MENACE FASCISTE : CARTOGRAPHIE DES GROUPUSCULES FRANÇAIS
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« Il y a des gens autour d’Eric Zemmour qui sont des nazis. Il n’y a pas de nazis dans mon équipe. »
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« En France, 1300 militants radicaux d’extrême droite sont aujourd’hui fichés S. »
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« Génération identitaire est installée à Lyon depuis 2011 et y a ouvert un bar associatif, "la Traboule". »
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« Axel Loustau, conseiller régional RN d’île de France, est un des hommes de confiance de Marine le Pen. »
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Il y a des gens autour d’Eric Zemmour qui sont des nazis. Il n’y a pas de nazis dans mon équipe. Voilà.
Quand tu dis ça, elle a raison, il y a un certain nombre de gens autour d’Eric, ce sont des petits nazillons, que je connais. Marine aussi, elle a autour d’elle un certain nombre de gens qui ne sont pas fréquentables. Ils n’ont qu’à faire le ménage l’un et l’autre.
Bonjour à tous. Les Français ont qualifié au second tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national a comptabilisé près de 23% des suffrages au premier tour, une performance qui s’explique notamment par sa capacité à dédiaboliser son parti.
Une normalisation de son image facilitée par la radicalité d’un Éric Zemmour. Mais derrière la façade plus ou moins institutionnalisée, l'extrême droite reste parcourue par des mouvements et des courants très radicaux et parfois violents. Des groupes toujours actifs, de plus en plus actifs.
Aujourd’hui, je vous propose de faire la cartographie de ces mouvances très diverses. Lyon, Montpellier, Angers, Nantes, Toulouse et même des villes plus petites, un peu partout en France, des militants font le coup de poing contre leurs opposants. Un véritable maillage du territoire se dessine.
Mais qui désigne-t-on sous ce terme de "groupuscule d’extrême droite" ? Comment s’organisent-ils ? Où sont-ils ?
Y a-t-il des liens entre eux et le Rassemblement national et Reconquête ? Une vidéo co-écrite avec Thierry Vincent, spécialiste de ces mouvances. Pour commencer, de quoi parlons-nous ?
En France, 1300 militants radicaux d’extrême droite sont aujourd’hui fichés S. Pas de quoi faire un coup d’État, mais, depuis quelques années, ce chiffre est en nette hausse, et le danger est jugé sérieux par les renseignements généraux. Il n’y a pas "l'extrême droite", mais des groupes d’extrême droite, très hétérogènes dans leur doctrine politique et leurs comportements.
Parfois même, ils s’affrontent entre eux. Et tous n’ont pas le même recours à la violence. Aussi, pour schématiser, nous allons dessiner 4 grandes tendances : Les plus anciens, ce sont les monarchistes, comme l’Action française qui est le plus vieux mouvement politique encore existant en France.
La deuxième famille, ce sont les néo-fascistes, nostalgiques du régime de Mussolini ou d'Hitler. Ils sont particulièrement présents à Lyon. C’est typiquement le cas du Bastion social, aujourd’hui dissout, mais qui s’est reconstitué sous d’autres noms.
Plus récent dans le paysage, il y a les identitaires régionalistes, qui, eux, mettent l’accent sur l’enracinement dans le territoire et prônent le retour au pays pour tous les non-blancs. Les plus connus de ces groupes sont Génération identitaire et l’Alvarium à Angers, récemment dissous eux-aussi, mais qui continuent à exister dans les faits. À ceux-là, il faut ajouter les néo-nazis plus portés sur les bagarres de rue que sur une idéologie politique très élaborée.
Ils recrutent essentiellement chez les hooligans du foot, mais aussi chez les bikers. Et enfin, les catholiques traditionalistes, des proches de la Manif pour tous comme le mouvement intégriste Civitas. Mais aujourd’hui, les frontières entre ces différentes tendances sont devenues floues, notamment depuis la dissolution de plusieurs de ces groupes, surtout si on y ajoute maintenant les porosités existantes avec des partis et des personnalités d’extrême droite comme le Rassemblement national ou Eric Zemmour.
Enfin, pour être complet avant de commencer, les militants d'extrême droite, violents ou non, peuvent aussi être victimes de violence. Les groupes antifascistes assument de répondre par la violence à celle de l'extrême droite. Par exemple, le 11 mars, un colleur d’affiches de Reconquête a été poignardé en Seine et Marne par un mineur après une altercation à propos de son activité politique.
