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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 17 février 2025 21 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Thomas Ménagé : "Oui il y a une submersion migratoire dans notre pays !" (France Inter)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45FerméeRéponse directe

    Vous la voterez ?

  • 1:43RelanceRéponse partielle

    Est-ce que le concept de sentiment accolé à celui de submersion migratoire relève de la communication politique ?

  • 4:08RelanceRéponse partielle

    Mais c'est quoi le seuil ? À partir de quel moment y a-t-il une submersion ?

  • 5:55OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes d'accord avec Manuel Valls sur le droit du sol ?

  • 8:10RelanceRéponse partielle

    Sur quels fondements scientifiques vous appuyez-vous pour remettre en cause les rapports du GIEC ?

  • 9:32OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes anti-français ou pas finalement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Non, nous ne la voterons pas parce que le Parti Socialiste l'a déposée pour une seule et unique raison, revenir et contester les propos de bon sens, même s'ils sont insuffisants du Premier ministre. »
  • 0:58Invité politiqueFait
    « qui a parlé d'un sentiment de submersion migratoire. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « On voit que la gauche continue à fermer les yeux sur l'immigration et veut censurer le gouvernement sur cette base. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « La plupart des OQTF ne sont pas expulsées. »
  • 2:51InvitéChiffre
    « 100 000 immigrés de plus par an sur 5 ans, ça s'appelle une submersion. »
  • 3:34Invité politiqueChiffre
    « On sait qu'aujourd'hui en France, il y a entre 600 000 et 900 000 clandestins, personnes en situation irrégulière déjà sur notre sol. »
  • 4:19Invité politiqueChiffre
    « 7 Français sur 10 attendent un référendum sur l'immigration. »
  • 5:08Invité politiqueFait
    « On est le premier groupe à l'Assemblée Nationale. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « On est aujourd'hui le premier parti en France. »
  • 6:23Invité politiqueFait
    « On supprime le droit du sol. Le droit de l'affiliation, bien entendu. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « C'est l'INSEE, c'est ça de l'INSEE. »
  • 9:04Invité politiqueFait
    « je ne remettais en aucun cas en cause les rapports du GIEC qui sont issus d'un consensus scientifique. »
  • 10:10Invité politiqueFait
    « On constate bien entendu que la politique de Donald Trump va nous faire énormément de mal. »
  • 12:06InvitéFait
    « Licencié des fonctionnaires, par exemple ? »
  • 14:19Invité politiqueChiffre
    « Rien que sur les agences, on était à 3 milliards, Madame Lourd. »
  • 17:45Invité politiqueFait
    « Mais le Donbass, il est ukrainien. »
  • 19:15Invité politiqueFait
    « il y a un certain nombre de dérives aujourd'hui en Europe et notamment en France. »
  • 20:45Invité politiqueFait
    « Nous, nous avons rompu avec l'AFD. »

Temps de parole

  • Thomas Ménagé67 %
  • Présentateur20 %
  • Invité9 %
  • Invité 22 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Grand entretien ce dimanche matin avec Maillan Lourdes. Nous recevons un député du Loiret, porte-parole du Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Vos questions, chers auditeurs, vos réactions au 01 45 24 7000 ou sur l'application de France Inter. Bonjour Thomas Ménager. Bonjour, merci de votre invitation. Bienvenue, beaucoup de questions à vous poser, notamment sur une forme de suspense. En tout cas, on imagine que c'est une question qui se pose au sein de vos rangs.

Il y a eu quelques paroles légèrement contradictoires, voire complètement opposées, celles de Sébastien Chenu et celles de Jordan Bardella, à propos du vote de la prochaine motion de censure, celle qui a été déposée par le Parti Socialiste et qui devrait donc être soumise au vote des députés la semaine prochaine. Vous la voterez ?

