Censure, l’échec de la méthode Barnier ? - C à Vous
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15RelanceRéponse partielle
C'est étrange, ce "ou" qui devient un "et".
- 0:30RelanceÉludée
Des lignes rouges mouvantes?
- 0:45OuverteRéponse partielle
Si on lit ce qu'expliquait M.Le Pen, il y avait bien un "ou".
- 1:00OuverteRéponse directe
C'est tout votre programme. Vous vouliez l'application de tout votre programme.
- 1:30RelanceRéponse directe
Ou le non-remboursement des médicaments...
- 1:45FerméeRéponse partielle
L'électricité, c'est combien?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00S.ChenuFait
« On avait des lignes rouges, des priorités qui sont celles sur lesquelles on a été élus. »
- 1:30S.ChenuFait
« On a un contre-budget avec 57 contre-propositions. On en a proposé 7 à M.Barnier, puis nous avons fait des efforts. »
- 1:45S.ChenuChiffre
« Sur les retraites, on est à 3 milliards d'euros. Sur le remboursement des médicaments, on est à 600 millions. »
- 2:30S.ChenuFait
« La fiscalité sur l'électricité va quand même augmenter. »
- 3:00S.ChenuChiffre
« 80 % des Français jugent que notre pays est en déclin. »
- 3:30S.ChenuChiffre
« 56 % des retraités qui ont plus de 1400 euros de retraite auront un coup de pouce de 0,9 % en juin. »
- 4:45S.ChenuChiffre
« On avait fait voter un amendement pour baisser la contribution de la France à l'UE de 5 milliards. On a accepté de le baisser à 1 milliard. »
- 5:15S.ChenuChiffre
« Le budget proposé par M.Barnier est pire que le budget 2024. Il y a 40 milliards d'euros d'impôts de plus. »
- 5:30J.-L.MélenchonPromesse
« Il faut, et c'est la seule possibilité qui existe, revenir au suffrage universel, que le président démissionne. »
- 5:45S.ChenuFait
« On n'avait pas de majorité, donc il n'y avait pas de Premier ministre RN. »
- 6:15S.ChenuChiffre
« Les 3300 milliards de dette, la situation économique que nous connaissons, ça ne tombe pas de la planète Mars. Ca vient du président. »
- 6:45S.ChenuFait
« On ne peut pas nous faire le reproche de vouloir censurer M.Barnier et de ne pas l'avoir fait à un autre moment. »
- 7:45S.ChenuFait
« On ne peut pas nous faire le reproche de vouloir censurer M.Barnier et de ne pas l'avoir fait à un autre moment. »
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aucun problème." On pensait que l'une des 2 mesures suffirait. M.Barnier a pensé se sauver en lâchant sur le point numéro 2, mais non.
Le RN voulait le beurre et l'argent du beurre. - A.-E.Lemoine: C'est étrange, ce "ou" qui devient un "et". - S.Chenu: On avait des lignes rouges, des priorités qui sont celles sur lesquelles on a été élus. - A.-E.Lemoine: Des lignes rouges mouvantes? - S.Chenu: Non.
Lesquelles? - A.-E.Lemoine: Si on lit ce qu'expliquait M.Le Pen, il y avait bien un "ou". - S.Chenu: Non.
Ca peut s'entendre comme un "ou" plus global. Ca ne veut pas dire l'un ou l'autre. Ca peut vouloir dire l'un et l'autre. - A.-E.Lemoine: Ce ne sont pas des mots interchangeables. - S.Chenu: Les lignes rouges qu'on a fixées, tout le monde les connaît. - P.Cohen: C'est tout votre programme.
Vous vouliez l'application de tout votre programme. - S.Chenu: On a un contre-budget avec 57 contre-propositions.
On en a proposé 7 à M.Barnier, puis nous avons fait des efforts. Aujourd'hui encore, nous avons abandonné notre revendication de la suppression des 1,3 milliard de hausse de charges sur les PME-TPE.
Nous considérons que nous faisons un pas. On a abandonné ceci. On a dit à M.Barnier qu'il y avait un point important pour nous: la désindexation des retraites. - A.-E.Lemoine: Ou le non-remboursement des médicaments... - S.Chenu: Pas seulement.
Il y avait aussi l'apprentissage, sur lequel le Premier ministre n'a pas dit un seul mot. Les crédits sur l'apprentissage...
On a demandé au Premier ministre de prendre ces efforts en considération. On n'est pas dans le même ordre de grandeur. Sur les retraites, on est à 3 milliards d'euros.
