 85 % en Allemagne ou en Grande-Bretagne, 45 % en France et on est à 35 % en Italie. Euh sur l'autre votre première question sur euh voilà le mouvement de de balancier historique, on peut pas exclure euh une demande d'autorité, notamment si euh ce type de comportement ou de scènes euh venait à se à se à se reproduire, à à se systématiser. Et est-ce que demain il y a pas des formes d'autodéfense euh qui vont se se mettre en ?

Et donc, il dit "Mais il faut absolument qu'on on reprenne collectivement le contrôle." Mais euh ce qui nous a aussi beaucoup marqué, c'est de voir la profondeur, j'ai dire anthropologique, on se fait pas de mots, hein, sur ces ces changements. Donc, je je vous parle des des rites funéraires, on avait euh essuyé la Révolution française, la Révolution industrielle, l'exode rural, on enterrait les morts. Regardez le rapport au corps, la pratique du tatouage. Regardez les cellules familiales, euh les familles monoparentales, euh les les séparations.

Et donc, le fait que le soubassement anthropologique ait tellement bougé en si peu de temps euh nous laisse à penser que le retour arrière euh va va être sans doute compliqué. Il y aura peut-être des j'allais dire des actions correctives vis-à-vis [toux][raclement de gorge] des euh formes de violence des formes de violence ou des problèmes euh que tout cela euh que tout cela génère. [raclement de gorge] Magnifique. Oui, euh Jérôme, je voudrais livrer une réflexion à votre à votre sagacité.

Je j'imagine que c'est un sujet que vous avez traité dans votre livre, mais euh dans toute l'histoire du monde, ce qui ce qui a fait nation, ce qui a permis au peuple de s'unir, c'était des grands projets fédérateurs, c'était un récit collectif qui embarquait tout le monde. Et manifestement aujourd'hui, l'Occident et singulièrement en France, nous avons perdu de vue ce grand récit assembleur, fédérateur qui fait que nous serions tous capables de nous projeter dans un horizon commun à 2030, à 2040, à 2050. Avec aujourd'hui des enjeux qui sont gigantesques, qui viennent bousculer tout ça, notamment l'intelligence artificielle, la technologie et cetera.

Est-ce que notre péché originel est que si et si on voulait résoudre le problème, ça ne devrait pas être précisément passer par là. Au lieu de soigner des symptômes, nous obliger en tant que grande civilisation, et nous sommes en tant que les Français une grande civilisation, recréer un récit entraînant, fédérateur, comme l'a fait la 3e République en son temps après les Antilles. aujourd'hui ? Quel serait l'utopie, le grand projet qui pourrait nous ? Ou la ? Ou la ? Mais les deux vont souvent ensemble d'ailleurs, c'est ça qui Les deux se vont souvent ensemble, c'est que les grands projets se révèlent souvent face à une menace.

Moi, je suis convaincu d'une chose, la France qui est un grand pays d'ingénieurs, un grand pays d'entrepreneurs, un grand pays de mathématiciens, je suis persuadé que nous pourrions faire de la grande révolution technologique qui est à l'œuvre un fantastique terrain de jeu pour inventer une sorte d'humanisme technologique dont nous avons besoin à l'échelle planétaire. Parce que entre l'autoritarisme chinois et l'impérialisme américain, il manque aujourd'hui sur ce nouveau monde qui est à à construire, tout va être réinventé David Pujadas, le rapport au travail, le rapport à la santé, le rapport au transport, le rapport à nos vies.

Nous avons nous Français un rôle et Français et Européens un rôle à jouer pour inventer cet humanisme technologique et à le vendre au monde, comme nous l'avons fait tant de fois dans l'histoire du monde. Mais vous imaginez toute la France mobilisée derrière cette idée d'apprivoiser par exemple l'intelligence ? Mais l'intelligence artificielle, c'est un outil. Ce que je veux dire par là, c'est que nous avons aujourd'hui Nous sommes un pays d'entrepreneurs. Vous savez David, il y a plus d'entrepreneurs en France aujourd'hui l'entrepreneur qui resurgit. Non mais c'est vrai.

Il y a plus d'entrepreneurs en France, si vous tenez compte évidemment des micro-entreprises, que aux États-Unis qui se crée chaque année. Nous sommes un pays fondamentalement On parlait tout à l'heure des quartiers populaires. Vous allez dans les quartiers populaires, une grande partie des jeunes ne demandent qu'une seule chose, c'est de devenir entrepreneur. Donc il y a un vivier Il y a un terrain. qui veut plus être salarié, qui veut être Exactement, c'est une sorte de Et c'est la question que je vais vous poser, Jérôme. Est-ce que le sujet qui devrait nous obséder aujourd'hui ne devrait pas être d'imposer cet enjeu dans le débat ?

