Jean-Philippe Tanguy : "Emmanuel Macron est le candidat du mondialisme !" (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
Avez-vous vous-même connu la même galère que de très nombreux franciliens hier ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a eu raison, selon vous, de nuancer sa position, Emmanuel Macron ?
- 4:09OuverteRéponse partielle
Est-ce que les États-Unis n'ont pas également agi sur le domaine de la souveraineté au nom de la souveraineté ?
- 5:25OuverteRéponse directe
Comment défendre cette même souveraineté si depuis des années, personne ne s'est intéressé au peuple vénézuéen ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Si vous arrivez au pouvoir demain, et qu'une puissance étrangère déstabilise la France, que faites-vous ?
- 8:37OuverteRéponse directe
Comment vous faites avec vos amis et vos alliés quand vous n'êtes pas d'accord vous-même ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:52PrésentateurFait
« La réaction de M. Mélenchon et des Insoumis n'est pas du tout une réaction patriotique, c'est une réaction de soumission. »
- 3:46PrésentateurFait
« toute nation, tout pays, en particulier des régimes autoritaires, la Chine, la Russie, peuvent après utiliser ce précédent pour intervenir partout où bon lui semble. »
- 11:36PrésentateurChiffre
« On va encore verser la 30 milliards d'euros à l'Union européenne. On en retire 14 milliards, 15 milliards. »
- 12:36PrésentateurFait
« Il est pour Emmanuel Macron, il a toujours été pour le Mercosur, il est pour le libre-échange, il est pour la soumission au mondialisme. »
- 14:53PrésentateurChiffre
« on ne veut pas de compromis sur ce mauvais budget, et 20 milliards d'impôts. »
- 15:13PrésentateurPromesse
« Nous, on veut baisser les impôts de 40 milliards d'euros. »
- 16:40PrésentateurFait
« C'est un ouvrage théologique qui a inspiré notamment le wahhabisme. »
- 17:05PrésentateurPromesse
« il faut loi d'interdiction de la pensée islamiste, qui est une pensée qui, pour le coup, atteint aux intérêts de la France. »
Temps de parole
- Présentateur74 %
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Bonjour et bienvenue Jean-Philippe Tanguy. Bonjour et tous mes voeux à tous ceux qui nous regardent pour la nouvelle année, puis à vous d'ailleurs aussi.
Je vous remercie d'ailleurs, une année qui commence sous le signe de la neige, du froid glacial. Avez-vous vous-même connu la même galère que de très nombreux franciliens hier ? Jean-Philippe Tanguy avec un record absolu de bouchons dans le bassin parisien, des bus à l'arrêt, des informations parcellaires également et surtout, comment expliquer toujours la même pagaille alors que le ministre des Transports lui dit cet épisode neigeux a été totalement anticipé ?
Oui, on pense évidemment à tous ceux qui sont en galère, à tous ceux qui vont à leur travail. On pense aussi à ceux qui font quand même en sorte qu'on soit en sécurité, qui est le moins de problèmes possibles. Tous ceux qui prennent avec les camions pour déneiger, pour ensabler les routes de France, notamment dans la Somme où on a aussi connu hier effectivement un épisode de froid. Donc on pense à tous les Français en galère. Alors moi je pense aussi, on a un très beau pays et c'est vrai que quand il est recouvert, il y a le blanc manteau des églises et puis il y a ce blanc manteau de neige. C'est quand même magnifique. Donc avec la galère, avec les difficultés, pensez à la beauté.
Je pense aux enfants, moi je me souviens que ça fait quand même des beaux souvenirs pour les enfants. Alors c'est vrai que c'est difficile, mais quand il est recouvert de neige, qu'est-ce que notre pays est beau ?
Pas de polémique sur ce sujet, on va continuer à suivre.
Si, mais les Français le savent, moi si vous voulez, moi je peux polémiquer, mais j'ai pas de... Voilà, c'est vrai qu'il faudrait anticiper, puis il faudrait que le ministre ne revive pas dans un monde parallèle. En fait, c'est un peu comme sur tous les sujets. En fait, je pense que nos compatriotes préfèrent qu'un responsable politique vienne leur dire, écoutez, désolé, c'est pas parfait, on a fait une bêtise, on n'a pas été à la hauteur. C'est vrai que le problème, en fait, quand vous rajoutez du mensonge aux difficultés... C'est du mensonge, disons qu'il y a peut-être parfois des problèmes d'anticipation.
