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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 30 avril 2013 244 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

10 raisons de se libérer de l'Union Européenne

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 24 %Attaque 65 %Défensif 11 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:04Invité politiqueFait
    « « Pour résumer, les gens ont le sentiment qu'au fond d'eux-mêmes, peu importe leur vote, les gens qu'ils élisent appliquent de toute manière tous la même politique ». »
  • 4:56Invité politiqueFait
    « « Quand les Français votent à droite, ils ont un gouvernement de droite. Et quand ils votent à gauche, ils ont un gouvernement de gauche ». »
  • 16:54Invité politiqueFait
    « « Les élections nationales dans un État particulier ne peuvent plus rien changer, d'autant plus que les décisions prises par la Commission s'imposent ». »
  • 38:30Invité politiqueFait
    « « On n'a jamais demandé aux Français : « Êtes-vous d'accord pour faire disparaître la France ? » ». »
  • 56:09Invité politiqueFait
    « « La dette publique ne fait que croître de façon irrésistible ». »
  • 57:00Invité politiqueFait
    « Nicolas Sarkozy avait été élu d'ailleurs pour faire diminuer la dette. Et en réalité, non seulement il ne l'a pas fait diminuer, mais il l'a fait exploser. »
  • 1:00:20Invité politiqueChiffre
    « La dette publique, au même moment, a augmenté de 600 milliards d'euros. »
  • 1:02:06Invité politiqueChiffre
    « M. de Villepin, Premier ministre, a vendu les autoroutes françaises. Ça a rapporté 11 milliards d'euros à la France. »
  • 1:06:03Invité politiqueChiffre
    « En 1962, il y avait 3 millions d'agriculteurs français. En 1970-1971, ils étaient tombés à 1,6 million, 1 million en 1990, 627 000 à peu près en 2000. En 2008, ils étaient 540 000. »
  • 1:11:36Invité politiqueChiffre
    « Au cours des 40 dernières années, les prix des produits agricoles français ont baissé de -60% en monnaie constante. »
  • 1:12:21Invité politiqueChiffre
    « Actuellement, nous comptons en France 400 à 500 suicides d'agriculteurs par an, c'est-à-dire plus de 1 par jour. »
  • 1:37:55Invité politiqueChiffre
    « Depuis 2008, l'euro, par rapport au dollar, a perdu 25% de sa valeur. »
  • 1:52:38Invité politiquePromesse
    « Si nous voulons sauver nos emplois, sauver l'industrie française, sauver notre savoir-faire industriel, préserver notre niveau de vie, empêcher l'appauvrissement très rapide de la population française, alors il faut que la France sorte de l'euro au plus vite pour récupérer la maîtrise de sa politique monétaire. »
  • 1:53:20Invité politiqueFait
    « ces traités dont M. Mélenchon ne veut pas parler parce qu'il a peur des caméras, paraît-il. Mais il a pas seulement peur des caméras. Il a aussi peur de ses électeurs, puisqu'il ne le leur dit dans aucune conférence publique. »
  • 1:54:27Invité politiqueChiffre
    « Le TFUE précise dans son article 67 que l'UE « assure l'absence de contrôles des personnes aux frontières intérieures ». »
  • 1:55:44Invité politiqueFait
    « Tous les États du monde gèrent l'entrée sur leur territoire, à commencer d'ailleurs par les États-Unis d'Amérique, que l'on nous présente constamment comme étant le paradis, le modèle du XXIe siècle. »
  • 1:58:30Invité politiquePromesse
    « nous voulons un grand débat où on met tout sur la table sur les questions d'endettement public et de voir si le concept de dette odieuse ne peut pas s'appliquer à tout ou partie de l'endettement dont nous souffrons »
  • 1:59:47Invité politiqueChiffre
    « l'article 79 du TFUE prévoit justement que c'est l'UE qui fixe les orientations en matière de « regroupement familial », qui régisse la « liberté de circulation et de séjour », qui règle les problèmes d'« immigration clandestine » »
  • 2:01:50Invité politiqueChiffre
    « « Pourquoi des sans-papiers ? Voici 20 ans que la situation ne fait qu'empirer. L'augmentation massive du nombre des visas délivrés par les pays de l'UE depuis plusieurs années est à l'origine de l'accroissement de l'immigration illégale dans notre pays ». »
  • 2:07:58Invité politiqueFait
    « les traités européens favorisent une agriculture hyper-productiviste. Donc de plus en plus de pesticides dans la consommation »
  • 2:10:07Invité politiqueFait
    « l'UE oblige les États à introduire les OGM – vous le savez – suite notamment au lobbying de Monsanto et de BASF. »
  • 2:11:23Invité politiqueFait
    « Vous allez voir des lobbyistes. Alors vous allez voir un chef de bureau, un burlingue au fond de... Qui doit être – je sais pas, moi – letton, sa secrétaire étant espagnole et puis le chauffeur étant français, ou je sais pas quoi. »
  • 2:14:31Invité politiqueFait
    « la Commission européenne, comme vous le savez, a décidé de réintroduire les farines animales, qui étaient pourtant responsables de la maladie de la vache folle. »
  • 2:17:56Invité politiqueFait
    « ils ont découvert qu'elles avaient été coupées de 19 tonnes d'huile de moteur. L'huile de moteur, c'est un hydrocarbure. »
  • 2:20:03Invité politiqueChiffre
    « la Commission européenne a autorisé l'huile de moteur, à hauteur de 10%. »
  • 2:23:11Invité politiqueFait
    « une grande campagne d'information mondiale avait été lancée pour paniquer les populations et pour acheter du Tamiflu. Et le Tamiflu, donc, en France, a été relayé par l'UE sur la grippe aviaire. »
  • 2:48:12Invité politiqueFait
    « Nous, on n'a pas le droit au schéma de la falaise, donc on pousse. Ça, c'est le schéma Irak, Libye, etc. »
  • 2:48:54Invité politiqueFait
    « M. de Villepin a vendu les autoroutes publiques françaises pour 11 milliards d'euros à Vinci. »
  • 2:56:33Invité politiquePromesse
    « Nous avons prévu que tout établissement financier ayant besoin d'un secours de l'État sera ipso facto nationalisé. »
  • 2:58:32Invité politiquePromesse
    « Il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment l'article 106 du TFUE. »
  • 2:59:14Invité politiqueFait
    « La Commission doit surveiller l'évolution économique dans chacun des États, la conformité des politiques économiques avec les grandes orientations. »
  • 3:03:55Invité politiqueFait
    « Tous les 6 mois, nous avons vu qu'il y avait des médicaments qui étaient déremboursés par l'État, par la Sécurité sociale. »
  • 3:41:20Invité politiqueFait
    « Les tirailleurs sénégalais, on a bien été contents de les trouver, à la Première Guerre mondiale et à la seconde aussi. »
  • 3:42:04Invité politiqueFait
    « La construction européenne est une construction racialiste. Elle n'est fondée sur rien d'autre de logique que la prétendue appartenance à un même monde blanc. »
  • 3:47:25Invité politiquePromesse
    « Nous devons sortir de l'UE, parce que son principe même, au XXIe siècle, a volé en éclats. »
  • 3:50:19Invité politiqueFait
    « La France vise à l'universel. Nous devons redonner à la francophonie tout son sens pour en faire un pôle d'équilibre et de civilisation dans le monde. »
  • 3:52:20Invité politiqueFait
    « L'État membre doit négocier une sortie, une procédure de sortie avec les autres. Donc c'est une obligation de négociation. »
  • 3:53:36Invité politiquePromesse
    « Notre programme de libération nationale, c'est la sortie urgente de l'euro, la réattribution à la Banque de France de son rôle normal de financement de l'État. »
  • 3:58:22Invité politiqueFait
    « Vous n'avez finalement jamais pu faire autant de politique qu'en ce moment, puisque c'est au moment même où tout le monde croit qu'il n'y a plus de politique que renaît la politique. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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0:12
François Asselineau

Alors la conférence de ce soir, c'est une conférence que j'ai commencé à présenter il y a environ 3 ans. Ceux qui la connaissent déjà pourront le remarquer : il y a certains passages qui ont été mis au goût du jour, un petit peu modernisés. Mais dans son essence, dans sa qualité intrinsèque, c'est toujours la même conférence. (François Asselineau - président de l'Union populaire républicaine) Alors j'insiste là-dessus, parce que je tire – je l'avoue – une certaine fierté au fait que... Je crois que c'est une preuve d'honnêteté intellectuelle.

C'est que les conférences que j'ai prononcées circulent toujours depuis 6 ans sur Internet, comme la Charte fondatrice de notre mouvement, qui a été adoptée le 25 mars 2007, est toujours inchangée, sans aucune virgule modifiée, depuis 6 ans. Et si de plus en plus de gens adhèrent à notre mouvement, c'est justement parce qu'ils se rendent compte que, si vous permettez cette expression un petit peu triviale, ça tient la route. Voilà. C'est-à-dire que 6 ans après, c'est toujours la même chose que nous disons. C'est toujours de plus en plus vérifié par les événements.

C'est à comparer à ce que vous proposent tous les autres partis politiques français qui ne cessent que de changer constamment leurs propositions, leurs analyses au gré des événements. Évidemment, maintenant que c'est une catastrophe dans l'Europe, il y a de plus en plus de mouvements qui commencent à se rapprocher de ce que nous, nous disons. Bien sûr, bien sûr. Mais à qui devez-vous faire confiance ? Alors ces 10 raisons... Je vais commencer tout de suite parce que c'est une conférence très longue. La première raison a été notamment très singulièrement modifiée pour faire ressortir un nouvel argumentaire.

C'est en fait l'argumentaire que j'ai présenté la première fois il y a quelques jours devant des élèves polytechniciens. Je leur ai fait un petit cours de maths, si je peux me permettre. Donc je vais faire pareil. Vous allez voir, je trouve que derrière le... C'est assez intéressant. La raison n°1, c'est qu'il faut rétablir la démocratie en rendant leur sens aux élections. Je me plais à souligner que j'ai un de nos adhérents, qui est de Côte-d'Or, qui a fait pour moi... Qui travaille dans une entreprise de transport, qui rencontre beaucoup de gens et qui a fait une petite enquête il y a quelques jours, une espèce d'enquête de terrain.

Je me suis demandé : mais pourquoi, finalement, est-ce que nos concitoyens ne s'intéressent plus à la politique ? Donc il a fait une enquête un peu micro-trottoir parmi tous ses collègues de travail, etc., beaucoup de gens qu'il a rencontrés. Et donc il m'écrit... Ce qui d'ailleurs est la confirmation de ce que je n'ai cessé de dire depuis plusieurs années, ce que vous sentez tous d'ailleurs intuitivement. « Pour résumer, les gens ont le sentiment qu'au fond d'eux-mêmes, peu importe leur vote, les gens qu'ils élisent appliquent de toute manière tous la même politique ». Voilà.

« Tous font de belles promesses pendant la campagne électorale, puis une fois élus, placent leurs copains au pouvoir en oubliant leur programme ». C'est Alexandre, de Côte-d'Or, qui a fait cette analyse, et puis aussi toute une série de réactions enregistrées. On a un homme de 35 ans. « Pourquoi est-ce que vous ne vous intéressez pas à la politique ? ». Réponse : « Parce qu'ils se foutent de nous. C'est de la fumisterie. Ce qu'ils veulent, c'est la place et placer les copains et les copines ». Un autre, âgé de 40 ans : « Parce qu'ils nous prennent pour des cons. Ils nous racontent ce qu'ils veulent sans oublier de nous mentir ».

Et autre personne sondée âgée de 39 ans : « Parce qu'ils nous disent tous la même chose, ils promettent tous la même chose, que c'est toujours les mêmes qui se serrent la ceinture, et qu'ils n'appliquent pas à eux ce qu'ils demandent à nous de faire ». Un autre encore : « C'est tous des menteurs. Ils ne tiennent pas leur parole. Ils sont emprisonnés dans un système ». Un autre encore, âgé de 34 ans : « Ils sont tous pareils. Ils veulent tous la place. Ils promettent tout. Et une fois qu'ils ont la place, ou ils reviennent sur ce qu'ils ont dit, ou ils se laissent manipuler ». Un autre de 26 ans : « Je n'arrive pas à trouver de parti qui adhère à mes idées.

Et je ne crois plus en aucun parti en place ». Un autre âgé de 19 ans : « Parce que vis-à-vis des autres, je n'ai pas assez de connaissances dans la politique pour apporter mes idées. Et je ne m'y intéresse pas par manque de temps ». Enfin voilà. Donc il y a une très grande partie de nos compatriotes qui sont absolument dégoûtés, qui ont le sentiment que leur vote ne sert plus à rien. Alors ce que je voulais dire en préambule, c'est que c'est effectivement le problème n°1 : c'est la fin de la démocratie. Et je voulais voir avec vous, vous expliquer qu'il s'agit d'abord d'un problème mathématique avant même d'un problème politique. On va examiner tous ensemble ce problème mathématique.

Je vais essayer de vous le présenter d'une façon simple. Ça a été en tout cas validé par les étudiants de Polytechnique. Ensuite, ils n'ont pas bronché. Au contraire, ils ont trouvé ça intéressant. Quand vous avez un seul État indépendant, si un État est indépendant, sa politique est tout le temps cohérente. C'est-à-dire que vous avez un gouvernement soit de gauche, soit de droite. Il est vrai que dans certains cas – ça dépend des pays –, on peut avoir une cohabitation institutionnelle. Mais c'est quand même assez rare. Donc quand les Français votent à droite, ils ont un gouvernement de droite. Et quand ils votent à gauche, ils ont un gouvernement de gauche.

C'est comme ça que ça s'est passé sous De Gaulle ou sous Mitterrand. Il n'y avait pas de malaise politique lorsque les Français ont élu Mitterrand en 1981. Les gens de droite étaient furieux. Les gens de gauche étaient enchantés. Mais personne ne disait qu'il n'y avait plus de démocratie en France. Donc la probabilité d'une politique cohérente de droite ou cohérente de gauche, c'est – on va le voir pourquoi ensuite – 1. 1, c'est-à-dire (0,5)^0. (50%)^0 = 1. On va voir pourquoi. Je sais pas si un peu d'entre vous sont mathématiciens.

Maintenant, si vous avez 2 États, 2 États que l'on force à adopter une politique commune, par exemple l'Allemagne et la France, vous avez une première possibilité. C'est qu'il y ait en France un gouvernement du PS et en Allemagne un gouvernement de la chrétienne démocratie, c'est-à-dire l'équivalent de l'UMP, la CDU, ce qui se passe par exemple actuellement : M. Hollande en France et Mme Merkel en Allemagne. Donc vous avez une incohérence, puisque vous avez un gouvernement de gauche et un gouvernement de droite. Maintenant, vous pouvez avoir une autre formule. C'est le PS en France, parti socialiste en Allemagne.

Donc vous allez avoir cette fois-ci une cohérence de gauche, si on force à avoir la même politique commune entre les 2 États. Et puis vous avez une autre possibilité. C'est l'UMP... Je simplifie à l'extrême, bien entendu. Je simplifie uniquement sur un simple clivage droite-gauche. L'UMP en France, parti socialiste en Allemagne : incohérence cette fois-ci droite-gauche. Et puis enfin UMP en France, CDU en Allemagne. Et cette fois-ci, on aura cohérence de mouvements de droite.

Ça veut donc dire que sur ces 4 possibilités, eh bien nous aurons 2 possibilités de cohérence, de politique cohérente au niveau de la fusion de ces 2 États : soit une politique de droite, soit une politique de gauche, et deux incohérences. Ça veut donc dire que la probabilité d'une politique cohérente de droite ou de gauche dans un attelage de 2 États, c'est de (0,5)^1, c'est-à-dire 0,5, 50% de chance. Maintenant, si on a 3 États que l'on force à adopter une politique commune : la France, l'Allemagne et l'Espagne, alors là, les possibilités vont se multiplier.

Première possibilité : le PS de gauche en France, CDU de droite en Allemagne et Partido Popular, le Parti populaire de droite en Espagne. On aura incohérence gauche-droite-droite. On peut avoir PS, CDU et le parti socialiste espagnol. On aura incohérence gauche-droite-gauche. On peut avoir PS, SPD et Parti populaire espagnol. On aura incohérence gauche-gauche-droite. On peut avoir PS, SPD et parti socialiste espagnol. Là, on aura cohérence. On aura cohérence gauche-gauche-gauche. On peut avoir UMP en France, la CDU et le Parti populaire, c'est-à-dire droite-droite-droite. Ça sera cohérent. Mais on peut avoir l'UMP, la CDU et le parti socialiste espagnol.

Ça sera incohérent : droite-droite-gauche. On peut avoir l'UMP, le SPD et le Parti populaire. Ça sera incohérent droite-gauche-droite. Et enfin, on peut avoir l'UMP, le SPD et le parti socialiste espagnol. Ça sera incohérent droite-gauche-gauche. Vous voyez, c'est très intéressant d'un point de vue mathématique, parce que ça veut dire que là, maintenant, avec 3 États, on a 8 possibilités. Il n'y a plus que 2 sur les 8 de politique cohérente : soit une politique entièrement de droite, soit une politique entièrement de gauche. Sinon, c'est une politique totalement incohérente.

Donc la probabilité d'une politique cohérente soit totalement de droite, soit totalement de gauche dans un attelage de 3 États est donc de (0,5)^2. Ça ne fait plus que 0,25, 25 chances sur 100. Alors je vais pas passer toute la journée à faire les choses. Je vais maintenant basculer en termes théoriques, mathématiques. En termes théoriques, il faut raisonner ce passage en termes mathématiques. Ceux qui sont rétifs aux mathématiques me font confiance. Les autres dressent l'oreille. En fait, si on a n états, n étant supérieur ou égal à 1, à un instant donné, il y a 2^n possibilités pour les n-uplets de gouvernements, en supposant qu'il n'y en a que deux par État : gauche et droite.

C'est la supposition de départ, parce qu'en fait, c'est beaucoup plus compliqué, comme je vais le dire dans un instant. Ça veut donc dire que seuls 2 n-uplets permettent une politique cohérente : le n-uplet G-G-...-G-G, tout est à gauche, ou bien D-D-...-D-D, tout est de droite. Donc puisque les éventualités de politique cohérente et de politique incohérente ne se recoupent pas, la politique est incohérente pour les (2^n)-2 n-uplets restants, ce qui donc fait une probabilité d'avoir une politique cohérente qui est de 2/2^n = 1/(2^(n-1)) = (0,5)^(n-1).

On retombe de façon mathématique – un petit peu compliquée, peut-être, pour certains d'entre vous, mais ça parle aux polytechniciens – sur cette règle empirique qu'on avait découverte ensemble au cours des 3 premiers exercices, avec 1, 2 et 3 États. Alors c'est évidemment très important, cette petite découverte que je vous propose, parce qu'en première approximation, la probabilité d'avoir une politique cohérente de droite ou de gauche dans un attelage de n États est donc de (0,5)^(n-1). Et encore, on simplifie à l'extrême. On dit « seulement la droite ou seulement la gauche ».

Donc c'est un calcul exagéré non favorable, car il postule implicitement d'abord que les choix sont binaires : droite, gauche dans chaque pays. En pratique, c'est beaucoup plus compliqué. Il y a les écologistes, l'extrême-droite, l'extrême-gauche, etc. Deuxièmement, ça postule que les gauches et les droites ont des programmes compatibles selon les États, ce qui est totalement faux. La gauche, ce qui reste de la gauche française ou la gauche britannique n'a rien à voir avec par exemple la gauche grecque. Donc ils ne sont pas même d'accord entre eux. Donc on simplifie. C'est vraiment une vision totalement simplifiée.

Et enfin, un autre élément décisif qui vient simplifier mon analyse, c'est qu'on suppose qu'il n'y a pas d'opposition supplémentaire entre les intérêts nationaux, ce qui est archi-faux, parce que ce qui prime avant toute chose, avant la droite et la gauche, c'est d'abord les intérêts nationaux. La gauche – par exemple – slovaque, la gauche polonaise ou la gauche des pays de l'Est n'a pas du tout les mêmes intérêts que la gauche des pays de l'Ouest européen, par exemple en matière de lutte contre les délocalisations. Néanmoins, et en restant sur cette grande simplification que je vous propose, on peut quand même en tirer une conclusion qui est assez phénoménale.

Pour 6 États, l'Europe des 6, celle que nous avons connue à partir de 1957, eh bien la probabilité d'une politique cohérente droite, gauche – avec mes simplifications –, c'était de (0,5)^5 = 0,031, 3,1%, ce qui signifie qu'on pouvait avoir une probabilité d'avoir une politique cohérente de 3 ans sur un siècle. Il s'agissait de l'Europe des 6. Mais l'Europe des 27... Pour 27 États, la probabilité d'une politique cohérente soit entièrement de droite au niveau des 27, soit entièrement de gauche, elle est actuellement de (0,5)^26, c'est-à-dire de – excusez-moi – (NDLR : 0,000 001 490) chance sur 100, c'est-à-dire très exactement une demi-journée tous les 100 000 ans.

C'est une dédicace spéciale que je fais à M. Mélenchon, qui nous propose une Europe de gauche, ou à M. Cohn-Bendit, qui nous propose une Europe écologiste. J'y reviendrai, parce que la probabilité est infinitésimale. C'est évidemment très important à comprendre. Je vous montre ici que de toute façon, nous serons bientôt – au 1er juillet – 28 États, puisque la Croatie va se joindre à nous. Et donc à ce moment-là, la probabilité d'avoir une politique cohérente soit entièrement de droite, soit entièrement de gauche au sein de l'UE tombera à (0,5)^27, c'est-à-dire (NDLR : 0,000 000 745) chance sur 100, c'est-à-dire 6h30min tous les 100 000 ans.

Les conséquences sont évidemment considérables, parce qu'au-delà de la mathématique, ça se traduit bien dans la réalité des événements. La conséquence, c'est qu'il est mathématiquement impossible d'avoir une politique cohérente au sein de l'UE. La probabilité est infinitésimale. Ça veut donc dire que les institutions européennes sont en situation de cohabitation droite-gauche permanente ! C'est d'ailleurs le cas en ce moment. Vous voyez actuellement le Conseil européen, c'est-à-dire les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'UE.

Il y en a (NDLR : 14) qui sont de droite, du Parti populaire européen : Portugal, Espagne, Allemagne, Luxembourg, Pologne, Suède, Finlande, Lettonie, Irlande, Hongrie, Roumanie, Grèce, Malte et puis n'oublions pas l'île de Chypre, qui est un petit peu sur le départ. Et puis nous avons (NDLR : 5) gouvernements de gauche, qui sont relatifs au Parti socialiste européen : la France, la Belgique, le Danemark, la Slovaquie et l'Autriche. Et puis nous avons... Parce que mon schéma était très simplificateur. J'étais uniquement droite-gauche. Sinon, ça serait très complexe à vous présenter. Ça n'est déjà pas tout à fait simple.

Donc maintenant, vous en avez 2 qui sont des libéraux-démocrates, donc en Estonie et aux Pays-Bas, l'équivalent du centre. Vous en avez 2 qui sont du groupe conservateur et réformiste, c'est-à-dire on pourrait appeler ça des souverainistes light, légers. C'est le gouvernement de M. Cameron en Grande-Bretagne et du gouvernement tchèque : le gouvernement tchèque qui a refusé d'adopter l'euro et le gouvernement de M. Cameron qui a annoncé un référendum sur la sortie de l'UE. Et puis vous en avez 4 qui sont des partis indépendants. Donc vous voyez que c'est une illustration exacte de ce que je vous présentais.

Au passage, il y a beaucoup moins de chances d'avoir une politique monocolore cohérente au niveau de l'UE que de gagner le gros lot au Loto. Donc ceux qui vous font croire à une autre Europe sont exactement les mêmes arnaqueurs que le Loto, qui vous fait croire toutes les semaines que vous allez gagner le gros lot. Donc vous jouez. Vous pouvez jouer 40 ans, 50 ans de votre vie. Alors oui, il y a une fois, une personne... On sait qu'il y a quelqu'un qui gagne le gros lot. Mais c'est jamais vous, parce qu'en réalité, la probabilité était infinitésimale. Mais la probabilité de voir au sein de l'UE une seule et même Europe, une Europe sociale, par exemple, elle est nulle.

Je vous l'ai dit : 6h30 tous les 100 000 ans, et dans une première approximation. Dans une première approximation parce que les conséquences de tout ça, c'est qu'il y a cohabitation droite-gauche permanente indifférente aux élections nationales. Les Français ont voté à gauche. Ça n'a rien changé au fait que les autres pays, eux, n'avaient pas voté. Donc il n'y a pas de politique du tout. Ça ne change rien. À Bruxelles, c'est le règne des lobbys qui s'installe, puisque de toute façon, le gouvernement de l'UE, la Commission, est systématiquement mélangée de droite et de gauche.

Et lorsque par exemple un pays comme la France bascule – si l'on peut appeler ça une bascule – de droite à gauche, au même moment, l'Espagne a basculé de gauche à droite, à quelques mois près. Donc on a face à nous une espèce de Rubik's cube insoluble qui fait qu'à chaque fois, vous avez une impossibilité d'avoir tous les pays de la même couleur. Encore une fois, à supposer que même s'ils étaient tous à gauche, ils étaient d'accord, ce qui ne serait pas le cas, parce qu'il y a par exemple les intérêts nationaux. Mais je simplifie à l'extrême le raisonnement.

Donc les élections nationales dans un État particulier ne peuvent plus rien changer, d'autant plus que les décisions prises par la Commission s'imposent. Et vous savez que tous les choix stratégiques sont décidés par l'UE. C'est très exactement ce que constatent les Français. Ils sont furax parce qu'ils ont voté pour Sarkozy en pensant que Sarkozy allait changer, allait améliorer le système, allait diminuer l'endettement, etc. Ils se sont aperçus que ça ne changeait rien. Après ça, ils étaient tellement furax contre Sarkozy qu'ils ont voté pour Hollande en disant : « Avec Hollande, quand même, on va enfin défendre les travailleurs, on va enfin lutter contre les délocalisations ».

C'était il y a 10 mois. Maintenant, on n'a jamais vu un président de la République sombrer aussi vite dans des abîmes d'impopularité, parce que les Français de gauche, qui se disent... Encore une fois, c'était cette petite étude qui a été faite donc sur le terrain. C'est ce que disent les gens. Ils sont furax. Mais ils sont furax, on ne leur dit pas pourquoi. Moi, je suis assez volontiers prêt à dédouaner un petit peu M. Sarkozy, M. Hollande. Je ne les dédouane pas, parce qu'ils sont coresponsables, puisqu'ils refusent de dire ce que je vous dis. C'est donc qu'ils sont complices de cette situation, de ce théâtre d'ombres dans quoi on a transformé la démocratie.

Mais en gros, c'est fondamentalement parce qu'ils appartiennent, ils soutiennent un système qui, de toute façon, vide de sens les élections nationales. Donc du coup, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que les électeurs réalisent progressivement, élection après élection, qu'il ne sert plus à rien de voter à droite ou de voter à gauche, car cela ne change rien à la politique subie, qui est justement imposée par les institutions européennes. Du coup, l'abstention ne fait que grimper, élection après élection. C'est exactement ce que l'on observe, d'ailleurs. Ça, c'est le pourcentage de l'abstention aux élections européennes en France.

Aux premières élections, en 1979, il y avait 42,5% d'abstention, ce qui était déjà considérable. Ça montre que déjà, à l'époque, beaucoup de Français s'en désintéressaient, comprenaient pas d'ailleurs ce qui se passe au Parlement européen. D'ailleurs, c'est vrai qu'ils ont des excuses. On peut les comprendre, puisque comme je l'explique souvent, nous avons affaire à – pour la première fois dans l'histoire de l'humanité – une dictature qui s'impose par l'ennui et la complexité. D'ailleurs, quand vous êtes... Autour de vous, si vous parlez à des amis, de la famille : « Ah dis donc, tiens, je vais te parler d'un truc. Tu sais, j'ai appris... Là, j'ai écouté une conférence d'un type.

Là, il dit, il parle de l'article 63 du TFUE qui interdit les... »... « Oh là là, oh, oh, oh, oh, oh ! Eh ! Tu me prends la tête, là ! Qu'est-ce que c'est que ça ? Non, non, non, non, c'est compliqué, là. Moi, je... » Les gens ne veulent pas. Nous avons donc l'affaire... C'est vraiment très intéressant. Je le disais déjà hier soir. Ça renvoie Staline, Hitler, tous les grands dictateurs du monde au rang d'amateurs. On a pour la première fois une dictature qui s'impose par l'ennui et la complexité. C'est tellement compliqué, c'est tellement emmerdant que les gens ne veulent pas en entendre parler. Voilà. Alors ça, c'était l'évolution donc de l'abstention.

Il est intéressant de le croiser avec l'évolution du pourcentage de députés français parmi les députés au Parlement européen. Et vous voyez que le pourcentage de députés français a diminué au fur et à mesure des élargissements. En 1979, il y avait encore à peu près 1 député au Parlement européen sur 5 qui était français. C'était avant tous les élargissements. Maintenant, on est tombés à moins de 10 en 2009, avec les élargissements aux 10 pays de l'Est en (NDLR : 2004) et puis à la Roumanie, à la Bulgarie en 2007. Donc vous voyez : la courbe entre les deux est intéressante. Elles sont en miroir.

Ça montre que plus la France est diluée dans cette tour de Babel incompréhensible et plus les Français se désintéressent de ce qui s'y passe. Plus le temps passe, plus l'Europe s'élargit, plus les Français s'en désintéressent. À ce rythme... Vous avez ici une droite de régression linéaire. C'est un peu mathématique, ma conférence, aujourd'hui. Eh bien à ce rythme, l'abstention devrait mathématiquement atteindre 100% dans 63 ans. C'est-à-dire qu'aux élections de 2074, il n'y aurait plus une seule personne qui irait voter. Ça se passera évidemment pas comme ça, puisqu'il y a un proverbe qui s'applique – vous savez – en termes boursiers. On dit : « Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ».

Ça s'applique également en termes de politique, en termes d'histoire. Voilà. Il y aura forcément... On lit dans ces évolutions : il y aura forcément une rupture quelque part. On ne peut pas avoir en 2074 des élections continentales où plus personne ne va voter. Alors ce que je vous montrais, c'étaient des élections européennes. Mais le syndrome se répand maintenant à toutes les élections. J'ai pris ici les élections cantonales. C'est l'antithèse même des élections européennes. C'est l'élection de proximité par excellence, avec les municipales. Ce sont les conseillers généraux. C'est par canton. C'est vraiment la France rurale.

Eh bien c'étaient des élections qui étaient absolument insubmersibles au phénomène de l'abstention, puisqu'on voit que de 1976 jusqu'à 2008... Vous savez, c'est des élections qui ont lieu tous les 3 ans : une moitié de la France puis l'autre. Eh bien on avait une abstention qui était aux alentours de 30 à 35% des voix. Autant dire que c'était vraiment très régulier. Il n'y avait eu qu'une seule exception. C'était en 1988, où il y avait eu 50,9% d'abstention, parce que c'était une année tout à fait particulière où les Français avaient été convoqués aux urnes constamment. Ils avaient dû voter au premier tour de l'élection présidentielle de 1988. Vous vous rappelez certainement.

Mitterrand a fini par être réélu. Deuxième tour de l'élection présidentielle de 1988, premier tour de l'élection législative de 1988, deuxième tour de l'élection législative de 1988. Il y avait eu en plus de ça, pour couronner le tout, le référendum sur la Nouvelle-Calédonie. Donc du coup, les Français voulaient plus aller voter. C'est d'ailleurs pour ça que maintenant, on évite d'avoir trop de scrutins nationaux la même année. Donc si on enlève ce pic, vous voyez que c'était en gros très très linéaire. Et puis on a eu ce phénomène inouï de 2011, qui a laissé pantois les spécialistes politiques. C'est que d'un seul coup, on a eu 56% d'abstention aux élections cantonales.

