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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 21 juin 2019 11 minActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

Déclaration à la presse au Conseil européen | Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a empêché l'accord ?

  • 0:20RelanceRéponse partielle

    Pourquoi cet échec ?

  • 2:30FerméeRéponse directe

    Quels sont les noms écartés ce soir ?

  • 3:00FerméeRéponse directe

    Vous pouvez les dire ?

  • 3:40OuverteRéponse partielle

    Alors, il a d'autres noms ?

  • 4:20FerméeRéponse directe

    Ces 3 noms sont rayés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:40Emmanuel MacronFait
    « Il est apparu clairement au Parlement d'une part, ce matin, cet après-midi, qu'il n'y avait pas de majorité possible sur les noms initialement considérés. »
  • 5:20Emmanuel MacronFait
    « Il n'y a pas de liste européenne. Il n'y a pas de demos européen tel qu'on l'a voulu. »
  • 7:20Emmanuel MacronFait
    « La France le passe dans ses dispositions législatives sur le plan national. »
  • 8:00Emmanuel MacronFait
    « Il faut que les personnes proposées aient à la fois une expérience, des compétences qui leur permettent de remplir ces fonctions en même temps qu'elles s'inscrivent dans l'agenda stratégique qui a été défini aujourd'hui. »
  • 8:40Emmanuel MacronPromesse
    « La France fera tout pour que l'Iran reste dans le cadre de JCPoA, donc de cet accord nucléaire, et ne commette aucun acte qui puisse mettre en cause, en quelque sorte, la sécurité collective qui est la nôtre. »
  • 9:20Emmanuel MacronFait
    « Je pense qu'on ne gagnera rien par l'escalade, en particulier l'escalade militaire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Qu'est-ce qui a empêché l'accord ? -E. Macron : Sur ? -Sur les noms. -E.

Macron : Alors, d'abord, on a eu...

Pardon ? -Pourquoi cet échec ? -E.

Macron : C'est vous qui dites ça. Moi, vous m'avez entendu tout à l'heure dire ce que j'attendais et vous savez quelle est ma position. J'ai pas le sentiment d'avoir vécu pour ma part un échec, parce que j'ai depuis le début une position claire sur les noms.

Il est apparu clairement au Parlement d'une part, ce matin, cet après-midi, qu'il n'y avait pas de majorité possible sur les noms initialement considérés. Si je ne le disais pas depuis plusieurs semaines, je pourrais, en effet, confirmer ce que vous venez de dire, mais cela ne m'étonne pas. Donc, maintenant, il faut, dans la semaine qui vient, construire le consensus pour, le 30 juin prochain, pouvoir avoir un accord qui permettra d'avoir cette équipe d'Europe qui porte ce projet, qui permet de rassembler les différentes familles politiques et qui porte une ambition commune.

Et, à mes yeux, il faut le faire de quelle manière ? Chaque institution, en prenant ses responsabilités, le Conseil européen a ses responsabilités à prendre, le Parlement a les siennes, l'un en élisant son président, chacun de son côté, pour le président du Parlement et le président du Conseil. Et puis, pour ce qui est du président ou de la présidente de la Commission et le haut ou haute représentant, eh bien, avec une proposition faite par le Conseil, et qui est ensuite à valider par le Parlement.

Et, à mes yeux, il faut qu'il y ait des équilibres certes politiques, mais aussi géographiques et de genre sur ces nominations. Moi, j'y tiens beaucoup. Et donc, dans ce cadre-là, il faut que, dans la semaine qui vient, on considère ces éléments et qu'on considère aussi des critères de compétences, je le dis depuis le début, c'est-à-dire qu'il faut que les personnes proposées aient à la fois une expérience, des compétences qui leur permettent de remplir ces fonctions en même temps qu'elles s'inscrivent dans l'agenda stratégique qui a été défini aujourd'hui et discuté cet après-midi.

Voilà, donc, je pense que cette étape était nécessaire, compte tenu du niveau de crispation qui avait été atteint en raison de cette obsession, en quelque sorte, d'une organisation partidaire qui ne correspondait pas à la réalité démocratique européenne. Néanmoins, la journée d'aujourd'hui a permis d'avancer sur plusieurs points. Moi, il y en a un qui me tenait à coeur, je vous le disais tout à l'heure, c'est le climat.

Nous avons, donc, sur le climat, confirmé, réitéré nos engagements d'application de l'accord de Paris avec, en particulier, la reconnaissance pour 24 Etats-membres de l'objectif de neutralité carbone 2050. Je rappelle qu'au mois de mars, nous étions 4, le Benelux, la France, que, en mai, à Sibiu, nous avons réussi à convaincre 8 Etats-membres et qu'on me disait : "Vous êtes tout seul, isolé, etc." Il y a aujourd'hui 24 Etats-membres qui étaient favorables à l'objectif neutralité carbone 2050.

