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InterviewFrance Culture (sur YouTube)· 6 juillet 2023 30 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileSolidarités & familleInstitutions & élections

François Hollande : "Le rôle de la politique, c'est de donner une espérance commune"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quel est votre regard sur ces quelques jours que la France a traversés ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Votre regard sur ces deux cagnottes ?

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Qu'en pensez-vous de ces Français qui soutiennent la cagnotte pour le policier ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Une statistique sur le taux de pauvreté chez les jeunes dans les familles immigrées, votre analyse ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces événements ne sont pas un 'pain béni' pour l'extrême droite ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas aussi un échec de la gauche ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:30François HollandeFait
    « il y a une installation d'une logique d'enfermement c'est-à-dire que on sort de plus en plus difficilement de son quartier »
  • 6:30François HollandePromesse
    « il faut encadrer beaucoup plus ces jeunes et il faut leur donner la possibilité de réussir leur vie »
  • 7:30François HollandeFait
    « le chômage a baissé longtemps et j'ai dû être parmi cela nous avons pensé que lorsque le chômage serait particulièrement bas et bien il y aurait d'une certaine façon une résolution de nos problèmes d'inégalités de pauvreté et bien ce n'est pas le cas »
  • 8:30François HollandeFait
    « il y a le phénomène d'imitation il se passe l'événements quelque part on a envie de le reproduire »
  • 9:00François HollandeFait
    « les trafiquants de drogue ont joué un rôle tout à fait évident dans ces mouvements »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] France Culture les matins d'été guillaume Erner bonjour François Hollande bonjour monsieur le Président il y a deux tonalités dans la presse ce matin il y a des journaux qui cherchent à comprendre ce qui a traversé la tête de ses émeutiers c'est par exemple le cas de libération ou bien du journal La Croix qui ont enquêté donc sur le profil de ces jeunes souvent des primo délinquants et puis il y a une autre presse qui appelle à l'ordre qui évoque le très lourd bilan d'une semaine de violence c'est par exemple le cas du Figaro quel est votre regard sur ces quelques jours que la France a traversé c'est un regard de douleur douleur parce que tout est parti de la mort d'un jeune homme à la suite d'un contrôle de police douleur parce que quand on voit des quartiers mais même des villes moyennes s'embrasées avec de la violence avec le risque pour la vie humaine avec des destructions de biens il y a là comme une douleur de voir partir en fumée des équipements publics des commerces et un certain nombre d'établissements qui rendent justement des services et puis enfin douleur parce que il y a eu des attaques contre les symboles de la République les écoles mais les mairies et puis les élus donc face à cette situation au-delà de la douleur je pense qu'il est important de se trouver en unité en cohésion en bloc parce que nous formons tous une même nation et c'est ce qui a sans doute pour partie manquer face à des événements de cette gravité et puis ensuite c'est de prendre après bien sûr les regards que on doit avoir sur ces émeutiers ce qui les a conduit jusque là de prendre les bonnes décisions quand je dis les bonnes décisions c'est des décisions qui vont durer parce que des émeutes des événements dans les quartiers on en a connu 2005 dont on a eu d'autres il y en a eu aussi à l'étranger c'est un phénomène qui n'est pas en soi nouveau mais qui est récurrent et bien il faut s'atteler apprendre les décisions qui vont permettre d'agir sur les causes même de ces processus sans rien d'excuser de ce qui s'est produit du côté de ces mineurs de plus jeune qui se sont peut-être laissés entraîner mais que pour beaucoup ont voulu piller et voler bon on a le sentiment qu'il est