C'est du jamais vu depuis la Révolution française, à une élection cantonale. Donc ça veut dire que même maintenant, cette élection qui est quand même très proche du peuple... Eh bien désormais, les gens ne veulent plus aller voter, les gens sont dégoûtés de la politique. La conséquence, également... Ça, c'est une dédicace spéciale à tous les groupes, tous les partis politiques français qui vous promettent une autre Europe. Parce que nous, notre spécialité, ce que nous, nous... Quand j'ai créé ce mouvement, c'est que je me suis laissé balader par des autres mouvements politiques, et j'y avais cru.

Un jour, je me suis dit : « Mais enfin, bon, ça va, cette histoire d'autre Europe, faut quand même arrêter. C'est vraiment une plaisanterie. Ça fait quand même maintenant des décennies qu'on nous promet une autre Europe ». Donc toute possibilité de bâtir une autre Europe est vouée à l'échec. Pourquoi ? Parce qu'il faudrait l'unanimité des 27 gouvernements pour y parvenir. Il faut donc qu'il y ait les 27 gouvernements qui soient d'accord. Alors à ce propos, c'est ce qui explique qu'on a vu que c'était... La probabilité que les 27 gouvernements soient d'accord, on l'a vue... En supposant que ce soit un rôle de 1 sur 2.

Ça veut dire qu'on aurait une probabilité quand ce sera 28 de 6h30min tous les 100 000 ans. Vous l'avez vu. Or, c'est ça qu'ils vous expliquent. Par exemple, le PS, en 1979, a fait la campagne pour les élections européennes avec le titre : « Changer l'Europe, vivre au pays ». Et puis en 2009, 30 ans après, sa campagne, c'était : « changerleurope.fr ». La seule différence qui s'était passée entre les deux, c'est l'invention d'Internet. Mais ça veut dire que le PS a quand même eu le culot de faire le même slogan à 30 ans d'intervalle. Naturellement, d'ailleurs, on peut être à peu près certain que l'année prochaine, si tout va bien, il va nous promettre encore de changer d'Europe.

Ça fait maintenant... En fait, d'ailleurs, lors du traité de Rome de 1957, on a trouvé sur Internet un texte tout à fait intéressant de Pierre Mendès France, qui était donc socialiste, qui d'ailleurs était très réservé sur la construction européenne, et qui proposait une autre Europe. Il y a 56 ans... Alors on a une illustration de ce phénomène. C'est que si vous voulez, par exemple, une Europe écologique, ou bien une Europe d'extrême-droite, une Europe des je sais pas quoi, vision Le Pen, ou bien une Europe vision extrême-gauche, l'Europe des travailleurs que promettait Mme Laguiller. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'elle a appelé les Français à ne pas voter non au traité de Maastricht.

Si les Français ont l'euro, c'est finalement grâce à Mme Laguiller, parce qu'elle représentait 5% des voix. Et si l'on est en train de démolir un à un tous les acquis sociaux des Français – pour sauver l'euro prétendument –, c'est finalement à Mme Laguiller qu'on le doit, puisqu'elle avait le pouvoir de faire échouer ça. Si LO, en 1992, avait appelé les Français à voter non, le non l'emportait largement. Elle représentait 5%. Elle a appelé à l'abstention. Le oui l'a emporté à 51%, vous le savez. Alors donc j'imagine qu'un courant de pensée ayant 15% de chance de parvenir au pouvoir en moyenne dans chaque pays d'Europe, par exemple l'extrême-gauche...

Vous voyez que je suis quand même très généreux. Penser que l'extrême-gauche a 15% de probabilité d'arriver au pouvoir en France, c'est quand même très généreux. Penser que les écologistes ont 15% de chance d'arriver au pouvoir en France, c'est très généreux. C'est pas la même chose que les statistiques, que le nombre de voix obtenues. 15% de chance, ça voudrait dire qu'une fois toutes les 7 élections, ils peuvent y parvenir. Pour le FN, ça fait 40 ans que ce parti existe, il n'est jamais parvenu à quoi que ce soit. Pareil pour les écologistes. Pareil pour le PCF, qui a été créé en 1920 et qui donc, bientôt un siècle après, n'est jamais parvenu au pouvoir.

Mais je suppose pour être gentil qu'il y a 15% de probabilité. Eh bien on a selon le même raisonnement que tout à l'heure... La probabilité d'avoir une politique uniforme des 27, qui est nécessaire pour changer l'Europe, pour avoir justement un traité qui serait un traité d'une Europe des travailleurs ou un traité d'une Europe écologique, eh bien c'est le même raisonnement que tout à l'heure. Sauf que tout à l'heure, j'étais parti sur la base de 50% de chance d'avoir un gouvernement de droite, 50% de chance d'avoir un gouvernement de gauche. Cette fois-ci, je pars... 15% de chance.

Donc pour 27 États de l'Europe élargie depuis 2007, la probabilité d'avoir une politique cohérente écologiste, la probabilité d'avoir une Europe écolo ou d'avoir une Europe d'extrême-gauche, une Europe des travailleurs, c'est actuellement avec cette approximation mathématique, c'est de (0,15)^26, c'est-à-dire 3,79.10^(-22), c'est-à-dire (NDLR : 0,000 000 000 000 000 000 037 877) chances sur 100 ou, si vous préférez, 1,2 seconde tous les trillions d'années, un milliard de milliards d'années. C'est quand même là-dessus que repose la manipulation de gens comme M. José Bové, M. Cohn-Bendit, qui vous ont appelé à voter oui et à voter pour les listes EELV pour une Europe écologique.

Le résultat, c'est quoi ? C'est que M. José Bové, il est député européen. Il est d'ailleurs vice-président de la commission agriculture. Il a donc une rémunération tout à fait confortable, que j'explique dans une autre conférence qui s'appelle « L'Europe, c'est la paye ». On peut dire – peut-être, je sais pas – en gros 15 000 € par mois. Il doit avoir une voiture, sans doute. Je sais pas. Il faudrait lui demander. « M. Bové, est-ce que vous avez une voiture ? ». Je ne sais pas. « Avec chauffeur ? ». On sait pas. Peut-être. Bon... Et puis il a de l'argent pour ses collaborateurs. Mais jamais l'Europe n'a imposé autant d'OGM ! Il ne sert à rien. Il ne sert pas exactement à rien.

Il sert à faire croire aux Français qu'ils vont gagner le gros lot. Ils ont la probabilité de le gagner : pendant 1,2 seconde tous les trillions d'années. C'est tous les milliards de milliards d'années. Et ça va recommencer en 2014 ! On va encore avoir les écolos qui vont dire : « Votez pour nous pour avoir une Europe écologique ». On va encore avoir M. Le Pen qui, paraît-il, va annoncer qu'il va se présenter. Ça fait déjà 30 ans de mandat, M. Le Pen, 30 ans depuis 1984. En valeur cumulée... J'avais fait un calcul. Il a dû ramasser à peu près 5 à 6 millions d'euros. M. Le Pen va être de nouveau candidat pour une Europe des patries, etc.

Et puis vous avez l'extrême-gauche qui va vous reproposer d'être l'Europe des travailleurs. Voilà. Voilà comment ça marche. Alors que ce qu'il faudrait, c'est évidemment... Enfin c'est en tout cas ce que nous, nous disons. Nous disons : « C'est un piège à cons ». Tout a été fait... C'est une illustration mathématique de ce que je présente sous une autre forme dans mes conférences, qui est un stratagème chinois, qui s'appelle le stratagème des chaînes. Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas de possibilité d'autre Europe. C'est impossible.

Si l'Europe est comme elle est, c'est parce qu'elle est la résultante d'intérêts nationaux totalement contradictoires et qu'elle est pilotée en sous-main par une grande puissance qui a imposé qu'elle puisse se développer, c'est-à-dire les États-Unis d'Amérique. Et maintenant, vous ne pouvez rien changer à rien. D'ailleurs, les événements ne cessent de me confirmer, de confirmer mon analyse. M. Hollande s'était fait élire voici moins d'un an en disant qu'il allait refaire le TSCG, qu'il allait le renégocier. Il a rien renégocié du tout. Il a fait un bras d'honneur à ses électeurs. C'est comme ça que ça se passe chez McDonald's.

Les conséquences ultimes, eh bien c'est que construire l'Europe... Si vous vous mettez maintenant du côté des européistes, ceux qui justement ont les mandats extrêmement rémunérateurs... Ils ont l'argent, le pouvoir, l'accès aux médias. Et en plus, ils peuvent me... Quelqu'un comme moi, le barrer, l'interdire d'antenne, le pestiférer d'antenne. Et en plus de ça, ils peuvent se prévaloir d'être des gens extraordinairement moraux, alors que je serais – paraît-il – une espèce d'affreux jojo. En réalité, construire l'Europe implique pour les dirigeants européistes de prendre l'habitude de ne plus tenir aucun compte de la volonté des peuples.

Ils ne peuvent pas, puisque c'est la tour de Babel systématique. On peut même pas reprocher aux européistes d'être finalement contre les peuples, puisqu'ils peuvent toujours s'appuyer sur un peuple contre l'autre. Les intérêts par exemple à Chypre ou en Grèce, les intérêts des Chypriotes ou des Grecs sont exactement opposés aux intérêts des Allemands, des Finlandais, des Néerlandais et des Luxembourgeois. Donc tout ceci nous mène à quoi ? Eh bien nous mène à cette illustration de cette citation de M. Padoa-Schioppa que je cite presque à toutes mes conférences. Ce monsieur, il est décédé, il est mort en (NDLR : 2010). Il était italien.

Il avait été ce que les Américains appellent un insider, c'est-à-dire quelqu'un qui connaît inside, l'intérieur, qui connaît les choses de l'intérieur, là où on se raconte pas des salades. Donc M. Padoa-Schioppa, il était le président du think-tank Notre Europe, qui a été créé par Jacques Delors le président fondateur et Pascal Lamy, qui est le président d'honneur. Il a été évidemment diplômé d'institutions américaines : Massachusetts Institute of Technology, MIT de Harvard. Il est l'ancien président du comité directeur du FMI. Il a été ministre de l'Économie et des Finances italien de 2006 à 2008. Il a été membre du directoire de la BCE. Enfin bref, c'est pas un ignorant.

C'est pas un bateleur. Ça n'est pas un humoriste. Ça n'est pas des propos de comptoir. C'est d'autant moins des propos de comptoir que je vais vous rapporter qu'il les a écrits dans un article qui s'appelait « Les enseignements de l'aventure européenne », article qui est apparu dans une revue française de grande qualité qui s'appelle Commentaires, dans son numéro 87 de l'automne 1999. Et qu'est-ce qu'il a dit, M. Padoa-Schioppa ? Il a dit : « La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs », ce qui est quand même extraordinaire.

Une révolution de banquiers... C'est pas moi qui le dis. Vous savez, vous me connaissez... Enfin ceux qui ne me connaissent pas le découvrent. Je suis trop prudent et j'ai trop de déontologie professionnelle acquise pour ne jamais avancer quoi que ce soit sans que je puisse vous présenter la source. Donc il ne s'agit pas – encore une fois – d'un olibrius. Il s'agit de quelqu'un qui a été tout à fait dans les allées du pouvoir européiste, qui a été ministre, qui a été au FMI, à la BCE, au directoire de la BCE et qui écrit dans une des grandes revues françaises de qualité qui s'appelle Commentaires, une revue trimestrielle.

Et c'est donc lui qui nous explique que la construction européenne est une révolution faite par des banquiers. Et il continue en disant : « L'Europe ne procède pas d'un mouvement démocratique. Elle s'est faite suivant une méthode que l'on pourrait définir du terme de despotisme éclairé ».

Donc le despotisme éclairé, – je le rappelle à chaque fois – ça fait allusion à cette période de l'histoire de l'Europe, au XVIIIe siècle, où il y avait donc essentiellement 2 autocrates : d'une part l'autocrate de toutes les Russies, c'est-à-dire la grande Catherine de Russie, qui avait en gros estourbi son beau-père le tsar puis son mari le tsar pour devenir tsarine à la place des autres, et puis deuxièmement Frédéric II de Prusse, qui étaient deux tyrans dans leur propre pays, qui ne toléraient pas la moindre contestation, rien du tout, mais qui prétendaient faire le bien de leur peuple, et qui donc conversaient et échangeaient des lettres avec Voltaire, avec Diderot ou avec les philosophes français des Lumières.

Et donc on les appelait des despotes éclairés. Remarquez bien d'ailleurs que tous les tyrans de toute l'histoire de l'humanité, à toutes les époques de l'Histoire, ont toujours prétendu faire le bien de leur peuple. Ça n'est pas nouveau. Donc en réalité, ce M. Padoa-Schioppa nous explique que le TUE, en réalité, doit être réinterprété. L'article 1 bis précise que « l'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie ». Et en réalité, eh bien un insider nous dit : « Non. C'est en fait du despotisme éclairé ».

Et ce despotisme éclairé, il est l'illustration de cette analyse mathématique du (NDLR : 1/2^(n-1)) dont je vous parlais tout à l'heure, c'est-à-dire 0,5^(n-1) : la probabilité d'avoir une politique cohérente droite ou gauche au niveau de l'UE, et la probabilité d'une autre Europe – je vous le rappelle – étant de 1,2 seconde tous les trillions d'années. Donc quand on est face à ça, pour faire avancer le schmilblick, eh bien donc une petite oligarchie a pris le pouvoir, puisqu'elle considère que sinon, rien ne se passe. Elle a raison. Rien ne se passera. C'est un blocage systématique. Voilà.

Alors résultat de tout ça, eh bien c'est que évidemment, les peuples sont furieux, parce qu'ils se rendent compte quand même qu'il se passe quelque chose. Et donc les Français se détournent petit à petit de la construction européenne. Je rappelle qu'on a demandé aux Français seulement à (NDLR : 3) reprises ce qu'ils en pensaient. On ne leur a jamais demandé s'ils étaient d'accord. Jamais. On n'a jamais demandé aux Français : « Êtes-vous d'accord pour faire disparaître la France ? ». Jamais. En 1957, ils ont appris au petit-déjeuner... Ils avaient élu des députés. On était sous Félix Gaillard, Premier ministre de la IVe République, président du Conseil, qu'on disait à l'époque.

Ils avaient élu des députés : droite ou gauche. Bon. Et puis un jour, ils ont pris leur petit-déjeuner, ils ont dit : « Ah tiens, il y a eu un traité qui a été signé à Rome ». Bon, on ne leur a jamais demandé leur avis. C'est les députés, après, qui ont ratifié sans qu'ils aient été élus pour cela. Bon. Et puis l'affaire a été ratifiée. Donc ensuite, on a demandé aux Français seulement... Je parle que des Français, mais le cas est général. C'est partout pareil. Pour les Français, on leur a demandé leur avis à 3 reprises : en 1972, en 1992 et en 2005.

En 1972, on leur a demandé : « Est-ce que vous êtes d'accord pour que la Grande-Bretagne, le Danemark et l'Irlande entrent dans le marché commun ? ». Il y avait la Norvège également. Mais la Norvège, ensuite, a dit non. Bon. À l'époque, le PS a appelé à s'abstenir. Il y a eu une très forte abstention. Enfin très forte... (NDLR : 40%) d'abstention, ce qui était beaucoup pour l'époque, en 1972. Et en fait, il y a eu (NDLR : 32%) des Français qui ont voté non. Mais s'il y avait une majorité de Français qui avaient voté non, on restait dans le marché commun. On n'a pas demandé aux Français : « Est-ce que vous êtes d'accord pour sortir du truc ?

Est-ce que vous êtes d'accord pour faire disparaître la France dans un ensemble continental ? ». Jamais. En 1992, rebelote. Cette fois-ci, on leur a demandé : « Est-ce que vous êtes d'accord pour avoir une monnaie commune européenne ? » – certains appellent ça une monnaie unique, mais en fait, c'est une monnaie commune – « ...européenne ? Et éventuellement aussi avoir une politique étrangère et de sécurité commune ? ». C'était le deuxième pilier. « Puis une justice... »... Enfin bon. Et à cette occasion, il y a eu 49% de Français qui ont voté non. Donc c'est passé à un cheveu.

Mais on avait bien dit aux Français que s'ils votaient non, ils restaient quand même dans le marché commun précédent. Ensuite, en 2005, on a eu la constitution européenne. Et là, on a demandé aux Français : « Est-ce que vous êtes d'accord pour avoir un président du Conseil de l'UE, une ministre des Affaires étrangères pour parler d'une seule voix... » – genre de faribole – « ...et avoir une constitution ? ». Cette fois-ci, les Français ont voté non à 54,7%. Non seulement ils sont restés dans le système existant, mais on leur a quand même imposé ce à quoi ils avaient dit non ! Alors ensuite, maintenant, aux dernières nouvelles... C'est un sondage Ifop.

Le pas entre les années n'est pas identique. Faites attention. C'est un graphique qui est un peu bricolé. Parce qu'il y a 20 ans entre les 20 premières années, puis ensuite 13 ans, et ensuite 7 ans. Et ça n'est pas homogène, puisque dans les 3 premiers cas, c'est un vote, dans le dernier cas, c'est un sondage : un sondage Ifop qui a été fait à la fin de l'année dernière, qui disait que – ça ne vaut que ce que ça vaut, ça n'est qu'un sondage – si l'on réinterrogeait les Français sur Maastricht, il y aurait 64% des Français qui voteraient non. D'ailleurs, au passage, qu'est-ce que c'est que faire la politique, qu'est-ce que c'est qu'un homme politique responsable ?

C'est quelqu'un qui vérifie à tout instant si le peuple est d'accord. Rappelez-vous que De Gaulle, rien ne le forçait à démissionner en 1969, lorsque le référendum du 30 avril a renvoyé 53% de non. Mais De Gaulle avait une tellement haute idée de la fonction qu'il avait créée de président de la République... À laquelle était attaché beaucoup de pouvoir, mais pour le Général, ce pouvoir n'était légitime qu'à la condition qu'il soit sans arrêt soutenu par le peuple français. Et du jour où De Gaulle a constaté qu'il n'avait plus la majorité, il a immédiatement, dans la demi-journée qui a suivi, présenté sa démission.

Il a considéré qu'il n'avait plus la légitimité nécessaire pour assurer le pouvoir qui lui était dévolu par la Constitution et qui donne effectivement un grand pouvoir au... Qui donnait un grand pouvoir au président de la République, mais dont la contrepartie, c'était cela. Nous avons affaire maintenant à des véritables escrocs, parce que quand on est face à ça, si nous étions dirigés par des gens honnêtes, ils devraient se dire : « Il y a un petit problème ». D'ailleurs, il le savent, qu'il y a un petit problème, même un gros problème. J'en parlais là avec quelques uns d'entre nos militants qui sont allés voir récemment M.

Jean-Marie Cavada, qui explique : « Voilà, la crise, c'est une chance pour l'Europe ». Le seul et unique discours qui nous est infligé, c'est : « Il faut continuer et accélérer ». Ça n'est jamais de la faute de l'Europe. C'est parce qu'il n'y en a pas assez. Il faut plus d'Europe. C'est exactement, d'ailleurs, ce que disaient les Soviétiques. Plus les déconvenues s'accumulaient, les catastrophes, lors de la construction du socialisme, et plus on expliquait que ça n'était pas de la faute du socialisme, c'était parce qu'il était mal appliqué et qu'il fallait donc accélérer.

Donc on est dans un phénomène de fuite en avant qui témoigne du caractère profondément fascisant de ces gens, parce que n'importe qui d'honnête intellectuellement et politiquement devrait se dire face à ça : « J'ai un problème. Il faut que je vérifie quand même auprès des Français s'ils sont d'accord ». D'ailleurs, je signale aussi autre chose. Le principe même de la vie, c'est de pouvoir changer la vie. C'est comme ça. Voilà. En gros, quand je présentais cette conférence il y a 2 ans, je disais : « Moi, je ne connais qu'une institution face à une élection à vie : c'est la papauté ». Et j'ai même été démenti par les événements, puisque le pape Benoît XVI a renoncé à son pontificat.

C'est la première fois depuis Célestin V. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le principe même des élections, c'est que les Français et les peuples ont le droit de changer d'avis. Sinon, une fois qu'on a élu Giscard, on l'aurait toujours. Il n'est pas mort. Et les Français, après l'avoir élu en 1974, en 1981, l'ont chassé, de même qu'ils ont élu M. Sarkozy en 2007, qu'ils l'ont chassé en 2012. Donc l'idée même que l'on a fait un traité il y a 20 ans, que ce traité donne des conséquences absolument catastrophiques et que l'on dise aux gens : « Ah, mais les Français ont voté ». Oui, très bien, mais ils ont peut-être le droit de changer d'avis.

Ça serait quand même la moindre des choses de vérifier s'ils sont encore d'accord. Toutes les statistiques montrent qu'ils ne sont pas d'accord. D'ailleurs, si je voulais pousser mon analyse encore plus loin, je soulignerais qu'il n'y a eu à l'époque que 30... C'est ce que je vais montrer, d'ailleurs, juste après, je crois. Le soutien réel du peuple français à la construction européenne ne cesse de dégringoler, parce qu'en 1972, il y avait eu... Ça, c'est en pourcentage des électeurs inscrits, parce qu'il y avait eu beaucoup d'abstention. En pourcentage des électeurs inscrits, en 1972, il y avait eu 36% de oui à l'élargissement.

En 1992, à Maastricht, il n'y avait eu que 34% de gens – des électeurs – qui étaient allés voter oui. Donc la majorité n'était que toute relative. Et à la constitution européenne, il n'y a que 30% des Français qui sont allés voter oui. Donc il y avait en 1992 34,4% des électeurs inscrits qui avaient voté oui. (NDLR : Il y a eu 33,0%) des Français qui ont voté non et (NDLR : 30,3%) qui ne sont pas allés voter. Source : https://www.france-politique.fr/referendum-1992.htm C'est ça, la vérité. Et si vous prenez tout simplement des courbes de mortalité, la pyramide des âges, ça, c'était il y a 21 ans.

Compte tenu des décès qui sont intervenus depuis lors d'une part et des naissances qui sont intervenues d'autre part, on est sûrs qu'actuellement, il y a moins de 1 Français adulte sur 5 de plus de 18 ans – il y en a moins de 1 sur 5 – qui a voté oui en 1992 à Maastricht, parce qu'il y en a un certain nombre d'eux qui sont décédés et il y a environ 21 tranches d'âge nouvelles. Donc nous sommes sur un schéma qui a été voté par une toute petite minorité des électeurs vivants. Et en plus de ça, ceux qui avaient voté oui à l'époque, avaient voté oui sur la foi que l'euro apporterait plus de croissance et plus d'emploi. Ils ont été bernés. Ils ont été escroqués.

C'est-à-dire que ceux qui, parmi les électeurs français vivants, qui ont voté oui au traité de Maastricht et qui sont contents de ce qu'ils ont voté, on doit être à peu près à 1 Français sur 10 ou sur 15. On est donc face à une réalité politique et sociologique qui est infinitésimale et qui témoigne donc de la suite des événements. C'est la raison n°1 de sortir de l'Europe. Nous voulons que les Français retournent voter parce que leur vote aura de nouveau du sens. C'est-à-dire qu'on leur aura rendu la démocratie. C'est-à-dire que lorsqu'ils voteront à droite, ils auront une politique de droite, et lorsqu'ils voteront à gauche, ils auront une politique de gauche.

Alors il faut que les Français comprennent que la construction européenne rend leurs élections sans aucun effet. Voter à droite ou voter à gauche ne change plus rien. Entre l'Europe et la démocratie, il faut choisir. C'est comme ça. Et je vous l'ai prouvé de façon mathématique. Et je vous ai également prouvé qu'il était mathématiquement impossible d'avoir une autre Europe. Donc il faut choisir. Soit on sort de l'Europe, ou on retrouve une République française où on est maîtres de notre avenir collectif. Et d'ailleurs, on noue des relations économiques et internationales avec l'ensemble du monde, comme c'est le cas actuellement.

Ne tombez pas dans ce panneau – j'y reviendrai à la fin de cette conférence – de ceux qui veulent vous faire croire que si on sortait de l'Europe, ça serait pour aller s'enfermer au Carmel. Ils se moquent du monde. Bon, la Suisse, qui est un pays qui est à quelques dizaines de mètres d'ici, ne vit pas au Carmel. Bon. Donc ne tombez pas dans ce panneau. Et ne tombez pas non plus dans le panneau de ceux qui vous disent : « On va changer l'Europe ». Je vous ai montré : la probabilité était nulle. La raison n°2, c'est qu'il faut casser l'accroissement exponentiel de l'endettement public.

Je rappelle qu'avant 1973 et depuis Napoléon Ier, la France monétisait une partie de son déficit budgétaire par l'intermédiaire de la Banque de France. La Banque de France créait par exemple 1 milliard de francs à partir de rien, et sans intérêt, puisque la Banque de France appartient à l'État. Alors c'était un système qui avait des inconvénients. C'était un système qui était potentiellement inflationniste par nature. Lorsque vous offrez à un souverain la possibilité de faire de la monnaie, il a tendance à faire de la monnaie. Ça, c'est sûr. Alors au début, c'est très bien, parce qu'il a plus d'argent comme ça.

Mais comme selon l'adage que ce qui est rare est cher et que ce qui n'est pas rare n'est pas cher, plus vous sortez des billets... Je présente les choses de façon volontairement simple. Plus vous publiez des billets, et plus vos billets ne valent rien. C'est évident. Donc c'était un système qui était par nature inflationniste. Mais ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que les banquiers, les révolutionnaires de M. Padoa-Schioppa, les rentiers, c'est-à-dire les gens ayant de l'argent, voyaient d'un mauvais œil que l'État ait le contrôle sur l'économie du pays et sur les taux d'intérêt. D'autant plus qu'il y avait un contrôle des mouvements de capitaux.

On a donc parlé à cette époque d'euthanasie des rentiers. Certains ont eu cette formule un peu bizarre. Ça voulait dire qu'en fait, les rentiers étaient piégés dans leur pays respectif. En d'autres termes, par exemple, quelqu'un qui avait une petite fortune qui lui était tombée du ciel parce qu'il faisait un bel héritage ne pouvait pas sortir cet argent de France. Pas plus d'ailleurs qu'il ne pouvait le sortir de la Grèce ou de l'Espagne, et autres, sans autorisation. Mais les autorisations étaient rarement données, surtout à des particuliers. Et donc il était obligé de placer ces fonds dans le pays d'origine, dans le pays où il vivait.

Et s'il plaçait ces fonds dans par exemple une caisse d'épargne avec des taux d'intérêt administrés du style 3 ou 4% par an, et si au même moment, l'inflation... Parce que justement, la création monétaire était débridée, l'inflation faisait du 10 ou du 15%, comme on l'a vu par exemple dans les années 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975. On a eu des taux d'inflation de 15% par an. Eh bien à ce moment-là, ils étaient piégés, puisqu'ils gagnaient – mettons – 5% à la caisse d'épargne et ils perdaient 10% par an avec la dépréciation monétaire. Donc il y avait effectivement un intérêt fondamental des classes dominantes ou possédantes – on peut dire – à modifier ce système.

Des campagnes de presse et un lobbying permanent sur les responsables politiques mirent en avant que ce système était anachronique et inflationniste par nature, car l'État ne devant pas payer d'intérêts pour ses déficits publics, pouvait être tenté de créer de la masse monétaire de façon excessive, ce qui pouvait être le cas. C'est pas tout à fait vrai, parce qu'on était quand même sous l'empire de l'accord de Bretton Woods, qui faisait que les monnaies devaient être convertibles en or. Mais enfin comme vous le savez, c'est justement en 1971 que Richard Nixon a fait voler en éclats les accords de Bretton Woods en supprimant la convertibilité du dollar en or.

Et donc il n'est pas illogique d'un point de vue historique que la France ait pris cette fameuse loi de 1973. Mais dans l'ensemble du monde occidental, des lois identiques ont été prises pour éviter que la fin des accords de Bretton Woods ne donne libre cours à une espèce d'envolée inflationniste généralisée, puisque tous les États pourraient à ce moment-là imprimer sortir autant d'argent qu'ils n'en voulaient.

C'est ce qui a donné naissance à la loi 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, que certains polémistes appellent la loi Rothschild ou la loi Pompidou-Giscard, parce que c'était Georges Pompidou le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing ministre des Finances, et que Georges Pompidou avait comme vous le savez été un moment banquier chez Rothschild. Donc cette loi a modifié l'organisation de la Banque de France. Elle a affaibli les droits du Trésor public par rapport à celle-ci. Donc normalement, dans son article 25, elle précise que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France ».

Alors on en parle beaucoup sur Internet. Faut pas non plus exagérer le rôle de cette loi, parce que – je vous l'ai dit – il y avait quand même cette espèce de ressort de rappel des accords de Bretton Woods qui faisaient qu'on ne pouvait quand même pas faire tout et n'importe quoi. Mais ce qui est vrai quand même, c'est qu'à partir de là, on a eu une loi qui a été une espèce d'endettement volontaire de la France et de tous les autres États. On s'est dits : « La France ne doit pas... », « Il faut être sage. Sinon, on va avoir de l'inflation énorme. Il faut donc être sage. Et comme il n'y a plus la contrainte de l'étalon or, eh bien il va falloir que le gouvernement, enfin que l'État...

» – pour parler plus précisément juridiquement – « ...que l'État fasse comme un particulier, c'est-à-dire qu'il s'endette sur les marchés financiers. Voilà. Et donc, en payant des intérêts, ça va nous coûter de l'argent. Donc du coup, il va être sage. Et donc il ne va pas s'endetter ad vitam æternam. Donc on aura ainsi une sagesse qui sera imposée par la réalité. C'était comme ça que ça avait été présenté. Mais avec cette loi, l'État français s'est donc volontairement privé du droit régalien de créer de la monnaie gratuitement. Et du coup, les banques privées et les marchés financiers en ont profité pour s'enrichir aux dépens de l'État.

Et ce qui était auparavant prêté gratuitement, mais avec un risque d'inflation, a désormais été prêté contre intérêts sonnants et trébuchants avec un risque moindre d'inflation, ce qui d'ailleurs reste à démontrer, puisque certains expliquent qu'en fait, l'inflation n'a pas spécialement diminué. Je pense quand même qu'on peut dire que là, elle a un peu régressé. Mais c'est vrai qu'on a quand même connu ensuite des périodes d'inflation. En tout cas, cette décision, c'est une décision d'une importance historique très considérable, puisque c'était depuis toute éternité que le souverain...

C'est-à-dire soit le peuple, depuis 1789, soit le monarque, avant 1789 et la reconnaissance de la souveraineté nationale... C'était le souverain qui avait le privilège des questions monétaires. Dans « la Divine Comédie », le grand poète florentin Dante Alighieri, qui vit au début du XIIIe siècle... Vous savez, c'est un grand poème, une des grandes œuvres littéraires de l'Europe occidentale. Dans ce document, dans ce texte, Dante place le roi de France en enfer. L'argument du poème, c'est qu'on se promène entre l'enfer, le paradis et le purgatoire. Et en enfer, on découvre le roi de France, le très chrétien, c'est-à-dire Philippe le Bel. Et pourquoi est-ce que Dante le place en enfer ?

Parce que justement, il fait de la dépréciation monétaire. C'est-à-dire qu'à l'époque, les pièces en argent ou en or étaient rognées. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle si vous êtes numismate, il est très difficile de trouver des pièces en or de l'époque médiévale françaises ou d'autres pays qui soient en parfait état. Elles sont pratiquement toutes un peu rognées, parce qu'on grattait de l'or, on récupérait quelques... Je sais pas, 0,1 gramme. Et si vous faites ça sur 40 pièces, vous refaites une pièce de 4 grammes. Vous refaites une pièce presque à l'identique. Mais elle est – comme on dit alors – de mauvais aloi. C'est-à-dire qu'elle n'a pas le même aloi que la pièce d'origine.

