L’INTERVIEW POLITIQUE – Sébastien Chenu, vice-président du RN, invité de Marie Chantrait
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Bonjour Sébastien Chenu, merci beaucoup d'être avec nous ce matin, je le rappelle vous êtes député du Nord et donc le porte-parole du Rassemblement National, ces images vous les avez vues, troisième nuit d'extrême violence sur tout le territoire français, des violences qui sont encore montées d'un cran, on va en reparler, il sera difficile d'être exhaustif tant les lieux visés sont nombreux, plus de 667 interpellations, 40 000 policiers et gendarmes déployés sur tout le territoire. Est-ce qu'à votre avis le dispositif mis en place et annoncé hier par le ministre de l'Intérieur était à la hauteur ?
Si vous voulez avant d'en arriver dans l'analyse, je ne peux pas commencer sans avoir d'abord un mot de soutien pour les forces de l'ordre qui ont été durement éprouvées hier soir.
Je le rappelle ces chiffres, 220 policiers, gendarmes blessés hors Paris et Petite Couronne et banlieue parisienne, les chiffres seront stabilisés dans les prochaines minutes mais 220 policiers au moins blessés.
J'étais hier au commissariat de Valenciennes où il y avait déjà eu trois blessés la nuit précédente et comment ne pas penser à ces hommes et ces femmes qui sont des pères et des mères de famille aussi, qui se dévouent pour la sécurité des Français et qui sont ce matin durement éprouvés. Je veux avoir un mot pour ma ville de Denain. Jusqu'à une heure du matin avec le sous-préfet, avec madame la maire socialiste de Denain, nous étions au téléphone avec les élus, pour parler de l'état de cette ville, le cinéma, la médiathèque, la mairie, le commissariat ont été attaqués. C'est totalement inadmissible, totalement inconcevable.
Des bâtiments publics visés ? Ce sont des élus que vous avez eus au téléphone et qui s'imaginaient que de telles violences puissent intervenir dans leur commune ?
Jamais, il n'était jamais possible d'imaginer que l'argent public, et c'est un sujet dont on pourra parler, que l'argent public investit pendant des années. L'argent des habitants, l'argent des Denésiens, Denain est une ville pauvre, l'argent des habitants investi pour un meilleur confort de vie, pour une offre culturelle, soit ruiné par ces émeutiers, par ces voyous, par cette racaille.
Le goût est amer pour la France qui se réveille ce matin, pour les Français qui travaillent, qui financent d'ailleurs avec la plupart du temps leurs impôts, tous ces équipements publics, cette France qui bosse, ces gens qui prennent les transports pour aller travailler, et qui ce matin n'ont peut-être plus de voiture, voient la médiathèque de leur quartier ou leur mairie totalement saccagée. Le goût est amer, mais ce n'est pas une surprise. La réalité, c'est que tout ça est la conséquence d'années de lâcheté.
Et on y reviendra, Sébastien Chenu, juste sur le dispositif policier annoncé. Plus de 40 000 hommes et femmes mobilisés sur le terrain, policiers et gendarmes. C'est environ à peu près 45% des effectifs nationaux. Est-ce que c'était à la hauteur, avec notamment également annoncé hier, vu la gravité de la situation, des unités d'élite mobilisées, le RAID, la BRI ? Est-ce que la réponse était suffisante ?
Forcée de constater que non. Forcée de constater que l'État n'a pas repris le contrôle, que l'autorité de l'État, l'autorité républicaine, n'a pas été rétablie dans le pays hier soir. Au contraire, la nuit d'hier soir a été bien pire que celle d'avant-hier.
Vous n'entendez pas l'entourage de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui dit qu'il y a eu une grande fermeté, avec quatre fois plus d'interpellations, 667 ce matin. Pour vous, ce n'est le témoignage de...
667 interpellations sur des milliers de voyous à travers la France. Vont-ils être judiciarisés ? Vont-ils avoir des sanctions ? Ou vont-ils être immédiatement relâchés dans quelques heures, remis sur le terrain parce que mineurs, parce qu'on leur trouvera des excuses, parce que de toute façon, ils ne verront jamais la couleur de la prison ?
Et la réponse de la justice n'est pas à la hauteur ?
C'est effectivement l'autre pan. Mais nous devons, et le ministre de l'Intérieur, doit évidemment ramener l'autorité, doit ramener le calme. C'est l'appel au calme que nous lançons avec le Rassemblement National depuis le début, mais l'appel surtout à la mobilisation de tous les moyens de sécurité dont notre pays dispose, y compris d'utilisation, comme le font un certain nombre de maires, de couvre-feu dans leur ville.
