Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 15 octobre 2026 21 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

Cyberattaque : "dans le pays de la gastronomie" s'en prendre à la nourriture c'est "symbolique", affirme Damien Leloup

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:58OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous, les spécialistes, vous vous attendiez à ce type de cible ?

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Cette attaque est-elle rudimentaire et provoque-t-elle beaucoup de dégâts ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    À quoi ça sert de s'en prendre à des frigos ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Quelles sont les deux options possibles pour expliquer cette attaque ?

  • 4:55OuverteRéponse directe

    Il faut s'attendre à quoi à l'avenir ?

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Quelles sont les cibles faciles et celles où on est tranquille ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:20InvitéFait
    « On est par ailleurs en France, le pays de la gastronomie et de la nourriture. Ce n'est pas totalement anodin de s'attaquer à la nourriture et de la détruire. »
  • 18:13InvitéFait
    « L'État n'a pas fait tout le travail nécessaire. »

Temps de parole

  • Présentateur39 %
  • Invité29 %
  • Présentateur 217 %
  • Invité 212 %
  • ?3 %

≈ 7,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

France

0:01
Présentateur

Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Quand des hackers font monter la température des frigos de la grande distribution, c'était dans la nuit de dimanche à lundi, des tonnes et des tonnes de produits frais mis à la benne. Cette cyberattaque inédite parce qu'elle touche à notre quotidien, est-elle le signe d'une menace capable de déstabiliser le fonctionnement du pays puisque tout est connecté désormais ? Elle vient en tout cas s'ajouter au vol de données massif jusque sur les serveurs du fisc

0:32
Locuteur

et

0:32
Présentateur

se repose la question de notre vulnérabilité.

0:36
Locuteur

On

0:36
Présentateur

en parle avec deux spécialistes ce matin, Benjamin.

0:39
Invité

Bonjour Nicolas Arpagian. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Vous êtes spécialiste en observabilité des environnements connectés, directeur de la stratégie de Jizo AI et l'auteur de la cybersécurité aux éditions PUF. À vos côtés, Damien Leloup, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, journaliste au monde, spécialiste du numérique et vous avez publié Le Pouvoir des Geeks aux éditions des ARN.

0:58
Présentateur

Alors pour commencer, messieurs, on s'est presque habitué, hélas, au vol de données. Là, on a tous été surpris par cette attaque des frigos. Est-ce que vous, les spécialistes, vous vous attendiez à ce type de cible

1:10
Locuteur

?

1:10
Présentateur

Alors oui, pourquoi ? Parce que ce sont des équipements connectés et qui ont des fragilités. Alors évidemment, pour un pirate, en fonction de sa motivation, là, manifestement, elle ne semble pas crapuleuse. C'est-à-dire qu

1:22
Locuteur

'on

1:22
Présentateur

n'est pas dans les phénomènes d'extorsion, de chantage, voire d'exfiltration de données à des fins de valorisation à l'extérieur. Quelqu'un qui volerait des secrets ou volerait des données pour les revendre à une personne souhaitant les exploiter par ailleurs. Là, on est effectivement dans un risque qu'on a totalement documenté. La seule chose, c'est que c'est un peu l'éléphant dans la pièce. Pourquoi ? Parce que c'est coûteux de procéder à ces protections. Et jusqu'à présent, il n'y avait pas eu d'attaque significative. Mais effectivement, c'était des cibles. L'environnement industriel est vraiment un sujet d'inquiétude.

1:54
Locuteur

Donc,

1:54
Présentateur

Damien Leloup, c'est une attaque qu'on peut qualifier de rudimentaire qui provoque beaucoup de dégâts et qui provoque de la désorganisation. C'est ça, le but recherché ?

