L'invité de Bourdin Direct : Eric Ciotti - 24/11
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Éric Ciotti, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes député des Alpes-Maritimes. Vous êtes candidat à la présidence de la République. Vous aviez annoncé votre candidature ici-même. Ça vous a porté chance, Éric Ciotti, puisque... On verra, mais en tout cas, j'étais heureux de le faire ici. Bon, dans tous les cas, ça semble vous avoir porté chance, puisqu'on dit que vous pourriez être au second tour de la compétition LR. J'y reviens, Éric Ciotti, mais je voudrais commencer évidemment avec le Covid. Ouvrir la vaccination troisième dose à toutes les classes d'âge, c'est une de vos propositions ?
Bien sûr, il faut le faire. Et je crois qu'on a même trop attendu. Des pays l'ont déjà fait avant nous. C'est une nécessité. Moi, je crois au vaccin. Je l'ai toujours dit. Je crois à la science. Je crois au progrès. Et je le dis, ceux qui depuis des mois nourrissent une campagne anti-vaccin ont une responsabilité extrêmement lourde et sont des irresponsables. On a eu la chance dans cette crise terrible qui a emporté des millions de personnes dans le monde et qui risque, on annonce encore, plusieurs centaines de milliers de morts, y compris en Europe. 120 000 morts déjà dans notre pays. Ceux qui ont lancé ces messages ont une responsabilité immense.
Il faut se faire vacciner. Quand j'entends Dupont-Moré... Dupont-Moré... Dupont-Morédi... Dupont-Aignan dit... Nicolas Dupont-Aignan dit hier soir, c'était sur BFM TV, le Covid, on s'en fout. Je m'en fous. Que répondez-vous à ça ?
Il faut penser à la détresse des familles, à ceux qu'on a laissé croire que c'était le vaccin qui était un danger, alors que le vaccin, il protège. On voit bien que toutes les statistiques sont là. Plus on a des pays où le vaccin est présent, avec une proportion importante dans la population, moins il y a de victimes. Vous avez vu ce qui s'est passé dans les Vosges,
avec trois membres non vaccinés, je dis bien non vaccinés, d'une même famille qui sont morts en quelques jours. le père, la mère et le fils.
C'est dramatique. C'est dramatique. Mais je dis aussi, et c'est une leçon de cette crise, on a toujours un temps de retard dans la réaction. Depuis le début, j'ai été rapporteur de la commission d'enquête, et ce qui marque la gestion de cette crise, je conçois que c'est très difficile.
Même si on est l'un des pays d'Europe,
même du monde, les plus vaccinés. Oui, mais on a réussi la vaccination. On a rattrapé, mais on a eu un temps de retard au début. Et là, sur la troisième dose, il faut y aller. Il faut y aller. Il faut y aller très vite, et on perd du temps aujourd'hui. Mais c'est la seule réponse. Donc, troisième dose. Il y a des traitements aussi qui arrivent. Oui. Et ça, c'est un formidable espoir. Donc, merci aux scientifiques, et je ne dis pas merci à ceux qui déploient ces discours honteux.
Bon, troisième dose. Donc, six mois après l'injection de la deuxième dose, c'est un rappel. La troisième dose, c'est une dose de rappel. Est-ce qu'il faut renforcer les contrôles du pass sanitaire ?
Oui, je crois qu'à partir du moment où il y a des règles, il faut qu'elles soient respectées. La loi a fixé des règles. J'ai d'ailleurs voté, je le dis, sur le premier pass sanitaire, je l'ai voté dans ma famille politique, parce que je crois qu'il faut inciter à la vaccination. C'est ma conviction profonde.
Bien. Et est-ce qu'il faut, je ne sais pas moi, confiner les non-vaccinés ? Certains souhaiteraient aller jusque-là.
Non, je ne le crois pas. Je ne le crois pas. Aujourd'hui, on a ce message sur la vaccination. C'est là où il faut mettre le paquet.
L'obligation de télétravailler certains jours par semaine ?
