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Discours / meetingLutte ouvrière· 16 septembre 2026 81 minAutoproduitFond programmatiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

Débat avec Nathalie Arthaud, candidate communiste révolutionnaire à l'élection présidentielle 2027

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 39 %Attaque 53 %Défensif 8 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:46Invité politiqueChiffre
    « Musk, par exemple, a dépassé les mille milliards de dollars »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « On va bientôt arriver à 2,30 euros, 2,50 euros le litre de gazole. Ça, c'est du racket, en fait. »
  • 6:21Invité politiqueFait
    « Exxon, quand il a lancé l'exploitation pétrolière, ils ont fait bosser des experts, des scientifiques, etc. sur la chose. Et les mecs, ils l'ont fait sérieusement. Dans les années 70... 1970, un autre siècle. Et ils ont expliqué que ça allait conduire à la couche d'ozone, que ça allait faire le réchauffement climatique. Ils le savaient ! »
  • 7:06Invité politiqueFait
    « La guerre en Ukraine, elle a bientôt 5 ans. Et 5 ans si on ne compte pas les affrontements qu'il y avait dans le Donbass depuis 2014 »
  • 35:08Invité politiqueChiffre
    « La France, le budget de l'État, pour qu'il fonctionne, pour qu'il paye les fonctionnaires, etc., il faut en gros qu'ils empruntent un milliard par jour sur les marchés financiers. »
  • 1:02:14Invité politiqueFait
    « On essaierait de faire rentrer cette colère et cette révolte dans les entreprises. Parce que si on veut vraiment défendre nos intérêts, il faut qu'on vise juste... Il faut qu'on vise juste. »
  • 1:02:56Invité politiqueFait
    « Ils veulent enlever les cotisations et puis on les paiera autrement, en fait. On va se payer notre propre augmentation de salaire. Super ! »
  • 1:03:56Invité politiqueFait
    « En fait, ce que tu poses, c'est l'émiettement effectivement de la classe ouvrière, cette cascade de sous-traitants, toutes ces boîtes qui se découpent en tranches, etc. »
  • 1:04:41Invité politiqueFait
    « Ils inventent toute une hiérarchie, tu vois, pour diviser. Donc... De toute façon, c'est ce que je disais tout à l'heure, semer la division, ils en ont un besoin absolu. »
  • 1:05:22Invité politiqueFait
    « Marx, il en parle dès 1845, 1848. Il parle y compris du racisme contre les Irlandais en Angleterre. »
  • 1:06:51Invité politiqueFait
    « Et puis, oui, sur Mélenchon, tu dis « Bon, moi, je voterai Mélenchon, mais avec au cœur, dans mon cœur, les idées révolutionnaires, en gros. » »
  • 1:07:29Invité politiqueFait
    « Et c'est là-dessus que je veux vraiment discuter parce que moi, je pense... Que croire comme ça en un sauveur suprême, Mélenchon ou un autre, c'est vraiment, vraiment une illusion. »
  • 1:09:39Invité politiqueFait
    « Et puis, oui, sur Mélenchon, tu dis « Bon, moi, je voterai Mélenchon, mais avec au cœur, dans mon cœur, les idées révolutionnaires, en gros. » »
  • 1:10:22Invité politiqueFait
    « S'il y a des bons à rien, s'il y a des jean-foutre, s'il y a des assistés, c'est eux. S'il y a des mecs, s'il y a des parasites, c'est eux. »
  • 1:11:07Invité politiqueFait
    « L'escapade, ça ne dure pas. Ils te rappellent, la réalité revient. Et finalement, tu réalises que l'essentiel de ta vie, elle ne t'appartient pas. Elle appartient à ton patron, en fait. »
  • 1:11:51Invité politiqueFait
    « Et même la fille qui a inventé, vous savez, l'ARN qui a été utilisée pour le vaccin contre le Covid, elle a eu un mal pas possible toute sa vie pour avoir les financements, et il a fallu qu'elle se batte pour ça, la fille. »
  • 1:12:35Invité politiqueFait
    « On est les indispensables. On est les essentiels. Eh bien, ça doit être nos intérêts d'abord. Nos intérêts d'abord. »
  • 1:13:20Invité politiqueFait
    « C'était des AESH, il y avait des égoutiers, il y avait des ouvriers, il y avait des gardiens d'immeubles, il y avait des surveillants, c'était l'ensemble du monde du travail. »
  • 1:14:44Invité politiqueFait
    « Je le redis, s'il y a vraiment une montée du fascisme ne croyez pas que ce sera un bout de papier qui va vous en protéger »
  • 1:15:42Invité politiqueFait
    « L'armée française, elle a combien de crimes contre l'humanité, sur la conscience, au Rwanda, en Afrique, en Indochine, en Algérie, au Cameroun ? Combien ? »

Temps de parole

  • Nathalie Arthaud100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Nathalie Arthaud

Je suppose que vous me connaissez. Je suis candidate à l'élection présidentielle une nouvelle fois. Avant moi, il y avait Arlette Laguiller parce que nous appartenons à un courant communiste révolutionnaire qui a toujours tenu à se présenter dans ces élections. Et nous pensons que c'est en effet important que nos perspectives, y compris cette perspective de révolutionner l'entièreté de la société, soient présentes dans le débat politique. Nous ne pensons pas que le sort des travailleurs, le sort de l'écrasante majorité de la population et que l'avenir même de l'humanité se joue dans les élections.

Nous, nous pensons que ça se joue dans les mobilisations collectives, dans les grèves générales, dans les révoltes et dans les explosions de colère. Mais nous partons du principe qu'à partir du moment où on nous donne la parole, où on peut s'exprimer, il faut qu'on l'ouvre et que le pire, c'est de se taire. Le pire, c'est de cacher justement ses convictions et surtout quand on a les perspectives de changer de fond en comble la société. Donc voilà, oui, nous serons de nouveau présents dans cette élection présidentielle et une de mes priorités, ce sera de mettre sur la table une question essentielle aux travailleurs, à tous les exploités du monde entier.

Une question qu'on devrait tous se poser ici. C'est la question de savoir qui doit diriger la société. Cette bande de profiteurs et de parasites qui est la classe capitaliste, qui règne à l'échelle du monde, ou les travailleuses et les travailleurs du monde entier ? Aujourd'hui, c'est cette classe sociale qui dirige, qui a le monopole des capitaux, qui domine toutes les multinationales, qui font l'économie et qui dirigent la société dans un certain sens. Alors aujourd'hui, ils ont leur axe, ils ont leur lubie.

les endroits où ils vont faire leur fric et ça spécule à fond la caisse sur l'intelligence artificielle il y a Mohammed Ben Salmane alors lui il est riche à milliards il a décidé de faire un nouveau Disneyland comme si c'était cela dont on a besoin donc c'est quand même une classe capitaliste qui monopolise aussi les capitaux et qui en fait ce qu'elle veut plus exactement ce qui lui rapporte et ce qui lui rapporte beaucoup. Et ce qu'on voit, c'est que la domination de cette classe capitaliste, oui, ça produit des milliards et des milliards, ça c'est sûr. Il y a des montagnes de fric qui s'accumulent à un pôle de la société.

Cette année, est-ce que vous savez que Musk, par exemple, a dépassé les mille milliards de dollars ? Imaginez-vous le pouvoir que ça lui donne sur l'économie du monde, Bien plus important, bien supérieur à celui de n'importe quel chef d'État en fait. Et cette extrême richesse, elle se fait parce qu'ils produisent en même temps une extrême pauvreté. Cette extrême richesse, ce n'est pas que des inégalités révoltantes. C'est le mécanisme de l'exploitation. C'est le fait qu'ils s'enrichissent de notre travail, qu'ils volent le fruit de notre travail. Ils sont riches parce qu'ils maintiennent l'essentiel de l'humanité dans la pauvreté, dans la misère.

Et nous ici, dans un pays riche, parce qu'ils maintiennent ce chômage de masse, cette précarité, ces conditions de vie de plus en plus difficiles où il y a des femmes et des hommes qui bossent, qui bossent dur et qui n'arrivent pas à se faire soigner. C'est ça la réalité aujourd'hui de notre société ici. Aujourd'hui, même un tout petit exemple concret, je ne veux pas faire trop long là-dessus, parce que je pense qu'on est d'accord sur le constat à ce niveau-là. Mais quand même, regardez ce qui se passe au niveau des prix des carburants. On va bientôt arriver à 2,30 euros, 2,50 euros le litre de gazole. Ça, c'est du racket, en fait. C'est du racket.

Les plus riches disent « Ah ben non, on ne veut pas de nouveaux impôts ». Mais nous, l'impôt, on leur paye. À chaque fois qu'on passe à la pompe à essence, en fait. Moi, j'ai entendu des journalistes faire des calculs. Ils disent que c'est l'équivalent d'un salaire sur l'année. Alors eux, ils disent un salaire qui part en fumée. Non, ça part pas en fumée, ça part dans les profits de TotalEnergies et de tous ces groupes pétroliers, en fait. Et ça aussi, voilà, c'est le fruit de notre travail, qui part, qui est aspiré par cette classe capitaliste qui règne à l'échelle du monde. Voilà, alors...

Je veux aussi rajouter qu'il n'y a pas que l'exploitation, il n'y a pas que les inégalités, il n'y a pas que ce racket-là au quotidien, mais il y a aussi comment cette classe capitaliste est en train de diriger la société dans le précipice. Bien sûr qu'il y a ce réchauffement climatique qu'on a pris en pleine face quand même cet été et dont on mesure les conséquences quand même. Parce qu'on s'est retrouvés à enchaîner des jours et des nuits où ça devenait juste invivable. Quand on avait la chance d'avoir un petit endroit climatisé, qu'est-ce qu'on a fait ? On s'est confinés. C'est ça qui s'est passé.

Qu'est-ce qu'on a vu cet été qui a été un des étés les plus chauds de toute l'histoire de l'humanité ? On a vu le bitume fondre à certains endroits, on a vu des câbles électriques céder. On a vu des centrales nucléaires forcées de s'arrêter parce que l'eau était tellement chaude qu'il y avait des méduses qui risquaient de se mettre dans le système de refroidissement. Il fallait qu'ils arrêtent. Et puis ça a été dévastateur. Dévastateur sur la nature. Vous avez vu les arbres, vous avez vu la nature. Ça a été dévastateur pour l'agriculture. Je ne vais pas faire trop long, mais... Et ça, c'est quand même la domination de la classe capitaliste. C'est le fruit de leur politique.