0:46
Thomas Ménagé

Non, nous ne la voterons pas parce que le Parti Socialiste l'a déposée pour une seule et unique raison, revenir et contester les propos de bon sens, même s'ils sont insuffisants du Premier ministre. qui a parlé d'un sentiment de submersion migratoire. En fait, cette censure, elle est symbolique de la gauche qui, contrairement aux gauches européennes, ailleurs, on voit au Danemark, a pris conscience que l'immigration était un problème, qu'il fallait arrêter de mettre la poussière sous le tapis et vraiment agir. On voit que la gauche continue à fermer les yeux sur l'immigration et veut censurer le gouvernement sur cette base. Il y aura peut-être d'autres occasions de censurer le gouvernement.

Nous, on ne se l'interdit pas dans les prochains mois, dans les prochaines semaines, si ça permet de protéger les Français pour bloquer un texte ou parce qu'il y a un élément, un propos qui est contraire, tellement contraire à ce que l'on porte qu'il faudra censurer ce gouvernement, mais l'heure n'est pas venue.

1:31
Présentateur

Il y a quelque chose d'assez curieux quand on vous entend, puisque cette expression de sentiment de submersion migratoire, elle a suscité beaucoup de débats dans l'espace public et en politique. Et pourtant, il y a une enquête sociale européenne qui vient d'être menée par des universitaires dans 31 pays européens. Et cette étude indique que 70% des Français sont favorables à l'accueil d'étrangers dans notre pays et qu'on est bien loin du sentiment de submersion migratoire évoqué par le Premier ministre François Bayrou.

Est-ce que du coup, le concept de sentiment accolé à celui de submersion migratoire, ça relève de la communication, de la communication politique, puisqu'on est loin des réalités statistiques ?

2:15
Thomas Ménagé

Vous savez, je pense que la France a une tradition d'accueil et personne en France dit qu'on arrêtera tout totalement. Il y aura toujours, bien entendu, des étudiants. Il y aura toujours des personnes qui demanderont réellement si elles peuvent avoir l'asile parce que si vous êtes persécuté dans votre pays pour des questions religieuses, sexuelles, politiques, il y aura aujourd'hui de l'accueil.

2:35
Invité

Et on a besoin de mandat dans certains secteurs.

2:37
Thomas Ménagé

Mais aujourd'hui, rien n'est contrôlé. C'est-à-dire qu'en fait, on a des personnes qui sont sur notre sol, qui ne sont pas expulsées. La plupart des OQTF ne sont pas expulsées. Il y a de plus en plus de monde qui arrive sur notre sol alors que là, on regarde...

2:51
Invité

100 000 immigrés de plus par an sur 5 ans, ça s'appelle une submersion.

2:54
Thomas Ménagé

Ah ben ça s'appelle aujourd'hui quand les services publics sont submergés, que l'hôpital est submergé, quand 25% des places de prison sont occupées par des étrangers alors qu'ils représentent 8% de la population. Quand nous avons aujourd'hui des difficultés dans un grand nombre de domaines, qu'il n'y a pas assez de logements dans notre pays, oui, nous ne sommes plus en capacité d'accueillir plus de monde. Et surtout, ce qui est très gênant aujourd'hui dans notre politique migratoire, c'est qu'on ne contrôle pas qui vient, pourquoi faire, et qu'on n'expulse pas ceux qui n'ont rien à faire sur notre sol. Donc oui, il y a une submersion progressive... Mais 100 000, c'est une goutte d'eau !

Mais ce n'est pas une goutte d'eau quand vous accumulez. Et puis en plus, ça, bien entendu, il y a la question des immigrés qui sont des immigrés légaux, et il y a la question des immigrés illégaux. On sait qu'aujourd'hui en France, il y a entre 600 000 et 900 000 clandestins, personnes en situation irrégulière déjà sur notre sol. Et aujourd'hui, il y a aussi la nécessité d'assimiler, de donner un emploi, de donner un logement à ceux qui sont en situation régulière sur notre sol. Et on n'a pas la capacité, aujourd'hui, au vu de la situation, je vous le dis, dans le domaine du logement, de l'hôpital, en matière sécuritaire, pour accueillir plus de monde en France.

4:01
Présentateur

Alors, parlons précisément, puisque vous ne voulez pas admettre les résultats de cette enquête internationale, mais c'est quoi le seuil ? A partir de quel moment y a-t-il un sentiment de submersion, ou une submersion réelle ?

