Policier à la BRI pendant 22 ans: il raconte
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
La devise de la BRI, Per verbum, per gladium, vous la connaissez toujours ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Pourquoi ce livre est-il un testament de rue, un recueil de sueur et de vérité ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Est-ce que l'on sort indemne d'un service aussi prestigieux que la BRI ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Pourquoi ce titre 'Carnet Noir' ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Ces carnets sont-ils une synthèse de vos 22 ans à la BRI ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Vous écriviez pendant les planques, souvent dans les voitures ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:09Fait
« chaque jour chaque jour on s'investit enfin chaque jour chaque nuit aussi on s'investit dans ce métier »
- 2:53Fait
« carnet noir, rien à voir avec Stéphan King, hein. Il y en a beaucoup moins »
- 4:59Fait
« on consigne effectivement tout ce que l'on on voit pour pouvoir ensuite l'acter dans un procès verbal de surveillance, voir d'interpellation »
- 5:43Fait
« la BRI dans le cadre de la brigade anticommando qu'on appelle aujourd'hui la brigade de contre terrorisme, la BRI intervient tout en noir euh cagoulé »
- 7:10Fait
« mon chef de groupe quand je suis arrivé à la BRI portait le même prénom que moi et comme mon nom est Bertrand, Patrick Bertrand, bon voilà, ils ont fait une référence assez rapide au chanteur pop plastique Bertrand »
- 7:53Fait
« pourquoi ? parce que déjà ça évite de de donner des noms parce que on peut se retrouver une fois qu'on a interpellé des individus sont à côté de nous »
- 8:35Fait
« on est protégé par l'anonymat. C'est la raison pour laquelle on porte une cagoule même en civil, une fois qu'on a interpellé, on se masque ou on masque les yeux de des interpellés »
- 9:19Chiffre
« c'est pas 10 ans, c'est c'est 6 ans. 6 ans en réalité, enfin oui, 6 ans. Passé avant d'intégrer la BRI au groupe de répression d'humoritisme, le GRB »
- 10:04Fait
« le terrain c'est euh viscéral à votre avis ? Complètement. Ah oui oui oui oui oui »
- 11:30Chiffre
« au bout de 5 ans me semble-t-il, j'étais déjà chef de groupe »
- 12:54Fait
« la BRI euh de ne pas être saisie euh de dossiers. En tous les cas voilà, on prend pas de plainte, on fait pas des enquêtes comme les groupes d'enquête »
- 15:44Fait
« la lourdeur de la procédure qui depuis tout temps devait être simplifié et qui ne l'a jamais été, cette lourdeur de la procédure, cette lourdeur bureaucratique administrative euh en fait coupe l'énergie »
- 19:15Fait
« Moi, vous le dites hein, je danse avec le diable »
- 20:41Chiffre
« un informateur va être évalué par une commission tous les 2 ans »
- 21:25Fait
« donner des informations puis un informateur peut se retrouver en prison »
- 22:09Fait
« aujourd'hui ils sont enregistrés. Donc imaginons que moi je vous enregistre comme ma source aujourd'hui »
- 24:57Fait
« je suis né en Afrique, on a vécu beaucoup en Afrique et puis euh en Allemagne ailleurs aux Antilles »
- 29:57Fait
« j'avais entièrement confiance en eux et puis ils étaient bien ils étaient expérimentés, ils étaient formés »
- 30:38Fait
« Labbeur plus patience plus courage moins prévu managérial »
- 31:21Fait
« il y a quelques petites réflexions qui fusent sur les ondes radio euh pour dire en gros si tu veux ta place avec nous et ben tu viens vivre au quotidien avec nous »
- 32:06Fait
« sans crainte voilà moi je pense que sans crainte on avance pas »
- 35:00Fait
« la 11e heure d'être appelé à la 11e heure »
- 36:25Fait
« Mon métier n'était pas une fonction, c'était ma sève »
- 37:09Fait
« chaque ligne est une cicatrice ou une promesse »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Plastique, bonjour. Bonjour Jean-Marie. Plastique, un surnom celui de Patrick Bertrand. Bonjour hein, ça fait plaisir. Alors, j'ai une première question pour vous parce que ça je l'ai appris euh tout de suite. La devise de la BRI, oui, vous l'avez là dans votre tête toujours en en en latin ou en en français ? En latin. Allons-y. En latin. Perverblum, per gladium. Per verbou, per gladium. C'est ça exactement. Par le verbe et par le glève. Par le voilà. Par le verbe et par le glève. Et moi ça me parle parce que le glève, bon forcément pour une unité d'intervention, on comprend l'image et par le verbe parce que on vient aujourd'hui pour parler de votre livre qui sont un peu une forme de mémoire, vous allez me dire he mais c'est ici le verbe en tout cas qui est l'arme
utilisée pour raconter un peu votre BRI. Exactement. le le verbe a pris la suite du terrain. J'ai changé j'ai changé j'ai pas eu trop le choix non plus parce que avec l'âge euh voilà, j'ai changé pas l'âge j'ai changé mon arme oublie mon glève mais mon arme moderne contre contre la plume. Et moi je retiens cette formule que vous avez dans votre livre. Vous dites que c'est un testament de rue, un recueil de sueur et de vérité. Donc quand même dans cette formule, on sent bah le le la force, le l'abnégation, l'intensité, l'énergie que vous avez mis quand même dans ces fonctions là, les fonctions que vous avez eu d'une part. Oui, effectivement et puis
