Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingDorothée Adam· 11 avril 2025 9 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalÉconomie & entreprisesSanté

Les grands enjeux d'un Pacte Océan pour l'Union européenne

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:32Invité politiqueFait
    « L'océan est le poumon de notre planète. Le grand courant qui le parcourt est le moteur de la machine climatique. »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « Ces grandes algues comme les mangroves ou les herbiers séquestrent plus de carbone que les forêts terrestres. »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « En 1991, quand j'ai traversé l'Atlantique, j'ai vu pour la première fois du plastique flotter au beau milieu de la mer. »
  • 5:12Invité politiquePromesse
    « Un projet 100 % européen qui doit nous inciter à relancer la construction navale européenne. »
  • 6:39Invité politiqueChiffre
    « Nous ne connaissons que 5 % de cet océan qui nous fait vivre et représente pourtant 71 % de la surface de la planète. »
  • 7:24Invité politiquePromesse
    « Je crois en la nécessité de créer un panel international interdisciplinaire pour un océan durable. »

Temps de parole

  • Catherine Chabaud98 %
  • non_speech2 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Non speech

[Musique]

0:04
Catherine Chabaud

L'océan est un trésor pour l'humanité. Depuis plus de 20 ans, j'alerte avec d'autres sur l'urgence de le respecter. Je suis devenue députée européenne dans le but d'engager sa régénération. Aujourd'hui, si je me félicite des avancées, je m'impatiente de la lenteur de nos réponses. Il est temps d'accélérer. Je m'appelle Catherine Chabot. J'ai été journaliste, navigatrice, eurodéputée, mais depuis toujours, mon cœur est marin. Quand je prends le large, je me connecte au pou de l'océan, maligne à ses courants, vis selon ses atmosphères. En 60 ans, mon cœur n'a cessé de battre au rythme de la mer.

Émerveillé par sa beauté, j'ai souffert en constatant impuissante les dégâts de nos actions sur terre. J'ai espéré en rencontrant tous les acteurs qui développent des solutions pour la protéger. Je vis avec l'océan comme on vit avec un proche que l'on aime et que l'on ne veut pas voir souffrir. Et ce proche, c'est le mien mais c'est aussi le vôtre. Car si j'ai bien compris une chose, c'est que l'océan est notre avenir et notre bien commun à tous. Je suis la première femme à avoir terminé une course autour du monde à la voile, en solitaire et sans escalvant des globes, de mes 15 traversées de l'Atlantique et de mes navigations autour de l'Europe, je tire un constat simple.

Il n'y a qu'un seul océan global et continu. L'océan est le poumon de notre planète. Le grand courant qui le parcourt est le moteur de la machine climatique. Grâce à sa dynamique et à la formidable biodiversité qu'il habite, l'océan séquestre le carbone et fournit la moitié de l'oxygène que nous respirons. Depuis le début de l'aire industrielle, il a stocké plus de 90 % de la chaleur d à nos émissions. Ma passion de la mer est née enfant dans les laminaires de la pointe de la Bretagne. Je suivais mon père en plongée. J'explorais cet univers ahurissant fait de canyon et de forêt, de poissons et de particules en suspension.

Je sais aujourd'hui que ces grandes algues comme les mangroves ou les herbiers séquestrent plus de carbone que les forêts terrestres. Avec les récifs coraliens, cette biodiversité marine rend des services écosystémiques indispensables à l'humanité. Elle abrite les norceries de poisson, protège les litoraux et fait vivre les communautés côtières. Depuis l'accord de Paris, l'océan a pris une vraie place dans les négociations climatiques. Mais l'urgence à réduire nos émissions est toujours là car l'océan brûle, s'acifie et perd son oxygène. La fonte des glaces et la dilatation de l'océan élèvent le niveau de la mer. Les corau meurent, des espèces migrent ou disparaissent.

La circulation des grands courants est bouleversée. À l'échelle de ma vie de marin, j'ai réellement constaté une augmentation en fréquence et en intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. En 1991, quand j'ai traversé l'Atlantique, j'ai vu pour la première fois du plastique flotter au beau milieu de la mer. Depuis, l'hémorragie est exponentielle. L'océan est le réceptacle de nos déchets, de nos pollutions diffuses, émanant de nos terres, mais aussi de nos pharmacies ou de nos usines. Nous vivons depuis toujours sur et avec l'océan. Il nous nourrit, transporte nos marchandises et nos communications internet.

Depuis 50 ans, nous pompons le pétrole et le gaz de son sous-sol et tirons désormais partie de son inépuisable énergie. Nous lornons les ressources minérales de ces grands fonds qui permettraient de fabriquer nos batteries et breuftons déjà ses ressources génétiques pour des médicaments ou des cosmétiques. Mon cri de marin n'a pas vocation à culpabiliser. Au contraire, collectivement, nous pouvons inverser la tendance si la régénération se place au cœur de nos activités. L'Europe a un rôle crucial à jouer car elle est présente dans toutes les régions océaniques du globe grâce à ses outreemers et constitue le premier espace maritime au monde.