justement très difficile de faire société dans ces conditions qu'en pensez-vous François Hollande oui cette question je me la supposé au cours de mon mandat comment maintenir l'unité du pays comment faire que nous nous divisions pas affronter une autre crise c'était celle du terrorisme islamiste mais la même interrogation venait à mon esprit nous avons toujours besoin face à des événements qui peuvent nous diviser de rappeler ce qui nous unit et non pas accentuer ce qui nous sépare parce que le risque c'est bien sûr qu'il y ait des logiques séparatistes qui se mettent en place donc il y a ça fait partie du rôle de la politique de donner une espérance commune tout en étant extrêmement clair sur l'autorité l'autorité c'est pas un mot qui doit heurter l'autorité elle doit être légitime l'autorité elle doit être assumée l'autorité elle doit être sans doute respectueuse mais respecté et donc c'est la question de l'autorité qui est forcément posée mais pour qu'il y ait de l'autorité il faut qu'il y ait de la justice et de l'égalité c'est ainsi qu'elle trouve toute sa force il y a un symbole par exemple de la désunion des Français ce sont ces deux cagnottes alors l'une a été menée pour la famille du policier qui aujourd'hui soupçonné d'humeurtre du jeune Naël et puis l'autre pour la famille de l'adolescent tué votre regard monsieur le Président sur ces deux cagnottes là aussi c'est un phénomène qui a pris son ampleur avec les réseaux sociaux avant c'était plus compliqué quand même de marquer éventuel soutien et ensuite on voit bien qu'il y a une instrumentalisation au moins d'une cagnotte quand on cherche de la solidarité c'est par rapport aux victimes c'est pas par rapport à des mises en cause ou à des personnes qui ont commis un certain nombre d'actes qui vont justifier qu'elle puisse passer devant la justice alors je pense qu'il faudra réglementer cette organisation de cagnotte d'ici là il y a des actions de justice puisque je sais que la famille du jeune à elle a déposé plainte par rapport à cette cagnotte qui a été constituée par un irresponsable je dois dire d'extrême droite qu'on connaît bien et qui est dans une non pas dans une étude de solidarité à l'égard de la police mais aux études d'instrumentalisation du malheur vous seriez favorable à son interdiction la justice ne peut se prononcer là-dessus sur le plan de la morale je pense qu'il faudrait réglementer donc légiférer sur ces questions parce que c'est un Fillon on a le droit de déposer des dons mais ce qu'il y a justement des dons qui peuvent être effectués pour soutenir des causes qui ne sont pas morales c'est ça la question est-ce que ça n'est pas justement cassé le thermomètre puisque cette cagnotte alors pour partie des gens qui ont contribué à cette cagnotte pour la famille donc du policier soupçonné de meurtre et c'est probablement aussi un geste politique fort et ce geste politique fort il correspond à une partie des Français que pensez-vous justement de ces Français qu'est-ce qu'on peut tenir comme discours vis-à-vis de monsieur le président oui je sais pas exactement qui sont ces Français là nous l'ignorons mais on voit que les hommes récoltés sont importantes puisque c'est anonyme d'où viennent ces ressources d'où vient cet argent là aussi ça mériterait que on lève l'anonymat et qu'on connaisse exactement les les sources mais je crois que c'est pour ça qu'il faut légiférer parce que sinon on va continuer à affronter ou à se confronter nous-mêmes affronter les les risques de manipulation parce que là en l'occurrence il y a une manipulation avec ce personnage d'extrême droite qui déjà avait Séville au moment des gilets jaunes et qui continue de le faire et il faut essayer aussi d'éviter de se diviser des solidarités existent elles peuvent être faites par d'autres moyens donc c'est pour ça que je pense que là on est sur une polémique sur les cagnottes mais on voit bien que notre problème est bien plus considérable que de savoir d'où viennent ces fonds là et qui les a produit alors un problème considérable il est évoqué par exemple dans le Finn unchel Times du jour avec une statistique que je trouve extrêmement