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interviewRMC — Face à Face· 25 avril 2023 21 min

Face à Face : Manuel Bompard - 25/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bompard. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le député de la France Insoumise des Bouches du Rhône. Une situation assez explosive sur le terrain avec chaque déplacement qui désormais est compliqué, voire même empêché. Hier le ministre de la Santé était sur le terrain à Poitiers. Il a été accueilli par des casseroles. Le ministre de la Justice, lui, était dans la Sarthe. Il a été accueilli par des casseroles. Le ministre de l'Éducation était à Lyon. Déplacement très compliqué à chaque étape de son déplacement.

Et puis alors un retour quasiment empêché. Pape Ndiaye qui a été contraint de rester cloîtré dans son train. Hacké parce qu'une foule très en colère l'attendait au bout du quai. Il l'empêchait de descendre. Il a fini par être littéralement exfiltré. C'est bien ça Manuel Bompard ?

0:59
Manuel Bompard

C'est les conséquences de la volonté et de l'entêtement du président de la République. Il y a une opposition très forte à la réforme des retraites qui s'est exprimée dans ce pays depuis maintenant plusieurs mois. Elle s'est faite dans des manifestations très larges, calmes, démocratiques. Et aucun des messages qui ont été portés dans ces manifestations n'ont été entendus. En face, vous avez un président de la République qui a décidé de passer en force en utilisant tous les leviers de la Ve République pour imposer à un peuple qui n'en veut pas cette réforme. Et donc il est normal que le peuple cherche des moyens pour exprimer sa colère.

C'est ce qu'il fait jusqu'à ce que le président de la République commence à entendre le message et bouge.

1:39
Présentateur

Et qui t'a bloqué comme ça des ministres dans un train ?

1:41
Manuel Bompard

Je crois qu'il y ait des rassemblements sur les lieux de présence des ministres. Ça participe des moyens démocratiques qui existent pour que les Françaises et les Français puissent exprimer leur colère. Écoutez ce qu'il faut comprendre. Parce qu'on peut, si vous voulez, jeter pendant des semaines et des semaines des cris d'orfraie en disant « Mon Dieu, il y a des gens qui vont manifester aussi. » J'ai entendu des... Bon, écoutez, j'ai entendu... Écoutez, franchement, j'ai entendu... Attendez, regardez.

2:08
Présentateur

Vous n'allez pas reprocher à ce qu'on entend ses cris, à ce qu'on regarde ses casseroles ?

2:14
Manuel Bompard

C'est pas à eux que je m'en prends. Je dis que si on veut sortir de cette situation, il faut proposer une issue qui soit une issue politique, démocratique. Sinon, ça va continuer comme ça pendant des semaines et des semaines.

2:24
Présentateur

Et on va essayer de comprendre, mais enfin, moi, je voudrais savoir quel est votre point de vue sur cette situation et si vous trouvez que c'est bien et si vous trouvez qu'il faut que ça continue. Bien sûr. Je parle de cette histoire des casseroles, mais je parle aussi des réactions. D'ailleurs, ce matin, le ministre des Comptes Publics, Gabriel Attal, à propos de ces manifestants, de ceux qui, notamment hier, à plusieurs étapes de la journée de Papendia, ils l'ont attendu avec les casseroles, il dit « Aller de 14h à 17h, en pleine journée, en pleine semaine, attendre un ministre, il sous-entend que ce n'est pas tout à fait ceux qui travaillent, puisqu'ils ont le temps d'attendre.

» Il dit, par opposition, qu'il pense, lui, aux Français qui se lèvent le matin et qui vont bosser. Et à propos de ceux qui attendent, comme il dit, de 14h à 17h, en pleine journée, en pleine semaine, un ministre, il dit qu'il s'agit de militants, de militants syndicaux et d'ultra-gauche, par opposition à ceux qui se lèvent le matin pour les bosser.

3:15
Manuel Bompard

Si les opposants, au passage en force d'Emmanuel Macron, sont d'ultra-gauche, j'ai le regret d'informer, M. Attal, que selon le sondage que vous avez publié ce matin, il y a presque deux tiers des Français qui sont d'ultra-gauche. Donc, il faut être un peu sérieux et un peu raisonnable, qui disent que la bataille doit continuer, que la mobilisation doit continuer,

3:34
Présentateur

que la réélection d'Emmanuel Macron est une vraie chose.