Non plus. Je ne crois pas que ce soit aujourd'hui la nécessité. Attention à installer une culture du non-travail. Voilà. On a payé, c'est un autre sujet, mais on paye encore très lourdement sur la déstabilisation de notre économie les 35 heures. Faisons attention à installer aussi la culture du non-travail. Moi, je crois au travail, à la vertu du travail, un travail bien rémunéré. C'est d'ailleurs au cœur de mon projet. Mais n'allons pas trop loin là-dessus. Rétablissement de la gratuité des tests PCR. Oui, je le crois. Je crois que c'est utile aujourd'hui.
Ils le sont déjà. Ils sont déjà gratuits sur prescription médicale. Pour les mineurs, les cas contacts, les contre-indications, les vaccinés, les malades récemment guéris.
On a eu 30 000 cas hier. C'est gigantesque, avec moins de tests. Tester, c'est aussi prévenir, c'est pouvoir isoler. Donc, je crois que mettons tous les moyens pour essayer d'endiguer cette inflation des cas que l'on dénombre depuis quelques jours, de façon exponentielle.
La Guadeloupe, la Martinique, Éric Ciotti, le rétablissement de l'ordre public préalable à toute discussion, dit le gouvernement. Vous êtes d'accord ?
Oui. Qu'est-ce que ça traduit ? Crise de l'autorité. C'est malheureusement partout sur le territoire. L'autorité de la République, elle est affaiblie. On a connu ça en 2009. Oui, on a connu ça en 2009. Mais on voit aujourd'hui ce qui se passe. Très bien, ça a duré 40 jours. Ce qui se passe en Martinique et en Guadeloupe, avec des facteurs spécifiques, une forme d'abandon aussi de ces territoires qui sont méprisés. On voit ce qui se passe à Mayotte sur l'immigration. On voit ce qui se passe en Guyane. Il n'y a pas de véritable politique sur les Outre-mer.
Moi, je suis choqué aussi que le Président de la République, alors qu'on aura un référendum décisif sur la Nouvelle-Calédonie, ne se prononce pas qu'il soit neutre, alors que la présence de la France dans l'Indo-Pacifique est essentielle au travers de la Nouvelle-Calédonie. Donc, il y a un mépris. On ne regarde pas ce qui se passe dans les Outre-mer. Il y a un taux de pauvreté en Guadeloupe, en Martinique, qui est très fort. On a des services publics délabrés. Première leçon, enfin deux leçons. Perte d'autorité, mais on voit dans des quartiers, en métropole aussi, abandon des territoires d'outre-mer.
Et puis ensuite, et ça rejoint ce que je disais précédemment sur le Covid, manque d'anticipation. On a un gouvernement qui réagit lorsque la crise est apparue. Pour moi, gouverner, c'est prévoir. Je crois qu'il faut qu'on regarde un peu plus loin. Qu'on ait des gouvernements qui ne soient pas que dans l'instantané, dans le moment, dans l'instantané. Il faut qu'ils aient une vision. Il faut qu'on arrête avec l'excès de communication. Là, on a vu, on a envoyé de façon un peu symbolique, le RED, le GIGN. Une provocation, dit Jean-Luc Mélenchon. Tout ça se prépare. Provocation inutile ? Ça peut être utile.
On a tiré sur balle réelle, mais ce n'est pas le cœur de métier de ces forces d'intervention qui sont là pour libérer des otages. Il y a des forces de maintien de l'ordre. Il y a des véhicules blindés de la gendarmerie qui sont faits pour ça, pour lever les barrages. Donc, la réponse policière, le maintien de l'ordre, on sait faire. Là, on est dans la com. Et moi, je voudrais qu'on ait enfin un gouvernement. Sur la crise sanitaire aussi, je disais toujours un temps de retard. Sur la sécurité, on ne réagit. Darmanin, il a réagi sur le checkpoint à Marseille qui a tellement choqué les Français où des dealers ont mis un checkpoint pour rentrer dans la cité des Flamands.
