Nicolas Dupont-Aignan invité politique sur Radio Classique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un bon compromis ? Est-ce que vous êtes prêts à le voter ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Là aussi, ça fait polémique. Certains disent que c'est trop, ça doit rester exceptionnel. Vous en pensez quoi ?
- 3:49OuverteRéponse directe
Votre réaction à la démission de Christiane Taubira ?
- 5:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Est-ce que tout ça, c'est quand même dans la perspective des primaires ?
- 6:10FerméeÉludée
Est-ce que vous vous présenterez ?
- 7:41OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on peut faire face au chômage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiquePromesse
« 'ai toujours dit que je voterais la déchéance de nationalité, puisque je l'avais proposée pour les binationaux. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Je sais qu'il y a des djihadistes de retour de Syrie en liberté sur notre sol. »
- 2:07Invité politiquePromesse
« Pour les éloigner de métropole, comme je l'ai proposé, les mettre dans un camp, style Watanamo, mais judiciarisé bien sûr. »
- 2:37Invité politiqueFait
« Cet état d'urgence, d'ailleurs, je l'avais demandé dès le mois de janvier après les attentats de Charlie Hebdo. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Il manque 30 000 places de prison dans notre pays. »
- 9:32Invité politiqueFait
« Imaginez un continent européen qui n'est pas capable de contrôler ses frontières, des pays qui ne sont pas capables de le faire. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan77 %
- Présentateur18 %
- ?5 %
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L
'invité politique
sur Radio Classique.
Et
l'invité politique ce matin, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Rebonjour. Rebonjour Gérard Leclerc. Président de Debout la France. La déchéance de nationalité, c'était la grande affaire de la semaine. Donc Manuel Valls a présenté un texte où l'on ne parle plus des binationaux, où la déchéance devient une mesure judiciarisée, étendue à tous les délits de terrorisme. Est-ce que c'est un bon compromis ? Est-ce que vous êtes prêts à le voter
? J
'ai toujours dit que je voterais la déchéance de nationalité, puisque je l'avais proposée pour les binationaux. Mais je me demande parfois si nous vivons dans un pays de fous.
C
'est-à-dire, mon Dieu ? Ça fait... Enfin, de fous qui nous dirigent. Ça fait, quoi ? Allez, un mois qu'on ne parle que de ça. Et d'ailleurs, dans un sens, le gouvernement est assez habile. Mais il sera, à mon avis, puni par les Français de cette fausse habileté.
Mais c'est un sujet important, quand même. Non, arrêtez. Arrêtez.
Ça fait un mois que toutes les télés de France, toutes les radios, nous cassent les pieds avec cette histoire d'échéance, qui est une mesure qui existe déjà, qui devrait être automatique. Alors que nous sommes menacés par des attentats, que nous sommes en guerre avec un État islamique qui gagne du terrain en Libye, que le chômage continue d'augmenter, que nos policiers et nos gendarmes n'ont pas les moyens de leur tâche. Mais est-ce qu'on réalise la folie psychologique qui s'est emparée des médias français,
par
la faute d'ailleurs du président de la République ?
Mais
je crois qu'on est complètement
décalés. Non, pour vous, c'est un
débat secondaire.
Vous êtes prêt à voter le texte ? Mais c'est pas secondaire. C'est une
mesure, parmi d'autres, qui existe déjà, qu'il faut simplement conforter, mais qui doit s'accompagner de tellement d'autres mesures pour assurer la sécurité des Français. Moi, je n'ai qu'une peur, vous savez, depuis des semaines. C'est qu'on retrouve un autre massacre demain matin. Et je sais qu'il y a des djihadistes de retour de Syrie en liberté sur notre sol. Je l'ai dit au président de la République quand je l'ai vu après le 13 novembre. Et qu'il n'y a rien de fait pour les expulser de France quand ils sont étrangers, pour les éloigner de métropole, comme je l'ai proposé, les mettre dans un camp, style Watanamo, mais judiciarisé bien sûr, en amont, pour écarter un danger. Voilà.
Donc j'aimerais qu'on
aille, qu'on regarde la gravité du problème au lieu de faire diversion sur une mesure symbolique.
Alors on a bien compris. Parmi les autres mesures qui sont annoncées, il
y
a la prolongation de l'état d'urgence. Là aussi, ça fait polémique. Certains disent que
c
'est trop, ça doit rester exceptionnel, donc ne pas être prolongé. Vous en pensez quoi ?
Je pense qu'il faut bien sûr le prolonger. Cet état d'urgence, d'ailleurs, je l'avais demandé dès le mois de janvier après les attentats de Charlie Hebdo. On m'avait rionné, les mêmes là, qui veulent l'arrêter. On a toujours dans notre pays
des
confusions d'une certaine gauche
qui,
finalement, se polarisent sur quelques mesures exceptionnelles qui sont très loin du Patriot Act que les Américains avaient pris au lendemain des attentats du World Trade Center. Au lieu de se préoccuper de la menace djihadiste, de la force de l'Islamique, des massacres qui continuent, de la Turquie qui achète en contrebande le pétrole, de la Libye qui est en train de basculer à nos portes avec la déstabilisation de tout le Maghreb. Et on voit les conséquences migratoires que cela peut avoir. Donc, j'aimerais un peu de sérieux. Et je pense que les Français sont écœurés de leur classe politique parce qu'ils voient bien que tous les jours, la situation s'aggrave.