Parce que, y compris ce réchauffement climatique, ils l'ont programmé, ils l'ont décidé, je dirais même. Il y a eu un reportage sur Arte que je vous recommande, sur Exxon. Exxon, quand il a lancé l'exploitation pétrolière, ils ont fait bosser des experts, des scientifiques, etc. sur la chose. Et les mecs, ils l'ont fait sérieusement. Dans les années 70... 1970, un autre siècle. Et ils ont expliqué que ça allait conduire à la couche d'ozone, que ça allait faire le réchauffement climatique. Ils le savaient ! Ils le savaient ! Et ils ont dit... Allez, on n'en parle pas. On va vendre notre camelote. OK, ça va détraquer l'atmosphère. OK, ça va provoquer des problèmes insolubles.

Mais nous, on va faire notre fric. Eh bien, c'est ça, le capitalisme. Et ça, on le voit avec ce réchauffement climatique. Je ne vais pas plus loin. Mais il y a un autre aspect aussi que je voudrais souligner, qui est aussi le fruit du capitalisme. C'est bien sûr les guerres. Et je dirais la banalité des guerres. Parce qu'en fait, maintenant, c'est devenu la banalité. La guerre en Ukraine, elle a bientôt 5 ans. Et 5 ans si on ne compte pas les affrontements qu'il y avait dans le Donbass depuis 2014, vous voyez ? La guerre contre les Palestiniens. C'est une guerre de cent ans, la guerre contre les Palestiniens. Une guerre de cent ans.

Cent ans où ces femmes et ces hommes ont été chassés, où ils ont été assassinés. Et aujourd'hui, il y a un génocide en cours. Mais regardez ce qui se passe en Afrique, au Congo, au Soudan. C'est la guerre perpétuelle. Perpétuelle. Moi, je pense aussi à Haïti. Parce que Haïti aussi, c'est la guerre. C'est la guerre civile. Et il y a des morts tous les jours. Alors c'est ça la banalité aujourd'hui de notre société. On s'y installe. Ça devient la normalité en fait. Ah oui, alors 10, 50 morts à Kiev, en Russie maintenant. Allez, 10 en Cisjordanie, à Gaza, en Iran. Alors en Afrique, c'est plus simple. On compte pas les morts. On ne sait pas. Alors, 10, 15, 16 millions depuis 20 ans ?

Ben voilà, c'est ça la réalité.

Et je tiens à insister sur une chose, c'est que derrière tous ces conflits, où il y a des spécialistes qui nous expliquent leur origine, pourquoi tel ou tel conflit, et bien moi je dis que derrière toutes ces guerres, il y a des rivalités capitalistes et que ces guerres, elles sont là pour les trancher, en fait, et que même la guerre au Moyen-Orient, c'est une guerre impérialiste, c'est une guerre entre capitalistes, même même cette guerre-là, parce qu'en fait, Israël, c'est en effet le relais des intérêts américains dans la région, et parce que cette politique génocidaire qui est menée par Netanyahou, elle était, oui, inscrite à l'origine de la politique sioniste et de la fondation d'Israël, ça c'est sûr.

Mais cette politique, elle est aussi le fruit des calculs des puissances colonisatrices françaises, britanniques qui justement à cette époque ont cherché à diviser les peuples de cette région pour régner. Et c'est pour ça qu'ils ont favorisé l'implantation d'un foyer juif En Palestine, justement. C'est exactement pour ça. Ensuite, c'est les États-Unis qui ont pris le relais. Mais cette guerre, c'est aussi la guerre de l'impérialisme. Ce n'est pas que la guerre de Netanyahou. J'insiste là-dessus parce que nous, ce que nous pensons, c'est que la guerre, c'est un mode d'existence du capitalisme.

Je crois qu'on le mesure mieux maintenant que la guerre, elle est revenue sur le continent européen avec la guerre en Ukraine. Et puis, on le mesure mieux aussi avec l'arrivée quand même du fou furieux à la Maison-Blanche. Je pense qu'on mesure que le capitalisme, c'est la loi du plus fort. C'est celui qui a le plus de missiles, qui a plus de porte-avions, qui a plus d'avions de chasse. Voilà. C'est ça, le système capitaliste. Alors... Étant donné tout ce que je viens de dire, est-ce que vous croyez vraiment que nous pouvons faire naître un monde de paix, un monde où on sera capable de freiner le réchauffement climatique, un monde avec plus d'égalité, sans renverser la société capitaliste ?

Sans renverser la domination de cette classe ? qui ne jure que par le pillage, la destruction de la nature, y compris des hommes qu'ils exploitent partout sur la planète. Nous, nous disons que non. Nous disons que sans mener ce combat-là, sans enlever les rênes des mains de la classe capitaliste, on ne réussira pas à avancer sur tous ces terrains-là. En fait, je pense aussi que... sans s'opposer à la classe capitaliste, sans se battre, sans peser de tout notre poids, toute notre force de travailleuses et de travailleurs, en fait, on ne fera même pas reculer les idées d'extrême droite. Je veux un petit peu m'expliquer là-dessus parce que je sais que ça nous inquiète tous.

Je sais que nous sommes tous inquiets d'une possible victoire de Le Pen à la présidentielle. Parce que, oui, ça serait un coup dur pour le monde du travail. D'abord, ça signifierait des attaques contre la fraction, une fraction essentielle du monde du travail, la fraction immigrée. On voit bien que Le Pen, Bardella, tous leurs copains là, ils ont mille idées pour rendre la vie des travailleurs immigrés infernale. Ah ça, ils en ont des idées. À commencer par cette idée révoltante d'interdire le port du voile dans l'espace public. Donc des idées pour pourrir la vie, y compris des jeunes, des classes populaires. Vie qui est déjà quand même bien pourrie, ils en ont plein, ils en ont à revendre.

Mais en faisant ça, en affaiblissant, en attaquant cette fraction des travailleurs, ils feront reculer l'ensemble du monde du travail. Et c'est ça aussi qu'il faut bien avoir en tête. Quand on attaque un travailleur, on attaque l'ensemble ! En fait, du monde ouvrier. Et oui, on voit bien qu'à la tête de l'État, elle pourra s'appuyer sur toute une couche de gens extrêmement réactionnaires, hostiles aux étrangers, aux immigrés, mais hostiles aussi aux travailleurs, hostiles à ceux qui ont des idées socialistes, communistes. Pourquoi je dis ça ?

Je pense, vous savez, à cette séquence de vérité qu'on a eue avec les policiers à Carcassonne, où on les a entendus sans filtre, où on les a vus dégobiller, tout leur racisme, tout leur sexisme, leur tonne de crasse, pour rester poli, qu'ils ont dans le crâne. Et le problème, si vous voulez, c'est pas quelques unités par-ci par-là, c'est pas vrai ! C'est évidemment un courant très fort dans la police, dans l'armée, dans l'appareil d'État, dans les préfectures, dans les préfectures à tous les niveaux de l'appareil d'État. Et bien sûr que Le Pen s'appuiera sur ces gens-là.

pour attaquer nos droits, pour y compris attaquer, pour réprimer tous ceux qui vont contester, y compris ceux qui vont se battre pour de meilleurs salaires, ceux qui vont se battre contre le patronat. Donc oui, ça sera ça. Alors nous, bien sûr, on fait partie de ceux qui combattent. toutes ces idées-là. Et bien sûr que, y compris dans cette élection présidentielle, nous, on ira arracher des voix à Le Pen. Dans le monde ouvrier, parmi tous ceux qui, autour de nous, sont tentés, malheureusement, de faire cette connerie, on ira discuter avec eux. On ira leur dire tout le mal qu'on pense de ce qu'ils sont prêts à faire. Parce que ça veut dire se tirer une balle dans le pied, en fait.

Ça veut dire laisser les patrons nous diviser, laisser les patrons faire ce qu'ils veulent. Voilà, donc on bagarrera. Ça fera partie bien sûr d'un combat essentiel de notre campagne. Mais je veux aussi rajouter que le seul vrai terrain où on fera reculer les idées d'extrême droite, c'est le terrain de classe C'est le terrain où nous nous battrons de nouveau contre les vrais responsables de la situation, c'est-à-dire contre ce grand patronat. En fait, on fera reculer les idées d'extrême droite quand on fera payer le grand patronat de telle sorte qu'il n'y ait plus dans notre camp cette peur de manquer.

Cette peur de manquer qui étreint le cœur de millions de gens, parce qu'ils n'ont pas de boulot, parce qu'ils n'ont pas de logement, parce qu'ils ont du mal à se faire soigner, parce que quand tu as une opération, tu es sur une liste d'attente comme ça, parce que tu ne trouves pas de place en crèche, etc. Et ça, c'est une situation que vivent des millions Et cette situation, elle les pousse à quoi ? Elle les pousse à se dire finalement voilà, on est trop, on est trop nombreux, il y a trop d'immigrés, c'est pas possible, on peut pas continuer comme ça. C'est tout ça aussi qui fait le lit du RN, le lit des idées d'extrême droite. C'est cette concurrence.

Entre nous, le fait que voilà, on est en concurrence, ils nous foutent en concurrence pour tout. C'est ça qui crée ce réflexe de repli sur soi. C'est ça qui crée ce rejet de l'autre, au fond. Et j'insiste là-dessus parce que c'est le même mécanisme qu'on connaît partout. Parce que la montée de l'extrême droite, vous savez que c'est pas le monopole de la France. C'est partout. C'est partout. Meloni, en Italie. On pense bien sûr tous à l'AfD, qui a remporté une région, la Saxe-Anhalt, la semaine dernière, en Allemagne. On pense, mais Trump, c'est quoi ? C'est ça aussi. C'est le même type de vote, en fait. Et puis, je vais vous dire que je pense aussi à ce qui s'est passé...

