grève des pompiers : Sébastien Bouvier est l'invité de Sébastien Rouxel
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 15 %Défensif 55 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Non, malheureusement non, ce n'est pas suffisant parce que preuve en est que tous ceux qui ont été arrêtés précédemment, malheureusement il y en a beaucoup qui ont remis le feu. »
- 1:05Invité politiquePromesse
« Il faudrait quoi ? Pour augmenter après, ce n'est pas nous qui pouvons demander le volume, mais c'est de doubler la peine pour que ça s'attende à mettre un frein et que les gens se disent « Attention, en mettant le feu à la forêt, je risque plus ». »
- 1:53Invité politiqueChiffre
« C'est aussi le nombre de pompiers. Nous allons demander une augmentation du nombre de pompiers professionnels. »
- 4:10PrésentateurPromesse
« Est-ce que c'est vraiment le bon moment ? »
- 5:14PrésentateurChiffre
« Le plus gros feu de l'été jusqu'ici, c'est celui de Somos, en Gironde, qui a parcouru 42 000 hectares. »
- 6:03PrésentateurPromesse
« Ça veut dire qu'il a fallu faire des choix ? »
- 6:41PrésentateurPromesse
« Il y a plusieurs élus qui réclament une commission d'enquête parlementaire sur la gestion des incendies cet été. Vous y êtes favorable, vous aussi ? »
- 7:31PrésentateurFait
« Il ressortira au moins un point positif de cet été : les incendies monstres ont visiblement fait naître beaucoup de vocations. »
Temps de parole
- Invité politique78 %
- Présentateur22 %
≈ 3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sébastien Rouxel, RTL Matin.
Il est pompier professionnel et secrétaire fédéral de la CFDT en charge des SDIS, les services d'incendie et de secours. Sébastien Bouvier est l'invité de RTL Matin. Bonjour monsieur.
Oui bonjour Sébastien Rouxel.
C'est l'un des premiers pyromanes condamnés cet été, un ouvrier agricole a écopé hier de trois ans de prison, dont deux fermes à Nior dans les Deux-Sèvres. C'est une peine qui est suffisante à vos yeux ?
Non, malheureusement non, ce n'est pas suffisant parce que preuve en est que tous ceux qui ont été arrêtés précédemment, malheureusement il y en a beaucoup qui ont remis le feu. Donc non, les peines ne sont pas suffisantes. En plus, ce qui nous choque le plus, c'est quand c'est en plus dans nos rangs. Là c'est un agriculteur, malheureusement il y a quelques semaines c'était un pompier. Donc c'est toujours très difficile pour nous car derrière, il y a tout l'engagement qui se fait avec tous ces apports-pompiers sur le terrain. Et on voit le constat de ces milliers d'hectares qui sont partis en fumée et on n'est que le 12 août.
Donc vous vous demandez à ce que les peines soient plus sévères, il faut les renforcer ?
Absolument, il faut renforcer les peines. Il faudrait quoi ? Pour augmenter après, ce n'est pas nous qui pouvons demander le volume, mais c'est de doubler la peine pour que ça s'attende à mettre un frein et que les gens se disent « Attention, en mettant le feu à la forêt, je risque plus ». Donc après, c'est à la justice de décider et aux élus aussi au Parlement de proposer une loi.
C'est une demande que vous porterez demain au ministre de l'Intérieur Laurent Nunez qui doit vous recevoir, vous et les autres organisations syndicales ?
Alors ce n'est pas la demande principale. Les grosses demandes principales concernent l'entretien avec le ministre vont concerner la problématique de moyens, que ce soit moyens terrestres et avions. C'est aussi le nombre de pompiers. Nous allons demander une augmentation du nombre de pompiers professionnels. En regardant les chiffres entre 2015 et 2025, le nombre d'interventions a augmenté de plus de 500 000 interventions. Le nombre de pompiers professionnels, lui, a augmenté que de 8% et les pompiers volontaires que de 3%. Donc on a réellement une difficulté concernant la réponse opérationnelle.
Et on l'a vu là, sur tout le mois de juillet, avec l'ampleur des milliers de sapeurs-pompiers qu'il a fallu avoir sur le terrain. Ça devenait très difficile, surtout pour les relèves. Pour les relèves, les gens étaient engagés pendant plus de 10 jours. Et les relèves qui arrivaient, les gens après ne se remettaient pas dans les relèves tellement qu'ils s'étaient fatigués.
Les pompiers sont à bout aujourd'hui ?
Les pompiers sont très fatigués. On n'a jamais eu une saison feu de forêt aussi intense que cela. La dernière qui datait de 2022 était quand même assez forte. Là, on a pratiquement doublé les superficies. À côté de cela, le nombre de camions a été diminué parce qu'en fait, nous avions des camions qui étaient assez vieillissants. Et donc, il a fallu renouveler le parc. Sauf que les camions ne sortent pas des lignes comme ça aussi rapidement, comme les canadaires par exemple. Donc oui, on est fatigué. La saison n'est pas encore terminée parce que nous ne sommes que le 12 août. Il nous reste encore tout le mois d'août et la moitié du mois de septembre.
Parce que la saison va en général jusqu'à mi-septembre. Et en plus, en parallèle, nous avons toute l'activité que l'on fait dans chaque SDIS, dans chaque département. D'autant plus qu'en ce moment, avec la canicule, les malaises, les feux, les accidents sur la route. Enfin voilà, on a vraiment une activité qui a explosé.