Et comme vous l'avez compris, si avec 40 pièces, vous en faites une nouvelle, ça représente une dépréciation monétaire de 2,5%. Alors ce système a été rendu obligatoire dans toute l'UE par les traités européens, notamment par l'article 123, qui interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres de monétiser les déficits publics. Alors de ceci a découlé quelque chose qui est béant. C'est un problème béant devant l'ensemble des peuples. C'est le fait que vous avons une espèce de cancer financier qui ne cesse de se développer dans tous les pays d'Occident, qui est que la dette publique ne fait que croître de façon irrésistible.

Je rappelle que Nicolas Sarkozy avait été élu d'ailleurs pour faire diminuer la dette. Et en réalité, non seulement il ne l'a pas fait diminuer, mais il l'a fait exploser. Et pour bien comprendre... Alors il l'a fait exploser pour des raisons, parce qu'il y a eu la crise financière. Mais prétendument, au lieu de laisser les banques faire faillite, eh bien on est allés les sauver. Et ceci a débouché sur des déficits budgétaires absolument faramineux de la France. On est montés jusqu'à 8,5% du PIB. Et donc puisqu'on ne crée pas de monnaie, il a fallu financer ça par appels sur les marchés financiers, ce qui a fait augmenter la dette publique de tant.

Pour que vous ayez une notion de l'impasse budgétaire dans laquelle nous fonçons à toute allure, qui ne peut se terminer que par un gigantesque feu d'artifice en France comme ailleurs, d'ailleurs, en France en particulier, je voudrais vous parler de ce qu'on appelle la RGPP. Ce sont les économies réalisées par la révision générale des politiques publiques, lancée par M. Sarkozy. M. Sarkozy, président de la République, enfourchant le dada des médias, dont on sait par qui ils sont tenus... Enfin j'en parlerai tout à l'heure. C'est-à-dire par toute l'oligarchie euro-atlantiste. Eh bien M. Sarkozy est parti en guerre contre l'État.

Vous savez qu'on ne cesse de dire aux Français que l'État dépense trop, que les fonctionnaires vivent de façon sardanapalesque, dans les Mille et Une Nuits. Et donc on s'est lancés dans une grande procédure. Ministère par ministère, on a dit : il faut tout ratiboiser. Alors c'est comme ça qu'il a été décidé qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne serait pas remplacé, qu'il a été décidé de fermer des plateformes hospitalières pour centraliser des hôpitaux à des niveaux régionaux, ce qui pose d'ailleurs des problèmes de transfert, ce qui pose des problèmes d'investissement par ailleurs.

Il a été décidé de fermer des écoles, des commissariats de police, de fermer des casernes de sapeurs-pompiers, etc, etc., pour faire des économies. Et puis de moins en moins de gens partout. Dans les préfectures, par exemple... J'ai visité une préfecture de région il n'y a pas très longtemps. Le préfet me montrait l'état de déchéance de l'État, parce que c'était une très belle préfecture du XVIIIe siècle dans un ancien palais épiscopal. Et j'y étais au mois de février. Il y avait des décorations de Noël pour passer entre les salons, les salons avec des grandes boiseries Louis XV. Enfin c'est tout l'apparat de l'État, bon.

Et comme le préfet était très sympathique et que j'étais assez à l'aise avec lui, je me suis permis de dire : « Monsieur le préfet, vous fêtez Noël assez tardivement ». On était le 15 février. C'était un peu ironique, un peu narquois de ma part. Et il m'a dit : « Savez-vous pourquoi nous faisons cela ? ». Je lui dis : « Bah non ». Et il m'a montré que derrière les décorations de Noël qui avaient été laissées, puis les branches de sapin, eh bien en fait, il y avait des étais qui soutenaient le mur parce que le mur s'effondrait. Nous avons des préfectures qui sont en train de... On se croirait dans une pièce de Ionesco.

Il y a des préfectures qui sont au sens étymologique en train de s'effondrer. Il n'y a plus de frais de fonctionnement nulle part. En revanche, les collectivités locales, elles, se servent goulûment, puisque ça, paraît-il que c'est formidable, c'est la décentralisation. Alors je reviens à mon propos, parce que sinon, je vais vous faire une conférence-fleuve. Les économies réalisées par la RGPP : le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, la rationalisation des administrations, la fermeture des services publics : les hôpitaux, les écoles, les commissariats, etc. Les économies qui ont été réalisées de 2008 à 2011 sur 4 ans ont été très exactement de 11,9 milliards d'euros.

Et à 2012, on peut mettre à peu près de l'ordre de 15 milliards d'euros. C'est-à-dire qu'on peut compter que ça a rapporté 3 milliards d'euros d'économies chaque année. En cumulé. L'économie totale depuis qu'a été lancée cette politique, c'est 15 milliards d'euros. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que la dette publique, au même moment, a augmenté de 600 milliards d'euros. 1:00:46.750,1:00:54.910 C'est-à-dire que vous voyez que l'on a mis les administrations...

Enfin parmi vous, il y a peut-être des fonctionnaires ou des gens qui connaissent des fonctionnaires dans leur entourage, ou tout simplement des gens qui ont recours aux services publics et qui pestent de voir que l'on ferme des écoles, que l'on ferme ci, que l'on ferme ça, que l'on ferme des commissariats de police, que l'on ferme des hôpitaux, que l'on ne remplace plus 1 fonctionnaire sur 2. Il y a des services de l'État que je ne nommerai pas qui sont dans un état de désorganisation complète parce qu'on ne peut plus, on n'a plus le personnel nécessaire pour appliquer toutes les réglementations.

Alors certains disent là aussi tout un discours ultralibéral qui consiste à dire : « Mais de toute façon, il y a beaucoup trop de réglementations. Tout ça, c'est les énarques, les énarques, les énarques. Il y en a assez des énarques ! ». Je suis pas là pour défendre les énarques. Je suis là simplement pour faire préciser que la grande majorité d'ailleurs, enfin beaucoup de ces réglementations, et en nombre croissant, viennent justement de l'UE, et sont obligatoirement transposées en droit français. Or, l'UE n'est pas peuplée d'énarques. C'est le moins qu'on puisse dire. M. Barroso et tous les commissaires européens, il n'y en a pas un seul qui soit énarque.

Donc cette réglementation, par ailleurs, dans un certain nombre de cas, elle est quand même justifiée, elle est quand même réglemen... Elle répond dans la grande majorité des cas à des besoins. En attendant donc, on désorganise les services de l'État. Et tout ça pour y faire des économies qui sont des économies de bout de chandelle par rapport au reste. Vous vous rappelez peut-être que M. de Villepin, Premier ministre, a vendu les autoroutes françaises. Ça a rapporté 11 milliards d'euros à la France. Alors maintenant, quand vous prenez l'autoroute, à chaque fois que vous passez un péage, il y a une petite partie de votre péage qui va abonder les revenus de Mme Jackson qui... She's retired.

C'est une retraitée au bord de sa swimming pool, San Diego, California, parce qu'elle a placé sa retraite dans un fonds de pension qui a pris une participation dans Vinci, qui est maintenant le propriétaire des autoroutes. C'est comme ça que ça se passe chez McDonald's. Donc il faut bien comprendre que l'on vend notre patrimoine public pour effacer de façon totalement marginale une dette publique colossale, mais que ce patrimoine qu'on a vendu, c'est vraiment une escroquerie générale, puisque ce patrimoine rapporte tous les ans de l'argent à leurs actionnaires. Vous comprenez le truc ?

Si on n'avait pas vendu les autoroutes, au lieu d'avoir je sais plus combien de centaines de milliards d'euros de dettes, on doit en être à peu près à 2 000 milliards d'euros de dette publique en France, on en aurait 2 011. Bon, ça ne changera rien, sauf que les autoroutes, ça serait quand même encore à nous. Voilà. Donc ça, je suis obligé de vous le montrer. Oui, c'était ça. Voilà. Les économies réalisées par la RGPP... Érick... Les économies réalisées par la RGPP ont été de 11,9 milliards d'euros sur 4 ans. La hausse de la dette publique a été de 600 milliards. Ça veut dire qu'il y a quand même un truc qui cloche quelque part. C'est la raison n°2 de sortir de l'Europe.

Il faut redonner à la Banque de France son pouvoir de financement de l'État et des collectivités publiques, ce qui impose de dénoncer juridiquement l'article 123 du TFUE. Et je précise que le parti politique que j'ai créé, le mouvement que j'ai créé, propose que les Français soient consultés au niveau national à l'issue d'un grand débat national, où tout le monde pourra exprimer ses vues, y compris et surtout les vues hétérodoxes. Je rappelle notamment que le seul prix Nobel d'économie français a été barré d'accès aux médias jusqu'à son décès : Maurice Allais, qui avait des vues totalement hétérodoxes...

Donc nous, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait un vrai débat qui soit placé sur le tapis, exactement à l'islandaise ou à l'argentine, et que l'on voie avec les Français ce que l'on fait de cette dette publique, quitte d'ailleurs à ce que l'on reconnaisse que toute une partie de cette dette est une dette qui est en partie infondée, par des mécanismes qui n'auraient jamais dû l'être. En tout cas, il faudrait faire un bilan déjà des services qui ont été fournis en échange des 600 milliards d'euros. Voilà ce que nous, nous disons. Voilà. Je disais d'ailleurs hier au sujet de la Grèce... Vous avez vu par exemple que la Grèce avait une dette publique de 340 milliards d'euros.

Et puis il y a eu un consensus entre les banques. Vous savez, dans ces négociations pour rendre la Grèce in bonis, comme on dit, finalement, les banques ont fait un trait. On a dit : « Les banques ont fait un effort. Les banques ont fini par faire un trait sur 50 milliards d'euros, 60 milliards d'euros ». Ben allons donc ! Mais si on fait des traits sur 50 ou 60 ou 80 milliards d'euros, c'est qu'il y a un petit problème. C'est ce que je disais hier. C'est comme si par exemple vous faites faire une réparation à un bien qui vous appartient. Vous apportez ça au réparateur. Et puis il vous dit : « Voilà. Ça vous coûte 1 850 € ». Vous dites : « Mais vous plaisantez ou quoi ?

Moi, je pensais que ça allait me coûter 50 € ». Alors vous commencez à entrer en négociation. Puis il dit : « Bon, je vous fais un prix. C'est pas 1 850 €. En fait, la facture, ça sera 320 € ». Vous dites : « C'est un arnaqueur ! ». Ça veut dire que ces sommes sont des sommes virtuelles. Voilà. La raison n°3, c'est qu'il faut sauver l'agriculture française et les agriculteurs français. Ça, c'est l'évolution du nombre d'agriculteurs français sur la période de (NDLR : visiblement 1962-2008). En 1962, il y avait 3 millions d'agriculteurs français. En 1970-1971, ils étaient tombés à 1,6 million, 1 million en 1990, 627 000 à peu près en 2000. En 2008, ils étaient 540 000.

On est tombés en dessous de 500 000. Les prospectives, c'est à horizon de 2030 peut-être 200 000 ou 300 000 agriculteurs. Alors bien entendu, nous ne sommes pas un mouvement de gens nostalgiques. Je ne suis pas totalement abruti. Je suis bien conscient de ce qu'on appelle la transition des économies modernes, la baisse tendancielle du nombre d'agriculteurs, l'augmentation des services... Enfin de l'industrie d'abord, des services ensuite. Tout ça, c'est des choses qui ne m'échappent pas. Mais la France est quand même le grand pays agricole d'Europe. Il y a deux grands pays agricoles en Europe depuis l'homme de Cro-Magnon.

C'est la France et c'est l'Ukraine, chacune à deux bouts du continent européen. Et donc là, il ne s'agit plus de transition économique. Il s'agit de disparition. Il s'agit de passer sous un seuil qui est un seuil quasiment d'inexistence. On est en train de suivre un schéma à l'anglaise. Si vous allez en Angleterre, il n'y a plus d'agriculteurs du tout. Vous avez des pelouses, voilà. Vous avez des choses comme ça.

Donc la question qui se pose, c'est : est-ce que vraiment, on va aller vers une destruction totale de l'agriculture en France, ou alors selon le schéma favorisé par la construction européenne, qui veut nous imposer un schéma à l'américaine, c'est-à-dire en fait transformer la France en Oklahoma ou en Saskatchewan, la grande province de l'ouest canadien avec des exploitations absolument gigantesques avec des contraintes de rentabilité, puisque c'est de ça qu'il s'agit ? Et les évolutions du monde agricole découlent tout à fait directement des traités européens.

Le TFUE, là, sous l'empire duquel nous sommes, précise dans sa rubrique sur l'agriculture et la pêche son article (NDLR: 38) : « L’Union définit et met en œuvre une politique commune de l’agriculture et de la pêche. Le marché intérieur s’étend à l’agriculture ». « Le marché intérieur s'étend à l'agriculture », ça veut dire qu'il ne peut pas y avoir de frontières à la circulation des produits agricoles à l'intérieur de ce marché commun. C'est ce qu'il y a déjà à l'entrée de l'Espagne ou du Portugal. Ça a déjà donné un coup terrible à l'agriculture française, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en dise. Les gens disent : « Mais oui, finalement, on a bien... »...

Parce que j'ai entendu des européistes qui disent : « Oui, oui, il y en a qui avaient peur de l'entrée de l'Espagne et du Portugal. Ça s'est passé. Ça s'est très bien passé ». Non, ça s'est pas très bien passé du tout ! Non ! Tout le monde n'est pas mort. Ça, c'est sûr. C'est comme dans la fable de La Fontaine : « Et tous étaient touchés ». C'est-à-dire qu'effectivement, c'est corrélé avec la disparition d'un grand nombre d'agriculteurs. Et puis de toute façon, il n'y a plus que ça, maintenant, parce que ça n'est plus la seule raison. Il y a également – n'est-ce pas – le fait que l'article 39...

« La politique agricole commune a pour buts (...) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre ». Ce qu'il est important de comprendre, c'est que les traités européens auraient pu par exemple dire qu'il fallait que les objectifs de l'agriculture des pays de l'Europe soient l'autosuffisance alimentaire. Ça aurait pu être un objectif. C'est d'ailleurs un objectif que tous les hommes d'État... On en est singulièrement dépourvus.

Mais que tous les hommes d'État, tout au long de l'histoire de tous les pays du monde, ont toujours à l'esprit. Nul ne sait de quoi l'avenir est fait. Il est très important qu'un pays puisse être sûr à tout instant de pouvoir nourrir son propre peuple, surtout quand on est un pays agricole comme la France. Ça s'est complètement perdu de vue. Ce qui est perdu de vue, c'est également le respect par exemple des terroirs, le respect d'une certaine identité, d'une certaine qualité de vie auxquelles les populations sont attachées, le respect de, par exemple, – je ne sais pas, moi – tel ou tel... Alors évidemment, on fait mousser les appellations d'origine contrôlée et de genre de choses.

Mais ça n'est qu'un cache-sexe – passez-moi l'expression –, une espèce de stratégie de niche – comme on dit –. Et la réalité de l'agriculture, c'est qu'elle disparaît à toute allure, d'autant plus qu'on ne l'a pas seulement mise en contact avec les productions agricoles d'Espagne ou du Portugal, mais également avec les productions agricoles du monde entier.

Donc le triste bilan de la politique agricole depuis 30 ans, c'est que l'UE met en concurrence frontale les agriculteurs non seulement de France avec les autres pays d'Europe, mais des pays d'Europe avec ceux du monde entier au nom d'une vision ultralibérale, ce qui permet aux grands groupes de la distribution et de l'agroalimentaire d'imposer aux agriculteurs français des prix alignés sur les prix mondiaux. Ces prix sont la plupart du temps en dessous des coûts de production. Au cours des 40 dernières années, les prix des produits agricoles français ont baissé de -60% en monnaie constante.

Et actuellement, 40% des paysans français ont désormais un revenu inférieur au SMIC, avec en plus le taux de change de l'euro qui aggrave le mal à toute allure. Le résultat, c'est que vous savez ou vous ne savez pas qu'actuellement, nous comptons en France 400 à 500 suicides d'agriculteurs par an, c'est-à-dire plus de 1 par jour. Parfois, ça peut être des drames familiaux. C'est entendu. Mais quand on en a 1,5 par jour, ça devient un phénomène statistique qui n'est plus uniquement corrélé à des peines de cœur. C'est autre chose qui se passe.

Cette autre chose, c'est qu'on est en train de tuer ce qui faisait la France de toujours, si j'ose dire, c'est-à-dire le monde agricole, qui se trouve placé dans une situation qui est à la fois financière et psychologique de plus en plus intolérable. Parce qu'on les met en concurrence avec des productions du Saskatchewan ou de l'Arkansas, de l'Oklahoma ou avec les productions à contre-saison venues du Chili, d'Afrique du Sud, etc., eh bien ça, c'est une baisse du revenu à l'hectare. C'est vrai aussi en matière de vin. Maintenant, dans tous les supermarchés, vous avez du vin venu de Californie, venu de l'Australie, du Chili.

Et puis naturellement, on fait valoir les goûts américains pour changer également le goût des produits, etc. Bien. Donc la baisse du revenu à l'hectare a provoqué la disparition accélérée du nombre d'exploitations et donc de nos agriculteurs. Deuxièmement, puisqu'on a une course à la rentabilité qui est réclamée par l'UE... C'était l'article (NDLR : 38) dont je vous parlais à l'instant, et 39. Le seul critérium, c'est justement la rentabilité, et également l'utilisation optimum de la main-d'œuvre, c'est-à-dire avoir recours à une main-d'œuvre immigrée payée avec des lance-pierres.

Eh bien on va avoir donc une course au rendement, à l'agrandissement des exploitations, donc la perte des terroirs et de l'entretien des paysages. Pour tenter de survivre, beaucoup d'agriculteurs tentent de se réfugier dans des stratégies de niche avec des produits haut de gamme et des produits bio. Alors parfois, ça marche. Ça n'est d'ailleurs pas désagréable. Il peut y avoir des très bons produits bio ou des produits de... Je suis amateur de cuisine. Ça se voit un peu trop, d'ailleurs. Mais donc on peut avoir des produits de qualité. Mais c'est une solution quand même qui ne peut concerner le plus grand nombre, parce que le plus grand nombre, il disparaît purement et simplement.

Et puis on a également une augmentation faramineuse de l'utilisation des engrais et des pesticides, du moins dans certaines régions et pour certaines productions. On va peut-être en utiliser moins pour certaines productions que pour d'autres. Alors bien sûr, certes, on me dit : « Oui, maintenant, on s'oriente vers des fermes bio, vers un plus grand respect du concept d'agriculture raisonnée », comme vous le connaissez, qui sont – je pense – la voie du progrès. Mais tout ceci, c'est encore une fois la partie émergée de l'iceberg. La réalité, c'est quand même ceci. C'est quand même qu'on est obligés d'avoir une agriculture de masse. Sinon, on disparaît selon les canons venus de Washington.

Le pire de tout, c'est qu'au même moment, le prix de vente au consommateur ne baisse pas. Ça permet aux grandes chaînes de distribution d'augmenter leur profit. C'est ça qu'il se passe. C'est que vous avez un phénomène de ciseaux qui s'ouvrent. D'une part, les agriculteurs gagnent de moins en moins d'argent à l'hectare, sont donc obligés de faire tout ce que je viens de dire. Et d'autre part, les consommateurs, eux, ne voient pas du tout baisser le prix dans les hypermarchés. Alors quel est le mystère ? Le mystère, il est très simple.

C'est qu'au bout du compte, la PAC s'est progressivement dénaturée et est devenue un instrument au bénéfice quasiment exclusif des groupes financiers qui contrôlent l'agroalimentaire et la distribution, au détriment de l'agriculture et des agriculteurs. C'est ce qui explique d'ailleurs que très régulièrement, il y a l'été – vous savez – des agriculteurs qui brûlent leur production, qui brûlent des pneus, qui font le siège par exemple de tous ces hypermarchés en centre-ville qui se sont développés comme les champignons après la pluie au cours des 40 dernières années en France. Et maintenant, vous savez, l'été, en France... Moi, j'ai une maison de campagne dans la Nièvre.

Mais quand je vais à l'hypermarché de Cosne-sur-Loire, on voit souvent des productions qui viennent de l'autre bout du monde alors qu'il y a des agriculteurs qui font les mêmes à 20 km. Voilà. Alors c'est vrai que depuis quelques temps, il y a eu une tentative avec certaines chaînes de distribution et puis les pouvoirs publics, qui ont essayé d'imposer qu'il y ait des rayons où l'on propose des productions locales.

Mais enfin tout ceci, c'est encore une fois un cautère sur une jambe de bois, puisque les réalités économiques qui sont imposées par le marché commun agricole et par l'orientation ultralibérale des traités européens poussent à une destruction progressive et rapide de notre modèle agricole. Un exemple des conséquences de la construction européenne dans la filière fruits et légumes, par exemple : ils ont besoin de beaucoup de main-d'œuvre à l'été. Bon, les producteurs français sont placés dans une situation impossible. La législation française impose le SMIC, en gros de l'ordre de 9 à 10 € de l'heure pour les ouvriers saisonniers.

Or, les ouvriers saisonniers, travailler 9 à 10 € de l'heure pour ramasser par exemple des cerises, ou des choses comme ça, dans les vergers, c'est presque exclusivement des salariés agricoles venus du Maghreb, de la Turquie ou des pays de l'Est : de la Pologne, de l'Ukraine et de la Moldavie. Mais au même moment, le SMIC n'existe pas en Allemagne. En tout cas, il existe par branche, mais il n'existe pas dans l'agriculture, ce qui fait que les concurrents allemands, eux, payent les mêmes ouvriers saisonniers 5 à 6 € de l'heure. Donc le résultat des courses : ça veut dire qu'il y a une distorsion de concurrence. Et donc qu'est-ce qu'ils font ?

La chambre d'agriculture qui s'occupe des questions de fruits et légumes, la filière fruits et légumes avait saisi le Premier ministre M. Fillon en disant : « Il nous faut au moins des dédommagements ». Et donc la France a voulu dédommager ses agriculteurs, ce qui revient à fonctionnariser les agriculteurs. Ça revient encore une fois à dénaturer leur métier. Au lieu qu'ils cultivent et qu'ils vivent du produit de leur..., il faut qu'ils partent dans des circuits labyrinthiques de paperasse et d'administration pour essayer de survivre.

Et en plus de tout, naturellement, la Commission européenne a interdit à l'État de pallier cette distorsion de concurrence par des aides aux agriculteurs en considérant que c'était contraire à la libre concurrence, dont je vous ai rappelé que dans l'article 32, il est prévu que les produits agricoles obéissent au système du marché intérieur. Le résultat de tout ça, c'est qu'il n'y a pas 50 solutions. Ça veut dire que puisqu'on place les agriculteurs français dans une situation de concurrence sans limite avec par exemple les agriculteurs allemands sur cette filière... C'est un exemple, mais qui montre au jour le jour pourquoi la construction européenne est en train de nous détruire.

Eh bien soit on maintient la législation française du SMIC à 9 €, 10 € de l'heure, ce pour quoi je suis... Moi, j'estime qu'on n'a pas à traiter les gens comme des chiens. Toute peine mérite un salaire décent. Donc on maintient le SMIC à 10 € de l'heure, et à ce moment-là, on sombre, parce que ça n'existe pas en Allemagne. D'ailleurs, le modèle allemand dont on nous rebat les oreilles en ce moment... Vous savez qu'il y a quand même des gens très pauvres en Allemagne, et qui sont payés d'ailleurs de plus en plus avec des lance-pierres. Bon. Donc soit ça, soit on est obligés de supprimer le SMIC en France. Et on y va tout droit.

Nous, nous proposons la troisième voie, c'est-à-dire de dire : « Non, on en sort. On sort de ce système. Nous avons le droit de vouloir maintenir notre identité. Nous, nous avons le droit de vouloir défendre un modèle qui est à la fois un modèle agricole et un modèle social ». La conclusion, c'est que l'agriculture française est sur la voie du déclin. L'agriculture française est dépassée désormais par l'agriculture allemande. C'est une chose qui aurait été inconcevable il y a encore 5 ans. Les dégâts ne sont pas seulement financiers. Ils sont aussi d'ordre moral.

La prolifération des réglementations européennes retire aux agriculteurs ce qui faisait l'un des attraits les plus forts de leur métier, à savoir la liberté : liberté de travailler la terre comme ils le souhaitaient, d'utiliser les semences comme ils le voulaient. La construction européenne est ainsi en train de tuer financièrement, physiquement, mentalement le grenier agricole de l'Europe qu'était la France depuis des siècles. Ça n'est pas pour rien qu'il y a 400 à 500 agriculteurs qui se suicident par an. On parlait à juste titre, d'ailleurs, des gens qui se suicident chez France Télécom. Mais on ne parle pas assez des agriculteurs qui se suicident.

Donc c'est la raison n°3 de sortir de l'Europe. Si nous voulons que les agriculteurs français sauvent leur agriculture et leurs agriculteurs, alors il faut que la France dénonce juridiquement plusieurs articles des traités européens, notamment les articles (NDLR : 38) et 39 du TFUE. Vous voyez comment est construite cette conférence. C'est qu'elle vous montre raison après raison pourquoi nous avons raison de vouloir sortir de l'UE.

Nos contradicteurs refusent tout débat avec moi, d'abord parce que je connais les dossiers alors que souvent, ils ne connaissent rien, et aussi parce qu'ils ont tout intérêt à faire croire à la population française que vouloir sortir de l'Europe, ça serait être xénophobe, raciste, etc. Et on va agiter Mme Le Pen à chaque fois qu'il en est besoin pour agiter l'épouvantail. Voilà. Mais le résultat des courses, c'est qu'on ne débat jamais des sujets de fond. Donc les gens qui vous disent : « Comment ça ? Vous voulez sortir de l'Europe ? Vous êtes des nostalgiques et des ringards », je dis : « Mais vous, vous voulez y rester.

Donc vous êtes directement responsable du fait qu'il y a déjà rien qu'en matière agricole 500 agriculteurs qui se suicident tous les ans ». Il faut renverser la charge de la preuve et le sens moral. Les européistes n'ont pas le sens moral. C'est nous qui avons le sens moral. Ce sont des gens... D'ailleurs, il suffit de voir. Il suffit de voir ce qui se passe à Chypre. Il suffit de voir l'effondrement moral de la classe politique française, avec ce ministre du Budget qui faisait des conférences et des colloques pour lutter contre la fraude fiscale le 20 novembre 2012 sachant qu'il était lui-même un grand fraudeur fiscal. Non mais c'est pas drôle.

Ça veut vraiment dire qu'il y a quand même un vice de fond. Ces gens n'ont aucune supériorité morale. C'est nous qui l'avons. C'est nous qui représentons le peuple français, ses intérêts légitimes, qui représentons l'honnêteté intellectuelle, le regard bienveillant sur la France et sur le monde, comme je le montrerai tout à l'heure, parce que par ailleurs, toute cette oligarchie est en train de nous entraîner vers la guerre. La raison n°4, c'est... J'ai parlé d'agriculture. Faut que je parle aussi de l'industrie. Il faut sauver l'industrie française et nos emplois. Je rappelle que le TFUE, via ce fameux article 63... Enfin fameux... C'est moi, je crois.

Je vais finir par le rendre fameux, parce que comme j'en parle à toutes mes conférences, maintenant, ça commence à faire son petit bonhomme de chemin. Cet article 63 est tout à fait décisif. Cet article 63 dit que : « Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, ... » – donc tout ce qui concerne les mouvements de capitaux et de paiements – « ...toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». Alors ça nécessite de s'y arrêter un instant, parce que évidemment, je sais bien que lire des traités, lire du droit, ça n'est pas facile.

C'est fait justement pour que le grand public n'y comprenne pas grand-chose. Mais ça n'est pas si compliqué à comprendre. Regardez avec moi. « Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». « Restrictions aux mouvements de capitaux », ça veut dire que si vous avez une entreprise... Vous êtes un particulier. Vous possédez 1 milliard d'euros. Vous voulez construire une usine de fabrication de voitures. Vous êtes Peugeot. Vous voulez construire une usine de fabrication de voitures en Chine ou en Slovaquie. Vous êtes Lejaby.

Vous voulez déplacer vos ateliers de confection de sous-vêtements féminins au Maroc. Eh bien vous ne pouvez pas en être empêchés. C'est ça que ça veut dire. Les restrictions sont interdites. Ils peuvent sortir leur argent pour aller construire des usines. Et non seulement entre les États membres de l'UE, mais aussi entre les États membres et les pays tiers ! Vous voyez dans cette formule « les pays tiers » toute l'arnaque des européistes qui vous disent : « On va faire une Europe puissance ». Si on avait voulu faire une Europe puissance, on n'aurait jamais mis les pays tiers. On aurait dit : « On va faire entre nous une Europe puissance. On va délocaliser entre les pays d'Europe.

On va maintenir notre savoir-faire ». Mais pas du tout ! On a mis les pays tiers. Ça veut dire que en effet, Peugeot va pouvoir aller investir en Chine. En effet, telle entreprise informatique va pouvoir aller investir à Bangalore, dans le Karnataka en Inde du Sud. En effet, Lejaby va pouvoir aller investir au Maroc. Et donc à chaque fois, ça va faire des usines que l'on va fermer en France. C'est ça que ça veut dire. Et je me permets d'insister auprès de vous sur quelque chose dont je découvre que mes compatriotes, finalement, ne le savent pas. C'est d'ailleurs normal, qu'ils ne le savent pas, puisque personne ne leur a jamais dit.

Comment ça se fait qu'on parle de délocalisations maintenant ? Pourquoi on n'en parlait pas en 1972 ? Pourquoi on n'en parlait pas même du temps de Mitterrand, du début ? En 82, on n'en parlait pas. Alors il s'est passé quoi ? Ce qui s'est passé, c'est ça ! Ça, c'est directement le traité de Maastricht. C'est ça qui s'est passé. Je me permets de souligner ce point. Lorsque par exemple – mettons – en 1975, une entreprise française... Imaginons que ça lui ait traversé l'esprit... Ça n'était pas la mode de l'époque. Mais si ça lui traversait l'esprit de dire : « Je vais construire une usine à l'autre bout du monde à des tarifs très faibles », elle n'en avait pas le droit.

Elle devait aller demander une autorisation. C'est ce que l'on appelait le contrôle des mouvements de capitaux. Et donc le président de Peugeot-Citroën, de Renault ou de n'importe quoi, ou de Latécoère ou de Alstom, de je sais pas quoi, devait prendre sa canne et son chapeau... D'ailleurs, il n'avait en général ni l'un ni l'autre. Il avait simplement un costard-cravate, son attaché-case. Il devait aller prendre rendez-vous au ministère des Finances voir la direction du Trésor, et puis voir ensuite éventuellement le cabinet du ministre en disant : « J'ai un projet d'investissement pour créer une usine...

» – je sais pas – « ...au Bangladesh » ou bien « ...au Pakistan », « ...au Vietnam », « ...en Chine », « ...en Inde », « ...en Tunisie ». « Voilà. Est-ce que vous êtes d'accord ? ». Et à ce moment-là, c'était le ministère des Finances qui, dans sa grande sagesse, disait oui ou non. Alors oui, c'était pas toujours non. Par exemple, Peugeot s'est installée en Iran. Pourquoi les pouvoirs publics avaient donné l'autorisation à Peugeot de s'installer en Iran ? Parce que l'Iran était un marché prometteur, en pleine croissance, et puis parce qu'il s'agissait de fabriquer pour le marché local, et qu'il n'y aurait pas de réexportation vers la France. C'était tout bénéfice. Donc ça a été oui.