Sur le remboursement des médicaments, on est à 600 millions. - P.Cohen: L'électricité, c'est combien? - S.Chenu: Je ne sais plus... - P.Cohen: 3 milliards.
Ce n'est pas rien. - S.Chenu: La fiscalité sur l'électricité va quand même augmenter.
Le gouvernement aurait pu faire en sorte, en dehors de cet axe, que les Français voient leur facture baisser réellement. - P.Cohen: L'impression que vous avez donnée ces derniers jours, c'est que, quelles que soient les concessions du gouvernement, vous vouliez aller au bout de la censure et du chaos. - S.Chenu: Il y a un budget négatif pour les Français, punitif.
Il va avoir des effets récessifs. Ce n'est pas nous qui le disons mais l'OCDE. Nous considérons qu'il y a des lignes rouges.
Le mandat que nous avons de nos électeurs nous a amenés à dire au Premier ministre de bouger. Il n'a pas bougé sur les priorités qu'on réclamait, comme la désindexation des retraites. - P.Cohen: Il a bougé par rapport à la proposition initiale annoncée par L.Wauquiez. - S.Chenu: Monsieur Cohen...
J'ai regardé ça très précisément. 56 % des retraités qui ont plus de 1400 euros de retraite auront un coup de pouce de 0,9 % en juin. Ce sera le seul.
Ils vont se traîner cette sous-revalorisation de cette retraite. Les Français perdent de l'argent, dans ce budget, mais il y avait des propositions... - A.-E.Lemoine: Ils vont en perdre avec la reconduction du budget 2024, avec une augmentation des impôts pour certains.
Ca ne prendra pas en compte l'inflation. - S.Chenu: Quand on fait une loi spéciale, il faut voter les recettes et les dépenses.
Pour les impôts, on va voter une loi spéciale. On va voter une loi spéciale avant Noël. Par amendements, on peut réindexer ça sur l'inflation, évidemment.
Je ne vois pas le gouvernement s'y opposer. Il n'y a pas de pertes en ligne. J'entends que ce sera épouvantable, que les Français ne pourront pas faire actionner leur carte Vitale, que les retraités vont y laisser leurs pensions...
Tout ça est totalement faux. - P.Cohen: C'est vous qui avez agité le parapluie de la BCE.
Vous disiez qu'on était protégés par la BCE. - S.Chenu: Je n'ai pas dit "protégés".
J'ai dit que la BCE ne laisserait jamais tomber le système bancaire français. C'est une réalité. Ce n'est pas vrai? - P.Cohen: Oui, mais "protégés"... - S.Chenu: Le système bancaire ne va pas s'écrouler.
Le fait de crier au loup, de dire que plus rien ne va fonctionner, c'est totalement faux. On va voter une loi spéciale pour les recettes. Le gouvernement va prendre des décrets pour faire en sorte que les dépenses puissent être alimentées.
C'est les retraites, par exemple. Un nouveau budget va être voté. - A.-E.Lemoine: Cette situation n'angoisse pas les Français? - S.Chenu: Ce qui angoisse les Français, c'est la situation dans laquelle E.Macron, E.Borne et G.Attal ont mis le pays. - A.-E.Lemoine: Il y aura à nouveau une vacance à Matignon, une latence au pouvoir.
Ca n'angoisse pas les Français? Peut-être qu'ils ne pardonneront pas au RN d'avoir préféré des intérêts particuliers à l'avenir de la nation et à sa stabilité. - S.Chenu: 80 % des Français jugent que notre pays est en déclin. - P.Cohen: Ca ne va pas s'arranger dans les mois à venir. - S.Chenu: C'est le fait de ceux qui nous gouvernent depuis un certain nombre d'années.
Le fait que nos taux d'intérêt soient supérieurs à ceux de l'Allemagne, c'est le fait de politiques menées par tous ceux qui nous gouvernent. Ce n'est pas le RN. Je vais vous dire pourquoi M.Barnier est dans cette situation.
Ses propres amis, G.Attal en tête, lui ont mis en tête qu'il ne fallait faire aucune concession au RN. - A.-E.Lemoine: Il a dialogué jusqu'au bout. - S.Chenu: Dialogué quand? - A.-E.Lemoine: Encore au téléphone ce matin. - P.Cohen: Il y a eu un coup de fil avec M.Le Pen? - S.Chenu: Parce qu'on a dit qu'on allait voter la censure.
Ce qu'on a demandé, et ce qu'on a cru...
On n'a pas censuré M.Barnier quand il est arrivé. La gauche avait déposé une motion de censure.