Et pour cela, il est fondamental de cesser de traiter les sujets en silo. Comme disent les marins, nous devons faire équipage. Le cadre législatif se construit pour engager l'humanité dans une économie plus sobre et circulaire. Mais au cœur du pacte vert, il nous faut un véritable pacte bleu qui intègre les enjeux géopolitiques. L'océan est aussi le théâtre de tension dû à la piraterie, au partage des espaces ou au drames liés aux migrations de population. Les réponses à ces multiples défis viendront aussi de l'océan. Des solutions émergent mais ont besoin d'être accélérées.

Il nous faut par exemple remettre des voiles sur les cargos pour décarboner le transport maritime à l'image de canopé qui transporte les pièces de la fusée arienne 6 et dont les ailes réduisent la consommation de carburant. Un projet 100 % européen qui doit nous inciter à relancer la construction navale européenne. Elle offrirait plus d'autonomie stratégique et de souveraineté au continent. Je suis convaincu qu'il ne faut pas se contenter de réduire nos impacts mais favoriser les synergies entre les acteurs. Rechercher les cobénéfices économiques, sociaux et environnementaux, c'est l'essence même de la politique maritime intégrée.

Par exemple, les champs d'éolien offshore doivent être conçus en coopération avec les pêcheurs, les aquaculteurs et les scientifiques pour favoriser la régénération de la biodiversité. L'action de l'Union européenne ne se limite pas à nos eaux territoriales. Nous pouvons soutenir les communautés côtières des pays en développement véritable gardien des mangroves et des récifes coraliens. Les aires marines protégées que nous créons sur les litoraux et celles qui verront bientôt le jour en haute mer sont un pas essentiel à la protection de l'océan. Ces zones protégées ne doivent pas faire peur aux pêcheurs car elles sont l'assurance vide de leur profession.

Mais elles ne suffiront pas à préserver la ressource. Non seulement il faut lutter contre la pêche illégale, mais il faut aller vers une pêche écologie comme le proposent les scientifiques. Décarboner les navires, réduire leur taille, pêcher les poissons à l'âge adulte, élargir les mailles des filets, en finir avec le chalutage de fond. Il faut oser la rupture, accompagner les pêcheurs et mobiliser la responsabilité des consommateurs qui eux aussi ont leur rôle à jouer. Nous devons aussi appréhender l'océan comme le moteur du grand cycle de l'eau qui le lie aux mers et aux rivières.

C'est ce que rappelle la mission océan du programme Horizon Europe qui demande à resserrer le lien Termère de nos politiques publiques bien trop en silo. Ce lien terre, nous l'avons expérimenté avec le projet Blueprint de l'initiative aussi en bien commun sur un espace littoral du sud de la Bretagne. Nous avons relié les acteurs des citoyens à la collectivité autour de la réduction des pollutions et de la régénération des bassins versants du territoire. Un projet pilote modeste mais qui en inspire déjà d'autres. Pour répondre à l'urgence d'agir pour l'océan, l'Europe doit continuer à soutenir la science.

Nous ne connaissons que 5 % de cet océan qui nous fait vivre et représente pourtant 71 % de la surface de la planète. Il nous faut comprendre les espèces, les écosystèmes, leurs réponses à toutes les pressions. Ces données sont essentielles pour orienter les politiques publique et les rendre plus cohérentes et efficientes. Je crois en la nécessité de créer un panel international interdisciplinaire pour un océan durable qui pourra mieux éclairer les politiques comme le fait le JC depuis deux décennies. J'attends avec impatience ce jumeau numérique de l'océan qui devrait le modéliser grâce aux données collectées.

Et je m'enthousiasme de la contribution des marins qui embarquent des appareils de mesure, immerge des capteurs occanographiques et je soutiens le projet Plancton Planète de collecte du plancton embarqué notamment par la marine nationale ou par l'explorateur Jean-Louis Étienne. Je soutiens plus généralement les expéditions comme celles de Polarpod. et de la fondation Tara car elle participe aussi à faire rêver, aimer et comprendre. Je veux rester optimiste. Le récent traité sur la haute mer, les négociations internationales sur le climat ou la biodiversité nous ont montré que l'océan participait au maintien du multilatéralisme et de la paix.

Car les nations n'ont pas d'autre choix que la coopération autour de cet océan qu'elles ont en partage. La mère m'a donné des leçons pour la vie. Elle m'a appris à vivre plus sobrement, autonome et économe en énergie. Elle m'a aussi enseigné qu'on ne luttait pas contre les éléments, mais que l'on devait composer avec. Composer, cela suppose d'anticiper. C'est le maître mot du navigateur. Or aujourd'hui, face aux crises, nous nous comportons collectivement comme le marin qui verrait arriver la tempête et ne réduirait pas la toile. Nous sommes déjà dans la tempête. Alors, agissons.

9:04
Non speech

[Musique]