Yannick Jadot, député européen "Europe Ecologie Les Verts" - 26/04
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
— Et on est avec vous, Yannick Jadot. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes député européen écologiste. Vous étiez la tête de liste Europe Écologie-Les Verts aux dernières élections européennes. On va évidemment vous interroger non seulement sur l'urgence immédiate, c'est-à-dire... Merci, David. Vous êtes en train de passer devant la caméra. Mais c'est pas grave. Bonjour, David. Voilà. Donc la caméra est là-bas. Maintenant, vous le saurez.
— Vous faites la chaise une avril, Apolline.
— C'est évidemment un temps de déconfinement où tout est un peu plus compliqué de confinement. — Voilà. Ce plan de déconfinement, il sera présenté mardi par le Premier ministre Édouard Philippe. Qu'est-ce que vous, vous en attendez ?
— On attend évidemment, comme tout le monde, des précisions. On est dans l'angoisse sanitaire. Beaucoup de Français sont dans l'angoisse de retrouver un boulot, d'avoir une entreprise qui fonctionne encore le 11 mai ou après. Donc on attend des réponses précises, à la fois évidemment sur la question sanitaire. Est-ce qu'on va être protégés dans ce déconfinement ? Ça a été dit dans votre reportage. Les mairies qui assument notamment les écoles primaires, est-ce qu'elles vont avoir les moyens, les personnels, pour nettoyer très régulièrement ces écoles ?
On n'avait pas attendu le Covid pour avoir des reportages sur l'État catastrophique, parfois, du point de vue de l'hygiène dans certaines écoles de la République. On va avoir la question des transports. Est-ce qu'on va disposer de masques ? Est-ce qu'on va mettre en place les tests massivement pour pouvoir, petit à petit, reprendre une vie économique, une vie sociale normale ? On attend toutes les précisions.
On a entendu, vous parliez tout à l'heure des écoles. On a entendu hier soir que le Conseil scientifique était en réalité défavorable, est défavorable à la réouverture des écoles avant la rentrée de septembre. Emmanuel Macron en a décidé autrement. Est-ce qu'il fait prendre un risque aux Français ?
Écoutez, il y a des informations que nous n'avons pas. Moi, j'espère qu'il ne fait pas prendre un risque aux Français. Mais on ne peut pas rester confinés jusqu'à ce que le seuil d'immunité de la société soit atteint, sachant qu'il ne peut pas être atteint tant qu'on est confinés. Donc, à un moment donné, il faut aussi que les enfants puissent sortir de l'appartement, puissent sortir de la maison, puissent de nouveau apprendre. C'est important. On a des enfants qui sont aujourd'hui en difficulté, difficulté sociale, y compris parce qu'ils n'ont pas accès à la cantine, difficulté d'apprentissage.
Mais ça veut quand même dire, juste sur cette question de trancher entre le sanitaire et effectivement la reprise d'une vie pour tous. Jusqu'à présent, Emmanuel Macron avait toujours dit, et Édouard Philippe, qu'il s'appuyait précisément sur les décisions du Conseil scientifique. Là, ils vont à l'encontre de la décision du Conseil scientifique. On peut assumer ça politiquement.
On a eu, dans notre système de prévention, de confinement, d'approvisionnement en masse, en test, on a eu beaucoup de retard par rapport à d'autres pays. Des comptes devront être rendus. Ce n'est pas le moment de la polémique. Mais le Danemark a rouvert les écoles. Prenons l'expérience du Danemark pour savoir comment ça s'est fait. Est-ce que ça génère de nouveaux clusters ? Est-ce que ça génère une nouvelle propagation ? Qu'est-ce qu'ils ont mis en place au sein des écoles pour que ça se passe bien ? Ils font ça par demi-journée, par demi-classe. Ils occupent l'ensemble des locaux. Faisons en sorte que... Je ne suis pas sûr que la rentrée doit se faire le 11.
Je pense qu'il faudrait au moins qu'il y ait une journée pour toutes les équipes pédagogiques...
C'est le cas. A priori, la rentrée sera en réalité le 11 pour les professeurs et le 12 pour les élèves.
Voyons comment ça se passe. Faisons confiance aux équipes pédagogiques en garantissant évidemment que les mesures barrières, les masques, les gels, les savons, l'hygiène des toilettes, tout ça soit garanti pour qu'effectivement les enfants ne deviennent pas un centre d'épidémie.
Bonjour Yannick Jadot. Question très concrète. Vous prendrez le métro après le 11 mai ?
Bonne question. Je serai comme beaucoup dans cette situation où on se dit quel va être le niveau d'occupation des métros. Les premières images, notamment sur la ligne 13, qui est une ligne très souvent très très lourde du point de vue de la fréquentation, sont pas rassurantes. Moi j'avoue qu'aujourd'hui, quand je me promène, je préfère prendre un vélo, je préfère prendre mon scooter, je préfère me balader à pied, parce qu'aujourd'hui c'est ce dont j'ai besoin.
Mais quand il va falloir se déplacer de nouveau, j'espère que là encore, la RATP, comme la SNCF, comme toutes les régies régionales de transport, auront prévu le gel, auront prévu la distanciation, auront prévu le fait que ces métros seront suffisamment nettoyés. Mais ça fout la trouille à tout le monde.
La patronne de la RATP a déjà dit que la distanciation dans le métro, elle ne voyait pas comment faire.