éclairante et que je vais vous soumettre François Hollande c'est une statistique sur le taux de pauvreté chez les jeunes dans la moyenne nationale et dans les familles d'immigrés pour le pourcentage de jeunes pauvres et bien la France est plutôt bien classée elle est au niveau de la Suède et de l'Allemagne en revanche si l'on voit la différence entre la moyenne nationale et le taux de pauvreté des jeunes dans les familles immigrées alors là nous sommes très mal classés puisque on parle de 10 à 40% et là et parmi les pays de l'OCDE nous sommes presque l'un des pays qui fait le moins bien dont le score est le pire là aussi est-ce qu'il n'y a pas une clé et puis j'aimerais votre analyse de ce très mauvais chiffre le problème c'est que dans les quartiers vivent des populations qui sont pour beaucoup d'origine étrangère avec des enfants qui ne sont plus étrangers qui sont des Français et il y a une installation d'une logique d'enfermement c'est-à-dire que on sort de plus en plus difficilement de son quartier et deuxièmement quand on en sort les populations qui viennent remplacer celles qui partent sont également d'origine étrangère et souvent d'immigration récente donc ça accroît encore le taux de pauvreté dans dans ces mêmes lieux et donc l'objectif de mixer social qui a été porté par les politiques de la ville il est progressivement repoussé toujours à plus tard donc à la seule manière de faire c'est d'éviter qu'on place les mêmes personnes en difficulté dans les mêmes lieux qui ce qui crée d'ailleurs des tensions à l'intérieur même de ces quartiers par ailleurs il faut aussi regarder dans tout système de redistribution il est plutôt efficace notre système de redistribution les inégalités entre les plus pauvres et les plus riches et plutôt ce taux d'inégalité et plutôt bas si on considère les nationaux en revanche il y a une paupérisation des plus pauvres et c'est pas simplement une paupérisation monétaire c'est-à-dire avoir de faibles revenus c'est une popularisation destin je devrais dire c'est-à-dire que non seulement vous n'avez pas beaucoup de moyens pour vivre mais vous pouvez essayer de dépasser cette difficulté parce que vous avez l'espérance de pouvoir en sortir là c'est une paupérisation parce que vous êtes enfermé dans votre quartier et enfermé dans la perspective de pouvoir en sortir et donc il y a la nécessité là aussi de changer profondément le système scolaire parce qu'il faut encadrer beaucoup plus ces jeunes et il faut leur donner la possibilité de réussir leur vie ce que nous sommes dans un paradoxe le chômage a baissé longtemps et j'ai dû être parmi cela nous avons pensé que lorsque le chômage serait particulièrement bas et bien il y aurait d'une certaine façon une résolution de nos problèmes d'inégalités de pauvreté et bien ce n'est pas le cas même en période de chômage bas il y a cette installation d'inégalités profondes dans ces quartiers liés au fait que il n'accepte pas aux emplois qui peuvent être considérés comme les plus qualifiés donc il y a là aussi à travailler sur l'orientation scolaire les métiers qui sont fournis à ces jeunes de manière à leur donner une confiance dans la République une confiance dans leur avenir mais c'est un phénomène hélas bien connu en sciences sociales on appelle ça la frustration relative c'est notamment lorsque les choses vont mieux que les crises se produisent mais est-ce que ça veut dire que il y a une partie des Français qui aujourd'hui est complètement en marge de ce phénomène d'amélioration est-ce que c'est un phénomène qui est beaucoup plus proche de la crise démocratique ou de la crise de la modernité qui fait que un certain nombre de personnes s'en prennent à des symboles sont en proie à une rage incontrôlable que l'on a vu donc défaire les sur le pays oui alors là il y a plusieurs facteurs qui s'ajoutent les uns les autres d'abord il y a le phénomène d'imitation il se passe l'événements quelque part on a envie de le reproduire ce qui est très frappant dans ce qui s'est produit cette semaine enfin la semaine dernière c'est le fait que ça aille plus toucher des communes qui jusqu'à présent étaient totalement