2:03
Invité

Oui et non. C'est rudimentaire dans le sens où la faille de sécurité qui semble avoir été exploitée, elle était connue. Il n

2:09
Locuteur

'y

2:09
Invité

avait pas besoin de grandes connaissances, de grandes capacités pour l'exploiter. Ce qui est plus sophistiqué, c'est à la fois l'ampleur, l'automatisation de cette attaque et le fait que visiblement, le ou les pirates ont pris des précautions pour éviter d'être détectés, en changeant aussi des paramétrages sur les systèmes d'alerte des frigos. Donc, ça pointe quand même vers quelqu'un qui savait à peu près ce qu'il faisait. Nicolas Arpagian, la question que se sont posées peut-être ceux qui nous écoutent et qui ont découvert ça, à quoi ça sert ?

De s'en prendre à des frigos, de faire fondre des glaces, de rendre impossible à consommer de la charcuterie, à part l'éventuel plaisir de désorganiser toute une filière et tout un magasin, ça sert à quoi ?

2:43
Présentateur

Alors, une fois qu'on a mis de côté l'activité strictement crapuleuse, la question, deux options possibles. La première, la question de test. Un test, c'est un peu, Benjamin, lorsque vous souhaitez voler une voiture et que vous allez mettre un petit coup de pied sur un pare-choc et vous allez regarder, est-ce qu'il y

2:57
Locuteur

a

2:57
Présentateur

une alarme ? Est-ce qu'elle, combien de temps dure-t-elle ? Est-ce que quelqu'un se met à la fenêtre ? Est-ce que quelqu'un descend ? En clair, vous êtes en train d'apprendre le dispositif de protection qui est autour de l'objet que vous souhaitez, que vous convoitez. Et donc là, le fait de faire un test, de dire, tiens, est-ce que l'État se mobilise ? Est-ce que l'opinion publique se coalise ? Est-ce que ça crée ?

3:16
Locuteur

Mais ça veut dire tester les

3:17
Invité

frigos pour éventuellement s'en prendre

3:18
Locuteur

à

3:19
Invité

d

3:19
Locuteur

'autres secteurs ? En tout cas, une

3:19
Présentateur

action utilisant l'arme numérique, c'est-à-dire une arme pilotée à distance, anonyme ou en tout cas, qui ne soit pas actée par des personnes de chair et de sang, en tout cas identifiables. Et en tout cas, c'est aussi un moyen de test. On a déjà eu des cas où la personne va essayer de voir comment réagit la société avec un grand S face à ces circonstances. Et la deuxième chose, c'est effectivement de créer une pollution du débat public avec, dans le climat actuel, de faire effectivement un impact. Pourquoi ? Parce que tout le monde comprend ce que c

3:49
Locuteur

'est

3:49
Présentateur

qu'un frigo. Si c'était un équipement, un microprocesseur dans une usine extrêmement ciblée, les gens auraient du mal à s'identifier. Là, c'est du gâchis. Ce n'est pas une cause à laquelle on cherche à s'attacher parce qu'on n'est pas sympathique lorsqu'on détruit de la nourriture qui pourrait servir à d'autres. C'est très concret. On touche la chaîne du franc. On touche... Qu'est-ce qu'on veut toucher ? On veut aussi toucher à la confiance que nous avons dans le fonctionnement de notre quotidien.

4:11
Invité

C'est un peu difficile, effectivement, de prêter des intentions aux hackers vu qu'on ne sait pas aujourd'hui qui ils sont. Mais clairement, on voit dans les conséquences de cette attaque qu'on s'attaque à quelque chose de simplique. On est par ailleurs en France, le pays de la gastronomie et de la nourriture. Ce n'est pas totalement anodin de s'attaquer à la nourriture et de la détruire. Et puis, c'est vrai qu'on voit bien dans les réactions dans l'opinion publique, le fait qu'on en parle ici ce matin. Je ne

4:33
Locuteur

sais

4:33
Invité

pas si vous avez eu l'occasion de regarder en début de semaine les unes de la presse quotidienne régionale. Tous les quotidiens régionaux ont fait leur une sur ce sujet parce que ça a touché l'ensemble du territoire. Donc, effectivement, je ne sais pas si c'était le but recherché, on peut l'imaginer, mais c'est sûr que ça crée du chaos et de la désorganisation.