Qui ont en effet été déclarés dans plusieurs communes, à Clamart notamment, jusqu'à lundi 3 juillet. Est-ce qu'à l'instar d'autres responsables politiques à droite, Éric Ciotti chez Les Républicains, Éric Zemmour pour Reconquête, vous demandez l'instauration de l'état d'urgence ? On le rappelle, Emmanuel Macron présidera à 13h ce midi une nouvelle cellule interministérielle de crise.
Oui, alors plusieurs choses, bien sûr que nous demandons l'instauration de couvre-feu d'abord, et puis de l'état d'urgence et la mobilisation de tous les moyens de l'État.
Vous le réclamez ce matin, ce n'était pas le cas encore hier.
Non mais nous le réclamons parce qu'aujourd'hui les violences sont telles, ont pris une telle ampleur qu'il faut immédiatement agir, et maintenant qu'on est devant la falaise et que la situation est celle que nous connaissons, il faut une immense, très grande fermeté. Mais le Président de la République nous semble complètement dépassé. Bon, Mme Borne a totalement disparu de la circulation.
Elle préside également ce matin, elle était hier sur le terrain, pardonnez-moi, elle est allée dans deux villes qui ont été entouragées.
Ce n'est pas au niveau, il n'y a aucun discours sur la sécurité venant du Premier ministre, elle ne protège pas les Français. Quant au Président de la République, qui était mardi soir au concert d'Elton John, est-ce qu'on se rend bien compte de la situation mardi soir ?
Son entourage fait savoir qu'il se tenait parfaitement informé, qu'une réunion a eu lieu à minuit et déclenchait une cellule interministérielle.
Non mais tout ça n'est pas sérieux. Le Président de la République n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation dès mardi. Le Président de la République est complètement dépassé.
Il n'aurait pas dû aller à Bruxelles pour vous ?
Non mais le Président de la République doit se concentrer sur le rétablissement de l'ordre dans notre pays. Le reste n'a pas aujourd'hui d'importance. On ne peut pas accepter un pays dans lequel toutes les villes de province sont mises à sac chaque nuit. Enfin ce n'est pas possible, on ne peut pas accepter qu'un pays dans lequel les Français se réveillent et voient leur outil de travail, voient leur moyen de transport mis hors d'état de nuire avec le Président de la République qui va à un concert d'un chanteur britannique. Qui je rappelle en tout cas son entourage fait valoir qu'il se tenait parfaitement informé de la situation.
Sur les réponses et les solutions politiques on y reviendra évidemment. Juste revenir sur ces images qui choquent, qui marquent évidemment ces bâtiments publics incendiés, ces supermarchés également pillés, scènes de pillage en plein Paris avec des policiers qui témoignent aussi d'une forme d'abandon. Certains disent que, notamment pour les heures à venir, ils n'ont pas assez de munitions. C'est des témoignages qui nous remontent. C'est le témoignage de quoi selon vous ?
C'est le témoignage d'un abandon et d'un désintérêt pour la sécurité et l'autorité dans notre pays. Ce n'est pas nouveau aujourd'hui ce débat que nous avons. Nous l'avons eu pendant des années. Et ça fait six ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Ça fait six ans qu'on lui dit qu'il faut des moyens pour la police. Il faut aussi un soutien de la police. Lorsqu'Emmanuel Macron jette l'opprobre et ne soutient pas la police...
Là aussi on y reviendra effectivement. Mais juste sur les heures à venir, les obsèques du jeune Naël tués cette semaine par un policier à 17 ans auront lieu demain. Est-ce que vous, en tant que responsable politique, je l'ai bien entendu de votre bouche et vous êtes très clair, vous appelez au calme, mais est-ce que vous craignez une nouvelle fois que ces prochaines heures, ces prochaines nuits, soit à nouveau le théâtre de violents affrontements ?
Et comment finalement essayer d'endiguer la colère ? La marche d'hier, qui était non pas une marche en mémoire de ce jeune garçon, mais un mélange entre la récupération politique de la LFI qui va devoir rendre des comptes. La France insoumise, il faut en parler, va devoir rendre des comptes. Et j'aimerais qu'on entende un peu les Roussel, les Ruffins, les socialistes, tous ces alliés de M. Mélenchon pour savoir où ils en sont, s'ils sont solidaires de tous ces propos, ces appels à l'insurrection, de ces appels à la révolte permanente irresponsable.