3:35
Manuel Bompard

Bon, écoutez, il faut être un peu sérieux, un peu raisonnable. Les gens qui manifestent aujourd'hui leur opposition, ils ne s'amusent pas. Ils auraient mieux à faire que d'aller à l'endroit où le ministre vient pour son déplacement. Mais bien évidemment, c'est une France qui bosse. Il y a les casseroles et puis il y a ceux qui les tiennent. Et ceux qui les tiennent, c'est ceux qui font tourner le pays, c'est ceux qui se lèvent tôt le matin, c'est ceux qui arrivent à 62 ans et qui sont fatigués, qui sont épuisés, qui ont le dos cassé, qui n'ont pas envie de travailler deux ans de plus parce qu'ils n'en ont pas la possibilité.

C'est parfois des jeunes qui ont vu leurs parents arriver à 62 ans et ne pas pouvoir travailler deux ans de plus, qu'ils l'ont vu de leurs propres yeux. Il ne faut pas mépriser les gens comme ça tout le temps parce qu'à la fin, ça crée encore plus de colère. Donc à un moment, il faut être raisonnable. Il y a une opposition qui est très forte dans ce pays, il y a cette réforme. Il faut l'entendre. Et l'entendre, ça veut dire proposer une issue démocratique. La légitimité politique, ce n'est pas une formalité administrative. Elle est consentie.

C'est-à-dire qu'il y a des élections, c'est-à-dire qu'il y a une démocratie sociale et qu'on dit, bon, ce n'est pas mon point de vue, mais comme c'est eux qu'on gagnait, on va les laisser faire. Mais quand l'élection, elle se fait dans des circonstances qu'au deuxième tour de l'élection, on gagne face à l'extrême droite. Quand il y a une réforme qui, depuis trois mois, voit 70% des Français s'y opposer. Quand il y a l'ensemble des organisations syndicales qui s'y opposent. Quand il y a des manifestations les plus puissantes dans ce pays depuis 30 ou 40 ans. Non, ça justifie le fait que le président de la République doit entendre ça et ne pas passer en force. Voilà ce que ça justifie.

Et donc, ne vous étonnez pas ensuite que si vous avez un président de la République qui dit, circulez, il n'y a rien à voir, on va passer à autre chose. Les gens, ils utilisent les moyens à leur disposition pour exprimer leur colère. Et les moyens à leur disposition, c'est de regarder où vont les ministres et puis d'y aller et puis de dire, si c'est comme ça, on ne va pas vous laisser continuer. Voilà comment ça se passe.

5:15
Présentateur

Si je comprends bien, vous... Moi, je les soutiens, je les encourage. Vous les soutenez, vous les encouragez.

5:19
Manuel Bompard

Je les encourage, je leur dis continuez. Continuez, lâchez rien. La bataille continue et au bout d'un moment, ils vont être obligés de céder parce qu'ils ne vont plus pouvoir continuer comme ça. Voilà, c'est une bataille d'usure qui est engagée. Le président de la République a dit, j'ai 100 jours. Et bien, en face, il faut qu'ils s'attendent à 100 jours de mobilisation.

5:37
Présentateur

Alors, il y en a une qui ne s'est pas du tout écrasée hier. C'est la ministre de la Culture. Elle était à la cérémonie des Molières, c'est-à-dire les Césars du milieu du théâtre. Et elle a été alpaguée sur scène par un certain nombre d'acteurs. Madame la ministre, nous ne sommes pas des chiens ni des chiennes. Nous ne rentrerons pas à la niche. Et vive les casseroleades, voilà l'échange.