Vous avez raison. Donc ça va relever de la responsabilité individuelle, des comportements personnels. Est-ce que tout le monde sera équipé d'un masque suffisamment protecteur ? Et puis, il faut appeler toutes les entreprises qui n'ont pas la nécessité de faire revenir dès le 11 mai leurs salariés dans les entreprises, que le télétravail se poursuive, que les horaires soient aménagés pour que tout le monde ne se retrouve pas à 8h, à 18h, 19h dans le métro,
parce que là, effectivement, on prend un risque majeur. Il y a un moyen de percevoir votre état d'esprit général dans le moment qui est le nôtre, c'est de vous poser la question de mardi. Si vous étiez député de la nation en France, est-ce que vous voteriez en faveur de ce plan de déconfinement dont on perçoit aujourd'hui les contours ?
Mais je suis bien incapable de vous le dire. Enfin, on n'a pas le plan. Le minimum, vous voyez bien que l'Assemblée nationale n'est pas très bien traitée depuis plusieurs semaines. On lui promet des débats. À un moment, vous allez débattre, ça va être consultatif, mais vous allez peut-être voter, mais en fait, on en tendra plus ou moins compte. Et puis finalement, vous voterez sur tel élément. Tout ça n'est pas sérieux au regard de la démocratie. Les députés s'expriment au nom de la République. Donc, voter sur quelque chose que je ne connais pas à l'avance, ce serait bien ridicule dans la situation actuelle. Moi, vous savez, je prends toujours mes responsabilités.
Si ce plan de déconfinement est à la hauteur des enjeux sanitaires, qu'il place la santé en priorité et qu'il organise la continuité de la vie sociale et économique sous cet impératif, je n'ai pas de raison de ne pas le voter. Mais attendons les annonces du Premier ministre. Et pour l'instant, reconnaissons qu'on a toujours été sur notre faim. Qui n'auront lieu que quelques heures avant le vote. Le plan est présenté à 15h et le vote à 17h30. Ce qui est aussi un problème dans le moment que nous vivons. Il ne vous a pas échappé que les enseignants, les parents d'élèves, les élèves, ont appris à la télévision ce qu'allait être potentiellement l'organisation de la rentrée scolaire.
Je ne suis pas sûr que ce soit toujours la meilleure méthode de privilégier l'impact médiatique plutôt que l'effort qu'il faut à t'assiser.
Si on vous écoute, il y a presque un déni de démocratie. Bien sûr. Il y a un déni de démocratie. Bien sûr.
Bien sûr. Soit le gouvernement, et je pense que ce serait une faute politique majeure, assume de gouverner seul. On le voit. Il y a une pratique solitaire du pouvoir. Ça n'a pas commencé avec le Covid. Ça s'est accéléré.
Vous n'avez pas du tout été consulté.
Mais on n'est pas consulté. Vous voyez bien, moi je l'ai dit depuis le début, j'aurais aimé que le président de la République, que le gouvernement passe sous une forme où le président de la République se passe quatre heures par jour avec l'ensemble des forces politiques. Mais je pense qu'on aurait évité beaucoup de mauvaises communications, beaucoup de polémiques, probablement un certain nombre de dysfonctionnements lourds si les collectivités locales avaient été associées. Ça a été le cas.
Les maires ont été reçus, les présidents de régions aussi.
Oui, ils ont été reçus dans la dernière semaine. La semaine dernière. On n'a pas commencé cette épidémie la semaine dernière. Les présidents de régions, et j'ai écouté Xavier Bertrand sur votre antenne, il s'est plaint que les régions ne soient pas réunies autour du gouvernement. Et ce n'est pas normal dans un fonctionnement démocratique. On a tous vu, et je l'ai dit, des comptes devront être rendus. Ce n'est pas le moment de la polémique, c'est le moment de la mobilisation. On a tous vu des dysfonctionnements majeurs sur les approvisionnements en masse et en thèse. On va y revenir largement.
Encore une question par rapport à Mardi. Mardi doit être voté, adopté la question du tracing, de savoir si cette application, ce top Covid, doit être appliquée ou pas. Est-ce que vous considérez la CNIL, qui est en charge justement de vérifier que toutes les libertés sont bien respectées, dit oui, elles le sont, mais il faut des garanties supplémentaires. Est-ce que vous, Yannick Jadot, vous dites, a priori, moi je trouve que c'est quand même une manière de savoir si on est en contact ou pas avec des personnes qui sont contaminées, ou est-ce que vous trouvez qu'au contraire, c'est liberticide ?
Je n'ai pas d'opposition de principe à l'idée qu'on utilise le numérique dans cet état d'urgence sanitaire. Simplement, il y a, comme vous le dites, un certain nombre de conditions à respecter totalement. Les questions, évidemment, d'anonymisation, de géolocalisation, de contrôle par les organisations citoyennes, du code et de ce qui est fait, du fait qu'on ne sait pas combien de temps ça va durer. Est-ce qu'on est suivi jusqu'à ce que tout le monde soit vacciné ? Ou est-ce qu'on est suivi jusqu'à une période post-confinement de quelques semaines ?
Et moi, quand je lis et l'avis du Conseil national sur le numérique et l'avis de la CNIL, les deux avis disent en conclusion, au fond, nous ne pouvons pas aujourd'hui avoir un avis sérieux. Le dispositif est conforme, c'est ce que dit la CNIL, en fait, l'avis qu'elle a rendue aujourd'hui. Oui, mais c'est parce que pour l'instant, il n'y a que des critères et des principes. Il conclut en disant, aujourd'hui, on n'a pas l'application telle qu'elle pourrait exister et donc, nous voulons en savoir davantage pour savoir si c'est liberticide ou pas. Et puis, je rappellerai, dans ces deux avis, qu'est-ce qu'ils disent ?