épargnés par ces violences où il n'y a pas de quartier populaire où il n'y a pas de personnes issues de l'immigration depuis longtemps donc il y a par les réseaux sociaux sans doute par les images le phénomène d'imitation deuxièmement il y a le désoeuvrement la déscolarisation parce que quand le système scolaire et des enseignants ne sont pas en cause quand l'année scolaire est assez est ainsi découpé quand à partir du 1er juin ce qui est le cas cette année des jeunes souvent très jeunes d'ailleurs ne sont plus scolarisés sont dans dans le désœuvrement et l'oisivet ça produit ça et enfin je crois qu'il faut regarder les choses en face les trafiquants de drogue ont joué un rôle tout à fait évident dans ces mouvements ils avaient envie d'utiliser la colère dans un premier temps le le peut-être l'envie de casser dans un second temps et les effets d'imitation et d'entraînement et le pillage ils ont eu envie de déstructurer de désorganiser l'appareil policier pour mieux assurer leur trafic donc faut être conscient aussi de ce que les les mafia les petites les grandes d'ailleurs mafia de la drogue provoque dans notre pays et pas simplement dans les quartiers populaires parce que ce trafic là il existe partout et et pas simplement dans les métropoles François Hollande une question personnelle lorsqu'on est un responsable politique et que l'on voit et ce qui s'est déroulé ces jours-ci est-ce qu'on se sent responsable comment nommer sa responsabilité dans les événements qui sont déroulés ma responsabilité elle est de moins en moins grande depuis que j'ai quitté le pouvoir mais d'avoir exercé le pouvoir fait que à un moment ou un autre la question est légitime moi j'avais mis le paquet sur l'école créer de nombreux postes j'avais pensé qu'il fallait faire une politique de la ville qui soit pas simplement la réhabilitation des lieux mais aussi à l'accompagnement des personnes par les associations par les emplois aidés par une politique culturelle je considère qu'il est dommage qu'on n'est pas poursuit dans ce sens mais notre problème il est essentiellement de l'ordre de la répartition de la population c'est-à-dire que nous sommes tous satisfaits que chaque fois que il y a des courants migratoires nous recevons avec les demandeurs d'asile un certain nombre de personnes mais nous les plations toujours dans les mêmes lieux dans les mêmes départements dans les mêmes villes et j'avais essayé de de faire repousser c'était différent puisqu'il s'agissait d'accueillir des demandeurs d'asile pour un temps très limité la partie justement de l'idée qu'il faut je sais pas de répartir il s'agissait tout simplement comme je l'avais fait moi-même moment où on avait démantelé de faire que pendant un temps limité puisse voir un accueil de demandeur d'asile mais on a vu comment l'extrême droite avait agi comment le l'élu avait été menacé je fais d'ailleurs une observation il y a eu une solidarité à l'égard de cet élu de Saint-Brévin même j'ai vu que des élus de gauche y étaient allés j'aurais voulu aussi qu'il soit aussi solidaire par rapport à ce qui s'est passé à L'Haÿ-les-Roses on se retrouve dans quelques instants François Hollande monsieur le Président on évoquera le bilan à la fois de la gauche lorsque vous étiez au pouvoir mais aussi plus présentement la manière dont celle-ci la gauche peut tenter d'apporter des remèdes à cette situation à cette crise sociale qui a été révélé par ses émeutes 7h 9h les matins d'été guillaume Erner 8 heures 22 sur France Culture quelle réponse apportée à la crise qui agite la France depuis la mort de Naël un plan un plan présenté par le chef de l'État c'est ce dont vous nous avez parlé dans votre billet politique j'en ai marre François Hollande une réaction à ce qu'a dit mon camarade Jean-Louis il a dit beaucoup de choses donc je reviendrai pas sur tous les points mais on redécouvre la question des quartiers de l'or qu'il y a eu des émeutes et des émeutes qui ont été extrêmement violentes et qui n'ont pas touché que les quartiers et qui traduisent donc un phénomène de recours à la brutalité à la violence à la destruction qui touche une partie de la jeunesse