Alors, ce qu'on disait c'est effectivement il faut un un ciment fédérateur, soit c'est un grand projet, soit éventuellement une menace ou un défi à relever. Alors ça ça peut être peut-être celui de la la la rupture technologique. Euh moi je je pensais plutôt à un autre sujet qui qui nous concerne tous, c'est le le changement climatique. Ça en fait partie. Et et et se dire euh il y aurait deux vertus, euh la première c'est que on recrée du collectif parce que à plus 3 degrés euh que vous soyez riches ou pauvres, alors les riches auront une climatisation plus puissante, mais tout le monde va être quand même concerné.

Et l'autre l'autre avantage, enfin l'autre élément intéressant dans ce dans cette réflexion là, c'est que ça recrée aussi une attention sur le temps long. Ce que ce dont aujourd'hui souffrent aussi nos sociétés occidentales parce que c'est aussi un des un des un des une des marques de fabrique de mon Occidentalis, c'est qu'il privilégie l'instantanéité sur la préparation de l'avenir. Regardez sur les retraites, regardez donc c'est pas pour rien aussi peut-être sur cette question de la jeunesse lycéenne, ils m'ont un peu été sacrifiés parce que de manière inconsciente euh on a mis tous nos œufs beaucoup de nos œufs dans la satis- faction des besoins quotidiens.

Et donc cette question du changement climatique se dit bah on est obligé de relever la tête du guidon et penser à 20 ou 30 ans. Vous avez évoqué notre notre grande histoire, par exemple euh la France planificatrice de l'ère gaullienne, bien c'est le programme électronucléaire ou autre et donc on pensait à 30 ou 40 ans. Et donc aujourd'hui penser collectif et temps long, bien le changement climatique peut être euh un levier, voilà. Euh mais est-ce que ça sera ? C'est pas évident, mais euh c'est c'est une piste. Sauf que euh le changement climatique, malheureusement, nous ne l'avons pas entre nos mains.

Euh c'est-à-dire que là, les États-Unis, la Chine, mais c'est vrai qu'on pourrait montrer l'exemple. Abdoulaye Kanté. Très rapidement, déjà, je voudrais vous remercier déjà pour votre livre, parce que je l'ai pas encore lu, mais je pense que c'est une une analyse assez précise, on va dire, d'un petit peu des maux qu'il y a maux dans notre société. Et la question que je voudrais vous poser, c'est que aujourd'hui, on parlait de la question de civilisation. L'assimilation aujourd'hui en France est un souci pour certains, parce qu'on est dans une forme de débat de racialisation. Et aujourd'hui, comment ?

C'est-à-dire que avoir des ce qu'on appelle des facteurs d'identification, quelque chose, quelqu'un qui peut incarner pour [raclement de gorge] donner, on va dire, confiance à nos concitoyens, c'est-à-dire la France rurale, la France des banlieues. Comment faire pour justement essayer de restaurer cette autorité qui, j'estime, pour moi, est en train de ? Alors, peut-être sur la la question de la l'assimilation, euh euh on on on voit qu'elle qu'elle s'effectue à bas bruit. Euh on on vous parliez tout à l'heure des des auto-entrepreneurs ou autres, on voit comment beaucoup d'enfants, de petits-enfants euh de l'immigration euh sont entrés dans euh dans ce dans ce dans ce parcours-là.

Euh je reviens sur euh un de mes indicateurs, hein, qui est celui de des rites funéraires. Donc, on on on voit que euh la l'enterrement continue d'être massivement euh pratiqué par des familles qui sont de confession et de culture musulmane, mais si vous regardez un peu ces ces ces familles-là, vous constatez qu'il y a des choses qui sont en train d'évoluer, c'est-à-dire que, par exemple, pour les jeunes générations, ramener le corps du défunt au pays d'origine se pratique moins qu'il y a quelques années. Tout le débat sur les carrés musulmans dans les cimetières français. Donc, on parlait tout à l'heure du territoire des morts.

À partir du moment où des familles décident d'enterrer leurs défunts ici, c'est qu'elles considèrent qu'elles sont d'ici. Et donc, on voit que, à bas bruit, tout ça se fait. Néanmoins, euh il y a ça vous a pas échappé, il y a une instrumentalisation politique et il faut raconter tout ça euh sans sans angélisme, hein, parce que pendant des années, on a tout mis sous le sous le tapis. Et aussi euh montrer des figures des récits qui permettent à tout à chacun de se dire "Mais tout ça est encore euh possible." Vous parliez tout à l'heure de l'entreprise.