Non, mais c'est pas ça, mais on les connaît, voilà, ça fait 8 ans qu'on a des macronistes matin, midi et soir, les années passent, malgré les bons voeux, ce mensonge permanent sur tous les sujets. Vous voyez, par exemple, hier, on a découvert, ils ont sucré avec le budget sur la sécurité sociale.
Non, mais on va en parler, on ne va pas mélanger la neige et le budget sur la sécurité. Tout est dans tout, oui. Quand même, les sujets, non, non, il y a l'archie des sujets, Jean-Philippe.
Avec le macroniste, on peut toujours nier les mensonges.
Non, non, non, non, on va rester. On va suivre tout au long de l'entretien, d'ailleurs, la galère sur les routes. Mais puisqu'on parle d'un froid glacial, c'est le froid qui souffle sur les relations internationales, après avoir légitimé l'action américaine, Emmanuel Macron a rétropédalé et dit désormais, un peu tout le mal qu'il pense, de la méthode trumpienne pour arrêter le satrape de Caracas-Maduro. Est-ce qu'il a eu raison, selon vous, de nuancer sa position, Emmanuel Macron ?
Il a dû se souvenir qu'il était président de la France et pas président d'une nation croupion des États-Unis. Notre peuple a toujours été un peuple, avec le général de Gaulle, qui aspire à l'indépendance nationale, une voie propre de la France et le respect d'un certain nombre de principes dont la souveraineté est sacrée.
On prend quand il ne les a pas respectés, quoi qu'on en pense. Le président français a eu une première position claire. Est-ce qu'il n'a pas été surtout rattrapé par la patrouille idéologique, pardonnez-moi, de la gauche jusqu'au RN, qui lui a tapé sur les doigts, tout simplement parce qu'il a dit tout le mal qu'il pensait de Maduro ?
Non, ne faisons pas, je pense, le cadeau de la souveraineté nationale à la gauche. La réaction de M. Mélenchon et des Insoumis n'est pas du tout une réaction patriotique, c'est une réaction de soumission. Ils appellent au retour d'un dictateur. Donc ce n'est pas du tout une position qui défend la souveraineté nationale. Les Français veulent, dans la grande ligne, dans la droiture du général de Gaulle, qu'on défende la souveraineté nationale et une autre vision du droit à la souveraineté nationale. Vous l'avez dit, je n'ai pas dit qu'il l'avait foulé au pied. Je n'ai pas dit qu'il avait tort de condamner le régime de Maduro.
On peut condamner un régime, évidemment, c'est ce qu'ont fait d'ailleurs Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il n'y a aucune sympathie à avoir pour le régime complètement corrompu, notamment de Nicolas Maduro. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut intervenir. Parce que, comme le dit très clairement Marine Le Pen et comme l'a dit aussi Jordan Bardella, la souveraineté nationale, c'est un principe sacré. À partir du moment où vous ne respectez pas ce principe, vous ne respectez plus rien. C'est-à-dire que toute nation, tout pays, en particulier des régimes autoritaires, la Chine, la Russie, peuvent après utiliser ce précédent pour intervenir partout où bon lui semble.
Et il n'y a plus de droit, il n'y a plus de respect, il n'y a plus de frontière.
D'accord. On vous entend ce matin sur ces news européens, mais c'est fondamental, c'est un révélateur ce qui est en train de se passer. Vous parlez de la souveraineté, mais un pays souverain, c'est aussi un pays qui contrôle ce qui vient à travers ses frontières, et notamment la drogue. Est-ce que les États-Unis n'ont pas également, c'est une question, agi sur le domaine de la souveraineté, au nom de la souveraineté, pour se défendre par rapport à un pays, quand même, qui peut les submerger de drogue et autres trafics ?
