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interviewRMC — Face à Face· 5 décembre 2022 21 min

Face à Face : Gabriel Attal - 05/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Gabriel Attal Vous êtes le ministre délégué chargé des comptes publics, autrement dit ministre du budget On va évidemment parler sous avec vous, notamment de ce quoi qu'il en coûte qui était terminé Et puis comme le Covid revient, je vais vous demander si le quoi qu'il en coûte pourrait revenir aussi Mais d'abord, pas de panique, on va tenir l'hiver, voilà ce que nous dit Emmanuel Macron Moi j'ai hyper envie de me dire pas de panique, on va passer l'hiver Mais en vrai, est-ce que vous êtes rassuré ?

0:37
Gabriel Attal

Si on est capables tous de faire les efforts nécessaires, que ce soit les entreprises, l'État, les collectivités locales Et chacune et chacun d'entre nous, il n'y a pas de raison qu'on ne traverse pas l'hiver dans les meilleures conditions possibles Maintenant il faut se préparer à tous les scénarios, c'est ce qu'on a fait, ça a été abondamment commenté Mes collègues du gouvernement se sont exprimés sur le sujet Et oui, il y a une responsabilité collective, vous savez qu'on a donné des outils aux entreprises Que par ailleurs, nous l'État, on a mis en place aussi un plan de sobriété Pour agir et limiter, réduire au maximum notre consommation On travaille aussi évidemment avec EDF pour que nos réacteurs nucléaires puissent repartir le plus rapidement possible Ceux qui sont encore en maintenance

1:15
Présentateur

Il y a encore 20 réacteurs sur les 56 réacteurs nucléaires qui sont à l'arrière

1:20
Gabriel Attal

Je crois que c'est 12 de moins qu'en août dernier, donc on voit bien qu'il y a eu un progrès

1:23
Présentateur

Mais c'est aussi des réacteurs en moins par rapport à ce que vous aviez prévu On est en retard sur la feuille de route

1:29
Gabriel Attal

C'est pour ça que la feuille de route du nouveau président directeur général d'EDF, Luc Rémont C'est évidemment de faire en sorte et de tout faire pour qu'on puisse redémarrer aussi rapidement que possible

1:37
Présentateur

Mais ce qui me frappe quand même, Gabriel Attal, c'est que quand je vous demande Est-ce qu'on va passer l'hiver, oui, pas de panique Vous dites tout de suite, oui, si on est capables tous de faire des efforts Je trouve que c'est presque une forme de chantage C'est-à-dire qu'il y a un côté, bon bah faites des efforts, sinon on vous coûte le courant

1:50
Gabriel Attal

Non, c'est pas ça Pauline de Malherbe, c'est qu'on a une réalité Qui est que l'hiver, il y a une demande très forte d'électricité Que plus la température est froide, plus il y a une demande qui est forte Qu'il y a des tensions qui sont pour partie liées au contexte géopolitique et à la guerre en Ukraine Pour d'autres liées à des réacteurs qui sont en maintenance Et que ça implique effectivement qu'on fasse tous une part d'effort

2:09
Présentateur

Il y aura donc, après tous anti-Covid, EcoWatt C'est la nouvelle application qu'il faut télécharger pour avoir la météo de l'énergie C'est-à-dire savoir si on va manquer ou pas, si on est en tension ou pas Vous l'avez téléchargé, vous ?