Je sors de de l'assimilation, mais euh on nous dit "Voilà, euh l'ascenseur social marche plus en France." Et puis euh on est une société de rentiers, d'héritiers, et cetera. Euh alors euh c'est vrai, vous regardez les les premières pages du classement Challenge des 500 premières fortunes françaises, c'est toujours un peu les mêmes noms qui sortent et depuis euh assez longtemps. Mais on a on a fait les l'expérience à l'Ifop, on a interrogé des chefs d'entreprise de 10 à 20 salariés. Petites PME quand même assez respectables, il y a que 16 % d'entre eux qui ont hérité de cette entreprise. 84 % l'ont monté ou l'ont racheté.

Dont euh des gens qui peuvent être souvent issus de l'immigration, parce qu'ils ont pas le bon nom, pas le bon prénom et que euh envoyer les CV, ça va pas fonctionner et comme d'autres avant eux, ils vont se dire soit qu'ils étaient de régions rurales excentrées, soit d'autres immigrations, dire l'ascension sociale et notre intégration, puis notre assimilation, il va se faire par le travail, mais par notre travail à nous, c'est-à-dire l'entreprise qu'on va créer. Route. Dernière question. Non, je voulais faire deux toutes petites observations.

La première, c'est que j'ai vu, en tout cas lu, qu'il y avait aussi quelques jeunes filles qui parmi les pilleurs ramassaient un peu euh les butins et s'occupaient de les faire parvenir dans d'autres lieux. Donc, c'est aussi c'est pas seulement masculin à 80 % mais il y a un peu de Oui, il y a toujours une répartition des rôles encore Exactement, exactement. et la vente. Et et la dernière remarque, c'est que il y a une demande de d'État et de protection sociale gigantesque et il y a un refus dans ces mouvements-là de l'État enfin qui protège, de l'État régalien.

Il y a un paradoxe complet à avoir à demander qu'on vous donne des qu'on vous donne des qu'on vous rembourse par la sécurité sociale mais que par contre la mairie ou la police soit critiquée. La conclusion Jérôme. Alors attention hein, c'est tout tout ceux qui se sont livrés à ces exactions étaient pas dans un mouvement revendicatif sur le ils avaient un autre agenda comme on dit aujourd'hui. Et puis sur le côté [raclement de gorge] que François l'anglais connaît bien la France est très redistributive et très on mutualise beaucoup les choses. Tout ce qui a été cassé tout le monde va payer, c'est-à-dire que c'est sur les primes d'assurance, c'est pas que l'État.

Donc dans les années 90, on avait créé une taxe attentat sur les contrats d'assurance de de il y aura demain une taxe émeute. Les les émeutes de 2023, [raclement de gorge] c'est 1 milliard de casse, là 3000 magasins, l'hôtel de ville de de Limoges, c'est des sommes considérables. Des des assureurs qui disent aujourd'hui à des collectivités locales votre gymnase a brûlé trois fois en 10 ans nous on l'assure plus. Donc il y a des effets bien évidemment. Bah ce sera un des sujets sans doute des prochains jours également. Merci beaucoup Jérôme. Merci. Et Homo Occidentaliste avec Ruben Rabinovich aux éditions du Seuil.

Merci beaucoup Rafik et merci à vous Abdoulaye Kanté d'avoir animé 24 heures avec moi. Place au parti pris Route François Brousseau autour de la table. Abnousse Shalmani nous rejoint pour son parti pris international. Mais c'est vous qui commencez Route parce que on l'a dit, il y a aussi cet aspect dans les émeutes [musique] du weekend. La rue déborde, l'État a déraillé. La rue déborde, l'État déraille. Oui, il y a eu un sujet de politique de maintien de l'ordre. Je vous propose d'écouter le Premier ministre tout à l'heure. Est-ce que Laurent Nunez a ma ? Oui, sinon il serait plus à côté de moi.

Je pense que la situation est suffisamment difficile pour que justement on joue au jeu des démissions et cetera. Quand c'est difficile, l'État tient. En revanche, on a l'humilité d'aller devant le peuple français en disant voilà ce qu'on a réussi et voilà ce qu'on a merdé. Parce que comme dans toutes les opérations difficiles, il y a des choses qu'on réussit et il y a des choses qui merdent. Excusez-moi, mais c'est quand même assez rare d'entendre un Premier ministre utiliser ce mot euh et c'est vrai que Il y a des choses qu'on a merdé. Oui, et c'est vrai que le fiasco sécuritaire euh est bien plus grave que l'utilisation de quelques gros mots, mais ça tout cela ceci explique cela.

