Benjamin Haddad, ministre chargé de l'Europe, est l'invité politique de la matinale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Benjamin Hadad. Bonjour. Vous partez en Ukraine juste après cette cet entretien pour participer au conseil des ministres des affaires étrangères autour de Volodimir Zelinski.
On le sait, l'Union européenne a débloqué un prêt de 90 milliards prêt bloqués notamment par la Hongrie. Or, il y a urgence un Kiev pourrait se retrouver à cours de trésorerie fin avril. Comment débloquer ce prêt ?
Je serai euh tout à l'heure euh en Ukraine avec les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne pour rappeler notre soutien et notre solidarité à l'Ukraine pour commémorer les 4 ans de la libération de la ville de Boucha et puis pour euh rappeler qu'alors que le monde a les yeux rivés sur le Moyen-Orient, la guerre continue en Ukraine. Juste sur la dernière semaine, la Russie a utilisé 3000 drones, 1500 bombes, plus de 40 missiles qui ont été dirigés vers l'Ukraine. Alors effectivement, nous devons continuer et accélérer la pression sur la Russie.
Ça passe par l'adoption d'un 20e paquet de sanctions qui est discuté aujourd'hui par les pays européens pour notamment accroître la pression sur le secteur énergétique de la Russie. On sait que c'est une ressource pour les forts de guerre. Ça passe par le déblocage de ce prêt de 90 milliards d'euros qui avait été accepté par tous les pays de l'Union européenne les 27 au Conseil européen de décembre. 90 milliards d'euros, c'était pour l'aide militaire et économique pour les deux prochaines années.
Aujourd'hui, la Hongrie bloque ce prêt. On doit continuer le dialogue mais aussi la pression sur la Hongrie. Comment le débloquer ?
Est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est possible rapidement débloqué ? Alors, on doit le faire de façon urgente puisque c'est l'aide dont les Ukrainiens ont besoin pour les deux prochaines années.
Il y a un dialogue qui est mené avec la Hongrie. Vous savez qu'il y a aussi des négociations sur d'autres sujets comme la réparation du pipeline de Drougeba qui est cette oléoduc qui amène du pétrole depuis l'Ukraine. Il est absolument urgent.
Je rappelle que les Hongrois comme les 26 autres pays de l'Union européenne avaient donné leur accord. Donc c'est non seulement la sécurité de l'Europe, c'est aussi la crédibilité, la parole donnée par les pays de l'Union européenne. À ce moment, encore une fois où on parle beaucoup du Moyen-Orient, on voit les prix des hydrocarbures qui augmentent, ce qui pourrait aussi jouer en faveur de Vladimir Poutine ou peut-être les efforts américains sont arrivés ailleurs.
C'est aux Européens aujourd'hui de prendre en charge leur sécurité. Ce prêt est absolument essentiel à cet égard. Justement, les États-Unis ont levé les sanctions sur la vente de pétrole russe en direction de l'Inde.
L'idée, on voit bien, c'est effectivement de soulager le marché. Mais la guerre offre donc finalement à la Russie une bouffée d'oxygène sur le plan financier. Est-ce que c'est pas une manière de lever le pie le pied sur les sanctions russes ?
Ce n'est pas le moment de lever les sanctions sur la Russie. Au contraire, c'est le moment d'accroître la pression. Je le disais à la fois le 20e paquet de sanction de continuer aussi notre pression sur la flotte fantôme.
C'est nav que les États-Unis ont eu tort de dire bah OK euh la Russie peut à nouveau commercer avec l'Inde sur le pétrole. Mais mais qui est-ce que ça renforce de faire cela ? Ça renforce évidemment la Russie dans la guerre d'agression contre l'Ukraine.
