Raphaël Glucksmann face à d'Olivier Boy sur RTL | Intégrale
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Comment sortir de la crise après les violences de ce week-end ?
- 0:12OuverteRéponse directe
Quelle est la portée de ces événements selon vous ?
- 0:28OuverteRéponse directe
D'abord votre diagnostic après les événements du week-end.
- 0:34OuverteRéponse directe
Comment décririez-vous ce qui s'est passé dans les rues de Paris, Marseille, Limoges ?
- 2:52FerméeRéponse partielle
Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait dû accepter la démission de son ministre de l'Intérieur ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Quelles seraient vos réponses concrètes à la crise lycéenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09InvitéFait
« C'est d'une gravité sans précédent. »
- 1:10InvitéFait
« Quand on brûle une mairie, quand on voit les images du Beffrois à Limoges qui s'effondrent, c'est la République qui est attaquée. »
- 1:33InvitéFait
« Je vois les groupes politiques ultra organisés qui décident de la confrontation et qui s'en prennent à tout ce qui représente l'ordre public. »
- 1:43InvitéFait
« Ce que je vois, c'est une violence, une ultra-violence qui, face à elle, trouve un État absent. »
- 2:10InvitéFait
« Comment on peut justifier le fait qu'il n'y ait qu'une compagnie de CRS à Marseille ? »
- 4:24InvitéPromesse
« Mais déjà, un plan de sauvetage sur l'école que nous avons préparé pendant un an et qui est prêt à l'emploi. »
- 5:02InvitéFait
« Nous avons des bandes qui opèrent sans problème au cœur de nos villes. »
- 6:31InvitéFait
« On a des lois. Là, tout le monde veut faire de nouvelles lois. C'est le principe en France. »
- 6:47InvitéFait
« Le problème, c'est que nos lois ne sont pas appliquées. »
- 7:12InvitéFait
« Si vous voulez opérer chez nous, vous devez respecter des règles, vous devez être responsable des contenus qui sont produits. »
- 8:05InvitéFait
« Jean-Luc Mélenchon mise sur le chaos depuis des années. »
- 8:31InvitéFait
« En agissant ainsi, il est le marche-pied de l'extrême droite. »
Temps de parole
- Invité71 %
- Raphaël Glucksmann18 %
- ?7 %
- Présentateur3 %
≈ 35 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et
avec Olivier Bois à 8h18, un pays sous le choc après les violences de ce week-end.
Et
une question, comment sortir de la crise ? Question qui se pose aussi à tous ceux qui prétendent à l'Elysée. Raphaël Glucksmann, candidat PS Place Publique à la présidentielle. Et donc votre invité ce matin, Olivier.
Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Avant de parler de ce que vous feriez vous, de ce que vous appelez à faire, d'abord votre diagnostic après les événements du week-end. Qu
'est
-ce que vous avez vu, vous, comment vous le décrivez, ce qui s'est passé dans les rues de Paris,
de Marseille, de Limoges ? C'est d'une gravité sans précédent. Moi j'ai ressenti une forme de
colère,
de honte, de
sentiment
que la France se dissolvait,
que
la République se délitait. On a eu...
Et le sentiment de n'avoir jamais vu ça
?
Jamais dans ses proportions. Et jamais pendant aussi longtemps. Ça a continué hier soir, dans toutes les rues.
Il
y a eu l'impression que l'État n'existait plus.
Et
qu
'on
était en train d'assister collectivement à une attaque contre la République, d'abord. Il faut le dire. Quand on brûle
une
mairie, quand on voit les images du Beffrois à Limoges qui s'effondrent, c'est la République qui est attaquée. Quand on jette le bus de Marianne par terre après avoir pris la mairie de Marseille, c'est la République qui est attaquée.