2:22
Gabriel Attal

Je l'ai téléchargé, j'appelle ceux qui nous regardent à le faire Je crois qu'hier soir on était à 700 000 téléchargements Donc il faut que ça continue Effectivement, ça permet de savoir sur les deux ou trois prochains jours Comment on prévoit la consommation d'électricité et la disponibilité d'électricité Ça donne aussi des idées, de gestes pour réduire sa consommation C'est important de la télécharger

2:42
Présentateur

Il y a un embargo sur le pétrole russe qui entre en vigueur officiellement Du point de vue de l'Union Européenne Tous ensemble se sont mis d'accord Alors oui, on ne va plus acheter du pétrole russe Mais on continue à acheter de l'uranium russe C'est ce qu'on a découvert, c'est Greenpeace qui l'a révélé La France qui a reçu ce mardi une livraison d'uranium en provenance de la Russie Ça, ça ne nous dérange pas par contre

3:02
Gabriel Attal

On fait tout pour diversifier nos approvisionnements sur tous les sujets énergétiques Et c'est vrai qu'il y a eu encore en Europe Certaines importations énergétiques russes Ça a été le cas sur le gaz C'est encore pour un temps court le cas sur le pétrole C'est peut-être le cas sur d'autres Mais ce qu'on cherche justement C'est à diversifier nos sources d'énergie Regardez sur le gaz La part de gaz russe dans les importations européennes A sensiblement diminué ces derniers mois Précisément parce qu'on cherche des alternatives Ça met un peu de temps parfois Et c'est ça la direction qu'on prend Mais ça va dans le bon sens, pour vous c'est clair ?

Oui bien sûr, l'objectif c'est de dépendre moins Et de ne plus dépendre de la Russie Pour nous approvisionner en matière d'énergie Et c'est aussi pour ça, Apolline de Malherbe Que chez nous, on relance massivement le nucléaire Qu'on veut développer massivement les énergies renouvelables Il y a un texte qui démarre aujourd'hui À l'Assemblée nationale On veut moins dépendre des autres Et plus dépendre de nous-mêmes Pour nous déplacer, pour nous chauffer Pour travailler, pour se défendre, pour s'informer Le projet du Président de la République C'est un projet de souveraineté, d'indépendance En France et en Europe Ça veut dire qu'on investit pour dépendre moins des autres

4:02
Présentateur

Mais justement, il y a un point Que je trouve quand même très paradoxal C'est que vous, qui tenez les cordons de la bourse Vous avez mis en place des boucliers tarifaires Donc ça veut dire que c'est de l'argent de l'État Qui va compenser pour tenter de faire baisser la facture des Français Même si vous allez un tout petit peu alléger ce bouclier Et on va payer un peu plus concrètement à partir de janvier Mais c'est notamment dû au fait que Les prix de l'électricité en France Sont indexés, comme on dit, sur les prix du gaz Et ça, c'est un phénomène européen Et ça fait six mois que vous demandez à l'Europe De découpler le prix de l'électricité et du gaz Pour que tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent comprennent bien Ça veut dire qu'on paye plus cher l'électricité en France Qu'on ne la produit Parce qu'il y a ce phénomène où notre prix de l'électricité C'est un mécanisme européen Est indexé sur les prix du gaz Le 30 août dernier, Bruno Le Maire, le ministre de l'économie A dit qu'il y a une urgence absolue A découpler le prix de l'électricité Et du prix du gaz L'Espagnol et le Portugal ont été autorisés à le faire Il y a eu une réunion des ministres de l'énergie Dès le 9 septembre Il y en a eu une autre le 30 septembre Il y en a eu une autre le 21 octobre Et on n'a toujours pas découplé les prix de l'électricité et du gaz

5:13
Gabriel Attal

Celle qui est importante, c'est celle du 21 octobre Parce qu'il y a une forme d'accord de principe pour y travailler Mais c'est vrai, Apolline de Malherme Qu'au niveau européen, vous le savez, on doit prendre des décisions à 27 Et que parfois, sur certains sujets, ça prend plus de temps que sur d'autres Parce que quand vous avez un, deux, trois pays qui bloquent Et bien vous ne pouvez pas avancer C'est vrai que les Espagnols et les Portugais ont eu une forme de dérogation Parce qu'ils ne sont pas dans la même situation que nous Ils ne sont pas interconnectés comme on l'est C'est une péninsule ibérique Mais ça fait partie des sujets sur lesquels on continue à travailler Dans l'attente, qu'est-ce qu'on fait ?