Ils voient bien ce qui s'est passé en Allemagne, à Cologne. Ils voient bien ce qui se passe en Grèce en ce moment. C'est-à-dire une submersion de l'Europe par des flux migratoires qu'on est incapable de contrôler. Et parmi lesquels se glissent des djihadistes. Donc, peut-être serait-il temps de s'occuper des menaces qui pèsent sur la France.
Alors, en lien direct quand même avec tout ce débat autour de la déchéance de nationalité, il y
a
eu la démission de Christiane Taubira. Votre réaction ? Enfin.
Enfin. Pour deux raisons d'abord. Parce que Taubira, Madame Taubira, aura été extrêmement néfaste pour la sécurité des Français depuis des années.
Pour
autant, il ne faut pas cibler une personne. Moi, j'ai toujours été respectueux de la personne, même si je suis en désaccord total. Tout le monde n'a pas été à droite. Oui, ça c'est sûr. Mais, vous savez, c'est le gouvernement et le président de la République. C'est la majorité des députés socialistes. Avec Christine Taubira, qui sont responsables de la montée de la violence dans notre pays. Puisque les peines alternatives qui avaient déjà été mises en place par Rachida Dati, et que j'avais contestées sous le gouvernement Fillon, se sont multipliées dans notre pays. Contraintes pénales ? Oui, c'est une catastrophe.
Je suis élu de banlieue, je vois des petits délinquants qui narguent la police, qui n'ont peur de rien. Le trafic de drogue qui
généralise dans nos
quartiers.
Ce n
'est pas pire que la prison ? Est-ce que ce n
'est
pas une façon
de... C'est pire que le mal, quoi. Ça fait 30 ans qu'on dit ça. Nous sommes le seul pays au monde où la loi n'est pas respectée, où des policiers sont caillassés, où les gens ont peur dans les quartiers, où quand vous êtes modeste et que vous vivez en HLM, vous ne pouvez pas dormir la nuit. Donc tout ce qui est alternative à la prison... Je n'y crois pas un instant. Je crois au système anglo-saxon. Il manque 30 000 places de prison dans notre pays. Ça ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir. Et
la prison criminogène,
vous n'y croyez pas ?
La prison criminogène à la française...
Par
11 ans,
j'ai été à Villepinte voir l'état des prisons au mois de novembre. Quand vous voyez que dans une prison, aux portes de Paris, c'est la chienlit, que des djihadistes sont... des islamistes, pas des djihadistes, des islamistes sont en liberté dans la prison, que les prisonniers circulent librement parce qu'il n
'y a
pas assez de gardiens, la prison où il y avait Koulibaly, quand on voit l'état des prisons où les gardiens se font insulter, tabasser et qu
'on
ne dit rien, voilà l'état du pays. Alors, vous savez, tous les beaux esprits qui ne vivent pas dans nos quartiers populaires et qui ne voient pas ce qui s'y passe, il faut remettre de l'ordre dans notre pays. Ce n
'est
pas ce gouvernement qui va le faire.
Un mot sur ce qui se passe à droite. Nicolas Sarkozy a sorti son livre « La France pour la vie ». Il fait un certain nombre de mea culpa, reconnaît des erreurs, notamment de ne pas avoir touché aux 35 heures, de ne
pas
avoir supprimé l'ISF. Il fait des propositions. Il faut sortir de Schengen. Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Est-ce que tout ça, bien sûr, c'est quand même dans la perspective, des primaires. Qu'est-ce que vous ferez pour les primaires ?
Est
-ce que vous vous présenterez ?
Est-ce
que vous serez candidat ?
Les primaires, c'est une vaste fumisterie, pour une raison très simple,
totalement contraire aux institutions. La droite est un
candidat reconnu partout. C'est totalement contraire aux institutions de la Ve République. C'est la privatisation du scrutin, la seule primaire qui compte. Il n'y
en
a qu'une.
C
'est le premier tour de la présidentielle. Parce que ce n
'est
pas parce que des militants politiques vont voter, organisés par un parti politique,
avec
en concurrence des gens qui se ressemblent tous,
qui
ont gouverné ensemble, qui n'ont jamais fait ce qu'ils avaient promis de faire, qui font des mea culpa et qui ont le même programme. La primaire, c'est un moyen pour le parti socialiste à gauche, et on a vu le résultat, on a vu ce que ça donnait, et la droite de cadenasser le jeu politique. Et on le voit bien dans tous les pays du monde. On le voit aux Etats-Unis. On le voit dans tous les pays du monde. Il y a besoin d'oxygène politique. Il y a besoin de nouvelles
personnalités avec de
nouvelles solutions.