4:47
Présentateur

Alors, j'ai oublié de dire aux auditeurs qui peuvent évidemment nous appeler s'ils ont des questions, s'ils sont inquiets 01, 45, 24, 7000 et l'appli Radio France. Il faut s'attendre à quoi à l'avenir ? Aujourd'hui, des supermarchés, mais demain, c'est quoi ? Des feux rouges, des voitures, des trains, des équipements dans les hôpitaux, la distribution d'eau ? Quelles sont nos vulnérabilités

5:09
Locuteur

?

5:10
Présentateur

En fait, elles sont à la hauteur de la dépendance numérique. Lorsque le législateur a créé, ce qui s'appelait à l'époque, une loi de programmation militaire qui a été renforcée par une directive européenne, la directive NIS, NIS renforcée par une directive NIS 2, ça veut dire en fait qu'on a clairement identifié des activités qu'on a considérées comme d'importance vitale. En France, 12 secteurs d'activité, l'alimentation, le transport, les services financiers notamment, sont concernés, c'est-à-dire qu'on dit aux dirigeants de ces entreprises « Vous ne pouvez pas invoquer votre propre sens des responsabilités, la criticité de votre métier doit imposer que vous respectiez des règles ».

Et là, manifestement, le problème, comme l'a dit Damien, les failles, elles étaient documentées par l'éditeur, celui qui a conçu la solution. Par contre, elles n'ont pas été mises à jour, elles n'ont pas été déployées dans les environnements. C'est là où il y a une responsabilité de la part des gestionnaires de ces équipements.

6:03
Invité

Avec Damien Leloup, parmi les secteurs que vient d'évoquer votre voisin Nicolas Arpagian, des systèmes de sécurité plus ou moins robustes, plus ou moins élaborés. Alors, pour rassurer ceux qui nous écoutent, quelles sont les cibles faciles pour ceux qui veulent mener des attaques et quelles sont au contraire les cibles où là, on se dit on est à peu près tranquille ? Écoutez, ça dépend effectivement du degré de complexité et de sévérité des équipements. Je vais vous donner un exemple qui est un peu amusant. Des appareils dans lesquels il

6:27
Locuteur

y

6:27
Invité

a énormément de failles de sécurité documentées sont les distributeurs automatiques de croquettes pour chins et chats.

6:32
Locuteur

Ce qui est moins

6:32
Invité

grave.

6:33
Locuteur

Ce qui est moins grave. Je le dis pour

6:36
Invité

les chats. Il peut y avoir une motivation d'un groupe cybercriminel félin peut-être, je ne sais pas. Je le dis en rigolant, mais personne ou presque, à part un mauvais plaisantin, va s'attaquer à un distributeur de croquettes. Quand on a un adversaire étatique ou cybercriminel, il peut vouloir s'attaquer effectivement à des cibles militaires, énergétiques, d'un secteur stratégique.

6:55
Locuteur

La

6:55
Invité

bonne nouvelle, c'est comme Nicolas l

6:57
Locuteur

'a

6:57
Invité

expliqué, c'est que ce sont ces secteurs qui bénéficient le plus de protection, qui bénéficient au cours d

7:01
Présentateur

'incitation et d'obligation à la protection. La question désormais sera vérifier que ces sécurités ont bien été mises en main.

7:07
Locuteur

Mais

7:07
Présentateur

typiquement, un réseau de distribution d'eau locale, est-ce que ça, c'est sécurisé ou pas

7:12
Locuteur

?

