faut-il interdire les manifestations au nom de la sécurité ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous surprend, Geoffroy Didier ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Thomas Porte, pour vous, il dramatise, il va trop loin ?
- 5:16RelanceRéponse directe
Comment réagissez-vous à ces accusations d'être tolérants vis-à-vis de la violence d'ultra-gauche ?
- 7:54OuverteRéponse directe
Geoffroy Didier, couvre-feu, interdiction de manifester, transport public à l'arrêt à Marseille, c'est un état d'urgence qui ne dit pas son nom ?
- 9:50OuverteRéponse directe
Vous répondez, Thomas Porte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18PrésentateurFait
« Emmanuel Macron qui interdit des manifestations sur tout le territoire si elles ne sont pas organisées par des syndicats. »
- 0:38PrésentateurFait
« À Marseille, où les transports publics seront suspendus et où il y aura un couvre-feu qui s'appliquera à tous à partir de 23h. »
- 1:00InvitéFait
« J'ai toujours fait la différence entre ceux qui ont des revendications, que je les juge légitimes ou pas, et qui manifestent, et qui ont le droit à le manifester, et puis ceux qui profitent des manifestations, les professionnels de la violence ou les pillards. »
- 1:28InvitéFait
« qu'il y a eu un défaut de commandement samedi dernier de la part de la police, qu'il n'y avait pas suffisamment de policiers sur le terrain. »
- 3:48PrésentateurChiffre
« ils avaient dit 45 000 personnes à Paris ou dans le pays, on en avait 500 000 selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs. »
- 4:07InvitéFait
« il y a un cri de désespoir et d'exaspération de tous les commerçants qu'il faut entendre. »
- 5:55PrésentateurFait
« Jean-Luc Mélenchon cette semaine dire « Pourquoi ? À quoi ça sert ? » »
- 6:03PrésentateurFait
« Est-ce que vous condamnez le fait qu'une jeune fille ait perdu une main parce qu'elle a eu une grenade de désencerclement jetée au visage ? »
- 6:25PrésentateurChiffre
« un cinquième des Français était déjà à découvert au milieu du mois parce qu'il n'avait pas assez d'argent au regard du coût de la vie. »
- 9:52InvitéFait
« j'assume le terme de sauvagerie policière. »
- 9:55InvitéFait
« Saint-Étienne, une main arrachée avec une grenade. »
- 9:57InvitéFait
« Mulhouse, 17 ans, un oeil en moins avec un tir de LBD. »
Temps de parole
- Présentateur40 %
- Invité30 %
- Présentateur 224 %
- ?4 %
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La recommandation générale, c'est qu
'il
n
'y ait
pas de manifestation dans les jours à venir. Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut,
on
interdira.
Voilà, c'est
Emmanuel Macron qui interdit des manifestations sur tout le territoire si elles ne sont pas organisées par des syndicats. C'est sa réponse à la menace de déferlement de milliers de casseurs dans les centres-villes comme samedi dernier. À Lyon, ce sont toutes les manifestations qui seront interdites, comme à Marseille, où les transports publics seront suspendus et où il y aura un couvre-feu qui s'appliquera à tous à partir de 23h. Est-ce que ça va trop loin ? On en débat dans les grands esprits, ce rencontre avec nos invités Geoffroy Didier, vice-président des Républicains, bonsoir. Bonsoir. Et Thomas Porte, député LFI de Seine-Saint-Denis, bonsoir. Bonsoir.
D'abord, cette annonce d'Emmanuel Macron, c'est quelque chose d'inédit, de très radical. Est-ce que ça vous surprend, Geoffroy Didier ?
J'ai toujours fait la différence entre ceux qui ont des revendications, que je les juge légitimes ou pas, et qui manifestent, et qui ont le droit à le manifester, et puis ceux qui profitent des manifestations, les professionnels de la violence ou les pillards,
et
qui n'ont rien à voir avec les revendications sociales. Et donc, dans un monde idéal, je voudrais que les premiers puissent manifester sereinement et que le second soit empêché de nuire. Et là, il est vrai
qu
'il
y a
une confusion qui s'est opérée, qu'il y
a
eu un défaut de commandement samedi dernier de la part de la police, qu'il n'y avait pas suffisamment de policiers sur le terrain, et qu'aujourd'hui, l'État, malheureusement, a du mal à sécuriser les commerces, et donc est contraint d'interdire les manifestations. Je trouve ça regrettable, mais je fais aussi confiance, par définition, aux institutions, en me disant que s'ils l'ont fait très provisoirement, c'est qu'ils ont peut-être aussi des renseignements qui leur permettent de dire que la sécurité ne sera pas assurée pour les manifestants.