Et ça m'a frappé quand même parce que c'est vrai, on l'a dit, les événements dramatiques de ce weekend sont dus à des actions concertées de l'ultra-gauche dans plusieurs villes à celle de délinquants pilleurs qui ont répété les images de 2023. Mais ce qui a frappé aussi tous les esprits sont les images d'une police débordée ou absente face à des atteintes à la République, aux biens et aux personnes. Alors Emmanuel Macron lui-même l'a reconnu hier, hein, il y a au moins des failles dans le renseignement. On l'écoute. Il faut être lucide. Hier, nos forces de l'ordre, malgré leur professionnalisme, ont eu à subir une violence inouïe dans de nombreuses villes à plusieurs reprises.

J'ai demandé au gouvernement d'en tirer toutes les leçons en matière de renseignement et d'anticipation et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire. Bon voilà, c'est une la litote, [toux][raclement de gorge] hein, vous ? C'est c'est rare quand même aussi d'entendre un président qui dit bon en gros, il y a une faille dans le renseignement et j'espère que ça va pas se reproduire.

Euh le ministre de l'Intérieur l'a dit clairement après s'être défendu d'abord de ne pas avoir sous-dimensionné la réponse, il a reconnu, je cite, que la police a perdu le contrôle, le dispositif mis en place était en asymétrie par rapport au volume des participants et il a remis sa démission au président de la République qui l'a refusée ce matin, il y a eu un communiqué de l'Élysée pour l'expliquer au nom de la continuité de l'État. Mais donc, j'ai envie de dire, il tout le monde le reconnaît, quoi. Il y a eu un fiasco sécuritaire, c'est clair et net. Police insuffisante et pas aux bons endroits. Que s'est-il passé ?

Le désordre s'est installé de manière tout à fait inédite, c'est encore ce qu'a dit Sébastien Lecornu, encore une fois de C'est-à-dire que dès ce matin, dès le matin de samedi, des petits groupes autonomes se sont lancés dans les rues sans but clair, sans chef. Et puis place de la République, et puis à Marseille, à Limoges, on l'a vu, il y a eu des manifestants violents et organisés qui ont d'emblée attaqué le mobilier urbain et les bâtiments publics. Et puis la troisième vague, c'est celle des pilleurs, on en a largement parlé tout à l'heure. Mais c'est cette dispersion des groupes d'agresseurs qui a déstabilisé la réponse policière. En quelque sorte, une forme de petite guérilla urbaine.

Et on a eu des scènes dans lesquelles se sont retrouvés parfois une dizaine seulement de policiers face à une centaine de personnes qui cherchaient l'affrontement. Au crépuscule à Paris samedi soir, pendant que les boutiques de luxe étaient mises à sac dans une des avenues les plus chics de la capitale, d'autres groupes s'approchaient dangereusement du ministère de l'Intérieur et de l'Élysée. Et face à cela, concrètement, les forces de l'ordre ont laissé, ont fait une forme de choix. Ils ont dû laisser le champ libre aux pilleurs pour protéger les bâtiments de la République. Ils pouvaient pas être partout à la fois.

Alors, sans compter qu'il restait tributaire de la transmission plus ou moins rapide des ordres de leurs supérieurs, même type de situation à Lyon, à Marseille notamment. Et résultat des des images de quasi-insurrection qui ont provoqué la sidération. Première explication, l'ampleur des risques n'a pas été évaluée à sa juste mesure. Deuxième, la mobilisation sur les réseaux sociaux n'a pas été correctement interprétée. On l'a vu, on l'a entendu, il y a eu des tutos pour les pilleurs. Et puis troisièmement, et c'est le le résultat, le dispositif global était mal préparé aux tactiques des black blocs et des délinquants ensuite.

Et premièrement d'abord, le nombre des manifestants a été sous-estimé. 50000 à 100000, c'est ce qui a été pensé. Puis finalement vendredi après-midi, c'est monté à 100-200000. Et c'était 550000 selon la préfecture de police. Et à partir de là, on peut comprendre quand on sous-évalue déjà le nombre de manifestants, le on la la la l'ampleur des moyens déployés est évidemment inférieure à ce qui est nécessaire. Et on part de là. À partir de là, on est beaucoup moins nombreux. Ensuite, les services de renseignement ont été alertés.

