Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 07/07
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe.
Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Aprile. Vous êtes le président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Vous êtes le député de la Somme. Beaucoup de questions à voir avec vous, à la fois sur ce qui s'est passé dans les émeutes, mais sur la réponse que vous vous apporteriez au RN pour tenter de reconstruire, reconstruire ce qui a été saccagé, mais aussi reconstruire une sorte de vivre ensemble, reconstruire cette société qui a l'air quand même assez cassée. Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen a dit « Tout le monde fait le lien entre l'immigration et les violences commises ».
Gérald Darmanin et Emmanuel Macron avant lui ont dit « Oui, il y en a qui apparemment seraient issus de l'immigration, mais il y a aussi beaucoup de Kevin et de Matteo qui diraient. »
Mais Marine Le Pen dit évidemment en vrai. Quand elle disait « Tout le monde, elle ne parlait pas de la classe politique dirigeante » puisque s'ils avaient conscience de ce lien entre l'immigration et la situation de ces quartiers, non seulement dans les banlieues, mais maintenant dans les petites villes françaises, ils auraient mené des politiques pour solutionner ce problème qui date malheureusement de plusieurs décennies maintenant. Mais le lien que Marine Le Pen fait n'est pas entre la nationalité faciale des personnes qui sont dans ces quartiers. C'est est-ce qu'ils se sentent ou pas français ?
Et surtout, quelle politique d'assimilation, qui n'a plus été menée depuis des années, d'intégration, qui n'est même plus menée, ou de cohabitation est menée ? Or aujourd'hui dans ces quartiers, ce qu'il se passe, c'est que les personnes qui réussissent, et il y en a beaucoup et il faut les saluer, quittent ces quartiers. Les personnes qui restent sont celles qui ont le plus de difficultés, soit d'intégration, soit économique et sociale, et sans cesse sont renouvelées des flux migratoires qui en fait refont partir la situation de zéro. Donc c'est pour ça que vous pouvez reconstruire des services publics.
Si, quand la République fonctionne, les personnes s'en vont, et quand la République ne fonctionne...
Jean-Philippe Sangui, vous avez quand même utilisé un certain nombre d'expressions sur lesquelles je voudrais tout de suite vous arrêter avant qu'on aille plus loin, parce que vous avez dit, la nationalité faciale, c'est quoi ?
La nationalité, c'est que vous avez des gens qui sont français, puisque par le droit du sol, des personnes nées en France ont la nationalité de manière automatique, sans qu'ils aient manifesté ni la volonté de devenir français, ni leur attachement à la France.
Mais faciale, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en gros, officiellement, ils ont leur papier, mais ils ne sont pas français ?
Ils ne se sentent de toute évidence pas français. Une partie d'ailleurs de ces personnes ne revendiquent pas la nationalité française, parlent de leurs compatriotes, puisque ce sont leurs compatriotes de fait, comme des français d'ailleurs. Donc, ils désignent ceux qui vivent à côté d'eux, et non pas avec eux, comme une autre nationalité eux-mêmes. On le voit dans tous les réseaux sociaux, sur Snapchat, toutes les vidéos qui sont faites dans les désignations communes, quand ce ne sont pas des désignations plus désagréables. Et surtout, ils n'ont pas été assimilés, donc ils ne revendiquent pas la culture française, ils ne revendiquent pas l'histoire de France, on pourra en reparler.
Ils ne revendiquent pas, bref, tout ce qui fait qu'on vit ensemble. Et ces personnes-là, évidemment, ne peuvent pas être liées à la communauté nationale, il ne suffit pas. Au Sénat, ça a été invoqué, tout de suite, tout le monde est tombé sur la sénatrice qui l'a invoquée, alors qu'elle-même disait qu'elle voulait solutionner ce problème.