Oui, parce qu'il y avait une réunion à l'Élysée ce matin, avec tous les responsables du renseignement, et c'est à l'issue de cette réunion qu'Emmanuel Macron a fait cette annonce. Thomas Porte, pour vous, il dramatise, il va trop loin ? Je crois qu'on bascule dans un autre monde. Vous avez cité la ville de Marseille, mais plus largement, c'est les Bouches-du-Rhône. L'intégralité du département où on ne peut pas manifester, on parle quand même de la deuxième ville de France. Pas de transport, couvre-feu, couvre-feu y compris pour les majeurs, je crois, s'il
y a
2h30 du matin, si j'ai bien compris. La mobilisation qui se passe depuis plusieurs semaines, c'est une mobilisation qui a des revendications politiques, ça a été rappelé, y compris le chef de l'État lui-même a dit qu
'elles
sont légitimes, qu'on les partage ou pas. Si vous voulez sortir de la crise dans laquelle on est, c'est des réponses politiques, c'est pas à restreigner le droit de manifester. Je rappelle quand même que dans ce pays, le droit de manifester, c'est une liberté, c'est un droit fondamental, et c'est à l'État de garantir l'exercice de la manifestation. Et qui est le président pour dire qui est légitime ou pas pour déposer une manifestation
? Si
demain la Ligue des Droits de l'Homme, qui n'est pas un syndicat, dépose une manifestation, on va lui dire vous n'êtes pas légitime. De quel droit ? Le président s'arroge l'autorité de dire vous êtes légitime, vous oui, vous non. Non,
mais là, il
n
'y a
pas urgence pour protéger les commerçants. On voit les 3000 commerces qui ont été touchés, ça pourrait aller plus loin, est-ce qu'il n
'y a
pas une urgence ? Mais évidemment qu'il faut protéger les commerces et éviter qu'ils soient cassés et pillés. Je pense que personne, dans aucune formation politique, ne partage cette idée-là. Simplement, il y a aussi la question de quel schéma du maintien de l'ordre ? Comment on crée les conditions ? D'un côté qu'on puisse manifester de manière pacifique, calme, de poser les revendications, et de l'autre, d'assurer la sécurité des biens et des personnes. Et c'est aussi ce que fait Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est la faillite de 10 ans de macronisme, c'est l'échec d'un schéma du maintien de l'ordre qui, le week-end dernier, vous évoquiez tout à l'heure certaines informations.
Si les informations d'Emmanuel Macron pour interdire les manifestations partout dans le pays sont aussi fiables que celles de la semaine dernière où ils avaient dit 45 000 personnes à Paris ou dans le pays, on en avait 500 000 selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs, laissez-moi vous dire que tout cela n'est pas très sérieux. Sauf que maintenant, on
n
'a pas seulement les informations, les dérenseignements, on a des faits qui ont eu lieu le week-end dernier et sur lesquels on peut s'appuyer.
Oui,
et il y a un cri de désespoir et d'exaspération de tous les commerçants qu'il faut entendre. Je suis allé à leur chevet hier au nom de la région Île-de-France et j'ai constaté à quel point ils avaient été traumatisés physiquement, psychologiquement, économiquement et que certains m'ont dit, on s'arme. Ils s'arment. Et donc la seule manière de faire en sorte que ces commerçants ne s'arment pas et qu
'on
n'arrive pas à un drame, il y
a
une confrontation et un chaos, c'est une fermeté républicaine sur les sanctions à l'égard des pilleurs et c'est peut-être aussi très provisoirement quelques interdictions, même si encore une fois je suis favorable au droit de manifester par principe. Vous savez, quand l'eau bout trop fort, parfois il faut ne serait-ce que provisoirement enlever la casserole du feu. C'est peut-être aussi ça que fait le gouvernement.