Ils disent, ça n'est qu'une petite brique dans un dispositif global et qu'aujourd'hui, le dispositif global n'est pas garanti et donc, la priorité n'est certainement pas d'avoir un outil dont on doute de l'efficacité et qui pourrait être liberticide avant l'ensemble du dispositif.
Vous pourriez la télécharger, l'application ? C'est la même question que David.
Je ne sais rien, mais c'est comme tous les réponses d'un.
On ne vous sent pas très chaud, quand même.
Mais moi, effectivement, je ne suis pas chaud parce qu'on a potentiellement une remise en cause d'un certain nombre de libertés sans garantie d'efficacité, sans garantie d'inscription.
L'utilisation des données, c'est un point important, effectivement.
L'utilisation des données. Nous savons tous que nous avons devant nous un chantier absolument majeur qui est la question des données médicales. C'est un chantier majeur de liberté, de vie privée, vis-à-vis de l'État, vis-à-vis des entreprises. Il n'est pas question d'aborder ces sujets-là avec légèreté.
Yannick Jadot, vous disiez « je ne peux pas me prononcer parce que j'ai besoin de connaître le dispositif global ». Mais vous en avez un, dispositif global. Les LR, par exemple, les Républicains, ont 50 propositions pour le déconfinement. Ils les ont présentées, ils les présenteront lundi aussi à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous avez bossé ? Vous avez un plan de déconfinement complet à proposer au débat public ?
Mais les écologistes ont fait des propositions extrêmement sérieuses sur cette crise et cette sortie de crise. Sur le déconfinement, Yannick Jadot.
Nous travaillons sur le déconfinement qui nous occupe là, sur lequel vous allez devoir voter. Les responsables politiques vont devoir voter.
Mais vous avez absolument raison. Mais nous, vous savez, les écologistes, ça a toujours été, c'est le cœur de notre logiciel politique, c'est la santé d'abord. La santé d'abord. Bon, alors on reste confinés. Mais non. Si c'est la santé d'abord, on reste confinés.
Mais où sont vos propositions, ce moment-là ?
Non, mais parce que les propositions, ça va être de donner effectivement de l'intelligence et de la capacité au sein des écoles, au sein des différentes régions, au sein des différentes collectivités, d'adapter, mais des critères qui sont extrêmement stricts. Et nous, nous nous accrochons à ces critères extrêmement stricts qu'est la santé d'abord. Mais, encore une fois, on a besoin de se projeter de nouveau dans une vie sociale, de nouveau dans une vie économique et qu'il va falloir justement faire preuve d'intelligence collective à ce moment-là.
On va revenir sur ce monde d'après et sur la façon d'ailleurs dont l'économie va pouvoir se remettre ou non en place. Vous avez dit qu'on constate des dysfonctionnements majeurs de l'État qui ont généré des retards dramatiques dans l'approvisionnement en masques, en tests et en respirateurs. Sur les masques et sur les tests, est-ce que vous estimez aujourd'hui que le gouvernement a menti pour faire passer des pénuries pour de la stratégie ?
Vous donnez la réponse à votre question vous-même. Il y a une évidence qu'il y a eu toute une période où le gouvernement a préféré cacher la pénurie sous de pseudo-prétextes sanitaires. Ça, ça a construit de la défiance. C'est une faute. Et quand je dis que le président de la République ou le Premier ministre ou des membres du gouvernement auraient dû, sur une base quotidienne ou tous les deux jours, avec les autorités sanitaires, dire la réalité de nos stocks, dire la réalité de la situation à laquelle nous sommes confrontés, aucun gouvernement dans l'histoire n'a été confronté à une telle situation.
La question n'est pas de dire « c'était facile », la question n'est pas de donner des leçons, mais de dire « face à une situation exceptionnelle, ayons des méthodes de gouvernement tout à fait exceptionnelles pour justement éviter les polémiques, éviter les dysfonctionnements ». Mais je crois qu'au sortir de cette crise, il faudra revoir assez sérieusement le fonctionnement de notre État. Il n'est pas possible que des entreprises, des collectivités locales qui avaient des réponses très tôt se soient vues bloquées dans ces réponses qui nous auraient permis de mieux nous protéger.
Vous avez dit le mot « faute » à propos de la façon dont ils avaient joué avec la question de la pénurie et de la stratégie. On y reviendra dans un instant avec le regard que vous portez sur la façon dont cette crise a été gérée depuis le début. Et on poursuit ce BFM politique avec vous Yannick Jadot et notamment votre regard sur les gouvernants aujourd'hui.
Oui, Yannick Jadot vous a en première partie d'émission beaucoup entendu critiquer la méthode. Est-ce qu'il ne serait pas temps d'aller prêter main forte ? Est-ce que vous seriez disponible pour agir, agir au sein d'un gouvernement avec Emmanuel Macron ?
Les écologistes agissent tous les jours, depuis cette crise évidemment bien avant, pour contribuer à la mobilisation sanitaire. Aujourd'hui on agit au niveau européen pour que tous les moyens soient mis pour que l'Europe développe un vaccin. Il va nous falloir un vaccin extrêmement rapidement pour que l'Europe développe des traitements. C'est le projet Discovery, notamment avec Yannick Jadot.
Non, non, mais j'entends bien.
