Mort de Lyhanna: Gabriel Attal souhaite une "nouvelle justice"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir Gabriel Attal. Bonsoir. Qu'est-ce que vous répondez à Mathilde Panot qui vous dit les moyens ?
C'était pas très jaleureux, on peut préciser que vous ne vous êtes pas serré la main. Non mais elle avait ses papiers. Effectivement.
Qu'est-ce que vous répondez à Mathilde Panot qui est très concrète, qui dit il y a un problème de moyens. Il y a une loi qu'on appelle loi intégrale qui est une loi globale qui nécessiterait 3 milliards tout de suite sur la table. Mathilde Panot dit « Allez, on y va maintenant, projet de loi de finances rectificative et on met ces 3 milliards sur la table.
Il y a urgence ». D'abord, moi je ne suis pas venu pour faire de la politique politicienne et pour jeter des anathèmes à des responsables politiques. Je pense que la situation est suffisamment grave qu'il faut prendre la mesure de ce qui se passe dans le pays à la suite de ce drame et de la mort de liana sauf que là en l'occurrence la question est très concrète je vais répondre mais ce que je veux dire c'est que il ya des mères de famille et grand-mère qui pour la la première fois, sont descendus dans la rue et sont allés manifester parce qu'elles ont peur pour leurs enfants et pour leurs petits-enfants.
Il y a un choc absolu dans tout le pays. Et vous aurez noté que moi j'ai fait le choix de ne pas m'exprimer ces derniers jours, parce que d D'abord, je pense qu'il y a un temps de deuil. Ensuite, c'est important aussi qu'il puisse y avoir ces manifestations, ces témoignages, la marche blanche.
Et donc ne comptez pas sur moi pour rentrer là dans de la guéguerre politicienne, comme on l'a vu malheureusement dans les mystiques ces derniers Et sur la question des moyens, je peux vous répondre. C'est quand j'étais Premier ministre que le budget de la justice a pour la première fois dépassé les 10 milliards d'euros avec une augmentation inédite. Est-ce que c'est suffisant ?
Est-ce qu'il y a suffisamment de moyens ? Évidemment que Donc non. Évidemment qu'il faut continuer à augmenter les moyens de la justice.
Mais quand vous reprenez en 2016, le dernier garde des Sceaux de François Hollande, M. Urvoas, et à la fin du quinquennat de François Hollande, qu'est-ce qu'il déclare que la justice est, je cite, « en état de clochardisation. Et depuis, il y a eu une augmentation de 50 % du budget de la justice.
Encore une fois, est-ce que c'est assez ? Évidemment que non. Évidemment qu'on manque encore de magistrats, qu'on manque encore de greffiers, qu'on manque encore de moyens.
Et je veux aller plus loin que ça, Maxime Switec, indépendamment des moyens, on a besoin aussi de tout changer dans notre système judiciaire. Parce qu'on le voit bien aujourd'hui...
Je vais juste au bout de mon développement, ça ne sera pas très long, je vous rassure. On le voit bien aujourd'hui que dans le système, il y a beaucoup de choses qui dysfonctionnent, que des dossiers papiers qui doivent traverser la France pour que des dossiers puissent être suivis, c'est totalement impossible et inacceptable. Quand vous augmentez de l'eau et du débit d'eau dans un tuyau qui est percé, vous en perdez 50%.
La question des moyens, elle est un importante, mais la question du changement de système l'est aussi. Vous revenez vous-même à 2016. C'était il y a 10 ans.
Sur ces 10 années, vous avez été porte-parole du gouvernement, ministre du budget, ministre de l'Éducation nationale, Premier ministre, vous venez de nous le C'est-à-dire, est-ce que vous vous êtes posé ces derniers jours la question de votre responsabilité politique et personnelle ? Évidemment, c'est une faillite totale qui s'est passée avec ce drame de l'IANA. Évidemment, quand vous avez été aux responsabilité.
Vous vous dites l'État, les pouvoirs publics n'ont pas été en mesure de protéger cette jeune fille. Évidemment que vous vous dites on aurait dû faire plus, on aurait dû faire mieux. Bien sûr !
Et en fait, il n'y a rien qui peut apaiser cette famille. Vous vous rendez compte ils ont perdu leur fille dans des conditions absolument effroyables, leur fille de 11 ans. Mais en plus, ils apprennent que ça aurait pu être empêché si notre système avait fonctionné correctement.