Et peut-être ce qui continue, mais j'avoue que je n'ai pas regardé dans ces derniers temps, ce qui s'est passé en Afrique du Sud. Je ne sais pas si vous avez vu les émeutes, si vous avez vu les pogroms en Afrique du Sud contre les immigrés. Je ne sais pas si... Moi, ça m'a frappée. Il y a eu des milices, des milices de Sud-Africains noirs, qui se sont constitués et qui sont allés dans les quartiers où il y avait une forte présence d'immigrés, et ils sont allés leur casser la gueule. Ils sont allés leur faire peur. Ils sont allés leur dire « Barrez-vous ! » Pourquoi ? Ce n'est pas du racisme anti-noir. C'est la misère. La misère qui rend féroce.

Les gens qui sont acculés, Et quand ils n'ont pas d'autre perspective, c'est ça qui se passe. Et ça, moi, ça m'a frappée. Ça m'a frappée en Afrique du Sud, mais ça m'a frappée aussi à Mayotte. Mayotte, ce petit bout-là, soi-disant de France, contre les Comoriens, c'est-à-dire des femmes et des hommes du même peuple. Il y a eu aussi des milices comme ça, pour les empêcher de se faire soigner, pour les empêcher d'aller à l'école. Vous avez peut-être suivi tout ça. Donc vous voyez ces idées-là, elles ont une racine. Cette racine, c'est la misère, contre laquelle on ne se bat plus, parce qu'on ne se bat plus contre les fabricants de misère.

On ne se bat plus contre ceux qui fabriquent ces inégalités, ce chômage. Donc nous, nous sommes convaincus que là où on reprendra le dessus, et là où on fera vraiment reculer toutes ces idées de repli, de racisme, de division, c'est le sexisme aussi. Oh, les policiers de Carcassonne, alors ils cochaient toutes les cases. Toutes les cases. Raciste, misogyne, sexiste, crétin, enfin toutes les cases. Voilà, je m'arrête là.

Mais bon, nous nous sommes convaincus que, justement, c'est dans le retour des luttes collectives, dans le fait que les travailleurs reprennent confiance confiance dans la force qu'ils représentent, dans leur capacité de se battre, d'affirmer leurs intérêts, de faire changer les sacrifices de camp. C'est dans ces moments-là que les travailleurs ils retrouveront leur unité et que toutes ces cochonneries de division, eh bien, ça sera renvoyé... Ça partira, en fait. Donc nous, c'est ça, notre combat. Et effectivement, l'influence de Le Pen, oui, on la combat. On la combat dans les usines. Avec nos copains de boulot. Et pas en leur disant, t'es un sale facho.

En leur disant, mais écoute, t'es exploité comme moi. T'as vu la misère qu'il nous met, le patron ? T'as vu, etc. On fait comment ? On fait comment ? Donc ça, nous, c'est notre combat. C'est notre combat. Et... Je veux aussi basculer sur ce que sera ma campagne. Donc, ma campagne, ça ne sera sûrement pas de faire croire qu'il suffit de virer Macron pour changer les choses. Il ne s'agit pas de faire croire que ce qui se passe aujourd'hui, le désastre qu'on voit se dérouler là, Il ne faut pas croire que ce désastre soit le fruit de choix politiques. Ce n'est pas le fruit de choix politiques. Il y a des choix politiques qui s'ajoutent, qui accompagnent, qui aggravent les choses.

Mais ce qui se passe sous nos yeux, c'est surtout une logique d'un système de lois économiques qui s'impose avec le capitalisme. Le capitalisme, c'est un système dont la première loi, c'est d'exploiter les travailleurs pour vivre. C'est un système dont une des lois, c'est de diviser les travailleurs. C'est un système dont une des lois fondamentales, c'est de diviser les travailleurs. Je vais vite, mais... Réfléchissez quand même à ça. Comment une poignée de très riches, d'ultra riches, allez, 1% de l'humanité, elle est capable de s'imposer et de faire la misère aux 99% restants ? Dites-moi comment c'est possible ça ?

Eh bien c'est possible que d'une seule façon, en nous divisant, en nous divisant avec les idées nationalistes, en nous divisant avec les idées racistes, en nous divisant de toutes les façons possibles. Il n'y a que comme ça. Donc ça fait partie des lois. C'est comme une seconde peau, si vous voulez, du capitalisme. Les inégalités. Mais c'est une seconde peau du capitalisme. On ne va pas les réduire les inégalités si on ne supprime pas cette société capitaliste. Parce que c'est une machine qui les fabrique jour et nuit, les inégalités. Vous pouvez dire, allez, on va un petit peu raboter. On va raboter, ok. Et alors, ça repousse de plus belle.

Et puis, voilà, c'est la loi de la concurrence, c'est la guerre économique, de tous contre tous. Et c'est la loi du profit, la loi du profit qui fait que, de toute façon, il y a une règle, il y a une règle, c'est je fais mon fric et le reste, j'en ai rien à foutre. Voilà ! Donc, c'est ça les lois, notre société. Alors moi, je veux bien qu'on discute de la politique qu'on mènera à l'échelle de l'État pour que ça soit un petit peu moins pire. Mais ces lois-là, ces lois, on s'en débarrasse ? On construit une société sur d'autres bases ? C'est ça la question qu'il faut que nous nous posions, en fait.

Moi, je ne ferai jamais croire qu'il est possible de concilier les intérêts des exploiteurs et des exploités dans cette campagne. Je veux au contraire renforcer la conscience de classe. Je veux renforcer... L'idée qu'on devrait tous avoir que collectivement, parce qu'on produit des richesses, parce qu'on est à la base de la société, on constitue une force sociale. On a de la force, on n'est pas impuissants, nous ne sommes pas démunis. En fait, les capitalistes, pour vivre, ils ont besoin de nous. Ils ont besoin de nous pour fabriquer leur fric, leur richesse. Ils ont besoin de nous pour fabriquer leurs capitaux. Ils ont besoin de nous pour faire leurs guerres.

Et ils ont même besoin de nous pour bouffer, parce qu'ils ne savent même pas se faire à bouffer. OK ? Donc, nous, on est là pour conforter le monde du travail dans l'idée qu'il représente une force sociale. Une force sociale qui est capable, en effet, d'inverser le cours des choses, qui est capable de défendre ses intérêts immédiats, mais qui est capable de faire bien plus, qui est capable de renverser cette société capitaliste s'il va au bout de la lutte. Et le bout de la lutte, c'est quoi ? Le bout de la lutte, pour nous, ça ne peut qu'être l'expropriation. de la classe capitaliste. Parce qu'en fait, si on ne les exproprie pas des multinationales, si on ne leur dit pas « Vous dégagez !

» et nous on gère, en réalité, ils conserveront tout leur pouvoir, tout leur pouvoir de nuire. Sur nous et sur la société. Donc le but, ça doit être, évidemment, l'expropriation. Moi, j'entends que l'idée qu'il faut planifier, qu'il faut faire de la planification écologique, mille fois d'accord. Alors là, pas de problème. Mais on planifie quoi ? Si on n'a pas, entre nos mains, Amazon, Tesla, les groupes automobiles, les groupes énergétiques, Total, si on ne les tient pas, si on ne les a pas, nous, entre les mains, on va planifier quoi ? Dites-moi. On va planifier les subventions. Les subventions qu'on va leur distribuer. Comme toujours. Ils se gavent déjà. 210 milliards.

C'est ça qu'on va planifier. Et puis on va prier en se disant : est-ce qu'ils vont bien vouloir aller dans cette direction ? Il n'y a plus le temps là. C'est urgent. Cette classe capitaliste, il faut la déclarer en faillite. Pas en faillite individuelle, je vous ai dit, ils ont plein de fric. Mais en faillite du point de vue de l'ensemble de la société. Et il faut dire que justement, ils ne méritent plus de diriger ces gens-là. Ils ne méritent plus de diriger.

Et s'il y a une idée que j'ai aussi envie de faire passer dans cette campagne, c'est que c'est aux travailleurs de diriger, pas aux capitalistes, pas à leurs États, pas à leur armée, pas à leurs tout hauts fonctionnaires, qui nous entubent, et pas à leurs politiciens. J'ai oublié deux, trois petites choses, mais c'est pas grave, j'y reviens. Alors, pour nous, évidemment, derrière le combat des travailleurs, il y a les perspectives révolutionnaires. Et il faut, je crois, se hisser à ce degré de réponse, vu la vu la catastrophe dans laquelle on est en train de plonger et de s'enferrer. Alors, vous allez me dire... Ils sont ambitieux, on en est loin.

Pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de grèves, il n'y a pas beaucoup de réactions. Et moi, je ne vais pas vous dire le contraire, je ne vis pas dans la lune. Et oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, la combativité, le niveau de conscience, les idées qu'il y a dans la tête du monde ouvrier, ce n'est pas ça du tout, du tout, du tout. Mais, Ce constat étant fait, ça doit, à mon avis, nous amener à une seule question. C'est qu'est-ce qu'on fait pour que ça change ? Pour quelles idées on milite ? Qu'est-ce qu'on défend dans cette campagne présidentielle ? L'idée qu'il y aura un sauveur suprême, qu'il y aura un mec qui va nous protéger de tout. Et ben non.

Nous on pense que justement, là c'est le moment de défendre l'idée qu'on est capable de se protéger nous-mêmes, on est capable de se défendre nous-mêmes. Il faut qu'on ait cette conscience qu'on constitue une force et qu'il faut qu'on reparte au combat, qu'on s'organise et qu'on reparte au combat. Voilà. Là, moi, j'aimerais justement que tous ceux... qui se disent que de toute façon, il n'y a pas le choix, qui expliquent comment ils raisonnent, qu'ils expliquent pourquoi ils pensent qu'effectivement, il n'y a que cette solution de voter Mélenchon. Et je voudrais qu'on en discute ensemble. Merci.

Du coup, moi, j'aimerais revenir justement sur les idées pour lesquelles on pense que le vote Mélenchon est le plus utile, pour deux raisons. La première, c'est qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, c'est la figure politique qui arrive à rassembler le plus de monde à gauche. On sait que chaque année, la gauche, elle se divise. Il y a les socialistes, les réformistes, etc. même si on pense qu'on a tous en point commun le bien de... de l'humain et de l'environnement. Donc le premier point, c'est parce que la France Insoumise, aujourd'hui, c'est le parti politique qui arrive à rassembler la majorité des gens à gauche.