7:12
Invité

Oui,

7:13
Locuteur

ça

7:13
Invité

fait partie, d'ailleurs ça fait partie des cibles qui ont été régulièrement testées, notamment par des pirates étatiques russes en Pologne, aussi aux Etats-Unis de mémoire, tout comme les infrastructures énergétiques. Oui, c

7:24
Locuteur

'est

7:24
Invité

-à

7:24
Locuteur

-dire

7:24
Invité

une centrale nucléaire, là en l'Etat, le système est robuste. Bien sûr, et d'ailleurs on peut constater que malgré la vague de cyberattaques qui frappent notre pays et d'autres quotidiennement, on n'a encore jamais eu de cas de figure important sur ce type d'équipement. Avant d'essayer de comprendre qui sont les pirates à l'origine de ces attaques, un mot Nicolas Arpagien aussi sur ce qu'on a vu sur le plan politique, puisque vendredi dernier, il y avait le vote pendant deux jours à la primaire de gauche, et il s'avère que des

7:51
Locuteur

personnes

7:51
Invité

qui ont pu voter. Ça aussi, vous le mettez dans la catégorie des attaques un peu gratuites, puisque à la fin, le scrutin

7:56
Locuteur

a pu avoir lieu

7:57
Présentateur

? Gratuites, non, parce qu'il y a quand même une intention, des ressources ont été mobilisées, des expertises ont été mises à contribution. On est là dans la pollution, on est là dans la perturbation, on est là dans la mise en doute, c'est-à-dire que des actions qui ont vocation à ne pas dégager de marge financière, mais à créer une dégradation du climat général, une suspicion des actions qui sont conduites, et même à un moment de s'interroger, mais attendez, si les épreuves ont été mises en difficulté, est-ce que le résultat lui-même est-il intègre ? Et donc, on voit bien que ce sont des actions qui relèvent plutôt des mandats étatiques ou de leurs auxiliaires,

8:29
Locuteur

c

8:29
Présentateur

'est-à-dire des supplétifs, des officines qui vont exercer l'action au nom d'intérêts d'État, précisément parce qu'il n'y a pas cette profitabilité,

8:40
Locuteur

il

8:40
Présentateur

n

8:40
Locuteur

'y a

8:40
Présentateur

pas cette rentabilité financière telle qu'on le connaît dans le monde criminel. Donc, en fait, pour être clair, même si on ne sait pas, ça peut être quoi ? Ça peut être la Russie, ça peut être l'Iran, dans les potentialités de ce genre d'attaque qui vise à nuire avant tout sans appât du gain, comme c

8:56
Locuteur

'est

8:56
Présentateur

le cas pour les vols de données.

8:57
Locuteur

Sur

8:58
Invité

la primaire de la gauche, ça peut aussi être un mauvais plaisantin. Ça, c'est typiquement le genre d'attaque de relativement basse intensité qui sont assez faciles à mener, qui ne nécessitent pas les moyens d'un État ou d'un groupe extrêmement

9:09
Locuteur

organisé. Donc, c'est

9:09
Invité

facile de planter un site et un prestataire qui est pourtant le principal prestataire. C'était la justification du Parti Socialiste qui s'occupe de tous les votes internes. Il

9:17
Locuteur

y a une asymétrie un peu structurelle

9:19
Invité

en sécurité informatique qui est que l'attaquant a l'avantage. Parce que l'attaquant, il a besoin d'avoir raison une seule fois. Le défenseur, il a besoin d'avoir raison dans 100% des cas. Et typiquement, ces attaques qui visent à saturer un service, elles sont difficiles à totalement contrer en permanence. C'est assez facile de corriger. D'ailleurs, le prestataire a réussi à le faire dans le cadre de ce vote. Mais dans les premières heures,

9:38
Locuteur

c

9:38
Invité

'est un peu compliqué.

9:39
Présentateur

Mais alors, quand Nicolas Arpagian parle d'acteurs étatiques, vous vous dites... Pas seulement, mais en tout cas, des finalités ou des ambitions en tout cas de nature politique et pas strictement criminels qu'on connaît de manière crapuleuse.