Donc, quand on se bat, quand on avance, on arrive à élargir le club, on arrive à convaincre, on arrive à progresser, ce qui, pour crédibiliser notre engagement auprès de l'accord de Paris, de mise en oeuvre de l'accord de Paris, est absolument indispensable. Et donc ça, c'est un acquis de la discussion d'aujourd'hui, qui a été une longue discussion durant l'après-midi parce qu'il y avait évidemment des désaccords, et nous avons refusé d'affaiblir le texte, nous avons refusé, en quelque sorte, pour obtenir l'unanimité, de renoncer à cet objectif 2050, qui est indispensable, et dont je rappelle que la France le passe dans ses dispositions législatives sur le plan national. On a eu aussi des discussions sur les relations extérieures avec un point particulièrement important à mes yeux, qui est la solidarité que nous avons apportée à Chypre compte tenu des incursions dans leur zone économique exclusive de navires turcs. -Quels sont les noms écartés ce soir ? -E.

Macron : Mais les 3 noms qui étaient proposés. -Vous pouvez les dire ? -E.

Macron : Qui étaient sur la table, c'est-à-dire les 3 noms dits de Spitzenkandidat. Les 3 noms considérés ont été testés par Donald Tusk et il a considéré qu'il n'y avait pas de majorité sur ces 3 noms. -Alors, il a d'autres noms ? -E.

Macron : C'est tout ce qui a été lancé. Il y avait un processus...

J'aurais souhaité qu'on puisse évoquer plus tôt ces noms, je l'avais dit moi-même, mais le processus était en quelque sorte bloqué parce que les familles politiques se considéraient comme débitrices de ces accords initiaux. Ils sont maintenant levés ce soir, ce qui permet de relancer un processus... -Ces 3 noms sont rayés ? -E.

Macron : En tout cas pour la présidence de la Commission, puisque c'est ainsi que les choses étaient considérées, il est clair qu'il n'y a pas de majorité autour de la table du Conseil. De la même manière que, ce matin, il est apparu clairement qu'il n'y avait pas de majorité pour M. Weber. -Donc, c'est la mort du système du Spitzenkandidat, ce soir ? -E.

Macron : Mais ce système n'existe pas dans nos traités. Non, mais, je veux dire, on peut...

On peut s'obséder avec des choses qui sont des inventions de pratiques, mais les traités sont clairs en la matière. C'est au Conseil de proposer par une discussion et donc en regardant, en considérant la réalité politique qui sort du Parlement, et ensuite, en effet, d'avoir une approbation par le vote du Parlement, mais il n'a jamais été dit qu'il y avait des candidats qui étaient imposés à l'issue des élections européennes. Pourquoi ?

Parce qu'il n'y a pas de liste européenne. Il n'y a pas de demos européen tel qu'on l'a voulu. Et les mêmes qui ont voulu vous dire pendant des semaines "le Spitzenkandidat est une boîte dont vous ne pouvez pas sortir" sont les mêmes qui n'ont pas voulu les élections européennes.

Donc, c'est simplement un retour à la réalité institutionnelle de l'Europe et aux responsabilités de chacun, le Conseil a sa responsabilité à prendre. -Est-ce que vous pouvez débloquer la situation d'ici une semaine ? -E.

Macron : Moi, je considère que...

Moi, je suis très libre par rapport à l'avis des partis, je l'ai toujours été, en me tenant d'ailleurs aussi à l'écart de cela. Moi, je ne mets pas de veto ou je ne supporte pas un candidat parce qu'il appartient à un parti. Je l'ai dit, je tiens, moi, à des équilibres.

Je pense que nous devons avoir une équipe qui porte des équilibres femmes-hommes géographiques et qui a un niveau de compétences. Quand j'ai eu des réticences à l'égard de certains candidats, ou candidates, c'est en disant que, compte tenu de la mission qui était à remplir, les compétences ou l'expérience n'étaient pas au rendez-vous. Donc moi, je pense que, maintenant, il nous faut, dans la semaine qui vient, faire émerger les noms des personnes qui ont les qualifications requises pour remplir ces missions, et donc qui ont l'expérience par leur vie professionnelle et/ou politique et qui corresponde à ces équilibres. -Et quels sont ces noms ? -Michel Barnier ? -E.

Macron : Mais non, mais moi, je vais pas vous sortir un nom comme ça. Je souhaite qu'on ait une équipe. Et donc, l'objectif maintenant est d'avoir un accord sur une équipe.

Donc un accord d'ensemble. C'est à Donald Tusk de faire émerger ces noms par le processus, et c'est le mandat que nous lui avons donné, et on fera tout pour l'aider, pour qu'il y ait une équipe cohérente qui se fasse. Et cette équipe, elle doit incarner aussi, voilà, cette nouvelle ère de l'Europe. -M. le Président, ces 3 noms écartés, c'est la seule difficulté rencontrée ? -Donald Trump a dit : "L'Iran a fait une énorme erreur." Quelle est votre position ?

L'avez-vous évoquée ? Et craignez-vous un conflit et une montée en puissance ? -E.