4:14
Thomas Ménagé

Monsieur Badou, moi, cette enquête internationale, c'est une chose. Moi, je vois ce que les Français attendent. 7 Français sur 10 attendent un référendum sur l'immigration. Une très large majorité sur toutes les enquêtes d'opinion. Mais toutes les enquêtes d'opinion, je ne vais pas vous inonder de chiffres, mais toutes les enquêtes d'opinion montrent que les Français. C'est une des préoccupations majeures, la question de l'immigration. Et les Français considèrent... Enquête sociale européenne menée dans 31 pays. Voilà, cette enquête sociale européenne, je ne sais même pas par qui elle a été payée. Par des universitaires. Je ne la connais pas, vous me la donnez, je l'étudierai après.

Mais les universitaires, il y a la réalité du terrain, il y a la réalité aussi des résultats électoraux. Quand une grande majorité de Français font confiance au Rassemblement National, qui depuis des années dit qu'il y a une submersion migratoire, les résultats des Européens...

4:54
Présentateur

Une grande majorité de Français ?

4:56
Thomas Ménagé

Les résultats des Européennes voient quand même qu'on est le premier parti de France.

4:59
Présentateur

Mais ce n'est pas la majorité, et à l'Assemblée Nationale non plus...

5:03
Thomas Ménagé

On est le premier groupe, M. Badou, vous voulez qu'on parle de chiffres ? On est le premier groupe à l'Assemblée Nationale. On est aujourd'hui le premier parti en France. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont les personnalités, souvent les deux, trois premières personnalités préférées des Français. Donc aujourd'hui, il y a quand même un signal très clair. Les Français attendent de la fermeté en matière migratoire. Et ils attendent, dans tous les cas, ils sont tous d'accord sur ça, de pouvoir s'exprimer. C'est la raison pour laquelle on souhaite un référendum. Et comme ça, vous savez, entre votre étude et mes chiffres, les Français trancheront.

Et ça, ce sera la démocratie et la souveraineté populaire qui parlera.

5:35
Invité

Alors la réalité, c'est qu'il y a des migrations, qu'il y a 100 000 personnes qui arrivent par an. Après, libre à vous d'appeler ça submersion ou non. Et puis il y a les solutions que vous proposez. Par exemple, la question du droit du sol. Alors aujourd'hui, on a Manuel Valls, qui est ministre des Outre-mer, qui dit que remettre en question le droit du sol en France, ça serait une fracture historique. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?

5:56
Thomas Ménagé

Non, je ne le pense pas. Il y a tout un tas de pays dans le monde qui ont un droit de l'affiliation et pas un droit du sol. On voit aujourd'hui qu'il y a progressivement, je vous l'ai dit, des chiffres et une volonté des Français d'avoir de la fermeture en matière. On le voit ce qui se passe, bien entendu à Mayotte, qui est en fait un effet loupe, une situation qui est aggravée de ce qu'on peut connaître. Aujourd'hui, nous, nous considérons depuis des années que être Français, ça s'hérite par vos parents où ça se mérite en faisant la demande. On supprime le droit du sol. Le droit de l'affiliation, bien entendu.

Mais c'est ce qui existe en Italie, c'est ce qui existe dans tous les pays quasiment africains, c'est ce qui existe en Asie.

6:30
Invité

Mais aujourd'hui, en France, il n'est pas absolu le droit du sol, vous le savez quand même, il faut avoir un parent qui est français.

6:35
Thomas Ménagé

Bien sûr, mais aujourd'hui, il n'est pas suffisamment encadré. Alors on a des étapes pour l'encadrer, mais je vous dis qu'aujourd'hui, on aura la possibilité d'acquérir encore la nationalité en la demandant. Donc il y aura cette possibilité, mais ça ne sera pas automatique ou aussi facile que ça l'est. Ça ne l'est pas non plus ? Mais je vous dis, ça ne sera pas aussi facile ou automatique ou aussi simple avec des critères aussi larges.