Sur
la portée de ces événements, vous ne
voyez
pas uniquement des voyous mûs par l'appât du gain qui vont voler des téléphones portables. Vous voyez une attaque politique
? Je vois les deux. Je vois les deux. Je vois les groupes politiques ultra organisés qui décident de la confrontation et qui s'en prennent à tout ce qui représente l'ordre public, y compris la République. Et je vois aussi des hordes de pillards qui profitent
du
chaos pour s'attaquer au commerce, les piller. Ce que je vois, c'est une violence, une ultra-violence qui,
face
à elle, trouve un État absent. L
'État
de droit n'a pas été respecté, a dit le maire de Marseille.
Il y
a une
faute de l'État, il y
a
une faute du gouvernement.
Évidemment. Évidemment. Il ne
s
'agit pas là de lancer des accusations politiciennes, il
s
'agit juste de faire des constats. Comment on peut justifier le fait qu'il n'y ait qu'une compagnie de CRS à Marseille ? C'est ce que dit Benoît Payant. Comment est-ce qu'on peut justifier que des pillards puissent pendant des heures opérer dans le centre-ville de Paris sans que la police n'intervienne ? Il y a un vrai problème. Et il y a des réponses à apporter. Et moi, ce que je veux dire, c'est qu'on est dans un moment
extrêmement
important de notre histoire. Est-ce que la France est encore une république ? Est-ce qu'on peut maintenir l'ordre dans notre pays ? Est-ce qu'on peut faire en sorte que ces milliers
de
casseurs et de pillards n'imposent pas leurs règles et
ne
créent pas une jungle dans notre pays
?
Est
-ce que
Emmanuel Macron aurait dû, ce matin ou hier soir, accepter la démission de son ministre de l'Intérieur, Laurent
Nunez ? Ce n
'est
pas une question de démission. C'est une question d'action.
Après une telle faillite que vous décrivez, c'est le ministre de l'Intérieur.
Il est à la tête des services de
renseignement. Il n'a pas vu
venir le coup. Mais là, ce que
je veux d'abord, c'est que l'ordre public revienne. Ce que je veux, c'est que le président de la République, quand il prend la parole hier soir, ait quelque chose à nous annoncer. Quelque chose à nous annoncer pour répondre politiquement aux demandes politiques de ces centaines de milliers de manifestants qui ont défilé dans les rues hier, samedi, qui aussi, il est une réponse aux lycéens qui manifestent et ont des revendications depuis des semaines.
C'est
Emmanuel Macron qui a... Mais par ailleurs, qui nous annonce quelque chose de concret sur comment on va revenir à une situation d'ordre et de tranquillité publique. Et
moi, ce que j'ai trouvé hier, c'est qu'un président
commentait son impuissance, sa propre impuissance, et qui est donc celle de l'État aussi.
Et
il faut sortir de cette impuissance. Qu'est-ce qu'il a mal fait
depuis trois semaines ?
Déjà, vous avez un mouvement lycéen, vous devez lui répondre politiquement. Vous ne pouvez pas avoir un ministre de l'Éducation nationale qui commence par dire qu'ils n
'ont
qu'à en parler à leur proviseur. Vous devez avoir une réponse politique. Quand vous avez des jeunes qui se mobilisent pour dire qu'ils ont besoin que leur professeur absent soit remplacé, eh bien, il faut leur répondre. Quand ils expliquent qu'ils étudient dans des établissements scolaires qui sont délabrés et insalubles, il faut leur répondre.
Qu'est-ce que vous feriez, le président,
qu'est-ce
que vous
feriez pour eux ? Les réponses que vous apporteriez, pour être concret, à la crise lycéenne
?
Mais déjà, un plan de sauvetage sur l'école que nous avons préparé pendant un an et qui est prêt à l'emploi. Moi, je le donne au gouvernement s'il veut l'appliquer. De rénovation des bâtiments
? Rénovation des bâtiments,
rénovation des bâtiments, utilisation de la baisse démographique pour augmenter le nombre de professeurs par élève, augmentation aussi des rémunérations qui sont scandaleusement basses des enseignants. Répondre aux demandes légitimes des lycéens.