on sent aussi le fait que on sort pas indemme d'un service aussi prestigieux car pour y accéder, c'est pas donné à tout le monde. Euh il y a peu de place. En tous les cas, à mon époque, il y en avait beaucoup moins que aujourd'hui. Euh même si les tests, enfin les sélections étaient complètement différentes, mais euh effectivement, c'est un service euh qui demande beaucoup, un engagement total, vraiment total si on aime ce métier. Euh et puis lorsqu'on y reste 22 ans, c'est-à-dire les les quasiment les de tiers, voir un peu plus de ma carrière, de mes 33 ans auquel des orfèvres, oui, ça marque. Ça marque
parce que chaque jour chaque jour on s'investit enfin chaque jour chaque nuit aussi on s'investit dans ce métier. Oui. Voilà. Et puis les planques, les chilatures s'arrêtent pas à 17h le soir où on peut découvrir un peu toutes ces anecdotes dans donc plastique [raclement de gorge] BRI. Ce sont des carnets noirs aux éditions Maruil tout simplement. Déjà, carnet noir, c'est un titre quand même qui euh forcément impose une forme de on va savoir ce qu'il y a dans l'obscurité de de la comment dire de de la BRI. Vous vouliez montrer des choses qui étaient jusque-l un peu oubliées peut-être ? Alors euh carnet noir, rien à voir avec Stéphan King, hein. Il y en a beaucoup
moins. J'en ai j'en ai une vingtaine dans ma cave aujourd'hui. Euh donc j'en ai beaucoup moins. Les carnets ce sont Oui, pardon. Et ce qu'on lit c'est une une synthèse de cette de cette vingtaine de carnets que vous avez noirci durant toute votre carrière durant ces 22 ans passé à la Bérie. C'est ça ? Alors toute ma carrière la Béie en tous les cas. Voilà. Mes carnets, ce sont des carnets de route hein. C'est des carnets de mémoire. C'est la mémoire c'est la mémoire du vécu mais c'est la mémoire aussi de tout ce que tout ce qui a été tu. Voilà, c'est pour ça que je parle aussi des de l'envers du décor, des coulisses de ce service là en particulier, mais ça peut être les coulisses aussi d'autres services du qu des orfèvres. Euh donc carnet de route, pourquoi ? parce que lorsqu'on est en
planque et bien il faut bien retranscrire ce que l'on voit à un moment donné si on interpelle des gens en flagrant des lit de braquage ou pour d'autres infractions. Vous avez les aiv vous avez écrit d'ailleurs pendant les planques, c'est à ce moment-là que vous noircissiez ces cahiers. Donc souvent dans les voitures. Absolument. Ah ben essentiellement que dans les voitures. Oui, parce que écrire dans la rue euh en piéton derrière un voyou, c'est un peu compliqué, mais euh il y a lorsque vous êtes en piéton ou dans la rue, vous pouvez pas écrire, euh on a toujours une radio euh on est toujours en lisant radio avec les collègues. que comme on dit dans le jargon, on balance des infos et elles sont notées par par d'autres collègues qui qui eux peuvent écrire et et tout ça
c'est écrit, c'est retranscrit euh en cas de besoin évidemment s'il y a un flagrant délit euh pour que pour présenter tout ça au magistrats et toute cette histoire finalement parce que là finalement concrètement sont des hommes effectivement qui sont en intervention, vous échangez avec vous, vous vous noircissez de votre côté mais ça vient nourrir un document qui est un peu qui vient raconter l'héritage de la Berrie. Ce document existe plus globalement au-delà de votre simple livre ou pas ? Ou alors c'est carnet. Vous me dites que finalement vous échangez avec vos collègues, ils peuvent noter aussi des choses et puis comme vous le dites hein, c'est par le glève et par le verbe. Donc on consigne en fait les actions, les opérations. Absolument. Euh, on parle du volet
judiciaire de de la de la BRI et on consigne effectivement tout ce que l'on on voit pour pouvoir ensuite l'acter dans un procès verbal de surveillance, voir d'interpellation si l'affaire va jusqu'à son terme, c'est-à-dire le flagrant délit, c'est-à-dire concrètement le vous êtes derrière un voyou, il est en contact avec d'autres individus donc vous notez le signalement de ces personnes avec qui prend contact. Après, vous essayez de les identifier si on dans une voiture, enfin il y a il y a plein de moyens pour les identifier et tout ça. Euh bien imaginons que une semaine, un mois après, toute cette petite bande qui se sont rencontrés, qui sont allés faire des repérages sur une banque ou sur autre chose euh reviennent
un beau matin pour braquer les employés, et bien vous avez une association de malfaiteur qui est établie. Donc pour le coucher sur le papier, même si la BRI comme l'ont dit et comme avait pour habitude de le dire nos nos nos aînés, c'est un service sans papier mais malgré tout, il faut quand même écrire. Ça a son importance l'écrit. Je voudrais juste revenir sur noir parce que j'ai parlé des carnets, ce sont des carnets de route mais pourquoi noir effectivement on pourrait se poser la question. ben noir pour diverses raisons. D'abord, c'est je pense c'est la signature opérationnelle de la BRI puisque la BRI dans le cadre de la brigade anticommando qu'on appelle aujourd'hui la brigade de contre terrorisme, la BRI