6:54
Invité

Il faut résider depuis au moins 5 ans et avoir un parent né en France.

6:57
Thomas Ménagé

Bien entendu, mais je vous dis, en Italie, dans d'autres pays, c'est le droit de l'affiliation, ce que vous appelez le droit du sang, le droit de l'affiliation. Et après, il faut vraiment prouver, justifier que vous avez l'amour de la France, la volonté de devenir français et d'obtenir cette nationalité. On ne peut pas brader la nationalité française. Il n'y a rien de scandaleux à cela.

7:15
Invité

Vous savez combien de personnes ça concerne ?

7:17
Thomas Ménagé

Mais ça concerne, bien entendu, un certain nombre de personnes dans notre pays, mais peu importe le nombre. 32 000 ? Mais 32 000 par an.

7:23
Invité

500 maorais ?

7:24
Thomas Ménagé

Non, c'est beaucoup plus. Dans tous les cas, ces chiffres, je les conteste. Mais ce que je peux vous dire, Madame Lourd... C'est l'INSEE, c'est ça de l'INSEE. Ce que je peux vous dire, Madame Lourd, c'est une multitude de problématiques, à la fois le regroupement familial, des pompes aspirantes telles que l'aide médicale d'État, l'absence d'expulsion de délinquants étrangers, l'obtention assez simple de la nationalité qui sont parfois, sur certains éléments, symboliques. Mais le symbole a son importance. En France, on n'obtient pas la nationalité aussi facilement que l'on obtient aujourd'hui.

7:51
Présentateur

Il y a de nombreuses questions, Thomas Ménager, sur l'Europe et sur la politique américaine et la visite du vice-président J.D. Vance à Munich. On va filer au standard. Bonjour Aurélien. Oui, bonjour. Bienvenue sur France Inter. Vous avez une question pour Thomas Ménager.

8:10
Invité

Oui, vous appartenez à un groupe qui est affilié au Rassemblement national qui tient régulièrement des discours climato-sceptiques. Vous tenez vous-même des discours régulièrement climato-sceptiques. Vous remettez en cause les rapports du GIEC. Vous les relativisez. Je voulais savoir sur quels fondements scientifiques vous vous appuyez pour remettre en cause des rapports du GIEC et tenir ses propos climato-sceptiques.

8:37
Présentateur

Merci Aurélien pour votre question-réponse, Thomas Ménager.

8:39
Thomas Ménagé

Alors c'est la quatrième fois en un an que vous m'invitez. C'est le quatrième auditeur identique qui me pose la même question. Je suis très heureux de cette question qui va me permettre pour la quatrième fois de réexpliquer que... La pédagogie, c'est la répétition, Thomas Ménager. Bien entendu, c'est très important les questions environnementales. Et j'avais expliqué à multiples reprises que je ne remettais en aucun cas en cause les rapports du GIEC qui sont issus d'un consensus scientifique.

Que le politique doit bien entendu écouter les rapports du GIEC et trouver le timing le plus adapté pour permettre bien entendu la protection de l'environnement, la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre tout en bien entendu protégeant les populations et notamment les populations les plus fragiles et d'éviter aussi d'aller vers une écologie punitive qui parfois produit des effets contraires à ce que l'on peut espérer pour notre planète.

9:28
Présentateur

Bonjour Gérard et bienvenue sur Inter. Vous nous appelez du Val d'Oise.

9:32
Auditeur

Oui, bonjour. Aujourd'hui, chacun peut constater que M. Trump, allié à M. Musk, mène une politique anti-européenne et anti-française, clairement avec les positions qu'ils prennent. J'aimerais savoir... En voyant, en entendant Marine Le Pen reprendre un certain slogan de M. Trump, j'aimerais savoir, j'aimerais que vous nous expliquiez si vous êtes anti-français ou pas finalement.

10:00
Présentateur

Merci Gérard pour votre question. En tout cas, qu'est-ce que le RN pense de la politique de Donald Trump ?