Parce que l'auteur avait avait déjà fait l'objet d'une plainte et qu'il ne s'est rien passé depuis la plainte. C'est insoutenable et insupportable. On sait que Gérald Darmanin, face à ces faits-là, présentait ses excuses.
Est-ce que vous faites la même chose ce soir ? On doit tous des excuses à la famille de Liana, bien sûr. Ensuite, je vais vous le dire, il y a une enquête administrative qui a été lancée.
Évidemment qu'il faudra qu'il y ait des conséquences, qu'il faudra qu'il y ait des sanctions. Est-ce que vous estimez même, au-delà des sanctions, que l'État doit être condamné Et la maman de Rosa, Rosa qui a porté plainte pour viol. Elle avait 11 ans.
Elle a porté plainte pour viol en août. On le sait désormais, en septembre, les médecins ont constaté que les lésions qu'elle présentait corroboraient bien ses de dire. Et ensuite, il n'y a rien eu.
Elle a été demandée régulièrement des comptes aux enquêteurs qui l'ont rabrouée. Elle porte plainte contre l'État pour faute lourde. Est-ce que vous estimez qu'au fond, la France doit être condamnée ?
Vous avez régulièrement des plaintes contre l'Etat. Je l'ai moi-même vue dans des cas de harcèlement scolaire, vous savez que j'ai été très engagé et que je le suis encore sur cette question du harcèlement scolaire, et vous avez des juges qui établissent la responsabilité. Est-ce que là, l'État doit être condamné ?
Je ne suis pas juge, Apolline de Malher. En revanche, c'est légitime qu'il y ait des familles qui posent cette question et qu'il y ait des familles qui engagent des démarches. Et ensuite, c'est à la justice, évidemment, de le dire.
Maintenant, évidemment qu'il faudra, sur ce cas précis et sur ce dysfonctionnement, plus qu'un dysfonctionnement d'ailleurs, cette défaillance, cette faillite majeure, il faudra évidemment qu'il y ait des sanctions. Il faudra que quelqu'un paye dans cette affaire. Je suis frappée que vous avez dit à propos des manifestations, vous avez dit qu'il y avait dans la rue des mères, des grands mères.
Ça vous a pas choqué, vous ? Qui est moins d'hommes que de femmes ? Bah oui.
En fait, qui est en effet que des mères et des grands-mères. Alors, est-ce que ça veut dire que les hommes se sentent pas concernés par cette question-là ? Evidemment que non.
Mais on le voit derrière. Un peu aussi, quand même, non Derrière cette question-là, il y a la question culturelle de notre pays aussi. La question de la culture du viol qui est un enjeu absolument majeur et on voit qu'on n'est pas du tout au bout de cette question-là.
Malheureusement, c'est pour ça qu'indépendamment, j'ai écouté le début de cette émission. J'ai entendu certains responsables politiques qui insistent à raison, quasi exclusivement sur la question de la fermeté, sur la question des sanctions, sur la question des peines. Et ils ont raison.
Et j'en ai entendu d'autres qui insistent quasi exclusivement sur la question de toutes les mesures qu'on peut prendre pour faire disparaître cette culture du viol. C'est des questions éducatives, des questions de formation et ils ont raison aussi. On va dire qu'il y a la droite d'un côté et la gauche de l'autre.
En tout cas ceux qui sont passés devant nous ce soir, en effet, ça ne veut pas dire qu'ils négligent d'autres parties, mais que leur priorité va pour les uns aux sanctions, la droite, pour les autres à la prévention, la gauche. Moi je pense qu'il faut faire les deux en fait. Je défends à la fois évidemment un renforcement des sanctions, des peines, une réorganisation complète de notre système de justice, on peut en parler dans le détail, et je défends aussi la loi intégrale qui a été proposée par la députée Thiebo Martinez, qui est co-signée par des députés de mon groupe, qu'on porte et qu'on défend depuis un certain temps maintenant, parce qu'il y a un enjeu systémique aussi.
Parce qu'on ne peut pas passer sous silence la la question de l'éducation, la question de la formation et cette question culturelle qui est encore présente en France, malheureusement. Il y a des pays qui ont réussi à vaincre ce fléau, notamment l'Espagne, qui a fait considérablement reculer les féminicides, les viols, les agressions contre les femmes. – Mais pardon c'est terrible parce que l'exemple de l'Espagne, tout le monde nous le donne ce soir, ça fait des années que tout le monde nous le donne.