intervient tout en noir euh cagoulé. Voilà, les autres BRI provinciales euh elles interviennent en gris. H voilà, c'est leur tenue. Donc nous, on est resté en noir et ça fait pas référence à votre état d'esprit de l'époque parce que à travers les les pages quand même on comprend qu'il y a une équipe qui a un esprit de cor que il y a notamment tout ce passage où vous vous décrivez avec cette goaille tous les ben vos collègues avec qui vous êtes des surnoms. Et d'ailleurs, je me je voulais vous poser cette question. Pourquoi dans la police et dans d'autres corps de métier ? Bien sûr, mais cette idée de d'avoir un surnom pour les uns les autres et le vôtre d'ailleurs plastique, pourquoi il y a toujours eu cette espèce d'habitude ? [grognement]
Alors moi, c'est particulier hein, plastique parce que mon chef de groupe quand je suis arrivé à la BRI portait le même prénom que moi et comme mon nom est Bertrand, Patrick Bertrand, bon voilà, ils ont fait une référence assez rapide au chanteur pop plastique Bertrand. ça plan pour moi. Voilà et puis c'était de leur génération aussi je pense. Donc moi c'est voilà c'est un cas particulier euh et puis c'est pas un maniment d'armes particulier de votre pas du tout. Ça a rien à voir avec les fractions chaudes, les explosifs, rien du tout. J'aurais pu le faire croire mais non. [rires] En revanche, oui pour d'autres collègues. Pourquoi ? parce que déjà ça évite de de donner des noms parce que on peut se retrouver une fois qu'on a interpellé des individus sont à côté de nous et
bien on peut s'appeler logiquement on peut s'appeler par nos indicatifs mais ça va beaucoup plus vite de s'appeler par des des surnoms comme vuche le zingou et ce genre de chos c'est ça ou l'instructeur mououn alors qui est peut-être moins bien sûr sur le terrain mais j'entends quand même [raclement de gorge] qu'il y a cette dimension de sûreté finalement c'est-à-dire en intervention on ne donne pas les prénoms des euh euh les prénoms les prénoms, bon c'est c'est pourquoi pas on pourrait le faire ça ça ça doit arriver également mais dans la mesure où on est protégé en particulier dans ces services de euh ces services spéciaux, ces unités un peu d'élite comme la BRI, le RAID, on est protégé par l'anonymat. C'est la raison pour laquelle on porte une cagoule même en civil, une fois
qu'on a interpellé, on se masque ou on masque les yeux de des interpellés. Donc euh effectivement, on va pas non plus balancer nos noms et prénoms euh voilà, sauf quand on est à la retraite comme moi aujourd'hui. Ouais. Et puis c'est voilà, vous parlez de de certaines années, vous rentrez à la BRI, euh vous dites hein, c'est 10 ans avant d'atteindre ce Graal, 10 ans quand même dans différents corps de la police et enfin le 1er août 2000 vous rentrez, c'est votre date d'intégration dans l'antigang avant un petit passage éclair que vous racontez aussi avant de une une forme de stage d'observation mais en même temps on vient vous tester déjà hein, c'est ce que je comprends à travers cag là Et oui, allez-y, allez-y. Non, non, ben alors, je corrige juste,
c'est pas 10 ans, c'est c'est 6 ans. 6 ans en réalité, enfin oui, 6 ans. Passé avant d'intégrer la BRI au groupe de répression d'humoritisme, le GRB de la police judiciaire des Hautes SCES où là j'avais un poste d'enquêteur. Euh, on était saisi des braquages sur tout le département des hautes scènes, euh des vols par réfraction d'un certain montant. au-delà c'était la BRB. Enfin voilà, donc j'ai touché à un petit peu à la procédure pendant 6 ans. C'était une époque encore en 93 où on pouvait faire euh tout en faisant de la procédure, on pouvait quand même faire un peu de terrain. C'estàdire je parle pas simplement des interpellations domiciliaires de 6h du matin, mais on
pouvait aussi quand le les saisines ne tombaient pas trop souvent voilà suivre un peu nos malfaiteurs identifiés dans certains dossiers. Vous le terrain c'est euh viscéral à votre avis ? Complètement. Ah oui oui oui oui oui. Euh oui parce que je dis ça parce que quand on lit les pages où vous quittez justement la la BRI avec d'autres circonstances qui viennent bien sûr faire que votre départ de cette unité est vraiment particulière mais on sent en tout cas que c'est un moment difficile aussi parce que le terrain et l'équipe que vous avez bâti parce que vous avez pris la direction de de la BRI à 36 ans de la d'un groupe d'un groupe d'un des groupes. J'aurais bien aimé hein mais j'en étais loin quand même. Mais c'est vrai de prendre et puis j'aurais pas eu le même sort, ma
femme aurait été complètement différente. [rires] Mais le c'est c'est ça je voulais vous demander. Le fait de prendre la direction d'un décor justement à 36 ans, ça paraît jeune et on sent dans les lignes quand même que pour vous ça l'est un peu à ce moment-là ou pas ? Vous vous sentez que vous êtes un peu vert ou pas Moi, je m'en rendais pas compte mais effectivement ça l'est parce que j'en parlais d'ailleurs avec un collègue qui est malheureusement décédé depuis qui était chef de du groupe que j'ai dirigé moi, le groupe 40 mais il y a très longtemps. C'est un un personnage he qui a passé 40 ans à la BRI, quasiment toute sa carrière et il était devenu chef de groupe au bout de 17 ans euh 17 ans de BRI. Et moi effectivement, ça a été beaucoup plus rapide puisque au