Mais quand vous dites, Jean-Philippe Tanguy, que ceux qui restent, ceux qui s'en sortent, dites-vous, partent de ces quartiers, dès qu'ils le peuvent. Ceux qui restent, dites-vous, c'est ceux qui s'en sortent le moins. C'est une forme presque de darwinisme, si je peux me permettre. C'est-à-dire qu'il y a un côté, ceux qui n'y arrivent pas, ils vont rester. Qu'est-ce que vous faites pour eux ? C'est-à-dire que leur situation est déjà très difficile, est-ce qu'il faut les accabler encore davantage ?
Non, pas du tout. Au contraire, si je me suis mal exprimé, je m'en excuse. Ceux qui restent dans ces quartiers, il faut continuer à les aider. Ceux qui travaillent, ceux qui veulent contribuer à la société française, ce que je dis, c'est que ceux qui réussissent veulent quitter ces quartiers le font, et qu'au lieu de les remplacer par d'autres personnes qui ont pu réussir, faire de la mixité sociale. Ce qui existait dans les banlieues, dans les années 70-80, ont mélangé les classes moyennes et les classes populaires, d'ailleurs de toute origine. Maintenant, les personnes qui restent dans ces quartiers sont accompagnées de gens qui viennent d'arriver sur le territoire, de nouveaux arrivants.
Et en plus, la dérive de la politique migratoire a fait que non seulement c'est de nouveaux arrivants, mais on concentre les mêmes diasporas, les populations qui viennent des mêmes zones géographiques, des mêmes zones culturelles, dans les mêmes quartiers. C'est quoi ? C'est des ghettos ? Oui, donc on crée... Je n'aime pas l'expression ghetto, parce que déjà ça désigne autre chose. Et surtout, ce n'est pas une volonté de la part de l'État de séparer ces populations, c'est une lâcheté. Les ghettos, historiquement, c'est une politique de ségrégation. On dit, pour des raisons racistes ou discriminatoires, on va enfermer les gens dans un endroit. Là, ce n'est pas ça, c'est par lâcheté.
On laisse, au contraire, des gens aller là où ils veulent, par habitude, par facilité. La diaspora, c'est une facilité. C'est forcément quand vous arrivez dans un pays étranger.
C'est une facilité, c'est aussi peut-être un réconfort, non ?
Oui, mais le réconfort fait partie de ce qu'on peut appeler une facilité, puisque à court terme... Excusez-moi, madame, c'est intéressant le terme que vous avez dit, parce qu'à court terme, justement, à très court terme, c'est un réconfort d'être dans des gens qui viennent de la même sphère géographique et culturelle que vous. Oui, mais justement, la France... Justement, madame de Malherbe... L'immigration italienne, l'immigration portugale...
Non, justement, avant, quand les gens arrivaient, non seulement il n'y avait pas cette politique de diaspora, c'est-à-dire que laisser les gens s'installer entre eux, même parfois on cassait, justement, le fait de créer des zones uniformes culturellement et sur l'origine géographique, mais surtout par le travail, par les syndicats, même dans certaines zones françaises, par l'église, on arrivait à mélanger les gens sur d'autres critères, soit le monde du travail, soit des religions comme la région catholique qui pouvaient unir les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Polonais, et on arrivait à intégrer, à assimiler les gens, et aussi par l'école, évidemment, par l'école, on faisait abandonner par la langue, par la culture, y compris les familles d'origine, à l'époque, étaient d'accord pour abandonner leur langue et la culture, ce n'est plus malheureusement le cas, et donc on assimilait les gens.
Aujourd'hui, ces zones sont des concentrations de phénomènes...
Quand je vous ai demandé, Jean-Philippe Tanguy, ce que vous entendiez par nationalité faciale, qui est l'expression que vous avez exprimée, vous m'avez répondu sur le mot nationalité, mais pas sur le mot facial.
Le mot facial, c'est que c'est d'apparence à un papier, quand on dit un document facial...
Quand vous dites faciale, ce n'est pas la face ?
Non, absolument pas, un document facial, on dit que c'est faciale, c'est un document. Vous avez des documents...