jeunesse sans doute désœuvres jeunesse déscolariser une jeunesse qui n'est plus encadrée bref il y a ce sujet là et donc on attend encore un plan peut-être il ne viendra même pas mais ce qu'il faut c'est agir en continu c'est-à-dire cesser de croire que il y aura une solution miracle parce que nous connaissons tous les éléments de de la réponse la réponse elle est d'abord à l'école la grande affaire des quartiers c'est de savoir si les enfants pourront être encadrés instruit et est capable de trouver leur destin dans des conditions qui soient disons équivalentes ou au moins moins inégalitaire que ce que l'on connaît aujourd'hui et puis deuxièmement il faut remettre en place le service public contrairement à ce que l'on dit et ce que dit notamment l'extrême droite la question du service public il est aussi bien posé au milieu rural qu'il est posé au milieu urbain et j'invite toujours je le faisais quand j'étais moi-même élu d'un département rural qui se plaignait à juste raison de certaines fermetures de classe dire vous savez aller faire un stage à Montreuil à Sarcelles ou ailleurs vous verrez que les conditions de vie ne sont pas forcément meilleur là-bas qu'ici donc il faut apprendre à vivre ensemble et donc il est tout à fait nécessaire d'y mettre les services publics mais aussi d'y mettre de l'ordre parce que cette cette façon d'opposer d'un côté il y aurait l'ordre et de l'autre il y aurait l'argent qu'il faudrait dépenser très franchement c'est une conception tout à fait réductrice l'ordre c'est une condition indispensable pour la vie en commun ce qui demande le plus d'ordre dans dans les quartiers précisément ce sont les familles parce qu'elles sont victimes des trafiquants parce qu'elles sont elles-mêmes exposées aux agressions parce qu'elles subissent la loi c'est de certains caïdes donc là c'est la condition minimale la sécurité et puis ensuite il faut agir pour que on vive pas toujours génération après génération dans les mêmes quartiers c'était le problème de la mobilité ça fait partie de ce qu'est le le le le le principe même de la vie en commun aller ailleurs que là où on est né et on voit bien qu'il y a un problème d'enfermement j'ai une proposition que j'avais faite au moment où j'étais Président de la République c'était de permettre que des classes des jeunes puissent dans un dans une ville connaître une autre ville un autre village c'est à dire d'avoir une mobilité à l'intérieur même de notre pays on parle beaucoup des masques ce que l'on appelle le buffing donc oui exactement il y a ce qu'on peut faire prendre un bus et aller scolariser et puis il y a aussi pendant le temps scolaire de savoir comment on vit à Marseille quand on habite Paris comment on vit à Ussel quand on habite plutôt vis ma vie quand tu habites Lille oui qu'on soit capable sur certains certaines semaines de l'année d'aller voir ailleurs de comprendre ce qui se passe de faire ce qu'on appelle société de faire nation bon alors ensuite sur l'instrumentalisation par l'extrême droite bien sûr que il y a des images qui heurtent c'est tellement facile de jouer avec les peurs moi je ne nie pas la peur la peur il faut la regarder en face oui il y a des événements il y a des situations il y a des images qui nous font peur quand on casse un certain nombre de de de d'établissements ou de commerce mais il est très important de pouvoir donner une issue parce que si c'est la logique c'est Paradise qui s'installe si demain on essaye de de d'enfermer de séparer encore davantage les populations entre elles mais de dans quel pays vous voudront nous vivre c'est ce que ce que certains et notamment à l'extrême droite appelle la guerre civile et bien non le propre de la politique c'est de mettre du lien de l'unité de la cohésion mais alors François Hollande justement est-ce que ce type d'événements de tragédies n'est pas pain béni c'est ce que disent beaucoup de commentateurs aujourd'hui pour l'extrême droite l'éventualité par exemple d'une élection de Marine Le Pen qui était considéré comme étant possible probable il y a quelques semaines est-ce qu'elle ne paraît pas renforcée par cet événement là je