9:50
Invité

Sur le piratage des frigos, on a quand même un faisceau de présomption qui pointe plutôt vers une piste étatique. Notamment parce qu'il

9:56
Locuteur

y a

9:56
Invité

un précédent, enfin, il

9:57
Locuteur

y

9:57
Invité

a plusieurs précédents, mais il y

9:59
Locuteur

a

9:59
Invité

un précédent un peu connu qui est une série d'attaques contre des frigos connectés exactement sur un mode opératoire très similaire qui avait ciblé des supermarchés en Israël il y a trois ans et où les services de renseignement israéliens à l'époque avaient accusé un groupuscule lié au gardien de la révolution iranien. Donc Nicolas Arpagian, si on revient sur la facilité de mener un certain nombre de ces cyberattaques, ça veut dire qu'en fait on est assez loin dans un certain nombre d'attaques du mythe du hacker russe extrêmement élaboré.

10:25
Locuteur

C

10:25
Invité

'est quoi ? C'est plus facilement un

10:27
Locuteur

ado dans sa chambre ? Un attaquant

10:29
Présentateur

n'est pas là pour faire de l'innovation technologique. Il est là pour être performant. Vous avez évoqué le cas de l'ANTS, l'Agence Nationale des Titres Sécurisés. C'est un jeune homme de 16 ans en Haute-Corse qui s'est attaqué à cette agence qui est le cœur de l'expression régalienne civile c'est-à-dire qui est de nationalité française ou qui ne l'est pas. Donc effectivement le but et comme dit Damien l'intérêt d'un pirate c'est d'être performant c'est pas d'être innovant. C'est-à-dire que s'il y

10:53
Locuteur

a

10:53
Présentateur

un moyen rustique, peu coûteux et qui permet de conduire son action en plus sans engager sa responsabilité il le choisira. Il n'est pas là pour faire des ruptures technologiques. Par contre c'est vrai que c'est pour ça qu'il

11:04
Locuteur

y a

11:04
Présentateur

une responsabilité des acteurs concernés dès lors qu'une faille est documentée il faut la corriger. C'est-à-dire que l'éditeur avait produit on parle de patch comme un pansement un correctif il fallait le déployer. Par contre souvent dans le monde industriel les gestionnaires opérationnels de ces sites ont un doute sur le fait mais attends si je déploie cette solution de correction est-ce qu'elle ne va pas venir perturber mon service ?

la production et donc ce qui fait qu'il est retarde souvent, trop souvent et trop tardivement le déploiement de ces solutions de correction et donc ainsi les expose et c'est-à-dire que quelquefois l'attaquant va même choisir sa cible pas en tant qu'entité mais parce qu'elle est détentrice d'un équipement qui porte cette fragilité qui donc est accessible à son piratage. Alors puisqu'on parle des bases de données étatiques on a eu donc le fisc cet été on a eu l'agence nationale des titres sécurisés ce sont des ados concernant l'ado Corse dont vous parliez la patronne du parquet cyber de Paris Johanna Brousse a dit ça n'est pas un prodige c'est un signal c'est un signal de quoi ?

C'est un signal qu'on est très mal protégé ?

12:09
Invité

Damien Leloup ? C'est un signal qu'on retrouve quand même déjà des profils très similaires et Johanna Brousse est bien placée pour le savoir dans la plupart de ces vols de données qui sont effectivement souvent des profils adolescents, jeunes adultes masculins à quasiment 100% assez souvent en rupture de scolarité et qui trouvent dans des communautés en ligne qui tournent autour du piratage et du vol de données

12:28
Locuteur

il

12:29
Invité

y

12:29
Locuteur

a

12:29
Invité

un sujet un peu identitaire de communautés et puis sur la protection des bases de données notamment de l'État il y a effectivement plusieurs sujets ça n

12:37
Locuteur

'a

12:37
Invité

pas toujours été une priorité des administrations de protéger ces données aujourd'hui ça le devient un peu plus mais il y a aussi des chantiers un peu de retard à rattraper sur la manière dont ces fichiers sont sécurisés et puis une prise de conscience un peu plus générale au sein de l'appareil d'État comme dans le secteur privé parce qu'il n