En effet, le titre des 5000 militants d'ultra-gauche ont été ça a été cité, mais leur tactique, leur violence dès le début de la du cortège, leur coordination évidente, y compris à travers le pays, a complètement déboussolé les forces de police qui étaient insuffisamment préparées. Puis il y a eu des mauvaises coordinations entre les services de l'État, les préfectures et les municipalités. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Comment on ? Le Premier ministre n'a pas écarté la possibilité de l'état d'urgence.

Ça avait été fait en 2005, ça avait été fait après les émeutes de 2015, mais il a préféré euh plutôt laisser les préfets, en coordination avec les maires, instaurer des couvre-feux totaux ou partiels. Donc, ce soir, à Paris en par dans le Nord, à Paris. Et tout en reconnaissant euh les échecs patents, il a rendu hommage aux forces de l'ordre et il a dit euh justement, il a fait remarquer qu'il n'y avait pas eu de mort. Et ça a l'air de rien, mais fondamentalement, dans le l'état de sidération générale, voilà, c'est un miracle, y compris de la part des policiers qui se sont retrouvés complètement démunis parfois, c'est un miracle qu'il y ait pas eu de mort. Alors, qu'est-ce qui va se ?

Promesse de beaucoup de mobilité, de réactivité, déjà 80 % de réponse pénale sur les gardes à vue, 200 enquêteurs à Paris, par exemple, qui vont traquer à travers les vidéos, bah tous les piliers, tous ceux qui ont qui ont montré leur butin. Et puis déjà, la polémique politique avec des propositions dans tous les sens et notamment sur l'état d'urgence. En tout cas, euh on le sait, la présidente de l'Assemblée nationale a demandé une commission d'enquête parlementaire pour essayer d'avoir le maximum d'informations sur ce qui qui passé. Et on apprend que il y a les couvre-feux, mais que ce soir par exemple, il y a les militaires dans les rues de Nice, les militaires de Sentinelle.

Donc voilà, je sais pas si vous voulez réagir à cela, mais bon, je sais pas si faute avouée est à moitié pardonnée. En tout cas, c'est vrai que visiblement il y a eu un problème. ? Écoutez, faute avouée le problème c'est la récurrence. Parce que vous pointez fort logiquement un fiasco sécuritaire, mais pardonnez-moi, combien de fois s'est-on retrouvés sur ce plateau pour commenter le grand stade euh et les opérations de banditisme à grande ? À l'époque le ministre de l'Intérieur Nice c'était en avant les élections législatives. Ou bien la Coupe d'Afrique euh et les les débordements et cetera. C'est une litanie de fiascos sécuritaires.

En revanche, la visite du pape s'est merveilleusement bien passée. Oui, les Jeux olympiques aussi. Jeux olympiques aussi. Voilà, il faut pouvoir aussi le dire quand c'est le cas. sont pas des événements de même nature, qui ne mobilisent pas non plus les mêmes personnes, hein. Et et de ce point de vue euh nos failles, elles sont là où c'est dangereux. Ah mais où ? pense qu'on connaît pas euh je je ça fait 2 jours que j'arrête pas de lire parce que je pense que je les connais pas du tout les autonomes, les l'ultra-gauche et leur manière de fonctionner.

Je crois qu'ils sont pas plus de 2000, mais c'est cette idée de pillage, vol, sabotage, c'est en gros ils ouvrent une brèche et à partir de là, eux ça les arrange euh qu'il y ait ces pillages là, ces scènes-là, c'est une manière d'entretenir le chaos. Et c'est vrai que c'est une manière de fonctionner qui est pas une manière ça ressemble pas aux communistes, ça ressemble pas aux anarchistes, c'est vraiment les autonomes.

Et je pense qu'on a un manque que même nous hein de savoir Moi moi je découvre là depuis quelques jours qu'il y a une une manière de fonctionner très précise et qu'ils ont pris la main de plus en plus, sont de plus en plus organisés, qui prennent la main sur les manifestations et jusqu'à présent leur système fonctionne. C'est vrai que c'est ça alimente encore ce sentiment d'impuissance publique dont on parle souvent. Il y a même des théories du complot qui disent l'État a fait exprès, il a tout concentré sur les lycéens pour décrédibiliser le mouvement en laissant faire les casseurs. Là on est dans une autre catégorie. Ouais. Il y a la question des ingérences [raclement de gorge] étrangères.

sont assez optimistes, c'est c'est genre qui porte parce que oui, c'est ça. Ouais, il y a la question des ingérences étrangères qui parcourent un peu les réseaux aussi, hein. [grognement] François, euh, on poursuit sur le sujet. Vous nous parlez de la facture. Alors, la facture, il y a évidemment les commerces mais vous nous parlez de la facture cachée du chaos, c'est-à-dire Oui, parce que cette crise française, au fond, elle progresse sur deux théâtres. Il y a la rue, on en a longuement parlé ce soir, mais il y a aussi les marchés financiers. Et avec cette montée de la pression qu'exercent les prêteurs sur notre pays à cause de la détérioration des comptes.