Mais,
au-delà de ça, hier soir,
il
doit répondre au chaos, annoncer concrètement ce qui va être entrepris pour le maintien de l'ordre. Il y a une question qui est fondamentale. qui est fondamentale.
C
'est,
nous
avons des bandes qui opèrent sans problème au cœur de nos villes.
Qu
'est-ce qu'on fait face à ça ? Comment on explique qu'il y ait si peu d'effectifs sur le terrain ? Comment on explique qu'ensuite, il y ait ce sentiment d'impunité qui s'est répandu absolument partout ? Il va falloir agir de manière extrêmement ferme. Il ne faut pas avoir la main qui
trompe.
Est
-ce qu'il
faut qu'il y ait cette journée de manifestation, le jeudi 5 novembre ? La CGT l'appelle déjà de ses voeux, les lycéens également. Est-ce que c'est raisonnable et c'est responsable d'imaginer que dans plus de 15 jours, un peu plus de 15 jours, il
y
ait les mêmes scènes dans les rues des plus grandes villes de
France ? Le
droit de manifester est un droit fondamental dans notre République. Et donc, l'État doit garantir le droit de manifester. On ne peut pas supprimer ce droit.
Par
contre, il faudra des dispositifs qui sont totalement différents en termes de maintien de l'ordre. Il faudra, cette fois-ci, beaucoup plus de mobilité, beaucoup plus de célérité. Et surtout, arrêter avec ce défaut d'anticipation qui, là, est flagrant sur la manière dont on a été anticipé. L
'anticipation, par exemple, c'est d'aller voir les fauteurs de troubles présumés en matière de renseignement, peut-être les assignés à résidence. C'est
ce
que disait Gabriel Attal tout à l'heure sur RTL. Est-ce qu'il faut l'état d'urgence ? On a entendu ce mot prononcé, par exemple, par Bruno Retailleau. L'état d'urgence qui permet des mesures préventées
avant une manifestation. Ce qu
'il faut déjà,
c
'est que ceux qui ont été identifiés, soient recherchés, qu'on aille les traquer, qu'on aille les chercher chez eux, qu'ils répondent de leurs actes devant la justice.
On
a des lois. Là, tout le monde veut faire de nouvelles lois. C'est le principe en France. À chaque fois qu'il y a un problème grave, on fait des nouvelles lois. Il y a des lois qui existent sur les incendies. Par exemple, sur le fait d'incendier un bâtiment, sur un incendie dangereux, sur un incendie en bande organisée, avec des sanctions extrêmement sévères. Le problème, c'est que nos lois ne sont pas appliquées. Ce n
'est
pas le problème, ce n
'est
pas de créer des nouvelles lois. Donc, qu'on montre qu'on est capable d'appliquer nos lois. Et derrière, il y
a
d'autres questions qui se posent. Vous avez ces réseaux sociaux. Par exemple,
vous
avez TikTok, qui génère finalement une sorte d'émulation dans
le crime.
Il faut les rendre responsables. Ce sont des plateformes qui font un fric dingue sur notre marché. Eh bien, si vous voulez opérer chez nous, vous devez respecter des règles, vous devez être responsable des contenus qui sont produits. C'est à vous, les grandes plateformes américaines et chinoises, de supprimer ces contenus. Et si vous ne le faites pas, eh bien oui, il faudra les suspendre.
Il y a une question sur laquelle vous rejoignez peut-être le gouvernement.
On
les entend depuis des semaines dire que c'est Jean-Luc Mélenchon qui tire les ficelles, qui attise le feu, et qui accuse la France insoumise de quelque part se servir des lycéens pour mettre le chaos dans le pays, si je résume en substance. Vous
êtes d'accord avec cette
analyse ou
pas ? Non, mais chacun doit faire face à ses responsabilités. Le gouvernement a laissé pourrir la situation et se retrouve aujourd'hui comme étant le symbole de l'impuissance française dont il faut sortir de manière urgente. Et donc, ils ont leur responsabilité. Et derrière, chaque dirigeant politique doit faire extrêmement attention à ses paroles.