5:56
Invité

Madame la ministre, nous ne sommes pas des chiens. Ni des chiennes. Et nous ne rentrerons pas à la niche. A mes frères et à mes sœurs de lutte, que la lutte continue. D'habitude, le rôle du ministre,

6:08
Présentateur

c'est de rester assis à rien dire. Mais là, ce n'est pas possible. Vous avez une ministre à la tête de ce ministère qui a obtenu le budget historique le plus haut, plus 7% par rapport à l'année dernière. Inflation, facture d'énergie, j'ai débloqué des aides exceptionnelles. Vous le savez, certains syndicats sont là. Le 7 février, on avait une réunion. Vous avez demandé à la reporter. On l'a reportée au 16 mars. Vous n'êtes pas venu, vous avez demandé à la reporter. Elle est reportée au 27 avril, c'est jeudi. Vous avez encore demandé à l'annuler. Il est encore temps de changer d'avis. Je suis là, ma porte est ouverte. Et bonne soirée à tous.

La ministre de la Culture qui a fini par être applaudie, Rima Abnoulmalak. Honnêtement, quand elle décrit des situations où les réunions sont jour après jour annulées par les syndicats, qui eux-mêmes ensuite vont être adoubés par les acteurs qui disent « bah oui, il faut continuer la lutte », elle a raison.

7:01
Manuel Bompard

Je ne vois pas de quoi elle a raison. Elle a décrit une situation de dialogue social. Je ne suis pas à l'intérieur de ces négociations. Mais je crois que les personnes qui se sont exprimées sur la scène ont exprimé, là aussi, leur opposition à cette réforme de retraite.

7:14
Présentateur

Quand elle répond que, honnêtement, les aides ont été là...

7:17
Manuel Bompard

Oui, mais c'est pas le sujet de l'interpellation. Le sujet de l'interpellation, c'est cette réforme des retraites qui va impacter en particulier les acteurs culturels. Parce que, vous le savez comme moi, c'est souvent des gens qui ont un statut...

7:27
Présentateur

Mais vous n'êtes pas tout dans le même. Non, attendez, attendez.

7:29
Manuel Bompard

C'est qu'ils ont un statut qui est un statut d'intermittent du spectacle qui fait qu'ils ont souvent des carrières discontinues et des carrières hachées. Et donc, pour qui le fait de passer l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans, va agir, en quelque sorte, comme une double peine. C'était le sujet de l'interpellation. Elle, elle répond à côté du sujet. Elle répond que, pendant le Covid, il y a eu des aides pour la culture. Mais très bien, mais c'est pas le sujet.

7:49
Présentateur

Les interpellations du spectacle sont très largement accompagnées en France. Vous avez déjà vu comment ça se passe.

7:51
Manuel Bompard

On vous parle de la réforme des retraites, Apolline de Malère. Vous entendez que les gens y sont opposés.

7:56
Présentateur

Non, vous parlez de la réforme des retraites, mais Emmanuel Mopar, vous dites la double peine. Comme si c'était l'État qui voulait qu'il soit dans une situation d'interpellation. Non, leur situation particulière... L'État les soutient et les accompagne.

8:05
Manuel Bompard

Mais pas suffisamment. Il y a beaucoup de précaires dans la culture qui devraient être titularisées. Il y a un budget en matière de politique culturelle qui est trop faible. Si vous voulez, on peut parler de politique culturelle. Mais là, en l'occurrence, le sujet de l'interpellation, c'était la réforme des retraites. Je vous ai fait un certain nombre de propositions. Par exemple, augmenter le budget de la culture pour que ça soit à 1% du PIB. C'était un engagement que nous avions pris pendant la campagne présidentielle. J'aimerais qu'il soit suivi des faits et que le président de la République le mette en œuvre.

Mais là, en l'occurrence, le sujet de l'interpellation, c'était la réforme des retraites. Et donc, y compris sur la réforme des retraites, oui, les acteurs de la culture et les intermittents du spectacle en particulier vont être impactés par cette réforme. Et donc, c'est normal qu'ils puissent aussi exprimer leur opposition.

8:43
Présentateur

Il y a les casseroles et il y a les coupures de courant. La CGT qui a coupé l'électricité sur les lieux des déplacements d'Emmanuel Macron. Un collège, l'aéroport de Montpellier. Mais également des sortes de dommages collatéraux. Ce qui n'était pas la volonté visiblement de la CGT, mais ce qui a été aussi la réalité. Je voudrais que vous écoutiez les propos de Sophie Binet hier matin à ce même micro, mais également ceux de la CGT Énergie juste après.