Bon, d'un certain côté, ce sont les marchés financiers qui ont commencé leurs propres émeutes il y a déjà un petit moment, hein, il y a il y a quelques semaines dans la foulée d'une remontée mondiale des taux d'intérêt qui était déclenchée plutôt par les États-Unis. Remontée mondiale mais beaucoup plus sévère en France, ce qui a d'ailleurs éloigné nos taux d'intérêt du niveau de la mer qui est constitué par le le niveau allemand, hein, c'est le niveau euh, qui qui sert un peu de référence.

Ce matin, nouveau coup de chaud alors que la situation internationale euh, s'était détendue la semaine dernière, les taux sont remontés, vous le voyez, à 4,94 % légèrement en dessous de 4,94 pour être précis euh, alors que l'écart avec le Bund allemand, donc le le l'emprunt à 10 ans équivalent de notre obligation assimilable du Trésor, l'OAT, atteint 1,40 % on est quasiment au record depuis 2012, hein, depuis euh, la crise la crise de l'euro. Donc, il y a bien un effet de ces ce vandalisme sur les Écoutez, les taux d'intérêt aujourd'hui ont pris quelques centièmes, hein, euh, donc, c'est bien sûr lié à la situation française.

La situation française des trois derniers jours, elle est dominée par cette affaire. Dans le même temps, euh, le CAC s'enfonçait un peu dans dans le rouge aussi, un peu un peu moins de 1 % sur les les derniers mois, depuis début août, le CAC a perdu 15 % alors que son équivalent son équivalent allemand, voyez, lui n'a perdu que 3 %. Donc, il y a une sous-performance des marchés financiers français très significative qui est liée au contexte financier lui-même dérivant du contexte politique parce que ce nouvel accès de fièvre, il faut le remarquer, il a un moteur bien sûr proprement budgétaire. C'est la situation mauvaise dans laquelle se trouve notre pays, mais aussi un moteur politique.

En réalité, la crise financière, c'est la sanction de la concomitance entre des problèmes budgétaires et l'impossibilité à les régler pour des raisons sociales et politiques. Les marchés sanctionnent l'impuissance de nos dirigeants, encore une fois, hein, à régler ces problèmes. Quand on fait le le le justement l'historique, dans une première phase, l'écart de taux a lentement progressé entre la France et l'Allemagne avec disons c'est ce qu'on découvrait sur le budget français. Les choses se sont aggravées aggravées à cause d'un fait politique en 2024 avec la dissolution et évidemment avec ses résultats qui a été une majorité fragmentée qui interdisait de prendre des des décisions.

On peut penser que il va se passer à peu près la même chose avec ces émeutes. C'est un événement social et politique qui aura probablement des des des conséquences progressives sur la situation financière parce que de facto, je pense que tout le monde le réalise, le budget 2027 ne sera pas défendu par le gouvernement. Comment le faire dans ce contexte ? C'est impensable qu'il ferraille avec l'opposition pour défendre tel ou tel coupe et et donc ça veut dire que il était déjà construit sur une prévision de croissance relativement optimiste, 1 %.

Et bien désormais, ça va être probablement beaucoup plus difficile de faire passer les coupes, il va falloir compter justement avec le coût de ces compromis politiques.

Déficit donc très très probablement compris entre 5 et 6 % une nouvelle fois d'autant que si les taux continuent à monter et bien il va falloir compter avec le coût de la dette je rappelle ce [raclement de gorge] chiffre qu'on connaît bien maintenant 91 milliards d'euros pour les intérêts l'année prochaine budgété avec une hypothèse de taux à 4,3 vous voyez qu'on est près de 5 % donc il va probablement falloir mettre des noisettes de côté supplémentaire pour conclure les agences de notation vont probablement rajouter une louche Moody's se prononce vendredi prochain sur la nouvelle notation de la France rappelons que pour Moody's nous sommes en perspective négative on imagine mal à partir de quoi Moody's inverserait son jugement et dirait bah on s'est trompé ça va beaucoup mieux donc on va probablement être dégradé vendredi Standard & Poor's c'est 4 semaines plus tard en bref lentement mais sûrement cette affaire nous précipite vers une épreuve de vérité budgétaire.