bout de 5 ans me semble-t-il, j'étais déjà chef de groupe. Mais euh c'est aussi euh les circonstances qui ont fait que voilà, il y avait euh il y avait peut-être pas suffisamment d'officiers euh et puis j'avais fait quand même un parcours dans un autre groupe en commençant 4e, 3e 2e et puis voilà. Et puis quand on a on a recréé le groupe 40 qui avait été éteint pendant quelques années, euh mon chef de groupe Gérard Saon, pour pas le nommer, il a la retraite aujourd'hui et je le salue. Euh Gérard a pris le groupe et puis euh il est arrivé en fin de carrière donc il a fini à l'état-major de la BRI et il m'a laissé au bout d'un an donc ça a été très rapide. Euh voilà,
mais je m'en je me sentais euh apte je pense à le faire et puis euh euh je pense que les résultats du groupe, en tous les cas, parce que c'est un travail d'équipe, euh l'ont démontré. Euh voilà. Et en plus, ce qu'on découvre aussi à travers euh les pages, c'est qu'il y a un esprit particulier, c'est-à-dire pour euh il y a cette expression euh de parler de la police euh d'initiative, hein. Vous avez des phrases à travers votre livre justement quand vous parlez de cet ADN de la BRI à ce moment-là, la police d'initiative, c'est alors une révolution, c'est l'art de précéder l'événement. vous dites, on est à la fois le chasseur euh patient et le marteau qui frappe. Donc c'est vrai qu'il y a plusieurs fonctions. Il y a le chasseur qui est en attente et il y a le
moment où il faut justement agir. Ça, on sent à travers votre livre justement Carnet Noir que c'est euh ce que vous vouliez mettre en lumière. En tout cas, vous me dites hein si je dis des bêtises, mais que cet esprit de la BRI d'être sur l'anticipation et de pas juste être finalement à constater euh des faits, des méfets, même des délits, euh ça c'est quelque chose qui est un peu qui a un peu disparu. Euh il fallait le remettre en lumière, il fallait faire en sorte que ça ne soit pas oublié. Alors ça une grande grande importance pour moi et c'est un peu la une des raisons au-delà de rendre hommage à mes collègues et de mes collègues du groupe 40 et de mes parrains, de mes aînés, ceux qui m'ont formé, qui m'ont tout
appris. Euh c'est la volonté de euh la volonté de souligner que la police judiciaire euh et la police initiative en particulier parce qu'on a cette chance à la BRI euh de ne pas être saisie euh de dossiers. En tous les cas voilà, on prend pas de plainte, on fait pas des enquêtes comme les groupes d'enquête d'initiative, enfin des groupes d'enquête. Voilà. Et on a cette chance et je pense qu'il faut la la préserver. Euh malheureusement, c'est d'actualité euh aujourd'hui avec les différentes réformes qui ont eu lieu à commencer par celle de la PUP en 2005 et puis tout récemment en 2024 voilà la
réforme euh et la réforme de la DDPN. Euh je crois sincèrement en en regardant les les résultats de ces réformes et l'évolution aujourd'hui de ces mentalités, c'est vraiment une une fracture générationnelle et et et culturelle, c'est que cette police d'initiative, si on la sauve pas aujourd'hui, elle sera perdue à jamais. Euh aujourd'hui effectivement les collègues passent tellement de temps derrière leur écran euh d'ordinateur à acter tout ce qu'ils font euh à travers les leurs procès verbaux euh qu'ils ont
perdu le sens de la rue. et perdre le sens de la rue, c'est la mort de la police judiciaire parce que la police judiciaire sans renseignement là je parle des sources puisquon voilà sans renseignement la police judiciaire est est sourde et aveugle. C'est d'ailleurs Jobi qui le déclarait d'ord aujourd'hui on n'accorde pas assez de place à cette source de de renseignement enfin voilà le la manière dont l'info [raclement de gorge] arrive jusqu'à la police pour que des affaires justement s'ouvrent. Non, parce que la la lourdeur de la procédure qui depuis tout temps devait être simplifié et qui ne l'a jamais été, cette lourdeur de la procédure, cette lourdeur bureaucratique administrative euh en fait coupe
l'énergie enfin cette synergie du policier à à devoir aller dans la rue chercher du renseignement. Donc euh je dis pas que le renseignement fait tout, mais euh mais il est indispensable en tous les cas pour des services comme la BRI, euh les BRI d'ailleurs euh qui sont des services de d'initiative. Euh si vous vous contentez parce que aujourd'hui euh et c'est cette fracture générationnelle que euh j'explique dans le livre euh c'est que la BRI est de plus en plus et moi je l'ai vécu hein sur mes dernières années à la BRI est de plus en plus euh devenu le bras armé des services d'enquête c'est-à-dire aujourd'hui et en c'est valable en province comme à Paris au sein de la préfecture de police et de la DPJ.