Parce que les téléspectateurs aujourd'hui ont un radar à langue de bois. Ils s'en rendent compte. Ils s'en rendent compte tous. Je pense que tous ceux qui aujourd'hui jouent de ce jeu des castings gouvernementaux, jouent des combinaisons politiciennes, je pense que c'est eux qui sortent des radars de ceux et de celles qui nous regardent. Je pense que les Françaises et les Français attendent qu'on soit tous mobilisés là où on est utile. Ils n'ont certainement pas envie d'un casting gouvernemental. Ils ont envie de clarté. Ils ont envie que les forces vivent de notre pays soient au cœur des dispositifs politiques. Quand on a parlé de la méthode, c'est ça la méthode.
Mais la clarté, c'est pas aussi de dire si vous fermez la porte ou si vous êtes plutôt...
Non, non. Mais moi, je ne participerai pas à un casting gouvernemental. Je ne participerai pas à une opération de débauchage. Pourquoi est-ce que depuis plusieurs mois, je fais référence au Conseil national de la résistance ? Ce n'est pas pour dire que ce qu'on vit avec le Covid, c'est l'atrocité, l'horreur absolue de la Seconde Guerre mondiale. C'est pour dire qu'en 1943-1944, ce Conseil national de la résistance, il a rassemblé les forces sociales de notre pays. Tous les anti-vichistes, les anti-nazis.
Les gaullistes comme les communistes.
Exactement. Les forces politiques. Mais ils ont fait quoi ? Ils ont fait un casting ? Non. Ils ont... Attendez. Ils ont reconstruit notre pays. Ils ont inventé un nouveau modèle économique. Et mieux que ça. Ils ont créé une protection sociale dont on est aujourd'hui toujours extrêmement fier.
Mais ça veut dire que si Emmanuel Macron vous dit demain, justement, on va recréer, on va ensemble créer une sorte de gouvernement d'union nationale pour imaginer la suite, un peu comme le Conseil de la résistance, est-ce que là, vous direz...
Mais vous voyez bien, vous-même, vous-même, vous-même, mais si, parce que vous-même, vous dites, on va faire un gouvernement et on va réfléchir à ce qu'on va faire après. C'est le pire de la politique. Je l'ai dit, je ne participerai pas à une opération de débauchage. Là où je veux mettre mon énergie, dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent, c'est de travailler avec l'industrie automobile, avec les salariés de l'automobile.
Mais est-ce que pour bien travailler avec eux, ce n'est pas mieux d'être à l'intérieur qu'à l'extérieur ?
Mais la seule question importante aujourd'hui, c'est comment on remplace un président de la République qui, depuis trois ans, gouverne seul avec la technocratie par de la créativité et de l'intelligence collective. Moi, quand on veut sauver l'automobile, les écoles... Non, non, mais ça, c'est important, parce que ça, c'est la réalité des Françaises et des Français. Comment on sauve le spectacle vivant et la culture ? Qu'est-ce qu'on fait du statut des intermittents ? Mais, Nizédo, est-ce que ça, le gouvernement ?
Mais, bien sûr, mais c'est le seul sujet. Mais est-ce qu'on a le temps de refaire pause à nouveau après, en disant, bon, allez, on prend le temps d'écouter, de réfléchir ?
Est-ce que c'est parce qu'on est déjà tous en train de faire en ce moment ? Non, non, non, non, c'est pas pause. C'est pas pause. C'est s'offrir le seul chemin de réconstruction, de réparation de notre société, de transformation dont elle a besoin. Qu'est-ce que fait le gouvernement aujourd'hui ?
En prétendant surtout ne pas faire de pause.
Ce qu'ils nous promettent, c'est le monde d'avant, en pire. Moi, je suis, pardonnez-moi, je suis sidéré. Je suis sidéré par les manœuvres du MEDEF qui dit, affranchissons-nous.
Sur ce fait le gouvernement. Non, non, non, je suis sidéré.
Je suis sidéré par ce que tu es en train de faire le MEDEF. Je suis sidéré par ce gouvernement qui, décidément, n'apprend rien sur la menace climatique. Pourtant, c'est l'attente des Françaises et des Français. Ils l'ont encore rappelé dans un sondage hier. On met des milliards et des milliards. Comme en 2008, Mme Chevrillon, en 2008, 35 milliards. Le plan de soutien de l'État à l'économie. 2 milliards seulement sont allés vers des activités qui protégeaient le climat. On avait mis 6,5, non, c'est ça qui est essentiel.
Je ne sais pas, sur Air France, Bruno Le Maire, où il dit qu'il faut que ce soit la compagnie la plus verte du monde. Ah, ça, il le dit.
Ça, il va mettre « Make Air France great again », « Make Air France plus green que green again ». Ce n'est pas le sujet. Le sujet, aujourd'hui, on va mettre des milliards et des milliards et des milliards. Tout le monde sait que ces milliards ne repasseront pas. Tout le monde sait qu'à un moment, d'une façon ou d'une autre, il faudra payer ces milliards. Il serait totalement irresponsable, aujourd'hui, de sauver l'économie telle qu'elle était, sans organiser la survie sanitaire, écologique, sociale de notre humanité. Quand on met des milliards dans l'automobile, aujourd'hui... Souvenez-vous, en 2008, Mme Chevrillon, on met 6,5 milliards sur l'automobile.
Les groupes ont continué à délocaliser. Il y a eu le dieselgate et toute la pollution de l'air. Il y a eu les SUV et la destruction du climat. Moi, quand je discute aujourd'hui avec les constructeurs automobiles... Mais ça se traduit comment, Yannick ?