Il s’en est sorti. Mais ces cas-là, par leur nombre et leur gravité et, comme on va le voir, leur structure, sont sans commune mesure avec celle des groupuscules d’ultra droite. Notre tour de France commence par Lyon.
Le 28 juin dernier, la France affronte la Suisse en championnat d’Europe des Nations. Benzema, la bête noire de l’extrême droite, marque deux buts. Dans une rue branchée, des supporters exultent.
Mal leur en a pris, aux cris de “on est chez nous”, ils se font agresser par une vingtaine de personnes, le visage parfois masqué, et souvent armées. Génération identitaire est installée à Lyon depuis 2011 et y a ouvert un bar associatif, "la Traboule". Depuis, ils font la loi dans ce quartier du vieux Lyon, multipliant agressions et menaces.
Malgré la dissolution du mouvement, leur lieu existe toujours, il a simplement changé de nom pour devenir “les Remparts”. À Lyon, ils ont trouvé un terreau fertile. La ville a, en effet, un long passif avec l’extrême droite.
Sans remonter jusqu’à Paul Touvier ou Klaus Barbie, il y a eu l’université de droit Lyon 3 créée en 1973 pour contrer le gauchisme dans les facs après 68. Y ont notamment officié Robert Faurisson, le père du négationnisme français, Bruno Gollnisch, ou encore Bernard Notin, un autre négationniste bien connu. Et Lyon 3, c’était aussi le fief du GUD.
Le GUD, c’est un syndicat étudiant d’extrême droite, dont l’activité essentielle consistait à casser du gauchiste. Le syndicat de Loïk le Priol, mais on va y revenir. Ce passé explique probablement en partie que Lyon soit devenue la capitale des fascistes.
Dès leur arrivée, les “zids”, comme les appellent les antifas, ont commis des exactions. Par exemple, en 2011, ils organisent une “marche aux cochons”, qui se transforme en une sorte de “nuit de cristal” pour les vendeurs de kebabs, dont les échoppes ont été pour la plupart vandalisées. La Traboule est un lieu de débats politiques, il a accueilli Bruno Gollnisch et même Marine Le Pen qui leur a dédicacé une photo, ostensiblement accrochée derrière le comptoir.
Plusieurs de ses dirigeants ont été condamnés à de la prison ferme : par exemple Damien Montant, qui avait tabassé un antifa, il est sur la photo à droite, ou encore Pierre Robesson, condamné pour des tags nazis, et Maxime Gaucher, qui a carrément cassé la figure au chef de la BAC. Pas très malin ! Les identitaires ne sont pas le seul groupe violent de la ville.
Il y a aussi l’ex Bastion social, un mouvement néofasciste aujourd’hui dissout, mais qui existe encore officieusement, sous l’appellation d’Audace Lyon. Il regroupe des éléments particulièrement violents, comme Logan Djian, l'un de ses leaders. Un vieux de la vieille malgré son jeune âge.
Jusqu’en 2016, il faisait le coup de poing à Paris. Il a même fait un peu de prison pour avoir frappé un journaliste lors d’une Manif pour tous. Et surtout, en mars 2016, il apparaît sur une vidéo d’une violence inouïe, où on le voit tabasser, humilier et quasiment torturer Édouard Klein, un autre leader d’extrême droite.
La vidéo, dont les extraits sont sortis dans Mediapart, comporte des passages d’une telle cruauté qu’ils sont complètement indiffusables. Et dans cette vidéo, on retrouve un autre homme, Loïk Le Priol. Loïk Le Priol est l’homme suspecté d’avoir assassiné Fédérico Martin Aramburu le 19 mars dernier à Paris.
Dans l’enregistrement, on peut le voir après avoir tabassé et humilié Klein, lui poser une lame de couteau sur la gorge. Loïk le Priol, a été arrêté en Hongrie après une cavale de 4 jours. Le soir du meurtre, après une altercation dans un bar, Le Priol serait revenu abattre l’ancien international argentin de 4 balles.
L’homme de 27 ans est un ancien militaire et un membre du GUD. Les circonstances précises des faits doivent être encore établies. Mais même si l’hypothèse de la rixe de bar sur fond de racisme semble privilégiée, ce drame est l’illustration d’une violence, celle des militants de la droite extrême qui font de plus en plus parler d’eux ces dernières années.
Le Priol était en liberté, attendant son procès le 1er juin prochain, après deux renvois pour sa participation à la vidéo de torture. À Lyon, l’an dernier, il y a eu plusieurs agressions graves dans le centre ville. La liste est trop longue pour que l’on soit exhaustif, ne mentionnons que les plus notables : le 21 mars, des hommes cagoulés attaquent la librairie libertaire la Plume noire.