Je veux dire par là que aujourd'hui un le premier district de police judiciaire, le GRB, va identifier un braqueur dans le cadre d'une de ces procédures. On entend les victimes et cetera par différents moyens. Comme ils n'ont plus le temps en raison de la lourdeur administrative et la lourdeur de la procédure de de les surveiller des peut-être d'identifier des complices, peut-être d'identifier des cases, des voitures volées, de retrouver le butin éventuellement. Euh et bien ils n'ont plus le temps d'aller sur le terrain et ils font appel à la BRI. [grognement] Ce qui fait que bah ça occupe la BRI hein. La BRI excelle toujours par ses compétences sur le terrain, la filature, même si euh moi j'ai connu que le début de la technologie qui nous aide malgré
tout, mais euh voilà, ils sont toujours sur le terrain, ils excellent dans cette matière. Donc pourquoi aller chercher du renseignement ailleurs auprès des informateurs, des sources, des tontons, comme l'ont dit dans le jargon policier euh puisque les services d'enquête vous appellent en disant voilà, nous on a un mec identifié, je cherche pas auprès d'un informateur. [grognement] Donc voilà, on est devenu le bras armé euh par la force des choses aussi. Et puis je pense que euh il y a une autre raison qui fait que cette police d'initiative tente à disparaître. Euh c'est euh un changement de culture euh d'une certaine hiérarchie. C'est celle du chiffre, la politique du chiffre, c'est la politique du chiffre. C'est la politique aussi euh de
d'une police euh zéro risque. Voilà. euh cette hiérarchie aujourd'hui euh et guidé, j'ai le sentiment euh d'ailleurs ça se voit hein euh j'ai des cas concrets, mais elle est guidée par ce ce principe de précaution. Donc euh pourquoi aller prendre des risques avec un informateur euh pour sortir une affaire aujourd'hui ? Euh sachant queon est euh malgré tout, on sera quand même seul le jour où il y a il y a un problème parce que la gestion d'un d'un informateur c'est un art délicat. Euh d'ailleurs, c'est pour ça qu'il a été encadré et à mon sens beaucoup trop euh
par des gens qui certainement euh n'ont peut-être géré aucun informateur de leur vie. C'est vrai que vous parlez d'un moment d'un de vos informateurs Rabby si je dis pas de bêtises hein. Vous dites "Je danse avec le diable parce qu' il roule en grosse berline dans Paris mais c'est quand même un informateur quelqu'un avec qui vous pouvez vous allez me dire si c'est le bon mot travailler parce que il y a des infos qui peuvent vous remonter mais en même temps c'est pas un collègue non plus c'est faut faut se méfier. Comment vous définiriez déjà la relation que vous pouviez avoir avec un informateur, un tonton donc de ce calibre là où on se dit je vais parler avec lui, il va me dire des choses, il va y avoir du vrai, il va y avoir du faux, faut séparer le bon grain de livret. Comment on fait
dans ces casl ? Moi, vous le dites hein, je danse avec le diable. Exactement. Exactement. C'est c'est toute la difficulté euh de ce travail d'initiative, de recherche du renseignement, c'est que euh il faut avoir conscience que l'informateur va dans tous les cas essayer de vous manipuler. À l'inverse, en retour, nous officier traitant euh on va l'exploiter évidemment. Donc faut garder une certaine limite évidemment euh dans ses relations avec ces informateurs et l'informateur travaille pas euh euh pour vos beaux yeux hein en général, même si Rabi en question a
largement les moyens de vivre sans euh sans donner des informations à la police parce que elle en plus elle le faisait, c'était même pas pour de l'argent. Euh, il y a plusieurs motivations hein qui les poussent à travailler avec la police et c'est vraiment un art délicat et qu'il faut savoir maîtriser. Euh alors, je sais que maintenant avec ces réformes récentes euh il y a des formations, faut être habilité pour euh voilà. Mais moi, je pense que je pense que la méthode à l'ancienne avec ses travers aussi ses limites, hein, euh n'était pas plus mal parce que la relation avec un informateur, c'est un contrat moral en fait. Vous le sentez ou vous le sentez pas ? Aujourd'hui, un informateur va être
évalué par une commission tous les 2 ans, il me semble. Et et cette commission qui ne le connaît pas en plus va vous dire "Ben non, là vous allez plus travailler avec lui parce que parce qu'il a pas donné d'affaires, parce que ses infos étaient c'était des tuyaux percés et cetera." Vous avez peut-être travaillé l'avac lui pendant des années d'un jour à l'autre alors que il y avait peut-être des informations qui ont permis d'avancer. On vous l'enlève. Oui. Et puis bon, faut pas oublier que donner des informations puis un informateur peut se retrouver en prison. Donc la communication est beaucoup plus complexe avec l'officier traitant évidemment et euh mais et ça de aujourd'hui un informateur va pas vous donner une information tous les jours. Ça peut effectivement on peut passer 2 ans sans
avoir on a toujours de ces nouvelles parce qu'on les relance régulièrement mais voilà le lorsque l'info est bonne construite corroborée parce queil faut évidemment vérifier tout ce que tout ce qui est dit euh bah des fois ça peut prendre des années mais vous gérez pas qu'une source en général. question que je me pose d'ailleurs par rapport à ça. Est-ce que des informateurs ont peut-être essayé de mettre différentes comment dire différentes sections de police ou groupe de police en opposition en donnant une info à l'un une autre à l'autre ? Et parce queon peut imaginer ça aussi comme vous dites finalement c'est un jeu de de dupe où on se manipule les uns les autres. Est-ce qu'ils sont est-ce que ça pu arriver ça de Alors aujourd'hui ils sont enregistrés.