Et le deuxième point, c'est que, comme beaucoup de gens, moi, je suis attachée à une société organisée et on pense que la lutte anticapitaliste anticlassiste, etc., antiraciste aussi, voilà, contre le sexisme, etc., toutes ces luttes-là doivent se faire. Enfin, je pense que, comme beaucoup de mélenchonistes, toutes ces luttes doivent se faire dans des sociétés organisées. Et quand LO appelle à la révolution, etc., je pense que ce sont de belles idées, mais qui sont assez utopiques par rapport à comment on pourrait, en passant par les élections, en passant par...

des propositions comme la convention citoyenne du climat, en passant par ces manières d'organiser la société qui existent déjà et pour lesquelles les mélenchonistes sont totalement pour. Pour moi, c'est en passant par ces mécanismes-là qu'on peut réellement réussir à faire un changement dans la société et que du coup, les idées de LO sont assez radicales et difficiles à mettre en place dans la manière dont je me projette. Voilà, merci. Merci. Il y en a peut-être d'autres qui pensent un peu comme la camarade et qui auraient envie de rajouter, d'intervenir. Voilà. Oui, bonjour, mes camarades. Bonjour à toutes et à tous. Voilà.

Moi, j'ai une petite remarque ou une petite critique à faire sur la Lutte ouvrière. Là, c'est-à-dire vous cavalez toujours Il ne s'agit pas que je critique. Mais vous avez quoi ? Vous n'arriverez pas au pouvoir. Vous avez toujours à 0,5% à la moyenne. Alors au lieu de chercher, je vais joindre à ma camarade là, au lieu de chercher l'unité de gauche, vous discutez. Pour comment ? Parce que ce travail qu'on fait, moi je veux le dire en face en face, excuse-moi, je veux le dire en face en face, au fait de travail pour le capitalisme qui nous dirige aujourd'hui. Alors il faut avoir l'unité. Ce n'est pas trop leur point de vue.

Camarades, camarades, si vous avez 5%, les élections présidentielles vous obtenez 0,5%, c'est-à-dire quelques milliers de voix qu'il manque pour un homme ou une femme de gauche. Alors je peux le faire, c'est-à-dire les 500 ou 400 000 là qui vont entrer pour les élections présidentielles ici dans 9 mois, je préfère qu'ils vont pour le candidat de gauche, mais le candidat de gauche c'est pas comme monsieur François Hollande, etc. Un homme de gauche qui défend l'ouvrier. Voilà, mais j'arrête là. Mais justement, j'ai quand même envie de te renvoyer. Alors, c'est pas Mitterrand, mais alors c'est qui ?

Est-ce que t'en as déjà vu d'hommes de gauche qui arrivaient au pouvoir et qui défendaient l'ouvrier ? Dis-moi, est-ce que t'en as déjà vu ? Parce que toi, c'est ça que t'attends. Et justement, c'est ça que j'ai envie de discuter. C'est que Mélenchon, s'il arrive au pouvoir, il servira pas les ouvriers, en fait. Parce que, en fait, ceux qui dominent aujourd'hui la société et ceux qui vont peser, y compris sur le prochain président de la République, c'est comme d'habitude, c'est ceux qui ont du fric. C'est ceux qui ont du fric et c'est eux qui vont imposer leur loi. J'ai en tête, je reviens juste sur un tout petit événement qui s'était passé, moi, qui m'avait frappée sous Hollande.

C'est quand il y avait eu une histoire avec ArcelorMittal, où il y avait eu Arnaud Montebourg qui avait dit « puisque c'est comme ça, qu'ArcelorMittal fait ce qu'il veut, on va nationaliser ArcelorMittal ». La menace avait duré une semaine. ArcelorMittal avait annoncé des suppressions d'emplois et donc Montebourg avait un petit peu musclé son discours. Ça a duré une semaine. Mittal, il a déboulé à Matignon. Il a dit au Premier ministre, vous vous calmez parce que moi, je me casse. Voilà. Moi, ici, c'est 20 000 emplois, je crois, dans le pays. Vous voulez m'emmerder ? Vous voulez me mettre des contraintes ? Vous voulez m'empêcher de faire ci, faire ça ? Bah écoutez, moi, je suis pas marié.

Je me casse. Voilà. Et qu'est-ce qui va se passer si jamais Mélenchon arrive au pouvoir ? Vous croyez que les financiers vont s'aligner devant les contraintes ou les obligations que Mélenchon va leur faire ? Franchement, vous croyez ça ? Vous croyez que tous les plans de licenciement dans l'automobile. Renault, ils sont en train de fermer l'usine de Flins. Ils la vident petit à petit. C'était une des dernières usines à côté, vous savez, celle de Poissy, qui, elle aussi, est vouée à la fermeture. Vous croyez que ça, ça va... Il va y mettre fin ? Ben non, il va pas y mettre fin, en fait. Il va pas les empêcher, ces suppressions d'emplois et ces fermetures d'usines. Il le fera pas.

Il le fera pas parce que, tout simplement, si on veut s'affronter avec la classe capitaliste... Eh bien, d'abord, il faut le dire, il faut l'annoncer, et il faut préparer les travailleurs pour ça. Il faut préparer les travailleurs pour ça. Parce que s'il n'y a pas la force des travailleurs qui tord le bras à la bourgeoisie, mais ils mais ils font ce qu'ils veulent, et ils font ce qu'ils veulent, le chantage qu'ils veulent en fait !

Voilà, donc c'est la raison pour laquelle, que ce soit Mitterrand, que ce soit Jospin et que ce soit Hollande, en fait, ils ont fait une politique qui convenait parfaitement à la bourgeoisie, au grand patronat, et que le grand patronat, sous ces différents quinquennats, il a prospéré, en fait. Il a prospéré en même temps que les travailleurs étaient restés dans la merde et que le RN, le Front National, à l'époque, il commençait à grandir. Donc voilà. Donc toi, tu as l'idée qu'il suffira que... Mais non. Aujourd'hui, il faut réaliser le pouvoir. Le pouvoir, il appartient à ceux qui ont du fric.

Aujourd'hui, la France, le budget de l'État, pour qu'il fonctionne, pour qu'il paye les fonctionnaires, etc., il faut en gros qu'ils empruntent un milliard par jour. sur les marchés financiers. Qui tient qui dans cette affaire-là ? C'est les politiciens qui tiennent les financiers et les capitalistes ou c'est les capitalistes qui tiennent les politiciens ? C'est ça qu'il faut comprendre, qu'il faut réaliser. Il est où le pouvoir aujourd'hui ? Le pouvoir sur nos vies ? Mélenchon, il y a un truc aussi qui me frappe. C'est que le SMIC, par exemple, lui, il dit « SMIC à 1 700 euros net ». Eh bien, vous voyez, placer le SMIC à 1 700 euros net c'est révélateur d'un tas de choses, en fait.

Parce que si on réfléchit, nous, à combien il nous faut pour vivre dignement, sans avoir peur du lendemain, pour ne pas être tout le temps, tout le temps dans l'angoisse, et si ma bagnole, elle tombe en panne, et mes gamins, ils vont continuer des études, etc., il nous faut combien ? Dites-moi, allez, combien il faut ? Dites-moi. Vous évaluez à combien ? 2 500, tu dis ? Bon, ben toi, nous, voilà. Nous, on dit 2 200. 2 200 euros net. Voilà. Réfléchissons chacun. Combien ? Eh ben, s'il nous faut 2200 euros net, eh ben, on dit, il nous faut 2200 euros net. Le SMIC à 2 200 euros net. Pourquoi on rabaisse ? Nos revendications. Pourquoi ? Dites-moi pourquoi. Pourquoi Mélenchon, il met ça si bas ?

1700 balles. Alors qu'on sait que 1700 balles, on reste dans la merde. Parce qu'il pense que ça sera peut-être acceptable par la bourgeoisie. Voyez ? C'est déjà la logique qu'il faut que la classe capitaliste, elle l'accepte. Voilà. Qu'elle soit d'accord. Que ça ne la gêne pas trop. Voilà. Et c'est ça, c'est une logique. C'est une logique de camp, ça. Il se place dans leur camp, ce faisant. Nous, nous disons, il faut arrêter de nous faire tout petits. Il faut arrêter ça. On se fait tout petit. On raisonne en disant « Ah, qu'est-ce que la bourgeoisie, elle va accepter ?

» Mais si on raisonne comme ça, si les travailleurs dans le passé, ils avaient raisonné comme ça on en serait encore au travail des enfants, à la journée de 12h et au salaire aux pièces. On doit dire, voilà nos besoins. Nos besoins, c'est 2200 balles minimum, minimum. Augmentation des salaires, on doit indexer ces salaires sur le coût réel de la vie. Celui que nous, on mesure, pas celui qu'ils calculent, parce qu'ils nous entubent en fait avec leurs calculs, leurs moyennes, leurs trucs et leurs bidules. Nous, on peut mesurer l'augmentation de la vie qu'on a, rien qu'en partant de l'augmentation.

Moi, franchement, j'indexerais bien les salaires sur l'augmentation des carburants en ce moment, vous voyez ? Voilà. Là, au moins, comme ça, on se protégerait en attendant que ces messieurs trouvent une solution, un micmac, pour qu'on ne paye pas ça à la pompe, mais pour qu'on le paye autrement, avec une autre taxe, avec un autre impôt. Parce que c'est ça qu'ils vont... Vous allez voir, le résultat, ce sera ça. Ils vont peut-être réussir à baisser ou à contenir les prix, et puis en fait, on payera d'une autre façon. Parce qu'ils ne veulent pas faire payer le grand patronat.

Nous, nous disons qu'on ne se sortira pas de la galère et on ne changera pas notre sort si on ne fait pas payer le grand patronat. Il faut qu'on le fasse payer sur les salaires. Il faut qu'on le fasse payer pour embaucher. Aujourd'hui, il y a une urgence aussi. C'est qu'il faut qu'on réduise... Qu'on répartisse le travail entre tous. On va accepter longtemps ce chômage de masse, cette précarité, cette concurrence, cette guerre qu'ils nous imposent pour trouver un boulot, pour une place, pour une place en apprentissage. Il faut arrêter avec ça. Il faut le faire payer pour embaucher, pour répartir le travail entre tous. Et ouais, on travaillerait moins.