Ça fait des années que tout le monde nous le donne. – Marlène Schiappa, je me souviens très bien dans une interview, il y a très avec le Grenelle contre les violences, mais il faut bien se rendre compte que ce qui se passe aujourd'hui, je crois, c'est un sursaut et un réveil collectif. Oui, mais ce n'est pas une bonne nouvelle qu'on nous en parle depuis 10 ans, franchement.
Bien sûr, et je vais vous dire, ce n'est pas une bonne nouvelle non plus, et certains Français qui nous regardent évidemment se le le disent, qu'il faille attendre un drame comme celui-là pour qu'il y ait ce sursaut et ce réveil collectif. Maintenant, je suis là pour regarder comment on avance. Moi, je pense que c'est possible.
Je pense qu'on doit avoir une nouvelle justice en gardant évidemment les grands principes, le procès équitable, l'après résumption d'innocence, les droits de la défense l'indépendance de la justice mais pour le reste il faut tout changer et surtout je pense que c'est possible. Evidemment qu'il faudra de la force évidemment qu'il faudra du courage, de l'énergie mais c'est possible et je vais vous dire s'il y a des corporatismes qui bloquent on pourra en passer par le référendum s'il le faut, parce que le changement, je ne crois pas que les Français le redoutent, je pense qu'ils l'attendent. – Gabriel Attal, on verra quel changement, s'il arrivait que vous deveniez président de la République, puisque vous êtes candidat à la présidentielle.
Juste avant ça, j'aimerais qu'on parle d'un risque. – Juste avant ça, j'aimerais qu'on parle d'un Un risque qui nous a sauté aux yeux lundi soir sur le plateau du Forum avec un certain nombre de Français qui nous ont dit face à ce qui est arrivé à Liana, face à ce qui est arrivé à la petite Rosette, si ça arrivait à mes enfants, je me ferai justice moi même. Je vous présente Maximilien, c'est un extrait très court de l'émission.
Maximilien travaille dans la grande distribution et voici ce qu'il nous a dit lundi soir. En France, moi je paye des impôts et en fait vous faites quoi avec C'est ça le résultat. Je vous ai écouté parler, vous me dites la 7e puissance mondiale, j'en ai rien à foutre, excusez-moi.
Non mais j'en ai rien à faire. Demain je vous le dis, ça arrive à ma fille, je le traque et je vous traque, tous. Qu'est-ce que ça veut dire ça ?
Je mets les moyens financiers, je traque, je règle le problème moi-même. Qu'est ce que vous lui dites ? Je pense que c'est la réaction la plus humaine qui soit et je pense qu'il y a beaucoup de parents qui se disent exactement la même chose.
Moi, ce que je dis, c'est que notre rôle à nous, responsables politiques, c'est évidemment d'éviter d'en arriver là. Et c'est là où la responsabilité, elle est immense. Faire en sorte que l'État remplisse sa mission et sa promesse qui est de protéger les Français et notamment de protéger les plus fragiles, les plus vulnérables d'entre eux que sont les enfants.
Et si vous avez des Français qui aujourd'hui ont ces réactions-là, c'est précisément parce qu'ils ne font plus confiance dans le service public de la justice, dans l'État pour assurer cette protection. Quelle solution alors ? Moi je pense qu'il faut tout changer dans notre système judiciaire, je le disais, autour de plusieurs orientations.
Il y a évidemment la question des peines. Je suis favorable et depuis longtemps, et je l'ai dit depuis longtemps, à l'imprescriptibilité pour les crimes commis contre les mineurs. Je suis favorable à ce qu'on alourdisse les peines pour les viols en série, comme ça a été par ailleurs proposé et repris par le gouvernement.
Par le Premier ministre aujourd'hui ? Je suis favorable à ce qu'on fasse en sorte d'avoir une plus grande fermeté dans les peines qui sont décidées, qu'elles soient véritablement appliquées. Je plaide par exemple pour la suppression du juge d'application des peines parce qu'on a trop tendance en France à rejuger des choses qui ont déjà été jugées avec des peines qui sont amoindries alors que vous avez un jugement qui qui a décidé d'un certain nombre de peines.