Mais maintenant, ça n'est plus possible. Dans d'autres cas, c'était non. Maintenant, ça n'est plus possible, parce qu'il y a non seulement l'article 63... Mais il y a également dans cet article 63... Il est précisé d'ailleurs que « toutes les restrictions aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». Ça veut dire : « Vous ne pouvez pas non plus interdire les versements financiers dans un sens ou dans l'autre, notamment rapatrier les profits et les capitaux ». Donc c'est un feu vert aux entreprises pour expatrier leurs usines dans des pays à très bas coût de salaire.

Mais il y a également l'article 32 qui dit que dans l'exercice de ses missions, il y a « la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entre les États membres et les pays tiers (...) accroître la force compétitive des entreprises (...) assurer (...) une expansion de la consommation dans l'Union ». Ça veut dire qu'en matière industrielle... C'est comme l'agriculture. En matière industrielle, on aurait pu avoir des traités qui auraient dit : « La priorité des priorités, c'est de maintenir l'emploi industriel en zone Europe. C'est de maintenir le savoir-faire industriel, de conserver nos emplois, de favoriser la modernisation de nos outils industriels ». On aurait pu avoir ça.

Là, on aurait pu dire légitimement : « C'est une Europe puissance ». Mais ça n'a pas été fait. Et ça n'a pas été fait pour les raisons que j'ai dites en préambule. C'est que ça aurait pu être fait si tout le monde avait été d'accord. Mais les Anglais n'étaient pas d'accord. Les ultralibéraux n'étaient pas d'accord. Le Luxembourg, qui n'a pas d'industrie et qui est le pays du grand capital – si l'on peut dire – n'était pas d'accord. C'est pour ça qu'on n'a pas pu avoir ça et qu'on pourra jamais avoir ça. Je vous l'ai dit : 1,2 seconde par trillion d'années, la probabilité.

C'est justement parce que nous sommes liés à des pays qui n'ont pas ces intérêts-là – puisqu'ils n'ont pas d'industrie, mais que eux, leur intérêt, c'est de maximiser le profit des détenteurs de capitaux – que nous sommes dans cette situation. Et vous voyez bien que là, ce que l'on promeut, c'est de promouvoir les échanges commerciaux. Mais quand on va faire fabriquer des soutiens-gorge – excusez-moi mais c'est un cas réel, le cas Lejaby –, des sous-vêtements féminins au Maroc et qu'on les rapatrie en France, eh bien on promeut les échanges commerciaux avec les pays tiers. Ça, c'est incontestable. Avant, on n'achetait pas de soutiens-gorge au Maroc. Maintenant, on en achète.

Avant, on n'achetait pas de voitures en Roumanie. Maintenant, on en achète. Avant, on n'achetait pas de chaussures fabriquées au Bangladesh. Maintenant, on en achète. Donc on favorise... C'est le point a). Deuxièmement, on accroît la « force compétitive des entreprises ». Eh bah oui, en effet, puisque les entreprises, maintenant, peuvent faire travailler à très très bas coût de salaire des Indiens, des Bangladeshis, parfois des enfants – il faut tenir compte des conditions sociales sur place –, plutôt que des salariés des Vosges ou du Nord, par exemple en matière textile. Je pense à ça parce que je pense aussi aux questions textiles. Bon.

Donc là, on favorise la « force compétitive des entreprises ». Enfin, « une expansion de la consommation dans l'Union ». Bah oui. On propose aux populations de l'UE des produits parfois à très bas coût. Je pense par exemple à cette entreprise de textile, de vêtements que vous connaissez tous, enfin en particulier les dames, qui s'appelle Zara. Zara, qui a été créée par un Espagnol il y a une vingtaine d'années, une trentaine d'années, et qui maintenant devient une des plus grandes entreprises mondiales de textile, et qui – ce monsieur, le fondateur de Zara – est en passe de devenir l'une des 5 plus grandes fortunes mondiales.

Alors d'où vient cette fortune et d'où vient la fortune de l'entreprise Zara ? Eh bien tout simplement parce que cette entreprise fabrique des vêtements – notamment pour femmes – qui sont des vêtements à la mode. Ils ont des flux tendus. Ils n'ont pas de collection... Ça change constamment. Dès qu'il y a une jolie robe qui passe, faut l'acheter, parce qu'on la retrouvera pas 3 semaines après. Ce sont des allotements qui sont fabriqués au Bangladesh, en Inde à des prix inimaginables. Il y a d'ailleurs des mouvements, des manifestations. Il y a des gens qui font la grève de la faim. Il y a eu un incendie au Pakistan dans une usine qui a fait des morts.

Tout ça, évidemment, a été caché aux Français, aux Espagnols, aux Japonais, puisque Zara est partout. Donc le consommateur est bien content d'acheter chez Zara effectivement une petite robe ou un petit T-shirt à un prix assez sympa. Ça, c'est le consommateur. Il est content. Le problème, c'est qu'il n'est plus salarié, parce qu'il a perdu son emploi. Donc ces phénomènes dits de mondialisation ont introduit une espèce de schizophrénie chez les peuples. C'est-à-dire que le côté consommateur est content d'acheter chez Zara un truc à bon marché.

Mais il n'a plus l'argent pour l'acheter, en gros, parce qu'il y a de moins en moins d'emploi, et que l'ensemble de la société est en train de verser dans l'appauvrissement généralisé avec son cortège d'augmentation continuelle de violence, de lutte contre la violence, donc de surveillance de la société, donc de nouveau de plus en plus de violence. Voilà le schéma dans lequel on est lancés. Tout ça pour permettre à des consommateurs de s'acheter une petite robe ou un petit T-shirt à prix sympa.

Mais vous voyez à quel prix : au prix de Bangladeshis ou d'Indiens de 15 ans ou 18 ans qui sont payés avec des lance-pierres, au prix de l'appauvrissement généralisé de régions entières, de la destruction de l'industrie et au prix bien entendu d'une augmentation phénoménale de la fortune de quelques-uns. C'est le propriétaire de Zara et puis les actionnaires. Alors par ailleurs s'ajoute à tout ceci la BCE. L'article 282, qui prévoit que « l'objectif principal du système européen de banque centrale »... Je n'en parle pas. J'en ai longuement parlé hier dans ma conférence sur la tragédie de l'euro. Je rappelle que l'euro n'est pas une monnaie unique, mais une monnaie commune.

Donc toutes les banques centrales nationales ont continué d'exister. Et donc chaque État conserve sa monnaie nationale, sauf que la monnaie nationale s'appelle l'euro et que c'est une créance sur la banque centrale nationale de chacun des pays différents. J'ai expliqué hier longuement en quoi ce système était en train de mener à une explosion générale. Alors « l'objectif (...) du SEBC est de maintenir la stabilité des prix ». C'est tout à fait cohérent avec ce que je disais tout à l'heure sur l'article 123. C'est-à-dire que les concepteurs de ceci, ceux qui ont tenu la plume sont en effet des ultralibéraux.

C'est en définitive les réprésentants des classes les plus favorisées du monde euro-atlantique, c'est-à-dire les gérants de fonds de pension, les grandes fortunes, les grandes banques. C'est une révolution de « banquiers », comme nous expliquait Padoa-Schioppa. Et donc l'objectif des gens qui ont de la fortune, c'est la stabilité des prix, parce que rien n'est plus déstabilisateur pour des gens qui ont de l'argent que de voir de l'argent se déprécier à toute allure. Donc c'est le seul objectif qui a été fixé.

Mais on aurait pu avoir pour la BCE et pour le SEBC et pour l'euro des objectifs qui eussent été tout à fait différents : par exemple le maintien d'un chômage le plus bas possible, par exemple le maintien, la préservation de la compétitivité des économies, en se basant sur l'économie par exemple la moins compétitive, le maintien en zone euro du plus grand potentiel possible de savoir-faire industriel. Pas du tout. C'est seulement l'objectif de la lutte contre l'inflation. Et on précise bien que la BCE est indépendante des institutions et des gouvernements. Comme je le rappelais hier, on n'est jamais indépendant de... Ça n'existe pas. L'indépendance totale n'existe pas.

Quand on est bébé, on est dépendant de son papa et de sa maman. Quand on est adolescent aussi, même si ça coûte parfois. Et puis après ça, on est dépendant de sa femme, de son mari, ou de son conjoint, ou de son concubin, ou de ses enfants, ou de ses collègues de travail, ou de ses amis, ou de ses vieux parents. Et puis après ça, on est dépendant de ses enfants, de ses petits-enfants, de sa garde-malade. On est toujours dépendant de quoi que ce soit. Donc l'idée qu'une BCE soit indépendante, c'est une idée qui n'existe pas. Quand on dit que la BCE est indépendante des gouvernements des États, ça veut dire qu'elle est indépendante du suffrage universel.

Mais ça ne veut pas dire qu'elle est indépendante d'autres structures. Mario Draghi, l'actuel président de la BCE, était l'ancien vice-président Europe de Goldman Sachs. Il connaît tout le monde chez Goldman Sachs. C'est d'ailleurs M. Peter Sutherland, le président de Goldman Sachs International, qui l'a fait promouvoir à la tête de la BCE, où M. Mario Draghi, italien... Vous savez que son nom, ça veut dire « dragon ». Son prédécesseur, c'était Trichet. Bon. Mario Draghi a plus de pouvoir que ce pauvre M. Hollande. Sur la France, j'entends. Parce que des décisions que prend M. Mario Draghi dépendent notamment...

Le taux de change externe de l'euro, qui va influer directement sur notre emploi et sur le maintien des industries sur le sol national. Voici la comparaison de l'évolution du taux de change de l'euro par rapport au dollar et de l'évolution du commerce extérieur français tout au long des années 2000. Lorsque l'euro a été créé sous forme d'échanges interbancaires en 1999, ça valait 1 € = 1,18 $. Ensuite, il a dégringolé l'année 2000 et 2001 pour tomber à 0,85 $. Il est arrivé dans vos poches et dans les miennes le 1er janvier 2002. À cette époque, il valait moins de 1 $. Il valait 0,9 $.

Depuis lors, il a augmenté de façon considérable, puisqu'en fait, c'est la barrière d'ajustement mondiale principale du déficit de la balance des paiements courants américaine, jusqu'au mois de juin 2008 où il a atteint 1,60 $. Et depuis, il a fait du yo-yo. Il est retombé à peu près aux alentours – ces jours-ci – de 1,25, 1,27, 1,30. Bon. Au passage, je dis comme je l'ai déjà expliqué hier que depuis 2008, l'euro, par rapport au dollar, a perdu 25% de sa valeur. On n'en a pas fait un fromage. Je dis ça pour les gens que vous connaissez dans votre entourage qui vous disent : « Mais si jamais on sortait de l'euro... Vous vous rendez compte ? Le franc perdrait 20% ».

Je leur ai dit : « Mais figurez-vous que ça s'est passé. Ça a perdu 25%. Ça vous a fait ni chaud ni froid. C'était du temps de l'euro. Passons. Maintenant, vous avez ici la courbe de l'évolution de notre commerce extérieur de la France. En bleu, c'est les exportations. En rouge, ce sont les importations. Et vous voyez que nous avons une période ici où il y avait à peu près identité entre export et import. C'est-à-dire qu'en gros, notre commerce extérieur est équilibré. Donc en gros, ça veut dire que nous sommes compétitifs par rapport à l'économie mondiale. Et puis vous voyez ici une augmentation colossale des importations et une augmentation nettement moindre des exportations.

Ça veut dire que notre solde commercial devient abyssal. Le déficit devient énorme. Énorme ! On a signé en 2011 le plus gros déficit commercial de l'histoire de France depuis Vercingétorix. Et en 2012, la ministre du Commerce extérieur... Son nom m'échappe. Pourtant actuelle. Bon, enfin bref... Qui s'est glorifiée il y a quelques semaines... Mme Nicole Brick. Elle en casse pas beaucoup, d'ailleurs. Mme Nicole Brick, qui est ministre du Commerce extérieur, nous a fait une déclaration hallucinante en disant... Elle a poussé un « Cocorico » parce qu'on avait dégagé (NDLR : 67,2) milliards d'euros de déficit commercial, ce qui témoignait d'une embellie. Mais l'embellie... Elle se moque de qui ?

C'était le deuxième déficit commercial le plus important de notre histoire. Ces déficits commerciaux s'expliquent très clairement par l'évolution du taux de change. Parce que si vous regardez bien... Je ne sais pas si vous êtes familier de ce genre de choses. Mais la période ici pendant laquelle l'euro était en dessous d'un dollar correspond avec le décalage de 9 mois qui est nécessaire pour l'intégration dans les statistiques, les commandes, la livraison, le paiement et l'intégration dans les statistiques douanières. Donc il y a toujours un décalage. C'est justement pendant cette période-là que l'on a eu justement l'équilibre.

Ça veut dire que lorsque 1 € est inférieur ou égal à 1 $, nos produits se vendent bien dans le monde, sont compétitifs. En revanche, plus l'euro vaut cher et plus nos produits deviennent très très chers et de moins en moins compétitifs par rapport à la concurrence faite en zone dollar. C'est ce qui explique l'augmentation des exportations et l'augmentation donc du déficit commercial. Alors début avril 2013, le taux de change de l'euro est d'environ 1 € pour 1,30 $. Le taux de change de compétitivité – je viens de vous le montrer – est de l'ordre de 1 € = 1 $. Ça veut donc dire que l'euro est encore environ 30% trop cher pour l'économie française.

Les gens qui vous disent : « Mais si nous sortions de l'euro, le franc perdrait 30%. Vous vous rendez compte ? », je dis : « Hélas... »... D'ailleurs, c'est pas vrai, puisque les études qui ont été faites par Natixis montrent que le franc risquerait de ne baisser que de 2%, ce qui ne résoudrait pas notre problème. Je dis : « Mais ça serait formidable. On récupérerait la compétitivité de l'économie française. On arrêterait d'avoir cette hémorragie quotidienne d'emplois industriels ».

Donc en clair, la perte d'une politique monétaire indépendante a fait perdre à la France la maîtrise d'une politique de taux de change externe compatible avec la compétitivité de l'industrie française, qui n'est pas la même que la compétitivité de l'industrie allemande. L'euro cher est en train de mettre à mal l'agriculture et les services français, de détruire l'industrie française. Je ne crois pas avoir mis dans cette conférence les planches que j'expliquais hier pour montrer comment ça fonctionne et pourquoi la France n'est pas dans la même situation que l'Allemagne. C'est un point sur lequel je pourrai revenir dans les questions, si vous le souhaitez.

En attendant, il n'y a pas qu'Asselineau qui vous dit ça. M. Louis Gallois, président de EADS, dans un entretien du Figaro du 27 mars 2008... Il était président quand même de l'entreprise qui fabriquait notamment Airbus. Bon. Il savait quand même de quoi il parlait. En plus, il a été président de la SNCF. Louis Gallois disait : « Une baisse du dollar de 10 cents... » – de 10 centimes – « ...fait perdre 1 milliard d'euros à Airbus ». Une augmentation – on peut dire – de l'euro par rapport au dollar de 10 centimes fait perdre 1 milliard d'euros à Airbus. « L'euro, à son niveau actuel, est en train d'asphyxier une bonne partie de l'industrie européenne en laminant ses marges à l'exportation.

Si cela continue, l'industrie européenne fuira l'Europe » : Le Figaro du 27 mars 2008, entretien avec Louis Gallois. Allez vérifier si ce que je vous dis est faux. Donc ça veut dire qu'un très grand patron était le premier à le dire. Et le problème, c'est que ça a continué. Comme ça continue, eh bien on se délocalise pour aller en zone dollar. On se délocalise d'autant plus – par exemple – pour percer sur le marché chinois que par ailleurs, les Chinois demandent des délocalisations, puisqu'ils font mousser la concurrence entre Boeing et Airbus, puisque la Chine est évidemment l'un des très très très grands marchés d'achat d'appareils civils au cours des 20 prochaines années.

Donc le résultat des courses, c'est qu'à la fois sur la demande des Chinois et à la fois sur les contraintes de l'euro qui rendent les productions industrielles non compétitives en zone euro, eh bien EADS est obligé d'aller se délocaliser en Chine. Et il n'y a pas que EADS. Je prends cet exemple parmi bien d'autres. Donc le résultat, c'est qu'une partie de la production des Airbus A320 est désormais entièrement effectuée en Chine dans une usine flambant neuve de la ville de Tianjin. Alors les gens me disent : « Oui, mais c'est que du montage. C'est pas encore de la fabrication ». Oui, bien sûr. C'est comme les gens qui me disaient en Alsace il y a 2 jours : « Mais non.

Mais cette région Alsace, ça ne nuit en rien à la souveraineté française ». Pas du tout. Ça, c'est toujours les propos lénifiants – vous savez – pour ne pas vous faire comprendre le processus qui est en cours. Oui, bien sûr, les Chinois ne vont pas sortir un Airbus A380 du jour au lendemain. Ce sont des industries très lourdes. Il faut avoir à la fois du savoir-faire, des ingénieurs, des appareils, tout un outil industriel sur place. Mais la tendance, elle est là. Elle est là et bien là. Ça, c'est l'inauguration – donc – de cette usine. On a à Tianjin : le premier Airbus A320 fabriqué en Chine a été livré à la compagnie chinoise Sichuan Airlines.

Vous savez, c'est une des compagnies régionales. Il y a un certain nombre de compagnies régionales en Chine depuis que le gouvernement chinois a fait éclater le monopole de la compagnie CAC, qui était la compagnie nationale auparavant. Donc le premier Airbus entièrement monté en Chine, l'Airbus A320, a été livré à la Sichuan Airlines le 23 juin 2009. Ensuite, on sait que... Voilà. Fin 2009, l'usine chinoise de Tianjin a produit 11 Airbus : 6 A319 et 5 A320. En 2011, l'usine chinoise de Tianjin a produit 48 Airbus par an. Donc on est passés à 1 par semaine. Combien de copies d'Airbus va-t-il y avoir ? Que restera-t-il de l'industrie aéronautique française dans 15 ans, en 2025 ou 2030 ?

D'autant plus que ça n'est pas faire offense aux Chinois, que j'aime beaucoup... Je suis souvent allé en Chine. C'est un pays que je connais bien. Et d'autant plus que les Chinois ont le génie comme tous les peuples d'Extrême-Orient de la copie, puisque c'est valorisé dans leur culture. Nous, nous sommes une culture où on dévalorise la copie, où on valorise le geste singulier de l'artiste fou. En Chine, pas du tout. En Chine, on valorise la théorie confucéenne. C'est d'apprendre auprès d'un sensei (先生), comme on dit en japonais, d'un professeur. On apprend, on apprend, on apprend à écrire pendant des dizaines d'années l'écriture chinoise. Donc on valorise la copie.

Alors en plus, c'est évidemment dans l'intérêt industriel. Mais ça veut bien dire que dans moins de 10 ans, il n'y aura plus 2 fabricants d'avions au monde. Il y aura Boeing, Airbus. Et puis il y aura... Des principaux nouveaux concurrents, ça sera les fabricants chinois. Et puis comme Boeing est subclaquant avec son affaire de Dreamliner, et puis comme Airbus se délocalise à cause de l'euro, nous sommes en train de tuer Airbus. Alors on présente Airbus comme un grand fleuron de la construction européenne. Alors j'insiste sur le fait que ça n'a rien à voir. Vous savez que Airbus n'a rien à voir avec la construction européenne.

Ça a été lancé par Charles de Gaulle qui, justement, comme il refusait l'entrée de la Grande-Bretagne dans le marché commun, avait voulu montrer qu'il n'était pas anti-Anglais, et donc avait lancé un processus de coopération industrielle internationale. Donc Airbus, c'est une coopération internationale. On est bien d'accord là-dessus. Vous savez que dans l'Airbus A380, le premier pays fabricant, ce sont les États-Unis d'Amérique, avec 38% de part intégrée dans l'avion. Dans l'Airbus A380, le très grand porteur, toute l'électronique embarquée plus les trains d'atterrissage, c'est américain, et puis en plus, une grande partie de l'avionique.

Donc ça – je l'explique dans une autre de mes conférences –, si demain, la France sort de l'UE, elle sera toujours dans Airbus. Ça n'a rien à voir. C'est pas un traité. C'est une coopération internationale. Pareil pour Arianespace. Bon, d'ailleurs, il y a beaucoup de pays de l'UE qui ne sont pas dans Airbus. La majorité des pays de l'UE ne sont même pas un clou dans Airbus, un rivet, alors que vous avez dans les Airbus une coopération très importante... Vous avez 10 entreprises japonaises, des entreprises sud-coréennes, singapouriennes, canadiennes, russes, américaines dans Airbus. Bien. Alors tout ceci mène à quoi ?

Eh bien mène à ceci, c'est-à-dire l'effondrement du nombre d'heures travaillées dans l'industrie en France depuis 1997 jusqu'à 2011. C'est un suicide économique silencieux. L'industrie française a perdu un tiers du total des heures travaillées en 15 ans. Je vous parle beaucoup de suicides, mais parce que la France est en train de se suicider. Nous sommes un pays qui est en train de se suicider, au sens propre comme au sens figuré. Les agriculteurs se suicident. L'agriculture française dégringole. L'industrie française... Regardez cette courbe ! (NDLR : Le corollaire) de ça, c'est ça. Actuellement, chaque jour – chaque jour ! –, la France perd 400 à 500 emplois.

Chaque jour, la France perd une usine ! Chaque jour, plus de 1 500 Français basculent en dessous du seuil de pauvreté calculé par l'Insee pour l'année 2010. En 2012, je pense qu'on va être plutôt à plus de 2 000 Français qui basculent en dessous du seuil de pauvreté. Voici la situation. Une situation qui est calamiteuse, qui dure maintenant depuis 15 ans. En fait, qui est directement corrélée à l'adoption du traité de Maastricht, de l'euro, de la prétendue mondialisation inévitable, c'est-à-dire de la suppression de tous les contrôles aux échanges de capitaux, de marchandises et de services. Ça en est des fruits directs. Et que font ceux qui sont à l'origine de ça ?

Ils continuent à plastronner dans les médias. Les Jacques Attali, les Jacques Delors sont en train de nous dire ce qu'il faut faire maintenant alors que tout ce qu'ils ont dit s'est traduit par une catastrophe, ayant été mis en pratique. Nous avons des... J'allais dire un gros mot. Nous avons des clowns comme M. Montebourg, qui se fait nommer ministre du Redressement productif. Il a fait quoi pour redresser productivement la France depuis 1 an ? Rien ! Parce qu'il ne peut rien faire. Parce que la clé du problème, c'est l'article 63. Elle est là, la clé du problème.

Tant que nous n'aurons pas cassé ce système qui permet aux entreprises de délocaliser tout ce qu'elles veulent et leurs usines, on ne peut pas lutter contre les délocalisations. Sinon, c'est de la fumisterie. Voilà la réalité de la situation. On a certains... D'ailleurs, je crois qu'il y en a un qui est dans la salle, de nos militants, qui était allé voir M. Mélenchon. Vous voyez qui c'est, Mélenchon ? M. Mélenchon, qui a toujours des propos extraordinaires – n'est-ce pas ? – pour mobiliser le peuple de gauche, les ouvriers, etc. Ça, il est fort en gueule. On peut le dire. Mais il ne parle jamais de ça. Ce sont des formules.

Alors on a certains de nos militants qui sont allés le voir, et qui ont dit : « M. Mélenchon, est-ce que vous pourriez parler de l'article 63 du TFUE ? ». Et il a répondu quoi... Ils sont dans la salle. « Camarade, on parle pas de ça ! ». — {Du public :} Non, il a dit : « Il y a des caméras. On va vous descendre. On parle pas de ça. Il y a des caméras ». — Voilà. « Il y a des caméras. On va vous descendre. On parle pas de ça ». Ah bon ? Mais il sert à quoi, M. Mélenchon ? Il sert en fait à drainer sur son nom 10 à 12% des gens pour ensuite, au deuxième tour, aller les faire voter pour M. Hollande, qui est l'artisan même de la catastrophe. C'est comme ça que les choses se passent.

Je n'exagère pas. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a de plus en plus de gens qui viennent m'écouter, parce qu'ils savent, voient que c'est la vérité. Et si vous en doutez, si vous le découvrez, allez voir mes conférences. Regardez l'actualité dans 1 mois, dans 2 mois, dans 5 mois, dans 6 mois, dans 1 an. Vous verrez. Ça va continuer tant que les Français ne se seront pas sortis de ce cancer, n'auront pas balayé toute cette politique qui verrouille indûment tout débat. Parce que la moindre des choses, si nous étions en démocratie, c'est que je puisse débattre à la télévision, à TF1, avec Jacques Attali ou avec M. Montebourg, ou avec M. Sarkozy, puis que les Français jugent. Non !

Les Français, à TF1, on leur donne du Koh-Lanta. C'est la raison n°4. Si nous voulons sauver nos emplois, sauver l'industrie française, sauver notre savoir-faire industriel, préserver notre niveau de vie, empêcher l'appauvrissement très rapide de la population française, alors il faut que la France sorte de l'euro au plus vite pour récupérer la maîtrise de sa politique monétaire, notamment pour le taux de change externe. Deuxièmement, il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens qui favorisent, qui poussent, qui donnent un dynamisme phénoménal à toutes les délocalisations, c'est-à-dire les articles 32, 63, 282 du TFUE, ces traités dont M.

Mélenchon ne veut pas parler parce qu'il a peur des caméras, paraît-il. Mais il a pas seulement peur des caméras. Il a aussi peur de ses électeurs, puisqu'il ne le leur dit dans aucune conférence publique. D'ailleurs, il n'en parle pas non plus dans ses documents électoraux. Et enfin, il appelle à voter pour M. Hollande, qui est justement le partisan de ces traités. J'aurais pu dire la même chose, d'ailleurs, à droite. La raison n°5, c'est qu'il faut maîtriser les flux migratoires afin de ne déstabiliser ni la société française, ni les sociétés des pays d'émigration. C'est un sujet empoisonné. Je rappelle que le mouvement politique que j'ai créé n'est ni de droite, ni de gauche.

Il rassemble des gens de tous les horizons. Et c'est un sujet sur lequel je parle toujours avec beaucoup de prudence, parce que sais trop qu'il y a derrière des drames humains considérables. Donc ce que nous, nous disons, c'est que plutôt que les Français se disputent... Et on les fait se disputer sur ce sujet de façon vicieuse ! Parce que c'est un sujet empoisonné, avec évidemment derrière tout ce que l'on peut imaginer en termes de fantasme, en termes de submersion, de péril jaune, de péril ci, de péril ça, d'islamisation. Donc ça, c'est un sujet rêvé pour que les Français se disputent – c'est comme le mariage pour tous – sans jamais parler des vrais sujets qui sont derrière.

Le TFUE précise dans son article 67 que l'UE « assure l'absence de contrôles des personnes aux frontières intérieures ». Il faut quand même lire cet article. Il faut quand même lire cet article à tête reposée. Parce que moi, j'avais jamais vu ça. En général, on assure les contrôles. Mais assurer l'absence de contrôles, ça veut dire qu'on a l'impression que l'UE met aux frontières des espèces de gabelous qui sont là pour bien vérifier que s'il y a des gens qui passent, personne ne les emmerde. Voilà. C'est exactement « interdit d'interdire ». En effet, c'est le même schéma que « toute restriction aux échanges de capitaux est interdite ». N'est-ce pas ?

On assure l'absence d'interdictions des (NDLR : mouvements) de capitaux. Bon. Ça veut donc dire quoi ? Ça veut dire que l'UE, délibérément, veut démanteler les pouvoirs des pays d'Europe en matière de – tout simplement – gestion de l'entrée sur leur territoire. Mais ça, ça n'existe nulle part ailleurs au monde ! Tous les États du monde gèrent l'entrée sur leur territoire, à commencer d'ailleurs par les États-Unis d'Amérique, que l'on nous présente constamment comme étant le paradis, le modèle du XXIe siècle. Je trouve toujours extraordinaires les gens qui me disent : « Ah, mais comment ? Vous voulez réintroduire les frontières ? Mais vous n'y pensez pas, mais vous êtes dément ! ».

Et les mêmes qui me disent 15 secondes après : « Les États-Unis... Il faut faire comme les États-Unis. Faut faire les (NDLR : États-Unis d'Europe comme les États-Unis d'Amérique). Mais quel est le pays au monde le plus nationaliste, le plus fermé sur le monde, qui, du fait notamment du PATRIOT Act, a imposé des passeports biométriques, impose... On vous met quasiment dans la tenue d'Adam ou d'Eve quand il faut monter à bord d'un avion. On vérifie ce que vous avez dans les souliers où si vous n'avez pas du TNT dans vos baleines de soutien-gorge. Ce sont les États-Unis d'Amérique. Bien.

Alors on nous dit que l'UE doit développer une « politique commune en matière d'asile, d'immigration et de contrôle des frontières extérieures ». Ce que je trouve extraordinaire, c'est que personne ne le dit aux Français, et en particulier d'ailleurs pas Mme Le Pen. Les Français, on les fait se battre avec ceux qui vont vouloir avoir une politique sur l'immigration ci, sur l'immigration ça, et ci, et là. Mais personne n'en a plus le pouvoir, puisque c'est l'UE.

Donc ce que nous, nous disons – et nous sommes tout à fait cohérents avec notre Charte –, c'est que nous disons : que vous soyez pour une politique sévère vis-à-vis de l'immigration – il y en a chez nous –, que vous soyez pour une politique de très large accueil de l'immigration... Nous en avons aussi chez nous, des gens qui considèrent par exemple que l'immigration, sur le long terme, permet à la France – ce qui n'est d'ailleurs pas faux – d'avoir une démographie qui est assez dynamique. Ça veut dire par exemple que d'ici 2050, 2060, la France sera peut-être plus peuplée que l'Allemagne. Ce qui n'est pas rien, en termes de puissance et de survie d'une collectivité nationale. Bon.

Et puis il y en a qui sont : « Ben non. Il faut avoir une politique entre les deux ». Nous, nous ne prenons pas parti. Nous, nous accueillons tout le monde. Et tout les gens viennent chez nous parce qu'ils ont compris que nous leur donnons la vérité. On leur dit : « Ça ne sert à rien de se bouffer le nez, puisque de toute façon, c'est pas nous qui décidons ». Donc on se rassemble pour reprendre le pouvoir. Et puis une fois qu'on aura repris le pouvoir, ça sera aux Français de décider. C'est d'ailleurs ce que j'ai proposé dans mon programme, qui est notre programme depuis le 3 décembre 2011.

C'est-à-dire : de la même façon que nous voulons un grand débat où on met tout sur la table sur les questions d'endettement public et de voir si le concept de dette odieuse ne peut pas s'appliquer à tout ou partie de l'endettement dont nous souffrons, et d'avoir un schéma éventuel à l'islandaise ou à l'argentine, voir comment sortir de cette affaire dont tous les experts savent que jamais, on ne pourra rembourser... Pas seulement la France, mais d'ailleurs l'Allemagne, le Japon, les États-Unis. Tout le monde sait qu'on pourra pas rembourser ces dettes-là. Donc remettre à plat le système depuis le début.

Nous proposons qu'il y ait la même chose en matière d'immigration, c'est-à-dire qu'il y ait des grands débats nationaux où on mette les Français devant leurs responsabilités en se gardant de tout populisme au passage. C'est-à-dire en soulignant effectivement que l'immigration pose des problèmes. C'est tout à fait exact. En soulignant aussi que si les gens viennent en France, ça n'est pas en général pour le plaisir. C'est aussi tout simplement pour survivre, parce que quand vous vivez dans la zone du Sahel, les gens meurent de faim, parce que nous sommes dans un schéma par ailleurs qui est un schéma de grand déséquilibre – n'est-ce pas ?