Parce qu'en quelques semaines, il faut quand même que les entreprises repartent après, peut-être qu'elles pourront modifier.
Non, non, pas après. Ça ne marche jamais, le après. Le après, c'est toujours trop tard. Mettons les constructeurs automobiles avec les syndicats, avec les associations, les collectivités qui gèrent les infrastructures et qui protègent. Pourquoi ? Là, vous en avez pour 6 mois, là. Non, on peut faire ça en quelques semaines. On a fait... Pourquoi on ne ferait pas ça en quelques semaines ? On a les informations. Moi, quand je discute avec les constructeurs automobiles, c'est comment on va relocaliser une partie de la production. Quand je discute avec le commissaire breton au niveau européen, et c'est ce que portent les écologistes aujourd'hui, ayons un grand plan sur la batterie solide.
Ayons un grand plan sur l'hydrogène renouvelable. Ayons un grand plan. On a beaucoup de chômage partiel aujourd'hui. Moi, je voudrais juste qu'on s'arrête. Non, non, non. On a beaucoup de chômage partiel. Vous nous parlez des grands plans, Yannick Jadot. Qu'est-ce qu'on fait en formation des salariés aujourd'hui ?
Vous nous parlez de rassembler à nouveau tout le monde autour de la table. Mais vous avez quand même prononcé une phrase à l'instant. Vous avez dit qu'il faut remplacer ce président. Donc, ça veut dire quand même qu'en réalité, vous préférez attendre 2022. Je n'ai pas dit ça, non. Vous avez prononcé cette phrase. Vous avez dit qu'en fait, il faut aller plus loin. Il faut remplacer ce président. Il faut aller vers la suite. Est-ce que ça veut dire que vous préférez attendre 2022 ? Est-ce que vous ne vous dites pas qu'il y a quand même une urgence maintenant ? On a quand même un truc que vous voulez reconstruire progressivement.
Non, non. Écoutez, ce que j'essaye de dire aujourd'hui, on a une nécessité absolue de sauver nos agriculteurs. On a deux options aujourd'hui sur la table. Est-ce qu'on continue l'agriculture mondialisée nourrie au soja qui participe ? Non, mais c'est ça la réalité. Pardonnez-moi. C'est la seule chose qui intéresse les Françaises et les Français.
Qu'est-ce qu'on fait pour les Français ?
Moi, ce que je veux faire pour les Français, j'ai travaillé avant le Covid et de nouveau avec la Fédération française du bâtiment, avec la CAPEB, qui est la Fédération des artisans du bâtiment. Qu'est-ce qu'ils demandent ? Ils ne demandent pas l'Union nationale. Ils demandent des financements pour la rénovation thermique des logements parce que c'est 150 000 emplois en plus.
Mais donc il faut aller au gouvernement pour faire le lien, Yannick Jadot. Il faut aller au gouvernement pour faire tout ce que vous voulez faire.
Je vous demande, Mme Chevrillon, que la démocratie, ce n'est pas que le gouvernement. La démocratie, pardonnez-moi, c'est aussi ce que je fais au Parlement européen. Moi, je vois dans les régions, mes collègues, typiquement sur le tourisme, régions sinistrées, l'Occitanie comme d'autres régions. Est-ce qu'on ne peut pas réfléchir à une sorte de chèque-vacances ? Pour toutes celles et tous ceux d'abord qui ont été soignants, aides-soignants, en première ligne dans cette période, pour toutes les personnes qui vont être en difficulté, pour tous les parents, qui ne pourront pas aller chez les parents ou envoyer les enfants chez les grands-parents. C'est aider le secteur du tourisme.
40% au moins de 35 ans dans le secteur du tourisme. C'est un massacre pour les emplois des jeunes. Comment on aide le secteur du tourisme ? Comment on alloue ? C'est ça qui intéresse les Français.
Sur le tourisme, vous dites à chaque vacances, et puis à la question de l'Europe, quand même.
Oui, alors justement, Yannick Jadot, une question aux députés européens, mais juste avant, parce qu'on n'a pas compris, il ne fallait pas mettre 7 milliards sur Air France, vous n'avez pas répondu là-dessus.
Mais si, moi je suis pour qu'on saute Air France-KLM. Non, mais ce n'était pas clair. Ah non ? Simplement, un, on fait comme on fait les Danois ou les Autrichiens. Évidemment, pas de dividende. On ne peut pas fonctionner sur l'argent public et reverser aux actionnaires.
Ces dividendes, il est revenu à l'État.
Évidemment, pas d'évasion fiscale. Ça serait quand même incroyable que des entreprises bénéficient de l'argent public national sans contribuer à l'impôt national. Troisièmement, pourquoi ne pas penser, et c'est une réforme que nous portons depuis longtemps, à réorganiser les conseils d'administration des entreprises pour qu'il y ait davantage de cogestion avec les salariés. Et puis évidemment, la conditionnalité environnementale au-delà de la conditionnalité sociale. Les conditions sont posées. L'aviation, c'est quand même un des secteurs qui augmente le plus ses émissions de gaz à effet de serre. Vous prenez l'avion, c'est 45 fois plus que si vous prenez le train.
Est-ce qu'on relance le vol Paris-Bordeaux-Paris-Strasbourg ? C'est aberrant, il y a le train. Vous dites non. Je ne suis pas pour ces petites lignes où il y a un substitut.
Donc il ne faut pas rouvrir ces lignes.