Je ne suis pas à l'adepte du gouvernement, mais j'essaie de faire en sorte de trouver le juste équilibre entre le droit de manifester et puis la nécessaire sécurité de tous les commerçants et de tous les parisiens comme de tous les Marseillais et de tous les habitants de Montpellier, par exemple.
Emmanuel Macron a également nommé la menace et pointé l'ultra-gauche qui voudrait faire tomber la République. Ça va extrêmement loin. Il parle d'actes sédicieux. LFI est proche des groupes d'ultra-gauche et n'a pas condamné leur violence. Il le rappelle. Comment réagissez-vous à ces accusations d'être tolérants vis-à-vis de la violence d 'ultra-gauche
?
Il
y a plusieurs groupes, groupuscules dont on a vu
aussi les
drapes-gauches. Ils ne sont
pas proches de
la France insoumise parce
que, contrairement à ce que vous avez le sentiment sur ce plateau, les groupes d'ultra-gauche, ils considèrent que parce que nous, on participe au jeu démocratique et on veut gagner les élections et on fait partie de la vie démocratique presque, pour eux, on n'est pas assez à gauche. Et ils nous critiquent là-dessus. Donc, ce
n
'est pas nous qui sommes proches de l'ultra-gauche. Pour ces gens-là, on représente quelque chose presque qu'ils détestent parce
qu'on est dans le jeu républicain.
Mais nous, on a condamné toutes les formes de violence. Je n'ai aucun souci avec ça.
On a
entendu Jean-Luc Mélenchon cette semaine dire « Pourquoi ? À quoi ça sert ? » Quand on l
'a
dit « Est-ce que vous voulez condamner les violences qui ont eu lieu ce samedi ? » Mais est-ce que vous condamnez le fait qu'une jeune fille ait perdu une main parce qu'elle a eu une grenade de désencerclement jetée au visage ? Est-ce que vous condamnez le fait qu'un jeune manifestant ait perdu un oeil parce qu'il a été éborgné ? Et encore une fois, il y a des revendications profondes dans ce pays qui s'expriment au travers des lycéennes et des étudiants depuis plusieurs semaines. Il y
a
des gens qui sont mobilisés, y compris ce week-end, sur la question du prix de l'essence et de la vie qui est très chère aujourd'hui. Un article a révélé qu'un cinquième des Français était déjà à découvert au milieu du mois parce qu'il n'avait pas assez d'argent au regard du coût de la vie. S'il n
'y
a pas de réponse et la seule réponse du gouvernement c'est « J'interdis les manifs, je mets des couvre-feux, j'arrête les transports », vous pensez très sincèrement que dans le département des Bouches-du-Rhône, Marseille, deuxième ville de France, où il y avait des milliers de personnes dans la rue, le week-end dernier y compris, des milliers de personnes pacifiquement qui manifestaient, vous pensez qu'ils vont arrêter de se mobiliser parce que la seule réponse du gouvernement c'est de dire « Restez chez vous et on verra plus tard ». Tout cela n'est pas sérieux. Emmanuel Macron doit donner des réponses politiques.
Il y avait une manifestation aujourd'hui qui avait été interdite et qui finalement a été autorisée par la justice, celle d'étudiants de la demande d'Interfac. Vous pensez que les autres, les gilets jaunes, Interfac, doivent également se retourner vers la justice pour faire autoriser les rassemblements qui sont pris
le samedi ?
Je ne donne pas de consignes à ces organisations et d'ailleurs, si vous regardez dans le détail, la France Insoumise n'a pas déposé de manifestation. Nous, on a simplement appelé à manifester une fois que les organisations lycéennes, étudiantes et syndicales avaient appelé à manifester.
Mais
il y a un
état de
droit dans ce pays et par expérience, j'ai fait un certain nombre de manifestations, vous le savez, en général, quand il y a un arrêté d'interdiction qui est pris, il est très souvent cassé parce que les motifs ne sont pas valables et heureusement que dans ce pays, on peut faire des recours au tribunal administratif pour contester une interdiction. Mais ce qui s'est passé cet après-midi, le recours a été cassé, donc la manifestation a été autorisée et la préfecture n'a pas respecté puisqu'elle a organisé une nasse et elle a empêché le cortège de se déplacer. Ce qui n'est pas la décision qui avait été prise par le tribunal administratif.