D'abord, on fait tout pour faire baisser le prix du gaz Puisque vous avez raison Une partie du prix de l'électricité est calculée sur le prix du gaz Donc plus vous faites baisser le prix du gaz au niveau européen

5:51
Présentateur

C'est absurde Quand on regarde, j'ai refait hier tout ce déroulé Je me dis quand même, en août, on a notre ministre de l'économie Qui dit que c'est une urgence absolue Et on est donc trois, quatre mois après Et on n'a toujours rien

6:06
Gabriel Attal

Un, le constat sur le fait qu'il faut réformer le marché européen de l'énergie On l'a fait et c'est ce qu'on pousse Deux, oui, sur ce sujet-là, ça ne va pas assez vite à notre sens

6:15
Présentateur

Mais est-ce qu'à un moment, il ne faut pas aller vers la désobéissance ? C'est-à-dire qu'est-ce qu'il ne faut pas à un moment dire Attendez, on ne va pas attendre l'été, le problème il est pendant l'hiver On est déjà en décembre

6:23
Gabriel Attal

Vous avez certains qui disent, à ce moment-là, sortons du marché européen de l'énergie Comme ça, on sort des règles qui, effectivement, parfois peuvent paraître absurdes Mais si on fait ça, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est-à-dire qu'on ne peut plus importer d'énergie de nos voisins européens ?

On a bien vu tout à l'heure dans la discussion qu'on a Qu'on n'en produit pas suffisamment aujourd'hui Et donc ça voudrait dire qu'on se retrouverait avec un blackout si on faisait ça Donc nous, on doit rester dans le marché européen de l'énergie Quitte à payer plus cher notre électricité Il faut le faire évoluer, il faut le faire évoluer, c'est ce à quoi on travaille On a vu sur d'autres sujets au niveau européen Que ça semblait au départ impossible Et qu'on avait réussi à avancer rapidement Sur la question du Covid et des vaccins Sur la question du plan de relance On a obtenu un accord au niveau européen

7:00
Présentateur

Pour s'endetter en janvier, en février

7:02
Gabriel Attal

Je suis totalement d'accord avec vous, Apolline de Malherbe Et encore une fois, la réunion du Conseil des ministres européens de l'énergie Qui s'est tenue le 21 octobre Pour moi a constitué une forme d'avancée en la matière On va évidemment continuer à se battre sur le sujet

7:14
Présentateur

La France qui bosse, c'est votre nouvelle priorité Gabriel Attal On est passé d'ailleurs du quoi qu'il en coûte Au combien ça coûte Aussi parce que vous voulez que les aides soient mieux ciblées Notamment pour ceux qui travaillent et qui ne s'en sortent pas Je voudrais qu'on revienne sur la question du dispositif gros rouleur Parce que sur les prix du carburant La ristourne, elle a déjà été allégée Elle va disparaître au 1er janvier Au profit d'un dispositif qu'on appelle gros rouleur Ça va marcher comment ?

7:38
Gabriel Attal

D'abord, vous avez raison On doit soutenir davantage les Français qui travaillent Et notamment quand on parle de carburant Les Français qui travaillent et qui utilisent leur voiture pour aller travailler On doit cibler davantage nos aides La ristourne de carburant, ça a coûté 8 milliards d'euros sur l'année 2022 C'est l'équivalent du budget du ministère de la Justice sur une année On ne peut pas se payer une ristourne à vie Et donc on doit cibler davantage nos dispositifs Le choix qu'on fait, c'est de les cibler sur ceux qui travaillent Et donc le premier critère pour bénéficier de l'indemnité gros rouleur Je l'appelle gros bosseur Parce que ce sera de travailler Vous devrez déclarer des revenus d'activité pour bénéficier de cette indemnité carburant