9:05
Invité

La coupure d'électricité de la clinique, ce n'est pas du tout la CGT. Nous, quand on fait des actions, d'abord, on les organise de façon ciblée. Donc, la clinique n'a rien à voir avec Emmanuel Macron et on ne coupe jamais l'électricité dans des établissements de santé. Oui, il y a eu à certains endroits des bâtiments de santé qui ont eu des coupures. Mais il ne faut quand même pas oublier que c'est souvent des coupures qui sont très très courtes. Ça se compte en secondes.

9:30
Présentateur

Est-ce que s'opposer politiquement, ça veut dire aussi aller jusqu'à prendre des risques ?

9:36
Manuel Bompard

Non, mais Apolline de Malère, ne faites pas l'enquête avant qu'elle ait eu lieu. Puisque manifestement, il y a eu une enquête qui a été ouverte. Non, mais il l'a revendiqué. Il l'a revendiqué. Il s'agit de Fabrice Trudeau

9:44
Présentateur

qui revendique.

9:45
Manuel Bompard

Écoutez, la dernière fois qu'on nous a fait ce coup, on s'est rendu compte, en tout cas, c'est ce que disaient les organisations syndicales, que ça avait été une erreur de remise en route du courant de la part des opérateurs qui avaient impacté un établissement hospitalier et pas du tout l'organisation syndicale qui avait mis en place cette coupure. Je ne sais pas, je ne connais pas les circonstances de cette situation.

10:08
Présentateur

Un responsable CGT qui lui-même reconnaît.

10:10
Manuel Bompard

Non, il n'a pas reconnu. Il a dit que ça pouvait arriver que dans certains cas de figure, si j'en crois l'extrait que vous venez de démontrer,

10:17
Invité

il puisse y avoir...

10:18
Manuel Bompard

D'accord, très bien. Mais j'entends aussi Sophie Binet qui dit que ce n'est pas le cas. Donc moi, je ne sais pas qui croire, je n'en sais rien. Mais vous constatez bien qu'il y a des risques. Non, mais attendez. Ce qui me paraît certain et évident, c'est qu'aucune organisation syndicale, aucun salarié, quand il se livre à ce type d'action, n'a l'intention de faire en sorte que ça puisse impacter.

10:35
Présentateur

C'est évidemment pas la cible. Eh bien non, il ne faut pas qu'il y ait de risques.

10:38
Manuel Bompard

Et il faut cibler ces initiatives pour qu'elles impactent bien évidemment pas des établissements de santé parce que, bien évidemment, personne n'est favorable à ça. Voilà. Mais là, en l'occurrence, je ne sais pas le cas de figure puisque manifestement, il y a une enquête qui va être ouverte. Écoutez, franchement, je sais qu'à chaque fois qu'il va y avoir des initiatives... Moi, je vous ai fait un certain nombre de propositions. Je peux les refaire ici, si vous voulez. Il y a une première solution très simple, c'est de dire, écoutez, d'accord, je n'applique pas cette loi. Ça a déjà été fait.

La loi sur le contrat première embauche avait été promulguée par le président de la République, Jacques Chirac, et n'avait pas été appliquée. Le président de la République, Emmanuel Macron, s'il veut permettre qu'on revienne à une situation la plus normale possible, il peut dire, voilà, bon, je ne l'applique pas parce que, manifestement, il n'y a pas de consentement à cette loi dans ce pays. S'il préfère le traiter de manière démocratique, qu'il soumette le texte à un référendum, il peut en prendre l'initiative. Dans son interview aux Parisiens, il dit, on fera un référendum, mais pas tout de suite, pas maintenant, demain. S'il est d'accord demain, pourquoi pas tout de suite ?

Bon, donc, ça, c'est une deuxième solution.

11:41
Présentateur

Il répond aussi, d'ailleurs, qu'il demande à ses ministres d'aller sur le terrain. D'abord, il dit que lui, il continuera à y aller, d'ailleurs, aujourd'hui, il sera à l'heure d'homme. Ça va continuer. Il dit à ses ministres de continuer à y aller, au moins, il ne se défausse pas.