Et je vous rappelle que tout à l'heure j'aurai le plaisir enfin j'aurai l'intérêt de vous présenter cette émission spéciale de la grande confrontation la France sur un fil avec des élus des commerçants des policiers parmi les élus David Lisnard mais il y aura bien d'autres invités Abnousse alors là vous nous attirez notre attention sur la manière dont le monde nous regarde après ce nouvel épisode.

Mais oui vous voyez les images qui reviennent le plus c'est évidemment la mairie de Limoges qui est un bâtiment du 19e siècle et qui a brûlé samedi et qui a été énormément reprise forcément c'est très impressionnant ces images ont fait leur tour du monde et en 48h la planète entière avait son avis sur la France le pourquoi du comment est-ce que les manifestations systématiquement dégénèrent en France alors pour la plupart c'est comme ça depuis 68 et pour d'autres c'est comme ça depuis la Révolution française alors je suis parvenue à survoler une cinquantaine de titres dans une vingtaine de pays mais il y en a évidemment beaucoup plus.

Et ce qui est dingue, vous voyez Frank Frankfurter Allgemeine évidemment sur l'image, euh la Malaisie aussi, euh Alger, Buenos Aires, Singapour, c'est la France comme épicentre de l'Europe par la négative. Alors, c'est intéressant parce que la Belgique, l'Espagne, l'Italie et le Portugal manifestaient aussi cette semaine contre la vie chère. Et à Milan, on a assisté à des scènes de chaos et de violences urbaines. Et qu'est-ce qu'écrit un journaliste ? Comme en France, même quand ça se passe pas, ça se passe chez chez eux, c'est au fait, c'est comme chez nous, comme comme si quoi qu'il arrive, c'est la France qui donnait encore le tempo. Et c'est peut-être ça le paradoxe français.

Euh et et François le dit, c'est que la France, de toute évidence, recule, notre dette frôle les 120 % du PIB, notre influence s'effrite, mais il y a rien à faire, le monde continue de nous regarder comme pour consulter le baromètre de l'Europe. Parce que je pense que la France est pas un pays comme un autre. Et du fait que la France a toujours eu, enfin, depuis la Révolution, cette dimension universaliste, et ben, c'est marqué dans les inconscients et qu'en continuant, mine de rien, de faire la une, c'est peut-être la dernière chose qui nous reste. C'est en continuant de faire la une, on continue Non, pas pour le meilleur, mais on existe encore, évidemment pas pour le euh meilleur.

Et effectivement, euh en regardant la la presse internationale, la première chose, c'était ça qui m'a dit "On est encore au cœur du monde." Mais c'est surtout que que comme ça en lire plusieurs, je me suis rendu compte qu'en nous regardant, ils se regardaient. Et quand vous commencez à lire les papiers, pas juste les unes, c'est que en regardant nos incendies, chaque pays reconnaît les siens, reconnaît ses obsessions, reconnaît sa peur de l'avenir. Et en résumé, le monde nous regarde brûler et il y voit son propre incendie.

Il suffit de regarder le New York Times qui est progressiste, donc à chaque fois en plus, faut voir de quel côté ça vient, euh est très sobre, nous trouve juste en en état de choc et récriminations, tandis que le tabloïd conservateur le New York Post, vous le voyez euh à l'écran, lui, il préfère titrer "France burns", c'est les mots exacts de Donald Trump. Il parle des meutes de la gauche radicale, les magasins de luxe, tout ça. Évidemment, c'est sa came. Mais là où c'est intéressant, c'est que face à un un événement comme ça, et comme il y a des élections un peu partout, c'est que les politiques deviennent des éditorialistes.

Et évidemment, Washington nous regarde, et il voit forcément l'immigration et ses conséquences. Donald Trump, en pleine campagne pour les midterms, poste sur la France qui brûle donc, et nous conseille bien entendu de fermer nos frontières. Je cite, "L'immigration des personnes venues d'un autre monde, des personnes au cœur rempli de haine, a ravagé ce pays autrefois si grand." Et puis ça permet de donner un petit coup à la France, hein, pour changer. J.D. Vance, son vice-président, voit plus large.