Vous
ne participeriez pas aux
primaires
et vous serez candidat en 2017. Mais vous verrez le moment venu.
On peut l'imaginer
en vous entendant. Laissons un peu de temps au temps. Qu'est-ce qui compte ? Ce n
'est
pas ça. Ce qui compte, c'est quel projet ? On a
pour
résoudre concrètement les problèmes de notre pays. Et que tous les Français aient le droit de choisir. Que ce ne
soit
pas réservé à un petit client d'un parti politique.
Un problème justement concret, c'est celui de la situation économique. On apprend ce matin que la croissance a été de 1,1% l'an dernier. C'est plutôt la fourchette haute de ce qui était attendu. En revanche, le chômage, lui, a encore augmenté. Donc 90 000 chômeurs de plus en 2015. Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Tout simplement, tout faire pour relocaliser des emplois en France. Et notamment mettre fin
à
l'absurdité des travailleurs détachés qui sont 500 000 dans notre pays. Vous savez ce que c'est qu'un travailleur détaché ? C'est une entreprise française qui fait appel à une société luxembourgeoise pour faire venir des Polonais, des Roumains, des Espagnols, des Portugais. qui ne payent pas les charges sociales françaises, mais les charges sociales du pays d'origine. Il y en a 500 000 en France. Nos artisans, nos commerçants, nos PME sont en train de faire faillite. Les commandes publiques, des hôpitaux, des trésoreries, des collectivités locales vont à une sous-traitance qui ne paye pas les charges sociales en France. Ce sont les délocalisations de
l
'intérieur. J'alerte sur cette question depuis des années. Je ne demande pas l'interdiction à un Polonais de venir travailler en France. Je demande qu'il n
'y ait
pas la concurrence déloyale sur notre sol, c'est-à-dire qu'il paye les mêmes charges.
Ce
qui explique très bien pourquoi vous avez une relance légère, 1%, ce qui n
'est
déjà pas si mal, mais ce n
'est
pas assez, et des pertes d'emplois.
On
a eu les délocalisations qui continuent parce que les charges sont trop élevées en France. Et on a maintenant les délocalisations de l'intérieur. Si on ne comprend pas que notre pays est en train de s'effondrer à cause de cela, on n'a rien compris. Donc il y
a
des mesures à prendre très simples.
Alors puisqu'on parle de l'Europe, il faut bien évidemment évoquer la crise des réfugiés avec un durcissement un peu partout. La Suède qui veut expulser 80 000 migrants, la Finlande 20 000, l'Allemagne qui durcit les conditions d'octroi du droit d'asile. J'imagine que vous applaudissez dès demain.
Écoutez, quand j'ai été en Grèce, à la frontière turque au mois de septembre, et que j'ai dit, quand je suis revenu à Paris en septembre, qu'il fallait absolument prendre conscience de la gravité de la situation en marionné, imaginez un continent européen qui n'est pas capable de contrôler ses frontières, des pays qui ne sont pas capables de le faire. L'invasion, car c'est une invasion d'un million de personnes avec 8 à 10 millions.
C'est la guerre Nicolas Dupont-Édouard. Non, non, non.
Non, mais bien évidemment, c'est une nécessité absolue. Parce que si vous continuez à laisser la porte ouverte, comme aujourd'hui, avec en plus la possibilité de bénéficier d'aides sociales, comme en France, eh bien vous n'en aurez pas un million, vous en aurez 10 millions. L'enjeu, c'est bien sûr de régler le problème de la Syrie, mais il n'y a pas du tout que des Syriens
dans les flux. Mais les
frontières, est-ce que ça ne doit pas se faire au niveau de toutes les frontières de l'Europe ? Ça
fait 30
ans qu'on le dit, 30 ans que ça ne peut pas se faire, car chaque pays n'a pas
les moyens. Mais
bien évidemment,
c'est un fait. Avec les
centaines
de routes
qui
d
'entrée possibles
en
France. Les écologistes étaient bien
capables de mettre des portiques sur nos routes, et on n
'est
pas capable de contrôler nos frontières, comme tous les pays du monde.
Tous
les pays du monde contrôlent leurs frontières, sauf l'Union Européenne. C'est un fiasco, nos dirigeants l'ont tous décidé, et vous parliez de Nicolas Sarkozy tout à l'heure, c'est très intéressant, ni Sarkozy, ni Juppé, ni Fillon ne veulent sortir de Schengen, ils veulent l'aménager, parce qu'ils l'ont construit. Ce ne sont pas ceux qui ont créé les problèmes qui pourront les résoudre. Il faut donc revenir à des frontières nationales, mais aussi bâtir des coopérations vis-à-vis de l'Afrique, car il faut résoudre la question de la pauvreté en Afrique, c'est fondamental.
Merci Nicolas Dupontagneau. Merci à vous.
Nicolas Dupont-Aignan