11:50
Manuel Bompard

Mais le problème, ce n'est pas qu'il aille sur le terrain, qu'il n'aille pas sur le terrain, ce n'est pas le sujet. La question, c'est pour quoi faire, pour dire quoi, et comment on sort de cette situation. S'il ne le fait pas, au bout d'un moment, c'est sa propre personne qui va commencer à être mise en cause. Jean-Luc Mélenchon a dit,

12:04
Présentateur

la phase de destitution a commencé.

12:07
Manuel Bompard

La phase dégagiste, je crois qu'il a utilisé, ou destituante, sans doute, comme terme. Clairement, au fur et à mesure que le président de la République s'entête, ce qui était initialement une crise liée à une réforme, celle des retraites, a pris une proportion beaucoup plus importante et ça devient une crise démocratique. Je reprends les termes de Laurent Berger, voire peut-être même une crise de régime. Et la question de la Ve République aujourd'hui est mise en accusation, puisque les gens se disent, mais comment ça se fait que les institutions permettent à un homme seul de décider contre quasiment le pays tout entier ?

12:38
Présentateur

Et vous appelez à la VIème République ?

12:39
Manuel Bompard

Et donc, la question qui est posée, c'est comment on a des institutions qui permettent d'avoir davantage de pouvoirs citoyens. Et sur ce sujet aussi, le président de la République s'entête.

12:48
Présentateur

Sur la question des impôts, sur la question du pouvoir d'achat, sur la question des impôts d'abord, le Bercy sort aujourd'hui une sorte d'application où on va pouvoir voir où vont nos impôts. Est-ce que vous, vous considérez aujourd'hui que les impôts sont suffisamment bien utilisés ? Et là, je pense à la question des services publics. On voit qu'il y a beaucoup de difficultés. Est-ce qu'il faut resserrer les vis ? Est-ce qu'il faut plus d'efficacité ? Comment vous les utilisez ?

13:15
Manuel Bompard

Il n'y a pas suffisamment d'investissement dans les services publics aujourd'hui. Il suffit d'aller, par exemple, d'avoir un problème de santé dans une zone rurale ou dans un quartier populaire. Il s'agit d'aller dans un certain nombre d'établissements scolaires où vous verrez bien que les investissements en matière de services publics ne sont pas suffisants. Donc, on peut discuter de la question de comment sont utilisés les impôts. Mais la question, c'est toujours le débat avec M. Attal et c'est incroyable.

C'est-à-dire, quand vous proposez un impôt qui soit plus progressif, c'est-à-dire qui va donc se traduire pour certaines catégories de la population pour une augmentation d'impôt mais pour l'immense majorité d'entre elles pour une baisse d'impôt, vous dites vous voulez augmenter les impôts. Nous, nous proposons une réforme fiscale dans laquelle 92% des Françaises et des Français vont voir leur impôt baisser et il y en a seulement 8% qui vont voir leur impôt augmenter

14:01
Présentateur

et il y aurait

14:02
Manuel Bompard

20 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires.

14:04
Présentateur

Mais vous ne toucheriez pas les mêmes portefeuilles ?

14:06
Manuel Bompard

Il faut un impôt qui soit un impôt véritablement progressif. Je vous renvoie aux travaux d'un certain nombre d'économistes comme M. Piketty par exemple qui démontrent qu'aujourd'hui en France il n'y a pas de justice fiscale, que les plus hauts revenus bénéficient d'exonérations d'impôts, etc. qui font qu'à la fin ils payent même en proportion de leurs revenus moins d'impôts que par exemple les classes moyennes. Donc ça c'est une situation qui est insupportable. Donc la question ce n'est pas de montrer sur une application comment ils sont utilisés, c'est de rétablir de la justice fiscale en rétablissant par exemple l'impôt de solidarité sur la fortune.

