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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 9 janvier 2023 21 min

"Il faut assumer que ce sera une réforme difficile", affirme Aurore Bergé, à propos des retraites

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien la députée des Yvelines, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux. Aurore Berger, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin en ce jour de rentrée parlementaire et à la veille du dévoilement par la Première Ministre du contenu de la réforme des retraites, sujet dont on va parler en détail dans quelques instants. Mais question d'abord sur ce qui s'est passé au Brésil hier soir, heure française. Des centaines de partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro ont pris d'assaut à Brasilia.

Les bâtiments du Congrès, de la présidence et de la Cour suprême, l'ordre a été rétabli. Mais les images du saccage sont impressionnantes. Comment avez-vous reçu ces événements, ces images, 8 jours après, 8 jours seulement après l'investiture du président Lula ?

0:53
Invité

Ça rappelle évidemment les images du Capitole et ça rappelle ce qu'est l'extrême droite. C'est-à-dire qu'à partir du moment où l'extrême droite perd le pouvoir, elle ne le quitte pas. Et elle ne veut pas le quitter. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Ce qui est rassurant, c'est qu'en effet, ça a été dit par Pierre Aski, la démocratie a tenu. Parce que l'inquiétude, c'était de savoir quelle allait être l'attitude justement de l'armée. Et vraisemblablement, cela a tenu. Donc ça veut dire que les fondements démocratiques qui sont ceux du Brésil ont été plus forts.

1:19
Aurore Bergé

Les grandes démocraties européennes, pensez-vous qu'elles sont à l'abri de ce genre de scènes, de ce genre d'événements ? Ou on pourrait voir ça en Italie, en Allemagne, en France, pourquoi pas ?

1:29
Invité

Moi, je ne crois pas qu'on soit par principe à l'abri. Il n'y a pas un microclimat, j'allais dire, qui protège l'Union Européenne ou qui protège donc la France par rapport aux tentatives populistes. Et encore une fois, on a au départ des partis qui étaient arrivés de manière démocratique au pouvoir. La question, c'est qu'à partir du moment où l'extrême droite arrive au pouvoir, quand elle doit le quitter parce qu'elle est battue, elle refuse de le quitter avec des mouvements qui ont été fomentés vraisemblablement par Bolsonaro, par ses partisans. Ce ne sont pas des mouvements spontanés qui, aujourd'hui, se sont exprimés au Brésil.

2:01
Présentateur

Alors, venons-en donc maintenant à la réforme des retraites. Finalement, ce ne sera pas 65, mais 64 ans avec allongement de la durée de cotisation. C'est ça ce qui attend les Français ?

2:10
Invité

C'est ce que la Première Ministre dira et c'est elle qui le dira. Ça n'est pas à moi de faire les annonces évidentes.

2:15
Aurore Bergé

Mais vous pensez que si c'était ça, que si l'option 64 était retenue plutôt que 65, ça permettrait de faire passer plus facilement le texte et plus facilement la pilule pour ceux qui sont contre ?

2:24
Invité

Je pense qu'il faut de toute façon assumer que c'est une réforme qui sera difficile. Parce que c'est toujours difficile de dire qu'à un moment, on va devoir, en effet, accepter de faire collectivement des efforts et donc d'arriver à travailler plus, notamment sur la question du report de l'âge légal. C'est aussi réaffirmé parce qu'on a l'impression que c'est quand même écarté du débat public, qu'on ne change pas de modèle. D'autres modèles existent sur la question du financement des retraites et ce n'est pas le modèle français. Et donc la question, c'est comment on fait pour le préserver, nous on considère.

Et ça, c'est un vrai choix politique qui peut donc évidemment se débattre, se discuter, voire même se contester, qu'il faut pour cela décaler l'âge de départ à la retraite.

3:00
Aurore Bergé

Vous dites difficile, elle est même très impopulaire à ce stade aujourd'hui, au début, alors que le texte arrive. Vous avez vu les sondages, quasiment 70% des Français sont opposés à ce décalage de l'âge de départ à la retraite. Comment vous arriverez à les convaincre ou vous dites, ce n'est pas grave, c'est impopulaire, mais on va le faire passer ?