En fait, le jugement doit être appliqué, point barre. Exactement, et ça libérera par ailleurs des postes de magistrats aussi pour être redéployés sur autre chose. Il y a beaucoup de pays qui n'ont pas de juge d'application des peines et qui s'en sortent très bien.
Juste une petite remarque sur ces mesures Ce sont des mesures qu'on entend beaucoup à droite, qu'on entend aussi à l'extrême-droite. Je cherche ce qui est efficace, et je vous ai dit que moi je parle aussi de la question systémique, de la question de la loi intégrale, des questions culturelles, qui sont des choses qu'on entend peut-être plus à gauche, parfois à l'extrême-gauche. Je ne fais pas de politique sur ces sujets-là et d'ailleurs je vais vous dire, je vais même vous dire, je pense que tous ceux qui se sont succédés ce soir ou qui se succéderont après moi, Dieu sait qu'on a des désaccords fondamentaux sur des sujets majeurs.
Je ne leur ne fait absolument pas le procès de ne pas vouloir ou chercher à protéger les Français et notamment protéger les enfants. Je pense qu'il y a une forme d'union sacrée autour de ce drame et autour de ce qu'on doit faire pour protéger nos enfants. Deuxième chose, réorganisation de notre système judiciaire, parce qu'on voit bien ce qui est totalement incompréhensible, la lenteur, la durée pendant laquelle on doit attendre pour qu'il y ait des actes.
Il faut assumer de caper, de fixer des limites sur des délais, une limite de délai pour les enquêtes, une limite de délai pour les premiers actes qui sont pris. Deux, il faut évidemment moderniser totalement nos systèmes. Il faut qu'il y ait de l'IA à tous les étages.
Ce n'est pas normal qu'on ait encore des personnels de la justice qui soient mobilisés, pour faire des synthèses, même pour faire de l'étude de dossier. Aujourd'hui vous avez des systèmes d'IA qui permettent d'étudier un dossier. Mais au-delà même des synthèses, tout simplement l'accès au dossier.
C'est-à-dire qu'on a été très frappés, Maxime comme moi, que depuis une semaine, notamment les magistrats que nous avons face à nous vous les interrogez sur le fichier le fichier des antécédents judiciaires ils vous répondent ah bah non nous on n'a pas que ça celui-là nous on a accès à un autre qui s'appelle cassiopée ah oui alors cassiopée 1 imarra vous avez l'otage il n'est pas mis à jour plus que tous les six mois. Donc en fait, il est toujours en retard de six mois. Et de la même manière, ce n'est pas normal que des dossiers papiers se baladent encore entre les juridictions à travers la France maintenant qu'on a le numérique.
Et je vais vous dire, même sur l'IA, vous avez aujourd'hui des systèmes qui permettent d'analyser un dossier très rapidement, d'identifier les éléments à charge, à décharge. Évidemment, il faudra toujours un humain pour juger. Mais en tout cas, il peut être considérablement aidé.
Est-ce qu'il faut informer ? On a posé cette question tout à l'heure aux uns et aux autres. Est-ce qu'il faut informer ?
L'exemple qui est cité par certains, c'est la Grande-Bretagne, c'est la Pologne, c'est les Etats-Unis et d'ailleurs je crois qu'on va pouvoir voir à quoi ça ressemble le dossier polonais. On a été regarder à quoi ça ressemble en Pologne. Vous avez accès avec photos, avec avec le nom, avec la condamnation, a un fichier.
Le voilà. Ça c'est en Pologne, c'est au sein de l'Union européenne qui est le fichier des pédocriminels. Est-ce qu'il faut en arriver là ?
Est-ce qu'il faut le faire Est-ce qu'à un moment, il faut se dire, pour protéger nos enfants, je préfère savoir qui habite au bout de ma rue ? Ce qu'il faut, c'est sécuriser et faire en sorte que les Français aient la garantie et la certitude qu'aucun individu qui a été condamné ou mis en cause pour des faits d'agression sexuelle sur des enfants ne puisse être au contact d'enfants. – Mais là vous ne répondez pas, est-ce qu'il faut qu'on le sache ? – Non mais je vais vous répondre, quand j'étais Premier ministre, avec la ministre déléguée à l'enfance de l'époque, Sarah Alayri, on a pris un décret qui qui a changé complètement le système, qu'est-ce qu'on a dit dans ce décret ?