La scène a été filmée par un habitant et les agresseurs n’ont pas pu être identifiés. Enfin, le 9 septembre dernier, Raphaël Arnault, le leader de la jeune garde, un mouvement antifasciste lyonnais, a été frappé à Paris dès sa descente du train. Il était attendu, certainement repéré dès son départ de Lyon.
Et puis, il y a toutes ces agressions anonymes, en plein jour, qui passent souvent inaperçues, sauf lorsqu’elles sont filmées, comme celle de cette femme qui essuie des injures racistes : Angers, 150 000 habitants, et un groupe identitaire très actif, l’Alvarium. Les militants de l’Alvarium exportent leurs violences dans toute la région, notamment à Nantes et à Orléans. À Orléans, par exemple, le 8 mai dernier, des intermittents du spectacle occupent le théâtre de la ville.
Des nervis d’extrême droite ont mené une expédition punitive contre eux. Parmi eux, Baudoin le Nalio, un membre éminent de l’Alvarium, déjà condamné plusieurs fois pour des faits de violence et de racisme. Dans cette affaire, il a pris 12 mois ferme, dont huit avec sursis.
Et dans la nuit du 21 au 22 mai, rebelote : le même Baudoin Le Nalio participe à une expédition punitive contre des militants antifascistes qui avaient collé un sticker sur le local de l’Alvarium. 7 personnes ont été tabassées, et Baudoin le Nalio a été condamné à 3 mois de prison avec sursis. Mais il n’était pas seul ce soir-là.
Il y avait avec lui François-Aubert Gannat, un autre militant de l’Alvarium. Il est le frère de Jean-Eudes Gannat, le porte-parole de l’organisation d’extrême droite. Il a été condamné à 8 mois de prison dont 5 avec sursis.
Le groupe a été dissous par Gérald Darmanin en décembre dernier, mais l’organisation a fait un recours devant le Conseil d’État le 17 janvier, un recours suspensif, ce qui fait que l’Alvarium existe toujours ainsi que son lieu associatif. Le 21 janvier dernier, des partisans d’Eric Zemmour se rassemblent dans une brasserie à Nîmes en vue d’un meeting de leur candidat. Des opposants tentent de déployer une banderole, ils se font immédiatement charger.
D’autres manifestants affirment avoir reconnu l’auteur des coups, un homme bien connu dans la région, Olivier Roudier. On ne le voit pas sur ces images, mais on reconnaît son père, Richard Roudier, qui se comporte comme le chef du service d’ordre d’Eric Zemmour, donnant des ordres aux gros bras. Or, Richard Roudier est un personnage sulfureux : c’est le fondateur, en 2010, d’un des mouvements les plus violents de France, la Ligue du Midi.
L’entourage d’Eric Zemmour ne veut pas répondre quand on lui demande si Roudier et des membres de son groupuscule fascisant étaient réellement chargés du service d’ordre ce jour-là. La Ligue du Midi, derrière le patriarche Richard, qui approche quand même les 75 ans, est un clan familial. L’homme a deux fils connus dans toute la région pour leur violence.
Olivier ne compte pas moins de 10 condamnations, principalement pour des agressions contre des Maghrébins, ou contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à un gauchiste. Quant à Martial, son frère, sa condamnation la plus grave remonte à 2013 : 4 ans de prison dont deux avec sursis pour avoir poignardé un antifa. À Montpellier, il y aussi l’histoire du commando qui était venu chasser des étudiants grévistes qui occupaient un amphi de la faculté.
Elle mérite qu’on s’y attarde un petit peu, parce qu’elle montre bien que, même s’ils sont très dangereux, les Roudier et leur Ligue du Midi bénéficient, semble-t-il, d’amitiés solides chez les notables de la région. Un éminent professeur de droit, Jean-Luc Coronel de Boissezon, faisait partie des gros bras : il a écopé de 8 mois de prison ferme. Le doyen de la fac, quant à lui, avait complaisamment laissé entrer le commando : le tarif a été de 6 mois ferme.
Le clan essaime sa violence dans toute la région. Par exemple, le 11 décembre dernier, le lieu associatif “la Barricade”, réputé de gauche, a été attaqué. Pas de blessés graves heureusement, mais parmi les témoins, plusieurs ont reconnu de jeunes militants ou, en tout cas, des proches de la Ligue du Midi.