10:05
Thomas Ménagé

Vous savez, nous on n'a pas soutenu Donald Trump pendant cette élection, on n'a pas pris parti, on est français, on n'est pas américain. On constate bien entendu que la politique de Donald Trump va nous faire énormément de mal, c'est la raison pour laquelle on considère que les Américains sont des Américains, défendent les intérêts des Américains, donc ce ne sont ni des adversaires, ni des alliés, et qu'on ne reprend pas à notre compte. Les Etats-Unis ne sont pas les alliés de la France ? Non mais, ce sont Donald Trump. Historiquement, bien entendu, les Etats-Unis sont des alliés de la France, mais je veux dire, Donald Trump n'est pas notre allié, on n'a pas d'alliance, on n'a pas de...

On n'a pas d'alliance ? Mais nous, Rassemblement National, Marine Le Pen n'est pas alliée, n'est pas un soutien de Donald Trump. C'est ça ce que je vous dis, M. Badou.

Ce qui est certain, c'est que Donald Trump doit juste nous donner l'occasion de prendre conscience parce qu'on n'aura pas d'autre choix de sortir d'une forme de naïveté en France et en Europe en matière économique parce que quand on va avoir d'un côté la Chine, de l'autre côté les Etats-Unis qui protègent leur économie, qui défendent leur économie, qui subventionnent leur économie en protégeant leur emploi, leur industrie, leur énergie, eh bien en Europe, on ne pourra pas laisser tout ouvert comme avant et avoir une absence de protection, de barrière douanière parce que sinon, ça va être la mort de notre économie, notre agriculture, ça ouvre tous les débats autour des accords de libre-échange aussi.

Et donc, toutes ces questions vont nous obliger, Européens et Français, à sortir de la naïveté.

11:18
Invité

Et l'Europe a déjà dit d'ailleurs qu'elle allait répliquer sur les droits de douane. Les Etats-Unis, il y a beaucoup d'autres questions à ce sujet-là. Vous dites que les républicains de Donald Trump ne sont pas nos alliés, pas les alliés du RN. Et en même temps, votre président, Jordan Bardella, dit qu'il faudrait s'inspirer du ministère de l'efficacité gouvernementale d'Elon Musk pour appliquer en France des réductions d'effectifs dans les administrations, etc. On ne comprend pas très bien comment ça, ça peut advenir sans réduire le nombre de fonctionnaires, ce qu'il ne dit pas, sans non plus réduire les services publics, tout simplement. Enfin, c'est très compliqué.

11:56
Thomas Ménagé

Vous n'avez pas besoin d'être allié pour, parfois, dans un certain nombre de pays, même ses adversaires politiques peuvent avoir des bonnes idées et donc il peut y avoir certaines solutions qui existent dans d'autres pays.

12:06
Invité

Licencié des fonctionnaires, par exemple ?

12:08
Thomas Ménagé

Alors, aujourd'hui, on se rend bien compte, notamment avec les 1 200 agences de l'État, les opérateurs qu'il y a, et maintenant c'est plus contesté, à la fois au Sénat, les rapports de la Cour des comptes montrent que l'on peut rationaliser, mais pas supprimer. Nous, nous sommes opposés des fonctionnaires, nous sommes opposés aux suppressions de fonctionnaires qui sont au contact de la population, dans les services publics, sur le terrain, notamment les professeurs, les infirmières, les policiers, tous ceux qui font vivre notre pays. Mais parlons des agences, les agences de l'État en l'occurrence.

Au niveau national, il y a un certain nombre d'agences qui coûtent très cher, avec un certain nombre de personnes, de fonctionnaires.

12:41
Présentateur

Alors, un exemple, Thomas Ménager, un exemple, aux États-Unis, par exemple, c'est USAID, qui a pour vocation d'aider les pays en voie de développement, qui a été très durement touchée par ses plans d'économie. En France, par exemple, l'agence française de développement, devrait-elle aussi être, comment dire, soumise au rabot ?