Il a réagi après que la télévision en ait parlé. Quand on est ministre, quand on est président de la République, on regarde un peu plus loin.
Même si dans la crise sanitaire, le quoi qu'il en coûte était une démesure, démesure efficace et prise tout de suite. On verra bien.
La comparaison avec les autres pays, il y a eu moins d'argent de dépensé et plus de croissance, par exemple, en Allemagne. Il faudra le payer, le quoi qu'il en coûte.
Plus de croissance en Allemagne, ça, il faudrait vérifier. Au cœur de la crise,
en ce moment, il y a plus de croissance en France qu'en Allemagne. En 2020, nous, on a eu moins de 10. En 2020, en 2021, comparé à la croissance. Comme on est descendu plus bas, on remonte un peu plus haut. Mais le final, il est plus favorable à l'Allemagne avec moins d'argent public dépensé.
Éric Ciotti, envoyez le GIGN et le RAID, donc c'est utile, mais ce n'est pas la solution. Alors, il y a une autre... Ce n'est pas la solution, mais ce n'est pas la première. Est-ce qu'il faut négocier l'obligation vaccinale en Guadeloupe et en Martinique ? Non. Des personnels soignants et des pompiers ? Non. Non, je ne le crois pas. On n'en négocie pas.
Il y a une unité de la République. Quand on est soignant, on ne met pas en péril les patients qu'on soigne.
Et est-ce qu'il faut organiser un référendum sur l'indépendance ou l'autonomie ? Parce que certains en parlent, de la Martinique ou de la Guadeloupe.
Je ne le crois pas. Je crois qu'il y a un attachement très fort de ces territoires à la France. Il faut que la France considère ces territoires. Et aujourd'hui, je le redis, il y a un mépris insupportable. Et moi, je veux être aussi, demain, celui qui retémoignera cet attachement à nos territoires d'outre-mer. On a une force, une force maritime, une présence géopolitique forte dans tous les continents du monde. Un espace maritime qui est un des premiers au monde grâce à nos territoires d'outre-mer. N'abandonnons pas nos outre-mer. Leur situation est dramatique aujourd'hui.
Éric Ciotti, seriez-vous un faunet de l'extrême droite ?
Moi, je suis... J'entends ces discours. Ils sont téléguidés par nos adversaires, par la Macronie. Vous savez, moi, je suis candidat dans cette élection. Pour casser les codes du politiquement correct. Je suis un homme de droite. Je le revendique. Je suis gaulliste. Toute ma famille personnelle, ma famille politique, a toujours été gaulliste. Je suis né dans un village qui est classé juste parmi les nations. Qui a accueilli des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Moi, j'ai le souvenir enfant de ma grand-mère où un de ses amis juifs venait l'été parce qu'il avait été là en 1943. C'est ma culture. Je porte une vénération au général de Gaulle.
Mais ce que je dis, c'est que quand on est de droite, avec des valeurs claires, il n'y a pas de place à l'extrême d'autre ou à droite. Ceux qui tiennent ce discours...
Vous dites que quand la droite est de droite, sans tabou, l'extrême droite n'existe plus. Bien sûr. Oui, mais alors, qu'est-ce qui vous sépare de l'extrême droite ? Rien.
Regardez, si c'est l'histoire, c'est la République, c'est justement... Qu'est-ce qui vous sépare d'Éric Zemmour ? Rien. Cette filiation, c'est... Mais Éric Zemmour, je ne sais pas...
Les cathédrales, la chrétienté,
rien ne vous sait pas d'Éric Zemmour. Où il se situe, je ne sais même pas s'il est candidat. Moi, il le sera vraisemblablement. Mais moi, ma référence, c'est ma famille politique. Quand je veux rétablir le droit du sang, qui en a parlé le premier ? Valéry Giscard d'Estaing, dans une interview au Figaro en 1991. La priorité nationale, c'était dans le programme du RPR et de l'UDF, en 1990, dans les assises de Villepinte. Donc, ces valeurs, on nous les... Finalement, on n'a plus osé les revendiquer parce que la gauche a délimité la frontière du politiquement correct. Le camp du bien, le camp du mal. Moi, aujourd'hui, je veux faire tomber ces tabous. Je suis un homme de droite.