Geoffroy Didier, couvre-feu, interdiction de manifester, transport public à l'arrêt à Marseille, c'est un état d'urgence qui ne dit pas son nom
? Je
crois qu'il faut l'état d'urgence et que l'état d'urgence que nous appelons de neveu avec Bruno Retailleau permettrait des perquisitions administratives, des assignations en résidence et même de bloquer très provisoirement certains réseaux sociaux lorsqu'ils sont les véhicules de l'incitation à la haine ou à la casse.
Le
blocage des réseaux sociaux, c'est encore un stade... Oui,
ça a été fait en Nouvelle
-Calédonie dans le cadre de
l'état d'urgence en 2024. Ça a été d'ailleurs,
je crois,
ensuite
retoqué. Tout à
fait.
Et ça se fait, c'est vrai, dans des pays comme l'Iran,
la Chine...
Non
mais
ne caricaturons pas
ma proposition. C'est un petit parfum quand même
de
dictature.
Je dis bien que dans certaines situations, on est quand même face à une crise sécuritaire aiguë.
On
est face à quelques réseaux sociaux qui sont des véhicules d'incitation à la casse, qui sont des véhicules d'information. Allez-y, faites vos courses de Noël. Donc moi, je ne dis pas que je suis un censeur et que
je
suis là pour bloquer les réseaux sociaux. Pas du tout. Je dis juste que dans certains moments très critiques à certaines heures, quand on voit que c'est là que ça se passe, peut-être faut-il agir. Et tout m'importe, je pense aussi que malheureusement, LFI, je le dis malheureusement parce que moi, je crois aux forces des structures partisanes. LFI est ambiguë avec la violence et qu'en fait, c'est une stratégie politique et que votre stratégie est celle du chaos, de l'affrontement. Quand le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, dit la violence peut
-être une victime...
Vous savez qui est fou, il a expliqué là-dessus. Écoutez, il y aura un fact-checking par RTL.fr. Lorsque votre guide suprême, Jean-Luc Mélenchon, parle d'attaquer la citadelle, je pense que malheureusement, lorsque vous-même, vous parlez de sauvagerie policière, comme si l'institution de la police était raciste, ce que je conteste formellement, je pense que malheureusement, par vos déclarations, alors que vous êtes un prescripteur d'opinion, vous êtes un élu de la nation, eh bien, vous attisez les choses qui ne méritent pas d'être attisées ce soir.
Vous répondez, Thomas Porte
?
Oui, j'assume le terme de sauvagerie policière et je peux vous faire la liste. Saint-Étienne, une main arrachée avec une grenade, Mulhouse, 17 ans, un oeil en moins avec un tir de LBD, Toulouse, une touriste britannique qui passait là le week-end, mollet, arraché par une grenade, on a vu des dizaines et des dizaines d'images et de vidéos qui circulent.
Et aussi des
policiers blessés en
masse.
Mais ça, vous n'en parlez jamais. Mais ça,
c
'est la réalité aujourd
'hui. Vous
parlez de tout si on parle de... La réalité aujourd'hui, c'est qu'il y a des violences policières dans ce pays. Et encore une fois, personne chez nous n'appelle à la violence. Ça a été rappelé, Jean-Luc Mélenchon a dit à dix reprises depuis le début de la mobilisation lycéenne qu'il voulait des mobilisations pacifiques. Je l'ai redit moi-même sur mes réseaux tout à l'heure où j'appelle effectivement à des mobilisations massives, déterminées et pacifiques. Mais on est sur une crise politique. Je ne voudrais pas qu'on oublie quand même le départ de la mobilisation qui sont des revendications pour avoir plus d'enseignants, plus de moyens supprimés par
consul. C'est un autre
sujet que la violence.
C'est ce qui a
conduit à ce qui se passe aujourd'hui. Parce que si le gouvernement...
Le
moment du 17 octobre, c'est un appel qui était
antérieur.
Si le gouvernement avait apporté des réponses politiques, on n'aurait pas ce climat de tension dans le pays. Merci beaucoup à tous les deux d'être venus débattre. À l'instant, on apprend qu'il
y a
un couvre-feu dans certains secteurs de Paris toutes les nuits jusqu'à lundi matin. Ce que vient d'annoncer la préfecture de police de Paris. Merci beaucoup. Dans un instant,
on
retrouve Florian Gazon pour la Story RTL.
Tous les
jours, toute la journée,
c
'est RTL.