Nous verrons les éléments qui sont mis au procès. Ah, vous avez des doutes ? Non, c'est intéressant. Moi, j'attends aussi les éléments. Vous savez, en politique internationale, la position du Rassemblement national a toujours été aussi d'attendre un certain nombre d'informations, que la vérité vienne. Je peux vous sortir un certain nombre de dossiers récents où, si on avait été plus prudents, je pense que la France s'en porterait mieux. Le dernier exemple, c'était, je ne sais pas si vous vous souvenez, cet attentat sur le gazoduc qui traverse la Vierge-Baltique.
Sur les armes de destruction massive. Je pense que personne n'a de doute sur l'aspect de narco-banditisme de Maduro.
Le fait que ce soit un régime corrompu et un régime qui ne respectait ni son peuple, ni les principes que ce régime lui-même prétendait respecter, la justice sociale, le Venezuela, c'est un régime où les inégalités sont flagrantes, où 8 millions de Vénézuéliens ont dû fuir leur pays à cause de la pauvreté. Donc, il n'y a rien à défendre dans ce régime. La seule chose que nous défendons, c'est la souveraineté des peuples et le fait que les peuples doivent prendre aussi leur propre destin. Parce qu'un peuple aussi, comme on dit, où il y a des interventions extérieures...
Justement, il n'a pas pu le prendre parce qu'il n'a pas été élu correctement, il n'a pas été élu démocratiquement. Comment défendre cette même souveraineté si depuis des années, personne ne s'est intéressé au peuple vénézuéen et la manière avec laquelle on s'est assis sur la démocratie ?
Il y a des dirigeants français qui ne sont pas de ma famille politique, comme Jacques Chirac, qui s'était intéressé au Venezuela. Il y avait un chemin, vous savez... Et je pense que quand un peuple, il y a une intervention, même d'ailleurs, on voit des réactions des Vénézuéliens qui sont heureux, ils ont raison de l'être, que Maduro soit parti, se sentent humiliés par cette intervention. Et vous savez, moi je suis... j'essaie de m'inscrire dans la tradition gaulliste. Oui, c'est quoi ? Non, mais c'est important, là c'est sur une... Vous avez raison, mais je pense que là, je le cite à bon escient, il y a un angle important. Pourquoi aussi la grande œuvre du général de Gaulle ?
C'est d'avoir maintenu la dignité du peuple français dans la victoire contre le nazisme. La France est partiellement libérée seule. Et c'est un élément important parce que quand vous êtes libérés par des forces extérieures et vous avez toujours une humiliation nationale qui fait que vous avez du mal après à reprendre votre destin en main. Et c'est pour ça le vrai sens du polysme.
Les alliés, quand ils nous aident dans une libération... Oui, bien sûr, reconnaissons aussi le rôle majeur et fondamental des Alliés.
Vous avez particulièrement raison, c'est vrai que je dis partiellement.
On n'est pas atlantiste quand on le reconnaît, rassurez-moi.
Non, mais il y a beaucoup d'atlantisme en France et je pense que... C'est un défaut ? Oui, c'est un défaut parce que... Il menace ? Oui, parce que croire qu'une partie du destin de la libération de la France, de son émancipation, de son indépendance, appartient à une autre nation, même une nation alliée, c'est une erreur. Il n'y a que la France... Et vous voyez, on se rend compte quand les États-Unis défendent leurs intérêts. De toute façon, les États-Unis ont toujours défendu leurs intérêts et ils le font quel que soit les régimes. Nous, on ne le fait pas. Nous, on ne le fait pas. C'est intéressant.
Demain, vous arrivez au pouvoir. Si vous arrivez au pouvoir demain, et imaginons une nation étrangère, une puissance étrangère qui déstabilise la France, à coup de tonnes de drogues sur notre territoire et de gangs qui sont manipulés, à la limite entre le narco-banditisme et le terrorisme. Que faites-vous ?
Il faut absolument utiliser des moyens de coopération avec l'État.
Quelqu'un qui vous déstabilise, vous allez dire « Bonjour, s'il vous plaît, coopérons ».
Aujourd'hui, il n'y a pas de narco-État qui déstabilise la France directement. Ça peut arriver à un moment. Mais si on ne croit plus du tout au droit international, si on ne croit plus qu'il n'y a aucun moyen de résoudre les problèmes autrement que par la guerre, on a l'air faussement intelligents. Parce que c'est ça aussi que je vois depuis quelques jours, c'est qu'on a des gens qui sont persuadés d'être brillants parce qu'ils disent qu'il n'y a que la force qui va.