Les Français parlent de ces sujets. Ils ont peur de perdre leur identité. Ils ont peur que demain, on ne vive plus comme ils ont vécu hier, qu'on nous impose des modes de vie par le terrorisme islamiste qui ne sont pas ceux que l'on a reçus. Moi, je veux que la France reste la France et personne ne m'empêchera de dire ce que je veux. Nos adversaires, je vois bien les petits télégraphistes de l'Élysée qui sont mandatés.
Tiens, vous parlez de Renaud Muselier. Vous l'avez reconnu. Parce que Renaud Muselier vient de déclarer « Je quitte LR, je ne m'y retrouve plus ».
Il n'y était plus, déjà. C'est une clarification que je salue. Parce que pour une fois, il est honnête. Ça fait trois ans qu'il travaille pour En Marche.
Même si vous l'avez soutenu, quand même.
J'ai voté pour lui au second tour. Oui, au second tour. Je vous l'avais dit chez vous, d'ailleurs. Vous savez, je vais voter pour lui parce que je suis un homme de loyauté à ma famille politique. Moi, j'ai toujours été fidèle à mes valeurs, à mes convictions. Je suis loyal au président de notre famille politique, Christian Jacob, qui fait un travail formidable. Je l'ai fait pour lui parce que je suis un homme de responsabilité. J'ai été mis en minorité. J'ai voté contre l'investiture de Muselier, avec Bruno Retailleau, d'ailleurs, avec quelques-uns, avec François-Xavier Bellamy. On a voté contre parce qu'on n'avait pas confiance.
On savait, et ça se révèle aujourd'hui, que ceux dont vous parlez, les petits télégraphistes de l'Élysée, ils sont avec Emmanuel Macron. C'est leur choix. Mais au moins qu'il y ait de la cohérence, on ne peut pas être dehors et dedans. Au moins, c'est clair et je m'en réjouis.
Si vous gagnez, si vous gagnez cette primaire, cette compétition au sein de LR, vous serez donc le candidat LR à la présidence de la République, vous vous sentez à la hauteur de la fonction ?
Oui, et je sens que je peux surtout rassembler tous les électeurs de droite. On parlait de ceux qui nous ont quittés. En 2007, Nicolas Sarkozy, il a rassemblé et il a donné une immense espérance au pays et il a réduit justement le Front National. Je pense être celui dans notre famille politique qui peut, un, j'ai une conviction, il faut qu'Emmanuel Macron soit battu parce qu'autrement, ça sera un déclin irréversible de la France.
Vous avez choisi de toute façon pour le battre, vous voterez Zemmour ou Marine Le Pen au second tour ? Non, non, non, non. Non, non, non.
J'ai dit uniquement pour Zemmour. Pas pour Marine Le Pen. Absolument. Absolument. Mais cette hypothèse, elle ne se produira pas. Pourquoi ? Parce que seul un candidat issu de notre famille politique peut gagner. Et j'ai aujourd'hui la conviction que je suis celui qui peut gagner. Parce que j'ai un discours qui peut justement faire revenir ces électeurs qui sont tentés par Éric Zemmour parce qu'ils me disent mais allez-y, on a des problèmes, il faut rétablir l'ordre, il faut aujourd'hui lutter contre l'immigration de masse, il faut arrêter l'amonté l'islamisme, il faut baisser les impôts massivement, il faut réformer les collectivités, il faut réformer l'État, il faut avoir du courage.
Eh bien, ce courage, moi je veux le proposer. Je veux le proposer.