– de la répartition des richesses dans le monde, et que lorsque les gens crèvent de faim... Ils crèvent de faim... Ils font tout pour essayer de pas crever de faim et pour faire nourrir leur famille. Alors nous insistons aussi sur le fait que l'article 79 du TFUE prévoit justement que c'est l'UE qui fixe les orientations en matière de « regroupement familial », qui régisse la « liberté de circulation et de séjour », qui règle les problèmes d'« immigration clandestine » : tout ce dont personne ne vous parle. On l'a d'ailleurs vu. Lorsque par exemple M.

Sarkozy avait voulu faire un coup politique en faisant reconduire à la frontière des roms en grand nombre, c'était Mme Viviane Reding, commissaire européen, qui avait menacé de traîner la France devant la Cour de justice de l'UE pour non-respect, parce que ça n'est pas de la France que ça découle. Tout ça, ça découle du traité d'Amsterdam de 1997. Voilà. Donc en réalité, désormais, ça n'est plus la France qui décide de qui entre sur son territoire. Ce sont les visas des États Schengen.

Donc les gens qui entrent sur le territoire français, quand ils viennent de tout le reste du monde, effectivement, c'est nous qui les contrôlons aux frontières, parce que ce qui est le plus singulier de toute cette affaire, c'est que la France... Le cas général, c'est encore que nous contrôlons aux frontières. D'ailleurs, quand vous partez... Si ça vous est déjà arrivé d'aller à Djerba en Tunisie ou d'aller à Tokyo ou aller à New York ou à Londres ou à Dublin, qui ne sont pas dans l'espace Schengen, ou d'aller à Moscou, à Rio, Mexico, Bangkok, etc., vous passez les frontières... Vous subissez des contrôles aux aéroports français. Les Français trouvent ça tout à fait normal, d'ailleurs.

Et pareil quand ils arrivent à l'étranger. Mais à part ça, beaucoup d'étrangers qui arrivent par exemple au Portugal, en Espagne, en Italie, dans l'espace Schengen, ensuite, entrent totalement sans contrôle. 2:01:35.200,2:01:50.360 Alors cette affaire d'immigration, c'est vraiment le réceptacle de tous les populismes et des propos les plus ahurissants qui soient. Je rappelle cette déclaration qui a 10 ans, mais qui n'a pas (NDLR : pris) une ride, qui était M. Nicolas Sarkozy, qui à l'époque était ministre de l'Intérieur, dans le journal Le Monde, avait publié un point de vue qui était sur le thème « Pourquoi les sans-papiers ? ». Et voilà ce que disait M. Sarkozy.

« Pourquoi des sans-papiers ? Voici 20 ans que la situation ne fait qu'empirer. L'augmentation massive du nombre des visas délivrés par les pays de l'UE depuis plusieurs années est à l'origine de l'accroissement de l'immigration illégale dans notre pays ». Ministre de l'Intérieur qui dit que c'est de la faute des pays de l'UE qui délivrent des visas Schengen. C'est pas moi qui l'ai dit. C'est Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, 18 janvier 2003. Bon ! « Les visas Schengen de court séjour font l'objet de plus en plus fréquemment d'un véritable détournement de procédure ». Très bien. « Il convient, et le temps presse, de définir... »... « Le temps presse », c'était il y a 10 ans.

« ...de définir au niveau européen une politique de l'immigration au mieux commune, mais au minimum qui ne serait plus contradictoire ». Parce qu'effectivement, les politiques sont complètement contradictoires entre les différents États. C'est le schéma du blocage continuel. « En la matière, les chantiers sont innombrables ». Et M. Sarkozy termine sa prose en disant : « Contrairement à ce que je lis trop souvent, l'Europe est un atout dans la lutte contre l'immigration illégale et en aucun cas un handicap ». Alors excusez-moi, mais c'est pratiquement un cas pathologique, un cas psychiatrique. Il faut quand même que vous relisiez ce texte.

C'est un article qui s'appelle : « Pourquoi les sans-papiers ? » dans Le Monde du 18 janvier 2003, où M. Sarkozy commence par dire que l'augmentation massive du nombre des visas délivrés par les pays de l'UE est à l'origine de l'accroissement de l'immigration illégale. Donc c'est l'Europe qui est à l'origine des problèmes. Puisque avant, justement, il n'y avait pas ça. Et il termine en disant : « Contrairement à ce que je lis trop souvent, ... »... C'est-à-dire qu'il avait dû se lire, sans doute, le premier paragraphe. « ...l'Europe est un atout dans la lutte contre l'immigration illégale et en aucun cas un handicap ». Bon, écoutez, c'est vraiment se payer la tête du monde.

On prend vraiment les gens pour des imbéciles. Voilà. On prend les gens pour des imbéciles. Je voudrais insister sur un aspect que je trouve également assez sordide dans ces questions d'immigration. C'est que la Commission européenne veut singer les États-Unis, y compris dans leur côté de rapine sur le bien le plus précieux que possèdent les pays du monde, c'est-à-dire les gens qui sont chez eux. C'est-à-dire que – comme vous le savez – les États-Unis, comme une espèce d'économie négrière, ont décidé d'octroyer des green cards et ont fait de la sélection pour drainer des cerveaux. Eh bien c'est ce que les Européens viennent de faire en créant la blue card.

C'est écrit en européen – donc vous le voyez –, c'est-à-dire en américain. « The European Union welcomes highly educated professionals ». Donc ça veut dire : « L'Union européenne accueille des professionnels hautement éduqués ». C'est un copié-collé de cette green card. L'UE organise désormais le pillage des pays du Sud de leurs highly educated professionals. On a quand même quelque chose d'un cynisme inouï, parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout simplement, des gens ont fait des calculs que ça coûte... Je crois que quelqu'un qui est licencié en droit ou licencié en maths, ça coûte à peu près 250 000 € à fabriquer. Parce qu'il faut avoir une maman qui est enceinte.

Donc bon, il y a la Sécurité sociale. Ensuite, elle va prise en charge donc par la Sécurité sociale pendant l'accouchement et puis après, les premières années, les premiers mois. Et puis ensuite, il va y avoir le bébé qu'il va falloir nourrir, loger, blanchir. Il va falloir des crèches. Il va falloir après ça une école maternelle, puis une école primaire, puis ensuite le collège. Et puis ensuite, il va falloir le lycée, et puis passer le bac, et puis ensuite éventuellement aller à la fac. Bon. Et puis pendant ce temps-là, ça va durer 20 ans, 22 ans à le nourrir, le loger, le blanchir. Bon. Et donc selon certains calculs que j'ai vus passer, on estimait ça à 200 000 €, 250 000 €.

Pourquoi se gêner quand ça peut être gratuit ? On n'a qu'à en chercher au Sénégal. C'est ça, c'est ça, la politique d'immigration qui est voulue maintenant. C'est aller piller les pays du Sud de ce qui fait leur seule vraie richesse, parce que si dans ces pays du Sud, vous leur prenez tous les highly educated professionals à qui s'adresse cette carte, eh bien tout simplement, vous les empêchez de se développer. Voilà le résultat de la situation. C'est pour ça que sur ces sujets, il y a besoin – à mon avis – d'une très grande explication et d'un grand partenariat avec les pays du Sud. On n'a pas à aller piller les pays du Sud. Voilà. C'est une honte. Donc il faut que la France...

Si nous voulons maîtriser les flux migratoires afin de ne pas déstabiliser la société française... Parce que par ailleurs, dans des sociétés où il y a des taux de chômage record, comme c'est le cas en France, il est évident qu'il y a assez facilement le bouc émissaire qui est tout trouvé, qui est les immigrés, qui viennent prendre les emplois. Donc ce n'est pas nécessaire non plus d'agiter la population sur ces questions. C'est un fait objectif. Donc si on ne veut pas déstabiliser la société française, la société des pays d'immigration d'autre part, eh bien il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment les articles 67, 77, 79 du TFUE.

Alors on poursuit avec maintenant la raison n°6. C'est qu'il faut protéger la santé publique et l'environnement. Je rappelais tout à l'heure au moment où je parlais de l'agriculture que les traités européens favorisent une agriculture hyper-productiviste. Donc de plus en plus de pesticides dans la consommation, parce qu'on en trouve constamment. Et donc on voit de plus en plus se développer des scandales sur les pesticides. Les traités européens imposent une agriculture hyper-productiviste, obligent les agriculteurs – du moins dans certaines zones – à utiliser de plus en plus d'engrais et de pesticides.

On voit apparaître de la tératologie, c'est-à-dire des naissances avec des gens qui ont des malformations. Vous savez que la qualité du sperme des hommes occidentaux est en chute libre. La capacité de se reproduire de la population est en chute libre. On incrimine de plus en plus d'ailleurs les pesticides, etc. Eh bien aucune réflexion n'est autorisée sur le sujet. Vous avez M. José Bové, qui fait des grandes proclamations. Mais il a créé un blog qui s'appelle « Paysans pour l'Europe ». Ce José Bové qui est paysan comme je suis moine tibétain, d'ailleurs. Vous le savez, puisqu'il s'appelle Joseph Bové. Ses parents étaient des chercheurs. Il a passé son enfance en Californie.

Il parle parfaitement l'américain. Simplement, c'est au moment de l'affaire du Larzac qu'il y a eu sans doute... Une agence de com' lui a dit de se faire le look d'Astérix. Bon. Mais M. José Bové, en tout cas, il est maintenant vice-président de la commission agriculture au Parlement européen. Ça, ça rapporte beaucoup beaucoup d'argent. C'est sûr. Pas mal. C'est pas mal. Et M. Bové, alors je l'ai entendu souvent gueuler contre les pesticides. Ça, c'est une chose. Mais faire le rapprochement entre ça et l'agriculture des traités européens, c'est une autre chose.

Quant à expliquer – comme je le disais au début de cette conférence – que la probabilité d'avoir une Europe écologiste, c'est à peu près 1,2 seconde par trillion d'années, ça, vous ne l'entendrez jamais. Et au contraire, il va passer sa vie à vous expliquer que si vous votez pour lui, vous aurez une Europe écologiste, comme si le fait d'élire un député écolo de plus au Parlement européen allait changer quoi que ce soit au vote des Britanniques, des Slovaques, des Chypriotes et autres. Bon. Alors l'UE oblige les États à introduire les OGM – vous le savez – suite notamment au lobbying de Monsanto et de BASF.

Je vous ai expliqué au début de cette conférence qu'il n'y a pas de peuple européen et qu'il n'y a pas de changement politique possible, puisqu'on est en situation de cohabitation permanente. Donc nous sommes dans un truc où il n'y a aucun citoyen. Les citoyens de l'Europe, ça n'existe pas. Ça n'existe pas, le peuple européen. On peut le dire. Ça n'existe pas. Bon. Donc en plus de ça, ça n'intéresse personne. Personne n'y va. Et donc la Commission européenne est peuplée de lobbyistes, c'est-à-dire des gens... C'est très très emmerdant d'aller à Bruxelles. Mais si vous êtes payé pour ça, vous y allez.

Si c'est votre job, si vous êtes employé par Monsanto, vous allez voir le chef du bureau Tartemuche à la Commission, au Berlaymont, comme on dit à Bruxelles. Et puis vous allez lui apporter des dossiers en disant : « Voilà. Là, vous on a proposé... C'est un projet de directive. C'est génial. C'est formidable. Regardez tous les avantages ». Tout le monde fait ça. Le lobby des ascensoristes, le lobby des gens... Vous savez qu'en permanence, si vous avez un appartement dans un immeuble, vous savez que maintenant tombent comme à Gravelotte des nouvelles réglementations, constamment. Alors il faut réparer tous les ascenseurs.

Et puis après ça, sur les toits, sur les terrasses, faut mettre des garde-fous. Et puis après ça, il faut... Enfin il y a toujours un nouveau truc qui vient de sortir. Mais tout ça, c'est le fruit des lobbyistes qui sont à Bruxelles. C'est formidable. Vous allez voir des lobbyistes. Alors vous allez voir un chef de bureau, un burlingue au fond de... Qui doit être – je sais pas, moi – letton, sa secrétaire étant espagnole et puis le chauffeur étant français, ou je sais pas quoi. Et puis ces gens-là sont payés d'ailleurs très grassement. Et puis vous leur donnez clé en main... Vous allez les voir en disant : « Écoutez, il y a un problème de fond dans la société française.

C'est le problème des ascenseurs. Donc il faut absolument réformer tous les ascenseurs de France pour qu'ils soient à des nouvelles normes. Et d'ailleurs, – tiens – au fait, on a pensé à vous. Si ça vous intéresse, on fait un séminaire sur le problème des ascenseurs dans le monde occidental. Ça se passe aux Maldives. Vous pouvez venir avec votre épouse. C'est pendant 15 jours, au moment de Noël et du jour de l'An. Ça vous intéresse ? ». C'est comme ça que ça se passe. Enfin j'exagère. Mais enfin, dans son essence, c'est comme ça que ça se passe. Voilà. Donc on a après ça des directives qui sont pondues. Alors évidemment, c'est assez fascinant. Vous allez faire votre lobbying.

Et puis après ça, vous avez un marché de 450 millions de consommateurs qui doit changer ses ascenseurs ou qui doit... N'importe quoi. C'est comme ça, d'ailleurs, qu'il y a eu l'affaire – vous savez – des trucs, il faut souffler dans des ballons, là. Toutes les voitures doivent avoir ça. Et puis il faut avoir le gilet jaune. Et puis demain, on va vous dire – je sais pas quoi, moi – qu'il faut mettre... Un producteur de cacahuètes va dire : « Il faut mettre un ruban de cacahuètes sur le bord du toit de votre voiture. Ça sera obligatoire », etc. Multiplié par x dizaines de millions de véhicules, vous multipliez votre chiffre d'affaires. Enfin voilà, c'est comme ça que ça se passe. Bon.

Alors c'est ce qu'ont fait Monsanto et BASF, par exemple, qui sont constamment, constamment dans les lobbys de Bruxelles pour vendre ou pour promouvoir le maïs génétiquement modifié. En France, il y a en gros 80% – d'après les sondages – de Français qui sont contre les OGM. Donc si la France était un pays souverain et indépendant, il n'y aurait pas d'OGM, tout simplement parce que les députés, ils se feraient malmener aux élections. Et ils n'auraient pas d'intérêt à cela, d'autant plus que si – comme nous le proposons dans notre programme – on interdit – nous – les activités de lobbying... Parce que maintenant, ça se développe en France.

Vous avez des lobbyistes qui sont dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Le lobbying, – je suis désolé – c'est une activité qui est une activité dont le nom américain est « lobbying » mais dont le nom français traditionnel était tout à fait autre chose. C'était « trafic d'influence ». Ce sont des cabinets de trafic d'influence qui viennent derrière la démocratie pour imposer... Parce que tel ou tel lobby, tel ou tel grand groupe a de l'argent pour aller imposer à des élus de voter non pas comme le veut le peuple, mais comme le veulent ceux qui ont de l'argent et qui peuvent se payer ces lobbyistes. Ça s'appelle du trafic d'influence. Point.

Donc nous, nous sommes contre le trafic d'influence. Mais ceux qui sont pour l'Europe, à commencer par M. Bové, Mme Joly, Mme Duflot et je ne sais pas qui, eh bien eux, ils sont en faveur d'un système qui est la porte ouverte aux lobbys. Il y a d'ailleurs un site internet qui s'appelle « Lobbyisme en Europe ». Je vous le recommande. Le nombre... Il y a des milliers, des dizaines de milliers d'instituts de lobbying qui sont d'ailleurs accrédités à Bruxelles pour nous vendre ça. Évidemment, depuis que M. Bové est élu, il ne se passe rien, si ce n'est qu'on a de plus en plus d'ailleurs d'OGM qui sont transcrits en droit français.

La Commission européenne, comme vous le savez, a décidé de réintroduire les farines animales, qui étaient pourtant responsables de la maladie de la vache folle. Donc ce sont ces produits délicats, ces mets raffinés qui sont constitués de carcasse, de charogne, de viande et d'os, ou de plumes de mammifères qui seront donnés à manger aux porcs, aux volailles et aux poissons. C'était pourtant ce qui était responsable de l'ESB, l'encéphalopathie spongiforme bovine. Eh bien ça a été proposé par la Commission. Et le Parlement européen a approuvé la réintroduction des farines animales.

Pour la petite histoire, il est intéressant de savoir que sur l'ensemble des députés français au Parlement européen, une très grande majorité des députés français ont voté non à cette réintroduction des farines animales. Il n'y en a que 8 qui ont voté oui, dont d'ailleurs M. Mélenchon. Et puis M. Jacky Hénin et M. Le Hyaric. C'est-à-dire 3 des 8 qui ont voté oui à la réintroduction des farines animales, ce sont les 3 des 5 députés du Front de gauche au Parlement européen. Paraît-il qu'il faut pas le dire, parce que Mélenchon s'est fâché tout rouge en disant : « Oui, on s'est trompés ! ». Non. Il veut être président de la République.

Alors s'il appuie sur le bouton nucléaire, il va dire : « Oui ! Ça va, je me suis trompé ! Ça suffit ! Arrêtez de me... ». Non. De qui se moque-t-on ? Être responsable, c'est : quand on est député, on fait un vote ou on le fait pas. Bon. Il paraît qu'après ça, après coup, il a dit... Il est revenu... « Non. En fait, on s'est trompés ». Non. Bon enfin ça, c'est la petite histoire. Simplement pour dire que ce sont les institutions européennes qui réintroduisent... C'est pas de la nourriture. C'est immonde ! Ce sont des déchets de carcasse, parfois des charognes trouvées dans les champs. Donc alors ils nous expliquent : « Mais oui, mais maintenant, ça va être passé à 180°C pendant x minutes ».

Ce qui s'était passé, c'est qu'en Angleterre, il y avait une société qui avait pour faire des économies... Effectivement, au lieu de monter ça à 180°C, ils avaient monté ça seulement à 80°C. Ça n'avait pas tué tous les pryons. Très bien. Bah prions, c'est le cas de le dire. Prions que ça ne va pas recommencer, qu'un autre fabricant de ces farines animales ne va pas avoir la bonne idée de faire passer le chauffage de 180°C à 45°C. En attendant donc, c'est comme ça que nous sommes en train de réintroduire ces farines animales, avec évidemment les conséquences sanitaires colossales qu'il y a eu derrière.

Vous connaissez peut-être cette affaire qui était quand même assez extraordinaire, qui a été révélée par Le Canard enchaîné de mai 2007. Le groupe Saipol, le 21 avril 2007, n°1 français de la transformation des oléagineux, le propriétaire des huiles Lesieur, qui avait acheté des lots d'huile en Ukraine... Et puis ils ont fait des tests quand même pour voir quels étaient les produits qu'on leur livrait. C'était quand même naturel. Et ils ont découvert que dans l'huile qu'ils avaient achetée, ils avaient acheté un lot donc d'huile en Ukraine.

Sur les 2 800 tonnes d'huile livrées en France, qui étaient de l'huile végétale, pour faire de la friture, notamment des frites McDonald's, eh bien ils ont découvert qu'elles avaient été coupées de 19 tonnes d'huile de moteur. L'huile de moteur, c'est un hydrocarbure. Vous savez, c'est à peu près comme si on vous mettait du kérosène ou du fioul lourd, en gros. Et donc c'est évidemment absolument impossible pour la consommation humaine.

Donc ils ont saisi la Répression des fraudes en France, qui a mené son enquête et qui a découvert qu'il s'agissait en fait d'un lot de 40 000 tonnes qui avait été vendu à l'UE, à d'autres pays, notamment la France, donc à Saipol en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Et on a donc découvert que sur les 40 000 tonnes, il y avait en fait 280 tonnes d'huile de moteur qui avaient été introduites en catimini. En gros, ils avaient fait... Vous savez, dans les garages, du côté de Kiev, ils avaient dû racler... — {Du public :} Le carter. — Voilà. Le carter d'automobiles. Vous savez, quand on fait la vidange de l'huile...

Ils avaient raclé ça pour mettre ça dans de l'huile végétale, et ça au consommateur. Non mais c'est dément ! C'est évidemment de la... C'est de la haute criminalité, quand même. Enfin les pays de l'Est sont quand même... Bon, c'est de la haute criminalité dont il s'agit. Eh bien ce qui s'est passé... Si je vous raconte cette histoire-là, c'est que la Commission européenne, par sa décision du 5 mai 2007, a décidé d'autoriser l'huile de moteur à hauteur de 10%. C'est pas moi qui le dis. On a ici par exemples les articles afférents. Pourquoi ? Parce que ce qui a prévalu, c'est toujours le même système, c'est-à-dire la libre circulation dans le marché intérieur. On remet pas en question...

Vous comprenez, ça risquait de créer des problèmes aux actionnaires de Saipol ou de je sais pas quoi. Et donc de façon exceptionnelle, la Commission européenne a autorisé l'huile de moteur, à hauteur de 10% donc, dans les mayonnaises, les plats cuisinés, la vinaigrette industrielle, etc. Voilà. Mais on se moque de qui ? Si nous avions été... Là comme tout à l'heure sur l'affaire des OGM. En France, ce truc était interdit. Il y avait le service de répression des fraudes. Donc normalement, en France, le lot était condamné. Et on pourchassait les gens. Voilà. En fait, de plus en plus... Et comme vous allez le voir et comme je l'ai crié, nous sommes en fait aux mains d'une mafia.

Les européistes, c'est un gang international. Faut nommer les choses telles qu'elles sont. Il n'y a plus aucun souci de quelque façon que ce soit en agriculture, en industrie, sur les questions... On va le voir en questions militaires, les questions de paix, les questions de consommation, de santé. La seule chose qui prime, c'est partout et toujours la loi du fric et l'omerta général. On se protège. Voilà. Alors l'UE a refusé d'introduire et même d'étiqueter la consommation de viande clonée. C'était des députés allemands qui avaient demandé que l'on puisse préciser aux gens... Parce que vous savez que maintenant...

Enfin vous savez ou vous ne savez pas que désormais, les cochons sont de plus en plus clonés. C'est-à-dire ils ne passent pas par la case fécondation. Enfin c'est une fécondation... Je sais même pas si c'est une fécondation in vitro. Non, c'est du clonage. Et donc certains députés allemands disaient : « Ça serait sympa quand on achète une tranche de jambon de savoir si c'est un vrai ou si c'est un cloné ». Bon. Eh bien la Commission européenne a donc répondu qu'elle était hostile. Elle a interdit la proposition d'interdiction de la consommation de viande clonée, puisque certains voulaient interdire ce type de viande. Mais elle a interdit également l'information des consommateurs !

C'est-à-dire qu'il est interdit... C'est comme tout à l'heure. De même qu'elle assure l'absence de contrôle aux frontières, elle assure l'absence d'information des consommateurs pour savoir si vous mangez un porc cloné. Alors par ailleurs, on a eu l'affaire de la grippe porcine. Vous savez, c'est ces histoires de grippe qui reviennent régulièrement. D'ailleurs, je l'avais annoncé... Ceux qui me suivent depuis un certain temps pourront constater que là encore, ce que j'avais dit se révèle exact, puisque je faisais remarquer qu'il y a une espèce de rythme triennal. Rythme triennal, puisqu'on a dans la saison 2005-2006...

On a d'un seul coup d'un seul expliqué aux populations du monde entier qu'il y avait un risque terrible qui était en train de se répandre, qui était le risque de la grippe aviaire. Alors vous aviez des informations qui arrivaient de la banlieue de Mexico. On vous apprenait qu'il y avait eu 52,3 personnes qui étaient mortes de la grippe aviaire. Après ça, c'était dans un chenil avec des dindons en Indonésie, où il y avait eu 17 morts. Alors tout ça circulait à toute allure. Personne ne pouvait vérifier d'ailleurs l'authenticité de ces informations.

On sait maintenant après coup que c'était faux, puisque tout ça était coordonné par Hill & Knowlton, qui est une des grandes entreprises de désinformation mondiales, avec Burson-Marsteller. Ce sont les deux grandes entreprises spécialisées dans la désinformation et la circulation de fausses nouvelles, qui appartiennent à un groupe américain, qui s'appelle WPP, qui possède également l'entreprise de publicité Ogilvy & Mather qui avait été chargée de lancer médiatiquement Mme Ségolène Royal à partir de 2006 dans le but de faire élire M. Sarkozy. Mais ça, c'est une autre histoire. Eh bien donc à partir de 2005, on a eu d'un seul coup d'un seul la grippe aviaire.

Et d'un seul coup, on a dit : « Il y a un remède, un seul remède. C'est le Tamiflu ». Le Tamiflu, fabriqué par les laboratoires Roche. On a appris ensuite que le brevet du Tamiflu était fait par le petit laboratoire pharmaceutique américain qui s'appelle Gilead Sciences, qui ne possède que 10 brevets. C'est un tout petit labo. Mais il se trouve que parmi ses actionnaires figure M. Donald Rumsfeld, qui était à l'époque au gouvernement américain, ancien ministre de la Défense. Donc c'est vraiment du grand banditisme, ce dont on parle. Donc une grande campagne d'information mondiale avait été lancée pour paniquer les populations et pour acheter du Tamiflu.

Et le Tamiflu, donc, en France, a été relayé par l'UE sur la grippe aviaire. Donc ça a duré... La France, à l'époque, a acheté des quantités de doses de Tamiflu. C'est M. Dominique de Villepin qui, Premier ministre, a fait acheter pour – je sais plus combien – 30 millions de doses de Tamiflu. Ça a coûté – je sais plus combien – quelque chose comme 1 milliard d'euros à la collectivité nationale. Ça n'a servi à rien, puisqu'il n'y avait pas du tout d'épidémie. En tout cas, c'est allé dans les caisses du laboratoire Roche, laboratoire pharmaceutique dont on dit d'ailleurs – vous savez – qu'il joue un certain rôle dans l'enrichissement de M. Cahuzac. Bon.

En attendant, ce laboratoire Roche a dû lui-même financer certainement Gilead Sciences. Le problème, c'est que ce Tamiflu... La durée de vie des doses, c'est environ 1 an, 1 an et demi. Donc la France a acheté ça, mais tous les pays d'Europe sur instruction de l'UE. Et puis après ça, évidemment... On achète ça en 2006. Et puis au bout de 2 ans, le truc est périmé. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Bah faut relancer la machine. Donc vous aviez aimé la grippe aviaire de 2005 et 2006, vous allez adorer la grippe porcine de 2009-2010. Et donc rebelote. En septembre 2009, la Commission européenne a incité les États à acheter en commun des vaccins contre le virus H1N1.

Voilà comment ça s'est passé. Et quand j'expliquais ça voici 2 ans, je disais : « Vous verrez. En 2013, on va avoir l'encéphalite des dindons ». C'est pas l'encéphalite des dindons. Mais vous avez vu que la presse bruisse en ce moment d'une nouvelle grippe aviaire ou porcine. Alors paraît-il qu'il y a eu 20 morts, 25 morts en Chine. Personne n'est allé vérifier ça. Mais on nous ressort le H1N1. Bah oui, tous les 3 ans. C'est un marronnier, comme on dit dans le métier. C'est-à-dire que tous les 3 ans, on va nous expliquer qu'il faut acheter du Tamiflu. Alors je signale à ce propos que la santé publique relève de l'article 168 du TFUE, la protection des consommateurs l'article 169.

Alors on vous fait un truc style Constitution Staline de 1936. « Un niveau élevé de protection de la santé humaine est assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l’Union ». Ça, c'est le genre de truc pipeau. Vous voyez comment au concret, tous les cas que je viens de vous montrer, c'est faux. Ce qui est beaucoup plus important, c'est dans l'article 169, qui précise que tout ce qui concerne la protection des consommateurs s'exerce dans le cadre de la réalisation du marché intérieur. « La réalisation du marché intérieur », c'est un mot codé dans la novlangue des européistes, de cette organisation mafieuse internationale. Ça veut dire le business.

C'est-à-dire que toute mesure qui empêcherait de faire du business et dégager le maximum de fric à l'intérieur de l'Union ou à l'extérieur doit être bannie. Donc à chaque fois que vous avez ça, ça veut dire : « Tout ce qui précède est évidemment sous réserve que ça ne nuise pas aux affaires ». La raison n°6 de sortir de l'Europe, c'est que si nous voulons protéger notre santé, notre environnement, alors il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment les articles 168 et 169 du TFUE. La raison n°7, c'est d'arrêter le pillage de notre patrimoine national et rétablir de puissants services publics à la française.

Je rappelle qu'il y avait un chef d'État en France il y a déjà un certain temps, en 1965, qui s'appelait Charles de Gaulle, qui avait compris dès le milieu des années 60 le système de racket généralisé que nous allions subir si nous laissons les Américains faire avec le système du dollar, puisque les Américains avaient imposé à l'issue de la Seconde Guerre mondiale une monnaie qui serait acceptée dans le monde entier comme monnaie de règlement et de réserve. Et la contrepartie, c'était que cette monnaie devait être assise sur un stock d'or qui en assurait la valeur.

C'était ce qu'on appelait les accords de Bretton Woods avec le Gold Exchange Standard, enfin l'étalon de change or sur la base d'une once d'or, c'est-à-dire 31,1 grammes = 35 dollars l'once. Ça empêchait donc les Américains de publier, de faire autant de monnaie qu'ils le voulaient. J'en ai parlé tout à l'heure. Il avait donc exigé le respect de cet étalon de change or dans une célèbre conférence du (NDLR : 4 février 1965), parce que c'était l'époque où, suite à Kennedy puis Johnson, les Américains intervenant de plus en plus massivement au Vietnam, dégageaient des déficits de plus en plus importants, y compris des déficits commerciaux et donc émettaient du dollar.

Le déficit budgétaire de l'État américain amenait à la création monétaire. Et il y avait de plus en plus de dollars émis, qui étaient complètement déconnectés des valeurs de l'or qui est détenu à Fort Knox. Bien. Donc De Gaulle, conseillé par Jacques Rueff, avait compris que si on laissait les Américains agir de la sorte, eh bien on pourrait leur donner un pouvoir mondial, puisqu'ils avaient la monnaie mondiale. Et s'ils peuvent en fabriquer autant qu'ils en veulent, qu'est-ce qui pourrait les empêcher ? Alors du temps de De Gaulle, les Américains s'étaient tenus à peu près, n'avaient pas abusé. Mais De Gaulle meurt le 9 novembre 1970.

Et quelques mois après, les Américains brisent les accords de Bretton Woods, le 15 août 1971. Voilà. C'est Nixon qui dit : « President Nixon makes the historical announcement that the United States will stop redeeming dollars for gold », c'est-à-dire que le président Nixon fait l'annonce historique que les États-Unis vont cesser la libre convertibilité du dollar en or. Alors ce qui s'est passé, c'est un coup d'État planétaire d'une importance absolument exceptionnelle. C'est exactement ça.

Depuis 1971, la situation des États-Unis est exactement comparable à celle d'un particulier qui serait assez fort pour imposer de payer tous ses achats avec des chèques sans provision et pour interdire aux commerçants de présenter des chèques émis à sa banque. C'est de ça qu'il s'agit. Ils émettent du dollar en veux-tu en voilà. Et tout le monde est obligé d'accepter, parce que c'est la monnaie internationale d'échange et de réserve. Donc c'est exactement comme si je vous donnais ce pouvoir.

Donc si je vous donne le pouvoir d'avoir un chéquier magique où vous pouvez tout acheter sans qu'il n'y ait rien sur votre compte, mais que les vendeurs sont obligés d'accepter et ne peuvent pas ensuite se plaindre, puisqu'ils ne peuvent pas porter le chèque à l'encaissement, qu'est-ce que vous faites ? Ce que vous faites, c'est que dans un premier temps, vous allez y aller mollo. Vous allez dire : « Est-ce que cette arnaque va marcher ou pas ? Est-ce que je le fais ou pas ? ». Alors on commence à petits pas. Donc vous allez acheter une Clio. Vous allez chez le concessionnaire Renault de Pontarlier et vous lui achetez une Clio. Pof ! Il est obligé. Ça marche. Bon, c'est pas mal.