8:14
Présentateur

Ça veut dire que vous pouvez nous affirmer ce matin Que si je prends ma voiture tous les jours pour aller travailler Je bénéficierai du dispositif gros rouleur

8:23
Gabriel Attal

Il y aura ensuite des conditions de revenus pour une de malherbe Et notamment notre objectif, c'est de toucher les travailleurs modestes C'est-à-dire ceux qui travaillent et qui ont les moins gros salaires Et la classe moyenne

8:33
Présentateur

Donc il va y avoir à nouveau un effet de seuil Et il va y avoir à nouveau ce sentiment de frustration Chez ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC

8:40
Gabriel Attal

C'est toujours le risque quand vous avez des seuils de revenus En l'occurrence, on cherche, c'est les paramètres qu'on est en train de définir A couvrir le plus possible la classe moyenne notamment qui travaille Et ce sera quoi le dispositif, ce sera le plafond ? Je pense que dans les prochains jours, en tout cas d'ici les fêtes On aura l'occasion d'avancer

8:57
Présentateur

Vous voulez quoi, vous Gabriel Attal ?

8:58
Gabriel Attal

Moi ce que je vous dis, c'est que je souhaite Un, que les Français qui travaillent en bénéficient Et deux, que les classes moyennes en bénéficient

9:03
Présentateur

Donc les classes moyennes, ça veut dire quand même assez nettement au-dessus du SMIC Vous n'allez pas bloquer le SMIC ?

9:07
Gabriel Attal

Oui, c'est au-dessus du SMIC les classes moyennes Aujourd'hui, je crois que le revenu médian est autour de 2000 euros Donc il faut qu'on arrive à aller aussi moins possible pour accompagner les classes moyennes Le seul, ça pourrait être 2000 euros ?

Je ne suis pas là en train de vous faire une annonce Encore une fois, il y a des arbitrages qui seront rendus par la Première Ministre et le Président de la République Et moi, mon souhait, c'est qu'on accompagne davantage les classes moyennes Qui travaillent et qui ont du mal à boucler leur fin de mois Et qui parfois, je le dis, ont le sentiment de travailler pour les autres De travailler pour des gens qui ne travaillent pas De produire de la richesse en travaillant Ce qui permet de protéger les Français face à l'augmentation des prix, par exemple Mais d'être moins accompagné que d'autres

9:40
Présentateur

Vous avez l'impression qu'il y a deux Frances ?

9:41
Gabriel Attal

Je ne dirais pas ça comme ça Parfois, on peut se dire qu'il y a deux rapports au travail Il y a des Français qui se lèvent tous les matins

9:47
Présentateur

C'est quoi ? C'est la France qui bosse ? C'est la France des allocs ? Pour caricaturer, évidemment ?

9:49
Gabriel Attal

Non, justement, je ne suis pas dans la caricature Je ne suis pas dans le mépris, la stigmatisation Ce que je sais, c'est qu'il y a des millions de Français qui se lèvent tous les matins Qui vont travailler, qui prennent leur voiture Qui voient l'augmentation des prix Qui voient qu'il y a des aides qui sont mises en place Parfois, elles ne les concernent pas Et qui ont parfois le sentiment d'être un peu oubliées Et qui se disent, parfois, finalement, ça va finir par coûter plus cher d'aller bosser Que de rester chez soi

10:08
Présentateur

Évidemment, je les entends

10:09
Gabriel Attal

Et c'est pour ça qu'on met en place des dispositifs dans le budget Pour les accompagner spécifiquement En neutralisant l'effet de l'inflation sur l'impôt sur le revenu Ce qui va permettre à ceux qui travaillent de ne pas voir leur impôt sur le revenu augmenter En augmentant la valeur du ticket restant

10:21
Présentateur

Pardon, Gabriel Attal, mais c'est marrant Parce que régulièrement, vous nous dites, ah bah oui, j'ai fait un truc pour le revenu C'est pas un truc, c'est 6 milliards d'euros, Pauline Nolère Mais c'est automatique