Donc imaginons que moi je vous enregistre comme ma source aujourd'hui et que demain vous alliez voir un service concurrent citerait la BRB par exemple en disant ben moi je vais travailler avec la BRB aujourd'hui vous allez voir un chef de groupe là-bas. il va vouloir vous enregistrer parce que c'est l'obligation aujourd'hui. Euh mais lorsque il y a deux enregistrements qui sont faits auprès du BCS, c'estàdire le bureau central des sources, euh le premier collègue, c'estàdire moi en l'occurrence qui vous avez déjà enregistré, je vais être joint par le bureau des sources en me disant "Écoutez, votre source s'est rapprochée de la BRAB pour travailler avec elle." Donc moi, mon principe c'est queon travaille pas pour de services. C'est pas tout doit passer par vous. vous
c'est il faut une confiance totale entre l'informateur et l'officier. Si l'informateur vous transmet une information alors qu'il n'est pas euh du braquage j'imagine euh et vous donne pour information que un tel a tué euh voilà bah qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez appeler le service d'enquête qui travaille sur ce dossier, la brigade criminelle en disant voilà mais vous vous dites pas au à l'informateur ben tiens va va en parler à la crime. Non non, tout doit passer par vous. C'est vous êtes le filtre et puis c'est une question de de loyauté je pense. Exactement aussi. Alors il y a là on vient de le dire, j'espère que les gens vont vont le sentir que c'est vraiment un livre qui est ancré vraiment dans dans le réel he c'est ce qu'on sent. Bien sûr, il y a votre vérité qui est
subjective comme à chacun quand on raconte son histoire, mais c'est quand même un livre qui est vraiment ancré dans le réel avec, je dirais sur la forme quand même cette guille, c'est ce vocabulaire qui fait que bah le [grognement] décor quand il est planté, on est parfois un peu dans dans un film avec voilà et puis aussi on apprend on apprend les terminologies, les mots ultima ratio, le dernier recours. D'avoir une pilule dans le barrier, c'est quoi ça ? Bah c'est une cartouche. Euh [rires] alors dans le barrier maintenant c'est dans le chargeur hein parce que des on a plus des armes enfin des pistolets que des armes de points. Le canonge aussi c'est ça le canon. Le canon c'est le fichier canon c'est le fini fichier photo des euh de la police. Voilà. Passer les gourmettes, débusquer
une crèche, loger un malfaiteur. Le soum Alors le ça c'est un objet c'est connu. Ouais. Vuile de surveillance tout le monde connaît origine BRI d'ailleurs hein. Théorie. Oui oui mais bon là je laisse le lecteur découvrir dans mon livre. Il y a des mots comme ça d'une des un lexique qui qui vient voilà spécial. Oui. Alors ça ça met de la couleur dans mon livre et puis comme vous le disiez euh pourquoi pas en faire un film parce que voilà bah on sent que comme s'il y avait un peu de et ben j'espère que des producteurs le liront hein. Olivier Marchal à qui je fais coucou et à d'autres. Et ben on espère mais pourquoi ? Oui, parce que alors moi je suis pas parisien, ça vous pouvez le découvrir. Je suis je suis pas du tout parisien et je ne souhaitais surtout pas monter sur Paris,
travailler. J'ai déménagé tous les 2 ans. Je suis d'une famille essentiellement de militaire. Donc euh j'ai suivi les pérégrinations de mon père qui est voilà et donc je suis né en Afrique, on a vécu beaucoup en Afrique et puis euh en Allemagne ailleurs aux Antilles et puis j'en passe. Donc j'étais pas parisien et je ne souhaitais pas venir sur Paris. Sauf que ma promotion qui était une grosse promotion à l'époque puisqu'elle elle comptait 800 inspecteurs de police, il fallait renforcer la police judiciaire et on s'est tous retrouvé à Paris sauf un le major de promo qui lui a eu la chance de retourner à Marseille. Il était gardien de la paix et voilà, tant mieux pour lui, c'était un marseillais. Et donc je me suis retrouvé à Paris euh et j'ai découvert alors je l'avais un
peu découvert dans les des films des films euh c'est ça je voulais vous amener policier. Voilà. Mais j'ai été entouré effectivement et notamment par Jérôme et d'autres par de véritables titis parisiens et cette cet humour en face leur leur façon de parler euh j'ai toujours adoré ça parce que j'ai trouvé ça très imagé et avec beaucoup de d'imagination, beaucoup de de euh enfin c'est c'est haut en couleur. Donc à chaque fois que j'entendais des expressions euh je l'ai noté. Vous les notiez ? Je l'ai noté. Je voilà il y en a d'autres que j'ai pas sorti parce que elles ont pas passé la la douane c'est voilà elle passerait pas peut-être les éditeurs serait ça et juste oui allez-y allez-y non je vous en prie
juste il y avait cette dernière citation que je voulais dire parce que vraiment elle est très sympa si tu n'aimes pas l'odeur de la jungle au petit matin c'est que tu as rien à faire dans la colonne. Ça ça veut bien dire voilà ce qu'il faut avoir comme pédigré. Et il y a quand même aussi cette expression. Alors, les cowboys du 36, celle-là, elle est restée un peu péjorative, certaines pour certains quand même. Est-ce que est-ce que c'est justement une une expression bon qui est un peu réductrice ? On se dit non, c'était aussi la vérité. Les cowboys du 36, ça peut paraître un peu péjoratif. Qu'est-ce que vous en pensez vous du fait que cette expression soit un peu restée quoi, on est d'accord ? Oui, elle est elle est un peu resté un peu moins peut-être maintenant, je