3:18
Invité

Ce n'est pas parce que c'est impopulaire qu'il ne faut pas le faire. Par contre, à partir du moment où vous avez en effet ce niveau d'impopularité, ça interroge évidemment sur ce qu'on fait et la manière avec laquelle on doit le faire. Et donc ça veut dire non seulement qu'il va falloir expliquer, mais surtout qu'il va falloir rentrer dans le détail parce que ce qui compte, ce n'est pas uniquement le décalage de l'âge légal, c'est aussi de dire concrètement qu'est-ce qui va changer pour chacun individuellement.

Et c'est là où on doit rentrer dans le détail, sur ceux qui ont commencé à travailler tôt, les carrières longues, voire même les carrières très longues, sur la question de la pénibilité, sur la question des femmes notamment, bref, il y a une multitude en vérité de facteurs et c'est ça qui change concrètement la vie des gens, parce que ce n'est pas uniquement 64-65 ans, parce que pour un certain nombre de Français, ce sera plus tôt, s'ils ont commencé à travailler plus tôt, parce que c'est aussi la durée de cotisation, bref, plein de paramètres qui doivent permettre que cette réforme soit juste.

4:04
Présentateur

Vous avez la droite et le compromis à l'Assemblée nationale, vous n'avez pas allé vous poser la question à l'instant, pour l'instant, l'assentiment des Français, qui sont très majoritairement opposés donc au décalage de l'âge de départ. François Bayrou, dans les échos ce matin, enfonce le clou et se dit même frappé que beaucoup des Français, beaucoup de Français, faute d'informations précises, ne perçoivent ni la nécessité, ni l'urgence de la réforme des retraites. Vous avez du mal à expliquer votre réforme, il a raison François Bayrou, ça ne vient pas d'un opposant, pour le coup, ça vient de votre camp.

4:39
Invité

Moi je crois qu'on a été très clair pendant la campagne présidentielle, c'est peut-être même l'un des seuls sujets qui est ressorti clairement et nettement de la campagne présidentielle et des campagnes législatives. Ce serait un problème démocratique si cette réforme n'avait pas été annoncée clairement aux Français. Ce serait un vrai problème démocratique si demain un président de la République était élu sans ce type de réforme, pour ensuite les ajouter sur la place publique comme si ça posait évidemment aucune difficulté. Ce n'est pas le cas, ce n'est pas ce qui s'est passé. Ça ne veut pas pour autant dire que ce sera simple, ça ne veut pas pour autant dire que c'est populaire.

Mais ça change quand même la donne. Puis après, il y a justement le débat qu'on est en train d'avoir ce matin, qui va se poursuivre avec les annonces de la première ministre demain. Et puis le vrai débat qui va avoir lieu à l'Assemblée et au Sénat. Et c'est ça, à mon avis, qui va pouvoir concrètement éclairer les Français sur ce qu'on fait.

5:20
Aurore Bergé

Et vous espérez, on l'a lu hier dans le journal du dimanche, Eric Ciotti, vous espérez avoir les voix de la droite, là c'est quasiment fait. Je crois que c'est aussi une question...

5:26
Invité

Vous allez éviter le 49-3 ? Nous, on doit tout faire pour l'éviter, parce que c'est la démonstration qu'on cherche en permanence du compromis et du consensus.

5:34
Aurore Bergé

Qui t'a accepté les conditions d'Eric Ciotti ? Il a dit que ce sera un accord sous condition, mes conditions je les fixe. Et là, de ce qu'on en croit, vous avez retenu à peu près tout.

5:41
Invité

En tout cas, un compromis, ça veut dire que de part et d'autre, vous faites un pas vers l'autre. Ou alors ce n'est pas un compromis. Si on dit que c'est notre projet, rien que notre projet, il n'y a pas de compromis possible. Et inversement pour la droite. La droite a eu des projets très différents, en vérité, sur les retraites. Il y a eu le projet défendu au Sénat. Il y avait plusieurs projets présentés par les députés à l'Assemblée nationale. C'est bien s'ils se mettent d'accord sur un seul, et encore mieux si c'est sur le nôtre. Après, il y a en effet des points qui doivent évoluer.

Nous-mêmes, dans la majorité, on est les premiers à dire, par exemple, que la revalorisation de la retraite minimale, pour ceux qui ont tout leur trimestre, doit être à 85% du SMIC.

6:15
Aurore Bergé

C'est-à-dire 1 200 euros ?

6:16
Invité

Alors, ça peut continuer à évoluer, parce que l'avantage de dire 85% du SMIC, c'est qu'aujourd'hui, c'est 1 200, mais peut-être que la revalorisation du SMIC pourra...