On a fait cette proposition à l'Assemblée nationale. Mme Le Pen et M. Macron ont voté contre en faisant en sorte de revenir sur la flat tax et l'impôt sur la mauvaise taxation sur le capital qui favorise les plus riches. Bon, donc d'avoir de la justice fiscale c'est ça qui devrait être à l'ordre du jour aujourd'hui. Et sur la question

14:51
Présentateur

du pouvoir d'achat dans une interview au journal Le Parisien et au lecteur du Parisien hier, Emmanuel Macron à propos d'une question sur le pouvoir d'achat le problème, c'est pas tant ça c'est les salaires et il demande aux entreprises et aux partenaires sociaux de faire en sorte que le travail

15:07
Manuel Bompard

vous avez fait un lapsus intéressant vous avez commencé à dire ça va commenter mais c'est vrai le Président de la République son rôle c'est pas de commenter c'est de faire quelque chose il nous dit ouais bah jusqu'à l'été ça va être compliqué bon mais la question c'est pas jusqu'à l'été ça va être compliqué c'est qu'est-ce qu'on fait donc oui les salaires mais alors pourquoi il n'augmente pas le SMIC de manière supplémentaire par rapport à ce qui a été fait ces derniers mois

15:28
Présentateur

la réponse sur le pouvoir d'achat ce serait l'augmentation du SMIC

15:31
Manuel Bompard

l'augmentation du SMIC convoquer une conférence sur les salaires entre les organisations syndicales le salarié les organisations patronales pour augmenter tous les salaires pourquoi pas indexer les salaires sur l'inflation aujourd'hui le Président de la République et sa majorité disent on est les meilleurs élèves en Europe sur l'inflation d'abord c'est plus vrai ça a été vrai à un moment où l'inflation était plus faible en France qu'ailleurs mais c'est pas le sujet la question c'est pas l'inflation la question c'est l'augmentation des revenus comparativement à l'inflation et en France on est dans une des pires situations en Europe c'est à dire qu'on a une inflation de 6% et que nos revenus augmentent à peu près en moyenne sur l'année 2-3% donc c'est une baisse du pouvoir d'achat

16:05
Présentateur

la conférence sur les salaires c'est un peu ce qu'il fait alors il l'appelle pas comme ça mais enfin quand il dit je demande aux partenaires sociaux et aux entreprises de s'emparer de cette question là

16:14
Manuel Bompard

oui mais lui il demande c'est toujours pareil il faut prendre une initiative mais non mais bien sûr que si comment on a organisé en France dans ce pays à combien de reprises on a dit on va faire une conférence nationale sur les salaires je vais inviter les représentants du patronat et les représentants des syndicats de salariés au ministère on va en discuter on prend une initiative politique c'est comme sur la question des

16:35
Présentateur

vous pensez qu'à vous il vous répondrait quand vous entendiez tout à l'heure la ministre de la culture ils n'ont pas le choix la ministre de la culture qui dit mais moi j'ai eu des rendez-vous je vous ai convoqué tel jour on avait rendez-vous tel jour vous avez reporté tel jour vous avez reporté tel jour vous avez reporté et vous avez encore et encore reporté pourquoi avec vous il ne ferait pas pareil

16:51
Manuel Bompard

mais parce que moi j'aurais pas fait enfin moi nous on n'aurait pas fait la réforme des retraites enfin si les gens n'ont plus envie d'aller leur parler mais vous savez ça on trouve toujours

16:58
Présentateur

c'est le plus révolutionnaire que ce soit Manuel Bonpar je voudrais vous donner un exemple ça fait depuis trois mois que les organisations syndicales

17:04
Manuel Bompard

avaient demandé à être reçues c'est le président de la république qui a refusé de les recevoir donc maintenant il peut dire oui vous ne voulez pas bien nous parler

17:10
Présentateur

c'est exactement le même sujet je voudrais vous parler des universités vous l'avez vu l'université de Caen a été pour une partie saccagée elle est d'ailleurs hors d'usage jusqu'en septembre à Toulouse vous avez l'université Jean Jaurès qui a d'abord été occupée par des étudiants pour protester contre la réforme des retraites exactement le sujet dont nous parlons ce matin Manuel Bonpar donc occupée pour protester sur la réforme des retraites avec notamment l'union des étudiants communistes sauf qu'ils ont été débordés par plus révolutionnaires qu'eux et désormais il y a des contestataires qui occupent jour et nuit le bâtiment ils en ont fait une sorte de ZAM c'est comme ça qu'ils l'appellent c'est à dire zone autogérée du Mirail il y a des étudiants souvent masqués qui doivent frapper à la porte du bâtiment pour pouvoir rentrer et leur demande c'est qu'il y ait un 10 sur 20 systématique ils ont déchiré des copies brûlé des copies la présidente de l'université parle de vandalisme d'actes révolutionnaires et les étudiants communistes eux-mêmes en sont venus à demander un appel au calme est-ce que vous ne redoutez pas qu'en ouvrant la porte de la colère vous vous retrouviez exactement dans cette situation ?