pense. Mais effectivement, elle était d'actualité [gémissement] à l'époque de la génération qui m'a précédé et et un peu de la mienne au début. Euh non, je la trouve pas réductrice, au contraire. Euh il y a justement euh il y avait ce côté où on se démarquait euh des autres services d'enquête euh par cette liberté de euh vestimentaire, euh cette liberté d'expression, ce cette liberté un peu d'action aussi sur le terrain parce queil faut reconnaître que quand vous étiez à l'antigang euh sur on nous passait quand même beaucoup plus de choses que dans d'autres services. Euh aujourd'hui certainement beaucoup moins. Euh voilà, c'est le parapluie administratif hein
qui s'ouvre de plus en plus. C'est le réchauffement climatique, on va dire. Mais ouais, à l'époque c'était les cowboys, les ninjas. Voilà, selon que l'on parlait du volet judiciaire de de la BRI ou du volet côté intervention avec des grosses personnalités forcément et des très grosses personnalités. Oui, et c'est vrai que pour parler du quotidien, on a un peu parlé quand même de des tontons, de l'information, les informateurs, comment on travaille avec eux, mais il y a des moment très fort, c'est un peu ce qu'on disait au début hein, on retrouve tout ça dans carnet noir. Il y a les filatures, l'attente et il y a l'intervention, le flagrant délit. Le flagrant d lit, il y a plusieurs chapitres qui est dédié à ce moment qui revient bien sûr, mais ce moment particulier où on vient faire
l'interpellation. Vous aujourd'hui, comment vous le définissez ce moment-là ? Est-ce qu'il vous manque ? Est-ce que il y a cette adrénaline queon ressent ? Oui, ça me manque évidemment. Évidemment parce que c'est l'aboutissement euh de d'un travail d'enquête, de surveillance, de filature qui est parfois très ingrat. Euh mais c'est l'aboutissement de de tout ce travail, ce euh et c'est c'est la seré sur le gâteau pour prendre une image. Effectivement euh la plus grosse des qualités, la grande qualité, je rebondis là-dessus, euh la grande qualité d'un d'un membre de l'antigang, c'est la patience. Si vous n'êtes pas patient, si vous n'êtes pas capable de ressayer dans votre voiture des jours, des nuits, à surveiller parfois quelque chose qui
bouge pas ou que ne vous voyez pas, le plus long que vous aviez fait. Le plus long, oh c'est ça doit être 3 4 jours. Ouais. Alors bon, on reste pas dans la voiture, on sort, on a tous des besoins naturels et puis voilà. Mais mais au même endroit, au même endroit. Ah oui oui oui oui oui. C'est ce qu'on appelle des planques satiques. Et puis il faut avoir cette alors il y a cette première qualité de la patience et après cette faculté de bascule d'intervention parce que vous surveillez un établissement bancaire ou un autre objectif, [grognement] ça vous prend des jours, des mois et puis du moment à l'autre l'équipe arrive et braque. Donc là, si
vous avez pas cette capacité de de basculer tout de suite dans l'intervention, dans dans l'interpellation ou dans la filature, euh c'est que vous n'êtes pas fait pour être à la BRI. Donc ça, ouais, c'est ça s'apprend hein, ça prend mais il faut l'aimer. C'est Et vous donnez aussi le la formule du flag parce que là vous nous parlez beaucoup d'attente. Elle est dans la formule hein, vous la connaissez de tête, moi je peux vous la lire. Vous l'avez écrit dans la formule du flag selon Einstein. Mais voilà. [rires] Alors, on est sur je pas mon mathématique mais je l'ai écrite. Labbeur plus patience plus courage moins prévu managérial. Exactement. C'est quoi ça ? Ça n'a rien alors alors qu'on s'entende
bien parce que ça n'a rien de de négatif à l'égard de la hiérarchie euh quel qu'elle soit d'ailleurs chef de service ou adjoint parce que je me suis entendu avec beaucoup d'entre eux. En 22 ans, j'en ai j'en ai vu passer plus d'une quinzaine chef et adjoint. Mais euh non, c'est simplement et ça c'était les réflexions que les collègues nous faisaient, mais je partage leurs réflexions, c'est que vous planquez pendant des mois des des des voilà euh sur un individu, vous le surveillez, vous le filochez, vous connaissez ses habitudes, enfin voilà et quand ça sent un peu la poudre, c'est-à-dire que ça va pas passer à l'action, ça va braquer. Donc vous rendez compte de tout ça à votre
hiérarchie évidemment hein euh au quotidien et que vous les voyez ou pour certains débarquer juste pour le flag euh passer les pinces avec nous euh en général Ouais, il y a il y a il y a quelques petites réflexions qui fusent sur les ondes radio euh pour dire en gros si tu veux ta place avec nous et ben tu viens vivre au quotidien avec nous et et tu manges ton pain noir comme tout le monde. C'est ça parce que la la mais bon après il y a il y en a qu'on à qui on pardonne parce que on sait qu'ils ont d'autres missions et puis euh et puis pour certains, c'était aussi des anciens officiers comme moi euh et ils ont connu le terrain, ils ont mangé leur leur pain noir donc euh on les accepte volontiers. Exactement. Mais il y a un risque à
prendre parce que quand vous connaissez pas les individus et que vous arrivez derrière d'une minute à l'autre, vous mettez en filage derrière. On a j'ai plein d'anecdotes là-dessus. Vous avez eu peur pour votre vie ? Euh réellement non. Celle de vos coéquipiers, celle de vos camarades. On a Non parce que j'avais entièrement confiance en eux et puis ils étaient bien ils étaient expérimentés, ils étaient formés. On a toujours une petite crainte évidemment parce que sans crainte voilà moi je pense que sans crainte on avance pas mais au contraire moi c'était tous les faits inverses dans les moments où ça a commencé cette bascule commença à se faire où on n pas loin de