6:23
Aurore Bergé

Mais ça, ça va s'appliquer uniquement pour les futurs retraités ? Ou pour les actuels... C'est la grande question. C'est ce que nous, on souhaite. Elisabeth Borne, elle n'est pas très claire sur cette question-là.

6:31
Invité

Je pense qu'elle pourra préciser, évidemment, les choses demain. Mais nous, ce qu'on souhaite, c'est évidemment que ça s'applique à tous les retraités. C'est un impact budgétaire qui est important. Il ne faut pas le minorer, ces 2,7 milliards d'euros, de dire que ce n'est pas seulement les nouveaux retraités, mais aussi ceux qui y sont déjà. Mais je crois que c'est important, parce qu'on a souvent une fausse image de ceux qui sont déjà à la retraite, comme si, finalement, c'était presque des nantis. Ce n'est pas le cas. Nous, on a revalorisé les pensions de retraite parce que c'était une nécessité, parce que souvent, nos retraités avaient des retraites qui étaient trop faibles.

Et aujourd'hui, pour ceux qui ont eu tout leur trimestre, je crois que ce n'est quand même pas indécent de se dire qu'en effet, ils doivent pouvoir tous avoir la même retraite minimale à 85% du SMIC.

7:07
Présentateur

Et puis, il y a, Aurore Berger, la question syndicale, le front syndical qui est uni. J'aimerais citer Laurent Berger qui déclarait dans Le Parisien hier, je le cite longuement et précisément, que les réformes, dit-il, de 2003, 2010, 2013, répondaient à une situation financière qui mettait en danger le système par répartition. Aujourd'hui, on n'est plus dans cette situation-là, dit-il. Il y a un déséquilibre qui est estimé autour de 10 milliards d'euros par an. C'est 3% des retraites versées chaque année. Il n'y a pas, contrairement à ce que dit le gouvernement, un risque de disparition du régime de retraite par répartition, ni à moyen, ni à long terme.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, mais rien de brutal n'est nécessaire. Pour autant, la mesure d'âge proposée est la plus dure de ces 30 dernières années. Fin de citation. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

7:54
Invité

Je ne suis pas d'accord avec lui sur le constat. Parce que c'est 10 milliards d'euros, en effet, tout de suite. Mais évidemment, ça augmente pour des raisons évidentes qu'il y a de moins en moins d'actifs pour le nombre de retraités. Donc mécaniquement, ça augmente. J'ai repris les chiffres avec moi pour qu'on sache concrètement de quoi on parle. 2027, c'est 12,4 milliards d'euros. 2030, c'est 13,5 milliards d'euros. Et tout ça, ça se cumule, puisque c'est année par année. Donc il faut additionner. Et comme il dit que sur le long terme, ça n'a pas d'impact, 2050, c'est moins 44 milliards d'euros. Donc en vérité, on ne sait pas financer...

8:24
Aurore Bergé

Pour un retour à l'équilibre dans 25 ans.

8:27
Invité

Aujourd'hui, en tout cas, si on regarde les chiffres, jusqu'en 2050, c'est-à-dire quand même une projection qui est assez longue, puisque lui dit qu'il n'y a pas de problème à moyen ou long terme. Comment on le finance ? Et c'est ça la question.

8:36
Aurore Bergé

Il dit que ça représente 3% des retraites versées, en fait, le déficit. C'est entre 3 et 4% des retraites versées par an.

8:41
Invité

D'accord, mais concrètement, ça veut dire qu'on fait quoi ?

8:42
Aurore Bergé

On baisse le niveau des pensions de retraite ?

8:44
Invité

Je ne pense pas que ce soit ce qu'il souhaite.

8:45
Aurore Bergé

Ou on augmente de 1 ou 2 euros les cotisations ?

8:49
Invité

Non, les projections ne nous disent pas que ce serait 1 ou 2 euros. Il y a des projections qui ont été faites par des économistes, qui ont un véritable impact, qui sont plus importants que ça. Et encore une fois, je ne pense pas que ce soit le bon signal de se dire qu'il faut augmenter encore une fois les cotisations, et qui pèsent sur nos salariés, et qui pèsent évidemment sur le chef d'entreprise.