Bordane Bardella parlait de Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, comme un danger public.
Mais bien sûr, mais pas seulement lui, c'est trop. M. Guiraud, député du Nord, qui dit « je n'appelle pas au calme », et Mme Alma Dufour, députée de Sainte-Maritime, qui dit qu'effectivement la fin justifie les moyens. Il va falloir que d'abord les partenaires de Jean-Luc Mélenchon, la fameuse gauche-nupesse, nous disent où elle en est dans sa relation avec lui, s'ils sont d'accord avec tout ça, parce que c'est la conséquence aussi de ce que nous vivons. Et puis, vous l'avez dit...
La France insoumise particulièrement visée, si je puis me permettre, également par l'exécutif. Éric Dupond-Moretti, hier en déplacement, disait que finalement, sans les citer non et même, mais que certains ont une responsabilité morale
dans les exactions commises. Mais hier, cette marche, et toutes ces exactions, elles ont été commises en entendant des cris religieux. Il y a eu un drapeau français qui a été brûlé. Hier, les images ont été diffusées. Enfin, tout ceci, vous l'avez bien compris, que ce soit la marche ou que ce soit les obsèques liés à ce dramatique meurtre du jeune Naël, eh bien, ce sont des prétextes pour les voyous pour casser la France qu'ils détestent.
Renaud Muselier, président de la région, disait ce matin une volonté de casser la République et d'attaquer les fondamentaux. Il s'agit de voyous qui cherchent la mort des policiers pour attiser la haine.
Oui, mais voyez-vous, Renaud Muselier, comme M. Macron, tous ces gens-là ont été aux affaires. Ça fait 45 ans qu'on mène une politique de la ville. 100 milliards d'euros sur 20 ans. Qui a bénéficié de 100 milliards d'euros sur 20 ans ? La ruralité, on a consacré ça dans la lutte contre les déserts médicaux. Non, toutes ces banlieues, tous ces quartiers sont dotés en matériel. Vous allez en Seine-Saint-Denis, qui est un département pauvre, pas revenu par habitant, mais vous pouvez vous cultiver, vous pouvez vous transporter, vous pouvez vous soigner, vous avez accès à tout. Ils ont accès à tout. Donc, M.
Muselier et tous les autres qui ont été aux manettes pendant tant d'années, qui ont accepté de fermer les yeux, de n'avoir aucune vision de la politique de la ville, simplement donner de l'argent à des associations. Hier, c'est le bus des femmes en banlieue parisienne qui fait de la prévention pour le cancer du sein chez les femmes qui a été brûlée. Enfin, est-ce qu'on se rend compte que c'est le fruit et la conséquence des choix politiques qui minent notre pays depuis tant d'années ?
Uniquement cela, parce que sur les profils aussi des interpellés, on parle de très jeunes interpellés, entre 14 et 18 ans, une violence qui s'organise, notamment avec les réseaux sociaux. Encore une fois, sur les solutions politiques, je vous entends, et ce constat que vous faites, Amer, et on y reviendra. Mais juste sur la sociologie de ce qui est en train de se dérouler, comment aujourd'hui agir ? Agir dans les heures, là ? Que faire ?
D'abord, c'est reprendre le contrôle. Dans les heures qui viennent, il faut reprendre le contrôle, concentrer tous les moyens de l'État et les possibilités qui sont à la disposition de l'État pour reprendre le contrôle. Il n'est pas possible que notre pays bascule dans une sorte de guerre civile qui ne dirait pas son nom, dans des émeutes journalières quotidiennes. C'est absolument impossible que la France véhicule, à la veille des Jeux olympiques, également une image pareille. Vous avez vu la piscine de la piscine olympique
qui a été fait en partie ensemble.
Quel rapport avec la mort du jeune homme ? Quel rapport avec la mort de ce gamin de 17 ans ? La mort dramatique de ce gamin de 17 ans que de brûler le bus des femmes, la piscine des Jeux olympiques, les mairies, les médiathèques et les théâtres dans notre pays ? Aucun rapport. Ce sont des prétextes, car ces voyous détestent l'autorité et détestent la France. Quand ils brûlent le drapeau français, quand ils abîment des monuments aux morts, un monument de mémoire... Ça a été le cas à Nanterre, en effet, hier, dégradé.