Dans les autres grandes villes de France, c’est un petit peu plus calme mais l'ultra droite reste quand même présente. Dans cette ville, il n’y a pas eu d’incidents notables ces dernières années. À noter quand même l’apparition l’an dernier de “Bordeaux nationaliste”, on en a parlé pour leur participation à l’agression d’un militant de gauche à Toulouse.
Parmi les fondateurs du groupe, un homme qui a beaucoup voyagé en France et qui est considéré comme dangereux, un certain Tristan Arnaud, dit “Papon”, ça ne s’invente pas comme surnom, sur la photo de droite, il affiche un tee-shirt "Blood and honor", un groupe néonazi européen. C’est un hooligan fiché S, ancien membre du Bastion social néofasciste. Il a été condamné le 19 octobre 2018 à 3 ans de prison dont deux avec sursis pour agression.
Depuis, le groupe multiplie aussi les collages dans la ville. À Strasbourg, les habitants se souviendront longtemps de l’ouverture d’un bar associatif du Bastion social, l’Arcadia, le 9 décembre 2017. En fin de soirée, le président du mouvement à Strasbourg, Thomas Beauffret, participe à l’agression de passants d’origine maghrébine.
Beauffret est un extrémiste assumé. Le lieu a finalement été fermé en janvier 2018. Depuis, l’ultradroite semble être en sommeil après des années d’agitation violente.
Et puis, dans le coin, il y a aussi les ultras du foot, les Strasbourg Offenders, qui se disent nationalistes et qui sont en lien avec les Zouaves de Paris. Plus surprenant, une petite ville comme Albi, 50 000 habitants, est aujourd’hui touchée par le même phénomène, ce qui n’était jamais arrivé dans cette bourgade. Il est rare qu’Albi fasse parler d’elle, généralement c’est pour sa célèbre et majestueuse cathédrale rose.
Le 25 octobre dernier, cette sous-préfecture a connu une violente agression de l’extrême droite du Tarn. En plein jour, deux jeunes syndicalistes se sont fait rouer de coups. Les deux victimes disent avoir reconnu parmi leurs agresseurs un petit groupe apparu cette année : Patria Albiges.
L’un des fondateurs du groupe est Enguerrand Pacotte, un militant identitaire qui écume toute la région. Il y avait eu un signe avant-coureur de l’émergence d’une extrême droite locale, le 4 septembre dernier, lors d’une manif anti-pass, 4 gros bras avaient attaqué des militants libertaires, comme on le voit sur cette vidéo. Outre les petites villes d'ordinaires calmes, l’extrême droite fait parler d’elle dans des villes traditionnellement de gauche.
Toulouse, ville rose et bastion de la gauche, où jusqu’à présent l'extrême droite rasait les murs. Le 11 septembre dernier, lors d’une manif anti-pass, une quarantaine de militants d’extrême droite ont attaqué des militants d’extrême gauche. Aux côtés des agresseurs, mais ne commettant pas de violence, Richard Roudier, encore lui, le patron de la Ligue du Midi, comme on peut le voir sur cette photo.
Parmi les agresseurs, des membres du groupuscule de Bordeaux nationaliste ont été arrêtés, par un identitaire connu dans tout le sud-ouest, celui d’Albi, Enguerrand Pacotte, c’est l’homme qui paraît très énervé à gauche. Mis en déroute, les militants d’extrême droite ne sont plus réapparus, mais l’avertissement est sérieux. Et surtout, cet événement montre à quel point les différents groupes d’ultradroite d’une même région peuvent s’allier sur des actions communes.
Nantes est aussi solidement ancrée à gauche. Et pourtant, depuis deux ans et demi, l’ultradroite est apparue. Le 31 juillet 2021, au cours d’une manif anti-pass, des militants d’extrême droite attaquent ceux d’extrême gauche.
La bagarre est violente, et une photo révélée par le média Nantes Révoltée montre le numéro 2 du RN local, Wielfried Van Liempdt, frapper un antifa. L’homme prétend n’avoir fait que se défendre. À Lille enfin, les identitaires se sont également implantés et ont ouvert un bar, la Citadelle, dirigé par un certain Aurélien Verhassel.
En 2018, un journaliste d’Al Jazeera s’y est infiltré avec une caméra cachée. Il a pu enregistrer des propos racistes et des saluts nazis et assister à une agression d’une femme d’origine maghrébine. Après la diffusion du reportage, trois hommes seront condamnés en 2020 à du sursis, mais le lieu est toujours ouvert.