12:53
Locuteur

'y a

12:53
Invité

pas que l'État en fait victime de ces intrusions sauf que l'État c'est plus visible tout de suite Nicolas Arpagian juste avant de parler de la question des flux de données il y

12:59
Locuteur

a

12:59
Invité

une question d'Alexis qui tombe sous le sens qui sur l'appli Radio France vous pose cette question on parle beaucoup de cyber défense mais la meilleure défense ne serait-elle pas simplement de ne pas connecter un frigo et d'arrêter de mettre des connexions partout

13:09
Locuteur

alors

13:09
Présentateur

effectivement souvent ça a été fait à des fins il faut le dire d'économie d'optimisation là où avant vous aviez un technicien alors il y a une grande enseigne de congelé bien connue des français qui n'a pas été concerné par l'attaque pourquoi ? parce que l'essentiel de son organisation est différente c'est-à-dire que la température de ces frigos est gérée magasin par magasin et donc là effectivement vous n'avez pas cette exposition au risque Benjamin en ouverture vous évoquiez l'observabilité qu'est

13:32
Locuteur

-ce

13:32
Présentateur

que c'est ?

c'est être en mesure avec des outils de comprendre en temps réel qui se connecte à quoi pour faire quoi de tout sécuriser tout le temps en clair c'est comme un départ de feu dans une forêt on ne peut pas empêcher le départ de l'incendie parce que c'est la nature les circonstances mais faisons en sorte de détecter ce départ de feu et d'avoir à disposition de l'eau à proximité de manière à éviter que ça prenne de l'ampleur et donc c'est vrai qu'il y a cette course inévitable qu'évoquait Damien et cette inégalité en faveur de l'attaquant qui a le privilège de choisir sa cible son mode opératoire et son agenda il est donc important de se dire investissons dans la capacité de détection on creuse un peu les vols de données parce que c'est quand même ça qui est le plus fréquent on en a eu plus de 6 000 signalés à la CNIL l'an dernier c'est un record et en deux ans près de 88 ont concerné chacune plus d'un million de français ça veut dire que potentiellement nos données à tous sont dans la nature et que c'est pas si inquiétant que ça finalement

14:36
Invité

ça dépend de quelles données on parle si c'est juste votre nom votre prénom et votre adresse email c'est déjà un peu agaçant parce que vous allez recevoir davantage de spam si en plus votre adresse physique votre numéro de téléphone vos revenus et la liste des courses que vous faites régulièrement sur tel ou tel site c'est tout de suite plus ennuyeux et puis il y a un peu un nouveau un nouvel élément qui change un petit peu la donne c'est que pendant très longtemps ces bases de données elles étaient revendues sous le manteau à des gens qui faisaient du spam ou des escroqueries vous pouviez ne jamais vous en rendre compte depuis quelque temps on a assisté à un développement de

15:06
Locuteur

ce

15:06
Invité

qu'on appelle des look-up qui sont des moteurs de recherche spécialisés certains payants certains gratuits qui vous permettent d'accéder aux données personnelles d'énormément de gens parce qu

15:15
Locuteur

'ils

15:15
Invité

sont alimentés par des fuites de données

15:17
Présentateur

alors justement cette affaire Bricsob dont on a beaucoup parlé la semaine dernière ça c'est un site qui se vante de détenir 11 milliards de données volées

15:25
Locuteur

à

15:26
Présentateur

des français avec des RIB des numéros de sécu des adresses etc et qui vous fait payer