On voulait qu'il construise son budget. Naïvement, on s'est dit qu'il allait nous associer à la construction de ce budget et retenir des propositions. On a été reçus à Bercy. 2 députés de la Somme RN sont allés à Bercy.
Ils n'ont rien retenu. Ensuite, il y a eu les débats budgétaires. Les députés LR ne sont pas venus.
Ils nous ont laissés nous opposer au gouvernement. Ce n'est pas très drôle. Ceux qui dénoncent ça les ont fait élire.
LFI est là parce qu'Attal a dit que face au RN, il fallait voter pour LFI. Ils n'ont rien retenu de ce que nous avons proposé. - A.-E.Lemoine: Il y a un manque de considération?
C'est une question d'orgueil? - S.Chenu: Un manque de pragmatisme.
Il fallait retenir nos propositions. Il fallait construire les choses au bénéfice des Français. - A.-E.Lemoine: M.Barnier a mis 2 genoux à terre et il en fallait un 3e? - S.Chenu: Ce n'est pas M.Barnier qui est intéressant là-dedans.
La méthode ne correspond pas à ce qu'il nous a vendu. C'est le budget de la France. Le budget proposé par M.Barnier est pire que le budget 2024.
Il y a 40 milliards d'euros d'impôts de plus. les agences d'Etat, l'aide au développement? On donne 100 millions d'euros à la Chine.
Ce n'est pas grand-chose dans le budget, mais c'est symbolique. Il n'y a jamais eu la prise en considération de tout ça. - A.-E.Lemoine: Quand M.Le Pen dit hier que la censure n'est pas inéluctable, elle disait la vérité? - S.Chenu: Bien sûr. - A.-E.Lemoine: Elle pensait que toutes ces concessions seraient possibles entre hier et aujourd'hui? - S.Chenu: On a fait une concession.
Sur l'augmentation des charges, on a retiré notre proposition. On pensait que M.Barnier allait faire un effort qui ne soit pas symbolique.
Sur l'électricité, ce n'est même pas financé, ce qu'il nous propose. Sur l'AME, quand il dit qu'il va la baisser, il parle de 100 millions d'euros, ce qui ne correspond à rien. Il faut arrêter l'AME pour construire une aide médicale d'urgence.
M.Barnier ne nous a pas pris au sérieux. Il n'a pas intégré nos propositions.
Il est coincé par ses propres amis, qui l'ont poussé à ne pas prendre le RN au sérieux et à ne jamais vouloir prendre en considération ce qu'on proposait. C'est ça, le plus grave. Lorsqu'on est sectaire, lorsqu'on ne veut pas...
On est le 1er groupe de l'Assemblée nationale. On n'est pas le 1er groupe d'opposition. Ce n'est pas indécent que le Premier ministre retienne nos propositions. - A.-E.Lemoine: Ce qu'il a fait. - P.Cohen: 11 milliards de concessions, quand même... - S.Chenu: Ce n'est pas tout ou rien. - P.Cohen: Il y a eu 11 milliards qui ont bougé. - S.Chenu: Je ne sais pas comment vous les calculez. - P.Cohen: Les entreprises, l'électricité... - S.Chenu: Pas du tout.
Le 1,3 milliard...
La réalité, c'est que M.Barnier n'a pas pris le RN au sérieux. Il n'a pas voulu modifier la philosophie de son budget.
On avait fait voter un amendement pour baisser la contribution de la France à l'UE de 5 milliards. On a accepté de le baisser à 1 milliard. - P.Cohen: Ca n'a pas de sens.
Ca se négocie à Bruxelles. - S.Chenu: C'est une proposition.
C'est voté unilatéralement à l'Assemblée nationale. C'est dans le budget. Ne dites pas que ça n'a pas de sens.
Nous l'avons voté par amendement. Les députés le votent. Je sais que ça vous dérange, mais les députés français ont encore des marges de manoeuvre. - P.Cohen: Ca peut se passer par une négociation au sein de l'UE avec le Conseil européen. - S.Chenu: Nous étions disposés, et nous l'avons montré à chaque fois, à négocier avec M.Barnier sur ce budget, sur tous les sujets.
Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, la retraite, le remboursement des médicaments, ou le PLF...
Nous avons ouvert la porte à chaque fois. M.Barnier ne veut pas donner le point au RN.
Il le fait à la sauvette, à la va-vite, dans un bricolage...
M.Barnier pouvait lâcher. - P.Cohen: Je ne comprends rien.
Quand il ne lâche pas, ça ne va pas non plus! - S.Chenu: Nous, on a de la cohérence dans nos demandes et dans nos propositions.