On travaillerait moins, mais on travaillerait tous. Ça coûtera du fric. Mais nous, on dit, le fric, il existe. Voilà. C'est ça, se placer dans le camp des travailleurs, dans le camp des ouvriers, à mon avis, c'est ça. C'est ça. C'est partir de nos besoins. Et puis, moi, je ne vais pas chercher à convaincre les patrons. Je ne vais pas leur dire « Mais si, si, je vous assure, l'augmentation des salaires, c'est dans votre intérêt. » Je ne vais pas leur dire ça. Les patrons, vous avez vu comme ils ont ri au nez de Mélenchon au moment du MEDEF. Mais j'ai envie de vous dire, c'était dégueulasse de la part des patrons. Mais quelque part, j'ai envie de dire que c'était bien mérité.

Parce que, franchement... On va leur expliquer comment ils font leur fric. Ils le savent mieux que nous, ils sont plus conscients que nous, ces gens-là. Et eux, ils savent, ils savent très bien que si on augmente les salaires, c'est moins de profit pour eux. Voilà pourquoi ils ont éclaté de rire. Alors nous, il faut qu'on arrête de se raconter n'importe quoi. C'est nos salaires ou c'est leur profit. C'est nos emplois ou c'est leur cours boursier. C'est ça la vérité. Sans affrontement avec la bourgeoisie, avec le grand patronat, on n'aura rien. Voilà. Alors moi, je ferais peut-être 0,5 et peut-être, je vais te dire, je ferais peut-être moins.

Mais si cette idée, j'arrive à la semer dans la tête de plein de travailleurs, eh bien moi, j'estime que j'aurais fait mon job. Et j'ai envie de te répondre aussi. C'est que tu dis, bon, c'est le mieux placé à gauche, mais justement pour faire quelle politique ? Parce que la gauche unie et la gauche élue, on l'a vu à plein de reprises. Et ce que je veux faire passer comme idée aussi, c'est que... Il y a quelque chose de très fort dans cette campagne, c'est qu'on se dit « Mélenchon, ça sera un barrage, un barrage à Le Pen ». Et en fait, c'est le seul possible barrage à Le Pen et aux idées d'extrême droite. Et même ça, moi, je ne le crois pas, en fait.

Moi, même ça, vous savez, si Mélenchon arrive au pouvoir... Vous croyez qu'il y aura moins de flics racistes ? Vous croyez qu'il y aura moins de propriétaires qui refuseront de louer aux Noirs ou aux Arabes ? Qu'il y aura moins d'agents dans les préfectures qui n'auront qu'une envie, c'est de pourrir la vie de celui qui vient lui demander un papier ? Ben non, il n'y en aura pas moins. Vous croyez qu'il y aura moins de graines de fachos dans l'armée ? Ils seront là. Ils seront là, en fait. Alors Mélenchon, il sera peut-être à l'Élysée, mais eux, ils seront sur le terrain. Ils seront sur le terrain. Et ils nous pourriront la vie.

Et ils nous pourriront la vie, peut-être encore, de façon encore plus, comment dire, Revancharde, revancharde, parce que pour l'instant, tous ceux-là, ils se disent « Bon, ça joue sur le terrain électoral, on va finir par gagner ». Donc quelque part, Le Pen, elle canalise. Elle canalise ces graines de fachos sur le terrain électoral, justement. Quelque part, elle les calme. Elle leur dit « Attendez, attendez, notre heure va venir, voilà, voilà. » Mais vous comprenez que s'ils la perdent, cette élection, il va se passer quoi ? Vous ne croyez pas que ça va les rendre furieux, les mecs ? Vous vous souvenez de ce qu'il s'est passé avec le Capitole, avec Trump ?

Alors c'était une espèce d'insurrection, comment dire, clownesque, etc. Mais les gars qui étaient convaincus que c'était une élection qui était volée et que les gars, ils étaient vent debout et qu'ils étaient prêts, y compris à cogner, ils ont tué des gens dans ce truc-là. Vous voyez ? Donc ça, c'est ça aussi. Il faut réaliser ce qui se passe dans la société. Ce n'est pas que des rapports de forces électoraux, tout ça. C'est des forces sociales, des femmes et des hommes en chair et en os, qui sont prêts à décider, qui sont prêts à agir dans un sens ou dans un autre, en fait.

Et quand on voit toujours ça sous l'angle, les rapports électoraux, les scores électoraux et qui arrive devant, on perd de vue ça, en fait. On perd de vue ça. Moi, je pense que la véritable lutte qui compte, c'est pas la lutte électorale, c'est la lutte de classe, en fait. C'est la lutte sur ce terrain-là qui compte vraiment. Et c'est pour ça qu'en effet, moi, dans cette élection, au lieu de faire croire qu'il y aura un grand protecteur qui va nous protéger de tout, j'ai envie de dire aux travailleurs, mais on peut se protéger, nous. On peut s'organiser. On peut à nouveau se parler, on peut à nouveau se mettre ensemble, se mettre d'accord sur un certain nombre d'intérêts.

On peut s'organiser pour faire ce qui s'est passé à Minneapolis contre l'ICE aux États-Unis et dans bien d'autres villes, en fait, où des réseaux de protection se sont mis en place. Moi, c'est en cela que je crois. Et je pense que la meilleure protection, justement, c'est que nous, on réalise ce qu'on peut faire ensemble. Comment on peut se protéger, comment on peut se battre. Voilà, donc là-dessus, c'est ce que j'avais envie de te dire. Et puis, la deuxième idée, où je suis vraiment pas d'accord, c'est quand tu dis, moi, je suis pour que la société, elle soit organisée. Et la révolution, c'est la désorganisation.

Eh bien, en fait, quand tu regardes ce qui s'est passé dans les périodes révolutionnaires, c'est-à-dire dans les périodes où vraiment les masses se sont levées, mais se sont organisées pour agir, pour obtenir des choses qu'ils avaient comme ça sur le cœur depuis des années et des années. Eh bien, il s'est passé des choses incroyables. Et ils étaient très organisés, en fait, tu vois. Et justement, dans ces moments-là, les gens, ils ont pour priorité de résoudre leurs problèmes. Prenez le problème du logement. Le problème du logement, c'est un problème insoluble dans le cadre de cette société capitaliste. Combien il y en a ici qui ont des problèmes de logement ? Je vois plein de jeunes.

Mais le logement, c'est précisément le truc, ça les intéresse pas. Parce que eux, ça les intéresse bien de faire des tours de 1000 mètres de haut ou des hôtels sous-marins. Là, sous l'eau, vous savez, à Dubaï, ça, ça les intéresse. Il y a du fric là-dessus à faire. Mais... Fabriquer du logement accessible à des salaires d'ouvriers, ça non, c'est pas rentable, voilà. Vous n'en aurez pas. C'est pas la peine de les attendre, vous n'en aurez pas. Donc, cette question du logement, à chaque fois que les travailleurs se sont mobilisés, ils l'ont résolue. Alors, dans certains débats, j'avais dit qu'ils l'ont résolue en 24 heures. Bon, peut-être que j'ai été...

Pas en 24 heures, mais en quelques jours, en quelques mois, en fait ! Pourquoi ? Parce qu'ils ont imposé leurs propres règles. Il y a des logements vides, on les habite. On va chercher tous ceux qui n'ont pas de toit sur la tête et on les met dans les logements vides. Parce que personne ne doit rester sans toit sur la tête. Tout simplement. Et on partage. Oh, toi, t'as un palace, t'as un appart de 500 mètres carrés. Et à 500 mètres carrés, je crois que je suis très en dessous de ce qui se passe, en fait, dans le monde des riches. Mais, écoute, tu gardes. Allez, nous, on te laisse le rez-de-chaussée et puis on donne le premier étage à cette famille. Voilà ce qu'ils ont fait, en fait.

Voilà ce qu'ils ont fait. Ils ont organisé la répartition des vivres. Ils ont ouvert... les stocks d'alimentation, où tu avais les spéculateurs qui profitaient de la crise, qui provoquaient des pénuries pour faire monter les prix. Ils ont ouvert les magasins, ils ont organisé la répartition. Et en fait, à chaque fois que les travailleurs s'organisent, je peux te dire que c'est la meilleure organisation qui soit. Mais tu sais, même ça, il n'y a même pas besoin d'attendre les périodes révolutionnaires pour le toucher du doigt. Ce qui s'est passé, y compris au moment du Covid, quand il a fallu prendre des dispositions pour se protéger et continuer de bosser.

Dans les hôpitaux, bien sûr qu'il fallait qu'ils continuent de bosser. Il y a eu plein de décisions qui ont été prises, des décisions qui allaient dans le bon sens, mais ça, c'est justement les femmes et les hommes qui étaient au boulot qui les ont prises. Et c'est à chaque fois quand les travailleurs ils font les choses, quand ils décident, quand ils organisent que ça marche le mieux justement, le mieux pour nous, le mieux pour nous. Et c'est ça le principal. Parce que quand tu dis moi je suis pour une société organisée, moi je trouve que la société elle est tout sauf organisée aujourd'hui. Elle n'est pas organisée pour nous en tout cas.

Elle n'est pas organisée pour répondre à nos besoins et à nos problèmes. Il n'y a rien d'organisé pour ça. Regardez, je fais le dernier exemple et après je redonne la parole. Regardez quand il y a eu les incendies dévastateurs. Alors Attal a dit « Oh mais nous on avait tout fait bien, on avait commandé deux Canadairs ». Et qu'est-ce qui s'est passé ? Ils n'ont pas trouvé une seule usine au monde ! pour fabriquer les deux Canadairs. Pas une seule usine au monde ! Au monde ! Ils ont tapé à la porte du Canada, enfin au monde ! Et vous savez combien il y a d'avions de chasse qui sortent des lignes de fabrication de Dassault en ce moment ? Par mois ! Chaque mois !

Allez, dites-moi combien il y a d'avions de chasse fabriqués par Dassault ici en France par mois ? Il y en a deux à trois par mois ! Vous voyez ? C'est de l'organisation, ça ? À ton avis ? Elle est bien organisée, notre société ? Ils ne sont pas capables de mettre des volets aux fenêtres des classes ? Ils ne sont pas capables de mettre de la clim dans les hostos ? Oh, c'est bien organisé ! Là, je n'ai aucun doute que les travailleurs, s'ils prenaient les choses en main, ça serait mille fois mieux organisé. Moi, je n'ai aucun doute, vous savez. Les travailleurs, ils prennent les usines. Ils prennent les usines, je dis bien.