À ce moment-là, vous avez votre conjoint qui dit : « Oui, c'est une Clio, c'est bien gentil. Mais enfin, une Mercedes, ça aurait été mieux ». À ce moment-là, vous allez acheter une Mercedes. Ça marche. Après, vous allez acheter un studio. Puis après, vous allez acheter un cinq-pièces. Puis après, vous allez acheter une villa à Saint-Barthélémy ou un palais vénitien, et puis etc., etc. Vous pouvez acheter... Qu'est-ce qui vous empêche de vous arrêter ? Donc nous sommes dans cette situation. Cette situation qui a quand même une petite contrepartie. C'est que les vendeurs gardent les chèques que vous leur avez faits.

Et comme ces chèques, par définition, c'est dollars et qu'on peut payer tout dans le monde, les vendeurs peuvent aussi acheter avec ces chèques quelque chose. Et en particulier, peuvent venir vous revoir en disant : « Je vais acheter des choses chez vous », ce que sont en train de faire les Chinois. Et on peut quand même difficilement... Les Américains sont quand même assez gênés de refuser de vendre des choses qui leur appartiennent en dollars. Quoiqu'ils l'ont quand même fait, puisque lorsque les Chinois veulent racheter par exemple par pans entiers Unocal, une société de pétrole de Californie, les Américains ont dit non. Et pourquoi non ? C'est contraire à toute la mondialisation...

« Non ». Ego dominor leo, comme on dit dans les... Ça veut dire : parce que je suis le lion. Voilà. Parce qu'il y a un moment à partir duquel les règles du libre-échange, ça, c'est bon pour ces gogos d'Européens. C'est comme ça que ça marche chez McDonald's. Alors les Américains ont ainsi cru trouver la pierre philosophale de l'enrichissement sans fin et du pouvoir mondial. Vous savez ce que c'était, la pierre philosophale, au Moyen-Âge. C'était l'idée qu'on puisse fabriquer de l'or à partir de formules chimiques.

Le problème qui s'est quand même posé, c'est que si vous pouvez potentiellement tout acheter dans le monde du fait d'une puissance financière illimitée, vous avez encore un problème. C'est qu'il faut que les États étrangers ne vous opposent pas des obstacles réglementaires à la vente. C'est comme si vous alliez avec votre chéquier – par exemple – magique. Vous pouvez tout acheter. Mais vous n'avez pas le droit d'acheter du cannabis ou d'acheter de l'opium, parce que c'est interdit par les réglementations. Donc qu'est-ce que vous faites, comme vous avez plein d'argent ?

Si vous voulez acheter absolument du cannabis et que vous n'avez pas envie de vous faire arrêter par la police, comme vous avez plein plein plein plein plein d'argent, vous allez payer des journalistes, des médecins, des cabinets d'influence pour dire : « Non. Le cannabis, c'est formidable. Qu'est-ce que c'est que ces histoires d'interdire le cannabis ? L'opium, n'en parlons pas. C'est un mets de choix ». Alors c'est ce qui s'est passé non pas sur les stupéfiants, mais les Américains avaient beaucoup d'obstacles qui s'opposaient à l'utilisation maximale de ce pouvoir sans fin. En 1971, il y avait beaucoup d'obstacles à la vente.

Il y avait d'abord la guerre froide et l'existence d'un camp socialiste fermé sur l'étranger. Il y avait d'autre part le contrôle des changes et le contrôle des mouvements de capitaux dans chaque pays occidental. J'en ai parlé tout à l'heure. Et il y avait enfin les droits commerciaux réglementant les échanges de marchandises et de services qui protégeaient certains secteurs industriels. Donc les Américains ne pouvaient pas tout acheter. Ils pouvaient pas acheter par exemple une usine ou installer une usine en Chine. Ils pouvaient pas acheter une usine en Russie, en Union soviétique. C'était interdit par les Chinois, par le gouvernement soviétique, etc.

Ils pouvaient même pas acheter facilement des objets en France, puisqu'il y avait le contrôle des changes. Alors c'est très ennuyeux. Donc qu'est-ce qu'ont fait constamment les Américains ? C'est d'avoir des campagnes constantes médiatiques, etc. pour expliquer qu'il fallait qu'il y ait la mondialisation inévitable, c'est-à-dire le démantèlement de tout ça au nom d'une prétendue fatalité cosmique – n'est-ce pas ? – qui était : « Ah bah oui, il y a la mondialisation. On n'y peut rien ». « Ah bon ? ». « On n'y peut rien ». « Ah bon ? Pourquoi ? ». « On n'y peut rien ». Donc tout ceci s'est traduit par quoi ? L'invention de la politique de mondialisation inévitable au moment...

Bien entendu, avant, il y avait quand même un contrepoids qui était l'Union soviétique. Mais lorsque l'Union soviétique s'est effondrée en 1991, les États-Unis d'Amérique, c'est-à-dire en fait non pas le peuple américain, qui souvent est lui-même bien embarrassé par la situation, mais l'aristocratie des affaires, l'oligarchie financière euro-atlantiste, comme je l'appelle, c'est-à-dire américaine et qui a également toutes ses entrées à la Commission européenne... Donc d'un côté (NDLR : M. Mickey Kantor), le US Trade Representative, et de l'autre côté M.

Sir Leon Brittan, le commissaire européen chargé des négociations commerciales multilatérales, sont tombés d'accord en 1993 sur un accord qui s'appelle l'accord dit de Blair House, qui a débloqué l'accord qui était en suspens depuis quelques années, l'accord du GATT, dit du cycle de l'Uruguay, et a abouti à la création de l'OMC et des accords de Marrakech du 15 avril 1994, au nom desquels – tout simplement – on a décidé d'un seul coup d'un seul que c'était – comme la fin de la guerre froide le permettait – le démantèlement du camp socialiste.

Le contrôle des changes a été supprimé, le contrôle des mouvements de capitaux en Europe sous la pression des institutions européennes et des campagnes de presse. Je rappelle que c'est quand même le gouvernement socialiste, c'est M. Bérégovoy qui est le responsable en chef de ces démantèlements. Je rappelle que le traité de Maastricht a été signé par François Mitterrand, président de la République, et Roland Dumas, ministre socialiste des Affaires étrangères. J'ai d'ailleurs une fois déjeuné avec lui. Et je lui dis : « Mais attendez, c'est quand même une grosse connerie ». Et il me dit : « Mais je suis bien d'accord. Mais je voulais pas le signer ! ». Alors je lui dis : « Mais enfin...

Bon, mais... Et pourquoi donc l'avez-vous signé ? ». Il m'a dit : « C'est parce que c'est Mitterrand qui me l'a demandé. D'ailleurs, moi, j'étais contre. Quand j'étais député en 1957, j'ai voté contre le traité de Rome ». (Bruit de bouche). Voilà. Si M. Roland Dumas m'écoute, je suis prêt à discuter avec lui. Mais je pense qu'il confirmera mes dires. C'est la vérité. En tout cas, c'est ce qu'il m'a dit. En attendant, voilà ce qui s'est passé. C'est-à-dire que nous avons donc décidé... Nous, c'est pas nous. C'est le traité de Maastricht. L'ensemble des pays d'Europe a donc décidé sous ces pressions de... On a dit : « C'est la mondialisation inévitable. C'est dû à Internet ». Ah bon ?

Et pourquoi ? Avant, on avait eu les Boeing 747, la télévision, les satellites. Il n'y avait pas eu de mondialisation inévitable. Et on peut interdire tout ce que l'on veut avec Internet. Il y a plein de choses que l'on peut interdire sur Internet. Donc ça n'a rien à voir. Mais on a utilisé l'outil internet pour faire croire qu'il allait falloir d'un seul coup tout déréglementer. Donc on a mis fin au contrôle des changes. C'est le fameux article 63 : toute restriction aux échanges de mouvements de capitaux est interdite.

Et puis les droits commerciaux réglementant les échanges, eh bien ça a été le démantèlement des droits commerciaux réglementant les échanges de marchandises et de services, grâce à la complicité des institutions de Bruxelles puis grâce à l'OMC réunie à Marrakech. On est passés de 3 feux rouges à 3 feux verts. Le résultat des courses, eh bien c'est ça. C'est que les États-Unis ont pu acheter, acheter, acheter, et développer leur déficit, leur dette, leur endettement à la fois public, privé, du secteur financier et ménages dans des proportions phénoménales. Cette courbe, elle est assez intéressante. Elle vient de chez Bloomberg. Elle a été reprise...

Ici, je l'ai reprise sur le site d'Olivier Berruyer « les-crises.fr ». Elle est un peu mieux faite que la courbe que j'avais trouvée moi-même sur Bloomberg, qui était quelques années auparavant. Donc on voit quoi ? C'est une courbe qui est intéressante, parce qu'elle commence en 1915, jusque donc en 2011. Donc c'est sur une très très longue période. C'est sur un siècle. Et on voit qu'on a eu donc l'ensemble de... L'endettement de la société américaine était aux alentours de 150% : ménages, entreprises non financières, administrations publiques et entreprises semi-publiques, a fait un boom jusqu'à la crise des années 20, en atteignant à peu près 270%, puis a rebaissé.

C'était justement dans la Seconde Guerre mondiale. Et ça, c'est l'effet de la morsure – si j'ose dire – des accords de Bretton Woods, c'est-à-dire la nécessité de ne pas créer de dollars en veux-tu en voilà, parce qu'il y avait le lien avec l'étalon de change or. Et c'est à partir de 1971 et de la fin de l'étalon de change or que l'on va assister à cette explosion phénoménale de l'endettement, endettement de tous les compartiments financiers. C'est l'endettement à la fois des administrations publiques, mais aussi des entreprises semi-publiques, ce qu'on appelle les GSE aux États-Unis, du secteur financier, des entreprises non financières et des ménages.

Au passage d'ailleurs, on insiste continuellement aussi bien en France que dans tous les pays du monde sur la dette publique. On vous dit : « La dette publique », « la dette publique », « la dette publique », « la dette publique ». C'est comme si c'était quelque chose d'effrayant. Mais vous voyez bien qu'aux États-Unis, la dette publique est certes très importante – elle représente à peu près 150% du PIB –, mais la dette des ménages, des entreprises, elle, représente 250% du PIB. C'est-à-dire que tous les acteurs économiques aux États-Unis sont endettés, et hyper-hyper-hyper-endettés.

Donc c'est une économie d'hyper-endettement qui montre à quel point, d'ailleurs, nous sommes en face d'un privilège dollar qui, là, ne vaut plus rien. D'ailleurs, en 1971, une once d'or valait 35 $. Aujourd'hui, une once d'or vaut à peu près 1 600 $, ce qui veut dire que le dollar a perdu par rapport au prix de l'or actuel à peu près 98% de sa valeur, sachant que les cours de l'or actuels sont manipulés et que s'ils n'étaient pas manipulés, ils vaudraient certainement bien davantage encore.

Je signale donc que le total de l'endettement public et privé américain a dépassé 400% du PIB en 2009, pourcentage énorme et très largement supérieur à celui qui avait été atteint lors de la grande crise des années 30. Je signale également que la France, en dépit du track record formidable de M. Sarkozy, qui a augmenté de 600 à 700 milliards d'euros notre dette publique, l'endettement total de tous les agents économiques en France, en dette publique plus ménages plus entreprises, est de l'ordre de 240% du PIB. Il est vrai que M. Sarkozy a fait très fort, parce qu'il y a encore quelques années, on était à 150%. Mais même à 240%, la situation est... La situation est très préoccupante.

Ça, c'est vrai. Mais vous voyez que nous, on nous dit qu'effectivement, c'est la fin des haricots. Mais les États-Unis à 400%, personne n'en parle. D'ailleurs, ce sont en général des ultralibéraux qui nous disent qu'ils veulent tailler dans le vif des dépenses publiques, comme si c'était encore une fois seulement l'État. D'abord, les dépenses publiques, en France, c'est pas seulement l'État. C'est les collectivités locales. C'est notamment tous ces organismes décentralisés : les départements, les conseils régionaux, conseils généraux, paraît-il qu'on n'a pas le droit de critiquer. Sinon, on est un affreux jacobin.

Mais l'envol des dépenses des collectivités locales a été considérable depuis la décentralisation. Mais en plus de ça, il y a aussi les endettements des ménages et des entreprises qui, d'ailleurs, sont assez faibles en France, puisque les ménages français sont relativement peu endettés. C'est parmi les moins endettés du monde occidental. Voilà. Donc notre situation financière est mauvaise. Mais que dire, que dire de celle des États-Unis d'Amérique ? Je vous renvoie à notre Charte fondatrice approuvée le 25 mars 2007. Vous trouverez en page 2 ce diagnostic.

C'est-à-dire qu'en réalité, s'il y a un pays qui est en faillite, c'est d'abord les États-Unis d'Amérique, que l'on nous présente pourtant comme le modèle à suivre à tout instant. Alors pourquoi ne cessait-on pas de nous dire que la France est en faillite – on continue, d'ailleurs, de nous le dire – et qu'il faudrait prendre modèle sur les Américains ? Rappelez-vous tous ces ouvrages : « La France en faillite, les chiffres pour comprendre », « Mille milliards d'euros », le rapport Camdessus, le rapport Pébereau, « La France en faillite », « La France en faillite ». Bon, pourquoi tout ceci ?

Pourquoi dire que la France est en faillite et pas dire que si la France est en faillite, les États-Unis sont en liquidation des biens ? Eh bien c'est parce que des appétits puissants y ont intérêt. Quand vous ne comprenez pas quelque chose, quand quelque chose vous paraît illogique, c'est qu'il y a quelque chose à comprendre. Il y a une logique qui vous échappe. Mais il y a une logique. Donc il y a des intérêts puissants qui sont derrière. L'objectif, c'est quoi ? Eh bien l'objectif, c'est de forcer les peuples à vendre leur patrimoine. Parce qu'une fois que vous avez fait sauter toutes les réglementations, il y a encore un dernier obstacle qui résiste. C'est si vous ne voulez pas vendre.

Je prends souvent cet exemple d'une vieille dame que je connais dans une station balnéaire de Bretagne, très vieille dame qui a plus de 100 ans et qui possède un manoir au bord d'une falaise, avec une vue à 180° sur la Manche, avec une quasi plage privée. Vous savez qu'il n'y a pas de plage privée en France. C'est interdit par la loi. Mais dans certains cas de configuration, si les rochers sont très escarpés, le grand public ne peut pas y aller. Donc vous avez quasiment une plage à vos pieds. Plusieurs hectares de terrain, enfin un truc inouï qui a été construit en 1895 ou 1900 à la Belle Époque en granit de Bretagne, un truc absolument somptueux. Ça vaut... Je sais pas combien ça vaut.

Ça vaut sans doute plusieurs dizaines et dizaines de millions d'euros. Bon. Cette vieille dame est très âgée. Elle a plus de 100 ans. Et elle voit très régulièrement donc des agences immobilières qui viennent lui faire des offres : des Américains, des Saoudiens, des gens disant : « Votre prix sera le nôtre ». Et cette dame a beaucoup de... Elle ne veut pas vendre ! Ce qui peut se comprendre, puisqu'elle a passé sa vie là-dedans. Elle a cent et quelques années. Bon, on peut comprendre qu'elle ait pas envie de vendre. Ça ne l'intéresse pas de voir son manoir être vendu à un magnat de Hong Kong ou bien un golden boy de New York. Elle ne veut pas vendre.

Donc qu'est-ce que vous faites face à quelque chose comme ça, dans un cas comme ça ? Vous avez que 2 solutions. Première solution : vous allez avec mamie au bord de la falaise. Oh, comme elle est jolie, et pouf ! Oh, quel coup de vent ! Ça, c'est l'invasion de l'Irak. C'est l'invasion de l'Irak. Ce sont les guerres fondées sur... Vous basculez directement dans la criminalité pour aller piquer les réserves en hydrocarbures. Voilà. C'est Halliburton. C'est exactement ça. Puis la deuxième façon, c'est : si vous êtes quand même un tout petit peu plus gentleman, à ce moment-là, vous allez voir mamie et vous lui dites : « Mais mamie, est-ce que je pourrais regarder tes comptes ? ».

Et puis alors, mamie, elle est un petit peu fatiguée. Elle est très très âgée. Et puis on dit : « Mais mamie, t'as pas payé tes impôts fonciers. T'as pas payé ta taxe d'habitation et ta taxe foncière ». Alors elle dit : « Comment ? ». « Oui, ta taxe d'habitation, ta taxe foncière n'est pas payée ». Alors à ce moment-là, elle prend peur. Et alors elle dit : « Ah, c'est vrai ? Mais qu'est-ce qui va m'arriver ? ». Parce que mamie, elle respecte la loi. Et alors on lui fait peur : « Mais mamie, t'es hyper-endettée. Tu te rends pas compte ? T'es en faillite, mamie. Malheureusement, je vois pas d'autre solution. Il va falloir que tu vendes ». « Ah bon ? ». Et là, vous la paniquez.

Et elle se met à vendre. Alors ça, c'est exactement ce qui se passe en Europe. Nous, on n'a pas le droit au schéma de la falaise, donc on pousse. Ça, c'est le schéma Irak, Libye, etc. Nous, on a droit au schéma : faire paniquer les peuples. Vous êtes en faillite, donc il faut que vous vendiez dare-dare votre truc. Et donc c'est pour ça que vous avez un aspirateur à dollars, et qu'on vend, et on vend, et on vend, au motif que nous serions trop endettés. On vend à des fonds de pension qui sont gorgés de liquidités aux États-Unis. Il y en a plus de 100 qui ont des dizaines de milliards de dollars. Or, le dollar, là-bas, c'est une monnaie qui est quasiment virtuelle.

Et donc nous vendons des patrimoines. On privatise les unes après les autres les entreprises publiques. On vend les hôtels particuliers, etc., etc. pour prétendument désendetter. C'est comme ça. C'est exactement dans mon exemple de tout à l'heure... M. de Villepin a vendu les autoroutes publiques françaises pour 11 milliards d'euros à Vinci. Mais au bout du compte, il va y avoir derrière des fonds d'investissement anglo-saxons. C'est-à-dire qu'au bout du compte, on fait ça alors que l'État d'où ça vient majoritairement est beaucoup plus endetté que nous. Je sais pas si vous voyez un petit peu le tour de bonneteau que ça représente.

Un exemple que j'ai souvent à l'esprit, qui est celui de American Funds, Capital Research and Management. C'est donc un fonds qui gère les pensions de tous les fonctionnaires de Californie. Eh bien ils ont acheté des parts dans Veolia, dans Vivendi. Donc Veolia ou Vivendi, c'est l'ancienne Lyonnaise des eaux et Générale des eaux. Dans Thales, dans Schneider Electric, dans Michelin, dans Bouygues et puis dans Accor, entre autres choses. Comme je le dis, comme vous savez que Bouygues possède TF1, ce que je vous dis là, vous ne risquez pas de l'entendre sur TF1. TF1, non, c'est Koh-Lanta.

Donc ayant acheté ceci, eh bien vous avez l'exemple ici par exemple des réseaux d'adduction d'eau, avec cet exemple que je connais bien puisque j'étais élu de Paris, qui était l'évolution du prix de l'eau à Paris en francs. Donc avant, on avait une gestion municipale. À partir de 1986, suite à d'incessantes campagnes qui ont eu lieu en France où on a dit : « Tout ce qui était public, entreprises publiques ne valait pas un clou », « C'était mal géré par définition », etc., etc., il n'y avait que le privé. Donc sous M. Chirac maire de Paris, on a fait de la délégation à des gestionnaires privés.

Résultat des courses : depuis que la gestion municipale de l'eau a été déléguée à des gestionnaires privés, le prix de l'eau a augmenté de 1986 à 1996 de plus de 300% à Paris. Je peux vous signaler... Moi, je vis à Paris. C'est toujours la même eau. Rien, rien n'a changé. Le pire, c'est qu'en plus de ça, les adjudicataires de ces marchés privés ont refusé ensuite de faire ce à quoi ils étaient astreints par les marchés, c'est-à-dire de changer les tuyauteries où il y avait du plomb, parce qu'il y a de nouvelles réglementations européennes pour la lutte contre le plomb, cf. le chapitre précédent.

Et donc en définitive, c'est encore la puissance publique qui devait faire la modernisation des réseaux d'adduction d'eau. Voilà. Donc qu'est-ce qui se passait ? Eh bien en définitive, on voit bien que le résultat de cette espèce de tour de passe-passe, c'est que l'intérêt des retraités américains qui avaient investi leur fonds de retraite dans Capital Research... C'est que les dirigeants des entreprises privées auxquelles a été servi le service public augmentent sans arrêt le prix de l'eau facturée aux Parisiens, de façon à recevoir des dividendes de plus en plus confortables. Je vous parlais tout à l'heure du péage autoroutier. C'est pareil.

Si vous prenez un bain, eh bien chaque bain, vous pouvez avoir une pensée émue pour Mme Jackson au bord de sa piscine à San Diego, California. Voilà. Alors c'est pas tout à fait vrai, parce que quand j'étais conseiller de Paris en non-inscrit, j'ai fait un peu sensation, puisque prétendument, j'étais quelqu'un de droite... J'ai fait un peu sensation en 2007 – je crois – en réclamant la remunicipalisation de l'eau de Paris. Alors évidemment, ça a fait sensation, parce que tout l'hémicycle se demandait quel était ce zombie qui mettait les pieds dans le plat. Mais il faut avouer que M. Delanoë a fini ensuite par... J'étais pas du tout de la majorité de gauche. Mais M. Delanoë, lors de...

Après, j'étais plus conseiller de Paris. Mais le mandat suivant, il a remunicipalisé l'eau de Paris, d'ailleurs à la satisfaction générale. Ce que je trouve intéressant, c'est qu'il y a... L'Histoire n'est jamais univoque. L'histoire qui voudrait qu'il faut absolument tout privatiser... Je vois que ces jours-ci... On a appris hier – je crois – ou avant-hier que M. Montebourg, maintenant, veut privatiser à son tour. Mais M. Montebourg, comme je l'ai déjà dit 50 fois dans cette conférence, il ne fait qu'appliquer les directives européennes. C'est pas un homme d'État. C'est rien, M. Montebourg. C'est une marionnette. Voilà.

D'ailleurs, c'est pour ça qu'il s'est mis – vous savez – avec son T-shirt, là. Voilà. Mais c'est rien. Ça n'est rien. En réalité, ce qu'il faut, c'est gérer ça dans l'intérêt du peuple français ou des contribuables. Et quand un système... Il faut avoir aucune vision – à mon avis – idéologique en la matière. Et il faut remunicipaliser l'eau de Paris.

C'est la raison pour laquelle je signale aux gens qui ne nous connaissent pas que dans notre programme, nous sommes le seul mouvement politique à proposer d'abord la renationalisation de TF1 – je crois l'avoir dit tout à l'heure –, mais également la renationalisation de toutes les sociétés d'autoroute, et également tout ce qui concerne les réseaux de façon générale, c'est-à-dire EDF, GDF, la SNCF, les transports, les réseaux d'adduction d'eau. Tous ceux-ci sont du bien commun des Français et doivent appartenir à la collectivité nationale. Voilà ce que nous, nous pensons.

Alors ceux d'entre eux qui ne sont pas encore nationalisés, par exemple comme EDF, etc., nous voulons inscrire dans la Constitution française qu'il y a en France des services publics non privatisables par nature : La Poste... Moi, je dois en être à ma 240e conférence en France en 6 ans. Je n'ai jamais rencontré une seule personne en France, quelles que soient ses opinions politiques, qui m'ait dit : « Vous savez, la chose que je désire le plus au monde, c'est la privatisation de La Poste ». Ça n'existe pas. Voilà. Les Français, ils ont un modèle qui remonte à très loin. Je l'explique souvent.

C'est le modèle qui date de Louis IX avec les établissements de commun profit, puisqu'en 1245, le roi de France a eu, le premier, pour la première fois dans l'Histoire, a eu l'idée de créer des auspices pour indigents. Donc des manants, des paysans illettrés, etc., qui avaient des maladies, étaient reçus dans des auspices qui étaient financés par la cassette du roi. Les Français ont exigé la canonisation du roi. Et il est devenu Saint-Louis dès la fin du XIIIe siècle. Voilà. Et ça, c'est très important pour notre mentalité collective. Les Français ont besoin d'un État régulateur, et qui assure un minimum de justice sociale. Nous sommes comme ça. Voilà, avec tous les gens.

Ça va bien au-delà de la droite et de la gauche. Beaucoup de gens de droite sont d'accord. C'était d'ailleurs sur ce consensus national qu'était fondé le programme du CNR de 1944 dont nous nous sommes très largement inspirés pour notre propre programme. Ça n'est pas parce que nous voulons inscrire que EDF, GDF... EDF, c'est très important, EDF, parce que ce sont des investissements sur 30 ou 40 ans. Tous les spécialistes savent que c'est une catastrophe de confier au privé des industries dont le cycle d'investissement est aussi lourd. C'est une ineptie ! Donc c'est pas pour rien, d'ailleurs, que la France était devenue le premier électricien mondial. C'est une catastrophe.

C'est une calamité de revenir sur ce schéma qui a donné des très grands résultats. EDF, GDF, La Poste, la SNCF, les réseaux de traitement des eaux, TF1... On admet qu'il y ait des sociétés privées de télévision, mais pas la première chaîne, qui a une part de marché colossale dans la formation de l'opinion publique. Et puis également donc les réseaux d'adduction d'eau. Je pense pas en avoir oublié. Je précise aussi que nous avons prévu que tout établissement financier ayant besoin d'un secours de l'État sera ipso facto nationalisé. Voilà. C'est pas un programme style programme commun de la gauche de 1972 qui allait bien bien bien au-delà. Nous, c'est un programme a minima.

Je suis obligé de constater que c'est le programme le plus à gauche de tous les programmes existants. Parce que si vous regardez dans le détail ce qui est proposé à gauche, c'est rien. Je le dis d'autant plus que moi, je suis – paraît-il – un homme de droite. Alors TFUE, c'est l'article 106. L'article 106 est un article terrible, puisqu'il précise que « les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général... » – les entreprises publiques – « ...ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles de concurrence ».

Cet article 106 dont là encore personne ne vous parle, il grave dans le marbre le fait que la Commission européenne, que l'UE vise à placer constamment les entreprises dans les règles de concurrence. C'est pour ça, par exemple, que nous avons vu ce que je considère comme absolument scandaleux : l'ouverture du marché du gaz en France à JP Morgan ou à Goldman Sachs par le gouvernement Fillon. Et pourquoi est-ce qu'ils ont fait ça ? C'est pas par... Bon, Goldman Sachs et JP Morgan, bien sûr, parce qu'ils sont de tous les mauvais coups, mais parce qu'il y a les instructions venant de la Commission européenne et des traités, notamment l'article 106.

C'est que les entreprises doivent être mises en situation de concurrence. Et pourquoi donc ? C'est ça qui est en train de détruire nos services publics. C'est pour ça qu'il faut réagir. Et ça n'est pas parce que... Ça suffit d'incriminer spécialement Sarkozy, Woerth ou je ne sais pas qui, qui sont bien entendu partie prenante. Mais d'ailleurs, on voit bien que la gauche, en ce moment, ne sait plus quoi dire, parce qu'ils sont en train de faire tout ce qu'ils reprochaient à Sarkozy et à Woerth de faire, et tout simplement parce qu'ils ont menti aux Français, parce que la bonne explication, c'est celle que je donne.

C'est que de toute façon, que ce soit la droite ou la gauche, ça ne sert à rien, puisque les décisions sont prises par d'autres. Donc c'est notre n°7. Il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment l'article 106 du TFUE, si nous voulons conserver nos services publics à la française. Et nous avons tout à fait le droit. Il en est de même des acquis sociaux et de nos retraites. Cette fois-ci, c'est l'article 121 : les grandes orientations de politiques économiques, les GOPÉ. Je suis désolé de vous asséner tous ces articles. Mais vous êtes ici pour connaître la vérité.

C'est comme si vous alliez voir un bon médecin qui vous fait le bon diagnostic. Parfois, ça n'est pas agréable. Mais ici, c'est la vérité. C'est pas les slogans des préaux d'école. D'ailleurs, ils ne vont même plus dans les préaux d'école. La vérité, c'est que toutes les politiques économiques des États de l'UE sont désormais fixées par la Commission européenne en vertu de l'article 121, des GOPÉ, des grandes orientations de politiques économiques. Ça veut dire notamment que la Commission doit surveiller l'évolution économique dans chacun des États, la conformité des politiques économiques avec les grandes orientations. C'est ça que ça...

« La Commission peut adresser un avertissement » aux États membres concernés pour leur dire : vous devez faire telle politique économique que nous avons décidée. Voilà. Alors je le présente, je le précise souvent. C'était un exemple... Mais qui a beaucoup frappé les gens qui ont vu cette conférence. C'est que la personne qui a dirigé la France, une des vraies personnes qui ont dirigé la France pendant les années 2000, c'est ce monsieur. C'est un monsieur qui s'appelle M. Klaus Regling. Il est d'ailleurs maintenant... Il a quitté ses fonctions. Il est à la tête du FESF : le Fonds européen de stabilité financière. C'est un fonctionnaire allemand.

Pourquoi je dis que c'est lui qui a largement dirigé la France ? C'est pas du tout Chirac. C'est pas Jospin. C'est pas Villepin. C'est pas – comment s'appelle-t-il ? – Raffarin. C'est pas Fillon. C'est pas Sarkozy. C'est lui, parce qu'il était... Lui et puis les gens de la direction de la Commission... Il a été pendant de nombreuses années le directeur général des Affaires économiques à la Commission, une des personnes essentielles à avoir fixé le cadre de l'activité politique en France. Mais pourquoi je peux dire ça ? C'est qu'il vous suffit d'aller regarder le rapport COM 2003 du 8 avril 2003, dans lequel ce monsieur a fixé avec les gens de sa commission...

Je suis pas antigermanique en disant ça. Il était allemand. Il devait y avoir parmi ses collaborateurs... Il devait bien y avoir un Français. Il devait y avoir deux Néerlandais, un Italien, un Chypriote et je ne sais pas qui. La question n'est pas là. C'est ce que ce sont des gens qui ne sont pas élus, qui ne parlent absolument pas au nom du peuple français et qui prennent des décisions d'une importance phénoménale, puisque ce sont tous les cadrages politiques et économiques au nom des traités européens sans aucune légitimité. Alors qu'est-ce qu'ils avaient décidé ? Qu'est-ce qu'avait décidé M. Regling ?

La politique décidée pour la France en 2003, c'était abaisser le déficit public sous la barre de 3% du PIB en 2004 au plus tard. Ça a volé en éclats comme vous le savez à cause de la crise de 2008. M. Sarkozy a fait monter ça à 8,5%. Mais nous sommes toujours sous l'empire, parce que ça revient en force. Et maintenant, vous savez qu'on ne nous demande plus un déficit public de 3%, mais on nous demande de revenir à l'équilibre budgétaire. Réduire le coût de la main-d'œuvre, notamment pour les bas salaires, ce qui veut dire le démantèlement des protections sociales, la multiplication des CDD. Vous avez vu, vous allez voir dans les mois qui viennent que M.

Hollande va probablement être obligé de supprimer le concept même de CDI. Alors la gauche va pousser des cris d'orfraie en disant : « Mais quelle trahison ! », etc. Bien sûr, c'est une effrayante trahison. Mais la trahison, elle vient pas de Hollande. Elle vient du fait que Hollande est un menteur, comme Sarkozy, comme tous, puisqu'ils ne disent pas qui décide. Ceux qui décident, c'est là que ça se passe. Personne ne vous en parle. Réformer le marché du travail en simplifiant la protection de l'emploi et en imposant des schémas d'emploi et de carrière plus flexibles. Vous savez ce que ça veut dire, « simplifier la protection de l'emploi », en novlangue européiste.