9:06
Aurore Bergé

Vous avez dit l'important maintenant, c'est de faire comprendre aux gens pourquoi cette réforme, elle est juste. Essayons de comprendre qui va prendre le plus cher avec votre réforme. Bon, alors ce n'est pas vous, ce n'est pas moi, puisque nous, ça va... Honnêtement, pour ceux qui ont commencé à travailler à 23 ou 24 ans, je ne sais pas à quel âge vous avez commencé, Horreur Berger, à travailler... 23 ans. 23 ans. Bon, pour les personnes autour de cette table, ça ne va pas changer grand-chose pour nous. Soyons clairs, on va avoir un peu d'augmentation de cotisations, mais pas grand-chose.

Vous devriez prendre en compte également ceux qui ont commencé à travailler à 15 ans, les ouvriers, les carrières pénibles, c'est prévu. Mais en fait, ceux qui vont souffrir, c'est celui qui est rentré sur le marché du travail à 21 ans avec un BTS. Lui, il va prendre très cher. Déjà, je n'aime pas trop l'expression de dire que les Français qui vont prendre cher, c'est pas ça notre enjeu. Oui, mais soyons clairs, c'est ce qu'expliquait exactement Dominique. En fait, ceux qui vont être touchés vraiment par votre réforme, c'est celui qui est, par exemple, le technicien dans une entreprise qui a fait un BTS et qui a rentré dans le marché du travail et à 20 ans, lui, pour lui,

10:09
Invité

ça va être dur. Il y a plein de cas de figure. En effet, il y a ce que vous avez dit un peu rapidement, mais vous l'avez dit, qui est pour ceux qui ont commencé vraiment tôt, qui ont commencé avant 16 ans, qui ont commencé avant 18 ans, qui ont commencé avant 20 ans. L'idée, c'est évidemment qu'ils puissent avoir un départ anticipé. En aucun cas, on va leur demander, les imposer, de travailler jusqu'à 64 ou 65 ans en fonction de l'arbitrage qui s'est appris demain. Donc ça, c'est très clair. Ils partiront à 58 ans ou ils partiront à 60 ans ou ils partiront à 62 ans et à taux plein. Donc ça, c'est extrêmement important, évidemment, de pouvoir le rappeler.

On ne va pas faire cotiser plus, évidemment, un certain nombre de Français, notamment ceux qui sont dans les situations les plus fragiles et qui ont commencé tôt. Puis après, il y a tout ce qu'on va faire sur la pénibilité. Vous n'êtes pas la même personne en fonction du métier que vous avez eu. Donc en fonction de celui que vous évoquez, qui a commencé à travailler à 20 ans, à 21 ans, ou même plus tard d'ailleurs, ou même plus tôt, évidemment, il faut aussi que ce critère-là y rentre en application. Et c'est là où il faut qu'on puisse travailler. C'est d'ailleurs ce qu'on a fait notamment avec la CFDT sur ce sujet.

11:02
Aurore Bergé

Mais c'est vrai que c'est le cœur de la critique de Laurent Berger et de la CFDT. C'est de dire, au fond, c'est la classe moyenne. Ce n'est ni les cadres, ni les SSEE+, ni... C'est la classe moyenne qui va le plus. Ils vont devoir avoir 43. Et ceux qui ne gagnent pas forcément le plus... Ils vont devoir avoir 43.

11:18
Invité

Encore une fois, ils vont devoir cotiser pendant 43 annuités. Donc encore une fois, celui qui a commencé à travailler à 22, 23, 24 ans, s'il veut partir à taux plein. Il a besoin de l'intégralité de ses annuités.

11:32
Aurore Bergé

Ça ne va pas changer grand-chose. Une fois de plus, il faut le répéter, pour vous et moi, ça ne change pas grand-chose. C'est l'obligation, en tout cas, d'avoir évidemment ses annuités.

11:39
Présentateur

Allez, on passe au standard où Martine nous attend. Martine, vous nous appelez d'Aix-en-Provence. Votre question porte sur les retraites et sur les seniors. Bonjour, bienvenue.

11:47
Auditeur

Bonjour, je vous remercie de prendre ma question. Sachons que les entreprises licencient en majorité les salariés les plus âgés, 55, 58 ans et que désormais, il faudra 30, 64 ans pour avoir les retraites. De quoi vont vivre ces gens ?

12:03
Présentateur

Merci Martine pour cette question. Aurore Berger vous répond.