Pourquoi vous ne dites pas officiel, dans ces cas-là ?
Je n'aurais pu dire officiel.
Si ce n'est pas faciale, ça donne le sentiment. D'ailleurs, je vous la pose la question, mais si j'avais Gérald Darmanin devant moi, je lui poserais aussi la question de savoir ce que ça veut dire quand il dit qu'il y en a qui, apparemment, seraient issus de l'immigration. On entend quand même un peu la même chose, à un moment, non ?
Non, pas du tout, parce que justement, j'ai dit...
Quand vous dites nationalité faciale ?
C'est contradictoire avec le sous-entendu dont vous me suspectez. Ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire. Au contraire, j'aurais pu dire autre chose, j'aurais pu dire que facialement, ils ne sont pas français. Là, vous auriez eu raison de m'interroger. Je dis l'inverse, c'est qu'ils sont français de papier. Voilà, aujourd'hui, de papier, mais ils ne revendiquent pas, ils ne se sentent pas français.
Donc il y a les français de papier et il y a les français de cœur.
Il y a des personnes, des français, de nationalité française, qui ne se revendiquent pas français. Et le fait de ne pas pouvoir en parler, je ne dis pas ce que vous avez fait ce matin, puisque vous m'avez lési et m'exprimé longuement, et je vous remercie, que le simple fait de constater ça, comme l'a fait cette sénatrice devant M. Darmanin, qu'une partie de la classe politique française des commentateurs vous tombe dessus en vous suspectant de l'inverse de ce que vous dites. Parce que moi, qu'est-ce que je dis ? Je dis au contraire qu'il faut que tout le monde soit français. Il faut que tout le monde puisse se sentir français.
Il faut que tout le monde qui vit sur notre territoire puisse s'assimiler à notre pays, à notre civilisation, et que ceux qui ne le veulent pas n'ont pas leur place sur le territoire. C'est aussi simple que ça.
Vous avez dit d'ailleurs à propos de l'histoire française, encore un mot là-dessus, avant de revenir aux questions des sanctions et puis aux questions de l'après. Vous avez dit qu'ils ne partagent pas notre histoire de France. Oui.
Malheureusement, par l'école, mais aussi par les messages politiques qui lui sont envoyés, on n'apprend plus l'histoire de France, qu'on appelait le récit national.
Donc c'est moins de leur faute que de la faute des profs qu'ils ne le transmettent plus ? Ce n'est pas la faute des profs,
puisque les profs, je pense qu'il y a un grand nombre de professeurs qui voudraient faire autrement. Mais c'est le consensus politique, malheureusement, depuis 40 ans. Les politiques qui sont menées visent systématiquement à amplifier les différences. Mais ce n'est pas une caricature, mais déjà, le fait que nos ancêtres étaient des Gaulois, ce n'est pas une caricature, c'est un fait historique. Le territoire français était peuplé par des peuples qui s'appelaient les Gaulois. Ces personnes ont existé, nous ont transmis par notre langue, par nos habitudes, par certaines croyances, un certain nombre d'héritages.
Après, les Romains, le judéo-christianisme, toutes les vagues d'immigration qui ont pleuvé, la culture européenne, tout ça, ce sont des strates dont vous vous héritez. Il ne s'agit pas de nier l'origine différente et l'histoire différente. L'acquis revient avec son histoire.
Mais on vient et on adhère.
Il faut adhérer et il faut comprendre, Madame de Ballet. Je veux donner un exemple. J'ai été consterné par ce qu'a fait Madame Pécresse en Ile-de-France. Suite aux émeutes, elle a dit « C'est scandaleux, on ne va pas appeler un lycée Angela Davis, qui est une militante qui a eu des problèmes judiciaires suite à la ségrégation et à la lutte, qui a pu prendre des formes violentes contre la ségrégation américaine. » Elle a dit « On va appeler ce lycée Rosa Parks. Rosa Parks est une militante pacifique des droits civiques aux Etats-Unis. » Mais qu'est-ce que vous envoyez comme message aux populations qui vivent dans les banlieues ?