Voilà, à la Shoah, qui a été abîmée, taguée, c'est que ces voyous, parce que moi, je ne les confonds pas avec des jeunes, il y a une belle jeunesse aussi dans le pays qui existe, c'est que ces voyous ne respectent rien et qu'il n'y a plus d'autorité et que donc tout est à revoir.
Sur les solutions immédiates, vous êtes favorable, je l'entends donc à l'instauration de l'état d'urgence, mais peut-être commencer par des couvre-feu, ça a été le cas dans plusieurs communes d'Ile-de-France, à Clamart, mais aussi ailleurs.
Bien entendu, des couvre-feu et la judiciarisation immédiate des voyous. C'est-à-dire qu'ils doivent passer devant les tribunaux.
Il y a eu plusieurs comparutions immédiates hier.
Mais ils doivent avoir des sanctions qui tombent immédiatement, qui soient adaptées. Ils doivent être sous les verrous. On ne peut pas laisser des voyous qui ont tenté de brûler des édifices publics en liberté ce soir. Ils vont retrouver quoi ? Leurs copains ? Leur racaille ? La racaille de ces cités, de ces banlieues qui va investir les villes, les villages bientôt ?
Vous êtes inquiet pour les prochaines heures ?
Moi, je suis inquiet parce que j'ai l'impression qu'il y a eu pendant beaucoup d'années une sorte de déni. On a voulu regarder ailleurs. Il ne fallait pas traiter le problème de l'immigration. Il ne fallait pas traiter le problème de l'autorité. Il ne fallait pas traiter le problème du logement. Tout ça explose aujourd'hui. Tout ça explose parce qu'on a laissé des quartiers s'armer. On a laissé la drogue financer tout ça. Il n'y a pas de politique de lutte contre la drogue dans notre pays. Rappelez-vous, il y a un an, Gérald Darmanin, je fermerai tous les points de deal. Enfin, quel est le constat, le bilan du ministre de l'Intérieur ? L'intention est présente dans les faits ?
Le verbe, la parole, le constat. Mais ils sont toujours très forts pour parler. Ça fait des années, en réalité, qu'on a laissé l'autorité s'effondrer dans tous les pans de la société.
J'aimerais vous entendre sur un autre point. Événement important hier aussi, en marge de la manifestation de cette marche blanche en soutien à Naël, on a appris aussi la mise en examen pour homicide volontaire et la détention provisoire du policier mis en cause. Son avocat s'est exprimé. Il a parlé de son client comme complètement dépassé par les événements, expliquant aussi que ce soir, dit-il, ce sont ses mots, mon client est parti en prison pour avoir appliqué un tir qu'il pense c'est nécessaire avec l'arme que lui a remise l'État pour assurer sa sécurité et celle des citoyens. Certains syndicats de police ont suggéré une décision de justice politique.
Est-ce que vous considérez que la décision d'hier est une justice politique ?
Je ne vais pas commenter sa décision. Je me replie derrière deux choses. La mise en examen de ce policier et son incarcération, puisqu'elle a été incarcérée,
ne doivent pas effacer
la présomption d'innocence qui est la sienne. Il est toujours présumé innocent. Une enquête va s'ouvrir et je me garderai bien, contrairement à certains, de jeter de l'huile sur le feu. La justice va faire son boulot concernant ce policier et concernant encore une fois ce drame, car c'est toujours un drame que de perdre la vie lorsqu'on a 17 ans. Mais ce n'est pas à nous de commenter ce que la justice va faire.
de ne pas mettre de l'huile sur le feu. Mais en revanche, Marine Le Pen a fortement condamné, en tout cas critiqué les propos du chef de l'État quand il s'est exprimé en parlant en effet d'un acte irresponsable, inexcusable. Là aussi, vous...
Le chef de l'État jette le discrédit sur la police, lâche la police. Moi hier, vous savez, j'étais avec les forces de l'ordre, j'étais à Valenciennes au commissariat, je le disais tout à l'heure. Mais pardonnez-moi, il parlait de cet acte précis, mais pas de se désolidariser. À travers ce collègue,
dénoncer l'acte d'un policier aujourd'hui n'est pas jeté l'oporbre sur toute une profession.
Il n'a pas respecté la présomption d'innocence. Le chef de l'État n'a pas respecté la présomption d'innocence de ce policier et à travers ses propos, il envoie un signal épouvantable aux forces de l'ordre qu'il les lâche, qu'il les discrédite, qu'il n'est pas à leur côté.