Paris est un cas très particulier. C’est la grande ville de France qui comprend le moins de nervis fascistes. Le seul groupuscule violent actuellement, ce sont “les Zouaves”, tout au plus quelques dizaines de personnes.
Ce groupe, c'est celui qui a agressé les militants antiracistes lors du meeting d'Éric Zemmour à Villepinte, et qui a, par la suite, été dissous. Dans les faits, le groupe est encore actif. Leurs forfaits sont nombreux : Ce sont eux qui ont dégradé l’intérieur de l’Arc de Triomphe en décembre 2018, lors de l’acte III des gilets jaunes.
L’un d’entre eux, Aloys Vujinovic, a été condamné à du ferme après une attaque du cortège du NPA à coups de pavés et de barres de chantier, en février 2019, et l’attaque du bar antifa le St-Sauveur le 4 juin 2020, entre autres. Même dissous, ils continuent de se vanter de différentes actions, comme la formation samedi 15 janvier, lors d’une manif anti-pass, d’un cortège nationaliste avec croix celtique, qui a agressé des journalistes de l’AFP. C’est aussi à Paris qu’est mort en 2013 Clément Méric, militant antifasciste tué par des skinheads d'extrême droite nationalistes.
Tous ces groupes dont nous avons parlé ne sont officiellement affiliés à aucun parti. Le Rassemblement National fait quand même attention à ne pas avoir en son sein des personnages trop sulfureux. Mais, selon l’expression à la mode, il y a des trous dans la raquette..
À Besançon, par exemple, il y a un certain Théo Giacone. Comme l’a révélé le media alternatif Disjoncteur, Giacone, c’est cet homme que l’on voit ici cagoulé façon Ku Klux Klan sur sa page Facebook. Il affiche aussi sa proximité avec le Vandal Besak, un groupe d’ultras d’extrême droite du stade.
Eh bien, c’est le même homme qu’on voit sur cette troisième photo poser tout sourire aux côtés du conseiller régional RN Julien Odoul. Mais pour le RN, il y a encore plus compromettant. Axel Loustau, conseiller régional RN d’île de France, est un des hommes de confiance de Marine le Pen : il a été le président de son association de financement.
En apparence, un élu tout ce qu’il y a de plus respectable, sauf qu’il manifeste parfois une certaine sympathie pour le nazisme. Ici, lors de son 40e anniversaire, il effectue un salut nazi ou au minimum un salut fasciste. Mais non, pour Loustau, il ne faisait que faire coucou à ses amis.
Il y a aussi cette assiette de riz un peu particulière postée sur le compte facebook d’Alex Soulatu, un anagramme d’Axel Loustau, avec la photo d’une ancienne élue du Front national. Quant à Éric Zemmour, c’est encore plus flagrant. On l’a vu, lors de son meeting à Villepinte, le groupe de cogneurs, les Zouaves avaient tabassé les militants de SOS racisme.
Autre exemple en Bretagne, le 29 octobre dernier, cet homme, Luc Tacher, qui est un ancien néo nazi, a coorganisé une signature de livre à Pleurtuit avec Éric Zemmour, en Ille et Vilaine, une information révélée par le média Nantes Révoltée. Et Éric Zemmour a aussi reçu le soutien des monarchistes de l’Action française, des anciens de Génération identitaire et de la Ligue du Midi. En fait, il draine derrière lui tous les groupes d’ultradroite les plus radicaux, ceux qui ont tourné le dos au Rassemblement National.
Marine Le Pen elle-même a pointé les néonazis qui gravitent autour d’Éric Zemmour. Mais il y a des gens autour d’Éric Zemmour qui sont des nazis ! …oubliant qu’ils sont pratiquement tous passés par son parti.
En France, l’extrême droite agresse et tue. Pour certains de ses membres, la violence est une doctrine politique et un mode de vie qu’ils mettent régulièrement en action. À travers le travail de Marine Le Pen, la droite de la droite, en apparence, s’est adoucie.
Elle parle de justice sociale aux milieux populaires et de pouvoir d’achat à la France rurale. Mais derrière le vernis du Rassemblement National et de Reconquête, il y a toujours des gens dangereux qui se sentent ragaillardis par les succès électoraux de leurs têtes de gondoles. Pour aller plus loin, il y a le site de Blast bien sûr, que nous alimentons régulièrement avec des articles sur l’extrême droite.
Je vous conseille également de lire Streetpress, qui fait un travail très complet sur le sujet. J’espère que cette vidéo vous a plu. N’hésitez pas à la partager, la commenter et à vous abonner.
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