15:30
Locuteur

pour

15:31
Présentateur

faire retirer votre propre fiche alors là

15:35
Locuteur

c'est incroyable donc il faudrait

15:37
Présentateur

payer pour récupérer

15:38
Locuteur

ces

15:38
Présentateur

données volées c'est un exemple d'agrégateur déjà c'est-à-dire par rapport au multiple piratage que vous évoquiez en fait vous avez des gens dont le métier ça va être d'agréger ces données de manière un peu comme dans le domaine marketing où on enrichit la fiche de quelqu'un sur ses habitudes son nom sa date de naissance etc donc déjà vous avez des gens qui vont essayer de valoriser ces piratages multiples et la deuxième chose en fait ils cherchent un client qui est le client plus à même de payer pour une donnée avant on pensait au monde extérieur mais après tout ils se

16:05
Locuteur

sont

16:05
Présentateur

dit bah non après tout je le connais le client le plus à même de payer c'est le titulaire lui-même de la donnée on est bien d'accord que ça c'est du recel et donc c'est pénalement sanctionné alors la ministre de la justice du

16:14
Locuteur

numérique

16:15
Présentateur

a saisi la justice c

16:16
Locuteur

'est du recel

16:17
Invité

et Damien Leloup juste parce que là on voit cet exemple on voit cette plateforme pour ceux qui nous écoutent qu'est-ce qu'on peut faire est-ce qu'il suffit parce que visiblement la vigilance ne suffit pas puisque c'est du vol de données donc nous qui sommes tous sur des plateformes de commerce de réseaux sociaux qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter de se retrouver vulnérable

16:34
Locuteur

Alors

16:34
Invité

déjà ne pas payer pour faire retirer vos données parce que vraiment c'est une très mauvaise idée en plus vous n'avez aucune garantie qu'elles soient vraiment retirées vous vous êtes en bout de chaîne en tant que simple consommateur citoyen donc ce que vous pouvez et devez faire c'est surtout réfléchir à ce qui peut vous arriver si ces données sont dans la nature typiquement pour la

16:53
Locuteur

grande

16:54
Invité

majorité d'entre nous le problème ça va être les tentatives d'escroquerie avec des mails très personnalisés ou des coups de téléphone de gens qui connaissent votre adresse le nom de vos enfants l'entreprise dans laquelle vous travaillez donc le meilleur conseil je pense qu'on peut donner aux gens c'est d'être de redoubler de vigilance notamment lorsqu'ils reçoivent des sollicitations qui sortent un peu de nulle part par e-mail ou par téléphone parce que c'est essentiellement à ça que servent ces données

17:17
Présentateur

Quand on voit que même le numéro du premier ministre Sébastien Lecornu a circulé en ligne parce que le site du slip français avait été piraté que selon le canard enchaîné 25 membres du gouvernement sur 36 ont des données personnelles qui traînent sur internet

17:31
Locuteur

et

17:31
Présentateur

que la ministre du numérique son RIB circule qu'est-ce que ça dit de notre niveau de protection en France et puis je veux dire de l'aspect absolument totalement massif enfin moi je suis absolument persuadé que toutes mes données sont quelque part je ne

17:46
Locuteur

sais

17:46
Présentateur

pas qui

17:47
Locuteur

s'y intéresse mais

17:47
Présentateur

non je veux dire d'abord bon oui est-ce qu'en fait on a fini par s'y faire quasiment

17:53
Invité

d'une certaine manière ça dit surtout que les hommes et les femmes politiques sont des internautes comme les autres et par ailleurs n'ont pas de responsabilité particulière voilà si le slip français se fait pirater ses données c'est pas de votre faute en fait si vos données se retrouvent dans la nature à cause de ça bah vous n'y êtes pour rien Nicolas Arpajan vous aviez eu cette phrase après le piratage du fisc cet été vous avez dit l'état n'a pas fait tout le travail nécessaire qu'est-ce qu'il faut faire est-ce que c'est une question de culture est

18:18
Locuteur

-ce

18:18
Invité

que c'est une question de moyens est-ce que c

18:19
Locuteur

'est les deux

18:20
Présentateur

le travail nécessaire lorsque pendant trois jours on peut exfiltrer les données de la NTS c'est-à-dire vous avez c'est