Ça veut dire justement supprimer les CDI. Ça veut dire aussi... Un des derniers scoops que voulait faire M. Fillon, c'était qu'il voulait dans les derniers temps... Il avait envisagé de faire des contrats de travail, des CDD à temps partiel de 7 heures par semaine. C'est le retour à des travaux ancillaires, domestiques, quasiment du servage, quasiment traiter les gens comme une variable d'ajustement. Enfin on revient sur tous les acquis sociaux obtenus par nos parents, nos grands-parents et nos aïeux au cours du XIXe et XXe siècles. Voilà. Le quatrième point : réformer complètement notre système de retraite. Le cinquième point : élever l'âge effectif de la retraite.

C'est Bruxelles qui l'exige. C'est déjà passé à 67 ans en Allemagne avec objectif 70 ans. Ça nous a été fixé à nous aussi ! Donc M. Hollande a été élu en disant baisser la retraite à 60 ans. Il a fait un truc, une espèce de face saving device, un petit truc qui ne s'applique qu'à quelques dizaines de milliers de personnes. Mais en réalité, vous allez voir ce qui va se passer. Nous allons vers l'augmentation de l'âge effectif de la retraite. Enrayer la spirale des dépenses dans le secteur de la santé. C'était un autre titre de ce rapport.

C'est la raison pour laquelle à peu près tous les 6 mois, nous avons vu qu'il y avait des médicaments qui étaient déremboursés par l'État, par la Sécurité sociale. C'est la mise en œuvre de ces réformes. Le point n°7 : mettre en concurrence les marchés de l'énergie, notamment gaz et électricité. C'est ce que je vous disais tout à l'heure. L'irruption de JP Morgan et de Goldman Sachs aux marchés du gaz et de l'électricité en France, qui est un pur scandale, puisque vous imaginez bien que Goldman Sachs International se fiche éperdument d'assurer la livraison de gaz d'un habitant de Pontarlier. C'est pas ça, son problème. Son problème, c'est de dégager le maximum de pognon ! C'est donc dans...

Et ensuite sur les niches où il va maximiser le profit, pour d'ailleurs évincer les services publics, pour que ce qui reste de service public aille sur les choses les moins rentables, ce qui détruira d'ailleurs le modèle économique de nos services publics. Voilà. 3:04:46.050,3:04:49.150 Alors quand on lit tout ça, eh bien j'éprouve personnellement beaucoup de tristesse, pour pas dire de scandale, à voir les manifestations organisées par nos syndicats. Ça, c'était à Paris. C'est près du boulevard Beaumarchais, boulevard des Filles-Du-Calvaire, etc.

Tout au long de l'année 2011, on a eu des dizaines et des dizaines de milliers de Français qui sont descendus pour manifester contre la réforme des retraites. Ils ont tout à fait raison de manifester contre la réforme des retraites. La question n'est pas là. La question, en revanche, elle est sur un tout autre sujet. Elle est sur le fait que la CGT, la CFDT, FO, l'UNSA et la CFTC, c'est-à-dire cinq... Je ne parle pas... Il y en a quelques autres qui n'y sont pas. Mais ces cinq syndicats, qui sont les cinq principaux syndicats français, font partie de la Confédération européenne des syndicats, la CES, qui a été longtemps dirigée par M. John Monks, qui est dirigée maintenant par une dame.

Et cette CES est constituée en fait de syndicats qui sont dans la main de la Commission européenne. Ils sont financés par la Commission européenne pour promouvoir les réformes de structure. Nous avons un système de type soviétoïde. C'est-à-dire que les syndicats sont devenus désormais les courroies de transmission de l'idéologie au pouvoir. Donc les syndicats... Pour ceux d'entre vous qui, comme moi, ont passé la cinquantaine et ont des souvenirs d'enfance, nous ne sommes plus du tout avec la CGT des années 60, 70, qui à vrai dire était la courroie de transmission de l'Union soviétique à cette époque. Mais maintenant, c'est tout à fait autre chose.

Nous avons des syndicats qui sont en fait... Ils se moquent des salariés français, puisqu'ils les font manifester contre des marionnettes, mais jamais au grand jamais en disant : « Voilà ce qui se cache derrière ». J'y suis allé. J'ai souvent débattu avec des syndicalistes en leur disant : « Mais pourquoi vous dites pas la vérité ? Pourquoi vous dites pas que Sarkozy et Woerth y sont pour rien et que demain, ça sera Holl... Ce qui va être le cas, d'ailleurs. Que quand ça sera Hollande et Mme Marisol Touraine ou M. Cahuzac, ministre du Budget... Décidément, les ministres du Budget, ils sont pas... Bon enfin bref, et pourquoi... Ça sera pareil. Le vrai problème n'est pas là.

Le problème, c'est l'Europe ». Alors réponse systématique : « Ah non ! Ça, vous ne pouvez pas être ça. Nous nous battons, camarade, pour avoir une Europe sociale ». Alors je dis : « Mais l'Europe sociale, jamais, vous ne l'aurez jamais ». « Mais vous êtes quoi ? Vous êtes un facho », etc. Terminé, il n'y a plus de discussion. Voilà. Donc on est dans le thème de l'autre Europe avec la probabilité dont je vous parlais tout à l'heure d'environ 1,2 seconde tous les trillions d'années. Et donc il se passe quoi ? Eh bien il se passe qu'en réalité, les syndicats sont devenus – et je pèse mes mots – des syndicats jaunes.

C'est-à-dire qu'ils sont là pour faire de l'accompagnement social, pour désamorcer les luttes syndicales, pour faire manifester les gens en rond. Ça se termine d'ailleurs en général... Maintenant, ils ont tous des petits fanions, etc., très gentiment. Ça se termine par un happening avec un show avec de la musique américaine, d'ailleurs. Comme c'est place de la République, c'est juste à côté de chez moi. J'y vais souvent pour voir un peu à quoi ça ressemble. Sur tous les tracts qui ont été distribués, il n'y en avait pas un seul – un seul ! – qui parlait des contraintes européennes.

En d'autres termes, l'ensemble du système médiatique, politique et syndical français est complice de la situation, droite et gauche confondues. Comme au théâtre de Guignol, les responsables politiques et syndicaux incitent les Français en colère à s'en prendre à des marionnettes : « Méchant Sarkozy ! », « Méchant Woerth », comme maintenant : « Méchant Hollande ! », « Méchant Montebourg ! ». Mais jamais on ne s'attaque à la réalité du problème.

La raison n°8 de sortir de l'Europe, c'est que si nous voulons protéger non seulement nos retraites, mais tous nos acquis sociaux, alors il faut que la France dénonce juridiquement de nombreux articles des traités européens, notamment les articles 5 et 121 du traité, celui qui fixe le principe même des GOPÉ. Parce que dans son essence, cet article est un article tyrannique. C'est un article étymologiquement dictatorial, puisque qu'est-ce que c'est qu'un dictateur ? Pour les anciens, c'est celui qui dicte ce qu'il faut faire. On s'en remet à un expert qui dicte ce qu'il faut faire et qui suspend tous les débats publics. Avant-dernière raison.

On arrive à la fin de cette conférence un petit peu longue dont je vous prie de m'excuser. L'avant-dernière raison, c'est qu'il faut préserver la paix du monde. On nous bassine depuis la création de la construction européenne sur la thématique que la construction européenne, ça serait la paix. C'est un argument très fort pour la propagande européiste. « L'Europe, c'est la paix ». Et si vous êtes contre, à ce moment-là, on vous fait passer pour un nostalgique de Verdun, du Chemin des Dames, etc. En réalité, comme le dit le proverbe, qui veut faire l'ange fait la bête. Il est vrai que dans les débuts de la construction européenne, d'ailleurs portés à l'époque par l'Église...

On parlait de Denis de Rougemont, du père Congar, enfin toute cette période des années 50 et 60. Ça a permis une ouverture des esprits vers les pays alentours qui n'étaient pas malvenue. J'en ai personnellement bénéficié. Je suis allé dans des familles en Allemagne pour apprendre l'allemand, en Angleterre pour apprendre l'anglais. Tout ça, c'est très bien. Mais le problème n'est plus là. Le problème, c'est que nous avons maintenant affaire à une construction dictatoriale qui s'inscrit dans un schéma de réflexion qui est celui du choc des civilisations.

Nous l'avons vu avec l'affaire en Irak, au moment de cette guerre illégale déclenchée par la puissance américaine pour des raisons d'appropriation d'hydrocarbures. C'était la mamie qu'on jette du haut de la falaise dont je parlais tout à l'heure. C'est une rapine. C'est un vol. C'est du néocolonialisme pur. Eh bien seule la France s'y est opposée à l'époque : le fameux discours de Dominique de Villepin à l'ONU en 2003. Deux États de l'UE ont fait semblant de s'y opposer, c'est-à-dire l'Allemagne et la Belgique.

Et tous les autres, tous les autres étaient du côté américain pour soutenir cette idée que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive et qu'il fallait donc y aller mettre le holà. C'est un pur scandale, puisqu'en réalité, on sait maintenant... Les Américains eux-mêmes ont reconnu qu'il n'y avait aucune arme de destruction massive en Irak. J'ajouterai que les seuls qui avaient des armes de destruction massive en l'espèce, c'étaient les Américains eux-mêmes, puisqu'ils sont gorgés... Je rappelle que les États-Unis d'Amérique dépensent à eux seuls plus de dépenses militaires chaque année que tous les autres pays du monde réunis.

Le budget américain, c'est plus de 50% du budget militaire mondial. Donc s'il y a une puissance qui est absolument une puissance militaire et impériale, ce sont les États-Unis, avec plein d'armes de destruction massive, des armes secrètes d'ailleurs avec de nombreuses rumeurs qui circulent, que je ne voudrais ni accréditer ni démentir. Il y a des recherches effrayantes qui sont faites en la matière. En l'espèce, la France, en faisant ça, a d'ailleurs désobéi... C'est le cas de le dire. Elle a violé le deuxième pilier du traité de Maastricht, puisque normalement, nous aurions dû être solidaires des autres pays de l'Europe.

Je voudrais dire à tous ceux qui me disent que l'Europe, c'est la paix, de regarder un petit peu tout ceci : toutes ces photos plus épouvantables les unes que les autres de ce crime de guerre que nous commettons en Afghanistan, où la France est présente avec l'intermédiaire de l'ISAF, avec les forces de l'OTAN et avec un certain nombre de partenaires européens. Ici, ce sont malheureusement... Malheureusement, les journalistes ne font plus le travail qu'ils faisaient – notamment aux États-Unis – dans les années 60 et 70. Vous connaissez la Charte de Munich, qui avait été le sommet de la déontologie des journalistes. Maintenant, c'est bien fini.

Maintenant, les crimes de guerre, ça n'existe plus quand c'est commis par le camp occidental. Ça s'appelle une bavure. Donc maintenant, nous sommes devenus des escargots. On passe notre temps à faire des bavures. Il n'y a plus de crime de guerre. Jamais. Il n'y a plus d'incriminations non plus. Les tribunaux pénaux internationaux, ça n'est plus que pour les États qui ne font pas partie de ce que la novlangue appelle la communauté internationale, la communauté internationale étant les États-Unis et l'UE. Tout le reste est en dehors de la communauté internationale, à peu près. Voilà. Donc on voit se dérouler ici des horreurs, des escadrons de la mort – n'est-ce pas ?

– qui posent en rigolant auprès de photos de cadavres d'adolescents afghans – enfin je vous passe ce détail absolument horrible –, qui font bien entendu le tour du Moyen-Orient, du monde entier, et qui nous assimilent – nous –, parce que ne serait-ce que nous y avons des soldats. Alors maintenant, on se désengage un petit peu d'Afghanistan. Mais nous avons commis des horreurs en Libye. En ce moment, nous soutenions... En Libye, on a d'ailleurs fait venir des mouvements islamistes que l'on prétend combattre maintenant au Mali. On soutient en Syrie la désintégration du régime syrien pour transformer ça... Comme l'Afghanistan, comme l'Irak, comme le Soudan, comme la Libye.

Maintenant, c'est le tour de la Syrie. C'est pour en faire des foyers de purulence là où il y avait des États centralisés qui tenaient la route, qui n'étaient certes pas des démocraties, mais enfin, bon... Moi, je connais assez bien le Moyen-Orient. Je peux vous dire qu'entre l'Irak de Saddam Hussein, la Syrie de Hafez el-Assad, que j'ai connue avant Bachar el-Assad et d'un côté, et puis le royaume d'Arabie de l'autre, y'a pas photo sur quel est le régime le plus démocratique. Bon. Or, comme par hasard, les forces euro-atlantistes passent leur temps à désintégrer les régimes laïcs du parti Baas.

C'est-à-dire les régimes les plus progressistes du monde arabe, même si c'est effectivement des dictatures. Mais dans le monde arabo-musulman, il y a quand même beaucoup de dictatures. D'ailleurs, – bon – quand on s'appelle États-Unis et que l'on a des dizaines de prisonniers à Guantánamo depuis 12 ans sans aucun procès, sans aucun contact avec un avocat, ce qui viole tout le droit international, on évite quand même aussi de prendre la pose de la démocratie moderne. Mais en attendant, on est en train de désintégrer par cette politique européenne sous contrainte états-unienne...

On est en train de désintégrer tous les pays qui, justement, empêchaient le développement des phénomènes islamiques que l'on prétend dénoncer par ailleurs. Les milliers de bavures. Le conflit afghan a fait plus de 12 000 morts de 2001 à 2012. 88 soldats français sont morts en Afghanistan. Alors je rappelle que tout ceci découle de notre appartenance à l'UE aussi. Pourquoi nous sommes rentrés dans l'OTAN ? Parce qu'il y a l'article 42 du TUE. Il y a deux traités. Il y a le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne : le TFUE, et le traité sur l'Union européenne, qui s'appelle le TUE. Ça tombe bien. On TUE. C'est tout un programme.

Sur la « politique de sécurité et de défense commune » de l'UE... Alors ouvrez grand vos yeux et vos oreilles, même si vous êtes fatigué en cette fin de conférence, parce que ça vaut quand même le détour. « La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre ».

C'est pratiquement à mettre dans un encadré au-dessus de vos toilettes, tous les matins pour y réfléchir, parce que c'est vraiment assez extraordinaire comme formulation – j'avoue –. On y trouve dans une seule et même phrase... Il est question à 3 reprises dans la même phrase de l'OTAN : une fois sous le sigle OTAN, une autre fois organisation du traité de l'Atlantique Nord, et l'autre fois sous l'intitulé le traité de l'Atlantique Nord. En gros, ça veut dire : l'Europe a une politique étrangère et de sécurité commune qui est fixée par les traités, puisque ça a vocation à devenir les États-Unis d'Europe. Bien. Enfin ça, c'est pas dit. Mais maintenant, on le dit de plus en plus. Premièrement.

Deuxièmement, cette politique de sécurité, elle est totalement indépendante, sauf qu'elle doit être quand même subordonnée à la politique de l'OTAN pour les États qui appartiennent à l'OTAN. Or, pratiquement tous les États de l'UE appartiennent à l'OTAN. C'est d'ailleurs fait pour, puisque M. George W. Bush est allé à Varsovie en 2001, et il a dit aux pays de l'Est : « Nous devons accueillir tous les pays de l'Est dans l'UE, et d'abord dans l'OTAN ». C'est d'ailleurs ce qui s'est passé. Les trois États baltes, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Slovénie, etc. sont d'abord entrés dans l'OTAN, ensuite sont entrés dans l'UE. Et c'est d'ailleurs le président George W.

Bush qui en a décidé ainsi. C'est-à-dire c'est le président des États-Unis qui décide de qui entre dans l'UE. Bien. Enfin pas bien, justement. Donc dans ce cadre, Charles de Gaulle avait fait sortir la France du commandement militaire intégré de l'OTAN en 1966, mais à la même époque où il faisait la politique de la chaise vide à Luxembourg, parce qu'il avait déjà compris le système. Mais à l'époque, il y avait quand même la guerre froide. Il y avait un risque quand même qui n'était pas négligeable – c'est le moins que l'on puisse dire – du camp socialiste, puisque le pacte de Varsovie était à quelques... Quoi, 300 km de la frontière de Strasbourg. Donc il y avait...

Effectivement, la France appartenait au camp occidental. Mais De Gaulle l'avait dit : « Lorsque le mur de Berlin s'effondrera... »... Il l'avait dit à Peyrefitte. Il le rapporte dans son livre « C'était De Gaulle ». « Lorsque le communisme n'existera plus, l'OTAN n'existera plus », ce qui prouve que là, ce grand visionnaire s'était trompé, parce que le pacte de Varsovie s'est effondré, et au lieu que l'OTAN qui était censé en être l'alter ego, celui qui visait à s'opposer à lui... Quoique je n'ai appris que récemment ce que j'avais oublié dans mes cours antérieurs. C'est que l'OTAN a été créée en 1949, c'est-à-dire (NDLR : 6 ans avant le pacte de Varsovie de mai 1955).

Donc l'OTAN n'a pas été créée par réponse au pacte de Varsovie. C'est l'inverse. On nous a souvent laissés entendre le contraire. Mais enfin on pouvait imaginer que le pacte de Varsovie s'effondrant, l'OTAN disparaîtrait. Et en réalité, l'OTAN s'est emparé de l'Europe de l'Est, et maintenant vise à devenir une espèce d'armée coloniale mondiale au profit de l'empire euro-atlantique. C'est comme ça que les choses se passent. Donc ça n'a rien à voir... Lorsque De Gaulle était sorti du commandement militaire intégré de l'OTAN mais était resté dans l'OTAN, c'était pour des raisons géopolitiques évidentes à l'époque. Maintenant, il n'y a plus 50 solutions.

Le charabia de l'article 42, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il pose 4 principes. Le 1er, c'est que l'UE doit se doter à terme d'une seule et même politique de défense : la PESD, la politique européenne de sécurité et de défense. 2e principe : l'UE doit mettre sur pied une armée européenne commune. 3e principe : l'UE s'arroge le droit de mener des opérations de police internationale définies par l'OTAN, même sans mandat de l'ONU. Parce que normalement, les opérations de guerre, c'est le chapitre 7 de la Charte des Nations unies. C'est justement ce à quoi s'est opposé Dominique de Villepin en 2003. C'est parce que les Américains n'ont pas eu le feu vert. La France a menacé de son veto.

Ils sont pas allés jusqu'au vote, parce qu'il y aurait eu risque de veto, ce qui était humiliant pour Washington. Ils ont déclenché une guerre qui est illégale au regard de la Charte des Nations unies. Et je rappelle quand même que nous sommes dans un univers policé depuis 1945 et que la Charte des Nations unies vise à réglementer le droit de la guerre. Donc un État n'a pas le droit de faire la guerre normalement s'il n'y a pas l'autorisation du Conseil de sécurité, en vertu du chapitre 7 de cette Charte. Voilà. Donc là, on s'arroge le droit de mener des opérations définies par l'OTAN elle-même, puisque Washington et l'UE ne cessent que d'essayer de vider de substance l'ONU.

Nous sommes dans des gens qui ne sont pas du tout pour une vision universelle de la planète. Nous sommes dans un système de domination impériale avec un camp qui veut vider de substance l'ONU, l'ONU dont je signale que c'est quand même un grand principe de civilisation, puisque l'ONU a posé ce principe inouï dans l'histoire des hommes. C'est que 1 État = 1 voix. Le royaume de Tonga, ou l'île de la Dominique dans l'arc caribéen a la même voix que la République populaire de Chine ou que les États-Unis d'Amérique. Alors évidemment, on va me dire : « Ça, c'est à l'assemblée générale. C'est pas au Conseil de sécurité ». C'est vrai. Ça peut se comprendre aussi vu certains côtés.

On peut pas non plus avoir quelque chose de viable dans ces conditions. Mais quand même ! C'est un grand principe d'humanité et de vision d'émancipation des peuples et des nations. C'est ça qu'actuellement, l'oligarchie euro-atlantique est en train de vider de substance pour vider l'ONU et la remplacer par l'OTAN. Et enfin, les obligations de l'OTAN s'imposent à l'UE, puisque la PESD doit respecter les obligations de l'OTAN. L'entrée dans l'OTAN est donc devenue un préalable imposé par les États-Unis à l'entrée dans l'UE. Je le disais tout à l'heure.

Tous les nouveaux États de l'Est ayant adhéré à l'UE en (NDLR : 2004) ont été obligés, à la demande des États-Unis, d'adhérer d'abord à l'OTAN avant d'adhérer à l'UE. En France et seulement en France... Je ne sais pas si parmi vous, il y en a qui s'intéressent à ces sujets. Ce sont des sujets d'une importance considérable. Pour la guerre et la paix dans le monde, c'est quand même... D'ailleurs, compte tenu des bruits de ce qui se passe actuellement en Syrie, en Iran, dans différentes terres d'Afrique, en Corée du Nord où c'est... Bon, la situation est quand même extrêmement dangereuse. Donc nous devons y porter très attention.

Et en France et seulement en France, tous les partis politiques à la seule exception du nôtre, et tous les médias cachent encore cette vérité. C'est que l'UE, c'est égal à l'OTAN. C'est égal à la subordination militaire et stratégique aux États-Unis. Nous sommes les seuls à le dire. Vous ne verrez jamais Mme Le Pen, M. Dupont-Aignan expliquer aux Français ce qui se cache derrière la construction européenne. M. Mélenchon, certes, dit qu'il faut sortir de l'OTAN. Mais lui, il veut faire croire aux Français que l'UE serait créée par les Européens, alors qu'il s'agit derrière tout ça, de qui a créé la construction européenne dès 1949... Je vous renvoie à d'autres de mes conférences.

La fameuse déclaration Schuman a été conçue dans les bureaux de Dean Acheson, qui était le secrétaire d'État américain. Et tout le monde... Enfin vous l'avez vu encore. Si vous vous intéressez à la politique la plus actuelle, le Premier ministre britannique M. Cameron envisage de faire un référendum pour la sortie de l'UE tellement les Britanniques veulent en sortir. Qui est-ce qui intervient pour dire non ? C'est les États-Unis, qui ont dit non. Ils ont envoyé leur... Ils ont un secrétaire d'État aux Affaires européennes, les Américains. C'est comme si nous, on avait un secrétaire d'État aux Affaires américaines. C'est quand même assez extraordinaire. Et personne ne réagit. Bon.

La subordination dans les faits, c'est l'Eurocorps, par exemple. L'Eurocorps, c'est cet embryon d'armée européenne, avec 5 membres permanents : la France, l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique et le Luxembourg, et 4 autres pays qui participent à l'État-major : l'Autriche, la Grèce, la Pologne et la Turquie. Turquie qui est le flanc sud de l'OTAN. Et c'est justement pour cette raison que la Turquie va entrer dans l'UE. Puisque ça, c'est un des grands mystères de la politique française, où on se dit régulièrement, les Français se disent : « Est-ce que la Turquie doit entrer dans l'UE ou pas ? ».

Alors vous avez des grands débats entre les gens qui disent : « Oui, ça va favoriser – comment dirais-je – un islam moderne »... Vous avez d'autres – alors au FN – qui poussent des cris d'orfraie : « Mais non ! C'est contraire aux racines chrétiennes de l'Europe ». Donc les gens se bouffent le nez sur cette question. Personne sauf nous ne dit ce qui se cache. Ce qui se cache derrière, c'est que ce sont les Américains qui en ont décidé ainsi pour faire coïncider le périmètre de l'UE et de l'OTAN. C'est pour ça que la Russie... Puisqu'il s'agit d'encercler la Russie. Ça n'est pas moi qui l'invente.

C'est Zbigniew Brzezinski, qui a été le conseiller diplomatique de Carter et qui a écrit un ouvrage qui s'appelle « The Great Chessboard », « Le grand échiquier » en français, qui explique qu'il s'agit d'encercler et de repousser la Russie au maximum dans l'hinterland eurasiatique. Et il s'agit de surveiller le Moyen-Orient, Israël, les pays de la Mésopotamie. C'est de ça qu'il s'agit. Les Américains ont décidé que ça serait comme ça. Et c'est pour ça que la Turquie va entrer dans l'UE. Alors aucun de vos députés de l'UMP, du PS, de EELV, du MoDem, de ci, de ça ne vous expliquent jamais le fond du problème. Le fond du problème, c'est celui-ci. Voilà.

Alors il vous suffit d'aller voir le site internet de l'Eurocorps. Ici, c'est une saisie d'écran. Et si vous voyez cette saisie d'écran, vous serez saisis d'effroi, parce que vous aurez « Eurocorps » et vous verrez « A force for the European Union and the Atlantic Alliance » : une force militaire pour l'UE et l'Alliance atlantique. C'est pas moi qui le dis. C'est écrit sur le site. Donc les gens qui vous disent... J'ai vu certains souverainistes qui avaient dit : « Ah oui. Mais Sarkozy, il est rentré dans l'OTAN, dans le commandement militaire intégré. C'est un scandale ». Bien sûr que moi, je trouve ça s... Je ne trouve pas ça scandaleux. Je trouve ça logique.

Ou bien on est dans l'UE, et à ce moment-là, il faut être dans l'OTAN à plein, ou bien on n'est ni dans l'UE ni dans l'OTAN. Donc c'est cette alternative qui se pose. Soit la France continue à rester membre de l'UE. Alors elle est ipso facto condamnée à s'enfermer dans l'Alliance atlantique. Quand je dis « ipso facto », je pourrais même dire « ipso jure », c'est-à-dire par le droit lui-même, puisque l'article 42 le précise, puisque l'UE et l'OTAN ne sont en réalité que les deux faces de la même médaille : celle de l'asservissement géopolitique, diplomatique, militaire, économique, culturel aux États-Unis d'Amérique. C'est de ça qu'il s'agit. Donc d'une certaine façon, M.

Sarkozy, qui était plus américain que français, était parfaitement logique. Il a tiré la logique jusqu'au bout, ce qu'avait déjà entamé à vrai dire Jacques Chirac avant lui, et même François Mitterrand avant lui. C'est-à-dire que fondamentalement, on peut pas prétendre fonder une espèce d'État-continent avec une majorité d'États qui sont membres de l'OTAN et prétendre faire la fine bouche devant l'OTAN, surtout qu'on prépare la même politique étrangère et de défense. C'est pas possible. On peut pas vouloir une chose et son contraire. On peut pas. Sinon, c'est du gaullisme de pacotille. C'est un grigri. Ça n'a rien à voir. Nous ne nous prétendons pas d'ailleurs un mouvement gaulliste.

Je le rappelle au passage. Nous avons chez nous des antigaullistes. On a aussi des gaullistes. On a de tout. Et nous, ce qu'on voit au-delà de De Gaulle... Quand je cite De Gaulle, c'est simplement un stratège et c'est une volonté d'indépendance nationale qui remonte bien avant De Gaulle. Il y a eu Clemenceau. Il y a eu Gambetta. Il y a eu les soldats de l'an II. Il y a eu le cardinal de Richelieu. Il y a eu Jeanne d'Arc, etc. C'est un pays qui... La finalité même de la France, c'est de s'opposer aux empires qui veulent la dominer. Voilà. Donc ça, c'est la conclusion logique. Donc de Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, c'est une des hypothèses.

Et puis l'autre hypothèse logique, c'est que la France décide de redevenir la nation libre et souveraine qu'elle a toujours eu ambition d'être, qu'elle est toujours parvenue à être dans les grands moments de son histoire nationale, depuis Bibracte jusqu'au CNR de 1944. La France a toujours, dans les grands moments de son histoire, a toujours su se rassembler – les tribus gauloises – pour imposer la liberté de cette nation à nulle autre pareille. Et c'est d'ailleurs ce que le reste du monde attend de nous. Comme je le dis souvent, la France n'appartient pas qu'aux Français.

L'actuelle dégringolade de notre pays, la disparition géostratégique de la France en tant qu'acteur géostratégique de première importance a un effet considérable dans le monde. Si vous avez des amis au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Chine comme j'en connais ou dans le monde orthodoxe, si ce sont des bons amis, ils vous disent avec tristesse : « Mais qu'est-ce que vous êtes devenus ? Qu'est-ce qu'est devenue cette France que nous aimions et qui savait s'opposer aux États-Unis ? ». C'est pas pour le principe même de s'opposer aux États-Unis. Moi, j'ai des amis américains. C'est pas le problème. C'est de s'imposer à un pays qui veut dominer l'univers. Donc c'est ça qui manque.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le discours de Villepin, pour le coup, avait été extraordinaire en 2003, puisque dans les jours qui avaient suivi, des files d'attente s'étaient créées devant les alliances françaises à travers le monde, de New Delhi à Sydney, de Pékin à Rio de Janeiro, de Mexico au Caire, de Moscou à Johannesburg. J'en ai gardé des traces des agences de presse. Il y avait des files d'attente de gens à travers le monde qui voulaient apprendre le français. Voilà. Parce qu'apprendre le français... Le français ne sera désirable et n'est désiré que justement comme une langue d'émancipation. Voilà.

Et si en revanche, nous devenons les larbins de l'Empire, évidemment, c'est toute la France qui perd même sa raison d'être. C'est de ça qu'il s'agit. C'est la raison pour laquelle il faut sortir à la fois de l'UE et de l'OTAN. L'un ne va pas sans l'autre. Toute autre politique est incohérente. Vous avez compris que l'UPR vous propose le second choix, qui est celui qui est conforme d'ailleurs à tous les grands moments de notre histoire nationale depuis 2 000 ans. Donc même si conjoncturellement, ceci paraît difficile, toute l'Histoire m'assure et nous assure que nous y arrivons, puisqu'il y a une grande logique dans l'Histoire : c'est qu'elle est récurrente. Donc c'est la raison n°9.

Il faut que la France sorte de l'OTAN et dénonce juridiquement plusieurs articles des traités européens, notamment l'article 42 du TUE. Et puis la toute dernière raison, c'est : défendre la vision française et francophone du monde. En fait, il y en a bien d'autres. Je pourrais vous parler pendant encore 3 jours : la 18e, la 187e raison, mais il faut se limiter. Donc ça, c'est la raison n°10. Il faut défendre la vision française et francophone du monde. C'est quelque chose à quoi je tiens énormément. Depuis que je suis petit, je suis attiré par les pays étrangers. J'ai vécu à l'étranger. J'ai vécu un an et demi au Japon. Je parle un peu le japonais. J'ai vécu en Allemagne, au Royaume-Uni.

J'ai été dans 90 ou 92 pays du monde, à la fois pour des raisons professionnelles et personnelles. Qu'est-ce que l'on constate ? Et d'ailleurs, c'est un constat qui est partagé par beaucoup de gens, puisque je signale que parmi nos adhérents, nous avons plus de 5% de nos adhérents qui sont des Français – souvent jeunes – qui sont expatriés aux quatre coins du monde, ce qui prouve que les gens qui disent : « Vous êtes des ringards. Vous connaissez pas le monde tel qu'il est », c'est pas vrai. Statistiquement, il y a 2% de Français qui vivent en expatriation. Nous en avons 5%. On a des Français... On a plus de 15, 18 adhérents au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Allemagne. J'en oublie.

On a des adhérents y compris dans des pays assez étonnants, comme au Sri Lanka, en Inde. On en a au Vietnam, au Japon, en Chine. On en a en Colombie. On en a plusieurs au Brésil. On en a au Maroc, etc. Voilà. Donc on a vraiment beaucoup de pays représentés. Beaucoup au Canada, aussi. J'ai oublié de le préciser. Alors pourquoi tout ça ? Parce que les gens qui vivent à l'expatriation... Et moi, j'ai vécu à l'étranger. Ça a changé ma vie. C'est qu'on a d'un seul coup une meilleure vision de ce qu'est la France, de ce qu'est l'importance de la France, vue du reste du monde. Or, la France est importante, contrairement à ce que les gens vous disent.