Macron : Moi, je pense que, dans la région, notre responsabilité, et nous le faisons depuis le début, est d'appeler au calme. Il y a un accord qui a été signé en 2015, qui n'est pas suffisant, mais qui est un bon accord. Depuis le début, la France, avec d'ailleurs l'Allemagne et le Royaume-Uni, défend le maintien de celui-ci.

Je regrette très profondément les annonces qui ont été faites en début de semaine par l'Iran, suite d'ailleurs à ce qui a été dit début mai. Et la France fera tout pour que l'Iran reste dans le cadre de JCPoA, donc de cet accord nucléaire, et ne commette aucun acte qui puisse mettre en cause, en quelque sorte, la sécurité collective qui est la nôtre et nous faire revenir en arrière. Il y a eu, en effet, des faits qui ont été reconnus, un drone qui a été abattu, les Américains ont reconnu que ce drone était un drone qui leur appartenait.

Moi, j'invite toutes les parties au calme, à la mesure dans cette période. Je pense qu'on ne gagnera rien par l'escalade, en particulier l'escalade militaire. Et donc, tout ce qui est en notre pouvoir, nous le mettrons en oeuvre afin que les esprits restent, si je puis dire, au calme et qu'on traite les sujets de fond.

Ce que nous voulons, c'est préserver la sécurité collective de la région, celle en particulier de nos alliés, maintenir le maximum de garanties pour éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire et garantir la stabilité de la région, en particulier en Irak, Syrie, mais également au Liban, dont l'indépendance, si je puis dire, et la sécurité nous est aussi importante. Et donc, dans ce contexte-là, je pense que, le plus important, c'est d'éviter toute forme d'escalade, et c'est ce à quoi la France est attachée. -Est-ce que le drone était en zone internationale ou en zone iranienne ? -E.

Macron : Ce sont aux parties à l'évoquer précisément. -Ils ne sont pas d'accord. -E.

Macron : Et donc, les choses se clarifieront dans les prochaines heures. -Si vous allez proposer des nouveaux noms ou Tusk propose des nouveaux noms pour le candidat à la présidence de la Commission, est-ce que vous ne risquez pas une confrontation directe avec le Parlement européen ? -E.

Macron : Le mandat qui a été donné à Donald Tusk est un mandat qui consiste, d'une part à faire ces propositions, en lien avec l'ensemble des membres du Conseil, et précisément d'avoir une relation permanente avec le Parlement européen. Je crois que, dès demain, Donald Tusk s'attachera à parler, justement, aux différents chefs de groupe parlementaire. Il le fera aussi avant que nous ne nous retrouvions dimanche prochain.

Et donc, conformément, d'ailleurs, à la lettre et l'esprit de nos traités, le Conseil prendra ses responsabilités, mais en respectant le Parlement et en s'attachant à prendre en compte les réalités politiques de celui-ci. -Qu'est-ce qui a été difficile dans les discussions de ce soir ? -E.

Macron : Rien. Je pense qu'il y avait un processus de maturation et de révélation. Ce qui a été très long, c'est la discussion sur le climat, qui nous a fait commencer le dîner avec plus de 2 heures de retard.

Et donc, la discussion sur le climat cet après-midi a été très longue parce qu'il n'y avait pas unanimité. Et je crois que c'était une discussion importante parce qu'il y a eu une très large majorité d'Etats-membres, je le disais, 24 Etats-membres, qui ont refusé de reculer en termes d'ambition et qui ont fait un chemin important, on est passé de 4 à 24 de mars à juin, et qui ont dit : "Compte tenu du contexte international, "compte tenu de la réalité climatique, "compte tenu de nos engagements, de ce que l'Europe est attendue "au G20 la semaine prochaine, à l'assemblée générale "des Nations unies en septembre, au G7 à la fin du mois d'août, on doit prendre nos responsabilités." Et les 4 pays qui étaient plus réticents, on leur laisse un peu de temps, on reconnaît leur dissensus, mais ils ne peuvent pas bloquer cette avancée, et donc la neutralité carbone 2050 a bien été affirmée. -Certains observateurs ont-ils tort d'y voir la preuve de dissensions avec la chancelière allemande Angela Merkel ? -E.

Macron : Oui, parce que je crois profondément que les noms qui ont été débattus aujourd'hui ne l'ont pas été en fonction de leur nationalité. J'ai eu l'occasion d'ailleurs de le dire moi-même. Je n'ai rien contre une candidature allemande.

Je l'ai dit, et ça n'était pas une boutade, la chancelière aurait elle-même été candidate, je l'aurais soutenue, parce que je pense qu'elle a les qualités, les compétences pour être une très bonne présidente de la Commission. Ca n'est pas son souhait, je le respecte très profondément. Mais c'est aujourd'hui ce que les systèmes des partis politiques ont fait émerger qui a été questionné.

Et donc il ne faut pas y voir du tout un débat franco-allemand, il faut y voir un vrai débat démocratique, politique et de projets au sein de l'Union européenne. Très bien. Merci à vous.

Bonne nuit. A demain. -A demain matin. -E.

Macron : Pour la zone euro.