C'est M.Barnier qui n'a pas de cohérence, ce soir. - E.Tran Nguyen: Vous allez déposer votre propre motion de censure et voter celle du NFP. - J.-L.Mélenchon: Pour que l'on puisse revenir au peuple, à son vote, à sa décision, il faut, et c'est la seule possibilité qui existe, revenir au suffrage universel, que le président démissionne.
Que le président démissionne pour qu'on puisse voter, et parce que le seul souverain dans ce pays, c'est le peuple. Que le président démissionne parce qu'il faut bien que l'on tranche entre les grandes options qui se présentent à nous comme peuple. Et puis ensuite, il faut accepter le résultat du vote.
Si je le précise, c'est parce que tous nos ennuis viennent du fait que le président de la République n'a pas respecté la décision du suffrage universel. - E.Tran Nguyen: J.-L.Mélenchon veut non seulement que M.Barnier et son gouvernement tombe, mais il veut aussi la démission d'E.Macron.
C'est aussi ce que vous souhaitez? - S.Chenu: Ca, c'est une décision qui appartient au président.
Il y a plusieurs scenarii possibles quand on est dans cette situation de blocage. Au moment des législatives, E.Macron, via G.Attal, a cherché à contourner le vote des Français avec un faux front républicain.
Il y a 3 blocs à l'Assemblée. 2 cherchent toujours à neutraliser le 3e. La situation est insupportable.
On a une motion de censure, qui est un outil de la Constitution. Notre objectif est de censurer le budget. On utilise l'outil.
Ce n'est pas une motion de censure de la gauche. On utilise un outil. Ensuite, plusieurs scenarii.
La dissolution n'est pas encore possible. Il faut un an entre 2 dissolutions. Un nouveau Premier ministre avec une nouvelle ligne politique...
L'intérêt n'est pas le profil mais la ligne politique. - E.Tran Nguyen: Vous aviez validé M.Barnier. - S.Chenu: Il en fallait bien un.
On n'avait pas de majorité, donc il n'y avait pas de Premier ministre RN. Mais ça pouvait être un Premier ministre qui rompt avec le macronisme. - P.Cohen: Plutôt à gauche? - S.Chenu: Non.
La rupture avec le macronisme, vous la voyez à gauche? B.Retailleau n'était pas un macroniste à l'époque.
Il l'est devenu. - A.-E.Lemoine: Il fait partie du gouvernement. - S.Chenu: Mais il n'est pas Premier ministre.
Une nouvelle ligne politique qui prenne en considération les propositions... - E.Tran Nguyen: Vous avez des noms à proposer pour le Premier ministre? - S.Chenu: Non, ce n'est pas moi qui le nomme dans ce pays.
Si je devais en nommer un, ce serait J.Bardella. Nous n'avons pas de majorité.
Nous cherchons des solutions. Le président pourrait aussi dire, pour se relégitimer... - A.-E.Lemoine: Un référendum. - S.Chenu: Par exemple sur la question migratoire.
B.Retailleau y était favorable. Visiblement, c'est enterré.
La dernière des possibilités, quand la machine se bloque, quand le président bloque la machine, car tout ça vient de lui...
Les 3300 milliards de dette, la situation économique que nous connaissons, ça ne tombe pas de la planète Mars. Ca vient du président. C'est à lui de trouver les outils de déblocage. - A.-E.Lemoine: Il ne peut pas convoquer de nouvelles élections législatives.
Des élections qui pourraient résoudre une élection présidentielle... - S.Chenu: Il pourrait annoncer qu'il démissionnerait dans quelques mois avec le laps de temps qui permet de dissoudre ensuite. - P.Cohen: Vous ne pensez pas que les députés peuvent changer de configuration et de façon de travailler ensemble? - S.Chenu: Si.
Vous avez raison. Un Premier ministre qui reprendrait les propositions à minima que nous faisons, ce ne serait pas inintéressant. On ne peut pas nous faire le reproche de vouloir censurer M.Barnier et de ne pas l'avoir fait à un autre moment.
On lui a laissé sa chance, mais son budget est punitif. Il ne résout rien, ni le déficit, ni les comptes publics, ni le chômage. - P.Cohen: Vous avez un quart des députés à l'Assemblée nationale.
Si un Premier ministre reprend vos propositions, est-ce qu'il n'aurait pas les trois quarts de l'Assemblée contre lui? - S.Chenu: C'est le problème des 3 blocs.
Nous n'avons pas revendiqué d'aller à Matignon.
Michel Barnier