Ça renforce aussi l'Iran qui est l'allié de la Russie. Je vous rappelle aujourd'hui que dans le ciel ukrainien, il y a des drones iraniens qui sont utilisés par la Russie, les drones shaed. On sait que la Russie et l'Iran se sont soutenus ces dernières années, que ce soit dans le soutien aussi au régime criminel de Bachar Al-Assad en Syrie et donc soutenir la Russie ou lever les sanctions, ça ne va pas dans l'intérêt de sécurité ni des Européens ni des Américains.
On voit les prix qui augmentent aussi de de carburant en France. Euh le Premier ministre euh affirme que nous ne sommes pas en pénurie, mais imaginons si jamais nous devions y faire face, est-ce que la France, l'Union européenne pourrait lever les sanctions sur l'importation de pétrole et gaz russes ou est-ce que c'est totalement inimaginable ? Non, ce n'est pas le moment de lever les sanctions contre la Russie alors que la Russie continue, accélère son agression contre l'Ukraine et ses menaces de sécurité contre les Européens.
Vous savez que le gouvernement est mobilisé, a pris des mesures que ce soit des mesures d'urgence, de soutien au secteurs qui sont les plus touchés. Je pense par exemple au transport routier ou à la pêche. La libération la libération la libération d'une partie des stocks stratégiques 2500 barils.
Il y aura aujourd'hui au niveau du G7 un une réunion des ministres de l'économie autour du ministre Roland l'escur pour parler aussi de la coordination internationale pour le soutien à l'énergie. Nous sommes évidemment mobilisés pour mettre en place une coalition aussi pour la liberté de navigation du D3 d'Ormous par lequel circule à peu près un cè des hydrocarbures à travers le monde. Donc nous sommes mobilisés.
C'est une situation, il faut quand même le dire qui est différente d'il y a quelques années. Aujourd'hui, on a un parc nucléaire qui fonctionne à plein puisque nous avons investi pour le rénover. Nous ne sommes pas à l'hiver comme c'était le cas par exemple au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine il y a en 2022 il y a 4 ans et nous continuerons le dialogue avec nos partenaires notamment du partenaire européens et du G7 pour voir les mesures qu'on pourrait continuer à prendre.
Un tout dernier mot donc on l'a vu he le conflit en Iran ajoute des difficultés à l'Ukraine. La France par exemple un accord de défense avec les Émirats arabes unis et le Qatar. à les équipes en en défense antiaérienne.
Euh ce conflit consomme donc des armes anti aériennes dont l'Ukraine aurait peut-être besoin. Est-ce que euh se concentrer en ce moment sur le front iranien, ça prive pas l'Ukraine de nos technologies ? Alors, vous avez raison de le souligner.
Nous, on continue à travailler avec les Ukrainiens, à les soutenir. Par exemple, la France est aujourd'hui le premier pays qui aide l'Ukraine sur le renseignement militaire, ce qui est absolument fondamental. Euh les Ukrainiens, vous le savez, ont aussi des technologies, notamment des technologies de défense anti-drone.
Aujourd'hui, il y a des accords qui ont été signés entre l'Ukraine et des pays du golf comme les Émirats ou euh l'Arabie Saoudite pour euh rapprocher les industries de défense ukrainienne et du golf. Nous-mêmes, nous avons intérêt non seulement à continuer en monter à monter en puissance avec notre industrie de défense, notre base industrielle de défense et à la rapprocher de celle de l'Ukraine. C'est pour ça que nous avons mis dans le prêt de 90 milliards aussi le principe de préférence européenne.
C'est pour ça que l'an dernier quand nous avons fait le prêt de 150 milliards d'euros de la Commission européenne pour l'industrie défense européenne, on a inclus l'Ukraine. Moi-même quand je serai en Ukraine, j'irai voir des acteurs, des start-ups françaises dans le secteur des drones et de l'intelligence artificielle qui travaillent avec les Ukrainiens pour travailler à l'interception de drone parce que c'est dans notre intérêt aussi de renforcer notre coopération défense avec les Ukrainiens en ce sens. Benjamin Adad, vous faites partie des 90 ministres députés sénateurs de la droite et du centre qui ont signé une tribune dans la tribune dimanche pour une candidature unique en 2027.