12:09
Invité

En France, aujourd'hui, on est l'un des pays, malheureusement, qui licencie le plus vite ses seniors. On est d'ailleurs considéré comme seniors assez tôt, des 45 ans en moyenne en France, on est déjà un senior. Donc ça, c'est un problème. Mais on est aussi l'un des pays, on a encore une fois le départ à la retraite qui est le plus tôt, contrairement aux autres. Donc ça veut dire qu'on peut améliorer conjointement les choses, améliorer le système de retraite et améliorer l'emploi des seniors. Ce qu'on veut faire, c'est créer un index senior. C'est une demande forte de la CFDT. Nous, on le porte au sein du groupe de la majorité. Pourquoi ?

Pour mesurer concrètement les efforts qui sont faits par les entreprises. Et si ces efforts ne sont pas constatés, que ça puisse être contraignant, les obliger à des accords. On l'a fait. On l'a fait pour la question d'égalité entre les femmes et les hommes. Il y avait plein de lois,

12:51
Aurore Bergé

elles n'étaient pas appliquées. Comment ? Qu'est-ce qu'on pourrait imaginer ?

12:54
Invité

Vous obliger à des négociations entreprise par entreprise et ça peut aller loin. Est-ce que demain, si vous voyez que les efforts ne sont pas faits, vous introduisez l'idée d'un bonus-malus ? Est-ce que vous introduisez l'idée de quota ? Plein de solutions peuvent exister. Ce qui est certain, c'est qu'on ne peut pas à la fois faire la réforme des retraites en décalant l'âge de départ légal à la retraite et dans le même temps ne pas avoir un travail conséquent sur la question de l'emploi des seniors. Et je le dis au MEDEF parce que MEDEF est très opposé à cette mesure sur l'index senior. On le fera parce qu'encore une fois, c'est une nécessité pour améliorer l'emploi des seniors.

13:22
Présentateur

Une question de Nadine sur l'application Inter, toujours sur la réforme des retraites. Je suis sage-femme, accompagnée de jeunes femmes, réanimée des enfants, gérée des urgences vitales. Quelle proposition faites-vous ? Merci.

13:40
Invité

Elle a raison. Elle a raison et c'est la raison pour laquelle, encore une fois, la pénibilité de son travail me paraît être une évidence. Et donc, vous ne pouvez pas, encore une fois, dire que des gens comme nous, comme vous le disiez, les assalamés, vont devoir avoir 43 ans d'annuité et partir à 64 ans, mais qu'une personne qui a été sage-femme ait les mêmes conditions. On n'a pas eu la même pénibilité. On n'a pas eu la même vie. Donc, c'est normal à un moment qu'on ne demande pas les mêmes efforts. Et donc, c'est normal que cette dame puisse partir plus tôt, de manière évidente. C'est normal aussi qu'on réfléchisse à l'évolution aussi des métiers et à l'évolution des carrières.

Est-ce que cette femme voudra rester même jusqu'à peut-être 60 ans sage-femme ou est-ce qu'elle voudra pouvoir évoluer ? C'est aussi ça qu'on doit pouvoir proposer. C'est de la mobilité professionnelle. La retraite, ça réinterroge aussi tout notre rapport au travail et je crois que c'est aussi ça qu'on doit pouvoir faire.

14:24
Présentateur

Laurent est au standard. Laurent à Versailles. Bonjour, bienvenue.

14:28
Auditeur

Bonjour, merci de prendre ma question. Bonjour à tous. Bonjour Madame Berger. Bonjour. Moi, j'avais une question. Vous venez de dire qu'on n'a pas tous eu la même vie. Donc ça, c'est très vrai. Mais justement, pourquoi, à ce moment-là, avoir cette espèce de fétichisme de l'âge de la retraite et ne pas raisonner en termes de durée de cotisation ? Ça permettrait, je pense, de gagner du temps, d'éviter des tensions et au-delà du symbole, ça permettrait finalement d'atteindre l'objectif si l'objectif financier est pertinent.

14:57
Présentateur

Merci Laurent. Aurore Berger vous répond rapidement sur ce point.

15:00
Invité

On fait les deux. L'objectif, c'est évidemment d'avoir et la question de la durée des cotisations, c'est la réforme touraine qui a déjà eu lieu mais qu'on peut accélérer, renforcer et c'est la question du report de l'âge légal. L'idée, c'est de faire les deux pour justement mieux prendre en considération l'ensemble des carrières.