Un exemple ?
M. Attal, qui a fait des déclarations complètement loufoques.
Ta position a été saluée comme étant équilibrée ?
Je n'ai pas vu que vous l'êtes équilibrée. C'est une position à la fin où il n'y a pas de solution. Parce que M. Attal dit qu'il faut être puissant. Alors déjà lui, il faut dément la faibli de la salle. Mais le fait de devoir être puissant, déjà, nous, c'est le projet politique du Rassemblement National. Jordan Bardella était parti en campagne aux Européennes en demandant à ce que la France reloue avec une politique de puissance. S'agiter sur son siège, comme le disait, une fois plus, désolé, le général de Gaulle, en disant « Europe, Europe, Europe, ou puissance, puissance, puissance ». Alors que M.
Attal a affaibli la France à tous les niveaux possibles et toujours la béquille, soit des États-Unis, soit de l'Union Européenne, ce qui est souvent la même chose. Donc il est atlantiste, si je vous entends. Oui, oui, M. Attal, il est atlantiste. On voit bien d'ailleurs dans son message qu'il repose, qu'il pense qu'il faut se reposer toujours sur une béquille. Mais ça, c'est une fausse sagesse. Parce qu'en fait, il y a un moment, les nations, vous pouvez avoir des alliés, vous pouvez avoir des amis, il y a un moment dans votre destin où vous êtes seul.
Et être seul, le savoir, c'est se préparer vraiment et ce n'est pas penser qu'on a toujours des amis, que ce soit l'Allemagne, les États-Unis ou je ne sais qui.
Comment vous faites avec vos amis et vos alliés quand vous n'êtes pas d'accord vous-même, y compris au sein du Rassemblement National ou en tout cas dans les satellites du Rassemblement National comme le parti d'Éric Ciotti ? Parce que lui a vraiment soutenu sans nuance l'action militaire américaine.
Oui, mais il est libre, Éric Ciotti.
J'entends bien, mais c'est un sujet aussi cardinal. Vous ne partagez quand même pas la même notion de la souveraineté ?
Mais ce n'est pas grave parce qu'à la fin, il y a un rapport, vous avez un contrat de gouvernement et les arbitrages sont faits. Mais on ne va pas faire semblant d'être d'accord alors qu'on n'est pas d'accord. Il faut que les Françaises et les Français sachent nos différences. Même si c'est un sujet fondamental, reconnaissez-le. Mais tout est fondamental, tous les sujets sont fondamentaux. Il n'y a pas des sous-sujets, il y a des sujets politiques.
Celui-ci, c'est quand même la souveraineté, c'est la conduite des affaires de la France en l'Ou.
Si vous regardez les positions d'Éric Ciotti et les nôtres, il y a une voie de passage, évidemment. Mais on a dit pendant des mois qu'Éric Ciotti n'avait pas un vrai parti. Et c'est marrant, c'est assez ironique. Quand on voit qu'en fait Marine Le Pen et Jordan Bardella ont toujours été d'accord pour qu'Éric Ciotti soit parfaitement libre, qu'Éric Ciotti ait parti en alliance avec Marine Le Pen et Jordan Bardella en sachant qu'il serait libre. Il est libre. Et quand on constate qu'il est libre, on nous dit « Ah bah oui, alors il est libre, vous pensez que c'était un faux parti ». C'est un vrai allié, il est pleinement libre.
C'était une question sur vos différences, simplement.
Vous les actez, donc vous vous contactez. Mais sinon, il ne serait pas libre, nous non plus d'ailleurs.
Alors, sommes-nous libres justement par rapport à la ratification à venir dans quelques jours, Jean-Philippe Tanguy, du traité du Mercosur ? Le gouvernement est à sa tête, le Premier ministre ne cesse de donner des gages aux paysans. Est-ce que vous pensez que finalement, c'est fini, c'est une défaite et que ce traité sera signé ?