Les européistes sont toujours là à vous mépriser notre pays en disant : « Vous vous rendez compte, on ne pèse que 1% de la population mondiale ? ». Ça, c'est ce qu'avait dit l'inénarrable Giscard d'Estaing. « 1% de la population mondiale »... Qu'est-ce que ça veut dire, ça, « 1% de la population mondiale » ? Est-ce que vous avez déjà vu – je sais pas, moi – Singapour dire : « Nous, nous pesons 0,08% de la population mondiale » ? Ou Israël ? Vous imaginez Israël qui dit : « On va fusionner avec les 27 pays alentours parce qu'on ne pèse que 0,1% de la population mondiale » ? Est-ce que vous avez déjà vu les États-Unis d'Amérique vous dire : « Nous ne pesons que 4% de la population mondiale » ?

Ah, si on parle de pourcentage, il n'y en a que deux qui peuvent parler : c'est la Chine et l'Inde. La Chine, c'est 22% de la population mondiale. Et l'Inde, c'est à 21%. Point. Mais tous les autres, les États-Unis y compris, ça ne fait que des pouillèmes. Donc ça suffit de regarder ça comme ça ! C'est pas ça qui est important. Ce qui est important, c'est la langue – est-ce que c'est une langue parlée dans le monde ? –, l'histoire, l'image, la puissance économique, le rayonnement culturel, intellectuel, etc. Voilà. Or, l'image de la France restée, elle est de plus en plus abîmée. Plus nous restons dans l'UE, et plus nous nous abîmons.

Mais il en reste encore dans les lointains pays : une image un peu mythique, un peu de rêve, dont se sont beaucoup inspirés par exemple tous les révolutionnaires latino-américains. Je signalais hier... Par exemple toutes les monnaies qui sont apparues en Argentine, en Colombie ou au Pérou, en Bolivie au début du XIXe siècle avec le démembrement du réal espagnol vers 1815, 1820, 1825, etc. reprenaient toute l'héraldique des révolutionnaires français : le bonnet phrygien, etc. D'ailleurs, Francesco de Miranda, qui était un des adjoints de Simon Bolivar, s'est battu à la bataille de Valmy en 1792.

Alors ce qu'il faut comprendre, c'est qu'avec la construction européenne, eh bien justement, nous sommes en train de nous couper du monde et notamment de tous les pays de la francophonie qui étaient ici en jaune. Loin d'ouvrir la France sur le monde, la France se ratatine, se coupe progressivement du reste du monde et des pays francophones qui constituaient le socle de sa puissance et de son rayonnement mondial.

D'un point de vue stratégique, on n'a pas vu une erreur plus colossale pour un pays que de vouloir se renfermer dans une espèce de petit périmètre allant de la Laponie finlandaise à Gibraltar, et de l'île d'Irlande jusqu'à l'île de Chypre, où elle est contrainte d'adopter des politiques qui sont totalement contraires à ses intérêts nationaux, contrainte d'adopter une langue qui n'est pas la sienne, qui est l'anglo-américain, et tout ceci pour se couper de tous les pays qui croyaient encore en elle. Alors ça, j'insiste là-dessus, parce que s'il y a un argument peut-être encore plus décisif... C'est pour ça que beaucoup de jeunes expatriés...

On a beaucoup de jeunes expatriés, ou de moins jeunes, qui d'un seul coup, lorsqu'ils nous découvrent, découvrent l'immense vérité de ceci. C'est que la France est quelque chose qui est désiré dans le monde, et que beaucoup de peuples du monde sont tristes de voir disparaître. En plus de ça, cette construction nous amène à faire des choix qui sont des choix que je n'hésite pas à qualifier d'abjects. Avec les fonds structurels dits européens versés aux nouveaux États membres... Je rappelle que c'est nous qui les payons. Je rappelle que l'Europe ne produit rien. Je rappelle que les fonds dits européens sont payés par les peuples d'Europe.

Et je rappelle que l'Europe est une pompe aspirante et refoulante d'argent. Sauf que si elle donnait à chaque peuple ce qu'il donne, si elle rendait à chaque peuple ce qu'il met, elle ne servirait à rien. Donc en fait, cette pompe aspirante et refoulante pompe à certains et en redonne davantage à d'autres. Donc il y a des pays qui donnent plus qu'ils ne reçoivent, et d'autres qui donnent moins qu'ils ne reçoivent : d'autres qui reçoivent plus qu'ils ne donnent. Et au passage, la structure coûte un argent fou : les 5 000 fonctionnaires de la Commission, les députés du Parlement, etc., etc. Donc tout ceci pousse par ailleurs à des coûts de traitement considérables. Bien.

Eh bien il faut savoir donc que la France fait partie des pays qui sont des contributeurs nets, et ceci depuis maintenant au moins une vingtaine d'années. Au tout début, c'est vrai que nous étions des bénéficiaires. C'était De Gaulle qui avait négocié ça avec Adenauer. En gros, les Allemands payaient notre agriculture. Mais c'est fini depuis très longtemps. Et depuis au moins 20 ans, nous payons bien davantage que nous n'en recevons. Donc c'est une des raisons que j'aurais pu ajouter à cette conférence. Il y en aurait eu trop. Actuellement, nous donnons en gros rien qu'en coûts directs... Nous donnons, les Français versent en gros 21 milliards d'euros et reçoivent 14.

Donc il y a 7 milliards d'euros qui nous sont prélevés : soit pour le fonctionnement de la structure européiste, soit pour donner des fonds structurels comme ceux dont je vais parler à l'instant. J'ajoute par ailleurs que les 14 milliards d'euros qui nous sont resservis nous sont resservis avec le drapeau bleu aux étoiles d'or. C'est-à-dire qu'on dit aux agriculteurs : « Regardez, vous pouvez pas sortir de l'Europe. Vous avez vu les subventions européennes ». « Ah oui, ah bon ? ». Et c'est notre argent ! Comme je le dis souvent, c'est comme si je vous demandais, monsieur, de me donner un billet de 50 €. Je le mets dans ma poche. J'en ressors 30. Et je lui dis : « On dit merci qui ? ». Voilà.

C'est ça, l'Europe. C'est-à-dire qu'on paye une structure qui nous pique un tiers de ce qu'on lui donne. Et avec les deux tiers restants, on est obligés de lui dire merci. Elle se prévaut de sa grande magnificence. Et elle prend des décisions qui visent à nous désintégrer au niveau national, puisqu'elle finance par exemple l'Europe des régions pour favoriser le démantèlement. Ça, c'est ce qu'on voyait en Alsace l'autre jour pour favoriser le démantèlement de la République. On n'a jamais vu un truc pareil. Dans l'Histoire, on n'a jamais vu ça. Donc je reviens aux fonds structurels que nous finançons. On n'est pas les seuls. Il y a aussi les Allemands. Il y a aussi d'autres.

Mais les pays contributeurs nets, c'est principalement l'Allemagne en 1, la France en 2, en 3 les Pays-Bas. Il y a également le Royaume-Uni, même s'ils bénéficient du chèque Thatcher. Et puis il doit y avoir la Suède. Et puis voilà. C'est les principaux contributeurs nets. Alors avec ce système, nous donnons 90 fois plus d'argent à Malte ou à Chypre qu'à la Tunisie, par habitant. Parce que les fonds structurels sont beaucoup plus importants que notre aide au développement. Donc nous donnons actuellement 90 fois plus d'argent à chaque Maltais ou à chaque Chypriote qu'à chaque Tunisien, 200 fois plus d'argent à chaque Lituanien qu'à chaque Marocain.

Donc moi, ce que j'aimerais savoir, c'est : sur la base de quelle logique la France accepte-t-elle, le contribuable français accepte-t-il, au nom de cette prétendue solidarité européenne ? On me dit : « Mais quand même, vous êtes xénophobe. C'est un scandale. Il faut être généreux. Il faut être solidaire des autres peuples d'Europe ». Et je dis : « Ah bon ? Très bien. Et pourquoi des peuples d'Europe, d'ailleurs ? ».

Parce qu'en vertu de quoi on devrait donner 80 à 200 fois plus d'argent à chaque Polonais vivant ici à Varsovie plutôt qu'à chaque Marocain vivant ici à Essaouira, alors que l'un est déjà arrivé au niveau, au stade de pays intermédiaire en termes de richesse, alors que les autres sont encore des pays très pauvres ? Et qui non seulement sont des pays très pauvres, mais des pays francophones, francophiles, qui sont des anciennes colonies avec lesquelles nous avons des échanges considérables, avec lesquelles d'ailleurs une grande partie de nos compatriotes sont eux-mêmes originaires. Et qui payent des impôts en France.

Et donc il est encore plus légitime que ces impôts payés justement par des Français d'origine maghrébine – par exemple – reviennent prioritairement à ces pays pour les aider à se développer. Est-ce que ça n'est pas un raisonnement qui se tient ? Quel est le raisonnement qui se cache derrière celui-ci des européistes ? Pourquoi devrions-nous donner 80 à 200 fois plus d'argent à chaque Lituanien à Vilnius... Je n'ai rien contre les Lituaniens. J'ai même d'ailleurs un de mes neveux qui vit avec une petite amie en Lituanie. Mais bon, plutôt qu'à chaque Malien ici à Yalé ?

J'ajoute en plus de ça, s'agissant d'un certain nombre de pays d'Afrique noire – je pense notamment aux Sénégalais –, les pays qui ont, comme on dit, même si ça paraît une vieille lune, payé le prix du sang. Les tirailleurs sénégalais, on a bien été contents de les trouver, à la Première Guerre mondiale et à la seconde aussi. Donc des gens avec qui nous avons des liens historiques, des liens familiaux, commerciaux, touristiques, démographiques considérables, eh bien nous donnons toute la priorité à d'autres. Et en vertu de quoi ? Quelle est la raison qui fait qu'on devrait faire ça ?

Alors arrêtons de nous laisser intimider par tous ces européistes et regardons en face la vraie vérité de ce qu'est la construction européenne. La vraie vérité, elle va vous sauter aux yeux, j'espère. Si vous comparez cette photo, qui est ce qu'on appelle une photo de famille... C'est ce que disent les journalistes : la photo de famille. C'est le Conseil européen du 20 juin 2008 à Bruxelles. J'aurais pu en prendre 50 autres. Et puis ça, c'est la photo d'un sommet européen. Et puis ça, c'est la photo de la reine Elizabeth II d'Angleterre qui ouvre le sommet des chefs d'État et de gouvernement du Commonwealth à Kampala en Ouganda le 23 novembre 2007, c'est-à-dire quelques mois auparavant.

Quelle est la différence entre les deux photos ? Voilà. La couleur. La couleur de la peau. Ici, c'est un club de Blancs. Ici, c'est un club hérité de l'Histoire, des liens économiques, affectifs tirés de l'Histoire, une histoire que l'on peut condamner, critiquer. C'est l'histoire du colonialisme. C'est un fait. Mais l'histoire, elle existe. On revient pas derrière. C'est le fruit de 2, 3, 4 siècles d'histoire. Et vous voyez ici que l'Angleterre a des liens avec... Ici, on voit des Noirs d'Afrique. Ici, on devine M. Manmohan Singh, qui est le Premier ministre de l'Union indienne, qui est un sikh. Ça se voit à son turban. Moi, je l'ai connu, il était ministre des Finances.

On avait une réunion de travail avec lui. On a ici des Moyen-Orientaux. On a ici – vous le voyez certainement – le Premier ministre. On devine vaguement qu'il doit être d'un pays probablement comme les Samoa ou le royaume de Tonga, donc un maori. Donc on a en fait toutes les races de la planète. Et ce qui est vrai de cette réunion du Commonwealth à Kompala est également vrai de la réunion du 7e sommet des chefs d'État et de gouvernement de la communauté de la lusophonie, des pays de langue portugaise à Lisbonne, où l'on a ici le président portugais, avec ici à ses côtés le président de l'Angola, ici Lula da Silva le président du Brésil. Et donc vous avez...

Ici, il doit y avoir le représentant de Macao, qui est un métisse portugais-chinois. On a les différentes races de la planète. Et ici, nous avons le sommet de la francophonie à Québec, avec M. Sarkozy, tellement gêné – semble-t-il – d'être dans une réunion francophone. On a quoi ? Eh bien on a ici des Blancs. Ici, on a un Canadien. On a ici des Jaunes, avec le Premier ministre du Vietnam ou du Cambodge. On a des Africains. Et on a même un Monégasque, et puis un Moyen-Oriental. Là aussi, nous avons toutes les couleurs de peau. Ça veut donc dire quoi ? Eh bien ça veut dire que, que cela vous plaise ou pas, il est indéniable que la construction européenne est une construction racialiste.

Elle n'est fondée sur rien d'autre de logique que la prétendue appartenance à un même monde blanc, fondé probablement sur une religion, puisque c'est ainsi qu'en ont décidé les États-Unis dans le cadre de la théorie du choc des civilisations : « The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order », c'est-à-dire « Le choc des civilisations et la refonte de l'ordre mondial ». C'est le livre de Samuel Huntington, qui fonde toute la géopolitique américaine. Donc en réalité, les gens qui vous disent : « Il faut être solidaire européen », ils vous disent en fait : « Je suis pour un monde fondé sur des solidarités raciales ».

Alors quand on vous dit ça et quand je dis ça, on pousse des cris d'orfraie : « Comment pouvez-vous dire... Je ne suis pas anti-africain ». Mais moi, je ne suis pas non plus... Vous êtes anti-africain comme je suis anti-européen. Pourquoi prétendre vouloir fusionner avec la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie... Je n'ai rien contre ces peuples. Mais ce sont des peuples qui n'ont jamais été dans les liens traditionnels de la France, alors que nous avons des liens avec des peuples qui sont sur tous les continents, qui d'ailleurs parlent beaucoup la langue française.

J'ajoute que c'est le meilleur antidote à tous les chocs religieux et aux prétendus chocs de civilisations. Le meilleur antidote au développement de l'islamisme, par exemple, si tant est qu'il se développe... Puisqu'en fait, ceux qui le financent, il faudrait s'interroger dessus. Le meilleur antidote, c'est justement ça. C'est justement la francophonie, le Commonwealth, la lusophonie, l'hispanophonie, c'est-à-dire montrer qu'il y a des solidarités intercontinentales qui se jouent complètement des appartenances à la religion ou à telle ou telle couleur de peau. Voilà ce dont il s'agit.

La construction européenne, que l'on le veuille ou non, ressemble à s'y méprendre à un apartheid au niveau planétaire. C'est d'ailleurs logique, puisque ce sont des Anglo-Saxons qui l'ont conçue, et non pas des Français. Les Français ont une vision de l'universalité des peuples et des nations, alors que les Anglo-Saxons ont une vision qui est une vision communautariste de l'univers. Il s'agit d'avoir une communauté européenne. C'est d'ailleurs le nom que ça porte. C'est la raison n°10.

Si nous voulons que la France défende une autre vision du monde que la vision ultralibérale anglo-saxonne, qu'elle défende la langue française, qu'elle soit fidèle à ses amitiés, qu'elle défende une autre vision du monde qu'une vision ethniciste et une vision communautariste, alors nous devons sortir de l'UE, parce que son principe même, au XXIe siècle, a volé en éclats. On ne peut pas dire qu'on est en contact avec le monde entier, que les distances ont été abolies, et nous expliquer qu'il faut fusionner par contiguïté géographique de proche en proche depuis l'Algarve portugaise jusqu'à la Laponie finlandaise. C'est absurde. Nous devons revenir sur ce principe.

C'est un principe racial ségrégationniste qui la coupe de l'ensemble du monde francophone. C'est ça, la réalité secrète. Me voici arrivé au terme de cette très longue conférence. Je vous remercie pour votre extrême attention. Je vous rappelle les 10 raisons urgentes de sortir de l'Europe. Il faut rétablir la démocratie, c'est-à-dire arrêter avec ce système qui – mathématiquement, je vous l'ai prouvé – rend toute autre Europe impossible et vide de sens toute élection nationale. Il faut résoudre la question de la dette publique, c'est-à-dire notamment pouvoir se soustraire à l'article 123 du TFUE. Il faut sauver l'agriculture et les agriculteurs.

Il faut donc se soustraire aux articles (NDLR : 38) et 39 du TFUE. Il faut sauver l'industrie et nos emplois. Il faut donc sortir de l'euro pour récupérer la maîtrise de notre politique monétaire, notamment pour le change externe, ce qui oblige à dénoncer notamment l'article 282 du TFUE. Il faut dénoncer juridiquement les articles qui organisent, qui donnent le feu vert aux délocalisations industrielles et au rapatriement de produits fabriqués à très bas coût de salaire. C'est-à-dire qu'il faut dénoncer les articles 32 et 63 du TFUE.

Il faut maîtriser l'immigration à la fois pour ne pas déstabiliser la société française, mais pas déstabiliser non plus et ne pas voler la force vitale des pays du Sud. Il faut donc revenir sur les articles 67, 77, 79 du TFUE. Il faut préserver la santé et l'environnement. Ça implique de revenir sur les articles 168 et 169 du TFUE. Nous devons conserver nos services publics et notre patrimoine national. Nous devons donc remettre en cause l'article 106 du TFUE. Nous devons défendre nos retraites et notre politique économique et sociale. Nous devons donc notamment supprimer l'article 5 et l'article 121 qui fixe les GOPÉ, ces articles du TFUE.

Nous devons protéger la paix du monde, notamment en nous soustrayant de l'OTAN, qui est devenue une milice internationale pour semer en fait le malheur à travers le monde. Ça nous impose de sortir de l'OTAN, donc de dénoncer l'article 42 du TUE. Et nous devons préserver la vision française et francophone du monde. Nous devons refuser un monde fondé sur le communautarisme racial et la ségrégation où nous devons fusionner. Nous devons au contraire promouvoir un monde avec des nations ouvertes, chacune conservant ses identités, mais chacune étant ouverte sur le reste du monde et refusant notamment une vision racialiste et communautariste pour faire privilégier une vision typiquement française.

C'est le génie de la France depuis le baptême de Clovis de 496 et l'interdiction faite par le clergé à l'époque des mariages claniques. C'est ce qui fait notre spécificité. C'est-à-dire que la France vise à l'universel. Nous devons redonner à la francophonie tout son sens pour en faire un pôle d'équilibre et de civilisation dans le monde face au rouleau compresseur communautariste et ultralibéral anglo-saxon. Alors que faire, que faire, puisqu'une autre Europe est mathématiquement impossible ? Je vous l'ai montré au début de cette conférence : 1,2 seconde sur un trillion d'années.

Et puisqu'une autre Europe est mathématiquement impossible, eh bien il faut faire ce que nous vous proposons sans faillir, constamment, sans avoir jamais changé une seule fois notre discours ni nos propositions, ce qui là aussi nous sépare de toute la classe politique française. Avec l'UPR, vous savez ce que vous avez. Vous n'aurez jamais de mauvaise surprise. Jamais nous n'en changerons, puisque nous avons pris une Charte qui verrouille absolument notre programme de façon décisive et notre vision du monde. Et c'est sur cette Charte que les gens adhèrent. Donc vous n'aurez jamais de mauvaise surprise. Je suis le président fondateur.

Mais je ne suis finalement que le premier adhérent de cette Charte, à laquelle je me soumets comme tout un chacun. C'est-à-dire que tous les instants, nous faisons en sorte d'écarter les débats qui pourraient nous séparer pour nous relier sur l'essentiel. L'essentiel... Excusez-moi de le dire, mais l'essentiel, c'est que vive notre pays, c'est-à-dire que vive la France. Alors que faire ? Eh bien il y a la solution. C'est le TUE, l'article 50 : « Tout État membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l'Union ». L'État membre doit négocier une sortie, une procédure de sortie avec les autres. Donc c'est une obligation de négociation. C'est de bon sens.

Je vois maintenant quelques jusqu'au-boutistes qui disent : « Oh, mais l'article 50 est inapplicable ». Pourquoi il est inapplicable ? Ils proposent quoi, eux ? C'est un article de bon sens, puisqu'il impose tout simplement d'entamer une procédure de négociation. Ils proposent quoi ? Ils proposent d'ailleurs rien. La seule chose qu'ils proposent, c'est de taper sur l'UPR parce qu'ils savent pas quoi nous répondre. Donc en réalité, nous avons une procédure de négociation. Il est même prévu d'ailleurs que si au bout de 2 ans, on n'est pas parvenus à un accord, eh bien à ce moment-là, on sort de plein droit.

Et rassurez-vous, lorsque la France aura décidé, lorsque les Français auront décidé de sortir de l'UE, ça se passera très bien. Il n'y a aucune raison que ça se passe mal, puisqu'on mettra en œuvre un article sur lequel tous les autres États sont tombés d'accord, puisqu'ils ont ratifié le même traité. J'ajouterai même que lorsque les Français diront qu'ils sortent de l'UE, il y aura beaucoup d'États qui diront : « Mais ils ont bien raison ». Et non seulement on nous mettra pas des bâtons dans les roues, mais très probablement, eh bien en réalité, on nous félicitera d'avoir été les précurseurs.

Notre programme de libération nationale, c'est la sortie urgente de l'euro, la réattribution à la Banque de France de son rôle normal de financement de l'État, la défense par la France elle-même de ses intérêts à l'OMC, le rétablissement effectif des contrôles des flux de capitaux, de marchandises, de services et de personnes, la renationalisation de notre politique étrangère accompagnée d'une sortie de l'OTAN et du retrait de nos troupes engagées dans des guerres illégales, la restauration des services publics à la française, garante de cohésion nationale, la sortie de l'UE au plus vite, car toutes les mesures précédentes sont contraires aux traités.

Et c'est parfaitement possible avec l'article 50 du TUE. Voilà comment se termine cette conférence. Avant de se séparer, enfin avant de vous donner peut-être la parole pour répondre à vos questions, un mot et un dernier mot sur notre mouvement. Moi, j'insiste beaucoup sur le fait que les gens doivent se mobiliser. Vous avez parfaitement le droit de ne pas être convaincu, bien entendu, par tout ce que je vous ai dit. J'aimerais quand même que les gens qui ne sont pas convaincus m'expliquent en quoi ils ne sont pas convaincus, voilà, parce que j'aimerais... Je veux bien avoir des débats.

Et j'estime en tout cas : toutes les conférences que je fais à travers la France depuis 6 ans sont faites de la façon la plus honnête et affective qui soit. J'y donne – je crois – tout ce que je peux donner de mon cœur et de mon cerveau sur l'état de notre pays. Il est possible, ça peut arriver... Bien sûr, je suis un homme. Comme tout le monde, je peux me tromper. Il est possible qu'une fois ou deux, on trouve un point à redire. Mais à chaque fois, je tiens toujours à donner les sources, l'information pour que tout le monde aille vérifier. C'est d'ailleurs ce que je souhaite. Mais si les gens sont convaincus...

Et il y en a de plus en plus qui se rendent compte que, d'abord, tout ce que je dis est toujours constant. Et puis ensuite, ils vont vérifier les citations que je dis. Parce qu'il y a beaucoup de mes conférences, maintenant, qui sont sur Internet. Ils vont vérifier si ces citations sont exactes. Et ils découvrent qu'elles le sont. Et d'un seul coup, ils ont envie à ce moment-là de dérouler la pelote de laine et de découvrir plein d'autres choses. Je ne peux pas tout dire, mais de découvrir à quel point toutes les clés de compréhension que je donne permettent enfin de comprendre ce qui se passe. Voilà. C'est comme, finalement : on a trouvé la clé du rébus.

Toutes ces clés permettent enfin de comprendre ce qui se passe. Alors si vous en êtes maintenant convaincu, la dernière chose à laquelle je voudrais vous convaincre, c'est de sauter le pas et d'adhérer à notre mouvement. Il y a beaucoup de gens qui me disent : « Je vous suis. C'est formidable », « Je vous suis depuis 2 mois », « Depuis 6 mois », « Depuis 1 an », « Depuis 2 ans ». Et je dis : il y a un moment à partir duquel il faut sauter le pas et nous rejoindre. La grande grande majorité, plus de 90% de nos adhérents n'ont jamais été dans un mouvement politique auparavant. Il faut donc sauter ce petit verrou psychologique. Je ne sais pas très bien ce qu'il veut dire, d'ailleurs.

C'est pas une affaire que d'adhérer à l'UPR. Votre nom ne sera pas diffusé. Notre base de données est consultée simplement par 5 personnes dont moi, en qui j'ai toute confiance. C'est le mouvement le plus républicain qui soit. Nous sommes un mouvement on ne peut plus républicain. Et c'est très important pour nous, puisque nous sommes barrés de l'accès aux grands médias. Voilà. Il y a une injustice qui nous est faite, qui devient de plus en plus flagrante. Quand nous étions peu nombreux, ça pouvait se justifier. Maintenant que nous sommes de plus en plus nombreux, ça se justifie de moins en moins.

C'est la raison pour laquelle je vous invite à sortir de cette torpeur qui vous est instillée aussi par les médias. Ça fait partie du jeu. Ils ont même trouvé un journaliste qui s'appelle Aphatie. C'est fait pour ! C'est fait pour ! C'est fait pour donner l'impression aux gens que jamais, ils ne pourront sortir les choses. Pourtant, il suffit de se mobiliser. Les gens qui tiennent le système sont très peu nombreux. Donc il suffit de se mobiliser pour... Vraiment, on peut changer l'histoire de notre pays. C'est la raison pour laquelle je cite cet auteur suisse : Max Frisch, qui vivait pas très loin d'ici, d'ailleurs. « Pire que le bruit des bottes... »... Il y a pire que le bruit des bottes.

C'est ce qu'a révélé le XXe siècle. Il y a pire que le bruit des bottes, c'est-à-dire des armées qui sont là, qui établissent la dictature. « ...C'est le silence des pantoufles ! », c'est-à-dire ceux et celles qui décident de ne rien faire. Comme disait Jean-Paul Sartre, on n'a jamais été aussi libres que sous l'Occupation. Il voulait dire par là, bien entendu, qu'on n'a jamais été aussi face à ses propres responsabilités que sous l'Occupation. Par ailleurs, il aurait mieux fait de se taire, parce que lui-même n'a pas brillé toujours par ses prises de position à cette époque. Mais enfin on n'a jamais été aussi libres que sous l'Occupation. C'est pareil.

Vous n'avez finalement jamais pu faire autant de politique qu'en ce moment, puisque c'est au moment même où tout le monde croit qu'il n'y a plus de politique que renaît la politique. C'est en tout cas ce que nous essayons de faire. Je crois qu'on y parvient bien. C'est qu'on est en train de redonner à la politique ses véritables lettres de noblesse sur ce que c'est que vraiment, la politique. La politique, c'est pas un jeu. C'est pas un truc pour avoir des prébendes. Je ne peux rien vous proposer. Vous n'aurez rien que de nous donner du temps ou de l'argent sans avoir... Si, vous aurez mes remerciements. Mais vous n'aurez rien d'autre, du moins pour le moment.

C'est pas comme à l'UMP ou au PS, où les gens adhèrent pour avoir un mandat électif ou bien un CDD ou un CDI à la municipalité du maire en question, parce qu'il y a toute la famille qui est là qui est à l'UMP ou au PS. C'est pas le genre de la maison. On n'a pas les moyens de toute façon. Et c'est pas notre vision des choses. Nous, notre vision des choses – excusez de le dire –, c'est que nous devons servir notre pays. On n'a pas le droit, les Français n'ont pas le droit de laisser mourir, de laisser détruire la France, c'est-à-dire un pays qui a à peu près 1 500 ans d'âge et dont le monde a besoin. Sortir de la destruction européenne, ça commence par adhérer à l'UPR. J'insiste.

Vous aurez des formulaires d'adhésion tout à l'heure. Si vous ne voulez pas, on vous laissera bien sûr en paix. Mais simplement, quand même, réfléchissez-y. C'est vraiment très important. Beaucoup de gens nous ont rejoints. Les gens nous ont rejoints. Ça, c'est donc... Je vous l'ai montré. « L'envol de l'UPR, ça dépend aussi de moi ». Ça dépend de chacun d'entre nous, parce que si tous les gens qui me disent : « Je vous suis. J'attends. Je réfléchis. »... Si tout le monde se décidait, on serait beaucoup plus nombreux. Voilà quelle a été la courbe d'évolution de nos adhérents. C'est la dernière planche, je vous rassure. J'ai créé ce mouvement le 25 mars 2007.

Sur le coup, il y a eu à peu près une trentaine d'adhérents, des amis pour beaucoup, qui m'aimaient bien et qui me regardaient avec un peu de distance, considérant qu'ils se demandaient si j'étais pas devenu un peu fou. De cette époque, nous avons gardé à peu près 6 adhérents qui sont encore adhérents, que j'ai in pectore, comme on dit au Vatican, dont je garde précieusement la mémoire dans mon cœur. Donc on a vraiment... Vous commencez très très bas, sans argent et sans aucune médiatisation, sans aucun soutien de qui que ce soit. Vous croyez pas que c'est parce que j'ai été dans des cabinets ministériels que les ministres que j'ai connus à cette époque m'ont soutenu. Bien au contraire.

Nous étions 47 au 31 décembre 2007, 88 à peu près le 31 décembre 2008. Donc c'était une petite progression. Pas mal, mais enfin... 158 en 2009. Donc ces années ont été vraiment assez pénibles, puisque c'étaient des années où le discours que je tenais ne passait pas. Les gens considéraient que j'exagérais. Dire que l'UE menaçait la démocratie, la paix, le niveau de vie, etc... C'étaient des idées qui étaient considérées comme totalement farfelues. Et l'idée même de sortir de l'UE était considérée comme encore plus farfelue. Et puis il y a eu un petit début avec 2010, puisqu'il y avait les premiers effets de la crise économique, la crise financière venue d'outre-Atlantique.

Et puis avec 2011... Alors il y a eu l'effet de la création de notre page Facebook et puis du développement des conférences, qui ont quand même commencé à jouer à plein. Et on a terminé l'année (NDLR : 2011) avec 707 adhérents. On avait un peu moins de 700 adhérents lorsque j'ai présenté le programme présidentiel. C'était le 3 décembre 2011. Nous n'avons pas réussi à avoir les 500 parrainages. On en a même été très loin, puisque j'en ai eu 17 au total. Je me plais à dire le vrai chiffre, parce que la plupart des autres vous disent tous : « On en a eu 453 ». Bon... Non, c'est pas vrai. C'est pas vrai.

C'est très difficile d'avoir les parrainages, surtout pour un petit mouvement politique, surtout pour un candidat qui n'était présenté dans aucun média. Voilà. Donc nous avons eu des centaines d'adhérents qui ont cherché des parrainages. Je les en remercie. À un moment, on en avait plus de 280 qui ont cherché. On en a fini par avoir 17 parrainages. Bon. Mais ensuite... Eh bien ensuite est arrivée la crise de l'euro. Et nous avons bondi, comme vous le voyez. C'est une croissance, pour les mathématiciens... J'ai commencé par un calcul mathématique avec des puissances. Je termine avec une courbe exponentielle. Donc vous voyez que ça suit une courbe exponentielle.

Au 31 décembre 2012, nous étions à 2 158. Et hier soir, très exactement hier soir, nous étions à 2 780, au 5 avril 2013. Donc vous voyez que nous sommes sur une courbe qui poursuit et qui pourrait nous donner à penser que nous pourrions être aux alentours de 4 200 à la fin de cette année, peut-être moins, peut-être davantage. Davantage – j'espère – si on arrive à se mobiliser. C'est la raison pour laquelle vous voyez qu'il faut quand même nous rejoindre. Lorsque nous serons 10 000 ou 15 000, à ce moment-là, je passerai dans les médias. Et à ce moment-là, soyez sûrs que l'UPR va tout changer de la situation politique française. Je vous remercie. (Applaudissements)