Et Jean-Luc Mélenchon, il a attisé
le... Mais
Jean-Luc
Mélenchon mise sur le bruit et la fureur. Jean-Luc Mélenchon mise sur le chaos depuis des années. Et en réalité, même dans son entretien d'hier, il est incapable de sortir de cette logique. Il est incapable de condamner clairement. Il reprend encore la possibilité du slogan « ACAB » dans des manifestations. Mais moi, je vais vous le dire, en agissant ainsi, il n'est que le...
ACAB, ça veut dire « All
Cops are Bastards
», c'est le visant en
cause des
policiers pour dire que les violences policières sont
systématiques.
Mais
moi,
je vous le dis, en agissant ainsi, il est le marche-pied de l'extrême droite. Parce que qui va bénéficier de cette situation sinon Mme Le Pen ? Qui va bénéficier de ce chaos sinon Mme Le Pen ? Il n'y aura pas de révolution, là. Il n'y aura pas de révolution. Par contre, ce qu'il y aura, c'est une aspiration tellement profonde à l'ordre qu'on risque de perdre l'état de droit et la démocratie dans cette histoire. Donc, ce qu'il faut
montrer maintenant... Comment vous expliquer que Jean-Luc Mélenchon, il est bien accueilli... Non, c
'est une question importante. Jean
-Luc
Mélenchon, il est bien accueilli dans
les cortèges. C'est une question très importante, je suis sûr,
mais ce que j'ai à vous dire est aussi très important. Aujourd'hui, ce qu'on doit montrer, et on a peu de temps pour le faire, ce qu
'on
doit montrer, c'est que l'état de droit n'est pas la faiblesse, c'est que la République n'est pas l'impuissance, c'est que la démocratie ne condamne pas à l'inaction. Et ça, on a très peu de temps pour le montrer et sinon, on risque de tout perdre dans cette
histoire.
Ma question, donc pour finir, question qui se pose à vous, candidat de la gauche, désormais vainqueur de la primaire. Jean-Luc Mélenchon, il est bien accueilli sur les cortèges, des lycéens, des manifestants. On voit les élus insoumis qui sont en tête de cortège, samedi, place de la République. Vous, vous n'y êtes pas bien accueilli dans ces manifestations. Ce n
'est
pas un problème pour un candidat de la gauche d'être
loin
des
mouvements sociaux de ce pays ? Le problème pour un candidat de la gauche, c'est de répondre aux aspirations, aux aspirations des Françaises et des Français qui sont descendus dans la rue, à la fois sur la question de l'éducation nationale ou sur la question de la vie chère. Et c'est notre projet qui y répondra. Par contre, sur le fait que oui, à chaque fois qu'on va quelque part, moi je vais vous le dire, la situation est complètement insupportable, à chaque fois qu
'on
va quelque part, y compris quand on organise nos propres événements, eh bien on a des militants insoumis qui viennent perturber nos propres événements. Je vais vous le dire, ça crée un climat absolument délétère. Et honnêtement, si on passe six mois de campagne présidentielle dans ce climat-là, eh bien la démocratie en sortira profondément abîmée, voire détruite. Aujourd'hui, ce qu'on doit faire, c'est reconstruire notre République, apaiser le débat public, faire en sorte qu'on puisse avoir ce débat qui est fondamental sur l'avenir de notre nation. On va décider de l'avenir de la France pour des décennies. Merci. Merci beaucoup. Et donc on doit le faire dans le calme.
Merci Raphaël Luxman d'avoir été avec nous ce matin sur RTL pour votre première interview après ces événements. Donc
ce
week-end, bonne journée à vous.
Merci.
Olivier Bois, dans un instant, on revient sur. Merci.
Raphaël Glucksmann