On a dit que maintenant les crèches, les foyers d'aide sociale à l'enfance et les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap devaient exiger de toutes les personnes qu'elles recrutaient ou qui étaient en poste chez eux ce qu'on appelle une attestation d'honorabilité. Qu'est-ce que c'est une attestation d'honorabilité ? Vous allez sur un site internet public qui existe, honorabilité .social .gouv .fr et vous pouvez demander tout français une attestation d'honorabilité qui dit quoi ? dit si vous êtes ou non inscrit sur le fichier des infractions sexuelles.
Et on a donné la possibilité maintenant aux crèches, au foyer d'aide sociale à l'enfance, d'exiger des personnes qu'elles recrutent et des personnes qui travaillent chez eux, qu'ils aient cette attestation d'honorabilité. Vous savez combien depuis qu'on a pris ce décret de personnes ont été licenciées, ont été empêchées d'être recrutées ? 6 000.
Ça veut dire que c'est 6 000 personnes qui potentiellement auraient pu être exposées ou en contact avec des enfants alors même qu'elles avaient déjà été condamnées ou mises en cause à plusieurs reprises pour des faits d'agression sexuelle. Moi, je vais vous dire ce que je propose. Je propose que ce nouveau système que j'ai mis en place avec mon gouvernement à l'époque, il soit étendu à tous les employeurs quand on accueille des jeunes enfants.
On parlait tout à l'heure de cet employeur dans une société de transport avec notamment des bus scolaires, il a appris quasiment par hasard et au bout de trois condamnations qu'un des chauffeurs de bus était en réalité un pédocriminel. Il a décidé là de le licencier, sauf que la loi, elle lui impose de ne pas le mettre en contact avec des enfants mais de le garder dans la boîte. C'est-à-dire que là, il va le licencier mais ce sera assez frais.
Mais donc, la mesure que je viens de vous donner, que j'ai prise par décret avec mon gouvernement, il faut l'étendre à tous les employeurs qui accueillent des jeunes enfants. Et donc, ce monsieur qui est à la société de bus, il faut que la loi et le décret lui donnent la possibilité d d'exiger à tous ses salariés ou à toutes les personnes qui voudraient être recrutées chez lui, de donner une attestation d'honorabilité. Et je vais même vous dire, et aller plus loin, moi je pense qu'il y a des parents qui veulent recruter un babysitter ou autre, il faut leur donner la possibilité d exiger du baby-sitter qui produisent une attestation d'honorabilité.
Tout le monde peut la télécharger sur ce site Internet et cette attestation n'est donnée par le site Internet que si la personne n'est pas présente sur le fichier des auteurs d'infractions sexuels gabriel attal on parle aussi d'autorité ce soir et vous êtes notamment connu pour cette phrase tu casses tu réparts tu salis tu nettoie tu défies l'autorité on t'apprend à la respecter quand on revoit les images de ces dernières semaines et on revient systématiquement ce soir aux images du PSG. Est-ce que ce n'est pas tout le contraire qui se passe en France ? J'ai effectivement prononcé cette phrase dans ma déclaration de politique générale en expliquant que la lutte contre la délinquance des mineurs était une de mes priorités.
Pourquoi ? Parce qu'il y a un rajeunissement de la violence, et il y a une violence de plus en plus débridée, de plus en plus jeune. Je ne veux pas vous assommer de chiffres, mais je vous en donne juste quelques-uns.
Les adolescents de 13 à 17 ans, c'est 1 Français sur 20. Dans les coups et blessures, c'est 1 mise en cause sur 10. Dans les trafics de drogue, c'est 1 mise en cause sur 5.
Et dans le vol avec arme, c'est 1 mise en cause sur 3. Vous vous rendez compte ? Ils représentent 1 Français sur 20, mais 1 mise en cause pour les vols avec armes ?
Sur 3. Donc il y a un problème de délinquance des mineurs. Et donc j'ai dit, effectivement, il faut en revenir parce que c'est un problème systémique.
Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. Qu'est-ce que j'ai fait ? J J'ai pris avec le garde des Sceaux à l'époque une circulaire pour créer des travaux d'intérêt général pour les moins de 16 ans.