Depuis le début de la semaine, depuis le début de cette cinquième canicule de l'été, vous êtes capable de chiffrer la hausse des interventions liées à ces fortes chaleurs ?
Non, pour l'instant, on n'en croit pas le retour. Parce que ce sont des chiffres qui sont une remontée au plan national. Donc on fera un point qui va être fait au mois de septembre avec la direction de la sécurité civile.
Si vous êtes reçu demain par le ministre de l'Intérieur, c'est parce que vous et huit autres organisations syndicales vous appelez demain les pompiers professionnels à faire grève. Une grève le 13 août alors qu'on a tous les jours encore des départs de feu. Est-ce que c'est vraiment le bon moment ?
Alors l'appel à la grève, sachez qu'en général, lorsque les pompiers font la grève, de toute manière, ils sont réquisitionnés. Donc en fait, ils vont répondre opérationnels. Nous, le point, c'était vraiment, c'était déjà de trouver une date au mois d'août, parce qu'on est en pleine période de feu de forêt. Et c'est plus facile pour nous de nous exprimer au mois d'août que de nous exprimer au mois de février, parce qu'on n'aura pas le même aura au niveau de la population et au niveau des journalistes. Le deuxième point était la conférence de presse qu'on souhaitait faire devant la place Beauvau.
Et c'est le fait de lancer cette conférence de presse qui a lancé la possibilité de pouvoir être reçue par le ministre et pouvoir s'expliquer. Donc que personne ne s'inquiète, demain, le 13, les pompiers seront présents. Ils seront réquisitionnés, ils s'afficheront quand même en grève, mais ils seront réquisitionnés. C'est ce qui va se passer dans la majorité des dix fois.
On traverse un été historique, on l'a dit, du point de vue des incendies. Le plus gros feu de l'été jusqu'ici, c'est celui de Somos, en Gironde, qui a parcouru 42 000 hectares. Les habitants du Porges affirment que leur commune a été sacrifiée pour protéger le Cap Ferret. Sur RTL, hier matin, on entendait d'ailleurs un habitant. Il disait, les pompiers m'ont dit qu'ils avaient l'ordre de ne pas attaquer les flammes. C'est vrai, ça ?
Alors, moi, je ne peux absolument pas du tout corroborer ces affirmations. Moi, ce que je sais, et les retours qu'on a eus des pompiers qui étaient vraiment sur le terrain, il a fallu lutter contre un feu qui avait six flancs. Alors que d'habitude, on a deux flancs. Là, il y avait six flancs. Donc, il fallait des pompiers de partout. Et c'était impossible de mettre des pompiers de partout. Mais en tout cas, à notre connaissance, il n'y a pas eu d'ordre de commandement qui ont demandé d'abandonner tel ou tel lieu.
Vous nous dites qu'on ne pouvait pas être partout. Ça veut dire qu'il a fallu faire des choix ?
Non, ce n'est pas faire des choix. C'est que c'est sur la priorité. Quand le feu est parti sur la presqu'île, les pompiers se sont massivement mis là-bas. Et quand le vent a tourné, il a fallu repartir de l'autre côté. Donc, ce n'est pas des choix. En tout cas, il n'y a jamais le choix d'abandonner des villages. Parce que c'est le principe même de l'action en feu de forêt. C'est ce qu'on appelle le défense de points sensibles. Et c'est d'aller défendre les villages. Mais à ce moment-là, ce village n'était pas menacé.
Il y a plusieurs élus qui réclament une commission d'enquête parlementaire sur la gestion des incendies cet été. Vous y êtes favorable, vous aussi ?
Totalement. Il y a déjà l'Assemblée nationale et le Sénat qui ont demandé une enquête. On y est totalement favorables. Ils nous seront présents pour pouvoir nous mettre autour de la table. C'est ce qui avait déjà été fait en 2022 à la suite des feux de la Gironde. Malheureusement, on constate qu'on n'a pas su apprendre correctement de ce qui s'était passé en 2022. Et oui, nous serons présents. Nous aurons beaucoup de choses à dire, tant sur les moyens, sur la sécurité. Parce que nous avons quand même aussi soulevé une grosse problématique au sein de la sécurité des pompiers sur la protection des poumons, la protection des yeux. Et oui, on aura besoin d'aller nous exprimer devant les élus.
Sébastien Bouvier, il ressortira au moins un point positif de cet été. Les incendies monstres ont visiblement fait naître beaucoup de vocations. Il y a une forte hausse des candidatures pour devenir pompier volontaire.
Oui, alors effectivement, c'est très bien. Je pense que le premier point, ça serait aussi de dire qu'il n'y a pas eu de victimes. Alors malheureusement, il y a eu des victimes chez les pompiers, mais il n'y a pas eu de victimes chez les populations.
Quatre pompiers décédés, c'est ça ?
Absolument, quatre pompiers décédés, mais il n'y en a pas eu chez les populations. Donc en fait, ce qui prouve que déjà, les tactiques opérationnelles ont bien fonctionné. Après, les vocations, on verra. Pour former un pompier, il faut plus de deux ans. Donc on va voir après. Mais effectivement, c'est assez positif dans ce sens-là. C'est qu'on a eu un retour. Nous, ce qu'on espère aussi, c'est que le politique aussi, que les politiques dans chaque département amènent le même retour en recrutant des pompiers professionnels parce que c'est aussi le nerf de la guerre.
On a bien compris le message. Merci infiniment Sébastien Bouvier d'avoir été avec nous ce matin sur RTL. Merci.