Parce que j'ai entendu Fabien Roussel avoir une idée, il a jeté l'idée, il faut prendre les ronds-points. Moi, je ne suis pas pour prendre les ronds-points, je suis pour prendre les usines. Voilà. On prend les usines. OK ? On dirige les usines. Quelle première décision on prend, à votre avis ? Moi, en tout cas, dans la discussion, je dis, la première, la priorité, on embauche tous les précaires, tous les intérimaires, tous ceux qui servent de bouche-trou, là, d'habitude, qui sont pris, qui sont jetés. La priorité, c'est qu'on les embauche. et même, je propose de recontacter tous les mecs qui ont bossé ces deux dernières années et qui savent faire le taf.

Parce que nous, on a besoin d'alléger les cadences. On a besoin d'en finir avec nos horaires délirants. Ça, ça nous changerait la vie. Donc moi, ma priorité, c'est ça. Maintenant, on est à la tête de l'usine, on répartit le travail, on l'organise pour que ça ne soit plus un enfer. Donc, pour nous... La mobilisation, une révolte de masse où c'est pas tout casser, c'est pas foutre le feu, c'est pas ça la révolution, c'est pas ça. C'est des femmes et des hommes qui se lèvent pour résoudre leurs problèmes eux-mêmes. Et quand ils se lèvent avec cette conviction-là, que c'est à eux de résoudre leurs problèmes eux-mêmes, je vous assure, ils ont soulevé des montagnes en fait.

Ils ont soulevé des montagnes et il faut regarder cette histoire. C'est vachement important parce qu'aujourd'hui, on est sous l'eau. Aujourd'hui, il ne se passe que dalle. Quand il y a des colères, elles sont éphémères, elles ne sont pas massives. Donc on a l'impression que tout ça, ça n'a jamais existé, mais ce n'est pas vrai. Les travailleurs, ils ont une longue histoire de lutte, de lutte de masses, d'insurrection, et une longue histoire d'organisation aussi. Eh bien, regardez ce qu'ils ont été capables de faire au moment de la Commune de Paris, au moment de la Révolution russe, mais même au moment de la Révolution espagnole, on en parle, de la Révolution espagnole. Voilà, regardez !

Et c'est des démonstrations. Je vais vous dire, pour moi, et pourquoi nous ? Effectivement, tu dis on est utopique. Je comprends que tu sentes ça. Moi, je dirais plutôt qu'on est des optimistes. On est des optimistes révolutionnaires. Tu vois ? Et d'où vient notre optimisme révolutionnaire ? Eh bien, il vient de ce que les travailleurs, ils ont fait la preuve. La preuve qu'ils étaient capables de tout donner pour faire tourner la société. Ils la font déjà aujourd'hui. Qu'est-ce qui fait qu'une aide-soignante qui est payée à 1800 balles, elle se lève le matin ? C'est parce qu'ils sont prêts à tout donner, tout donner justement pour faire tourner la société, y compris pour les autres aussi.

Déjà aujourd'hui, on sent ça. Moi, c'est ça que je constate et je suis convaincue que oui, avec cette force-là et avec cette conscience que collectivement, on est capable de remplacer la classe capitaliste, de la remplacer et de changer le cours de l'humanité, c'est basé tout simplement sur ces constats-là. Je redonne la parole à ceux qui ont envie de la prendre. Bonjour. Tout d'abord, camarades, merci de me donner la parole. Je prends aujourd'hui la parole en tant que représentant d'un syndicat étudiant et en étant étudiant moi-même.

Et c'est vrai que vous avez un programme étudiant qui est ambitieux, notamment par exemple la refonte du CROUS, comme vous avez dit, plus de moyens, un véritable... un véritable droit d'accès à l'éducation. Mais aujourd'hui, on se pose une question simple, nous, en tant que représentants syndicaux étudiants, c'est où êtes-vous dans nos universités et dans nos luttes ? Parce que vous ne disposez d'aucun syndicat étudiant réellement implanté sur le terrain pour faire valoir nos droits et porter nos revendications.

Alors, au-delà des tracts et des programmes, quelles sont concrètement vos actions pour nous aider réellement aujourd'hui face à la répression et l'abandon réel de l'État bourgeois impérialiste de nos jours ? Parce que pendant que certains se contentent juste de communiquer, comme beaucoup d'organisations ou encore de syndicats, nous les jeunes, on est réprimés par l'État. Nous sommes nombreux à devoir vivre avec moins de 10 euros par jour, ce qui n'est pas beaucoup, on ne va pas se mentir.

Et nous sommes contraints de faire une, voire deux heures rien que de trajet pour aller avoir des études et à une université, ou encore de devoir travailler plus de 10 heures par semaine juste pour pouvoir subvenir à nos besoins et avoir accès à nos logements, vu que le CROUS n'a pas assez de logements. Et qu'il n'y a rien qui est fait. Alors on se pose aujourd'hui la question de quelles sont vos actions, mis à part les tracts et la communication, pour nous, nous aider, étudiants, face à cet État et à l'État capitaliste ? Ok. Est-ce qu'il y a d'autres interventions ? Alors, merci camarades de donner la parole. Moi, j'ai une question.

Alors, je sais, je viens d'arriver, donc si ça se trouve, elle a déjà été posée. Il ne faudra pas hésiter à me couper. C'est qu'en ce moment, on revoit le mouvement des Gilets jaunes reprendre le devant de la scène. Notamment, on parle du 15 septembre ou du 17 septembre. Et moi, j'aimerais tout simplement savoir comment Lutte ouvrière se place dans ce mouvement-là, que ce soit au précédent mouvement des Gilets jaunes. Et s'il y en a un nouveau au 17 septembre, comment Lutte ouvrière appréhende ce mouvement-là ? Voilà. Merci. Merci. Il y a d'autres ? Oui. Il y a... Ah... Bonjour, merci de me donner la parole. J'ai une crainte, une grosse crainte. Mes deux parents sont cheminots.

Et en fait, une de mes plus grosses craintes est que la fin des grands groupes, en fait. Je vois les précédentes révolutions, les précédents gros mouvements syndicaux qui se sont faits, ont été sur des grands groupes derrière avec des vrais syndicats forts. Et une... Une de mes grosses craintes, c'est qu'avec des années, c'est pas juste Macron, ça a commencé avec Hollande, avec Chirac aussi. Après, j'étais pas né, donc je pourrais pas dire. Mais finalement, on a démantelé ces grands groupes On a démantelé les grands syndicats.

Et comment est-ce que les idées révolutionnaires, les idées trotskistes, je suis un trotskiste dans l'âme, et comment est-ce qu'elles peuvent demain se propager pour faire une vraie révolution ? Et en fait, j'ai peur que cette révolution, elle soit nécessaire, mais qu'elle n'arrive pas parce que... Les grands syndicats n'existent plus avec toute la sous-traitance, tout le démantèlement de tous ces grands groupes. Et j'ai vraiment extrêmement peur que cette révolution n'arrive jamais à cause de ça. Voilà. Et quelle est la réponse de LO par rapport à ça ? Merci. Merci. Dernière intervention, parce que là, ça fait déjà pas mal de questions différentes.

En plus, c'est un petit peu différent, encore une fois. Bonjour tout le monde. Moi, ça va reposer la question du coup du vote et de Mélenchon ou pas Mélenchon, etc. Moi, j'avais cette question-là de dire qu'en effet, si la question de la prise de pouvoir, elle se joue pas dans les rapports électoraux, qu'en fait, c'est seulement à l'endroit du travail qu'on peut avoir un rapport de force favorable pour vraiment espérer changer les choses et que du coup il faut pas en attendre de la gauche bourgeoise réformiste pour vraiment changer les choses. je pense qu'on est pas mal à être tenté d'avoir vraiment un rapport purement...

utilitariste, un truc de vote barrage, de dire, bon, voilà, c'est le jour de l'élection, on va prendre 30 minutes, on va à l'isoloir, on met un bulletin Mélenchon, tout en sachant, sans se faire d'illusions sur ce que ça va pouvoir donner, et en se disant que la question de la lutte et du pouvoir est ailleurs Mais du coup, ma question, c'était de dire, si on n'en attend pas grand-chose de cet espace politique-là, quel est l'intérêt de voter pour une gauche révolutionnaire dans les urnes, plutôt que Mélenchon, sans se faire trop d'idées. Merci. Merci. Je vais prendre dans l'ordre. Tu n'étais pas là au début, mais tu sais, j'ai fait le tour... Comment dire ?

J'ai fait une espèce de tour d'horizon. Sur les désastres, enfin sur la catastrophe dans laquelle nous plonge le capitalisme. Donc là, toi, tu vois du point de vue des étudiants, c'est normal, tu l'es, t'es engagé, apparemment, c'est ta spécialité. Mais moi, je crois qu'il faut voir plus large. Et je pense que, y compris quand on est jeune, il faut réaliser que bien sûr que les étudiants, bien sûr que... Et les retraités, comment ils sont traités ? En plus, ils osent nous dire que les retraités sont trop riches. Mais il y a des millions de retraités qui sont pauvres.

Des femmes et des hommes qui ont bossé toute leur vie et qui aujourd'hui galèrent, qui n'ont même pas de quoi se chauffer l'hiver, etc. On est tous en train d'en prendre plein la figure, tous, et même pas qu'à l'échelle de la France. Parce que je tiens à dire aussi que nous, notre ambition, et c'est aussi ce qui d'ailleurs me distingue d'un Mélenchon ou quoi, c'est que moi je ne poserai jamais la question seulement à l'échelle de la France. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, si on n'a pas cette conscience qu'on est une seule et même humanité, une et indivisible, et que les problèmes qu'on a se posent à l'échelle de la planète, on n'a vraiment rien compris en fait. On va changer la France ?

On va changer la France ? Avec un capitalisme mondial ? Avec des financiers qui ont transformé l'économie en casino mondial ? Mais c'est de la blague ! On va faire des choses contre le réchauffement climatique sans se poser la question de transformer le monde ? C'est de la blague. Donc nous, c'est ça notre ambition. Et tu sais, tu dis, oui, juste de la communication, juste des tracts, juste on manque d'idées, on manque de perspectives aujourd'hui. Voilà, t'as plein de gens qui comprennent bien que tout va à vau-l'eau, que tout est en train de partir en cacahuètes, qu'ils sont complètement dépassés par la situation.