13:00
Thomas Ménagé

Alors, aujourd'hui, nous, ce que nous pensons en matière d'être public au développement, c'est qu'il faut continuer, parce qu'il y a un certain nombre de pays, si, et on revient au sujet de l'immigration, on n'aide pas, on ne soutient pas, notamment les pays africains, au développement, à l'électrification, il y aura des flux massifs migratoires. Donc, bien entendu, il faut le faire. Mais il faut le faire en conditionnant l'aide publique au développement. Parce que quand on donne 100 millions d'euros, notamment à l'Algérie chaque année, qui refuse de prendre ses ressortissants, en donnant les laissés-passer, en reprenant ses ressortissants, qui sont parfois des délinquants étrangers.

Quand on donne, par exemple, aussi à d'autres pays, la Chine, qui reçoit une centaine de millions d'euros aussi chaque année, alors que le développement de la Chine est sans commune mesure avec celui, aujourd'hui, de la France et de l'Europe, il y a une contradiction. Donc, bien entendu, non, ça ne fait pas partie. Ça pourrait être des coups de rappeaux ciblés, et surtout, d'y assortir des conditions. On est d'un pays, il faut que ça soit dans les deux sens, gagnant-gagnant, et aujourd'hui, c'est gagnant pour le pays, et parfois perdant pour la France, pour la sécurité des Français.

13:53
Invité

Du coup, en fait, on ne voit pas où vous voulez trouver les économies. Parce que ce qui coûte cher en France, c'est la protection sociale et c'est la masse salariale de la fonction publique. Vous dites, on ne licencie pas les fonctionnaires, donc qu'est-ce qu'on fait ? On touche à la protection sociale ? Il y a moins de, je ne sais pas, de droits à la sécurité sociale, par exemple ?

14:07
Thomas Ménagé

Je vous dis, il y a des économies dans les agences, notamment, ou dans les publics.

14:10
Invité

Mais ça ne suffit pas, c'est peanuts par rapport...

14:12
Thomas Ménagé

Vous savez, au moment du budget, on avait un contre-budget global qui montrait toutes les économies qu'on pouvait faire. On parle de...

14:19
Invité

630 millions d'euros.

14:20
Thomas Ménagé

Non, non, bien plus. Rien que sur les agences, on était à 3 milliards, Madame Lourd. Sur les agences, ou en fusionnant un certain nombre d'agences, en supprimant, par exemple, les ARS, en supprimant le Conseil économique...

14:31
Invité

Les agences régionales de santé ?

14:32
Thomas Ménagé

Oui. Mais ça existait avant, c'est-à-dire, en fait, on reviendrait à la situation antérieure, c'est le préfet, le préfet, l'autorité de l'État dans le département, et non des agences, avec, bien entendu, à chaque fois, des supports, des services supplémentaires. On recentralise sur un certain nombre de sujets au niveau du département, au niveau du préfet. Ce n'est pas de supprimer les compétences. C'est de faire en sorte que des personnes qui, par le passé, tenaient certaines compétences.

On supprime, par exemple, le Conseil économique, social et environnemental, parce qu'aujourd'hui, il y a déjà deux chambres dans notre pays qui sont en plus élus pour faire ce travail, et qu'aujourd'hui, de créer des structures multiples, ça coûte beaucoup d'argent. Sur un certain nombre, on en fusionne. On réduit aussi certains, parce qu'on sait très bien que certaines agences sont là pour recaser. Il suffit de regarder qui est à la tête d'un certain nombre d'agences, des anciens députés, des anciens ministres, payés 10 000 balles avec voiture. Et aujourd'hui, c'est totalement à l'inverse de ce qu'il faut faire.

On ne peut pas demander toujours aux Français, à ceux qui bossent, qui se lèvent tôt, aux classes populaires, aux classes moyennes, des efforts. C'est à tout le monde de faire des efforts, et on peut bien entendu rationaliser dans un certain nombre de structures. Je ne vous dis pas de supprimer les compétences, de faire en sorte qu'on ait un pays qui soit totalement anarchique, où il n'y aurait plus d'organisation, plus de structure, plus d'interlocuteurs, mais de rationaliser tout cela.