Et vous ne croyez pas que c'est inefficace
dans l'autre sens
de ne pas dénoncer des comportements individuels excessifs, illégitimes, sans pour autant jeter l'opprobre sur toute une profession mobilisée nuit et jour pour les concitoyens. Parce qu'il y a, dans n'importe quelle profession, il y a des gens qui agissent en dehors des règles et ce sont des situations à dénoncer.
Mais bien entendu, ce n'est pas au chef de l'État de piétiner la présomption d'innocence. Il doit respecter le droit. Nous avons un chef de l'État qui est dépassé, encore une fois. D'ailleurs, ces problèmes du régalien ne l'intéressent pas. Les problèmes de la sécurité n'ont jamais mobilisé Emmanuel Macron. Ça ne l'a jamais intéressé. Il ne s'est jamais mobilisé ni à travers les budgets, ni à travers le soutien, ni à travers l'écoute qu'il est nécessaire d'avoir de nos forces de l'ordre. Donc, ça ne l'intéresse pas. J'allais dire même, il n'y comprend rien.
Pour vous, la minute de silence qui a été observée dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, vous étiez peut-être présent, non ? En tout cas, décidée mercredi par la présidente de l'Assemblée nationale, était peut-être décidée trop rapidement ?
Oui, je suis assez en désaccord parce que les minutes de silence dans notre pays, elles se font pour, dans des moments, j'allais dire, qui ne sont pas peut-être de l'actualité la plus brûlante ou qui sont apaisées ou en tous les cas qui visent à l'être. Et là, c'était particulièrement à côté de la plaque. Ça a mis mal à l'aise beaucoup de parlementaires. Moi, je n'y étais pas. Beaucoup d'élus ne comprennent pas cette minute de silence parce que c'est évident que si nous devons nous incliner, évidemment, devant un enfant, un jeune qui perd la vie dans un contrôle de sécurité, on ne peut pas regarder les choses comme s'il s'agissait d'une victime, j'allais dire, banale.
Les circonstances sont dramatiques et ça n'avait pas entré dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à travers une minute de silence.
En parlant des circonstances justement de la mort de ce jeune Naël, 17 ans, une question aux députés que vous êtes. Faut-il revoir les règles encadrant les interventions policières lors d'un refus d'obtempérer ? Certains élus mettent en cause la loi de 2017 et les Insoumis vont déposer une nouvelle proposition de loi pour abroger la loi de février 2017 qui a créé un permis de tuer selon Mathilde Panot, notamment la présidente du groupe Les Insoumis
à l'Assemblée. Ces propos sont irresponsables. Ces propos sont indécents. Les Insoumis qui disent la police tue, les Insoumis qui veulent désarmer la police, les Insoumis, si les Français, je le dis souvent, entendaient les propos des députés insoumis contre les forces de l'ordre dans l'hémicycle du matin au soir, ils leur crachent au visage, ils font tout pour les dispenser de moyens, ils sont là dès qu'il faut leur taper dessus. Encore ce matin, les députés insoumis qui font des commentaires sur les réseaux sociaux pour taper sur la police, c'est bien prendre le problème par le mauvais bout de la lorgnette. Nos forces de l'ordre ont besoin de soutien.
Nos forces de l'ordre ont besoin d'être aidées, de travailler dans de bonnes conditions.
Mais revoir les dispositions
de ce texte de loi ne vous paraît pas être une option envisageable. Il y a d'autres urgences, par exemple, la responsabilisation des familles. Que font les familles dont les gamins, vous avez dit, ils ont entre 14 et 16 ans
et 18 ans,
sont dans la rue. Que font les familles ? Que font les parents ? Beaucoup de vos auditeurs ce matin se disent à juste titre, mais moi, mon fils ou ma fille de 14, 15 ou 16 ans serait dans la rue à minuit en train de casser des magasins. Je lui donnerais, je tournerais un peu la vis.
Un point précis juste pour être très complet, Yann Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée, qui était à votre place mercredi, disait sur notre antenne qu'il faut qu'on le regarde le cadre d'emploi qui a été fixé par une loi qui est intervenue avant notre quinquennat qui vient de début 2017. En gros, elle ouvre la porte sans dire que, oui, ils iront à examiner ce texte, cette proposition. En tout cas, elle ouvre la porte. Pour vous, aujourd'hui ?
Je crois que ce n'est pas la bonne façon de voir les choses.
Ce n'est pas la bonne façon de faire.