Ça n'existait pas, maintenant c'est possible. J'ai préparé une réforme profonde de la justice des mineurs qui devait être présentée à l'été 2024. Qu'est-ce qui s'est passé entre temps ?
La dissolution. La dissolution, le gouvernement a dû démissionner, on n'a pas pu faire voter ce projet de loi. Est-ce que ça a cassé ma détermination à avancer sur ce sujet ?
Non, bien au Au contraire. Donc évidemment, j'ai cherché à faire adopter certaines mesures via une proposition de loi. Et évidemment que dans le projet que je présenterai aux Français, cette question-là aura une place absolument majeure.
Il y a plusieurs questions. On va revenir notamment par exemple sur l'exemple d'Elias, la question de la justice des mineurs et de la sanction possible, éventuellement des juges doivent -ils être sanctionnés ? Mais cette fameuse phrase, tu casses, tu répares.
Quand on regarde la fameuse nuit de la victoire du PSG, 890 interpellations, des images qui ont fait le tour de la France, de casses, de jeunes qui cassent des abribus, qui cassent des vitrines, qui s'en prennent directement aux forces de l'ordre. Et à la fin, ça fait deux semaines, six personnes condamnées à de la prison. Mais vous savez qu'il y en avait une grande partie qui étaient des mineurs ?
Vous savez qu'il ne peut pas y avoir de comparution immédiate pour les mineurs aujourd'hui dans le droit actuel ? Vous savez que le projet de loi que j'avais préparé, qui devait passer à l'été s'il n'y avait pas eu cette dissolution, prévoyait la création d'une comparution immédiate pour les mineurs. Je proposais par ailleurs d'atténuer l'excuse de minorité qui fait qu'aujourd'hui, parce que vous êtes mineur, automatiquement, vous avez une peine divisée par deux.
Je proposais de changer ce principe-là, notamment pour les faits les plus graves et d'autres mesures aussi pour retenir notamment la responsabilité des parents. Donc évidemment, moi j'aurais souhaité pouvoir aller au bout, ça fait deux ans que je ne suis plus au gouvernement, je suis au Parlement et avec mon groupe à l'Assemblée Nationale, on cherche à faire adopter des mesures, ce n'est pas facile, il faudra un mandat du peuple français pour aller beaucoup plus loin sur ces questions-là. Moi, en tout cas, j'y suis absolument résolu parce que c'est un problème majeur et fondamental.
Et je le dis, ce n'est pas rendre service aux jeunes que de donner le sentiment qu'il y a une forme d'impunité. Quand vous avez un jeune qui est attrapé à 17 ans pour un cambriolage en récidive, dont on reconnaît la culpabilité mais qui n'est pas sanctionné avant un an au mieux. C'est quoi le message qui est envoyé à tous ses camarades ?
S'il est à nouveau avec ses copains, à faire la même chose. Vous envoyez le message qu'il y a une impunité. On cherche à comprendre aussi où vous êtes ce soir.
Vous nous dites je prends à droite et je prends à gauche. Je ne fais pas de politique. Ce n'est pas une question de droite et de gauche.
Il n'y a qu'une des mesures ce soir qui sont plutôt portées par la droite. Vous l'avez dit vous-même et d'autres par la gauche. L'important c'est qu'elle soit efficace.
Mais où est-ce que vous êtes par rapport à l'exemple que vous donnez ici ? Est-ce que vous considérez comme une bonne partie de la droite, voire toute la droite, qu'il y a une espèce de culture laxiste au sein de la justice française ? Moi je pense qu'on a un problème de droit, encore une fois.
C'est nos règles le problème. La justice pénale des mineurs, elle vient d'une ordonnance de 1945. Elle a été un peu réformée depuis mais enfin les fondamentaux datent de cette époque.
Un mineur aujourd'hui n'est pas un mineur de 1945. Je vous ai donné les chiffres, il y a un rajeunissement de la violence, il y a une violence de plus en plus débridée et il y a plein de raisons à ça. Il y a la démission de certaines familles, il y a probablement une banalisation de la violence à travers les réseaux sociaux, une forme de course.
C'est même des challenges maintenant sur les réseaux sociaux que de faire la vidéo la plus violente, la casse la plus impressionnante. Tout ça c'est un changement de société et donc notre droit et nos règles doivent s'adapter. Il y a la question des règles, il y a la question de leur application aussi malgré tout.