Ah mais il ne faut pas, quand il y a un substitut train qui est beaucoup plus protecteur de l'environnement, tout en favorisant... Paris-Marseille ? Il faut réfléchir. Paris-Marseille, ça dépend parce que tous les TGV... Il faut peut-être arrêter la liaison Air France-Paris-Marseille. Ah mais moi je pense, notamment, penser le fait que les TGV relient les hubs plutôt que des avions. Ça coûte moins cher. Pour la collectivité, c'est beaucoup plus protecteur de l'environnement. Et c'est très court aujourd'hui en temps de trajet. Donc il faut... Enfin, on ne va pas recommencer le monde d'avant en pire. Vous l'avez tous cette semaine. Tous dans vos journaux.
Je ne sais plus si c'était lundi ou mardi. Vous avez dit l'épidémie de Covid. C'est plus que le dernier record dramatique de la canicule. On ne va pas d'un seul coup oublier les canicules qui nous arrivent dans la face. On ne va pas oublier les vagues submersions, les inondations. Donc il faut ce monde. Et puis, franchement, moi j'en rencontre partout des entreprises qui ont compris cet enjeu-là. Vous avez écouté comme moi le patron du Crédit Mutuel dire « Je vais prendre ma responsabilité en dehors des contrats, indemniser les artisans. Il faut faire la lutte contre le dérèglement climatique. » J'entends plein... Je l'ai dit pour les professionnels du bâtiment.
J'entends dans plein de secteurs des entreprises qui disent « Il faut redonner du sens à notre société collectivement. » On a notre part de responsabilité à donner pour que notre monde soit plus résilient, mieux relocalisé, plus souverain vis-à-vis des Chinois, des Russes, de Trump, plus durable. C'est ça l'enjeu de l'économie de demain.
On vous a bien écouté sur l'aviation. Vous ne fermez pas tout de suite quand même le moyen courrier. Donc question, question. Est-ce qu'il faut rouvrir les frontières dans les semaines qui viennent, les mois qui viennent, les frontières à l'intérieur de l'Europe, celles de Schengen ? Question aux députés européens.
Nous nous battons aujourd'hui au niveau européen pour qu'on ait une stratégie commune de déconfinement. C'est essentiel. Mais ce n'est pas le cas.
En Italie, le Premier ministre dit qu'il ne faut pas rouvrir les écoles.
Vous avez raison. Vous vous rendez compte quand même qu'on n'arrive même pas aujourd'hui en Europe à avoir les mêmes statistiques sur les décès. On ne compte pas pareil. C'est dramatique.
Ce qui rend la comparaison difficile d'ailleurs.
Oui, mais ce que je veux dire, c'est que je ne dis pas que c'est simple. Je dis qu'il est évident. Soit on veut un monde où les États enverront des milices privées sur les tarmacs chinois pour se faire la guerre, pour des masques, des médicaments. Soit on veut un monde où l'Europe pense ensemble son matériel, ses médicaments, ses industries clés, le numérique, une partie de la sidérurgie. Pense évidemment sa transition écologique. Pense sa stratégie ensemble de déconfinement. Il est quand même terrible.
Je veux dire, on va avoir, si on déconfine et que l'Allemagne déconfine, qu'est-ce que vous faites à la frontière franco-allemande où vous avez des centaines de milliers de personnes qui bougent tous les jours ? Des Français qui travaillent en Allemagne. Il va falloir supprimer, sortir de ces frontières. En revanche, moi c'est vrai que pour l'été prochain, je l'ai dit, prenons pour celles et ceux qui pourront prendre des vacances, prenons les vacances en France. Organisons un soutien de solidarité à tous ceux qui sont dans la difficulté sociale, à tous ceux qui ont bossé comme des dingues. Est-ce qu'on les renvoie à la gratitude sociale ?
Regardez juste, on parlait d'Union nationale, c'est intéressant. Juste, je finis. Tout le monde a parlé des caissières et des caissiers ces dernières semaines. Vous vous rendez compte que ce gouvernement dit, après avoir déroulé le tapis rouge aux caissières et aux caissiers, vous ne bénéficierez pas des maladies professionnelles liées au Covid si vous êtes malade. des enseignes comme système U ne va pas donner des primes à leurs salariés qui sont là à risquer leur vie. Il faut sortir de cette ingratitude sociale.
Les primes ont été promises.
Ah non, non, non, non, non, non, non, non, pas par tous. Vous avez des enseignes qui vont donner des primes, très bien, et puis vous avez des enseignes aujourd'hui qui rechignent. Que le patron de système U vienne sur votre plateau expliquer pourquoi il ne veut pas donner de primes à ces caissières et à ces caissiers qui sont sur le front.
Est-ce qu'il faut que le gouvernement impose à un certain nombre d'entreprises de donner des primes ?
Bien sûr, bien sûr. On ne peut pas tous porter hommage, rendre hommage à ceux qui nous font vivre aujourd'hui et les renvoyer dès le déconfinement apparu à l'ingratitude sociale et sanitaire.
Je ne sais pas si légalement le gouvernement peut obliger une entreprise à donner une primes. Non, ça peut comme un imprimant au moment des gilets jaunes.
En tout cas, il peut par branche porter une renégociation des salaires. Et ça, c'est essentiel.
Yannick Jadot, vous parliez du tourisme pour cet été en France. Guillaume Pelletier, le numéro 2 des Républicains, lance une proposition demain à l'Assemblée nationale dans les colonnes du Parisien. Il dit qu'il faut demander aux sociétés d'autoroutes de diviser par deux le coût des péages. Première proposition. J'aimerais votre opinion là-dessus. Et la deuxième, et comme ça vous répondrez aussi, il veut la création d'un tribunal international sanitaire pour faire payer la Chine et l'OMS qui, dit-il selon lui, ont menti.