Je crois que, si vous voulez, on va nous bassiner encore longtemps avec le vivre ensemble, avec des propos lénifiants, avec des analyses et des évaluations de lois, alors qu'on sait très bien que c'est l'autorité qui est effondrée dans notre pays et que, donc, il faut la restaurer. Il faut la restaurer à tous les stades. Vous savez, je parlais tout à l'heure de l'école, car c'est un pan important de l'autorité qui est effondrée dans le pays. Quand je vois que le président de la République aborde le chantier de la rénovation de l'école à travers les vacances, réduire les vacances, mais on se dit qu'il plane à combien ?
À travers l'école, mais aussi en proposition notamment des ouvertures de collèges plus larges et des plages plus larges, de 8h à 18h.
L'autorité dans l'école, l'autorité du prof. Il faut, à travers, par exemple, le port d'un uniforme de façon à faire disparaître les différences sociales, les atteintes à la laïcité, le chantier de la laïcité. Mais les vacances, pour vous, ce n'est pas un bon sujet.
Certains responsables du droit, quand nous sommes fin juin, les vacances scolaires,
justement... On n'aborde pas le problème de la refonte de l'école à travers les vacances scolaires. On l'aborde à travers l'autorité, l'enseignement, la laïcité. Quand vous voyez que Papendiaï lâche les profs, les profs ne peuvent pas s'appuyer sur lui, sur l'abaya. Ils doivent apprécier eux-mêmes ce qu'ils doivent faire. Mais l'État a disparu. Vous savez ce que disait Anatole France ? Il n'y a plus d'État, il n'y a que des administrations.
Une forme de mélange des genres. Pas du tout. Mais ce n'est pas uniquement ce sur quoi il aborde l'école. Il y a la question des vacances scolaires, mais il y a d'autres points qui sont abordés aussi sur l'accueil de ses élèves, notamment. Certains pointent du doigt que permettre l'accueil des enfants sur une plage horaire plus longue permettraient qu'ils soient moins longtemps dans la rue. Ça peut être aussi une solution.
L'école n'est pas là pour faire du gardiennage. L'école n'est pas là pour faire du babysitting. L'école est là pour délivrer un savoir et former des citoyens. On va demander en fait, on va ouvrir davantage les classes l'été pour que ces chères têtes blondes qui pourraient devenir des voyous putatifs soient encadrées. Mais enfin, on sait très bien que ça ne va pas fonctionner. Sébastien Chenu
à aux téléspectateurs qui nous rejoignent, je le rappelle, 667 interpellations cette nuit. Troisième nuit d'extrême violence. Et hasard du carlendrier, je voudrais terminer cette interview là-dessus. Elisabeth Borne préside ce matin un communiqué interministériel des villes. Ça a été maintenu à l'agenda. Ça devait se tenir à Chanteloup-les-Vignes. C'est finalement à Matignon. Je vous le vois hausser les yeux. Ça n'a pas de sens. Ça n'a pas lieu d'être. D'abord,
à un bon point, on a retrouvé Elisabeth Borne. Elle va s'occuper de la politique de la ville. C'est-à-dire qu'en vieille militante socialiste qu'elle est, elle va continuer les mêmes logiques, c'est-à-dire à abreuver les villes de quelques centaines de millions de subventions supplémentaires sans aucune vision, sans aucun objectif. Il faut rétablir l'ordre dans le pays. Il faut rétablir l'autorité. Notre pays a besoin d'apaisement et d'autorité. Pas d'autoritarisme, de l'autorité et de l'apaisement. C'est ce à quoi nous concourons. C'est ce à quoi nous travaillons avec Marine Le Pen.
Ce n'est pas le moment aujourd'hui de tenir ce genre de...
Totalement à côté de la plaque, comme d'habitude d'ailleurs.
Sébastien Chenu, on arrive à la fin de cette interview. Peut-être allons nous voir parce qu'à nouveau une nouvelle fois ce matin, l'exécutif est sur le terrain. Clément Beaune, le ministre des Transports, est attendu, notamment à Aubervilliers, dans ce centre dépôt de bus qui a brûlé. Des dizaines de bus ont brûlé hier soir. On le voit peut-être sur ces images. Oui, à la droite de l'écran, Jean Castex, le président de la RATP, qui est sur place. Là aussi, il y a un besoin d'intervenir très rapidement.
Mais ce sont les ministres du constat. Ce sont des ministres du constat. Ils constatent l'échec de leur politique, les conséquences de leur politique. Ils en ont pour longtemps à constater.
Sébastien Chenu, merci infiniment d'avoir été avec nous ce matin.