15:47
Présentateur

Question de politique internationale. Il y a évidemment l'Ukraine, dont le sort est suspendu aux négociations entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Est-ce que l'idée, par exemple, des États-Unis d'acter les nouvelles frontières et les territoires conquis par la Russie depuis 2014, et puis depuis 2024, au cours de cette guerre d'invasion, par exemple, la Crimée, est-ce qu'elle doit rester ukrainienne ou est-ce qu'elle doit être russe ? Ça, c'était le débat qu'il y a eu par le passé.

16:15
Thomas Ménagé

Et si vous me posez la question, vous savez la position qu'on avait prise sur la question de la Crimée à l'époque. Aujourd'hui...

16:20
Présentateur

Oui, Thierry Mariani, par exemple, qui siège dans vos rangs, est radicalement opposé à l'idée que la Crimée soit ukrainienne.

16:26
Thomas Ménagé

Votre position, la Crimée, ukrainienne ou pas ? Globalement, M. Badou, nous, ce que l'on souhaite entre l'Ukraine et la Russie, c'est qu'il y ait un accord. Donc que ça ne se fera pas sans les Ukrainiens. Si M. Zelensky n'est pas d'accord, il n'y aura pas de guerre. Si vous forcez, peu importe le sujet, peu importe les frontières, peu importe où vous allez, si vous... Les frontières comptent énormément dans une guerre d'invasion. Non, mais ce que je veux vous dire, c'est que s'il y a un des deux protagonistes, d'un côté la Russie, de l'autre côté l'Ukraine, qui n'est pas d'accord, la guerre va se reproduire et ne sera que reportée. Donc il ne faut pas que les États-Unis forcent un accord.

Il faut qu'il y ait une conférence internationale pour la paix. D'accord. Que la France soit, bien entendu, autour de la table. Il y avait eu pour la Crimée, vous savez très bien, un référendum à l'époque, etc. On ne va pas y revenir. Si on veillait par Thierry Bélanier.

17:07
Présentateur

Non, mais c'est la question qui est posée aujourd'hui en l'occurrence, est-ce que la Crimée est ukrainienne ou pas ? Mais aujourd'hui, ça sera... Il y a le droit international. Il y a le droit international en la matière, il y avait eu un référendum. Qui reconnaît donc que la Crimée est ukrainienne.

17:18
Thomas Ménagé

Voilà, ce que je veux vous dire, c'est que là, en fait, on s'en fiche du passé. Aujourd'hui, s'il faut, c'est que... Ah, mais c'est une question brûlante d'actualité. Non, mais peu importe ce que l'on décidera, M. Badou. Si M. Zelensky ou M. Poutine sont en désaccord et qu'ils ne trouvent pas un accord, la CAIR va se reproduire pour la Crimée ou pour toute autre zone. C'est peu importe, entre guillemets, l'opinion que M. Trump peut avoir...

17:40
Présentateur

Ce n'est pas une question d'opinion, c'est une question de droit international. Le Donbass, il est ukrainien ou il est russe ?

17:45
Thomas Ménagé

Mais le Donbass, il est ukrainien. On le sait. Enfin, je veux dire, il n'y a pas de doute là-dessus, il n'y a pas de question. Mais les frontières précises qui devront être dessinées devront être issues d'un accord entre les deux protagonistes parce que sinon, la guerre va éclater, il y aura des morts à nouveau. Donc, je veux dire, peu importe ce qu'on dit dans notre petit studio aujourd'hui et limite mon opinion personnelle, la question, c'est qu'il faut qu'il y ait une issue diplomatique, pacifique et que à la fois les Russes et les Ukrainiens soient d'accord pour éviter qu'il y ait encore des morts et qu'il y ait de nouveau une guerre.

18:15
Présentateur

C'est malgré tout important d'entendre les représentants du peuple français, ceux qui votent la loi et qui donc définissent le droit de savoir ce qu'ils pensent d'une situation géopolitique et d'une guerre qui se déroule en Europe. Je suis d'accord. Autre question sur l'Europe. Donc, le vice-président américain, Jay Divan, c'était à Munich et où il a prononcé un discours qui a fait beaucoup de bruit, notamment au cours de ses attaques sur la liberté d'expression en Europe.