Ah non, mais il ne donne pas du tout de gage aux paysans, aux agriculteurs français. Il essaie de gagner du temps. Ah non, rien du tout, il n'y a rien. Il essaie systématiquement de gagner du temps, d'enfeumer tout le monde. D'ailleurs, aujourd'hui, il aurait dû y avoir une manif sans la neige, il aurait dû y avoir une manifestation à Paris d'agriculteurs en colère, qui ont bien conscience qu'il ne se passe rien.
Les tracteurs sont interdits dans la capitale, même si la coordination rurale...
Absolument. Et dans un certain nombre de préfectures, Madame Mabrouk, vous avez des interdictions de manifester avec des positions assez biaisées, on interdit les tracteurs. Ça vous choque ? Oui, ça me choque.
C'est juste une géométrie variable ?
Oui, mais parce qu'on autorise toujours la CGT à faire n'importe quoi où ils veulent, et on ne pourrait pas autoriser les agriculteurs. Donc les agriculteurs, ils sont aujourd'hui en mode survie, en particulier les éleveurs, et c'est normal qu'ils manifestent et qu'ils disent qu'ils n'en peuvent plus. Que ce soit les normes, les prix rémunérateurs, et la possibilité simplement de produire en France, les agriculteurs voient bien que le gouvernement ne les soutient pas. Il y a des beaux mots, il y a des belles promesses, mais au final, il n'y a rien. Et ce qui fait quand même plaisir, c'est que les Françaises et les Français sont vraiment derrière leurs agriculteurs.
Et on en revient à la souveraineté, Madame Mabrouk, si on n'est plus capable de se nourrir, vous pouvez vous agiter, c'est la base.
Demain, le RN est au pouvoir, même chose, vous n'arrivez pas à convaincre vos alliés, que ce soit dans le domaine agricole, dans le domaine militaire, dans le domaine numérique, avec la fameuse DSA sur la désinformation. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on arrive à changer l'Europe de l'intérieur ?
Oui, on peut y arriver, pour une façon très simple. Vous savez, on va encore verser la 30 milliards d'euros à l'Union européenne. On en retire 14 milliards, 15 milliards. Donc, il y a 15 milliards d'euros en jeu de l'argent des Françaises et des Français, qui doit être notre façon de négocier principale. C'est d'ailleurs ce que fait l'Allemagne, avec beaucoup de maestria. Nous, j'aimerais bien qu'on ait la même maestria. Je crois qu'il n'y a que Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui ont la capacité d'imposer la défense de la France. C'est ce que, excusez-moi encore, le général de Gaulle avait prévu, avec le compromis du Luxembourg. Oui, mais c'est la réalité de la France.
La France libre, c'est la France du général de Gaulle.
Pas de franchissement du Rubicon, si vous n'arrivez pas à vraiment influer sur vos alliés à l'intérieur de l'Union européenne.
Je suis sûr qu'on y arrivera pour une raison simple. Parce que sans la France, il n'y a plus d'Union européenne. Je veux dire la France, par la contribution financière, par son histoire, par son poids politique, par son économie, par sa diplomatie, par sa géographie. Vous reprenez la carte de l'Europe, vous enlevez la France, il n'y a plus d'Union européenne. Nous sommes le carrefour de l'Europe. Donc la France a une grande puissance de négociation.
Mais vous la voyez sur le Mercosur ?
Mais parce qu'il ne veut pas.
Le président français est contre.
Mais il n'est pas du tout contre. Il est pour Emmanuel Macron, il a toujours été pour le Mercosur, il est pour le libre-échange, il est pour la soumission au mondialisme. C'est le candidat du mondialisme. C'est d'ailleurs ce que Marine Le Pen avait brillamment démontré en 2017.
Là, la France est contre la ratification telle qu'il est de l'accord et on n'arrive pas à peser, malgré le fait qu'on ait rameuté des pays comme l'Italie. C'est du pipo. C'est du pipo intégral. Il n'y a que mensonge et pipo.
Alors Emmanuel Macron, je pense que c'est effectivement un mensonge incarné. À peu près tout, il a menti sur tout, il s'est reni sur tout. Emmanuel Macron, c'est le candidat du mondialisme. Il est profondément lié aux intérêts de la mondialisation. Il n'a jamais défendu l'enracinement en France. Les agriculteurs, la production en France, ça ne l'intéresse pas. Et je vous rappelle que...