18:11
Manuel Bompard

non mais si vous voulez pas vous retrouver d'abord j'ai pas très bien compris le lien avec le sujet précédent mais c'est pas grave je vais quand même répondre à votre question

18:18
Présentateur

vous voyez pas le lien ?

18:19
Manuel Bompard

non pas avec le sujet dont on est en train de discuter qui était de savoir si les organisations syndicales répondraient à une sollicitation de la France Assommise pour une conférence sur les salaires mais c'est pas grave Apolline de Mala je vais vous répondre quand même j'ai compris que vous avez envie de faire passer tous ceux qui se mobilisent pour des sauvages mais c'est pas le cas comment on peut dire

18:35
Présentateur

une chose pareille ?

18:36
Manuel Bompard

depuis le début il y a ceux qui se mobilisent est-ce que c'est quand même pas un peu violent ? ceux qui vont se faire des coupures d'électricité sur les déplacements du Premier ministre mais ça vous inquiète pas ? il y a un moment ce genre de situation et l'université s'installe que les étudiants

18:50
Présentateur

puissent pas aller travailler ça vous inquiète pas ? moi je veux une situation je veux une situation

18:56
Manuel Bompard

dans laquelle le pays est apaisé si vous voulez une situation dans laquelle le pays est apaisé il faut arrêter en permanence de pointer du doigt ceux qui expriment leur colère et s'opposent et il faut écouter toutes celles et ceux qui s'expriment de manière démocratique

19:11
Présentateur

en fait vous nous reprochez les pointer du doigt

19:13
Manuel Bompard

mais non je vous reproche rien Apolline de Malaire je vous dis juste

19:16
Présentateur

c'est pas grave

19:19
Manuel Bompard

c'est votre rôle mais depuis le début de cette interview en permanence vous cherchez le débordement alors que vous avez une mobilisation depuis trois mois qui est historiquement calme pacifique déterminée donc je me permets d'insister sur ce sujet voilà le prenez pas mal c'est pas contre vous

19:37
Présentateur

est-ce que vous ne le redoutez pas Manuel Bompard parlons-en très calmement est-ce que vous ne redoutez pas est-ce que l'histoire ne vous a pas appris qu'en ouvrant la porte de ce genre de violence il y avait toujours un risque de trouver plus violent que soi

19:48
Manuel Bompard

mais il n'y a pas de violence aujourd'hui dans la mobilisation qui s'exprime contre le président de la république et contre la réforme des retraites et si on veut justement qu'on ne se retrouve pas avec des gens qui se disent la solution c'est la violence ce qui n'est pas ma volonté pour que les choses soient très claires si on ne veut pas se retrouver dans cette situation alors il ne faut pas couper l'ensemble des canaux démocratiques qui permettent à la colère de s'exprimer parce que si vous êtes dans une maison que vous fermez tous les issues et que vous mettez le feu à l'intérieur bah oui à la fin ça brûle donc la question qui nous est posée c'est comment on fait en sorte de réguler une situation de blocage par une voie démocratique et donc soit en reculant et en disant on va rediscuter soit en disant trancher puisque manifestement il y a un désaccord voilà comment j'aimerais qu'on règle la situation

20:27
Présentateur

avec notamment la situation et la solution du référendum merci Manuel Boncard merci à vous vous êtes venu répondre à mes questions ce matin je rappelle que vous êtes député la France insoumise des Bouches-du-Rhône vous êtes bien sur RMC BFM TV il est 8h53 merci à vous

Face à Face : Manuel Bompard - 25/04 — Manuel Bompard · Pourquijevote