Vous leur dites « Madame Rosa Parks fait partie de votre histoire, puisque vous allez dans un lycée auquel on donne le nom. » Madame Rosa Parks, qui a toute sa dignité et son courage pour l'histoire américaine, n'appartient pas à l'histoire française. Or, en entretenant cette confusion, on fait croire aux populations qui arrivent en France que l'histoire française a pu être assimilée ou assimilable à l'histoire américaine.
Vous voulez dire qu'il ne faut pas aller prendre des références étrangères ou alors est-ce que c'est parce que vous dites qu'aux Etats-Unis, ils ont une autre manière d'avoir vécu la question raciale, la question aussi de la lutte, de la ségrégation. Et donc, on est en train de plaquer leur histoire sur la nôtre ? Absolument.
On fait croire aux jeunes français ou aux personnes qui vont devenir françaises sur le territoire. Il y a plein de Françaises. Vous avez Olympe de Gouille, vous avez Marie Curie, vous avez un nom incalculable de Simone Veil, de femmes françaises qui méritent d'être honorées dans l'histoire de notre pays. Madame Rosa Parks mérite d'être honorée aux Etats-Unis. On peut avoir un établissement en France qui s'appellerait Rosa Parks, mais la multiplication dans les territoires français sur des nouveaux lycées, d'appeler ces lycées par des figures américaines fait croire, et on le voit aussi dans le rap, vous savez, moi je viens, comme Jordan Bardella, des quartiers populaires.
J'ai grandi à côté des Ulysse. Le fait qu'on fasse croire à ces quartiers, à ces zones, que l'histoire française est proche de celle de l'histoire américaine est un mensonge historique puisque la ségrégation aux Etats-Unis, c'était des lois racistes avec des gens qui étaient discriminés, qui étaient violentés, voire qui étaient assassinés. Et quand vous écoutez par exemple le rap, cette culture de ces quartiers, ils font mention de cette histoire comme si c'était la nôtre. Et il y a une incompréhension et des haines qui apparaissent, des sentiments négatifs parce qu'ils pensent de bonne foi que la France fut ségrégationniste.
Or, pendant qu'il y avait la ségrégation aux Etats-Unis, c'était la libération et l'égalité des droits en France. Et beaucoup de figures d'ailleurs américaines célébrées, on l'a fait avec Joséphine Baker, célébrées la culture française.
Il y a des victimes américaines. Voilà, c'est des euros américains. Mais aujourd'hui, pour certains, ils estiment quand même qu'il y a une forme d'injustice. Il y a une forme d'injustice.
Non, je ne crois pas qu'il y ait une forme d'injustice à Pauline de Malherme dans notre pays. Nous sommes des territoires. On a parlé de ghetto tout à l'heure, non ? Vous avez des métros, vous avez des bus, d'ailleurs ils les ont incendiés.
Vous avez beaucoup moins de place dans les lycées. Vous avez aujourd'hui près de 55 jeunes, nous sommes en juillet, 55 jeunes qui habitent à Grigny, qui n'ont toujours pas d'affectation dans un lycée pour la rentrée. Ils passent en seconde ou en première. Ce n'est absolument pas une question de niveau. C'est simplement qu'il y a moins de place. Et donc, on les laisse sur le bord du chemin. C'est la défenseuse des droits qui le disait hier. Est-ce que ça, c'est juste ?
Ce n'est sans doute pas juste, mais ce n'est pas propre à ces quartiers. Moi, dans la Somme, j'ai encore eu des rendez-vous, pas la semaine dernière, une famille qui n'avait pas de place au lycée. Vous avez beaucoup aussi dans nos territoires ruraux. Moi, c'est un problème chaque semaine, madame de Malherbe. Il faut trouver une solution de transport. Moi, j'ai reçu un jeune qui avait été pris à une formation d'excellence à Méholdes. C'est la zone d'Airbus pour faire une formation d'excellence pour devenir ouvrier qualifié. Eh bien, il n'y a pas aujourd'hui de mode de transport entre la zone où il vit et le lycée où il doit aller. Donc, il est possible.