18:26
Locuteur

un peu comme si l'agence nationale des titres de conduire c'est ce qui fait c

18:29
Présentateur

'est quand même l'arbitre ultime qui va décider si on s'interroge sur votre nationalité c'est là où on va aller vérifier que vous êtes ou pas titulaire du permis de conduire citoyen français ou que votre carte de séjour est à jour et

18:39
Locuteur

donc quand

18:39
Présentateur

un ado siphonne ces

18:40
Locuteur

données pendant trois jours c'est un peu comme si au Louvre

18:43
Présentateur

vous aviez un monde charge qui pendant trois jours vidait a priori les collections

18:49
Locuteur

voilà

18:50
Présentateur

mais là ça a duré trois jours donc vous comprenez et vous revenez à votre recommandation sur l'observabilité qui est quand même de dire il va falloir quand même nous disposons de solutions d'outils pour faire en sorte de comprendre en temps réel ce qui se passe on ne pourra pas empêcher la négligence de collaborateurs la naïveté la complicité éventuellement ou l'intelligence de l'attaquant à un moment savoir en temps réel qui fait quoi sans

19:10
Locuteur

mettre

19:10
Présentateur

une solution

19:11
Locuteur

Très

19:11
Invité

bien mais Damiano il faut faire quoi ? Est-ce que c'est des questions de budget ?

19:13
Locuteur

Est

19:13
Invité

-ce qu'il faut mettre plus d'argent sur des équipes

19:17
Présentateur

la CNI dit que près de 80% des grosses suites auraient pu être évité avec une simple double authentification c

19:22
Locuteur

'est

19:22
Présentateur

le système qui vous envoie un code

19:24
Locuteur

sur votre téléphone et je pense que c'est ça

19:25
Invité

le point le plus prioritaire parce qu'il y a des questions de budget notamment certaines administrations mais aussi dans certaines entreprises du secteur privé mais il y

19:32
Locuteur

a

19:32
Invité

aussi comme vous l'évoquiez une question un peu de culture et en fait on le sait tous et toutes notamment les personnes qui travaillent dans des entreprises moyennes ou grandes la cybersécurité c'est pénible c'est compliqué on vous demande tout le temps de rajouter une application pour avoir un deuxième mot de passe à rentrer on fait des tests on bloque des choses sur le réseau de

19:51
Locuteur

l

19:51
Invité

'entreprise etc c'est un ensemble de contraintes et donc que ça soit dans les entreprises ou dans les administrations s'il n'y

19:57
Locuteur

a

19:57
Invité

pas un exemple et des consignes venues d'en haut et prises vraiment très au sérieux et bien en

20:02
Locuteur

fait et appliquées

20:02
Présentateur

puisque le Premier ministre avait fait une circulaire en avril disant il faut généraliser la double authentification en août il s'est ému du fait qu'elle n'avait pas été appliquée donc responsabilisation des décideurs et de leurs organisations pour

20:13
Invité

terminer Nicolas Arpagion il y a beaucoup de questions sur l'application Radio France qui font référence à l'intelligence artificielle est-ce que là c'est une solution pour mieux se protéger ou est

20:21
Locuteur

-ce

20:21
Invité

qu'au contraire c'est une arme efficace elle

20:23
Locuteur

sera des deux côtés le problème c'est que l

20:25
Présentateur

'IA vient des deux côtés elle arme les attaquants elle doit alimenter les outils de défense mais on voit bien qu'elle va être mise à contribution pour personnaliser les messages passer en revue les failles on l'a dit là où un humain prendrait du temps évidemment une IA est capable de détecter ou en tout cas de documenter des éléments de fragilité des attaquants et des défenseurs donc c'est plutôt vers une intensification des agressions plutôt que vers une pacification à venir Merci beaucoup merci Nicolas Arpagion et Damien Leloup d'être venu nous éclairer un peu de votre expertise ce matin au micro de France Inter la revue de presse Un Monde Nouveau Mathilde Serrel et David Castello-Lopez à suivre