pense que ça suppose un débat politique qu'est-ce qui se produit en ce moment c'est il y a un effondrement des grands partis politiques qui sait qui serait supposé aujourd'hui de proposer une alternative donc l'extrême droite apparaît comme la seule opposition à un système et donc profite de toutes les toutes les tous les événements toutes les toutes les défaillances du système que ce soit sur le plan économique sur le plan international ou sur le plan intérieur au niveau de la sécurité en mettant en cause l'extrême droite je mets en cause le fait qu'elle représente un danger pas simplement un danger pour les libertés ça on peut l'imaginer mais un danger pour la vie en commun puisqu'il y a des peurs la principale cette peur que nous devons avoir c'est de penser que nous ne pourrons plus vivre ensemble que nous allons être dans dans des dans des schémas où il faudra nous protéger à l'intérieur même de notre pays contre les autres donc j'y reviens sur le plan politique l'enjeu majeur c'est que les grandes familles politiques en l'occurrence la droite et la gauche doivent être capables de fournir des réponses pour offrir une espérance à une population qui aujourd'hui doute même de la capacité des politiques à faire face aux défis Jean les maris si ce sentiment est là aujourd'hui monsieur le Président n'est-ce pas aussi un échec de la gauche bah oui c'est un échec de la gauche tel qu'elle est organisé aujourd'hui on a bien vu ce qui s'est produit c'est-à-dire qu'est-ce qui s'est produit une partie de la gauche parlons très clairement les insoumis autour de Jean-Luc Mélenchon plutôt que de trouver des explications il faut toujours des explications elle sait mise dans un rejet de de l'ordre et à penser même que finalement les mouvements les manifestations les désordres pouvaient culbuter le pouvoir elle est toujours cette espèce de schéma à l'esprit ça ne peut pas donner une vocation majoritaire à ce parti personne ne pense que c'est cette façon là de faire qui peut recueillir 51% des voix pour une élection présidentielle et gouverner le pays mais là c'est un problème et donc politique ou un problème de morale c'est un problème d'abord de fond de d'attitude par rapport à ce que doit être la vie en commun la première chose qui aurait dû faire Jean-Luc Mélenchon comme la plupart de ses amis insoumis tout en étant extrêmement sévère sur un certain nombre de points liés à l'action gouvernementale de dire qu'il y avait une unité nationale à assurer et nouvelle au calme à lancer ce qui n'a pas été fait mais la gauche c'est pas simplement son extrême la gauche c'est celle qui a été capable pendant des années de gouverner le pays ou en tout cas de représenter une opposition crédible et bien c'est à cette gauche là de s'organiser sa tête gauche là de se reconstruire c'est à cette gauche là de préparer l'avenir et pas de rester dans une espèce de dépendance à l'égard de l'extrême gauche jamais la gauche t'as gagné quand elle était dépendante de l'extrême gauche si François Mitterrand avait été dépendant du Parti communiste bien sûr qu'il n'aurait jamais remporté l'élection de 1980 même si le Parti communiste n'était pas sur les positions d'aujourd'hui de de LFI deuxièmement si moi-même je n'avais pas été à la tête d'un grand parti et bien je n'aurais pas gagné l'élection présidentielle de 2012 de la même manière si Lionel Jospin n'avait pas bâti une famille politique capable de faire la gauche pluriel bah il y aurait pas eu l'avènement monsieur la présidentielle au pouvoir donc c'est ça la condition ce que ce que vous appelez l'extrême gauche ce qu'elle reproche à gauche que vous pourriez incarner par exemple c'est d'avoir renoncé sur un certain nombre de choses par exemple en 2012 d'avoir enterré le récépissé qui aurait pu être une manière de lutter contre le racisme dans la police oui cette question du récépissé était il y a beaucoup d'autres pays mais c'est-à-dire de faire que on ne multiplie pas les contrôles d'identité sur les mêmes personnes avec des évidences de discrimination officiel j'ai préféré une autre solution que je trouve beaucoup plus efficace que la caméra piéton parce