Est-ce que vous partagez cette inquiétude que lui exprimait, bon, il le formulait de manière extrêmement dure et violente, la liberté d'expression, elle est menacée, elle est entravée en Europe, selon vous, Thomas Ménager ?

18:51
Thomas Ménagé

Alors, sur la question du discours de M. Vence, il y a deux choses, il y a le fond et la forme. Sur la forme, moi, je ne suis jamais fan que des Américains, des puissances étrangères... Non, mais sur le fond, la liberté d'expression... Je vais y aller très vite. ...viennent donner des leçons aux Européens. Ils ont leur domaine et leurs problématiques à régler et il n'y a pas un Américain de venir donner des leçons aux Français et aux Européens. Après, sur le fond, on peut constater qu'il y a un certain nombre de dérives aujourd'hui en Europe et notamment en France.

Quand il y a la gauche et l'extrême-gauche qui arrivent à obtenir d'une manière quand même assez étonnante la fermeture d'une chaîne comme C8, qui est la première de la TNT, quand il y a des syndicats de gauche et d'extrême-gauche, ils ont mené... C'est le gendarme de l'audiovisuel. Ils ont mené... Oui, enfin, au moment, il y a aussi le peuple. Les Français étaient une grande majorité à apprécier cette chaîne. C'était la première de la TNT. Il y en a qui ne voient personne et on les maintient.

Pareil, quand la gauche et l'extrême-gauche réussissaient à obtenir la censure de la copagne de pub dans les gares pour le livre de Jordan Bardella, on se rend bien compte qu'il y a une censure à géométrie variable et avec certaines personnes qui considèrent que dès lors qu'on n'est pas d'accord avec eux, on ne doit pas avoir voix au chapitre. On est très loin de la position... On est très loin de la position de Voltaire qui disait que je pense qu'il devrait être celle que l'on défend tous, qui est, je ne suis pas d'accord avec vous, et je peux vous le dire à vous aussi sur France Inter, mais je me battrai jusqu'à la mort pour vous puissiez...

20:12
Présentateur

Donc il faut supprimer la loi Guesso, par exemple ?

20:14
Thomas Ménagé

Comment ? Il faut supprimer la loi Guesso ? Non, ça c'est autre chose. La liberté d'expression n'est pas inconditionnelle en France. Il y a la loi qui est là et le juge qui est là pour faire respecter cette loi. Donc on ne peut pas tout dire. Bien entendu, il y a des propos qui ne peuvent être dits, qui sont des propos qui sont contraires à la loi, qui sont antisémites, qui sont racistes et qui doivent donner lieu, un, à bien entendu, une condamnation du juge.

20:34
Invité

Et très très rapidement, parce qu'on arrive à la fin, J.D. Vence, le vice-président des Etats-Unis, il a dit aussi qu'il fallait arrêter en Allemagne le cordon sanitaire avec l'AFD, le parti d'extrême droite allemande. Vous êtes d'accord avec lui ?

20:45
Thomas Ménagé

Alors vous savez, ça dépend de ce qu'il veut dire. Nous, nous avons rompu avec l'AFD...

20:48
Invité

Donc à ce stade, aucun parti de gouvernement n'est prêt à gouverner avec eux ?

20:51
Thomas Ménagé

Nous, nous avons rompu avec l'AFD, nous avons refusé d'être dans le même groupe...

20:54
Invité

Parce qu'ils avaient dit que les SS n'étaient pas automatiquement des criminels.

20:57
Thomas Ménagé

Voilà, pour ces raisons, ce n'est absolument pas nos valeurs. Même si on peut avoir des désaccords avec nos alliés européens, il y a certaines limites qui ne peuvent être franchies. Et bien entendu, l'AFD tient des propos dans ses membres, des personnes qui ne sont pas fréquentables, qui ne peuvent pas donner lieu à un travail en commun aujourd'hui.

21:12
Présentateur

Merci Thomas Ménager d'avoir été l'invité du grand entretien de France Inter ce dimanche matin. À suivre, la revue de presse.