Bien tout, vous allez en faire, je ne sais pas, le président du parti de l'étranger.
Donc là, il n'est pas président des intérêts de la France.
C'est pas même une attaque assez...
Mais c'est une attaque, c'est ce que nous avons analysé depuis le début avec Emmanuel Macron. Prenez, je vous rappelle, la crise quand même du Covid. Il devait y avoir un avant, un après. On devait être souverain sur la production. Que ce soit l'alimentation, que ce soit l'industrie qui souffre, que ce soit l'énergie. Emmanuel Macron a toujours arbitré, non pas en faveur des intérêts de la France, mais en faveur, non pas du parti de l'étranger, mais en faveur d'intérêts financiers, d'intérêts... Qui peuvent être étrangers, mais ce n'est pas parce qu'ils sont étrangers. Emmanuel Macron ne s'intéresse qu'au pouvoir de l'argent et qu'au rapport de force de l'argent.
C'est ça qu'il a toujours animé dans sa vie professionnelle, c'est ça qu'il a animé quand il a été élu. Et les intérêts de la France, il s'en fiche. Et je pense que maintenant, on le paie cher, parce que tout ça se traduit comment ? Par la ruine financière de la France. Parce que quand vous n'êtes pas souverain sur votre agriculture, sur votre industrie, sur votre énergie, eh bien, vous payez. Et la ruine de la France, c'est cette mentalité.
C'est payé. Est-ce que le gouvernement, au moins, fait un effort sur le pouvoir d'achat et la facture d'électricité ? Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a annoncé... Alors, reconnaissons que c'est une baisse extrêmement... Enfin, à la marge, c'est ça ? 80 centimes. Effectivement, 80 centimes.
Voilà. Donc, le grand geste du pouvoir d'achat de M. Lecornu et de M. Macron, c'est de donner 80 centimes par mois aux familles françaises, sachant qu'en même temps, rien que sur l'énergie, il y a 2 milliards d'euros d'augmentation de la certificat d'énergie, 500 millions sur un certain nombre de certificats sur biogaz, encore un machin qui coûte très cher aux Français. Et de toute façon, le budget qui est sur la table, et c'est pour ça qu'avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, on ne veut pas de compromis sur ce mauvais budget, et 20 milliards d'impôts.
Vous avez entendu que vous serez, selon eux, selon Mme Monchalin, les ingénieurs du chaos, et dans une telle situation, avec de telles difficultés et de telles crises internationales, vous ne votez pas le budget ?
Elle, c'est l'ingénieur des impôts. C'est Mme Impôts, 25 milliards d'impôts en 2025.
Vous n'êtes pas en reste sur les impôts, on ne va pas rappeler la liste.
Moi, je veux bien qu'on la rappelle, parce qu'il n'y a rien. Nous, on veut baisser les impôts de 40 milliards d'euros. On n'a jamais voulu augmenter les impôts, il faut rendre leur argent aux Français. Et c'est la ligne conductrice de tout notre comportement et de tous nos votes, baisser massivement les dépenses, lutter contre la fraude fiscale et la fraude sociale, ce qui permet de rendre leur argent aux Français.
Donc le budget, c'est non, là ?
Bien sûr, c'est non. Mais c'est 20 milliards d'euros d'impôts. Et en fait, ce qui est en train de se passer, c'est que M. Wauquiez, qui lui aussi, en termes de mensonges, le seul domaine où M. Wauquiez pourrait battre Emmanuel Macron, c'est au niveau des mensonges.
Est-ce que vous qui avez le monopole de la parole vraie ?
Je le regrette, parce que je préférerais que le débat politique soit sur la vérité. Nos adversaires cachent leur médiocrité par un certain nombre de mensonges. Mais le résultat est là. La France est ruinée, les résultats sont épouvantables. C'est bien qu'ils ont menti et qu'ils continuent de le faire. Et donc, M. Wauquiez a trahi ses électeurs pour augmenter les impôts. Ils vont encore le faire. Et là, le petit compromis qu'on essaie de faire en usant l'opinion publique sur le budget, ce sera de la dette et des impôts. Donc moi, j'alerte nos compatriotes. Ne croyez pas qu'un budget à tout prix, ça vaille le coup, parce que c'est vos enfants, vos petits-enfants qui paieront la facture.