que la caméra qui était généralisée à l'ensemble qui aurait dû être généralisé puisque j'avais engagé ce processus et qui permet d'avoir des images et d'ailleurs ce sont les images qui ont fait que nous avons pu constater qu'il y avait eu un manquement à toutes les règles lors de la tragédie de Nanterre donc les caméras piétons c'est une meilleure façon que le récépissé qui a un moment ou un autre n'aurait pas été sûr que c'est pour ça qu'il a été rejet notamment par le ministre de l'Intérieur de l'époque Manuel Valls c'était une des raisons parce que c'était inefficace parce que même si vous pouvez y avoir deux trois contrôles même s'il aurait saisissait pouvait t'éviter et également sur Manuel Valls comme sur d'autres gouvernements d'ailleurs bien sûr mais faisait valoir faisait valoir que à ce moment-là il pouvait y avoir un contrôle qui n'est rien donné et puis quelques heures plus tard le même individu pouvait se mettre dans une situation d'infraction et on pouvait pas le contrôler c'était absurde mais je pense que la caméra piéton a permis et permet encore d'avoir justement un contrôle de l'activité policière j'en ai marre je reviens à l'existence de ces deux gauches telles que vous les définissez la France insoumise d'un côté pour faire les choses simplement de l'autre le Parti socialiste comment expliquer vous que la France insoumise et réussit une percée notamment à l'élection présidentielle lors des législatives qui ont suivi beaucoup plus que le Parti socialiste est-ce que la France insoumise n'a pas su toucher des sujets importants au cœur des banlieues dont on parle aujourd'hui c'est pas les banlieues qui ont fait le succès de Jean-Luc Mélenchon ce serait d'ailleurs tout à fait réducteur s'il a fait 21 ou 22% c'est pas simplement par le vote des banlieues peut-être que lui le croit mais ce n'était pas la réalité pourquoi il y a eu dans certains bureaux plus de 50% des premiers ça a surpris tout le monde mais ça avait été vrai pour la candidature qui était la mienne en 2012 ça avait été vrai d'ailleurs pour la candidature de Ségolène Royal en 2007 il y a toujours eu un vote des quartiers populaires en faveur de la gauche bon pourquoi ça a été au bénéfice cette fois-ci de Jean-Luc Mélenchon parce que le Parti social a choisi de disparaître comme vous choisissez de disparaître c'est très rare que les électeurs viennent vous réanimer donc il y a un moment la condition pour exister dans une élection et même dans la vie politique c'est de s'affirmer de proposer de travailler de porter des politiques et c'est possible pour le Parti Social compte tenu de son réseau d'élus ont une sa présence compte tenu de son histoire contenu aussi de son identité de gauche crédible donc c'est il appartient au Parti socialiste ou à ce qui pourra succéder au parti socialistes de reformer cette en quelques missions même monsieur le Président est-ce que c'est encore possible est-ce qu'il est possible de réunir ces différentes composantes de la gauche sauf si vous imaginez et que le Parti socialiste ou une entité de la sorte puisse aller à l'élection sans la France insoumise d'abord je ne pense pas que les électorats soient irréconciliables les électeurs électrices ils ont envie d'un changement et il se porte vers celui ou celle qui peut donner cette perspective de changement donc c'est pas en nous séparant au niveau des électorat bien sûr la majorité pourra être obtenue mais en revanche c'est en créant les conditions d'une d'une force qui puisse être elle celle du gouvernement possible c'est-à-dire d'une force crédible de social-démocratie et d'ailleurs ça doit commencer dès les élections européennes pourquoi instauré ce rapport de force parce que aux élections européennes d'abord c'est un scrutin européen c'est un scrutin à la proportionnelle les socialistes doivent s'y présenter et ils doivent devenir la première famille politique de la gauche et c'est en devenant la première famille politique de la gauche qu'il permettront à la gauche de gouverner merci François Hollande monsieur président d'avoir été avec nous ce matin 8h35 sur France Culture il est l'heure d'aller vers Avignon