Lui, il accuse carrément les progressistes d'avoir, je cite, "importé le tiers-monde en France et dans d'autres pays au nom de la diversité, de la compassion, en ignorant des questions fondamentales d'assimilation et de compa- compatibilité." Et bien sûr, qu'est-ce qu'il ? Il dit, "Si vous votez pour les démocrates aux midterms, il va se passer ? Ils vont transformer les États-Unis en France." Free Press, qui est passionnant et qui porte parfaitement son nom, s'éloigne des parallèles électoralistes et s'intéresse vraiment à la France en elle-même. C'est assez C'est passionnant, la République française est attaquée, et interviewe l'essayiste Simone euh Rodan-Benzaquen.

Euh voilà ce comment elle analyse la situation. La gauche radicale veut faire croire à ses adeptes qu'ils combattent la tyrannie. Or, brûler des mairies et terroriser des fonctionnaires, ce n'est pas défendre la démocratie, mais la salir. À méditer. Nayib Bukele aussi, le président salvadorien, s'y met. Alors, il nous analyse, mais alors lui, il s'adresse à nous et directement en français. Il nous rassure, non, la France n'est pas finie d'après lui. La France, elle est toujours belle, enviable même, si seulement on utilisait sa méthode, l'affaire serait réglée en une semaine. Et ben, sa méthode, c'est donc la lutte radicale contre la délinquance et la drogue.

En gros, au moindre au moindre tatouage, pouf, en prison. Évidemment, la criminalité abaissée, mais au nom de la terreur. Je suis pas certaine que ça fonctionne en France. Madrid, qui a bientôt des élections, qu'est-ce qu'elle voit ? Regardez El País. Là, j'ai lu le papier en entier. Elle voit dans le 17 octobre la mort du centre et enterre le macronisme. Évidemment, cette idée d'un centre radical sans se contenir les extrêmes, évidemment, qu'est-ce que nous dit ? Elle parle de son centre à lui qui est en train de trembler devant les populistes de droite et de gauche. Le Financial Times britannique, c'est intéressant aussi.

Alors lui pareil, il enterre le le le macronisme et en disant "Les perdants, c'est le gouvernement d'Emmanuel Macron et de ses ministres." et rappelle évidemment la dissolution. La Grande-Bretagne qui depuis 10 ans est dans la stabilité la plus absolue voit évidemment dans la stabilité française la cause de tout. On voit toujours midi à sa porte. Est-ce que j'ai trouvé intéressant, c'est Berlin voit sa propre colère, la phase écrit que la colère est devenue l'état émotionnel par défaut de notre société. Donc j'ai relu, j'ai repassé en traduction pour être certaine. Et là, c'est intéressant parce que tout d'un coup, l'Allemagne qui refuse l'amitié franco-allemande se met à utiliser le nous.

Donc c'est pour dire à quel point l'Allemagne est en crise vu qu'elle commence à se comparer à nous. Euh Amphibia, c'est un magazine argentin universitaire et très intello, et bien c'est une longue analyse du sociologue Eduardo Chávez Molina qui voit dans la mobilisation de la jeunesse française une crise de légitimité de l'État et la rupture du contrat social. À peu près les termes qui sont utilisés par euh l'opposition pour parler de l'Argentine 2001. Et là, évidemment, c'est toute la presse algérienne qui reprend cette antienne. El Watan, l'Expression et le quotidien d'Oran. Ils voient, je cite, une crise de régime et un contrat social rompu.

El Watan affirme aussi que, je cite, la colère de la jeunesse a rejoint le désespoir des fins de mois. L'Expression, quotidien d'État donc au service du régime d'Alger va dire ce qui est accusé et là, et là vraiment, je cite, un narratif audiovisuel où l'on voit 10 fois plus de basanés et de noirs dans les manifestations qu'il n'y a de Français de souche sur tout le territoire. C'est le refus d'une France multicolore et solidaire. Je sais pas comment eux ils ont fait pour voir derrière les cagoules et les gants qu'il y avait des basanés et des noirs. Justement, le principe, c'est que nous ne savons pas ce qui commettent les violences et heureusement sinon ça serait encore pire.

La diplomatie de la monarchie, alors là reprise dans la presse iranienne, c'est que là ils se prennent un plaisir de dire Emmanuel Macron double langage. En janvier, il nous en voulait de pas laisser les Iraniens manifester et maintenant il veut punir les siens et bien le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araqchi exhorte même Macron à écouter une jeunesse française qui réclamerait je cite un changement radical. On croit rêver. Merci à vous trois pour ces partis pris. À tout à l'heure 20h50, je vous retrouverai pour cette émission spéciale La Grande Confrontation.