Attention à la crise de civilisation, vous avez exactement
le même discours. Vous croyez qu'il n'y a pas de crise de civilisation ? Il y a une... Aujourd'hui, on a été attaqué... Vous avez le même discours, donc vous dites c'est moi l'original, c'est lui la copie. Moi c'est mon discours, je n'en ai pas changé. Même Édouard Philippe, aujourd'hui, dans les colonnes du Figaro, dit que le seul qui est constant, c'est Éric Ciotti. Ce discours que je vous tiens aujourd'hui, vous m'avez souvent invité, je vous remercie, je l'ai toujours tenu. Moi je ne me déguise pas pendant cette élection. Est-ce que vous avez choisi... Je suis un homme de sincérité, de fidélité et je crois aux idées droites pour redresser la France. L'autorité, l'identité, la liberté.
Après les autres, ils peuvent penser ce qu'ils veulent, mais moi j'ai toujours pensé cela. Est-ce que vous avez choisi votre Premier ministre ? Oui. Si les Français me font confiance, ce sera Laurent Wauquiez. En tout cas, je proposerai à Laurent Wauquiez parce que... Vous lui en avez parlé ? Non, je ne lui en ai pas parlé, mais Laurent Wauquiez est un ami et je pense qu'il doit occuper demain un rôle majeur dans notre pays. S'il avait été candidat à l'élection présidentielle, je n'aurais pas été candidat, mais je crois que la France aura besoin de sa vision.
Il a géré admirablement la région Auvergne-Rhône-Alpes, il a baissé les dépenses publiques, il a mis des politiques innovantes, il a favorisé le travail. Moi je veux qu'on favorise le travail. Vous savez, c'était lui qui voulait lutter contre l'assistanat. Il a eu les bonnes intuitions.
Ça veut dire favoriser le travail, ça veut dire supprimer les 35 heures. Oui, c'est dans mon projet. J'ai vu ça, donc travailler 37, 38, 39 heures.
Je propose le retour aux 39 heures et dans la fonction publique, payer 38, ça sera la contrepartie.
Est-ce que le Conseil départemental des Alpes-Alpes-Alpes travaille 35 aujourd'hui ?
Oui, j'ai été la première, absolument, j'ai été la première collectivité à mettre en œuvre cette mesure. Quand je suis arrivé à la présidence en 2009, on travaillait 32 heures, j'ai mis les 35 heures, c'était le maximum, et j'ai fait diminuer de 20% les effectifs. 5100 fonctionnaires en 2008 au département des Alpes-Maritimes, 4300 en 2017. et j'ai baissé la dette, énorme qu'avait laissée Christian Estrosi, et j'ai baissé par deux fois les impôts. Vous savez, moi j'ai une cohérence. Les impôts,
vous proposez une flat taxe
à 15%.
Une flat taxe à 15%.
À partir d'un SMIC, il y aura deux taux. Ceux qui ne payent pas d'impôt sur le revenu aujourd'hui n'en paieront toujours pas.
Vous savez, à partir de quand on ne paie pas d'impôt sur le revenu aujourd'hui ? C'est autour de 11 000 euros avec les abattements. Donc ça fait un salaire. C'est 1,2 SMIC pour une personne seule et 2,92 SMIC pour un couple avec deux enfants.
On sera au même niveau avec les abattements. Donc là, ça ne change pas. Le principe, tous ceux qui ne paient pas d'impôt aujourd'hui ne paieront pas d'impôt sur le revenu. En revanche, les autres qui sont matraqués d'impôt, qui paient jusqu'à 45, tout le monde sera un taux de 15%.
Quel que soit ses revenus ?
Absolument. Et la contrepartie... Quelqu'un qui gagne 3 millions d'euros par an ne paiera que 15% d'impôt ? Un impôt avec une efficacité économique. Parce que cet impôt, paradoxalement, il fera revenir des contribuables, il permettra de lutter contre le travail au noir. Tous les pays qui l'ont fait, je pense en particulier à l'Estonie, ont eu des résultats économiques remarquables et l'assiette de l'impôt étant plus large, mais le taux plus faible, on a plus de recettes. Et ces recettes supplémentaires que j'aurai aussi par la baisse des niches fiscales, parce que les niches fiscales, vous savez, elles coûtent aujourd'hui 90 milliards d'euros.