Alors, on a trouvé une solution individuelle, mais il aurait pu abandonner cette formation. Ce n'est pas une spécificité et c'est ça que je veux dire. D'ailleurs, les équipements qui ont été détruits par malheureusement l'amplitude des désastres et des saccages montrent que ces tueurs n'ont pas été abandonnés.
Et c'est ça aussi où les Français sont dans l'exaspération car nous sommes un peuple généreux, nous sommes un peuple républicain et nous avons voulu donner les moyens dans les services publics pour accueillir ces populations et ça n'a pas été fait d'une part parce qu'une partie de cette population ne veut pas mais surtout parce que les politiques, une fois plus, qui ont été menées et on ne se trompe pas de responsables n'ont pas été les bonnes. Ils trouvent ça effectivement injuste non pas parce qu'ils n'ont pas les moyens de réussir puisqu'ils réussissent mais parce qu'on les laisse avec des personnes qui ne veulent pas réussir.
Est-ce qu'il faut punir les parents ? Est-ce qu'il faut, comme le proposent notamment les Républicains, supprimer les allocations ? Est-ce qu'il faut carrément les sortir d'un certain nombre de logements, de logements aidés, les familles ? Est-ce que vous estimez que c'est une des réponses qu'il faut apporter ?
Oui, c'est une réponse qu'il faut apporter de manière graduée qui correspond aussi à un accompagnement social. De la même manière qu'on ne peut pas donner des allocations sans critères, Madame de Malherbe, on ne peut pas non plus les sanctionner sans critères. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, la politique familiale est réduite à une politique de chèque, comme beaucoup de choses dans notre pays d'ailleurs. C'est-à-dire, on fait des chèques et on croit que le chèque fait une politique.
Mais Jean-Philippe Languie, on a bien compris que sur le principe, en revanche, vous êtes d'accord, c'est-à-dire sur l'idée quand même que les parents puissent être punis pour les actes de leurs enfants. Je voudrais que vous écoutiez Emmanuel Bompard de la France Insoumise qui était mon invité ici même hier matin à qui je posais la même question.
Dans la cité Pablo Picasso à Nanterre, il y a 30% de familles qui sont monoparentales. Dans ces 30% de familles monoparentales, il y en a la moitié qui vivent sur le seuil de pauvreté. Vous allez leur enlever les allocations familiales et vous croyez que ça va résoudre le problème ? Non, ça va l'aggraver encore. Vous avez des familles où il y a 3-4 enfants. Parce qu'un des enfants a fait une bêtise, vous allez sanctionner la famille en entier.
Est-ce que ça ne va pas aggraver le problème ?
Non, parce qu'en faisant une bêtise, M. Bompard relativise les faits qui pourraient mener au fait que ces allocations soient suspendues. On ne parle pas du fait de faire une bêtise, une petite bêtise ou un petit larcin sans conséquence. Là, on parle de personnes qui ont pillé des magasins, qui ont incendié des établissements, qui sont allées attaquer les forces de police ou des commerçants ou des innocents. Ce sont des délits ou des crimes qui sont susceptibles d'être punis de 10 ans de prison. Donc, ce n'est pas une bêtise. Ce sont des délits très graves, très lourds ou des crimes.