15:14
Présentateur

Gérard au standard. Gérard de Périgueux. Bonjour, bienvenue. Bonjour. Alors, je voudrais vous parler tout à fait d'autre chose. Vous avez le droit.

15:22
Auditeur

Merci. 80% des Français souhaitent des dimanches sans chasse. 80% des Français souhaitent l'abolition de la chasse à cour. Pourquoi la démocratie ne parvient pas à s'exprimer sur ce sujet ? Pourquoi est-ce qu'un lobby tient l'État et notamment influence le chef de l'État dont on connaît les noms des tenants de ce lobby ? Tout ça est bien connu par les spécialistes. Où est la démocratie ? Et qu'en pense Madame la députée qui, je n'en doute pas, est une démocrate ? Est-ce que le peuple français ne peut pas être entendu sur la chasse ?

15:57
Présentateur

Merci Gérard pour cette question formulée clairement. Aurore Berger vous répond.

16:03
Invité

Déjà, la démocratie, elle peut s'exprimer évidemment au Parlement et je crois qu'on va être saisis. Je crois que c'est les écologistes d'ailleurs qui vont nous saisir d'un texte sur la question de la chasse, notamment sur l'interdiction peut-être les dimanches et je crois sur la question de la chasse à cour. Vous êtes pour vous ? Moi, je considère... Déjà, il y a des endroits où on ne peut pas chasser le dimanche. C'est le cas typiquement en Ile-de-France, en forêt de Rambouillet, vous ne pouvez pas chasser le dimanche. La question, c'est comment on partage l'espace ? Comment on fait en sorte qu'on ait à la fois des promeneurs, des cavaliers, des cyclistes, des familles et des chasseurs ?

Interdire la chasse le dimanche, vous êtes pour vous, à titre personnel ? Je pense que si vous interdisez la chasse le dimanche dans un certain nombre de territoires, ça revient tout simplement à interdire la chasse parce que c'est le seul jour où vous avez la possibilité de chasser pour un certain nombre de nos compatriotes. Donc, vous êtes contre ? Oui, parce que je pense qu'en fait, de facto, ça voudrait dire l'interdire.

Je pense par contre qu'il y a des améliorations qui doivent évidemment exister tout simplement pour qu'on ait un espace de vie partagé et notamment en forêt et qu'on ne peut pas avoir des Français qui nous disent qu'ils ont peur de se balader, de se promener le dimanche en famille, de faire du vélo en forêt et c'est cette question-là, à mon avis, qui mérite d'être posée après. Ce n'est pas pour autant que la démocratie n'existe pas. Je vous dis, on aura ce débat au Parlement et les parlementaires sont libres. Moi, je l'avais dit d'ailleurs, par exemple, sur un sujet un peu connec sur la question de la corrida, il y a une totale liberté de vote dans notre groupe.

Chacun vote comme il le souhaite sur des sujets

17:14
Aurore Bergé

de cet ordre-là, évidemment. Pour l'écologiste, Alain Bougrain-Dubourg, Emmanuel Macron montre encore, encore une fois, qu'il est sous l'emprise des lobbies des chasseurs.

17:21
Invité

Mais je suis désolée, à un moment, il faut arrêter sur le fantasme des lobbies. Ceux qui prennent les décisions sont... C'est pas un fantasme, il existe les lobbies. Vous le savez, Orberger, on n'invente pas... Dans ces cas-là, Alain Bougrain-Dubourg, il est aussi à la tête de lobby, c'est-à-dire que toutes les associations sont des lobbies, toutes les fédérations sont des lobbies. Vous savez, quand on reçoit des gens à l'Assemblée nationale, ils sont inscrits sur un registre qui est officiel. On sait exactement qui entre à l'Assemblée nationale, qui vient nous voir, qui vient nous interpeller, qui propose à un moment des amendements, c'est-à-dire des modifications d'ordre législatif.

Et puis après, il y a ce que vous faites aura lieu à l'Assemblée nationale et chacun sera libre

18:00
Aurore Bergé

de son vote sur ce sujet. Encore trois questions d'actualité importantes et la première d'entre elles l'est vraiment. On a appris ce week-end, ça concerne l'Iran, on a appris ce week-end que deux hommes, dont l'un de 22 ans, ont été exécutés pour avoir participé aux manifestations ayant suivi la mort de Massa Amini. L'un d'eux, celui qui a été exécuté de 22 ans, a annoncé à son père sa condamnation en lui disant « Papa, je suis condamné à mort, ne le dis pas à maman » avant d'être exécuté. Le Quai d'Orsa a jugé révoltant de ses exécutions, mais est-ce suffisant ? Vous trouvez qu'on entend suffisamment la France ?