Je reviens à cette question de la maman d Elias, deux choses dans son témoignage qu'elle est revenue faire auprès de moi la semaine dernière. Elle alertait un sur le fait que au fond elle disait il est minuit moins le quart avant la révolte et on était avant avant qu'on découvre le fiasco de l'affaire Liana elle disait lorsque des juges ont finalement laissé malgré les signalements malgré les condamnations de jeunes mineurs continuer à se voir parce que certes ils n'avaient plus le droit de se voir mais ils habitaient dans la même résidence il aurait suffi de le regarder sur Google et que ces deux jeunes ensuite à la machette ont tué son fils elle dit moi je suis une gentille personne on est des gentils mais en fait on a le sentiment d'être totalement méprisé il demande à rencontrer ses juges ils disent je demande pas des sanctions mais au moins à rencontrer que les victimes puissent à un moment ou à un autre être considérés et rencontrés ces juges les autorités judiciaires le refusent qu'est-ce que vous en dites moi j'ai rencontré à plusieurs reprises la maman d'Elias et vous savez décrit cette espèce d'enchaînement absolument incompréhensible et insupportable c'est comme Paulien là il y a eu un rapport vous aviez encore une fois deux jeunes qui avaient interdiction d'entrer en contact l'un avec l'autre ils habitaient dans le même immeuble et à aucun moment personne n'a dit c'est peut-être un problème le contrôle judiciaire a été Il n'a jamais été renforcé Moi je suis favorable à ce que la justice puisse rendre des comptes Mais donc ça veut bien dire que le problème c'est pas seulement les règles C'est ceux qui les appliquent Ça veut dire que vous devez avoir un système qui permet à la justice Et qui lui demande de rendre des comptes Mais de la même manière je vais vous dire Moi je serais favorable à ce que les procureurs, de manière régulière, de manière institutionnalisée, rendent des comptes régulièrement en rencontrant par exemple les élus locaux, les maires de leur juridiction et de leurs ressorts. Pour faire un point avec eux, pour pouvoir leur dire ce qui a été requise, ce qui n'a pas été requis, comment ça se passe et qu'il puisse y avoir ce dialogue.
Parce qu'ils sont aussi là pour représenter la société et c'est très important qu'il puisse y avoir évidemment un lien et qu'ils puissent rendre des comptes. Une question encore. Jean-Philippe Tanguy nous rejoint sur ce plateau pour le Rassemblement national dans un instant.
Est-ce que vous nous dites ce soir, finalement, les sujets que l'on a traités ce soir, que l'on vient de traiter ensemble, sont suffisamment graves et nous touchent tous à un point où il va falloir que nous travaillions ensemble. Il va falloir aussi que sur ces sujets-là, il y ait un travail à faire en commun, peut-être aussi avec le Rassemblement national. Je vous ai dit que moi, je ne trie pas les idées selon d'où qu'elles viennent.
La seule chose qui m'importe, c'est est-ce qu'elles sont efficace. Et je ne vais pas vous dire qu'il faut exclure qui que ce soit. Je pense que s'il y a peut-être un sujet sur lequel on peut tous se retrouver, quelles que soient nos orientations politiques, quel que soit notre parti politique, c'est quand même celui de la protection de nos enfants.
Il n'y a pas de sujet plus important, plus grave, plus lourd que celui de la protection de nos enfants. Là-dessus, on oublie la politique ? C'est ce que je crois.
Après, chacun est libre de faire de la politique évidemment sur ce sujet-là, de jeter des anathèmes, d'en profiter pour instrumentaliser certaines choses. Moi, ce n'est pas ce que je veux faire. Et après, je pense que les Français jugent.
Merci Gabriel Attal. Je précise que vous êtes candidat à l'élection présidentielle et je voulais préciser aussi, puisqu'on a mentionné le fait que vous étiez un ancien Premier ministre, qu'un autre ancien Premier ministre lui-même candidat à l'élection présidentielle, Édouard Philippe, avait évidemment été invité à venir pour cette émission ce soir mais qu'il nous a dit qu'il ne pouvait pas être là. Je voulais juste qu'on le précise. – Merci beaucoup Gabriel Attal d'avoir été avec nous ce soir en direct sur ce plateau.
Jean-Philippe Tanguy nous rejoint, député Rassemblement national de
Gabriel Attal