Yannick Jadot. Je ne sais pas s'il faut... Vous savez, le tribunal pénal international, il ne fonctionne déjà pas aujourd'hui, ou très difficilement. Y compris parce que ces pays-là ne le reconnaissent pas. Nous, on se bat pour qu'il y ait une cour de justice internationale sur les crimes environnementaux. Ça n'existe pas. Moi, je veux bien que, si vous voulez, on se gosse de slogans. Il est évident, c'est que la Chine a menti. Pendant des semaines et des semaines, la Chine a menti. Et que nous payons, avec des dizaines de milliers de morts, ce mensonge originel chinois. Mais c'est quoi la vraie réaction par rapport à ça ? C'est la résilience sur nos médicaments. Soyons autonomes en Europe.
Sur la batterie électrique, soyons autonomes, parce que c'est les énergies du futur. Sur l'énergie investissant dans nos logements, on ne répandra pas de Poutine. Ce serait quand même une bonne nouvelle. Et puis, soyons souverains. Parce qu'à partir du moment où vous dépendez de la Chine, ils peuvent massacrer les Ouïghours par millions. Personne ne bouge. Ils peuvent être l'une des pires dictatures de la planète. Personne ne bouge. Donc, soyons. Construisons une vraie souveraineté européenne. Et nous pourrons être plus durs politiquement vis-à-vis de la Chine.
Yannick Chado, une question. On ne va pas refaire tout le débat économique, parce que sinon, il nous faudrait plus qu'une heure. Mais sur la question des dettes, le « quoi qu'il en coûte » d'Emmanuel Macron, c'est sûr que ça coûte extrêmement cher à tous les niveaux européens, notamment de la zone euro. Est-ce que vous êtes favorable à une annulation de la dette ? Sous quelle forme ? Est-ce que vous dites, de toute manière, on peut les rembourser dans 100 ans, dans 150 ans, à très long terme ? Donc, quelque part, ça veut dire qu'on est face à dette.
Alors, si on parle de l'Europe sur ce sujet-là, parce que c'est un vrai sujet européen.
Oui, c'est au niveau européen, bien sûr.
Aujourd'hui, il y a des pays qui ne peuvent plus s'endetter pour faire face à la crise, et que s'ils ne peuvent plus s'endetter pour faire face à la crise, ils sont, au fond, forcément en rupture vis-à-vis de l'Union européenne. Ils ne pourront pas rester dans la zone euro, ils ne pourront pas rester dans le marché unique. C'est Salvini qui reprend le pouvoir en Italie. Donc, il faut aider ces pays-là avec du don. Pour faire une croix sur les critères de Maastricht, une bonne fois pour toutes. Oui. Non, mais nous, on a toujours défendu l'idée que les investissements sur la transition écologique, de toute façon, devaient être hors des critères de Maastricht.
Emprunter à long terme, aujourd'hui, au niveau européen, et donner à l'Italie et à tous les pays les plus en difficulté, sur un temps de 50 ans, vous savez qu'en vrai, c'est déjà de l'annulation de la dette, on regarde des taux d'intérêt. Donc, empruntons sur le long terme, collectivement, c'est ce qu'on appelle les coronabondes, c'est ce que nous, écologistes, avec d'autres, défendons à l'échelle européenne, on a vraiment besoin d'une solidarité majeure. Parce que la crise que rencontrent l'Espagne, l'Italie et d'autres, avec la crise du tourisme cet été, ça peut être une catastrophe qui va faire exploser le projet européen. Le projet européen est un projet de solution.
Faire exploser le projet européen, ça veut dire que vous imaginez possible la disparition, tout simplement, de...
Mais il faut quand même... On est dans un moment d'extrême gravité. C'est pour ça que je renvoyais un peu brutalement ces initiatives politiciennes. On a déjà 500 000 chômeurs en plus. On a plus de 10 millions de personnes au chômage partiel. Combien aurons-nous de chômeurs en plus cet été, une fois qu'on aura déconfiné tout ça ? On va être dans une situation très très dure. D'autres pays européens seront dans une situation très très dure. Tous les populistes sont en embuscade si on n'agit pas. Et donc agissons en coordination, agissons en solidarité. Donnons une espérance à nos jeunes qui vont morfler plus que les autres. Donnons une espérance.
Et cette espérance-là, c'est pas le monde d'avant. L'espérance, c'est jamais le monde d'avant.
L'espérance, c'est le monde qui vient. Reconstruire un projet. David.
Alors je vous ramène à la vie politique française. Vous êtes un responsable politique français. Est-ce que vous imaginez, Yannick Jadot, un second tour des élections municipales au mois de juin ? Non. Vous n'y croyez pas une seconde ? Non. Vous aviez été consulté à l'époque où Emmanuel Macron a décidé de maintenir le premier tour ?
Vous savez qu'il y avait une réunion le matin, le fameux jeudi d'avant le premier tour. Il y a eu une réunion le matin du Premier ministre avec l'ensemble des forces politiques. Le Premier ministre réaffirme, parce que ça a toujours été ses positions, que le premier tour aura lieu, que l'approche scientifique, le conseil, l'avis scientifique lui permet d'engager ça. Mais vous lui dites quoi ? Moi, vous savez, le jeudi, je suis en conférence de presse avec David Béliard à Paris et Delphine Bateau. Vos collègues pourront le confirmer. Nous disons, puisque la rumeur circule, nous disons, la santé doit primer sur le calendrier électoral. L'avez-vous dit au Premier ministre ?