18:27
Invité

On s'est exprimé de manière très claire au Parlement. On est le premier Parlement au monde à avoir adopté à notre initiative une résolution qui condamne évidemment tous ces mouvements de répression sanglants en Iran et qui soutient évidemment la mobilisation. Je crois que la diplomatie, elle doit continuer à faire son travail. Ce qui est inacceptable, c'est évidemment de voir que ces exécutions sommaires continuent à avoir lieu. Et vraisemblablement, malgré tout, on a une mobilisation qui, elle, se poursuit. Et on a le sentiment qu'il peut y avoir un moment de bascule en faveur justement d'une vie beaucoup plus libre et beaucoup plus démocratique en Iran.

Mais il faut que la démocratie puisse vraiment prévaloir et s'exprimer. Il faut que la France et la voie diplomatique de la France s'expriment de manière très claire, systématiquement sur ces sujets et pas uniquement qu'on soit là pour relayer malheureusement les exécutions qui continuent à exister.

19:14
Présentateur

Adrien Quatens devait faire sa rentrée à l'Assemblée nationale aujourd'hui, mais selon son avocate, il pourrait reporter ce retour d'une dizaine de jours. Pour vous, il ne doit pas retourner à l'Assemblée nationale, il ne doit pas démissionner. Quelle est votre position ?

19:30
Invité

Je l'ai dit de manière très claire. Je pense qu'un homme qui a été condamné pour des faits de violence conjugale n'a pas sa place dans un hémicycle où il représente la nation et donc il représente aussi les femmes, tout simplement. Il y a eu une condamnation. Donc là, on n'est plus au stade de la suspicion, du doute, de l'enquête. Il y a eu une condamnation.

19:46
Aurore Bergé

Il doit démissionner de tous ses mandats, c'est fini la politique pour lui ?

19:48
Invité

Ça, c'est le regard de lui.

19:49
Aurore Bergé

Non mais c'est quoi votre... Moi, je pense qu'en tout cas,

19:51
Invité

sa place n'est plus dans l'hémicycle. Je ne vois pas comment il peut continuer à dire qu'il représente les Français après ce qui s'est passé. Ce sont des faits graves, encore une fois, constitutifs de violences conjugales. On n'a pas le droit

20:01
Aurore Bergé

à une deuxième chance, il vous dirait ça.

20:03
Invité

Je pense qu'il peut peut-être faire d'autres choses dans sa vie, mais est-ce que vous êtes aptes à représenter les Français, à représenter la nation quand vous avez frappé votre femme ? C'est quand même ça la question qui est posée. Ce qui est invraisemblable, c'est qu'un parti qui n'a cessé de faire des leçons à tous les autres, de faire des leçons aux Français sur ce sujet, n'ait pas été capable juste de l'exclure clairement et simplement de son propre parti politique.

20:22
Aurore Bergé

Enfin, un mot sur les déclarations hier de Noël Legrette. Le président de la FFF, de la Fédération Française de Foot, sur Zinedine Zidane, interrogé sur RMC Sport, il a déclaré en substance « J'en ai rien à secouer si Zidane devient ou pas le sélectionnaire du Brésil, Je crois qu'il y a

20:40
Invité

ce sujet nouveau et puis qu'il y a surtout d'autres sujets encore plus graves vraisemblablement qui concernent Noël Legrette, notamment sur les questions faites aux femmes, les questions de violence sexuelle, d'atteinte sexuelle. Je crois que la question en effet de sa place et de la présidence de la Fédération, elle doit être posée. Elle doit d'abord être posée aux adhérents qui l'ont renouvelée, qui ont renouvelé leur confiance à Noël Legrette. Je crois que c'est Kylian Mbappé qui a très bien répondu d'ailleurs. Je pense que Zinedine Zidane est beaucoup plus important pour les Français, qui laissera une empreinte heureusement beaucoup plus agréable.

21:12
Présentateur

C'est dit. C'est dit, voilà. Aurore Berger, merci. Président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, merci d'avoir été à notre micro ce matin.

"Il faut assumer que ce sera une réforme difficile", affirme Aurore Bergé, à propos des retraites — Aurore Bergé · Pourquijevote