Et puis qui est là pour dire, mais vous savez, le capitalisme, il a un début, il aura une fin. Le capitalisme, c'est une organisation sociale qui est temporaire. L'humanité, elle a traversé plein d'organisations sociales différentes et elle n'est pas condamnée pour l'éternité à cette société capitaliste. Eh bien, toi, rien que ça, cette idée-là, tu vois. Tu dis que c'est juste un tract, c'est juste une idée comme ça. Eh bien, moi, je considère que c'est de la dynamite. cette idée-là. Pour les consciences, justement. Pour qu'on lève le nez du guidon. Et pour qu'on comprenne ce qui se passe. Que les sociétés, elles évoluent, elles se transforment.

Et pour qu'on en vienne au constat que Marx, il avait fait. Toute l'histoire de l'humanité, c'est l'histoire de la lutte de classes. C'est faux ? C'est devenu faux ? Il n'y a plus de classes sociales aujourd'hui ? Il n'y a plus d'exploitation ? Donc voilà, moi je pense que oui, ces idées-là, on en a besoin, que les travailleurs, ils en ont un besoin urgent même, et que c'est précisément parce que ces idées-là, elles n'existent plus plus dans le monde du travail, qu'elles ont beaucoup reculé, qu'on est dans le recul politique et moral avec effectivement un boulevard, y compris au Rassemblement national aujourd'hui. Voilà.

Il y a un camarade qui a posé la question des gilets jaunes et qu'est-ce qu'on ferait s'il y avait un mouvement qui reprenait sur le mode gilet jaune, les ronds-points ? Eh bien, je vais dire, on irait sur les ronds-points. Et on irait sur les ronds-points en disant, mais toi, tu bosses où ? Et toi, tu bosses où ? Et puis, avant d'aller sur les ronds-points, dans nos boîtes, on dirait, attendez les gars, peut-être qu'avant d'aller sur le rond-point, on pourrait peut-être discuter entre nous. Et on pourrait même transformer l'usine en rond-point. Et on pourrait même dire que le rond-point qui est là-bas, qu'il vienne ! Qu'il vienne ici ! Parce qu'ici, il y a un toit, tout est...

Tu comprends ? On essaierait de faire rentrer cette colère et cette révolte dans les entreprises. Parce que si on veut vraiment défendre nos intérêts, il faut qu'on vise juste... Il faut qu'on vise juste. Et je suis désolée de le redire, mais si on veut des augmentations de salaire, ça veut dire qu'il faut qu'on arrache une partie des profits. Parce que si on dit « Oh, c'est l'État qui doit nous verser les salaires », mais c'est de la blague, cette histoire-là. Vous savez, rapprochez le brut du net. C'est de la blague. Le brut, c'est une partie de notre salaire. Vous le savez. C'est le salaire qu'on a quand on est malade, quand on est à la retraite, quand on est au chômage.

Tout ça, c'est de la blague. Ils veulent enlever les cotisations et puis on les paiera autrement, en fait. On va se payer notre propre augmentation de salaire. Super ! On va beaucoup avancer comme ça. Donc moi, ce que j'aurais envie de dire, c'est que si sur ces ronds-points, il y a des travailleurs qui raisonnent comme ça, moi, j'aurais envie de leur dire, de leur expliquer. On se gourre, les gars. On est en train de viser à côté. C'est le chirurgien qui, au lieu d'opérer la jambe gauche, opère la jambe droite.

Si on veut viser bon, si on veut vraiment des augmentations de salaires et changer notre sort, il faut aller dans les boîtes et il faut s'affronter au patronat, au grand patronat, bien sûr. Donc voilà ce que nous, on ferait dans le cadre. Et ce serait un commencement pour nous, tu vois. Prendre les ronds-points, s'il y avait vraiment ça, ce serait un commencement dans lequel on s'inscrirait, mais que le premier pas. Et il faudrait faire les suivants. Sur la question des grands groupes. En fait, ce que tu poses, c'est l'émiettement effectivement de la classe ouvrière, cette cascade de sous-traitants, toutes ces boîtes qui se découpent en tranches, etc.

En fait, tu poses la question de la division des travailleurs. C'est ça la question que tu poses. De la division des travailleurs. Mais tu comprends, la SNCF, elle a vendu des marchés à Keolis, à Transdev, etc. Mais ça reste les mêmes travailleurs, en fait. Ça reste les mêmes conditions de travail. Et nous, c'est là-dessus qu'il faut... Tu vois, c'est un combat. C'est un combat pour... Mais qui n'est pas si compliqué que ça, en fait, à mener. En fait, c'est pas si compliqué que ça. Tu vois ? Bien sûr que les patrons, ils font tout pour diviser. Il y a ceux qui sont dans les bureaux. Il y a ceux qui sont dans les ateliers. Il y a les femmes, il y a les cadres, il y a les machins.

Ils inventent toute une hiérarchie, tu vois, pour diviser. Donc... De toute façon, c'est ce que je disais tout à l'heure, semer la division, ils en ont un besoin absolu. Et c'est pour ça qu'ils ont un besoin absolu du racisme. C'est pour ça. Ils ont besoin de nous diviser s'ils veulent continuer de régner, en fait. Donc, toi, ce que tu poses, c'est ce problème-là. Mais ce problème, je peux te dire que le monde du travail, il y a toujours, toujours été confronté. Toujours. Et que quand il y a eu, mais même... Marx, il en parle dès 1845, 1848. Il parle y compris du racisme contre les Irlandais en Angleterre. Tu vois ? Et il parle de toutes ces façons de diviser.

Des fois, tu te dis, mais c'est ce qui se passe aujourd'hui. Il y a plus d'un siècle, quoi. Tu vois ? Et en fait, les travailleurs, quand ils ont vraiment eu l'envie de se révolter et de dire, ça suffit, de façon naturelle, qu'est-ce qu'ils ont cherché ? ils ont cherché leur unité. Parce que s'il y a quand même bien une, comment dire, une arme, enfin notre arme principale, c'est celle de l'unité de notre camp, évidemment, tu vois.

Donc moi, j'ai aucun doute, si tu veux, que quand il y aura cette volonté de se battre, et on le voit, moi j'ai des camarades qui me racontent comment dans une grève, y compris des gens qui n'étaient pas clairs sur le racisme ou qui ne parlaient plus à tel ou tel gars parce qu'ils s'étaient empaillés, etc., Comment il est allé le chercher pour qu'il soit lui aussi sur la grève ? Parce qu'il y avait cette nécessité. Il faut qu'on soit ensemble, il faut qu'on soit plus nombreux, il faut qu'on soit plus forts.

Donc à partir du moment où les travailleurs peuvent se battre, je peux vous dire qu'il y a beaucoup de murs qui ont été artificiellement dressés entre nous qui tombent, qui tombent très vite en fait. Et puis, oui, sur Mélenchon, tu dis « Bon, moi, je voterai Mélenchon, mais avec au cœur, dans mon cœur, les idées révolutionnaires, en gros. » C'est ça. Et tu dis « Bon, moi, je pense quand même que c'est une façon un peu de te tromper, en fait. Je pense que quelque part, tu marches dedans. Quelque part, tu penses vraiment que ça peut être utile et que ça peut te protéger. Et c'est là-dessus que je veux vraiment discuter parce que moi, je pense...

Que croire comme ça en un sauveur suprême, Mélenchon ou un autre, c'est vraiment, vraiment une illusion. Et jouer le jeu « je vais vous protéger, je vais faire ci, je vais faire ça, etc. », quelque part, c'est nous désarmer. C'est nous désarmer. Et je pense qu'on en crève de cet attentisme. C'est-à-dire qu'on passe notre vie à attendre, en fait. On passe notre vie à attendre que les autres fassent. Et on passe notre vie à attendre les élections. Et comme le système est bien fait pour nous tromper, il y a des élections régulièrement. Du coup, tu dis, allez, il n'y a plus que 8 mois à attendre. Allez, il n'y a plus qu'un an à attendre. Parce qu'il y a d'autres élections qui arrivent derrière.

Et finalement, ça nous désarme parce qu'on perd de vue ce que nous, on peut faire. Ce que nous, on peut faire à la base. Pour justement déjà faire avancer nos intérêts. Et nous, c'est vraiment ça l'idée fondamentale qu'on veut passer. C'est insister, toujours insister sur le fait que On se sent aujourd'hui impuissant, on se sent tout petit, on se sent divisé. On voit que dans notre camp, t'as des travailleuses et des travailleurs, des femmes et des hommes qui sont complètement déboussolés, qui partent complètement à la dérive, qui sont prêts à se tirer une balle dans le pied, etc. Ça nous démoralise aussi. Ça démoralise un certain nombre de gens. Moi, je ne suis pas démoralisée.

Parce que quand on comprend les mécanismes d'où ça vient, je pense qu'on n'est pas démoralisé. Et c'est là qu'aussi le copain qui disait, oui, les idées, les tracts, les machins, c'est hyper important, les idées, de comprendre ce qui se passe. Parce que dès qu'on commence à comprendre, le problème, c'est d'agir. Et l'action, je peux vous dire que c'est la meilleure médication contre la démoralisation. Voilà, je ferme la petite parenthèse. Mais... Donc, en fait, on est impuissant, on a l'impression d'être piétiné, d'être humilié en permanence, etc. Justement, il faut qu'il y ait une voie pour prendre le contre-pied de tout ça. Et pour remettre la pendule à l'heure. Voilà. Non !

Ils nous rabaissent. Ils nous rabaissent. Mais nous, on pense que tous ces mecs-là, c'est des jean-foutre. Parce que j'ai entendu Mélenchon utiliser « jean-foutre ». Ce sont des jean-foutre et ce sont des bons à rien. Alors, il dit ça, mais il dit ça de Macron. Il dit ça des politiciens. Ben nous, il faut qu'on ait... comment dire, la fierté de dire ça, de la part des capitalistes. C'est eux les bons à rien. S'il y a des bons à rien, s'il y a des jean-foutre, s'il y a des assistés, c'est eux. S'il y a des mecs, s'il y a des parasites, c'est eux. Et que nous... Nous, il faut qu'on réalise la valeur qu'on a pour la société. La valeur.