Et peut-être même vous, l'année prochaine, et ça continue.
Quelques questions rapides. Pour conclure, Jean-Philippe Tanguy, vraiment rapidement, s'il vous plaît. Un ouvrage religieux très populaire auprès de certains influenceurs islamiques suscite la controverse. Il est accessible via le pass culture en vente à la FNAC. Le livre contient, selon plusieurs publications, des passages appelant explicitement au meurtre des homosexuels, à des violences contre les juifs et les chrétiens. Comment vous expliquez une telle absence de réaction ?
Parce qu'il n'y a pas de lutte contre les vraies racines de l'islamisme. C'est un ouvrage théologique qui a inspiré notamment le wahhabisme. Donc le problème, comment dire, c'est que tant qu'il n'y aura pas de loi, comme le proposent Marine Le Pen et Jean-Tan Bardella, d'interdiction de l'islamisme... Des frères musulmans. En particulier, des frères musulmans. Les frères musulmans, c'est le plus connu, mais il y a différentes formes d'islamisme, y compris plus discret, plus sous-jacent, moins bruyant que les frères musulmans, c'est dire. Et il faut lutter contre.
Et donc il faut loi d'interdiction de la pensée islamiste, qui est une pensée qui, pour le coup, atteint aux intérêts de la France, et qui est une hydre. Il y a plusieurs têtes, et évidemment, c'est une hydre bien organisée, qui affiche parfois un visage aimable. Et ce livre, on a l'impression que c'est un livre de sagesse. Non, c'est un livre islamiste de haine.
En un mot, Daniel Obono estime que la fête de l'Huma est une fête de la gauche blanche.
Ben voilà une autre tête de l'hydre. La haine de la France sous toutes ses formes. Et il y a une certaine ironie, parce qu'on pourrait rire, de voir que les insoumis vont se dévorer entre eux. Cette haine, que ce soit Mme Hassan, que ce soit Mme Obono.
Jean-Luc Mélenchon risque d'être un jour trop blanc pour Mme Obono.
Mais bien sûr, c'est la logique, entre guillemets, de cette idéologie haineuse, où vous ne cessez de diviser les Français. Et c'est quand même le retour du racisme. Et c'est quand même hallucinant que le racisme, le racialisme, reviennent par la gauche. Et c'est là où on voit à quel point le clientélisme électoral, la médiocrité humaine, peut vous amener à vous renier tellement que vous êtes dévoré par le racisme. Que la gauche en vient à être dévorée par le racisme.
Dominique de Villepin, en vue de 2027, estime que choisir Jordan Bardella c'est monter dans un avion A380 avec à sa tête un pilote qui aurait zéro heure de vol au compteur pour monter dans cet avion.
Moi je monterais avec fierté dans l'avion de Jordan Bardella qui a démontré ses qualités de pilotage en gagnant des élections et en étant la personnalité politique avec Marine Le Pen la plus populaire de France. Monsieur de Villepin, lui, à part se cracher en vol, c'est tout ce qu'on a retenu de lui. Qu'est-ce qu'on a retenu de monsieur de Villepin ?
Chirac peut-être ?
Non mais c'est un discours de monsieur Chirac qui l'a lu. Donc monsieur Villepin est un brillant lecteur. Je le félicite d'être un beau perroquet, un peu déplumé, il faut bien le dire aujourd'hui. Mais monsieur Villepin, c'est intéressant parce qu'il présentait comme un sphinx un grand intellectuel en politique. Depuis un an, il ne cesse d'insulter tout le monde. Donc la seule vision de la France de monsieur Villepin, c'est de critiquer ses adversaires. Général de Gaulle, on a commencé avec lui, on finit avec lui. Il avait dit que la vieillesse était un naufrage. Avec Villepin, c'est un crash d'avion.
Je vous remercie, c'était votre grande interview. Bonne journée. Bonne journée.
Jean-Philippe Tanguy