La Cour des comptes nous a dit que la moitié d'entre elles était inutile et inefficace économiquement. Et elles coûtent plus que l'impôt sur le revenu rapporte. Donc moi, je propose que le gain qu'on va avoir, parce qu'on aura un gain avec cette mesure, nous le placions vers la baisse des charges salariales et la baisse des charges patronales pour que le salaire net augmente. C'est-à-dire que quelqu'un qui gagnera 3 000 euros, qui gagne aujourd'hui 3 000 euros net par mois, eh bien, il aura une augmentation mensuelle de 150 euros. Ce n'est pas négligeable. Moi, je suis un homme de droite. Un homme de droite, il ne verse pas des primes, il ne va pas vers l'assistanat.
Un homme de droite, il diminue les impôts. On a le record du monde des impôts. Il faut arrêter. Et en même temps, il faut diminuer, en même temps, je ne devrais pas dire la formule. Parallèlement, il faut diminuer les dépenses publiques. On ne peut plus être aussi un pays asphyxié par une bureaucratie.
250 000 fonctionnaires en moins, c'est ce que vous proposez. Je ne vais pas entrer parce que... Je reviens dans l'esprit du programme de François Fillon. J'ai compris. Qui est un très bon projet. Justement, je regardais tout votre programme, je vois le consommateur de cannabis, 1 000 euros d'amende. Oui. C'est-à-dire que je fume un joint, 1 000 euros d'amende.
Amende forfaitaire délectuelle. 1 000 euros d'amende. Oui. Aujourd'hui, cette mesure a été votée par cette... Aujourd'hui, c'est une bonne mesure, l'amende forfaitaire délectuelle. Vous savez, la drogue, c'est un fléau terrible en termes de santé publique. Et ça nourrit tous les réseaux de criminalité. 79 assassinats depuis le début de l'année de règlements de comptes sur fonds de trafic de drogue. Aujourd'hui, c'est le chiffre d'affaires de la délinquance, de l'économie parallèle, c'est 3 000 milliards d'euros. Pardon. 3 000 milliards d'euros. 3 000 milliards d'euros, c'est la dette. 3 milliards d'euros, excusez-moi. Ils tiennent des quartiers entiers.
Donc, si on ne s'attaque pas à la consommation, on maintiendra toujours un trafic. Donc, il faut bien sûr lutter contre les trafiquants. Je propose des saisies beaucoup plus fortes de bâtiments, notamment des produits de ces trafics. Je propose qu'on fasse payer les jours de détention des gens qui sont en prison parce que quand on est trafiquant de drogue, quand on gagne des millions d'euros, ce n'est pas la société de payer les jours de prison. Je souhaite, troisième volet, parce que c'est une politique globale, qu'on ait une action diplomatique très forte contre les pays producteurs, notamment le Maroc, qui est un pays qui exporte de la drogue.
Il faut s'attaquer si on ne fera pas reculer la délinquance, si on ne fait pas reculer le trafic de drogue.
J'ai une dernière question. Vous êtes favorable au retour du service militaire. Est-il vrai que vous avez tout fait pour échapper au service militaire ? C'est faux. C'est vrai ou pas ? Vous l'avez fait ou pas ?
C'est faux. Non, je ne l'ai pas fait pour des raisons tout à fait légales par rapport à ma situation familiale. Voilà. Il y avait simplement... J'avais demandé un report et ensuite, j'ai eu une situation familiale puisque j'attendais la naissance... Mon épouse attendait la naissance de ma fille et c'est dans ce cadre à la fin du service militaire. Mais aujourd'hui, moi, je suis favorable, naturellement, à des dispositions qui favorisent l'unité nationale.
Merci d'être venu nous voir avec Ciotti ce matin sur RMC et BFM TV. Il est 8h53.
Éric Ciotti