10:28
Gabriel Attal

Non, c'est pas automatique Chaque année, vous décidez, vous votez si oui ou non

10:31
Présentateur

Il y a eu une année où ça n'a pas été fait Plusieurs années

10:33
Gabriel Attal

Et quand vous avez un tel niveau d'inflation Légitimement, vous posez la question de savoir si vous le faites Ça coûte 6 milliards d'euros Si on ne prenait pas cette mesure

10:40
Présentateur

Enfin, ça coûte 6 milliards d'euros C'est-à-dire qu'en fait, à partir du moment où il y a l'inflation, en effet Si vous n'indexez pas, c'est pas à vous

10:47
Gabriel Attal

Si on ne prenait pas cette mesure, les Français paieraient 6 milliards d'euros d'impôt de plus On a supprimé la contribution à l'audiovisuel public, la redevance télé Ça, c'est les classes moyennes 138 euros qu'elles auraient dû payer On prend une mesure importante par ailleurs dans le budget pour 2023

11:03
Présentateur

Oui, mais on a l'impression à chaque fois que c'est des vastes communicants Il y a eu l'histoire de la taxabilisation et de la taxe riche Je termine avec la dernière mesure

11:09
Gabriel Attal

On augmente le plafond pour le crédit d'impôt sur la garde d'enfants Vous avez beaucoup de Français de classe moyenne qui travaillent Qui doivent faire garder leurs enfants Ça coûte de l'argent, une crèche, une assistante maternelle Aujourd'hui, le crédit d'impôt, il est plafonné à 2300 euros de dépenses pour la garde d'enfants On l'augmente de 50%, ça veut dire que ça va être 3500 euros le plafond en 2023 Ça, c'est une mesure pour les classes moyennes qui travaillent Donc vous voyez, on cherche systématiquement des mesures qui permettent d'accompagner nos concitoyens Qui bossent, qui se lèvent tôt le matin Qui créent de la richesse et qui nous permettent ensuite, grâce à la richesse qui est créée De prendre des mesures pour protéger les Français

11:40
Présentateur

Alors certains prennent leur voiture, d'autres prennent les transports pour se déplacer La RATP, il manque 450 millions d'euros à Valérie Pécresse Pour boucler le budget d'Ile-de-France Mobilité Est-ce que vous allez lui donner ces sous ?

11:52
Gabriel Attal

Il y a effectivement un besoin de financement pour Ile-de-France Mobilité Moi je rappelle que les transports, c'est une compétence régionale C'est pas une compétence de l'État Moi ce que je dis à Valérie Pécresse C'est que les franciliens ne sont pas un tiroir caisse Sur lesquels on peut pomper en augmentant indéfiniment le passe Navigo Et l'État non plus n'est pas un tiroir caisse Et parfois je trouve qu'il y a une forme de paradoxe Quand on a passé toute une campagne présidentielle A expliquer que l'État dépense trop Que l'État crame la caisse Et systématiquement aller demander à l'État d'être garant Quand on a des difficultés Il y a une forme de paradoxe Donc moi ce que je dis Le problème c'est que soit c'est vous qui payez, soit c'est les usagers

12:27
Présentateur

C'est-à-dire que soit vous mettez les 450 millions Soit elle va augmenter le prix du passe Navigo

12:30
Gabriel Attal

Ce que je dis c'est qu'on va continuer à travailler avec elle C'est un dossier qui est suivi à très haut niveau Par la première ministre, par les ministres concernés On va continuer avec elle pour trouver des solutions Pour l'aider, il faut qu'elle nous aide à l'aider En regardant les autres possibilités qui existent Pour le financement

12:46
Présentateur

La SNCF, donc là il y avait la RTP Il y a la SNCF qui crée un mouvement hors de contrôle Qui pourrait gâcher les fêtes de Noël C'est aussi sur des questions de salaire Et les salaires c'est vous ?