Elle s'adresse à qui précisément cette tribune ? Qui sont les réticents ? ou qu'est-ce qu'il faut convaincre ?
C'est une tribune que nous avons porté avec ma collègue Ma Brejon qui dit au fond quelque chose de très simple que alors que nous rentrons dans une période qui va être une période électorale, il est temps de mettre le pays avant les partis. Et si on veut avoir un programme et un projet pour le pays d'autorité sur le plan du régalien, de réforme économique, si on veut continuer à porter une voie forte en Europe et sur la scène internationale, et bien les partis du du de la droite et du centre ont intérêt à s'unir et apporter une candidature unique pour la campagne. Il n'y a aucune référence à une primaire dans ce texte.
Donc comment on départage les postulants ? Comment on choisit l'heureux élus ? On n'a pas voulu dans ce texte rentrer dans les questions de procédure.
C'est un message de responsabilité qui est envoyé à tous les candidats potentiels pour leur dire il faut trouver une façon de se rendre derrière une candidature unique. Vous savez, moi j'étais candidat aux élections municipales à Paris. J'ai vu euh les dangers souten Rachidati je soutissance.
Effectivement, je suis très fier d'avoir porté cette campagne avec Rachid Adati. Pas un peu de déloyauté vis-à-vis de votre camp. Mais fondamentalement, ce qu'on a vu, c'est que la pire façon de se mettre dans une dynamique de victoire, c'est la division.
Quand on a des candidats du centre et de la droite, alors que fondamentalement là où on est parti uni, on a su l'emporter dans ces municipales. Et bien nous, on appelle à la responsabilité. Encore une fois, on a besoin de continuer à apporter des ambitions pour réformer notre pays, pour mettre de la sécurité et de l'ordre sur le régalien, pour avoir une voix influente et ambitieuse sur la scène internationale.
Moi, je ne veux pas pour mon pays d'un second tour entre Jordan Bardel et Jean-Luc Mélenchon et je ne crois pas que c'est ce que les Français souhaitent. Donc à nous maintenant nous organiser de prendre nos responsabilités. Avec sa réélection au Havre, Édouard Philippe semble quand même avoir pris une petite longueur d'avance. c'est lui qui apparaît en tout cas dans les sondages, celui de la tribune dimanche encore être le seul en capé de gagner face au RN au second tour.
Est-ce que le rassemblement doit se faire derrière lui ? Écoutez, il a été bien sûr un brillant premier ministre. Il a eu une réélection importante au Havres.
Moi, je ne veux pas rentrer à ce stade dans les questions de personnes. Je pense que ce qui est important, c'est qu'on parle à la fois du projet et de l'unité de notre famille politique et du socle commun. Ce que nous avons su faire ces dernières années, c'est travailler entre les parties du centre Renaissance Horizon, Modem et les Républicains.
Moi, j'ai toujours plaidé pour cette unité. Nous avons chacun bien sûr dans nos parties des différences, des distinctions. Il ne s'agit pas d'écraser les différences, de se mettre d'accord sur un projet, sur une candidature et puis après bien sûr d'aller surtout parler aux Françaises et aux Français.
Très rapidement lors des municipales, on a vu que le RN fait une percée, hein, compliqué encore dans les grandes villes, mais il gagne des villes moyennes. LFI aussi, des villes de plus de 100000 habitants sont les deux partis qui semblent incarner l'espoir pour 2027. Gérald Armanin évoque un sentiment prérévolutionnaire électoral.
Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Bien sûr, mais regardez ce qui s'est passé dans les municipalités qui ont été conquises par la France insoumise. On voit déjà un climat de violence, un climat de menace et d'intimidation contre les élus sortants.
On voit la remise en cause de principes républicains comme la neutralité du service public. On voit déjà une ambiance communautariste. Je ne veux pas de ça pour mon pays.
Merci beaucoup Benjamin Adad. Bonne journée à vous.
Benjamin Haddad