Donc là, il faut responsabiliser la famille et on en revient aussi à la conception de ce qu'est la culture et la civilisation française. C'est aussi une culture de la responsabilité. Vous savez, la démocratie, c'est quoi ? C'est que tout le monde est responsable. C'est la base des libertés individuelles, c'est la base des droits civiques. Les parents sont responsables de leurs enfants. C'est la base de notre civilisation, c'est la base depuis le droit romain. Ce matin sur la RFC,
Marion Dubreuil, qui est notre journaliste police-justice, elle a passé 24 heures en immersion dans les coulisses du tribunal de Bobigny, tribunal pour mineurs. Et elle a eu un accès rarissime à cette procédure et à l'accompagnement. Et elle a notamment vu toute la procédure qui a conduit à mettre Adèle, il s'appelait, en prison, enfin je veux dire en garde à vue, gardée sur place. Il a été déféré, comme on dit, pardon, c'est le terme que je recherchais, déféré.
Et puis on entendait à la fin de la procédure, la mère qui expliquait qu'elle était dévastée, qu'il avait commencé par lui désobéir, c'est-à-dire que ce soir-là, lorsqu'il s'est retrouvé à jeter des bouteilles et des cocktails sur les policiers, la mère appelait désespérément son fils pour tenter de lui dire de rentrer à la maison. Il lui avait promis qu'il rentrerait et qu'il ne sortirait pas. Cette mère, elle vivait seule, seule à élever son enfant. Elle était désespérée qu'il lui ait menti comme ça et elle espérait que ça lui servirait de leçon. Cette situation, elle est finalement assez commune à ce profil des mères, souvent seules, qui doivent élever leurs enfants.
Comment pensez-vous qu'elles peuvent faire autrement ?
Mais vous avez raison, il ne s'agit pas de dire que toutes ces personnes sont responsables de tout ce qui leur arrive. Mais est-ce que les sanctions, si vous dites que cette femme on va vous couper
et les alloc, ça ne va pas y finir ?
Parce que dans ce cas-là, s'il y a un problème constaté, c'est pour ça que Jean-Tan Bardella a dit et il a bien raison qu'il fallait sans doute ouvrir des centres fermés, des centres d'accompagnement militaire. Si effectivement cette femme comme d'autres, et ça peut arriver à tout le monde et débordée, n'arrive pas avec un enfant difficile, dans ce cas-là, il faut prendre des structures qui permettent de remettre ce jeune dans le droit chemin comme ça pouvait exister avant avec le service militaire qui quand même rendait bien des services sur cet aspect-là. Vous voudriez le rétablir le service militaire ? En théorie, en théorie, oui, on pourrait le rétablir.
Moi, à titre personnel, je pense qu'il faut le rétablir. Mais aujourd'hui, il a été si affaibli depuis 1995 et les structures susceptibles de le remettre en place sont très compliquées à remettre en place. Donc, il faut déjà s'occuper des cas les plus problématiques. Mais ce que je veux dire aussi, Madame de Malherbe, c'est que couper les allocations familiales, c'est la fin d'un processus. Ce n'est pas le début d'un processus. C'est pour ça que je vous dis la politique d'échec où on ne fait pas de politique familiale globale dans ce pays. On n'accompagne pas les gens depuis le début.
On n'essaie pas de comprendre leurs difficultés et on pense que déverser de l'argent à toute échelle fait office de politique, or avant la politique familiale, c'était l'accompagnement des familles, c'était la prévention sur la santé, c'était la médecine à l'école, c'était tout un tas de politiques qui faisaient qu'à côté de l'argent, les familles avaient les moyens de s'occuper de leurs enfants.
Et que vous aimeriez rétablir. Jean-Philippe Tanguy, je rappelle que vous êtes le député Rassemblement National de la Somme. Je voudrais vous interroger sur l'attitude de Robert Ménard. Robert Ménard, c'est le maire de Béziers. Il refuse de célébrer aujourd'hui le mariage d'une personne qui est sous le coup d'une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. Pourtant, c'est obligatoire. La Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen exprime, je cite, qu'il est impossible d'interdire à une personne de se marier sous prétexte de sa religion, de sa couleur de peau, de sa situation aux yeux de l'administration du pays dans lequel elle vit.
Il risque Robert Ménard d'être hors la loi en refusant de célébrer ce mariage.