Mais oui, c'est Julien Bayou qui était à la réunion. Vous, les écologistes. Julien Bayou, c'est patron du parti. Vous, les écologistes, Yannick Jadot, évidemment. Mais nous, on a fait savoir partout que la santé devait primer. Et voilà, on se retrouve, ça renvoie aussi à la question de la méthode qu'on abordait tout à l'heure. On aurait construit tout ce confinement avec l'ensemble des forces politiques sur la réalité des faits, sur la réalité et les doutes, et les doutes. – Oui, c'est des doutes, c'est des faits. – Et bien, je pense que notre pays aurait été plus unie.
– Sur les doutes, une question quand même sur Europe Écologie Les Verts et ensuite une question sur votre avenir. Europe Écologie Les Verts, on l'a vu encore hier sur fond des réseaux sociaux. On a eu Michel Rivasi qui a dit où ? Là, là, gros doute sur la capacité de faire des vaccins et sur d'ailleurs la fiabilité en général des vaccins. Julien Bayou, le patron d'Europe Écologie Les Verts, lui, a répondu vertement. Elle a fini par supprimer son tweet. D'abord, un, est-ce que vous êtes pour ou contre les vaccins à Europe Écologie Les Verts ? Donc vous êtes pour ?
– Oui, je l'ai dit tout à l'heure. – Il n'y a pas de doute ? – Aujourd'hui, non, si vous voulez, ce message de Michel Rivasi, c'est une faute. Je le dis simplement, c'est une faute. Et Julien Bayou a bien fait de répondre en citant les décisions de notre parti qui appellent à la plus grande mobilisation européenne, internationale de la recherche pour trouver un vaccin.
– Mais Yannick Jadot, est-ce que vous n'êtes pas fatigué de ce parti ?
– Mais non, mais regardez ce parti, on est exactement sur la même ligne, on est pour les vaccins. – Non, non, non, exactement. – Mais il y a une personne qui s'est exprimée, je l'ai dit, je ne suis pas d'accord. Julien Bayou lui a répondu sur les réseaux sociaux en disant qu'elle avait tort. Fin de l'histoire, fin de l'histoire.
– Fin de l'histoire, ok. Autre question quand même sur la suite.
– Et vous savez, ce n'est pas simplement pour nous le sujet. – Vous savez, il y a un continent dont personne ne parle et c'est aussi pour ça qu'il faut qu'on ait des capacités de production de matériel de santé en Europe, c'est l'Afrique. L'Afrique va avoir besoin encore plus que nous parce qu'ils n'ont pas les hôpitaux, ils n'ont pas ces systèmes de santé aussi performants que les nôtres.
– Et cette recherche, elle a été lancée au niveau mondial, la recherche du vaccin.
– Vaccins, traitements, masques, tests, il faudra alimenter l'Afrique pour que ce continent qui est un continent absolument extraordinaire, y compris aujourd'hui du point de vue économique, y compris du point de vue de sa jeunesse, ne soit pas une nouvelle fois un continent du désespoir.
– Il y a eu un doute si vous avez prononcé ou non cette phrase, Yannick Jadot, il faut remplacer le président, mais au-delà du doute, alors vous dites, je ne l'ai pas prononcé, nous on l'a entendu, mais au-delà du doute, justement, clairement, est-ce que vous estimez qu'en 2022, il faudra le remplacer ce président ?
– Ah oui, mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Le sujet aujourd'hui, c'est comment on sort de ce confinement, comment on sort de cette crise sanitaire majeure, comment on va faire face à une crise économique et sociale qu'on n'a jamais vue, qu'on n'a jamais vue, ça n'a jamais existé.
– Donc votre objectif, votre objectif reste de renverser Emmanuel Macron.
– La bonne nouvelle dans l'histoire, pour la première fois de l'histoire, on arrête l'économie pour protéger la santé. Pour la première fois de notre histoire, les citoyens ont agi par leur comportement individuel, par leur responsabilité individuelle, de manière totalement articulée avec l'action publique. Ça, c'est essentiel. – Et bien, il va falloir continuer.
– Finalement, là-dessus, vous êtes plutôt d'accord avec Emmanuel Macron ?
– Non, mais c'est la réalité de ce qu'on vit. Et il va falloir continuer à mobiliser ces forces vives, dans les fermes, les centres de recherche, les entreprises, les associations. On a une capacité à construire…
– On vous sent quand même un peu flou sur la question de l'unité nationale. – Mais moi, je suis de l'unité nationale pour combattre. – Vous voulez le remplacer et en même temps, vous vous dites, aujourd'hui, on ne peut pas vraiment complètement l'assumer.
– Mais parce que j'ai quand même le droit de dire que je suis sidéré quand ce gouvernement favorise la levée de toutes les mesures d'épandage pour les pesticides profitant de notre épidémie. Je suis sidéré quand ce gouvernement continue à mettre des milliards sans aucune conditionnalité sociale, sans aucune conditionnalité environnementale. Ils n'ont toujours rien compris. Et bien oui, à un moment donné, il va falloir effectivement construire une alternative plus enthousiasmante pour notre pays et pour l'Europe.
– Ils n'ont toujours rien compris, on restera sur cette phrase. Merci Yannick Jadot, en tout cas, d'avoir été avec nous pour BFM Politique. Merci à Edwige et à David. L'actualité continue sur BFM TV et je vous retrouve à 17h. A tout à l'heure.
Yannick Jadot