12:56
Gabriel Attal

Il y a eu des revalorisations salariales à la SNCF Il y a toujours des discussions qui ont lieu Simplement ce que je dis c'est que Dans le contexte qu'on a connu dans notre pays Depuis maintenant deux ou trois ans Vu les inquiétudes qui sont celles des Français Je pense que les Français ils ont besoin de se retrouver en famille Pour passer les fêtes Et donc j'espère sincèrement Qu'il y aura une responsabilité de la part des organisations syndicales Pour permettre aux Français de se retrouver en famille pour les fêtes

13:17
Présentateur

On a un peu l'impression quand même que les transports Ça coûte plus cher et ça marche moins bien Que l'électricité ça coûte plus cher Et ça marche moins bien

13:24
Gabriel Attal

C'est compliqué quand même Il y a un moment de crise évidemment Il y a eu plusieurs crises d'ailleurs Et vous avez des opérateurs qui ont des difficultés Notamment parce qu'ils ont été mis à l'arrêt Pendant la crise sanitaire Je pense notamment à Ile-de-France Mobilité Aux transports franciliens Et pendant la crise sanitaire Qu'est-ce qu'il a fait l'État ?

Deux milliards d'euros d'accompagnement Pour les transports en commun en Ile-de-France Donc vous voyez qu'on est au rendez-vous On cherche à aider les Français le mieux possible Et on le fait Et ça c'est mon rôle de le dire en tant que ministre du budget Dans un environnement budgétaire qui est contraint On ne peut pas tout se permettre Parce que la réalité c'est qu'il y a eu une parenthèse Qui était celle de l'emprunt gratuit

13:59
Présentateur

Je reprends par exemple cet exemple de la RATP Vous nous l'avez dit vous-même Vous avez mis 8 milliards d'euros pour les aides au carburant Et vous n'allez pas mettre les 450 millions pour la RATP ?

14:09
Gabriel Attal

Ce que je vous ai dit c'est qu'on continue à travailler Avec Ile-de-France Mobilité Et par ailleurs c'est des sujets qui sont différents Encore une fois les transports c'est une compétence des régions Ce n'est pas une compétence de l'État Il y a eu un moment de crise pendant la crise Covid La crise sanitaire L'État était au rendez-vous pour les accompagner 2 milliards d'euros d'accompagnement financier

14:26
Présentateur

Est-ce que vous vous dites si le Covid est de retour S'il y a cette crise de l'énergie Est-ce que vous allez rouvrir le quoi qu'il en coûte ?

14:32
Gabriel Attal

Non, on ne repartira pas dans le quoi qu'il en coûte Mais par ailleurs je vais vous dire sur le Covid On peut quand même espérer qu'on ne se retrouvera pas dans des situations Telles que celles qu'on a connues au plus fort de la crise Quand vous aviez des hôpitaux submergés D'abord parce que les Français aujourd'hui Savent beaucoup mieux comment se protéger vis-à-vis de ce virus Ensuite parce qu'on a la chance d'avoir de la vaccination Évidemment, moi j'appelle les Français qui sont éligibles Qui sont les plus fragiles A faire leur rappel vaccinal Mon collègue François Braune était sur votre antenne hier Et il a rappelé solennellement Que c'était important d'aller se faire vacciner Et le masque ?

Et le masque, on voit bien les situations dans lesquelles il faut le porter Notamment quand vous êtes dans les transports Mais pas d'obligation Ça fait près de 3 ans qu'on vit avec cette épidémie Moi, ma conviction, c'est que les Français Ils savent à peu près maintenant quelles sont les situations Dans lesquelles il faut porter le masque On nous a beaucoup dit à une époque, vous vous souvenez On mettait des obligations Vous infantilisez les Français On est assez grand pour savoir quand est-ce qu'il faut mettre le masque Donc les Français sont assez grands pour savoir aujourd'hui Et ils n'étaient pas il y a 2 ans Mais pourquoi ?