Il faut qu'on réalise, je le redis, la force qu'on a entre les mains. Nous, notre force, c'est quoi ? C'est qu'on fabrique les richesses. Ce qui est dingue, c'est qu'on fabrique les capitaux qu'ils utilisent pour nous enchaîner à eux, pour nous transformer en leurs esclaves. Parce qu'on est des esclaves salariés. Alors OK, des esclaves qui ont des fois leur week-end, qui peuvent partir, OK, d'accord, mais tu retournes bosser. L'escapade, ça ne dure pas. Ils te rappellent, la réalité revient. Et finalement, tu réalises que l'essentiel de ta vie, elle ne t'appartient pas. Elle appartient à ton patron, en fait. Voilà. Bon.

Mais donc, redire, c'est nous qui sommes à la base de tout, à la base des profits, à la base des capitaux, à la base... Les inventions, c'est qui ? J'ai entendu... Vous savez, ce milliardaire qui fait le tour des médias, MC Pao, là. Le mec, il dit, il faut voir loin, il faut... Voilà. Les milliardaires, c'est des gens qui voient loin, qui inventent. Mais c'est de la blague ! Qui c'est qui invente ? Qui c'est qui fait avancer les recherches ? Et même la fille qui a inventé, vous savez, l'ARN qui a été utilisée pour le vaccin contre le Covid, elle a eu un mal pas possible toute sa vie pour avoir les financements, et il a fallu qu'elle se batte pour ça, la fille.

Et franchement, elle, voilà le genre de gens que moi j'admire. C'est-à-dire, en fait, elle, c'est une travailleuse de la recherche, C'est pas ok, mais ça fait partie justement du monde du travail. Donc redire, bah oui, nous notre monde c'est ça. C'est tous ceux qu'on utilise aujourd'hui comme petites mains, c'est peut-être des plus grands cerveaux, mais ce monde-là, ce monde du travail, c'est lui qui la porte la société. Il la porte. Donc il faut pas se faire tout petit. On n'a pas à se faire tout petit. On est les indispensables. On est les essentiels. Eh bien, ça doit être nos intérêts d'abord. Nos intérêts d'abord.

Et on doit même se dire qu'on n'est pas seulement bon à marner, à obéir et à se taire. Qu'on a plein d'idées sur comment la société devrait être organisée, sur comment elle devrait être dirigée. Donc, c'est ces idées-là qu'il faut... Tu vois, nous, par exemple, on ne considère pas que l'élection présidentielle soit la plus importante. Et même quelque part, tu vois, l'élection municipale, pour nous, c'est une élection importante. Et on en a profité. Au municipal, on avait 11 000 candidats. Tu vois ? 11 000 candidats. Et c'était des femmes et des hommes du monde du travail.

C'était des AESH, il y avait des égoutiers, il y avait des ouvriers, il y avait des gardiens d'immeubles, il y avait des surveillants, c'était l'ensemble du monde du travail. Il y avait des enseignants, je les inclus, il y avait des gens au chômage. Quand je parle de travailleurs, qu'on s'entende bien. Je parle de l'ensemble des femmes et des hommes qui, de toute façon, pour vivre, ils vont avoir besoin, à un moment ou à un autre, de vendre leur force de travail. Je pense à tous les jeunes des classes populaires qui vont devoir passer sous les fourches caudines d'un patron. Je parle à tous ceux qui galèrent au chômage. Ça fait partie du monde du travail. Vous voyez ?

C'est bien sûr qu'il n'y ait pas d'ambiguïté là-dessus. Donc, sur nos listes, il y avait tout cela. Et sur quelle idée ? Sur l'idée que, ouais, ok, on n'a peut-être pas tous fait des études, on ne sait pas comment gérer une municipalité avec, ok, mais nous, on connaît les besoins de la population. Et il faut qu'on s'en mêle. Parce que ce qu'on voit, c'est que les choses, elles ne sont pas organisées pour répondre aux besoins de la population. Tu vois ? Et bien, rien que faire avancer cette idée dans la conscience de 11 000 personnes et au-delà, pour nous, c'est ça le plus utile. C'est ça le plus utile.

Je le redis, s'il y a vraiment une montée du fascisme ne croyez pas que ce sera un bout de papier qui va vous en protéger c'est pas vrai le fascisme on fera face s'il y a des masses qui s'organisent et qui se soulèvent contre lui donc même dire voilà on va gagner un petit peu de temps à mon avis c'est à côté de la plaque c'est à côté des nécessités et puis pour rajouter 100 balles aussi Parce que je sais que... Mais vous voyez, moi, il y a quand même quelque chose qui me fait toujours bouillir. C'est quand on dit, voilà, Mélenchon, finalement, c'est le meilleur outil pour combattre le RN.

Parce que vous croyez que le nationalisme, c'est le meilleur outil pour combattre le racisme, par exemple ? Parce que s'il y en a un qui est nationaliste, quand même, enfin, de toute façon, s'il y en a un, ils le sont tous, mais Mélenchon, il l'est. Il l'est, voilà, y compris la France, les intérêts de la France, la grandeur de la France présente sur les cinq continents. L'armée allemande, au secours, il n'en faut pas. Mais l'armée française, alors, qu'est-ce qu'elle est bien ! Mais l'armée française, elle a combien de crimes contre l'humanité, sur la conscience, au Rwanda, en Afrique, en Indochine, en Algérie, au Cameroun ? Combien ?

Moi, je ne fais pas plus confiance en l'armée française qu'en l'armée allemande ou qu'en l'armée américaine ! Et vous voyez, ce nationalisme, c'est-à-dire dire, ce nationalisme qui va de pair avec les idées protectionnistes, parce que le protectionnisme, c'est aussi quelque chose de très puissant et de très fort, qui est défendu maintenant par tout le monde. Alors comme Mélenchon, il est un peu gêné, parce que parfois, ça peut ressembler à ce que dit Le Pen, lui, il rajoute « Moi, je suis pour le protectionnisme intelligent ». Ou il rajoute, je suis pour le protectionnisme solidaire.

Mais ça reste du protectionnisme, c'est-à-dire l'idée qu'il y a une guerre économique à mener et que nous, il faut qu'on se protège de la concurrence des autres, etc. Mais qu'est-ce que quelqu'un qui vote Le Pen, il peut... Qu'est-ce que ça le conforte ? C'est exactement les mêmes idées, en fait. C'est les mêmes idées. Et moi, ça m'a toujours paru étrange, je dois vous avouer, que le racisme, c'est une tache infamante. Ah, c'est pas beau d'être raciste. C'est même très moche. Et les partis qui sont racistes se défendent absolument d'être racistes. Par contre, alors le nationalisme, qu'est-ce que c'est merveilleux !

Il faut tous être nationalistes, être fiers d'être français, être fiers des entreprises françaises. Tous. Moi, ce que je pense, c'est que le nationalisme, le continuum, ça donne justement le racisme. Et ce n'est pas avec ces idées-là. C'est pas avec ces idées-là, avec l'idée qu'il faut que le paracétamol soit français, que le bœuf soit français, que les usines soient françaises que les capitalistes soient français, que tu vas convaincre le mec qui dit le travail aux Français que ça, c'est complètement débile. Parce que là, franchement, je sais pas quel argument tu vas utiliser, mais moi, je peux pas le faire. Je peux pas le convaincre. Parce qu'en réalité, tout ça, c'est la continuité.

Voilà. Donc, nous, effectivement, c'est pas le nationalisme. Nous, c'est le camp des travailleurs. Le camp des travailleurs de tous les pays. Absolument de tous les pays. Et notre conscience, notre conviction, c'est que s'il y a des luttes et des explosions sociales ici, une des priorités, ça sera de tout faire pour que ça se répande et pour que les travailleurs, les exploités des autres pays, bien sûr, comment dire, se mettent dans ce mouvement-là. Mais ça ne nous inquiète pas trop. Parce qu'en fait, ce que tu vois, c'est quand il y a eu des révoltes profondes, que ce soit au printemps arabe, par exemple, ça fait tache d'huile.

Quand il y a vraiment, si vous voulez, un séisme social, une explosion sociale de masse, en général, ça se répand. Parce que ça conforte les opprimés des pays voisins et ça leur donne du courage. pour partir eux aussi dans le combat. Donc voilà, nous, voyez, oui, c'est le camp des travailleurs, des travailleurs de toutes les origines, de toutes les couleurs de peau, de toutes les... Voilà, nous, on se place de leur point de vue. Je précise d'ailleurs qu'on est...

pour le droit à la liberté de circulation et d'installation de tous les travailleurs du monde, qu'on ne sera jamais de ceux qui diront, toi, tu peux avoir des papiers, toi, tu peux venir, et toi, reste crever dans ta région, ou de toute façon, tu peux plus vivre parce qu'il n'y a plus d'eau, ou reste crever, prisonnier des guerres et de la misère. On ne sera jamais de ceux-là. Jamais de ceux-là. Voilà. Les travailleurs... Il faut qu'ils puissent circuler, s'installer, et tout ça, c'est le camp des travailleurs, en fait. Et c'est forcément, effectivement, des perspectives pour remettre la société en cause tout entière. Pas un petit bout, pas un petit bout seulement, mais toute la société.

Je vais terminer comme ça. Mais vous savez, quand on voit ce qui se passe quand même au Moyen-Orient, Quand on voit ce qui se passe, le génocide à Gaza, quand on voit ce qui se passe en Afrique, quand on voit ce qui se passe partout dans le monde, on se dit, mais il y a un avenir, là ? Ils creusent, ils creusent toujours plus profond. Il y a des fossés de sang qui se remplissent. Il y a un avenir ? Donc, vous voyez, non, il faut... Moi, j'en reviens. Un des slogans, en tout cas, des idées qu'on a envie de faire passer, c'est que c'est aux travailleurs, maintenant, de prendre la relève. C'est aux travailleurs de prendre conscience. C'est à eux, à eux de faire les choses.

C'est à eux de s'en mêler. C'est à eux de décider. C'est à eux de diriger. Pas aux capitalistes, pas à leur État, pas à leur armée, pas à leurs politiciens. Voilà. Je propose qu'on s'arrête là. Parce que, voilà. Bonne fête à tous, bonne continuation à tous, et la discussion, elle continue, bien sûr !