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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 16 avril 2026 7 min

Dépendance aux engrais : "Une immense fragilité pour notre agriculture", pointe Annie Genevard

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

c'est la ligne qui a été retenue Vous évoquiez les engrais par ailleurs cette nouvelle crise met quand même en évidence notre grande dépendance en matière d C'est une immense fragilité pour notre agriculture. La dépendance dans laquelle nous sommes à l'égard des fournisseurs d'engrais. Avant, on se fournissait chez les Russes un engrais de bonne qualité.

Aujourd'hui, pour des raisons évidentes, ça n'est plus possible. Mais l'essentiel de notre approvisionnement concerne une très large partie de nos besoins en engrais. Il faut absolument qu'on reconquiert de la souveraineté en engrais, qu'on reconstitue ou qu'on constitue une filière de production en France.

C'est indispensable. Il faut qu'on réduise nos dépendances, qu'on réduise nos fragilités dans un monde qui est devenu de plus en plus incertain, de plus en plus éruptif. Tout ce qui nous met en dépendance à l'égard d'autrui est une fragilité maximale.

Et comment on fait pour retrouver cette souveraineté sur les engrais ? Il faut reconstituer un outil industriel de production d'engrais. et nous y travaillons. – Alors on va parler du projet de loi d'urgence agricole le quotidien de nos exploitants ?

D'abord, ça répond à un engagement. le loup, l'eau et les moyens de production. Donc nous sommes partis de cette base-là.

J'ai fait beaucoup de consultations enrichit ce texte. C'est un texte concret, vous évoquez les deux précédents. Moi je ne voulais pas d'un texte de grande déclaration ou de principe, ça c'est fait, la loi d'orientation agricole y a pourvu.

Là c'est vraiment un texte qui entend répondre concrètement aux besoins précis des agriculteurs en matière d'eau, il faut davantage de stockage. Donc on simplifie les procédures, on allège les procédures tout en demeurant bien sûr attentif aux conséquences sur l'environnement. Je m'inscris en faux contre le procès qui serait fait, une dérégulation environnementale au bénéfice des agriculteurs, ça n'est pas le cas.

Mais aujourd'hui, on est dans des complexités de procédures qui sont incomprises et surtout qui compromettent l'aboutissement de projets nécessaires à la production. En France, on y rigue 7 % des terres. 'est très peu.

Je ne demande pas à ce qu'on y rigue 50 % des terres comme en Espagne. Enfin, entre 7 et 50%, il y a quand même une marge de progression. Il y a des territoires qui ont trop d'eau en hiver et avec le dérèglement climatique, on aura de plus en plus d'eau en hiver et qui en manque en été.

Il serait absurde de prélever en été là où elle manque et de ne pas la stocker un peu raisonnablement pour un certain nombre de territoire. En tout cas, les associations environnementales estiment que c'est un texte qui va favoriser la constitution de mégabassines avec par exemple une mesure, les réunions publiques sur ces projets de stockage de l'eau pourront être évitées. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que la ressource en eau ne doit plus faire l'objet d'un débat démocratique, environnemental sur le terrain ? Non, pas du tout. On évite le débat ?

Non, non, absolument pas. Il prend une autre forme. On propose d'alléger, enfin de modifier un peu la forme que prendrait cette consultation du public, qui est indispensable.

La démocratie de l'eau, elle s'exerce dans des tas d'instances. Croyez-moi, le public se fait largement entendre. Il y a parfois trop de pression des associations écologistes ?

Non, mais les réunions publiques, vous savez, dans ma vie d'élu local, je me suis livrée à l'exercice une fois. Ce n'est pas le lieu, la réunion publique, où s'expriment les points de vue de façon apaisée. Moi, je veux mettre fin à la guerre de l'eau.

Il faut qu'on soit suffisamment mature pour apaiser ce sujet qui, chez nous, prend des proportions déraisonnables. Et donc, pas de réunion publique mais des consultations en mairie avec un commissaire enquêteur comme ça se fait pour la plupart des projets qui se mènent sur les territoires. C'est une procédure tout à fait classique, efficace.

On va en mairie, on consulte le commissaire enquêteur, on lui fait part de ses observations. Il y aura moins d'affrontements entre militants écologistes et agriculteurs sur cette question de l'eau ? Chacun exprimera son point de vue, de façon tout à fait libre et démocratique, mais dans un cadre qui favorise l'apaisement.

Il est aussi question d'élevage dans ce projet de loi d urgence agricole, un texte qui simplifie les évaluations environnementales obligatoires pour des élevages qui rassemblent un grand nombre de bêtes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est la prime à l'élevage intensif aux fermes-usines ? – Non, pas du tout.

C'est pas du tout dans l'ADN de l'agriculture française, vous le savez, qui est une agriculture de taille familiale et qui entend le rester. C'est une des richesses. Il y a des tailles différentes d'exploitation et chacun peut y trouver. pour trouver matière à s'épanouir professionnellement.

La disposition qui concerne le bâtiment d'élevage consiste à adopter une disposition qui concernent l'élevage. Aujourd'hui, vous avez une réglementation qui fait que pour créer, moderniser ou agrandir un bâtiment d'élevage, c'est la même procédure que si c'était une industrie lourdes. Donc, ce qui est proposé, c'est une simplification, un allègement, de la même façon que pour l'eau, les consultations du commissaire enquêteur en mairie remplaceront les réunions publiques, on n'élève le seuil de nombre d'animaux raisonnablement comparé à d'autres pays européens.

On n'est pas du tout dans les mêmes proportions, on n'est pas du tout dans les fermes-usines ou je ne sais et quelle élucubration que je peux entendre ici ou là, il s'agit simplement de passer d'un seuil d'autorisation à un seuil de déclaration quand ça reste dans une proportion raisonnable. Sur quel délai ? Vous diriez qu'on passerait de quelle durée aujourd'hui de traitement à quel délai demain ?

En termes de durée ? Alors ça, c'est une question très importante que vous posez, parce qu aujourd'hui, quelqu'un qui a un projet, entre la lourdeur des procédures que nous lui imposons, entre les recours que font les ONG, parce qu'aujourd'hui, vous avez un projet de bâtiment d'élevage, vous avez un recours. Donc, si on veut être condamné à consommer de l'alimentation produite ailleurs que dans notre pays, continuons comme ça.

Moi, je ne peux pas m'y résoudre. Moi, je suis là pour défendre la souveraineté alimentaire pour défendre les agriculteurs et les éleveurs. Donc il faut limiter les recours sur les bâtiments de la levage ?

Alors, nous avons dans la loi d'orientation agricole déjà raccourci la durée des procédures d'un niveau de juridiction. Et puis, dans ce projet de loi, pour qui se rendrait...

Pour qui ferait un recours abusif, constaté par le juge, le porteur de projet peut se retourner contre celui qui aurait mené à un recours abusif.