Je pense que ça fait 3 ans qu'on vit avec cette épidémie Que les Français, ils savent les moments qui sont les plus à risque Effectivement, quand on est dans un métro où il y a beaucoup de monde Quand on est dans un train où il y a beaucoup de monde C'est bien de mettre le max

15:36
Présentateur

Et où il y a d'autant plus de monde Qu'effectivement, il y a moins de métro et moins de trains On y revient Un mot aussi sur la lutte contre les fraudes Parce que ça aussi, c'est dans votre portefeuille Vous êtes aussi le ministre des douanes Et vous allez lancer aujourd'hui un grand plan de lutte contre les fraudes Au tabac, ça va marcher comment ?

15:53
Gabriel Attal

On fait un constat C'est que la vente et le trafic de tabac de contrebande Explosent dans notre pays Si je vous donne quelques chiffres Il y a 5 ans, il y avait un peu plus de 200 tonnes de tabac Qui étaient saisies en France L'an dernier, on était à 400 Et cette année, on sera probablement au double C'est-à-dire à 800 tonnes On est déjà à 600 tonnes en 10 mois Parce que la réalité, c'est qu'un certain nombre de réseaux mafieux Se sont reportés sur le trafic de tabac Plutôt que sur le trafic de stupéfiants Il y a une explosion C'est très mauvais pour notre pays D'abord, c'est mauvais parce que ça finance de la criminalité C'est mauvais ensuite, Apolline de Malherbe Parce que c'est une perte fiscale pour l'État 3 milliards d'euros Et c'est mauvais parce que ça déstabilise le réseau des buralistes Et on a besoin de nos buralistes dans notre pays Pour la cohésion des territoires Pour le lien social dans les territoires

16:41
Présentateur

Mais ça veut dire aussi, Gabriel Attal, que vous considérez désormais Qu'il faut lutter contre le trafic de tabac Avec la même énergie, la même vigueur Que contre le trafic de drogue

16:50
Gabriel Attal

Oui, parce que le trafic de tabac n'a plus rien à envier En termes de méthode et de volume Au trafic de stupéfiants Vous savez ce qui s'est passé cette année ? Pour la première fois dans notre histoire On a démantelé sur le sol français Des usines clandestines de tabac Trois usines clandestines de tabac En région Île-de-France et dans le Nord Qui produisaient entre 1 et 2 millions de cigarettes de contrefaçon Chaque jour On les a démantelées On a parfois des conteneurs qui arrivent Avec 10 tonnes de tabac de contrebande

17:14
Présentateur

Et il y aura des sanctions qui seront similaires Pour le trafic de tabac Que pour le trafic de drogue ?

17:18
Gabriel Attal

On se prend plusieurs mesures D'abord on investit massivement Dans les moyens de contrôle On va tripler le nombre de scanners mobiles Pour scanner les conteneurs qui arrivent Dans nos ports, dans nos aéroports On met en place des scanners dans les centres de tripostaux Parce qu'on a aujourd'hui du trafic qui se fait En petite quantité dans des colis Mais en grand nombre Donc on va pouvoir scanner tous les colis Pour identifier ceux qui contiennent du tabac Donc renforcement des moyens techniques Ensuite effectivement renforcement des sanctions Il faut alourdir les sanctions Pour ceux qui sont à la tête de réseaux Qui organisent de l'importation et de la contrebande de tabac Par exemple aujourd'hui pour ces faits-là Vous avez une peine de prison qui est d'un an de prison On va la passer à 3 ans de prison Et à 10 ans en cas de bande organisée On veut aussi lutter contre un phénomène Qui empoisonne la vie de beaucoup de quartiers dans notre pays C'est la vente à la sauvette Vous avez des Français