Mais, monsieur Ménard, je pense, traduit le sentiment qui ont beaucoup de Français face à cette affaire comme tant d'autres. C'est-à-dire, l'impression d'un pays qui ne se contrôle plus où le bon sens est plus appliqué. Cette personne ne doit pas être sur le territoire français. Elle ne devrait pas être présente sur le territoire français et on peut lui accorder le droit de se marier et donc, d'exercer de nouveaux droits qui font qu'elle sera encore plus compliquée à expulser. Donc, on en revient exactement à ce que Marine Le Pen disait à la présidentielle et bien avant.
Aujourd'hui, la Convention des droits de l'homme, d'une manière générale, la conventionnalité, le droit conventionnel écrase le droit national et c'est pour ça qu'on veut constitutionnaliser le droit national, c'est-à-dire que le droit national est supérieur à un certain nombre de traités et de conventions et en particulier, le droit de la nationalité, le droit de la citoyenneté, c'est à souverainement qu'un pays ne puisse plus décider qui est citoyen, qui ne l'est pas, qui peut rester sur son territoire et qui ne l'est pas parce qu'il y a trois juges à Strasbourg, je crois, pour la Cour européenne des droits de l'homme qui ont décidé que c'était supérieur à la loi nationale. C'est absurde.
Et donc, la pression face à un état impuissant et que quand le maire ou un autre élu veut appliquer le bon sens, il ne peut pas. Mais là, ça veut dire
Jean-Philippe Tanguy que vous soutenez Robert Ménard dans sa désobéissance en quelque sorte. Là, pour le coup, il ne faut pas qu'il célèbre ce mariage.
Je crois savoir qu'il soupçonnait ce mariage d'être blanc, ce qui est d'ailleurs sans doute le cas ou peut-être que cet homme a abusé des sentiments de cette femme et ça aurait pu être l'inverse. Mais c'est sa démarche-là. Mais oui, le fait de ne pas plus d'être obligé de célébrer un mariage alors que de toute évidence, cette personne n'a rien à faire sur le territoire de la République est consternant. Et les Français ont l'impression de vivre dans une espèce de gros landes sinistres où la réalité dépasse tout ce qu'on aurait pu imaginer comme absurdis. Et c'est en permanence comme ça.
J'ai vu aussi que sur l'incendie d'une mairie, je crois à Mont-Saint-Barreuil, les personnes ont été inculpées, ont été libérées pour un vice de procédure complètement marginale, anecdotique. Ça ne veut pas dire qu'ils ne seront pas réattrapés l'arrière ? Peut-être, et j'espère, et il ne s'agit pas de faire la politique du pire, mais ce genre de fait qui apparaît au grand jour en permanence sur l'absurdité d'un certain nombre de procédures où une très petite minorité de soi-disant sachants impose sa vision du monde à la majorité de la population devient insupportable aux Français, d'autant plus quand on voit que ça amène à des émeutes et à des situations hors de contrôle.
Je ne suis pas sûre que ce soit ça qui amène aux émeutes.
Si vous voyez un rapport de causalité pour vous ? Oui, c'est fait que l'État ne peut plus se faire respecter parce qu'il est menotté en permanence par la Côte des Conventions Internationales et que la démocratie est limitée par tout et n'importe quoi. Ce n'est pas la mort
de Naël qui a amené aux émeutes ?
Non, je ne crois pas. Je crois d'ailleurs ce qu'on apprend dans les auditions, ce qui est d'ailleurs assez tragique, c'est qu'en fait la mort de ce jeune a été de toute évidence un prétexte à des saccages. On voit dans les auditions qu'ils ne savent même pas comment ils s'appellent, ils reconnaissent que ça n'a rien à voir. Donc vraiment, c'est tragique, c'est tragique pour ce jeune mais c'est tragique pour la France.
Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir répondu à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes le président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale et député de la Somme. Merci à vous. Il est 8h53 et vous êtes bien sur RMC BFM TV.
Jean-Philippe Tanguy