l'intervention j'étais plutôt relativement serein. Euh c'est paradoxal mais je l'été, je sais pas, c'est c'est instinctif et euh puis après on passe dans l'action et cetera. Donc là mais vous sentiez que le temps se ralentissait un peu pour vous à ce moment-là ? Oui parce que moi j'avais une alors en tant que chef de groupe, j'avais une vision générale de la scène si j'ose dire même si j'y participais comme tout le monde hein. Mais j'avais cette vision générale parce que il fallait que je sois concentré sur le dispositif d'interpellation. de surveillance puis de d'interpellation puisque on passe au flag. Et donc il faut savoir qui fait quoi euh euh
quand vous êtes seul, votre rôle vous le connaissez hein. Vous êtes en filature, vous êtes derrière la voiture des braqueurs. Euh ben si vous êtes derrière, vous savez que vous allez devoir bloquer la voiture derrière. Voilà. Et puis après sortir du véhicule, braquer et cetera. Bon, c'est pas rien. En se parlant avec Non, c'est pas rien. Mais voilà, mais ça votre rôle. Mais quand vous êtes euh chef d'un d'un groupe euh voire de plusieurs groupes parce que parfois on avait le renfort aussi sur des grosses équipes, on avait le renfort des autres groupes opérationnel de la mairie. Donc on peut on peut très rapidement se retrouver à 30 40 sur un dispositif euh lorsqu'il le flag approche. Et donc quand vous avez cette vision euh globale euh d'un dispositif que vous vous devez gérer euh
que vous allez euh décider du feu vert, du top interpellation euh de la du blocage de la voiture et cetera, euh même si vous laissez parler et puis les collègues sont expérimentés, donc euh voilà, mais il faut quand même garder cette vision. Donc vous avez pas le temps de comment dirais-je d'avoir peur. Vous avez pas le temps de de vous sentir mal, de vous poser des questions et cetera, de réfléchir à la situation, conscientiser. Alors effectivement, les premiers flags, vous avez toujours cette crainte hein, quand vous gérez un premier flagrant d'élit mais après je dis pas que c'est une question d'habitude parce que il y a aucun flagrant d'élit qui se ressemble mais vous avez les bons réflexes. Voilà, c'est ce moment-là là qu'on est en train
de décrire que vous décrivez qu'on appelle la 11e heure. C'est ça lequel ? Pardon ? La 11e. Ce qu'on raconte là, l'interpellation, le moment délicat où faut y aller. Je vois qu'il y a cette expression qui revient la 11e heure d'être appelé à la 11e heure. C'est ça. C'est ce moment-là qu'on décrit. C'est ça aussi. Et et c'est aussi la 12e heure lorsqu'on fait la victoire, le flagrant délit, ce qu'on appelle le dégagement hein qui existe toujours d'ailleurs. D'ailleurs on a plus tendance à dégager du service parce queavant on pouvait boire un petit verre service. On quitte le service, on peut plus fêter dans les dans les locaux. Ça dépend des chefs de service mais c'est quand même compliqué. Vous pouvez avoir une bouteille d'eau dans votre frigo. J'ai [rires] noté l'endroit. vous donner
l'endroit où il y avait les les fêtes post opération qui étaient organisé parce que c'est vraiment ce que on ressent en tout cas dans dans votre livre Carnet Noir. Là on a parlé un peu voilà de de procédure bien sûr du quotidien que vous aviez à la Berie mais aussi de l'humain qui se dégage de tout ça. C'est aux éditions Maruil. Il y a euh voilà euh cette phrase, je trouve qui résume bien. D'ailleurs, à la fin du livre euh vous euh mettez cette lettre que vous avez fait à la BRI au moment où vous vous partez. Et euh cette phrase, moi que je trouve vraiment assez euh forte hein, c'est "Mon métier n'était pas une fonction, c'était ma sève. On peut pas aller plus profondément finalement dans le sujet en se disant que elle vous habite encore cette Elle m'habite encore. J'ai plus je vis
plus avec au sein de la famille BRI euh parce que c'était une réellement je parle du groupe 40 mais plus généralement de la BRI mais essentiellement du groupe 40 c'était c'était une véritable famille. Euh ben je les revois en dehors des murs du 36. Euh j'ai plus passé le Porsche du 36 depuis que je suis parti en 2021. Mais oui, ça me manque beaucoup. C'est effectivement ça ça vous prend tout en fait ce service. C'est pour ça que j'ai écrit ce euh ce testament. J''estime être un testament en léguant quelques quelques conseils à à ceux qui vont me succéder et qui m'ont succédé depuis hein puisque je suis parti depuis un petit moment. Euh je voulais le lancer un petit message et puis finalement voilà, il y a
un livre qui est sorti donc il y a beaucoup plus de messages que qu'il y en avait dans dans ce petit dans ce texte que j'ai écrit en partant de la BRI et que j'ai envoyé sur le fil rouge euh du service. Chaque ligne est une cicatrice ou une promesse hein, vous avez dit vous léguez aussi à travers ce livre. Ben merci beaucoup de cet échange qu'on a pu avoir ensemble et voilà on espère que les auditeurs téléspectateurs de de BFM auront appris beaucoup de choses et auront eu envie de découvrir plus profondément votre histoire plastique. Euh Patrick Bertrand à la BRI dans Carnet Noir. Merci beaucoup. Merci. Merci Jean-Marie. M.