18:01
Présentateur

On a des quartiers, le quartier de la Duchère à Lyon Qui sont carrément gangrénés par ce trafic

18:05
Gabriel Attal

Absolument Et vous avez des Français qui sortent du métro Dans certains endroits à Paris ou ailleurs Et qui sont complètement harcelés par des vendeurs à la sauvette Ça a un impact aussi sur les commerçants de ces quartiers Donc on veut travailler davantage avec la gendarmerie et la police On l'a testé à Lyon, ça marche très bien Et faire des opérations coup de poing Des descentes douanières Pour aller harceler ces vendeurs à la sauvette Je veux également que les vendeurs à la sauvette Quand il s'agit d'étrangers Qui sont condamnés pour ça Se voient recevoir la peine d'interdiction du territoire français Une peine complémentaire d'interdiction du territoire français

18:36
Présentateur

Parce qu'en fait on a l'impression qu'on donne des peines d'interdiction du territoire Ou d'obligation de quitter le territoire

18:40
Gabriel Attal

Aujourd'hui cette peine elle existe quand vous avez du trafic de stupéfiants Je veux que ça soit aussi le cas pour le trafic de tabac

18:44
Présentateur

Mais c'est pas juste théorique ?

18:46
Gabriel Attal

Non je crois pas Vous savez qu'on a une loi qui va arriver sur l'immigration On a par ailleurs une loi qui est en train de discuter au Parlement Sur le ministère de l'Intérieur qui permet de renforcer nos sanctions Et d'être plus efficace

18:54
Présentateur

Un mot sur l'hôpital de Versailles Qui est visé par une cyberattaque C'est-à-dire qu'au moment où on se parle Ils ont plusieurs malades qui ont dû être transportés dans d'autres hôpitaux Dont des nourrissons Il n'y aura vraisemblablement pas d'urgence à Noël Est-ce que vous avez un peu des nouvelles de cette manière Dont les hôpitaux, dont les services publics sont aujourd'hui la cible La cible de hackers Et notamment probablement comme une nouvelle forme de guerre

19:20
Gabriel Attal

Oui, on voit que c'est une menace qui pèse sur des institutions publiques C'est le cas des hôpitaux Ça a été le cas je crois d'un conseil départemental il n'y a pas si longtemps C'est aussi le cas d'entreprises françaises Des PME, des entreprises de taille intermédiaire Souvent c'est crapuleux C'est-à-dire que c'est des demandes de rançon Contre la restitution des données Mais vous avez raison

19:38
Présentateur

Mais là visiblement à l'hôpital de Versailles C'est même pas vraiment crapuleux

19:41
Gabriel Attal

Vous avez raison, il peut y avoir aussi des ingérences étrangères Il y a des enquêtes pour ça, pour le mesurer On a considérablement renforcé, je le vois en tant que ministre du budget Les moyens de l'ANSI Qui est l'agence nationale de la sécurité des systèmes d'information Pour mieux équiper en cyberdéfense Nos institutions publiques Qui sont des institutions vitales Mon collègue ministre du numérique Jean-Noël Barraud Était sur place hier Avec le ministre de la Santé Avec le ministre de la Santé Évidemment on va accompagner très fortement l'hôpital de Versailles Et continuer à agir pour renforcer la cybersécurité De toutes nos institutions publiques Parce qu'on voit que les risques ont évolué Et c'est vrai qu'on voit que quand on parle de guerre par exemple A distance, il y a la possibilité de neutraliser des institutions publiques Qui sont cruciales pour la protection des Français C'est pour ça qu'on doit continuer à renforcer notre protection

20:25
Présentateur

Gabriel Attal, le ministre délégué des Comptes Publics Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin Et vous nous annoncez donc qu'il y aura bien un dispositif gros rouleur Que vous appelez les gros bosseurs Il est 8h53 sur RLC BFM TV

Face à Face : Gabriel Attal - 05/12 — Gabriel Attal · Pourquijevote